et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

  • Accueil
  • > L’Ecole mérite-t’elle d’être brisée?

1 juin, 2010

L’Ecole mérite-t’elle d’être brisée?

Classé dans : — Alain @ 23:13

 

           A mes semblables, ces instits, ces profs, ces éducateurs qui sont maintenant retraités mais toujours concernés.

              Pour mes collègues de toutes les classes, de toutes les fonctions qui chaque jour œuvrent pour que la chance de demain passe encore par l’enfant.

                Pour tous ces parents qui s’inquiètent de savoir vers qui se tourner, qui ne comprennent pas en quoi les agités de la rue et les absolus des réformes servent l’avenir de leurs enfants. Inquiets ils se tournent vers des structures fermées, vers des cours additionnels, exigent que s’empilent les savoirs et débordent des têtes bien pleines au détriment de celles bien faites.

                        Ce que je vois et vous le voyez aussi, ce sont des collègues en activité, désorientés par la surdité de ceux qui portent la responsabilité de notre Education Nationale. Pire, je vois des enseignants découragés et pour qui même la manifestation de leurs craintes devient inutile. Leur abandon est pris pour de la raison et ouvre la porte à tous les décrets pour changer l’école.

           A-t-elle besoin d’être changée, oui parce que la société a beaucoup changée, non parce qu’un enfant reste plein d’opportunités, susceptibles de curiosité, de confiance, d’apprentissages. L’élève que vous avez connu, mes amis retraités, quelque soit votre époque d’activité, n’a pas foncièrement changé. Son environnement oui, les moyens dont on l’entoure, dont il voudrait s’entourer oui, mais son écoute, son affection, son besoin de comprendre non.

             Alors, au nom de tous ces élèves que vous avez accompagnés, de tous ces enfants que vous avez éduqués, vous qui avez donné, reçu, mené au terme votre engagement, vous pouvez encore aider en affirmant que l’avenir, que l’Ecole, que l ‘enfant mérite mieux que d’être l’enjeu, le prétexte de joutes politiques.

            Nous, les retraités de l’enseignement ne laissons pas dire que les années passées ont laissé se désagréger l’Ecole ! Comme si depuis Jules FERRY, l’école des Hussards de la République, de Pagnol, de la Guerre des Boutons, des petits bergers jusqu’à 1968 n’avait été que régularité, à l’abri des mouvements de société. Et bien oui notre école était protégée des troubles et parfois même des familles perturbées. Parce que l’école était un monde que nous, les maîtres et les maîtresses, avons essayé d’apaiser pour que l’enseignement puisse s’accomplir sereinement. Jamais cela n’a voulu dire ignorer la personnalité de l’enfant mais en tenir compte pour calmer les agitations et travailler.

            Mon instit de l’école de village dans l’Yonne avait 14 élèves très divers, et tous l’écoutaient, oubliaient pour un temps, la ferme, le magasin, les parents agités… moi à 9 ans il m’a donné envie de lui ressembler.

             En plein Paris, ce maître d’application qui m’a appris à être vrai, cohérent, sincère mais aussi comédien, joueur, motivé pour faire comprendre, apprendre, il m’a aidé.

                 Et ce prof de gym qui m’a dit : « Avant de demander une réflexion, un geste, un montage à ton élève, fais lui fermer les yeux et visualiser ce qu’il va faire » Je l’ai écouté, pour moi pour mes élèves et souvent ça a marché.

            Enfin, souvenez-vous cette classe qui en début de leçon fait la grimace en lisant l’énoncé, l’exercice proposé et puis souvenez-vous des sourires, des commentaires « Fastoche ! » à la fin du cours. Même si le lendemain il fallait recommencer, ces sourires, à moi que de bonheur ils ont apportés.

             Alors pourquoi aujourd’hui ça ne marche pas ? Les enfants n’ont pas changé… Les objectifs du métier n’ont pas changé, l’établissement se voudrait toujours protégé, les vagues de la société ne faisant que le lécher. Vous savez, endurer les mouvements de 36, les agitations de la guerre d’Algérie, sans parles des guerres, de la libération, rien n’a jamais été facile autour de l’Ecole. Mais la différence c’est que nous étions solides et c’est cette solidité que peu à peu note société a sapée et que nos gouvernants n’ont pas su, pas même envisagé de protéger.

            En 40 ans, j’en ai connu des jeunes désireux d’enseigner, perdre  leur élan au long des années,  dès celles de formation parfois. J’ai vu aussi disparaître la seule évocation de « vocation », ça faisait curés ! Et pourtant, pour des demoiselles d’école, transplantées de leur village dans Paris, ou au contraire nommée en pleine chouannerie, pour des jeunes hommes isolés aussi d’ailleurs, seule la conviction d’apporter le savoir, d’être nécessaires les soutenait.            

            Mieux, facilement acceptés ou non, les parents de leurs élèves le croyaient aussi, même et surtout les opposants dans ma Vendée natale parce qu’ils percevaient et craignaient la force de l’Instruction.

         Un chapitre important devrait être consacré à ces directeurs que l’on veut transformer en auxiliaire administratif de l’Autorité.           

         C’est faire peu de cas de tous ces responsables qui sans reconnaissance statutaire, sans émoluments significatifs, ont choisi un jour d’animer une école. Certains ne purent tenir, d’autres furent négatifs, beaucoup furent et sont les seuls vrais garants d’un équilibre et d’une ambition scolaires adaptés à l’environnement de leur établissement. Les orientations aujourd’hui semblent nier ces engagements, ne tenir aucun compte de ces expériences formidables…

Deux questions :

Comment est née cette maladie insidieuse qui mine notre Ecole ?

Ce doute instillé dans l’esprit de nos jeunes enseignants est-il la seule cause de leur affaiblissement ? 

Deux étonnements :

Comment-se fait-il que l’Ecole n’a pas encore complètement sombré ?

Quelle  dynamique peut-encore porter des jeunes gens à postuler pour enseigner ?

Quelle rage peut pousser nos responsables à la miner ?

Celle de faire des économies sur l’avenir des enfants ?

Celle de briser un système trop populaire, trop public ?

Laisser un commentaire

 

parcelle 53 |
Éloge des Loges |
MAYACAT-ESOTERISME |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Cérelles C'est Vous !
| Carbet-Bar
| roller-coaster x