et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

29 janvier, 2011

Rencontres au long des pages…

Classé dans : roman de société — Alain @ 18:10

Rencontres au long des pages de 

« …et l’école renaîtra de mes cendres ! » 

MANU : Le baroudeur devenu prof de mécanique auprès de jeunes en difficulté. Sa bulle se brise, il veut que son sacrifice serve l’Ecole, l’avenir. 

SYLVAIN : L’écrivain public itinérant des arrondissements de Paris et les villages de province. Il n’oubliera jamais les yeux de Manu. 

ISABELLE : Maman résignée à subir, compenser la casse de l’école, brusquement réveillée par le geste ultime de Manu. Déléguée de l’Hérault, elle est le fil d’Ariane de cette aventure. 

KARINE : Déléguée de Vendée, elle devient l’amie d’Isabelle et de Sylvain séduits par sa véhémence et sa passion. 

LE BROC . Philosophe et attentif autant à l’histoire des objets qu’à celle des gens qui leur ont donné une âme 

LES HORLOGERS : Ce couple improbable, né d’une guerre, offre leur nid si pittoresque à Isabelle et ses amis. 

LE GENDARME : Bouleversé par sa rencontre tumultueuse avec des loubards de banlieue et leurs animateurs bénévoles, il en reste  profondément marqué. 

LES BISTROTIERS : Hauts en couleurs, ils animent le café en face du ministère de l’Education Nationale. Sylvain y tient table d’écriture et Manu y prend son dernier café avant de s’élancer… 

L’ANIMATRICE DU PRJ : Son action, sa nécessité rappellent que les villages ne sont pas exempts des incertitudes, des troubles de l’adolescence… Elle accompagne les jeunes, propose son oreille autant que des actions de valorisation.   

DES PROFS BIEN SÛR : Résignés de plus en plus ; attachés à leur vocation encore, ingénieux mais solitaires, et puis réveillés soudain… 

DES PARENTS : Inquiets, résignés aussi ou à la recherche de compensations pour pallier le désarroi d’un système éducatif à la dérive. 

DES ANCIENS D’UNE MAISON DE RETRAITE : Autour de Sylvain, ils ouvrent le livre de leur vie et de leurs envies… 

DES ENFANTS : Comment ne pas entendre leur voix et agir pour donner une chance à leur avenir 

LES ELEVES DE MANU : Dans son atelier, dans leur établissement, ils formaient sa bulle et justifiaient ses engagements. Ne pas avoir su les protéger va le briser. Ils parlent  de leur prof avec émotion mais ils veulent aussi que leur avenir devienne possible et beau. Au nom de Manu, pour eux, pour d’autres marginalisés, ils œuvrent pour y parvenir. 

LES DELEGUES : Dans leur cirque parisien, ils portent la volonté, la vague de la renaissance. Sans violence, avec pugnacité, forts de l’imagination constructive du grand réveil de toutes les réunions de l’hexagone, ils exposent, écoutent, corrigent, adaptent  avec un seul but : une refonte sincère, lucide, réaliste de notre ECOLE. 

DES ELUS : Par eux doivent passer les textes qui rendent réels les rêves ‘Ecole. 

11 janvier, 2011

Mon Décembre, mois des enfants !

Classé dans : actualite de retaite,Liens — Alain @ 22:58

Quel mois de décembre formidable ! Pour moi au moins…

Décembre le mois de la fête des enfants… bon, des Petits et des Grands ! Soit ils ont été sages, pas trop, juste ce qu’il faut, soit ils prennent la décision de le devenir avant que le Père Noël attelle ses rennes.

 Un matin, ce furent les bébés-lecteurs, les pensionnaires de la crèche qui sont venus, comme chaque mois à la bibliothèque : quel  sérieux dans ces yeux-là en écoutant les histoires, en choisissant les albums et en nous les confiant ! Que de sérieux dans leurs questions, leurs réflexions ! Que de curiosité et de confiance aussi…

Un autre jour, ce sont les classes de maternelle qui ont accueillis nos contes et nos comptines. Trois séances selon les niveaux et toutes aussi riches en grands yeux, en bouches bées, en rires et en chaleureux mercis. Quel plaisir nous renvoie ces enfants !

Un après-midi, ce furent les joueurs du Téléthon qui sont venus découvrir ou initier les débutants aux jeux extraordinaires prêtés par le P.R.J. Entre course en caisse à savon, et enchères du clown du théâtre, ils ont bien fréquenté les tables et les tapis. Pas de cadeaux, on joue pour gagner mais que d’exclamations bondissantes. Quelle occasion aussi d’attirer parents, grands parents pour remonter le temps avec ces jeux venus de loin dans le temps et l’espace… Une petit pièce et c’était ainsi partagé plaisir et solidarité !

Un atelier d’écriture avec des grands de CM1/CM2, m’a empli de nostalgie et d’émotion, nous avons mené à bien l’écriture de récits policiers… Leur fierté et leur reconnaissance, même de ceux dont la rédaction n’était pas le passe-temps préféré, avant,  m’ont conforté dans la certitude que,  apprendre avec motivation, sérieux, pugnacité reste la base de toute éducation.

Que de densité aussi dans ces réunions avec les élus du Conseil Municipal des Jeunes, « Faire et discuter, c’est bien, ont-ils décidé, mais informer c’est important aussi ! » Alors est né leur bulletin. « Entre nous ! » c’est bien trouvé… moi ça me fait penser à « entre nous soit dit… » et c’est vrai que ces jeunes citoyens ont bien des réflexions à partager et proposer. Merci de leur invitation aussi.

Un voyage rapide m’a conduit devant d’autres classes de maternelle pour jouer un petit rôle, un ours, dans un spectacle de Noël et là, ce sont les parents, les grands-parents qui m’ont soufflé : dans ce quartier de banlieue parisienne, très hétérogène, malgré la neige et le froid… la salle pour chacune des deux séances étaient pleine… Pas de professionnels, pas de grandes dépenses, pas de participation, une équipe d’enseignants mobilisées avec leurs élèves depuis plus d’un mois pour créer des décors, feuilleter des albums, inventer des personnages et jouer, malgré le trac, devant ce public si mélangé. Mélangé mais uni par la chaleur et la volonté de vivre ensemble ce beau moment.

Quelle chance j’ai eu de respirer ces bouffées d’oxygène ! Quelle chance j’ai eu de retrouver encore une fois un bonhomme décembre vraiment rempli de petites, de belles frimousses rieuses….

Si vraiment ‘l’enfant est le père de l’homme… »,  alors nous pouvons espérer, ave de telles rencontres, aider à bâtir un futur meilleur.

Bravo à tous ceux qui, toute l’année, dans et autour des familles, des associations, des écoles, font que l’esprit de décembre brille toute l’année.  Merci à eux de permettre d’ensoleiller ma retraite en m’offrant l’occasion de les rejoindre de temps en temps.

15 novembre, 2010

Midi Libre 06.11.2010

Classé dans : roman de société — Alain @ 18:18

 

Midi Libre 06.11.2010 …Et l’école renaîtra de mes cendres ! Alain Valeau a été enseignant spécialisé avant d’assumer pendant 30 ans les fonctions de directeur d’une école élémentaire en région parisienne. Des joies, des échecs, des malheurs… Et beaucoup de souvenirs. Des convictions aussi, forgées au contact des enfants et de ces « profs des écoles » qu’il admire et avec lesquels il partage la passion d d’éduquer.

Dans un roman intitulé Et l’école renaîtra de mes cendres ! il donne son analyse des difficultés auxquelles est confrontée l’Education nationale. A travers les parcours de Manu, ancien militaire devenu instituteur, d’Isabelle, maman engagée, et de bien d’autres protagonistes, l’auteur dresse un état des lieux dérangeant de l’école. Il y ajoute cependant une note d’espoir : « Pour donner sa chance à l’avenir il faut donner sa chance à l’école. Il n’est pas trop tard. » De son « coffre à trésors » l’ancien directeur puise la substance de son école de rêve : une école qui évolue autour d’un projet construit et géré avec rigueur ; son directeur est investi d’une véritable responsabilité pédagogique et pas seulement de charges administratives; les instits ne sont plus seuls dans leur clsse, ils sont assistés d’une équipe formée, solidaire, pourvue d’une certaine autonomie et capabe de s’adapter aux réalités ; cette école n’est pas enfermée dans sa bulle mais constitue une des composantes actives de son environnement ; une école où chaque enfant est suivi par une « équipe d’excellence »… Une école de rêve qui a pris corps dans quelques classes, réalité fragile étayée par la seule bonne volonté.

Emouvant, drôle parfois, ce livre qui fourmille d’anecdotes vécues, résonne comme un cri lancé à destination des enseignants qui se battent envers et contre tout pour tirer les enfants d’affaire. Refus de la résignation et du découragement, il est aussi, pour son auteur, une façon de rendre à l’école tout ce qu’elle lui a apporté.… Et l’école renaîtra de mes cendres ! Alain Valeau, en vente sur internet, Editions Publibook, 356 pages, 25 €. Alain Valeau est également l’auteur d’un site dédié à l’école: pour que l’école renaisse.

l’armistice

Classé dans : actualité — Alain @ 16:46

Ce matin, j’étais « d’armistice »…              Profondément révolté par la violence, je n’ai, pourtant, rarement manqué cette cérémonie, pas plus que celle du 8 mai pour laquelle pendant plus de 20 ans, j’ai invité les élèves de mon école à un grand relais de la Paix… 

            Ce n’est pas beau la guerre et si nos anciens se sont pliés à son horreur c’est parce qu’ils ne voulaient pas mourir, et oui, et parce qu’ils ne voulaient pas que soient asservis les leurs, ceux de leur famille, ceux de leur village, ceux de leur pays…              Mon grand-père, Louis BUTON, soldat  dans les tranchées de Verdun, résistant en 1943, déporté jusqu’en mai 1945, nous a laissé quelques page de mémoire, voici ce qu’il écrivait notamment : 

           « Sur les bancs de mon école, j’avais appris à aimer la France. On m’avait dit que la vie était un bien précieux auquel on ne doit pas attenter, que tuer était une lâcheté, un crime qu’il ne fallait pas commettre.              «La vie d’un homme est sacrée, nous devons la respecter » me disait mon bon vieil instituteur. Je m’étais donc engagé dans cette existence avec ces principes acquis en classe. 

           Je haïssais les querelles et parfois m’interposais en conciliateur dans bien des heurts… en un mot j’étais pacifiste. Aussi, quel ne fut pas mon émoi lorsqu’éclata la guerre de 1914 ! Quel désarroi et quelle lutte je dus livrer ! J’aimais la paix mais j’aimais la France. Cette dernière attaquée, il fallait la défendre. Comment concilier les deux ?              La deuxième voix l’emporta. Je partis ! Je fis mon devoir ! J’ai combattu, j’ai souffert. J’ai tué pour que vive mon beau pays 

            Quelle ne fut pas ma joie de pouvoir après la tourmente dès 1919, reprendre la route que je m’étais tracée vers la liberté pacifique. J’ai lutté dans la mesure de mes faibles moyens pour le rapprochement des peuples et la suppression des armées ; je voulais croire, après cette tuerie, que tous les hommes pouvaient être frères… »               De notre devise, j’aime ses illusions que sont la Liberté, l’Egalité, même mises à mal par la réalité, elles valent que l’on se batte pour elles. J’aime encore plus celle de Fraternité, si importante pour mon ancien poilu de grand-père. Elle s’efforce d’exister à travers ces gens de belle volonté, de toutes naissances, de tous engagements pour lesquels servir demeure plus fort que se servir.              Bravo à ces enseignants qui, ce matin, ont accompagné cette cérémonie avec leurs élèves, bravo aux élus du Conseil Municipal des Jeunes qui ont choisi et lu les paroles de nos anciens, bravo aux nombreuses personnes présentes. 

            Tous ont tenu à montrer leur respect, non pas envers des soldats victorieux mais envers ceux qui bon gré, mal gré, ont lutté pour que nous puissions croire que ce que des hommes ont détruit d’autres hommes peuvent le reconstruire….              Je veux croire que, lors de la minute de silence, c’est ce respect pour les braves d’hier et d’aujourd’hui qui s’est imposé. 

26 septembre, 2010

ouest france le 3 septembre

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 9:51

L’école est-elle malade de ses réformes ? 

vendredi 03 septembre 2010 

Dans un ouvrage romancé, Alain Valeau dénonce les maux dont souffre, selon lui, l’école élémentaire. 

Trois questions à… Alain Valeau, 68 ans, enseignant en retraite. Auteur de… « Et l’école renaîtra de mes cendres », aux éditions Publibook. 

Pourquoi avez-vous écrit ce roman ? J’ai été instituteur spécialisé puis, pendant 30 ans, directeur d’une école élémentaire en région parisienne. J’ai mené naguère le combat pour une école véritable. En cette rentrée 2010, je suis inquiet parce que l’école va mal et parce que ceux qui veulent ralentir la casse baissent les bras. J’ai voulu leur exposer mes rêves. 

De quoi souffre donc l’école, selon vous ? D’une mosaïque de réformes qui ne tient pas compte de la globalité du système éducatif. Les rythmes scolaires, avec la suppression du samedi matin remplacé par des heures de soutien, la suppression des Instituts de formation des maîtres (IUFM), autant de mesures aberrantes. Mais le pire, c’est le découragement de ceux qui se battent envers et contre tout pour tirer les enfants d’affaire. 

Vous proposez des solutions ? L’école a besoin d’une véritable équipe qui travaille dans la cohésion et la cohérence autour d’un projet construit et géré rigoureusement. Pour cela, il faut un directeur qui ait une vraie responsabilité pédagogique. Quelques écoles essaient de fonctionner ainsi. Il faut se servir des exemples qui marchent. Il ne doit pas y avoir de rénovation sans que cela vienne de l’ensemble des acteurs de l’école. Des consultations ont été menées, des propositions ont été faites, tout cela est parti aux oubliettes. 

14 août, 2010

Ah mes petits…

Classé dans : actualite de retaite — Alain @ 21:56

 

         Les classes de l’école maternelle m’ont sollicité pour terminer ce  trimestre par des contes. Prévue d’abord dans leurs locaux, cette rencontre s’est finalement déroulée à la bibliothèque. Des contes aux livres, le pas était plus rapide à effectuer. 

         Je ne reviendrai pas sur le plaisir de faire briller des yeux d’enfants, d’intriguer leur imagination et des échanges savoureux qu’entraînent nos rêves ensemble. 

         Non, c’est de mon trac que je parlerai. J’ai enseigne pendant 40 années. J’ai été moniteur, directeur de centre de loisirs, responsables d’associations pour et avec les enfants. J’ai eu en charge pendant très longtemps des grands (14 à 18 ans), dits en « difficulté », troubles du comportement dans des banlieues chaudes… et pourtant, jamais je n’ai envisagé sereinement de me trouver en charge de 25 à 30 « petits ». 

         Comment tenir compte de leur diversité affective, de leur personnalité en éveil, de leurs sensibilités si différentes ? Avec des plus vieux, l’autorité est plus facile dès lors que les règles sont bien posées, que la mobilisation, la curiosité, les objectifs d’apprentissages sont rendus motivants… La fugacité d’intérêt des « petits », leur aptitude à se laisser prendre par tout ce qui se présente, leur fatigabilité… me font admirer ceux et celles qui, dans le quotidien de la classe, les entourent. Non seulement, ils doivent veiller à leur sécurité, à leur calme, à compenser l’éloignement, même temporaire, avec la famille, mais surtout, les éduquer. Il faut leur apprendre le langage, le graphisme, la construction de la communication, leur donner des repères dans le temps, l’espace, les notions abstraites, les bases de la vie ensemble, premières pierres de la citoyenneté…  C’est un engagement qui nécessite une connaissance précise de la pédagogie si particulière adaptée aux jeunes enfants et une pratique éclairée de leur psychologie… 

         Mes nombreuses visites en école maternelle m’ont toujours laissé admiratif. Je crois, absolument au métier d’enseignant et l’Ecole, pour moi, doit être la véritable chance du Futur. (c’est un autre débat). Mais, suite de la famille, de la crèche, des assistances maternelles… chacune ayant leur rôle important, le niveau pré élémentaire représente la première et la ressource fondamentale pour donner à nos enfants, l’épanouissement personnel et l’égalité culturelle nécessaires à un bon départ… Bien sûr, ce n’est pas suffisant, bien sûr des handicaps peuvent se révéler difficiles à dépasser même avec l’attention des éducateurs, toutes les personnes qui oeuvrent dans l’école, mais au moins la vigilance, exercée dans ce microcosme, peut permettre, très tôt, une prise en charge spécifique. 

         Je regrette avec véhémence toutes les attaques qui déstructurent notre Ecole en général, contre le niveau élémentaire notamment et je m’inquiète des menaces qui pèsent sur notre Maternelle… 

         Lorsque je regarde, les classes qui me sont prêtées le temps d’un conte, je me dis qu’il serait magnifique que leur effectif assure vraiment la plénitude d’attention auquel chaque petite tête a droit 

         Dans notre commune, les parents sont, encore, très présents et leur action pour embellir l’école, accompagner les activités méritent notre considération, c’est une compensation aux manque d’ambition des structures officielles mais un beau soutien et un bel encouragement pour la réussite des initiatives de nos « instits » pardon « profs des Ecoles ». 

29 juin, 2010

Sylvain dans « et l »école renaîtra de mes cendres »

Classé dans : roman de société — Alain @ 23:59

- 2 – L’ ECRIVAIN PUBLIC.             Nous avons découvert Sylvain en même temps que nous était révélée l’identité de Manu.             Les médias nous les ont livrés à travers leurs articles, les témoignages directs du Web ou les émissions d’analyse, de supputations des chaînes radio et TV.           

            C’était un personnage, ce Sylvain. Quarante-cinq ans, il allait de bars en cafés-restos citadins du début octobre jusqu’à fin avril. De mai jusqu’en septembre, ses routes le menaient de bistrots ruraux en estaminets, de village en village.  Nomade, il a beaucoup appris ainsi, sur les tables où se rédigeaient les cris, les plaintes, les joies, les amours de ses pratiques…             Il s’était façonné une vie à sa mesure, celle d’une bohème organisée. Une vie pleine de celles des autres ! Une vie dont les saisons étaient rythmées par ses engagements parisiens et provinciaux.  Pendant sa session fraîche, il ne quittait sa clientèle de la capitale que pour un rendez-vous hebdomadaire, dans une maison de retraite de la banlieue essonnienne.               Il y animait un remue-méninges, – est-ce moins bar-bare que « brainstorming » ? – où se développaient des souvenirs réels, rêvés, transformés…  Qu’importe ! 

              Des mémoires revécues par, pour leurs acteurs eux-mêmes d’abord, pour les enfants, petits-enfants ensuite.  Pour lui, des bibliothèques vivantes qu’ils feuille-taient.               C’était, près de chez lui, près de son deux-pièces H.L.M, la dernière demeure de sa grand-mère. Elle n’était plus là, le laissant seul survivant d’une famille jadis fournie et intense.            Un accident de car leur avait retiré, en un même moment, toute la parenté réunie pour le mariage de sa sœur.  Le véhicule loué, bloqué sur un passage à niveau, livré à la motrice d’un convoi d’entretien, n’avait libéré aucun survivant.        

            Sylvain était allé chercher sa grand-mère pour rejoindre le restaurant où le couple de la pièce montée attendrait longtemps ses mariés. C’est cette seule image que Sylvain a retenue de l’auberge décorée, parce que c’est elle que transportait le patron lorsque le téléphone a sonné…          Bien sûr, rien n’a été simple ; accepter la fatalité n’était pas possible.  Les indemnités importantes versées par les compag-nies assurances n’ont rien atténué. Sylvain se refusa long-temps à les considérer, laissant le notaire se charger de leur placement.         

           Celles attribuées à sa grand-mère garantirent les frais de la résidence pour personnes âgées et les soins indis-pensables à un esprit incapable de supporter l’immense vide creusé dans sa vie.          Sylvain avait vingt ans. Son bac obtenu sans prob-lème, il entamait en fac des études littéraires et se voyait bien en journaliste, voire reporter…  Impuissant à guider une existence devenue le jouet du destin, il a confié sa volonté défaillante à un encadrement sans discussion.        

               Hasard des relations, de la proximité sans doute, ce fut dans la vie militaire qu’il s’immergea, lui aussi. Son engagement dans l’armée de l’air se réalisa sans douleur. Il accepta la discipline comme on se munit de béquilles. Il accepta les autres et leurs histoires, pourvu que la sienne ne soit pas fouillée. Il accepta la responsabilité du foyer du soldat. C’est là qu’il devint écrivain public pour ses copains.  Il fut aussi, lorsqu’il ne conduisait pas un camion, coiffeur, sans expérience mais bien servi par sa bonne vo-lonté appliquée,           Il couvrait parfois quelques frasques de gars un peu éméchés. Lui-même sentait que l’alcool lui tendait les bras de l’oubli, mais que l’étreindre serait sa fin.  Voilà une lutte qu’il pouvait mener !         

          Ses dépannages épistolaires de sous-off, d’officiers parfois, lui permettaient ces coups d’éponges et lui ont mé-nagé une période de deux ans assez tranquille.  Ses permissions le menaient uniquement vers sa grand-mère.           Il a quitté l’uniforme avec, sinon un métier, une fonc-tion : écrire pour les autres.  Sylvain a officialisé sa petite entreprise en se décla-rant auto entrepreneur avant le terme. Un forfait fiscal, des frais réels, une assurance en cas de clients hargneux et vogue l’écriture.           

          Pas de patron mais des clients très, très variés, exi-geants autant que confiants.  S’il avait voulu éviter les horaires infernaux, c’était loupé !             Pas de bureau imposé, des bureaux adoptés après bien des essais et fidélisés ensuite. Essentiellement dans Paris : cinq troquets, cinq journées et une matinée en réserve pour les urgences ou les imprévus… Le dernier après-midi était consacré ses amis de la Résidence.  Le dimanche, fara niente…          

           Quoique les devoirs à la maison existent aussi chez les écrivains publics.             Les jours ouvrables, toute l’année presque, travail de 10 h à 12 h, selon les circonstances, puis Sylvain déjeunait, aux frais du bistrotier ; avec lui, selon le coup de feu.  Après une sieste, parfois coquine, il reprenait son écoute et ses lignes de 14 h jusqu’à 19, 20 h, plus souvent…         

           Vingt euros pour une heure, avec, quelquefois, une rédaction immédiate, une commande, des recherches, des appels…  Sylvain acceptait tout. Il écrivait pour des employeurs potentiels, pour des administrations, des familles…            Il rédigeait des ruptures, des déclarations, des devoirs d’étudiants aussi.  Des discours solennels, des mots d’amitié pour un mariage, un anniversaire, pour des grands mais pour des petits aussi qui voulaient dire leur affection à un parent, à leur frère, leur sœur un jour de baptême par exemple…         

           Il aidait aussi à composer des mots d’accompagne-ment pour l’ami, le proche qui avait quitté notre monde…  Une fois, seulement, il avait refusé une demande, pour une lettre anonyme ! Un comble lorsque le corbeau est assis à votre table !            Des tranches d’existences réelles, imaginées ou sou-haitées ! Il évitait surtout de se laisser empoigner et pénétrer par la vie de ses clients.  Prendre pour important ce que le solliciteur s’efforce d’exprimer, s’imprégner de sa personnalité, pas de son vécu, Sylvain y réussissait bien.        

           Il aurait pu devenir voyant et anticiper les lendemains espérés par chacun.           En entendant les confidences de ses pratiques, il a commencé à puiser dans ses finances, presque oubliées. Il ne remettait pas de subsides directement.  Ses amis taverniers, ça c’était sa volonté, étaient ses intermédiaires. Ils expliquaient ces providences par la géné-rosité occasionnelle d’un gagnant chanceux, anonyme… Jamais Sylvain ne devait le regretter, à Paris comme en province.        

         Souvent, très souvent, le dépanné devenait dépanneur, toujours par l’entremise du bistrotier.  Dans chaque café, il avait son coin, ses habitudes. Ses clients naissaient du bouche-à-oreille. Le patron, la patronne prenaient les rendez-vous, établissaient l’ordre de passage.            L’attente favorisait la consommation ; la présence de l’écrivain public valait une attraction.  Certains patrons lui avaient proposé de s’installer à demeure, mais Sylvain tenait à son nomadisme, au caractère si particulier des quartiers qu’il avait choisis.        

            Il aimait chaque ambiance, chaque richesse différente des conversations de comptoirs. Plus que les brèves, si ré-vélatrices de l’humeur sociale, il aimait glaner les blagues, les notait. Il en avait des pages et des pages qu’il cédait à la douzaine, pour les réunions post-travail, pour les repas de famille, les retrouvailles entre copains, copines… Un à-côté non négligeable !  Sylvain gagnait bien sa vie : peu de besoins, d’envies, nourri, pas de bureau, des transports parisiens collectifs ou individuels.           Le vélo loué, quelle belle idée !  Lors de ses débuts, Sylvain transbahutait son dico, sa machine à écrire, son magnétophone, des feuilles, des sty-los… Une petite valise était nécessaire.        

           L’ordinateur portable, son imprimante, les mémoires annexes… lui ont bien simplifié les fournitures de base. Tous ses hôtes lui permettaient de se connecter sur internet. Ses ressources documentaires et ses relations étaient devenues nfinies. Abandonné l’usage du téléphone au comptoir ou dans la cabine ; son mobile professionnel lui a assuré le contact avec tous, par répondeur interposé le plus souvent.            Sa régularité allait jusqu’aux siestes accompagnées. Une femme dans chaque port, les mêmes, pas d’embrouille !    

            Il avait créé un véritable réseau de remplaçants pour que ses habitués ne soient pas lésés par ses absences, roulement et saisons obligent.            Tous y trouvaient leur compte : les étudiants, les profs qui constituaient le gros de son fonds de suppléants, autant que les demandeurs.  Si le contact n’était pas aussi cordial et efficace que Sylvain l’espérait, il abandonnait la doublure. Les clients, surtout aussi craintifs que l’étaient souvent les siens, au début, étaient rois !         

            Ce lundi 31 janvier, Sylvain atteignait son « bureau » de la rue de Grenelle.          

                Incroyable combien de synthèses d’articles, de rapports et de discours, il avait rédigé pour des fonction-naires d’en face, lourdement chargés de boulot ou au cerveau éreinté.     

           Trois jours après, à son réveil, sous ses pansements, dans sa tête, il n’était plus seul, à jamais.

                       *******************

pour le roman complet – demander à lurokijuna@orange.fr

ou aller sur PUBLIBOOK ou la FNAC 

22 mai, 2010

Pourquoi tous ces petits braquages?

Classé dans : actualité — Alain @ 12:02

Le fric bien sûr  mais aussi le risque-tout, le tant-pis pour les conséquences, le désespoir peut-être, même si c’est un gros mot…

          Il faut réprimer AUJOURD’HUI, c’est certain, mais aussi prévoir pour DEMAIN.

             Où en est le plan jeunesse ? Où sont les éducateurs de rue ? Où en est l’Education Positive ? Quel espoir pour le 1er emploi ?

            Je ne suis pas certain que les braqueurs ne soient que des jeunes mais je crains que, pour cette tranche d’âge, entre mendicité et illégalité, le choix pour un sans travail, un sans logis, la rage, le manque d’avenir et l’impulsivité n’aille vers la seconde voie.

            La drogue  n’explique plus tout, le désespérance compte aussi.

5 mai, 2010

Parrain de l’avenir!

Classé dans : roman de société — Alain @ 10:24

CE QUE VOUS POUVEZ LIRE AU DOS DU LIVRE.
phnix.jpg“Monsieur, Madame, vous qui tenez ce livre, Je vous déclare, parrain et marraine de l’Enfant!” Le 30 janvier 2011, Manu, un professeur d’atelier mécanique, s’immole devant le ministère de l’Éducation nationale après avoir tenté d’alerter l’opinion publique sur la dégradation de l’enseignement. Une mère de famille, Isabelle, nous raconte le combat mené, suite à cet événement, pour changer les choses avant qu’il ne soit trop tard. 
Alain Valeau dresse un état des lieux dérangeant de l’Éducation nationale à travers les histoires d’Isabelle, la mère engagée, de Sylvain, l’écrivain public, ou de Manu, l’ancien militaire devenu éducateur. Un constat accablant, auquel ce roman ajoute cependant une note d’espoir: le sentiment qu’il est encore temps de mieux faire.

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