et l'école renaîtra

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19 septembre, 2011

vie et patrimoine…

Classé dans : — Alain @ 23:44

          

Vin et eau, deux éléments révélés du patrimoine de notre village.

 

Vivre, c’est se situer et se construire au présent… Pour s’approprier le lieu où on implante sa vie, même temporairement, il faut le connaître, le respecter, le pratiquer. « On ne comprend bien un espace qu’avec ses pieds ! » disait une dame ce samedi de cheminement dans le village.

Le pratiquer se conjugue au présent : en identifier les rues, les paysages, les apprécier dans leurs charmes et dans leurs défauts, en goûter les ressources naturelles ou sociales, trouver son loisir, son épanouissement dans les offres des associations, des services divers, partager les moments conviviaux…

Le respecter, c’est savoir combien chaque pierre travaillée, chaque lopin retourné, chaque embellissement ajouté à valu de sueur, d’initiatives, de temps, de découragement, de remises sur le chantier, de fierté, à ceux qui, pour eux ou pour la collectivité ont œuvré sur notre territoire.

Ce samedi de découverte du patrimoine fut une belle marque de respect consacré d’abord à ces vignerons, petits ou plus grands propriétaires, ouvriers, pour lesquels la terre était d’abord un potentiel de ressources, une incertitude, un chantier à vaincre avant d’espérer.

Le vin, comme tout ce qui peut tenter l’homme, la femme, comme tout ce qu’ils produisent, pêche par ses excès. Une belle légende grecque fait acheminer le buveur, de la gaîté, à la bravoure téméraire puis à la sottise profonde… Le meilleur et le pire.

Pour bien des travailleurs de notre village, il fut le « sel de la terre », le moyen de vivre, puis souvent, tant la tâche était prenante, incertaine,  source de fierté.

 L’exposition consacrée aux grandes colères de 1907, «  Cette saison des gueux » était émouvante, comme l’étaient les lettres de cette mère à son fils émigré pour lui conter les luttes…

Parmi nous, un Saussanais évoquait son aïeul, soldat du 17ème, refusant de tirer sur les hommes, les femmes les enfants désespérés de Béziers… Ce « camp d’épreuves » auquel ce « rebelle » et ses camarades furent expédiés, il pouvait nous le montrer sur les photos exposées…

Les paroles du chanteur et poète, ce samedi soir ponctuèrent l’épopée du vin à travers les siècles mais aussi traduisirent ce désespoir d’une région qui perdait la confiance, la foi dans le pouvoir de ses mains devenues improductives.

Revivre, tâche après tâche, de la terre dure jusqu’à la vendange, la ténacité des vignerons qui écrivirent l’histoire du village fut un grand moment. Nous faire partager leur colère en fut un autre.

Dimanche matin fut essentiel car l’eau, vitale, était à l’honneur. Cette eau qu’il fallait aller chercher dans la gangue de son sous-sol pour l’exhumer jusqu’au jour. Cette eau qu’il fallait s’ingénier à drainer, à conserver, à ménager aussi… Cette eau, qu’il fallait offrir, partager en des puits communaux puis en des fontaines pour tous, notre village en multiplie les possibilités de découverte… Que de puits, droits ou avec grottes, aux mécanismes les plus ingénieux, nous a-t-on révélés, à l’air libre ou bien à l’abri dans un jardin clos, une cave voutée…

Merci à tous ceux qui ont permis cette chasse aux trésors de l’eau.

Pas anecdotique, si notre animal totémique est né a été découvert par les porteuses d’eau…

 

Il paraît, selon le philosophe antique que « L’homme est intelligent parce qu’il a une main… » Comment ne pas le croire en voyant tant de témoignages de constructions diverses, ingénieuses pour que l’eau, «  la vie » selon Saint-Exupéry, justifie que là où elle jaillit, une communauté se fixe !

 

En ces deux journées j’ai, aussi, rodé dans un jardin à travers les âges, entendu conter la lente construction puis destruction puis reconstruction d’une abbaye, applaudi des comédiens de rue…

J’aime les écrits, j’aime les productions exposées dans les lieux de culture mais souvent plus pour la passion qui a guidé leurs auteurs que pour l’œuvre… J’aime sans doute plus les lieux de travail, tous, le champ, l’atelier, la classe, le cabinet de praticien, le bureau de secrétaire, le stade, tous vraiment lorsque leurs pratiquants sont sincères et généreux, donc j’ai aimé partagé, une nouvelle fois, ces occasions, dans notre village et ses environs, d’entendre, de voir, des gens d’aujourd’hui dire l’existence des gens d‘hier. J’ai éprouvé avec émotion, leur force, pour, à travers,  espoirs, colères, rires et amertumes, avec persévérance, intelligence, courage, générosité brillent la vie.

Ces témoignages le prouvent. Ils seraient bien surpris ces puisatiers de nous voir admirer leur création. Chaque jour, nous laissons une empreinte. Le quotidien de notre village est riche de l’inventivité de chacun ; même créatrice d’un embellissement, d’un mur, d’un jardin, d’une poterie, d’une peinture « pour soi » ou d’un spectacle, d’une fête, d’une belle salle de classe pour tous… l’ingéniosité est un trésor qui deviendra une page que liront plus tard les futurs découvreurs des journées du Patrimoine.   

 

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