et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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5 mai, 2010

« et l’école renaîtra de mes cendres »

Classé dans : — Alain @ 21:01

« … et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! »  

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A ton bûcher, Phénix, j’ajouterai ma bûche 

C’est pour nous que tu meurs et renais de ta mort.

Jean Cocteau

Monsieur, Madame, vous qui tenez ce livre, je vous déclare, parrain et marraine de l’Enfant !                              

Alain Valeau

           A Louis, mon grand-père qui fut un Désobéisseur républicain en milieu royaliste.         

       A ce même Louis, qui fut un Désobéisseur sous les lois Vichy, un Désobéisseur à Mauthausen         

         A ce directeur, Désobéisseur bien bousculé qui anime si efficacement, l’école qui porte le nom de mon Louis          

        A tous ses collègues que l’on insulte pour mieux les faire taire…         

        A tous ces Désobéisseurs sincères qui ont fait de notre pays un état ou dire non a souvent conduit à la liberté sociale et au progrès… 

Parrainage civil et laïc de nos enfants (Extrait de la cérémonie).

 En 1989, l’Organisation des Nations Unies adopte

la «DECLARATION DES DROITS DE L’ENFANT » 

           L’Enfant est considéré comme une personne, avec des droits et leurs corollaires des devoirs. A cet engagement de la communauté universelle, s’ajoutent d’autres engagements :  - Celui des parents vis-à-vis de leurs Enfants - Celui aussi des parrains et marraines, sollicités par les parents afin de les aider dans l’accomplissement de leurs devoirs envers les Enfants.  - Celui de la Société de leur procurer les moyens de leur instruction et de leur éducation. Le Maire : Selon vos idéaux, de tolérance, de liberté, de frater-nité et de responsabilité, vous marquez l’entrée de l’Enfant dans la vie et l’insertion dans notre société. Vous lui assurerez une éducation active, prenant en compte ses besoins et ses attentes. Vous lui montrerez la limite de toutes choses, pour que l’Enfant se construise, dans le respect des autres et de lui-même, qu’il apprenne la solidarité.      

Le père et/ ou la mère : Enfant, nous ne voulons rien t’imposer, mais nous prenons l’engagement de t’offrir, le meilleur de nous-mêmes et la liberté : liberté de choisir ta voie, de construire ta pensée en dehors de tout dogmatisme, de vérité précon-çue, en développant en particulier ton esprit critique. Tout au long de notre vie, nous serons présents pour t’ouvrir toutes les routes, afin que, le moment venu, tu puis-ses choisir librement, sereinement, celle que tu emprunteras.        

Le Maire: Chacun de nous peut être empêché de remplir ses devoirs à l’égard de l’Enfant. Conscients de cela, les parents choisissent un parrain et une marraine qui s’efforceront alors de les remplacer. Vous deviendrez parrain et marraine de L’Enfant. Nous comptons sur vous tous pour donner à l’Enfant, l’éducation qui le conduira sur la route de la réussite et du bonheur, dans un esprit de tolérance, en le soutenant dans les doutes et les épreuves, hélas inévitables.  Expliquez-lui ses devoirs d’être humain envers les autres et envers lui-même.      La marraine et le parrain : Nous nous engageons à faire en sorte que l’Enfant soit élevé, selon les lois de la morale universelle, dans le respect des règles de la démocratie et des principes d’égalité et de fraternité, à veiller également à ce qu’il ne manque de rien sur le plan affectif moral ou matériel. Le Maire: Que cet instant ne s‘efface jamais de votre mémoire. 

                                         – 1- L’AUTODAFE.  

 « N’HUMILIEZ PLUS LES ENFANTS ! » «DONNEZ UNE CHANCE A NOTRE JEUNESSE ! » « RECONSTRUISEZ L’ECOLE ! » « MA VIE CONTRE UNE VERITABLE ECOLE ! » « JE DOIS TOUT A MES ELEVES, MÊME MA VIE !  »

            Chaque jour, depuis le Premier de l’An 2011, l’une des déclarations grandiloquentes de cet ultimatum a fleuri, sur les murs des monuments parisiens, dans les couloirs du Métro, du R.E.R., aux stations de vélib, sur le net. En bandeaux majuscules, en affichettes, en collages, en graffiti… Simple et précise :                   

         Au début, peu de journaux en firent état. Pas assez de matière sans doute, trop naïf… Puis, un transfo éteint plon-gea un quartier dans l’obscurité. Près des manettes baissées, un même message réclamait le réveil des parents, des éducateurs, des politiques pour que renaisse l’Ecole. 

        Les médias ont ironisé sur cette pression puérile, ce chantage sans otage ni violence. En partie seulement, parce qu’en hiver, même brièvement, les coupures de courant, ça refroidit ! Presque chaque soir, un nouveau transformateur cessa ses fonctions jusqu’à agacer et interpeller. Après les paris sur le futur quartier visé, sur l’identité du mauvais plaisant, des regards se sont posés sur l’objet des messages, l’Ecole.               

       L’Etat, lui, ne bronchait pas, sauf par un porte-parole, naturellement bien informé, condescendant, qui annonçait l’arrestation imminente du coupable. Les moyens de l’E.D.F. (société devenue privée) et de la Police (encore Nationale) créditaient cette éventualité.           Le dénouement flamboya, le lundi 30 janvier 2011, à l’entrée des bureaux, rue de Grenelle, lorsque s’annonça la voiture ministérielle.                     

      Avant que quiconque puisse intervenir, un individu a bondi d’un porche et s’est enflammé contre la portière arrière. 

      Sélectionné pour ses réflexes, le chauffeur arracha la voiture et pénétra dans la cour, mais le kamikaze, sans doute totalement imbibé de carburant, ne pouvait échapper ni aux rétines des spectateurs ni aux objectifs de caméras, ni au Ministre surtout.

           Les agences de Presse avaient été prévenues que le coupeur de courant allait venir rencontrer le ministre tôt ce matin-là. Lorsque, enfin, le feu fut maîtrisé, il ne restait plus qu’un corps carbonisé sous une bâche toilée. Un autre brûlé gisait, déjà objet de premiers soins. Aucune image n’avait échappé aux appareils professionnels ou amateurs.                  

       Moi, Isabelle, mère de famille tranquille dans mon village occitan, je ne le savais pas, mais ce second brûlé ent-rait dans ma vie, autant que l’esprit du premier allait envahir le mien. A ce moment, tout était lancé et ce sacrifice suprême allait entraîner tant de points d’interrogation que l’ironie, l’indifférence et le dédain devenaient caducs… 

        Malgré les confusions semées par le gouvernement pour mettre en doute la stabilité psychique du défunt, l’ef-fervescence grandit. Radios, chaînes de TV, presse et bien sûr, internet, multiplièrent les indignations, mais aussi les interrogations, les essais de compréhension, les supputations… Quelle désespérance pouvait conduire à un tel geste ?                           Ce sont des débats que les médias ne devaient plus ignorer. La toile s’illuminait trop pour ne pas les obliger à réactiver les émissions d’échanges, de controverses. Dans le café, à l’angle de la rue, Sylvain, l’écrivain public, avait bondi impulsivement ! Ses yeux avaient connu ceux de Manu. 

            Pour lui, tout a changé, pour moi, tout allait changer, pour notre société rien ne devait plus être comme Avant… Edition après édition, chaque instant fut détaillé. Manu avait tout préparé : son jerrycan était caché sous un porche dont la porte était maintenue entrebâillée. Il avait pris un café, deux cafés, ses derniers, dans le bistrot de Pierrot, le copain de Sylvain. Rien n’avait signalé ce client au garçon, sinon qu’il avait payé aussitôt ses consomma-tions ; pas de dettes au moment ultime ! Il n’avait même pas bousculé Sylvain qui arrivait. Sa sortie ne fut pas plus agitée que celle de quelqu’un qui constate son retard. 

    Dès que la voiture ministérielle s’était annoncée, Emmanuel s’était levé, sans hâte, simplement, était entré dans l’immeuble voisin, en était ressorti enveloppé dans un imper qui déjà s’enflammait.                                          

              Ça! Sylvain l’avait vu, enregistré, sans admettre ce qui arrivait. Pas plus que ne le comprirent, les journalistes et photographes, qui arpentaient les trottoirs dans l’attente du mystérieux Interrupteur. 

             Sylvain, lui, au moins, a réagi, sans réfléchir… Il a hurlé au patron: « Pierrot, ton extincteur ! » Il a arraché, non sans casse, le rideau de la baie et s’est précipité sur la torche encore collée à la portière avant que la voiture ne s’arrache vers l’entrée du ministère. Tout de suite, il ne fut que douleur, son front, ses mains, puis partout. Il a ouvert grand la toile pour en étouffer les flammes. C’est à ce moment que Manu s’est tourné vers lui, dernier mouvement volontaire ? Chute incontrôlée? Aucun cri ne s’est échappé de cette bouche au souffle de feu, mais ces yeux, écarquillés, directs, soudains liquides, fondus…

          Jamais Sylvain ne pourrait les oublier. Pas plus que ne les oublierait le Ministre qui l’instant précédent avait aussi fixé ce visage collé à sa vitre teintée. 

         Sylvain se sentit arraché, jeté, roulé, étouffé… Par qui ? Photographes, journalistes, policiers, pas-sants… Il est incapable de s’en souvenir. Il est tombé en arrière, a ressenti un choc et puis plus rien… Jusqu’à son émergence à la conscience, trois jours plus tard. 

        Il n’était pas seul, le sentait, l’entendait, mais dans le noir total. Sylvain ne souffrait pas, pas encore, trop d’analgési-ques pour ça. Il ne se posait aucune question non plus mais éprouvait l’agitation de l’air enflammé et le regard tendu vers lui. Dans sa tête, avec son réveil, jaillirent un cri, un hurlement, des yeux en larmes, une bouche ouverte et des flammes, des flammes. 

      Plus tard, il me dira que, contre toute possibilité, il avait compris « Maman ! », craché avec ces flammes. Le hurlement, il devait l’admettre jusqu’à l’écœurement, à travers les reportages passés en boucle dans chaînes TV, c’est lui qui le poussait. 

              Sur les images, il s’est reconnu, agité près d’Emmanuel, son rideau, vain, entre les mains. Il a compris l’origine de ses brûlures. Il s’est vu tiré brutalement, en arrière, par un inconnu qui le sauvait. Sur l’écran, ses bras se tordaient, son grand corps basculait, heurtait le trottoir… 

       Lui, avait aussi ses images imprimées, bien imprimées…

        Ce que nul appareil n’avait capturé, c’était ce regard en fusion mais direct ; c’était ce cri de feu, vers lui, pour lui ou en lui… 

          Dans son esprit, Sylvain n’était plus seul!

                            

                       – 2 – L’ ECRIVAIN PUBLIC.                   Nous avons découvert Sylvain en même temps que nous était révélée l’identité de Manu. Les médias nous les ont livrés à travers leurs articles, les témoignages directs du Web ou les émissions d’analyse, de supputations des chaînes radio et TV.          C’était un personnage, ce Sylvain. Quarante-cinq ans, il allait de bars en cafés-restos citadins du début octobre jusqu’à fin avril. De mai jusqu’en septembre, ses routes le menaient de bistrots ruraux en estaminets, de village en village. Nomade, il a beaucoup appris ainsi, sur les tables où se rédigeaient les cris, les plaintes, les joies, les amours de ses pratiques… Il s’était façonné une vie à sa mesure, celle d’une bohème organisée. Une vie pleine de celles des autres ! Une vie dont les saisons étaient rythmées par ses engagements parisiens et provinciaux. Pendant sa session fraîche, il ne quittait sa clientèle de la capitale que pour un rendez-vous hebdomadaire, dans une maison de retraite de la banlieue essonnienne. Il y animait un remue-méninges, – est-ce moins bar-bare que « brainstorming » ? – où se développaient des souvenirs réels, rêvés, transformés…                         Qu’importe ! Des mémoires revécues par, pour leurs acteurs eux-mêmes d’abord, pour les enfants, petits-enfants ensuite. Pour lui, des bibliothèques vivantes qu’ils feuilletaient. C’était, près de chez lui, près de son deux-pièces H.L.M, la dernière demeure de sa grand-mère. Elle n’était plus là, le laissant seul survivant d’une famille jadis fournie et intense. Un accident de car leur avait retiré, en un même moment, toute la parenté réunie pour le mariage de sa sœur. Le véhicule loué, bloqué sur un passage à niveau, livré à la motrice d’un convoi d’entretien, n’avait libéré aucun survivant. 

               Sylvain était allé chercher sa grand-mère pour rejoindre le restaurant où le couple de la pièce montée attendrait longtemps ses mariés. C’est cette seule image que Sylvain a retenue de l’auberge décorée, parce que c’est elle que transportait le patron lorsque le téléphone a sonné…                  

      Bien sûr, rien n’a été simple ; accepter la fatalité n’était pas possible. Les indemnités importantes versées par les compag-nies assurances n’ont rien atténué. Sylvain se refusa long-temps à les considérer, laissant le notaire se charger de leur placement. Celles attribuées à sa grand-mère garantirent les frais de la résidence pour personnes âgées et les soins indis-pensables à un esprit incapable de supporter l’immense vide creusé dans sa vie. 

            Sylvain avait vingt ans. Son bac obtenu sans prob-lème, il entamait en fac des études littéraires et se voyait bien en journaliste, voire reporter… Impuissant à guider une existence devenue le jouet du destin, il a confié sa volonté défaillante à un encadrement sans discussion. 

          Hasard des relations, de la proximité sans doute, ce fut dans la vie militaire qu’il s’immergea, lui aussi. Son engagement dans l’armée de l’air se réalisa sans douleur. Il accepta la discipline comme on se munit de béquilles. Il accepta les autres et leurs histoires, pourvu que la sienne ne soit pas fouillée. Il accepta la responsabilité du foyer du soldat. C’est là qu’il devint écrivain public pour ses copains.              

                Il fut aussi, lorsqu’il ne conduisait pas un camion, coiffeur, sans expérience mais bien servi par sa bonne vo-lonté appliquée, Il couvrait parfois quelques frasques de gars un peu éméchés. Lui-même sentait que l’alcool lui tendait les bras de l’oubli, mais que l’étreindre serait sa fin. Voilà une lutte qu’il pouvait mener ! Ses dépannages épistolaires de sous-off, d’officiers parfois, lui permettaient ces coups d’éponges et lui ont ménagé une période de deux ans assez tranquille. Ses permissions le menaient uniquement vers sa grand-mère. 

              Il a quitté l’uniforme avec, sinon un métier, une fonc-tion : écrire pour les autres. Sylvain a officialisé sa petite entreprise en se déclarant auto entrepreneur avant le terme. Un forfait fiscal, des frais réels, une assurance en cas de clients hargneux et vogue l’écriture. Pas de patron mais des clients très, très variés, exi-geants autant que confiants. 

                    S’il avait voulu éviter les horaires infernaux, c’était loupé ! Pas de bureau imposé, des bureaux adoptés après bien des essais et fidélisés ensuite. Essentiellement dans Paris : cinq troquets, cinq journées et une matinée en réserve pour les urgences ou les imprévus… Le dernier après-midi était consacré ses amis de la Résidence. Le dimanche, fara niente… Quoique les devoirs à la maison existent aussi chez les écrivains publics. 

             Les jours ouvrables, toute l’année presque, travail de 10 h à 12 h, selon les circonstances, puis Sylvain déjeunait, aux frais du bistrotier ; avec lui, selon le coup de feu. Après une sieste, parfois coquine, il reprenait son écoute et ses lignes de 14 h jusqu’à 19, 20 h, plus souvent… Vingt euros pour une heure, avec, quelquefois, une rédaction immédiate, une commande, des recherches, des appels…                            Sylvain acceptait tout. Il écrivait pour des employeurs potentiels, pour des administrations, des familles… Il rédigeait des ruptures, des déclarations, des devoirs d’étudiants aussi. Des discours solennels, des mots d’amitié pour un mariage, un anniversaire, pour des grands mais pour des petits aussi qui voulaient dire leur affection à un parent, à leur frère, leur sœur un jour de baptême par exemple… Il aidait aussi à composer des mots d’accompagne-ment pour l’ami, le proche qui avait quitté notre monde… Une fois, seulement, il avait refusé une demande, pour une lettre anonyme ! Un comble lorsque le corbeau est assis à votre table ! Des tranches d’existences réelles, imaginées ou sou-haitées ! Il évitait surtout de se laisser empoigner et pénétrer par la vie de ses clients. Prendre pour important ce que le solliciteur s’efforce d’exprimer, s’imprégner de sa personnalité, pas de son vécu, Sylvain y réussissait bien. Il aurait pu devenir voyant et anticiper les lendemains espérés par chacun.                

          En entendant les confidences de ses pratiques, il a commencé à puiser dans ses finances, presque oubliées. Il ne remettait pas de subsides directement. Ses amis taverniers, ça c’était sa volonté, étaient ses intermédiaires. Ils expliquaient ces providences par la géné-rosité occasionnelle d’un gagnant chanceux, anonyme… Jamais Sylvain ne devait le regretter, à Paris comme en province. Souvent, très souvent, le dépanné devenait dépanneur, toujours par l’entremise du bistrotier. Dans chaque café, il avait son coin, ses habitudes. Ses clients naissaient du bouche-à-oreille. Le patron, la patronne prenaient les rendez-vous, établissaient l’ordre de passage. L’attente favorisait la consommation ; la présence de l’écrivain public valait une attraction. Certains patrons lui avaient proposé de s’installer à demeure, mais Sylvain tenait à son nomadisme, au caractère si particulier des quartiers qu’il avait choisis. Il aimait chaque ambiance, chaque richesse différente des conversations de comptoirs. Plus que les brèves, si révélatrices de l’humeur sociale, il aimait glaner les blagues, les notait. Il en avait des pages et des pages qu’il cédait à la douzaine, pour les réunions post-travail, pour les repas de famille, les retrouvailles entre copains, copines… Un à-côté non négligeable !                

            Sylvain gagnait bien sa vie : peu de besoins, d’envies, nourri, pas de bureau, des transports parisiens collectifs ou individuels. Le vélo loué, quelle belle idée ! Lors de ses débuts, Sylvain transbahutait son dico, sa machine à écrire, son magnétophone, des feuilles, des sty-los… Une petite valise était nécessaire. L’ordinateur portable, son imprimante, les mémoires annexes… lui ont bien simplifié les fournitures de base. Tous ses hôtes lui permettaient de se connecter sur internet. Ses ressources documentaires et ses relations étaient deve-nues infinies. Abandonné l’usage du téléphone au comptoir ou dans la cabine ; son mobile professionnel lui a assuré le contact avec tous, par répondeur interposé le plus souvent. Sa régularité allait jusqu’aux siestes accompagnées. Une femme dans chaque port, les mêmes, pas d’embrouille ! 

              Il avait créé un véritable réseau de remplaçants pour que ses habitués ne soient pas lésés par ses absences, roulement et saisons obligent. Tous y trouvaient leur compte : les étudiants, les profs qui constituaient le gros de son fonds de suppléants, autant que les demandeurs. Si le contact n’était pas aussi cordial et efficace que Sylvain l’espérait, il abandonnait la doublure. Les clients, surtout aussi craintifs que l’étaient souvent les siens, au début, étaient rois ! Ce lundi 31 janvier, Sylvain atteignait son « bureau » de la rue de Grenelle. Incroyable combien de synthèses d’articles, de rapports et de discours, il avait rédigé pour des fonction-naires d’en face, lourdement chargés de boulot ou au cerveau éreinté.     

        Trois jours après, à son réveil, sous ses pansements, dans sa tête, il n’était plus seul, à jamais. 

 

 

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