et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

12 mai, 2017

SUR LE CHEMIN DES LIVRES

Classé dans : pour le plaisir...,vivre ensemble — Alain @ 9:55

 

 

A tous, bienvenue sur le chemin des livres !

 

Très tôt, je me suis gavé de lecture, parfois en cachette même… Beaucoup de lectures pour vivre « autre chose »,  en puissant dans l’imagination d’un auteur pour nourrir la mienne.

J’ai lu aussi pour abonder mes savoirs, lectures obligatoires des études ou lectures pour satisfaire ma seule curiosité.

Sans doute parce que l’écrit fut nécessaire à ma jeunesse, sans doute aussi parce que nombre de mes élèves en classes spécialisées ou ordinaires furent en délicatesse avec la lecture, je me suis efforcé de faire apparaître le livre comme une grotte merveilleuse dont il me fallait livrer le sésame…

J’ai eu la chance, alors que la retraite me laissait vacant, de croiser, un jour de rentrée des associations, le chemin de La Joie de Lire…

Dans ce village, s’active un groupe de bénévoles, d’amateurs des livres, qui perpétue un élan né depuis plus longtemps, qui année après année, bénévoles après bénévoles, organise, peaufine, enrichit la caverne de la lecture et délivre le précieux code pour en franchir les portes, celles de la Bibliothèque Municipale.

Je me suis retrouvé dans la situation d’un personnage de Simone de Beauvoir

« Elle s’était inventé une foule d’activités : elle s’était occupée bénévolement de la bibliothèque… »

J’ai appris que s’aventurer, s’engager, dans une bibliothèque, en partager l’animation, c’était donner vie à une collection d’écrits  et surtout tresser des liens, pour que tous ces ouvrages, toutes ces ressources rassemblées, enchantent notre public.

 

Pour illustrer, les échanges, ces échanges si importants, avec nos visiteurs en quête de lecture, presque un tiers de notre population, j’ai relevé cette déclaration d’Albert Brie, un sociologue canadien:

« Quand j’ai envie d’un livre, je l’achète, si je veux être sûr de le lire, je l’emprunte. »

La bibliothèque de Saussan est riche de son histoire, de ses balbutiements, de ses premières fondations, de ses incertitudes puis de sa maturité grandissante… Elle est riche des initiatives, des efforts, des heures additionnées pour lui donner plénitude et pérennité… Elle est riche de ses rencontres, de ses spectacles, de ses soirées, de ses récits pour tous, des bébés-lecteurs aux adultes… le temps d’une voix qui raconte.

Je n’ai pas connu le temps des pionniers, je l’ai découvert par bribes, par souvenirs évoqués, par documents retrouvés… Je l’ai  surtout perçu lorsqu’est apparue la volonté de fêter 30 ans d’une telle vitalité.

Au nom de tous ceux qui ont géré, gèrent encore LA JOIE DE LIRE ; au nom de tous ceux qui l’ont bâtie, je suis particulièrement heureux d’avoir appartenu à cette collectivité et d’y retrouver le plus souvent possible les acteurs de cette belle histoire.

10 mai, 2017

ALTRUISME…

Classé dans : vivre ensemble — Alain @ 11:20

Oui à l’Education à l’altruisme par le pragmatisme !

Par l’interaction dans les apprentissages, dans les projets établis ensemble, mis en œuvre ensemble…

Par les réflexions, les soutiens t mutualisés…

Par la réalité de groupes d’action, classes, écoles qui fonctionnent en symbiose et en complémentarité,…

Par la mise en place de réflexes pour faire appel en cas de besoin autant que de répondre à cet appel…

Alors vivre ensemble devient une force qui construit chacun non par les dits, mais par le vécu… Ce qui n’exclut ni les débats, ni les affirmations individuelles mais simplement les intègre dans la convivialité. Cela conduit, durant tout un cycle, durant toute la scolarité dans l’établissement qui vit ainsi vers une éducation de chacun à être vigilant pour les autres ; tant pour en recevoir, chaque moi en a besoin, que pour donner, chaque toi, chaque vous, chaque tous en ont besoin.

Utopie ? Je ne crois pas et je suis même certain que nombre d’enseignants, d’animateurs s’emploient à en faire une réalité…

Difficile ? Oh oui, car même une société en danger refuse d’en faire un besoin de l’immédiat.

Nous sommes dans un monde où accumuler des connaissances, des biens, paraît plus nécessaire que s’assurer des savoir être, des savoir mettre ensemble…Un monde où le bénévole, l’altruiste est taxé de naïveté quand il n’est pas soupçonné de tromperie…

L’éducation à l’altruisme pour s’épanouir ensemble est vitale, et elle ne dépend pas de programmes, d’instructions, qui ne peuvent qu’en bénéficie, mais bien de la qualité de ses équipes pédagogiques…

Il ne s’agit pas de vivre en essaim ou de préparer le Meilleur des Mondes mais de donner à chaque individu la capacité de développer ses talents en ne niant pas ceux des autres mais au contraire en s’y ajustant.

Alors, peut-être que cette attention à tous deviendra une attention fraternelle à celle qui nous porte, nous supporte, notre Terre.

 

14 février, 2015

REGARD…

Classé dans : vivre ensemble — Alain @ 12:19

L’essentiel est invisible pour les yeux (Saint Exupéry » et les filtres de l’esprit ont besoin d’être souvent nettoyés pour rester ceux du cœur……

Un jeune couple venait de s’installer dans un nouveau quartier. Le lendemain matin, au moment où le couple prenait le petit déjeuner, la femme aperçut leur voisine qui étendait son linge. « Quel linge sale! dit elle. Elle ne sait pas laver. Peut-être a-t-elle besoin d’un nouveau savon pour mieux faire sa lessive ». Son mari regarda la scène mais garda le silence.

C’était le même commentaire chaque fois que la voisine séchait son linge.

Après un mois, la femme fut surprise de voir un matin que le linge de sa voisine était bien propre et elle dit à son mari :

« Regarde! Elle a enfin appris à laver son linge maintenant. Qui le lui a enseigné ?

 » Le mari répondit: « Personne, je me suis levé tôt ce matin et j’ai lavé les vitres de notre maison ! »

Moralité : Parfois tout dépend de la propreté de la fenêtre à travers laquelle nous observons les faits. Avant de critiquer, il faudrait peut-être vérifier d’abord la qualité de notre regard. Alors, nous pourrions voir avec clarté, la limpidité du cœur des autres.

 

9 août, 2014

HEROS DE VACANCES!

Classé dans : actualité,Liens,vivre ensemble — Alain @ 15:19

    Vacances ! Drôle de mots qui signifient aussi vide .Quand c’est l’esprit que l’on vide après des journées d’activités denses, c’est un vide salutaire, quand il s’agit d’un vide imposé par la perte d’emploi, de santé, par une précarité quotidienne où sont les vacances ?

             Il ne s’agit plus d’épiloguer sur la longueur des congés (encore un drôle de mots selon qu’on prend ses congés ou qu’on le reçoit…)

            Je tire mon vieux chapeau à ceux qui se préoccupent d’organiser des temps de coupure pour tous ceux, de tous âges qui sont dans le vide quotidien d’une vie difficile… Qu’ils œuvrent autour du domicile ou ailleurs, bravo à ces anonymes, et à ces collectivités qui font que vacances redeviennent bouffées d’oxygène…

            Je crois que ces gens qui essaient de tirer les autres de leurs soucis l’espace d’une portion d’été sont les vrais héros des vacances!

5 avril, 2014

L’année de l’engagement… ÊTRE BENEVOLE…

Classé dans : Liens,vivre ensemble — Alain @ 13:22

Question récemment posée : pour toi, c’est quoi être bénévole ?

J’ai répondu…

                     Etre bénévole, c’est une façon de vivre, d’être en soi, et une façon de vivre, d’être dans l’humanité, concept plus large, plus flou que celui de société et par cela même, plus ouvert en opportunités pour tenir compte des autres.

                    Plus que la force de vie, s’ancre l’Espoir, celui de la boîte de Pandore, celui du bûcheron implorant la venue de la mort et trouvant des prétextes, des travaux inachevés, pour la repousser lorsqu’elle répond à ses appels. Aspirer au repos ultime même, en des circonstances d’intense lassitude, de souffrance, n’est-ce pas espérer en cette porte, non pas de sortie mais de secours ?

                     Comment faire preuve d’élan, d’engagement vers les autres si on ne possède pas cet espoir ?

                   J’ai eu la chance, de côtoyer, de faire, avec d’autres bénévoles… Ensemble, nous avons rêvé, réfléchi, tenté, espéré, désespéré, réussi, abandonné, aimé, détesté… Nous avons souvent été des « Auvergnats » à la Brassens, moqués, exploités par les « Croquants » du même poète. Nous avons ri et pleuré aussi. Nous avons éprouvé beaucoup, beaucoup d’émotions, de la rage au bonheur. Ce bonheur d’avoir rendu d’autres heureux, d’avoir tiré hors de l’eau la tête de quelques uns qui se noyaient…  Ce sentiment de réconfort final est le plus difficile à éprouver car il nous laisse vacants en fin d’action, donc vulnérables à l’émotivité, alors que la colère et la rage, donne de l’énergie, celle du désespoir.

                Le plus souvent, le bénévolat est assimilé, avec condescendance, à amateurisme et gratuité du geste. C’est vrai et faux !

                  Vrai, parce qu’être amateur, c’est aimer et que le cœur a des élans que ne soutient pas toujours la raison, mais faux parce que, pour donner corps à ces élans, pour faire, souvent, les amateurs deviennent de vrais spécialistes de l’objet de leurs passions et se donnent les moyens de comprendre et d’agir.

               Vrai, quant à la gratuité du geste, parce que l’acteur de la belle volonté, n’attend ni bénéfice matériel ni honneurs, ni reconnaissance, en principe, mais ça, c’est autre chose car donner sans que soit apprécié, donner son prix humain, à l’action, ce n’est pas la renier certes, mais c’est un partage raté. Même si ce ne sont pas les bénéficiaires de l’aide apportée qui en témoignent, il est chaud de pouvoir trouver chez ceux qui ont vu, suivi et constaté la réalisation, le reflet de l’effort, de l’implication  fournis. Le bénévole n’est pas un robot ; il éprouve des émotions et leur partage est important… Un mot, un sourire, une tape… valent plus que toutes les médailles, lorsqu’ils sont prodigués au bon moment…

                  Faux car lier bénévolat à la seule absence de rémunération est une aberration !

               Chaque jour, chaque heure, des hommes de femmes, de tous âges, de toutes conditions, accomplissent pendant leur temps de travail ou en complément, des actions généreuses conséquentes.

                L’accueil, l’accompagnement, la démarche, le suivi hors temps professionnel, la politesse même, le respect, sont des élans de bonne volonté qui font que celui qui les reçoit, retrouve espoir et confiance… Mieux, il trouve une réponse à son problème, un regain d’énergie pour se remobiliser….

                   Pas d’exclusive pour ces métiers, tous, tous, peuvent être l’occasion de ces plus qui lient les individus.

                     Autour de mon école de la banlieue parisienne, il existait, il existe toujours, un groupe, une amicale de presque deux cents personnes, parents ou non, qui se mobilisent pour améliorer les relations, animer nos festivités, donner des ressources à nos projets… et, plusieurs fois agir pour secourir des familles en détresse…

                Aujourd’hui, j’appartiens, dans un petit village, à une association, la Joie de Lire, dont les membres croient que transmettre par l’écrit est un lien social indispensable. Elle s’est vu confier la gestion d’une bibliothèque, modeste mais active… Nous avons des contacts réguliers très chaleureux et constructifs avec nos lecteurs eux, tant pour discuter livres qu’aider à des enquêtes, des devoirs, pour les écouter, apprendre autant d’eux qu’ils apprennent de nous… Nous contons avec bonheur et régularité aux bébés-lecteurs, aux enfants des écoles, nous animons quelques expositions, organisons des veillées… Nous avons fêté l’anniversaire de ses 30 années d’existence ; notre bibliothèque a ponctué bien des événements et même  donné naissance à un animal totémique…

               Je ne sais si nous apportons plus, moins, que les intervenants employés en collectivités territoriales, différemment sans doute parce que nous avons des permanences tournantes, des spécialisations selon nos choix et les compétences de chaque membre de notre groupe, parce que nous avons besoin de confrontation de tous les points de vue avant de prendre des orientations… Peut-être que nos liens avec les gens du village, avec ceux dont nous partageons les activités dans d’autres activités, nous permettent-ils des contacts privilégiés… Nous savons la fragilité du bénévolat en général, son usure aussi. Pour l’instant, nous regardons le bilan de nos fréquentations et les témoignages de satisfaction de nos lecteurs et avons le sourire.

                   J’ai la chance de vivre mon bénévolat avec des personnes largement impliquées dans d’autres  actions, association locales ou nationales.

                  J’ai la chance de vivre mon bénévolat dans un village dont le tissu associatif est réel, dont, dans l’ensemble, les responsables, «tiennent le coup », parfois difficilement. Pourtant, je regrette la disparition de certains mouvements faute de relève…

                 J’ai la chance de trouver dans ma famille, mes amis, de véritables acteurs du bénévolat tel que ces lignes vous l’ont présenté.

   J’ai la chance de connaître des élus véritablement imprégné de leur engagement au service des autres, c’est sans doute celui qui est le plus difficile et fait avec foi, lucidité et compétence le plus utile.

                   Cette communauté d’engagement, d’esprit et d’actes, oserai-je dire cette communion, est une richesse dont je suis fier.

                    Je sais que nombre de bénévoles se mettent à la disposition d’œuvres où les « consommateurs » sont plus nombreux que les acteurs. Mais, aider à ce que chacun se sentent bien, mieux parfois, n’est-ce pas aussi favoriser la convivialité, base de relations apaisées ?

                  Je comprends la réticence à cet engagement. Parfois, lorsqu’un parent me disait : « Je renonce à mon appartenance à un mouvement altruiste, parce ce que cela prends (vole) du temps à ma famille… », ma réponse était, le plus souvent car il faut bien s’adapter aux cas :

            « Si vous êtes convaincu de votre utilité dans ce mouvement, si vous y trouvez votre épanouissement, si vous en êtes fier, alors faites le partager aux vôtres. Pas en les impliquant, ça c’est leur choix, mais en vous expliquant, en partageant vos émotions, la chaleur ressentie dan vos réussites et l’inquiétude dans vos ratés… 

             Je n’ai jamais rencontré un enfant qui ne soit fier, au fond, de savoir ses parents appréciés et utiles, dans leur travail comme dans leurs engagements. Tout est une question de dosage, c’est difficile, pas de renoncement !»

            Etre bénévole, ce n’est ni se résigner à abandonner ce qui nous fait plaisir, ni se sentir dévalorisé en regard de ceux qui accordent la priorité à leur réussite sonnante et trébuchante, en écus comme en grelots notoires

             Etre bénévole, c’est servir avant de se servir, comme une simple politesse de tour de table.

             Et puis, finalement, devant son miroir, jusqu’au dernier clin d’œil, pouvoir se dire «  Tu as bien vécu ! Malgré, tes erreurs, tes fautes même, tes attentions pour les autres ont fait de toi un individu qui a, un peu aidé, à ton échelle, à huiler le cheminement de l’humanité. »

            Mon prof de philo, la philo est éternelle, nous avait fait disserter sur l’ontogénèse reproduisant la phylogénèse, j’aime mieux penser que l’histoire d’un être humain laisse une empreinte sur celle de l’humanité, si possible, une trace positive et constructive… même par simple bonne volonté !

            Etre bénévole ce n’est pas rendre notre société viable, mais vivable !

7 janvier, 2012

Tonton, les Auvergnats et le croquants…

Classé dans : Liens,vivre ensemble — Alain @ 12:14

                Je pense à toi, mon oncle qui vient de nous quitter, à toi authentique Auvergnat de Vendée, à toi pour qui le denier de plus, même pas, souvent le denier nécessaire, était un denier à partager. A toi pour qui soulager était plus vital que  profiter… Que ce soit du tempq ou ta chemise… Partager, même avec un malheureux inconnu, ton temps libre, tes mots, tes chansons aussi, le sou emrunté… Tu as su offrir ta liberét en des temps troublés pour que d’autres ne soient pas menacés…  Tu as aimé, ô combien. Tu t’effaces, sazns gloire, sans médaille, sans autre commémration que celle de notre souvenir.

                  Tu es de la dynastie des héros anonymes si nombreux au quotidien, de ceux aussi auxquels je suis  si fier d’être lié; certains nous ont façonnés, accompagnés… Que me semble obscurs les brasiers avides des escrocs de la vie!

            Je ne sais quelles furent tes dernières pensées, je connaissais les avant-dernières: tu croyais qu’aucune religion n’avait le droit d’imposer ses assertions, mais tu croyais en une présence supérieure, un un esprit tutélaire fait de toutes les belles volontés, de toutes les générosités de l’humanité en marche. En cela, tu étais bien le fils de cet homme, mon parrain, mon éducateur à la Roussaeu, magister de nos longues promenades, de nos veillées, de nos contes et de nos silensces aussi.

              Dans le miroir ultime, je suis certain que tu t’es souri, ta vie fut celle d’un Auvergnat, d’une Poire diront cetains, mais quel fruit juteux, quelle sève magnifique en a coulé! Tu a eu toutes les raisons de s  ourire à ce moment, plus que des biens, plus que des traces solides, tu as laissé mieux, un sillon dans le grand chand de cette construction permanente de l’Homme et de la femme…  

               C’est une année Brassens ! De votre vie, toi et d’autres qui nous sont proches, d’autres que j’estime, vous avez fait, vou faites ce qu’il faut pour que ce soit tous les jours Brassens, avec tous ses excès, ses contradictions mais aussi sa générosité à fleur de mots, de notes, son humanité…

                    Bien sûr, il y a les faussires! N’importe qui, ou presque, peut encore être interpellé en chantant « Hécatombe », mais, mais qui sera interpellé parce qu’il chante, à belle voix, avec émotion, la chanson pour l’Auvergnat, tout en vivant comme un croquant. Brassens  était, peut-être, un rebelle de cœur,  de faits, je ne sais pas vraiment, de mots certainement…

                J’aime penser, qu’il s’adressait, s’adresse toujours, à toi, à vous, à ceux qui, à tous les niveaux de la solidarité, chaque jour, sont des hôtesses – des étrangers – des Auvergnats et se plaisent, les innocents, à servir plutôt qu’à se servir…

                Je ne chante pas juste surtout à côté de toi mon oncle, dont la voix fut souvent un, cadeau, jusqu’au bout… mais le miel des messages de Brassens me chauffe l’âme depuis si longtemps que, en mon automne, je me les fredonne lorsque ça tangue trop dans notre société, question « fraternité.

              Merci Tonton, merci à tous ceux qui te ressemblent…

8 novembre, 2011

L’Auvergnat de Sète

Classé dans : actualité,vivre ensemble — Alain @ 20:46

     C’est une année Brassens ! Ce devrait être tous les jours Brassens, avec tous ses excès, ses contradictions mais aussi sa générosité à fleur de notes, son humanité…

                    N’importe qui ; ou presque, peut encore être interpellé en chantant « Hécatombe », mais, mais qui sera interpellé parce qu’il chante, à belle voix, avec émotion, la chanson pour l’Auvergnat, tout en vivant comme un croquant. Brassens  était, peut-être, un rebelle de cœur,  de faits, je ne sais pas vraiment, de mots certainement…

               J’aime penser, qu’il s’adressait, s’adresse toujours, à ceux qui, à tous les niveaux de la solidarité, chaque jour, sont des hôtesses – des étrangers – des Auvergnats et se plaisent, les innocents, à servir plutôt qu’à se servir…

               Je ne chante pas juste , mais le miel des messages de Brassens me chauffe l’âme depuis si longtemps que, en mon automne, je me les fredonne lorsque ça tangue trop dans notre société, question « fraternité ».

19 septembre, 2011

Balade au coeur du patrimoine…

Classé dans : actualité,vivre ensemble — Alain @ 23:42

Vin et eau, deux éléments révélés du patrimoine de notre village.

 

Vivre, c’est se situer et se construire au présent… Pour s’approprier le lieu où on implante sa vie, même temporairement, il faut le connaître, le respecter, le pratiquer. « On ne comprend bien un espace qu’avec ses pieds ! » disait une dame ce samedi de cheminement dans le village.

Le pratiquer se conjugue au présent : en identifier les rues, les paysages, les apprécier dans leurs charmes et dans leurs défauts, en goûter les ressources naturelles ou sociales, trouver son loisir, son épanouissement dans les offres des associations, des services divers, partager les moments conviviaux…

Le respecter, c’est savoir combien chaque pierre travaillée, chaque lopin retourné, chaque embellissement ajouté à valu de sueur, d’initiatives, de temps, de découragement, de remises sur le chantier, de fierté, à ceux qui, pour eux ou pour la collectivité ont œuvré sur notre territoire.

Ce samedi de découverte du patrimoine fut une belle marque de respect consacré d’abord à ces vignerons, petits ou plus grands propriétaires, ouvriers, pour lesquels la terre était d’abord un potentiel de ressources, une incertitude, un chantier à vaincre avant d’espérer.

Le vin, comme tout ce qui peut tenter l’homme, la femme, comme tout ce qu’ils produisent, pêche par ses excès. Une belle légende grecque fait acheminer le buveur, de la gaîté, à la bravoure téméraire puis à la sottise profonde… Le meilleur et le pire.

Pour bien des travailleurs de notre village, il fut le « sel de la terre », le moyen de vivre, puis souvent, tant la tâche était prenante, incertaine,  source de fierté.

 L’exposition consacrée aux grandes colères de 1907, «  Cette saison des gueux » était émouvante, comme l’étaient les lettres de cette mère à son fils émigré pour lui conter les luttes…

Parmi nous, un Saussanais évoquait son aïeul, soldat du 17ème, refusant de tirer sur les hommes, les femmes les enfants désespérés de Béziers… Ce « camp d’épreuves » auquel ce « rebelle » et ses camarades furent expédiés, il pouvait nous le montrer sur les photos exposées…

Les paroles du chanteur et poète, ce samedi soir ponctuèrent l’épopée du vin à travers les siècles mais aussi traduisirent ce désespoir d’une région qui perdait la confiance, la foi dans le pouvoir de ses mains devenues improductives.

Revivre, tâche après tâche, de la terre dure jusqu’à la vendange, la ténacité des vignerons qui écrivirent l’histoire du village fut un grand moment. Nous faire partager leur colère en fut un autre.

Dimanche matin fut essentiel car l’eau, vitale, était à l’honneur. Cette eau qu’il fallait aller chercher dans la gangue de son sous-sol pour l’exhumer jusqu’au jour. Cette eau qu’il fallait s’ingénier à drainer, à conserver, à ménager aussi… Cette eau, qu’il fallait offrir, partager en des puits communaux puis en des fontaines pour tous, notre village en multiplie les possibilités de découverte… Que de puits, droits ou avec grottes, aux mécanismes les plus ingénieux, nous a-t-on révélés, à l’air libre ou bien à l’abri dans un jardin clos, une cave voutée…

Merci à tous ceux qui ont permis cette chasse aux trésors de l’eau.

Pas anecdotique, si notre animal totémique est né a été découvert par les porteuses d’eau…

 

Il paraît, selon le philosophe antique que « L’homme est intelligent parce qu’il a une main… » Comment ne pas le croire en voyant tant de témoignages de constructions diverses, ingénieuses pour que l’eau, «  la vie » selon Saint-Exupéry, justifie que là où elle jaillit, une communauté se fixe !

 

En ces deux journées j’ai, aussi, rodé dans un jardin à travers les âges, entendu conter la lente construction puis destruction puis reconstruction d’une abbaye, applaudi des comédiens de rue…

J’aime les écrits, j’aime les productions exposées dans les lieux de culture mais souvent plus pour la passion qui a guidé leurs auteurs que pour l’œuvre… J’aime sans doute plus les lieux de travail, tous, le champ, l’atelier, la classe, le cabinet de praticien, le bureau de secrétaire, le stade, tous vraiment lorsque leurs pratiquants sont sincères et généreux, donc j’ai aimé partagé, une nouvelle fois, ces occasions, dans notre village et ses environs, d’entendre, de voir, des gens d’aujourd’hui dire l’existence des gens d‘hier. J’ai éprouvé avec émotion, leur force, pour, à travers,  espoirs, colères, rires et amertumes, avec persévérance, intelligence, courage, générosité brillent la vie.

Ces témoignages le prouvent. Ils seraient bien surpris ces puisatiers de nous voir admirer leur création. Chaque jour, nous laissons une empreinte. Le quotidien de notre village est riche de l’inventivité de chacun ; même créatrice d’un embellissement, d’un mur, d’un jardin, d’une poterie, d’une peinture « pour soi » ou d’un spectacle, d’une fête, d’une belle salle de classe pour tous… l’ingéniosité est un trésor qui deviendra une page que liront plus tard les futurs découvreurs des journées du Patrimoine.   

 

29 août, 2011

- 34 – JULIETTE EN COLERE.

                  Ma soirée, toujours aussi ouatée par mes deux tuteurs, a surtout été marquée par l’indignation de ma fille.                  En début d’année scolaire, nous nous étions un peu étonnés de l’initiative de sa maîtresse qui instituait une assemblée de discipline. Elle devait, en fin de semaine, distribuer, les avis de satisfaction et les réprimandes. Se voulant démocratique, cette institution relevait plus, à notre sens, du tribunal populaire que de la réflexion autour des conduites.            

              Nous en avons parlé lors de la réunion de rentrée. Ce n’était qu’à l’état de projet alors. La professeur des écoles nous a rassurés en précisant que cela restait très esprit coopératif, se ferait avec un vote des élèves et qu’elle en serait l’arbitre.              Hier maman, c’était pas le jour mais, vers 16 h, elle nous a dit : 

           « Rangez vos affaires, on va tenir notre réunion de discipline ! »           On savait un peu pourquoi, il y en a deux, des filles, qui se sont insultées et bagarrées pendant la récré. Les autres criaient autour… 

           La maîtresse les a fait venir au tableau et nous a dit : « Que pensez-vous de leur conduite ? Qui est coupable ? Que faut-il lui faire ? »           Déjà, j’ai pas aimé qu’elle parle d’une coupable, sans savoir, ensuite avant de dire ce qu’on pensait, il faudrait peut-être les écouter, leur poser des questions…. 

            Jonathan a commencé :           « C’est Line qui a provoqué Shirley, je l’ai vue! »             Line a crié que c’était pas vrai, que Shirley avait commencé déjà hier. Shirley a répondu que Line ne faisait que la traiter, se moquer d’elle, lui dire qu’elle était mal habillée, qu’elle sentait mauvais et que sa mère était grosse…        

            Alors là, dans la classe, il y en a qui ont dit :             « C’est vrai, elle est comme ça, et même que son père se dispute avec tout le monde. » 

           Les autres protestaient :             « On s’en fiche de ça ! Si Line l’a insultée, c’est normal que Shirley lui réponde ! » 

            La maîtresse a tapé sur son bureau et elle a remarqué : « Est-ce que ça justifie qu’on tape sur celle qui se moque de vous ? »           Moi, j’ai levé la main et j’ai dit : « Oui ! » 

          « Enfin Juliette, pas toi qui cherches toujours à arranger les disputes ? »            « Mais Madame, quand on ne sait plus quoi répondre, quand on se moque de nos parents, de nos vêtements… on peut être tellement en colère parfois qu’on ne se retient pas, on a trop de honte ! » 

           Dans la classe, il y en a qui m’applaudissait, qui disait que j’avais raison…            Les copines de Line, elles, elles me criaient après. 

          C’était un beau bazar !              Alors tu sais maman, tu vas être convoquée avec Papa, parce que j’en ai eu marre, j’ai pris mon sac et je suis partie.           On m’a bien entendue ; tout le monde s’était tu. 

         « Moi, je ne veux plus faire ces réunions. C’est injuste ! On punit, on récompense mais on n’écoute personne. Ce n’est pas à nous de dire si c’est bien ou mal, c’est à vous ! »          La grille était déjà ouverte et tes copines, dehors, elles m’ont vue sortir en pleurant. T’inquiète pas, c’est parce que j’étais énervée seulement… 

        Je n’ai pas voulu que papa t’en parle en premier, je préfère que ce soit moi…           Il a téléphoné à l’école pour dire que j’étais bien à la maison et que vous passeriez voir la maîtresse à ton retour. 

       Demain, il faut que j’y retourne mais ça ne me fait rien. Tant pis si je suis punie, mais pas par les autres cette fois. »             Je pensais que si l’école avait eu une véritable équipe, un directeur présent et non itinérant, cette dérive ne se serait pas produite… 

           Je n’ai pas consolé ma fille, ni approuvé, ni blâmé. Je lui ai dit que je comprenais qu’elle ait réagi comme elle le sentait… que surtout, elle n’avait fait de mal à personne, sauf à l’amour-propre de la prof., mais ça je l’ai gardé pour moi 

          Je lui ai conseillé de ne pas attendre pour en parler bien tranquillement avec Line et Shirley, comme le faisait si bien ma Juliette de
la Paix. Ce serait bien, surtout, si aucun clan ne se formait autour de cette histoire. 
           C’était beaucoup pour ses neuf ans, mais elle en était capable… 

          Je l’ai réprimandée pour avoir apostrophé la maîtresse et avoir quitté l’école avant l’heure… Elle s’attendait à une punition et l’acceptait à l’avance.           On en reparlerait à la fin de la semaine. 

           Dans l’ensemble, j’ai dû exprimer ce qui convenait car sa voix s’est faite plus posée et elle m’a claqué un gros bisou sonore avant de me passer Killian, patient pour une fois. 

          Lui, c’était surtout son mercredi avec papa, son entraînement de foot et la visite de David qui meublaient son monologue.             Yann m’a confirmé tous leurs propos, m’a rassurée sur le comportement de Juliette, a approuvé, (Quel maladroit !) son indignation et c’est moi qui ai dû le calmer…            Evidemment, ce fut le sujet de conversation de la fin de soirée et, évidemment, Juliette avait gagné deux supporters de choc, pas objectifs du tout.   

 

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