et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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29 septembre, 2011

- 53 – LES FUMISTES.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 20:19

- Ne pensez-vous pas, n’avez-vous jamais estimé qu’une grande partie des problèmes de l’Ecole vient des enseignants eux-mêmes ? 

Laissez-moi aller jusqu’au bout, s’il vous plaît, s’est défendu l’éditorialiste d’un magazine de fin de semaine, devant nos remous. Beaucoup de professeurs sont de grandes compétences et cherchent à bien accomplir leur mission. Je ne nie pas les difficultés que vous avez développées et qu’ils rencontrent fréquemment. Mais si des enseignants arrivent à les compenser et s’appliquent véritablement à leur métier, vous ne pouvez nier que d’autres, en nombre conséquent, sont beaucoup moins dévoués et même carrément fumistes ?   

Plusieurs délégués, attachés par leur profession à un établissement public ou privé, ont levé la main, mais c’est à un de nos amis d’Epinal, un de nos Sages, que nous avons confié le soin de répondre. Il ne vendait pas des images, mais des jouets en bois, ce qui était un lien ténu avec le monde académique. 

Son département avait bien fouillé la question de l’investissement de tous les partenaires officiels qui, du Ministère, à l’entretien des locaux, faisaient profession d’accompagner la scolarité.  - Madame, bonjour ! Je suis l’un de vos lecteurs et apprécie tout ce que votre revue propose pour distraire nos fins de semaines. Je suppose, nous supposons, pardon, que votre remarque était dans de nombreux esprits… Nous l’avons formulée pendant nos travaux, vous avez raison. Evacuons tout de suite l’évidence que dans tous les corps de métiers, la compétence et l’incompétence peuvent s’accompagner de fumisterie. 

Mettons-nous aussi d’accord. Pour nous, un fumiste, est une personne qui sait quelles sont ses tâches, qui connaît les objectifs de sa profession, mais qui, délibérément, ne s’efforce pas d’y répondre, ne les respecte pas. Il, ou elle, développe un bel écran de fumée pour camoufler sa négligence ! 

Nous écarterons ceux qui ont subi des contrecoups de la vie et sont tombés dans l’abandon, le découragement et sans doute le conflit avec eux-mêmes. Pour ces personnes, l’administration est responsable, soit de cécité, soit de non solidarité, soit d’un manque de réaction coupable ! Je ne ferai pas de cadeau à ceux qui se sont mal orientés ou que les circonstances ont mal orientés en les conduisant devant des enfants à éduquer, à instruire. 

Jamais les vacances, ce beau leurre, ne seront la motivation d’un véritable enseignant. Ces vacances, tant jalousées, mériteraient une comparaison comptable avec celles des autres professions. Elles mériteraient que soit révélée la magouille, le compromis, si vous voulez que je sois moins acerbe, qui, depuis Monsieur Edgar FAURE, a déclassé les salaires pour transformer une partie des congés en une sorte de rétribution en temps et non en monnaie… 

Ce n’est pas l’objet de notre propos !  Je vous ramène à une des Pensées de Blaise Pascal, arrangée à ma sauce vosgienne :  « Si tu ne fais pas ce que tu aimes, aime ce que tu fais ! » 

Je ne distribue pas de copies et je sais tout ce que peut avoir d’ambiguë cette déclaration. Gardons-la uniquement pour notre Ecole… Elle justifie que la personne en situation d’œuvrer pour l’enfance se forme, s’informe, échange et soit attentive pour bien la servir. 

Oui, il y a des fumistes et même d’habiles ! Sous des dehors de copinage ou d’extrême sévérité, ils camouflent leur ennui à concevoir les apprentissages, corriger, revenir sur les manques. Il y a des artistes dans l’art de la velléité et du passage de pommade, leurs discours tiennent souvent lieu de pédagogie. Suis-je très méchant ? Pour ces gens oui, même s’ils sont parfois plus affables qu’un maître mieux enclin à la conduite de sa classe qu’aux civilités. 

La responsabilité est à partager parfois avec ces parents qui se satisfont d’urbanité. Vous constatez que nous ne nous sommes pas voilé la face, en aucune circonstance. Dès nos premières discussions, dans nos débats plus élaborés, nous n’avons oublié l’essentiel : le professeur face à ses élèves. 

Il est le centre de l’organisation voulue pour la scolarité de nos enfants. Toutes les réflexions que nous avons agitées, toutes les propositions formulées n’auront de sens qu’avec la pleine adhésion de nos maîtres et de nos maîtresses. C’est pour que leur engagement, leur vocation ne de-viennent pas découragement que nous voulons faire de l’Ecole un cadre où ils puissent donner le meilleur de leurs compétences. Nous pensons que de meilleures conditions de travail re-mobiliseront, remotiveront les découragés et rendront difficiles la persistance des rares ‘’fumistes’’ encore tentés par une Ecole ou l’implication sera inévitable !   

Pour conclure, je vous invite à fouiller votre mémoire, vos lectures, vos fouilles documentaires… Faites abstraction de vos sympathies, des aléas de votre cursus, des réprimandes, des sanctions justes, injustes… Je suis certain que la colonne des instits, des profs qui vous ont marqué par leur volonté de remplir votre cerveau, est plus longue que celle des joueurs de mandoline… 

Malgré tout, croire en l’Ecole!

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 8:45

           Je continue à croire en cette Ecole si blessée et qui m’a tant apporté… Je la rêve enfin reconstruite par la grâce de la volonté collective et l’action de personnalités fortes… Utopie ? ! 

            Cette rentrée n’apporte guère d’espoirs: seule la fermeture de postes mobilise. Ce ne sont pas les débats auxquels je suis invité qui me rassurent; le découragement, pire le désintéressement est grand chez trop d’enseignants.
      Morale – rythmes – programmes - manuels – fichiers – soutiens – effectifs… tout est combats utiles mais cette mosaïque occulte le fondamental et n’offre que des discussions pour des cautères sur jambe de bois bien minée…
 

                 J’attends de voir se dessiner  dans les propos d’un candidat, une image plausible et rassurante de l’école de demain… C’est aussi ce que je retire de tous les entretiens « terre à terre  » avec les familles:
             - un établissement bien réfléchi, facile à comprendre en son projet, son équipe, sa direction, son adaptation aux besoins spécifiques en des actions claires, ses liens avec ses partenaires divers…  
           Pas autonomie, quel piège à rivalités stériles, à différences de ressources….! 

            Intégration intelligente et encore « adaptée » dans l’ensemble d’un bassin scolaire tramé par des liens en amont, en aval et transversaux avec toutes les autres structures éducatives environnantes.
         C’est possible et cela existe, mais de façon aléatoire. Rendons-le systématique. Tous les enfants nous en donnent obligation, surtout ceux dont les parents ne jouent pas de la carte scolaire ou de l’école privée…        

                  Voici, encore, quelques élucubrations… Direction poubelle ? Qu’au moins ce soit après vous avoir tiré un sourire ou un haussement d’épaules. :    

                   – On ferme, sans rien proposer d’autres que des moyennes et des économies possibles, sans donner un semblant de projet de restructuration cohérente de notre Ecole… Manifestez mais ne troublez pas notre surdité…     

             – Pourtant les idées ne manquent pas… Même si le projet des politiques ne font pas rêver, rien n’est impossible : 

              Le constat : les élèves de France sont confrontées à une vaste et aberrante disparité dans le système éducatif. Education Nationale, l’école ne l’est que par les textes et les décrets.

                 La réalité montre que sur le terrain, un établissement ne doit son efficacité que :

 -          A la bonne volonté, à l’ingéniosité, des enseignants qui n’ont pas encore baissé les bras

 -         A l’existence d’une équipe et d’un responsable que nuls formation et statut ne définissent. Donc soumis à l’aléatoire et la fragilité. 

-          A la grande diversité des projets d’établissement, eux aussi très inégaux dans leur état des lieux, leur motivation et la réalité de leur mise en œuvre .

 -          A la grande diversité des ressources de base mises à leur disposition par la tutelle dont ils dépendent (communes département – régions)

 -          A la réalité des moyens complémentaires, notamment des soutiens pour tenir compte de l’hétérogénéité des secteurs et les difficultés spécifiques des enfants…  

             En dépit d’orientations, d’objectifs, de programmes, de consignes nationales… aucun enfant n’est assuré de retrouver la même structure, la même qualité… lorsqu’il passe d’une école à une autre. Harmonisation, ce qui ne veut pas dire uniformisation, est un terme qui n’existe pas dans notre système français. 

 -          Faut-il que les familles ne puissent avoir qu’une ressource : choisir leur école après entretien avec son responsable (école publique ou école privée).

-          Pourquoi les écoles maternelles et élémentaires ne pourraient-elles pas être prises en charge par les départements voire les régions puisque les départements sont appelés à disparaître ?            

         L’Etat continuerait à mettre en textes les orientations fondamentales, les objectifs, les programmes en conformité avec les lois votées par nos Assemblées législatives mais la mise en œuvre, l’égalité des ressources pour assurer l’obligation, la gratuité, la laïcité, pour garantir leur harmonisation seraient de la responsabilité de la collectivité territoriale, plus apte à la rendre effective que les seules communes, si différentes dans leur formidable diversité ( tant dans les moyens que dans les volontés d’implication) de base, la carte scolaire.  

            L’adaptation des outils complémentaires aux réalités des secteurs, d’abord pour répondre à la grande hétérogénéité des populations, pour reconnaître par des bilans approfondis et réguliers les besoins en soutien pour tous les enfants en difficulté, des déficits les plus divers à la précocité la plus perturbante… serait alors plus  précise mais surtout plus réaliste. Je l’ai connue et pratiquée lors des plans « REUSSITE SCOLAIRE » dans mon département. 

              Pour l’instant, ce qui est lisible et ce qui révolte tant, c’est le souci d’économies et en face aucun projet où les familles et les enseignants découvrent dans un établissement viable et pérenne, des conditions d’enseignement et d’éducation à la hauteur d’un pays moderne et résolument décidé à donner une chance au futur.   

               En ma retraite, j’ai besoin de croire en tous ceux qui, sincèrement, essaient d’ouvrir la voie vers l’école d’excellence pour tous, et accompagner l’éducation, l’apprentissage, de la petite section jusqu’à l’entrée dans la maturité citoyenne et professionnelle.

                   Belle suite à tous 

28 septembre, 2011

- 52 – L’UNIFORME.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 23:43

 

           Autre question, dont nous avions débattue assez rapidement, mais que nous aurions pu prévoir car depuis 2009, le port d’une tenue uniforme était redevenu une quasi-généralité, le journaliste suivant nous a demandé notre avis sur ce point. 

             Pas d’embarras, mais qui allait résumer nos réfle-xions ? Un Francilien des Hauts de Seine a demandé le micro. 

- Toutes les idées émises depuis avril concourent à l’égalisation des chances, l’égalisation des moyens pour les établissements, leur adaptation à leur population, à leur environnement, pas, surtout pas à l’uniformisation ! Ce que nous avons déduit de toutes ces heures d’échanges, c’est que notre Ecole doit être celle de l’identité des finalités et de prise en compte des diversités d’initiatives pour les attein-dre. 

              Imposer un uniforme, c’est imposer notre vision d’adultes de l’enfance. Sous prétexte de camoufler les inégalités de ressources des familles, nous rabotons les angles de notre jeunesse, nous la polissons… 

          Souvent, lorsque vient dans la conversation l’uniforme des élèves, les adultes, même ceux pour qui les diktats de la mode importent, sourient en remarquant que nos jeu-nes se copient, adoptent le même style, la même démarche, le même vocabulaire, les mêmes musiques… mais sans reconnaître que c’est leur choix identitaire de génération. 

          En 1960, mon cours complémentaire de garçons, côtoyait, à Antony, une institution religieuse où la tenue des demoiselles était très stricte. Semblable, oui, mais pas dans les détails, ni dans la marque… Nous, nous portions des blouses ou des dessus de manche, plus pour protéger nos vêtements que par obligation… Nous retrouvions ces jeunes collégiennes sur le quai du métro, mais dans d’autres vêtements que leur tailleur et jupe plissée. 

         Dès leur arrivée à la station, elles s’empressaient de se changer, de se maquiller. Elles se ressemblaient encore plus, mais c’était leur choix et leur liberté. J’ajouterais que leur stricte discipline fondait avec les changements de look. Pour nous, les garçons, même bien encadrés dans notre établissement, leurs excentricités arrivaient à nous intimider, presque ! Leurs plaisanteries, portraits, anecdotes peut-être exagérées, n’épargnaient guère certaines de leurs profs, même les religieuses… 

 

           Non, voyez-vous, le respect, encore lui, ne passe pas par l’obéissance et l’uniforme ! 

27 septembre, 2011

- 51 – LES CLANDESTINS.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 9:27

La troisième question concernait les clandestins, tous ces jeunes, parfois préados, et ces moins jeunes en fuite d’une société qui les menaçait de sanctions pour le moindre écart, qui interdisait encore et encore… Ils étaient nombreux à avoir franchi la frontière des délits et étaient en rupture de bracelets, en évasion, fugues, certains marginaux avaient essayé d’oublier les contraintes sociales, le chômage. Des familles entières avaient déménagé avant une expulsion… Où se cachaient-ils ? Entre quelles mains de profiteurs étaient-ils tombés ? La police, les milices, des chasseurs d’irréguliers ramenaient ces nouveaux adeptes de Robin des Bois et les camps de Réinsertion  les prenaient en rééducation… 

- Que peut-on faire de tous ces clandestins qui occupent des coins de forêt, des garrigues, des souterrains, des grottes, des catacombes, des bâtiments désaffectés ? Peuvent-ils retrouver place et confiance dans la société ? 

Votre Charte prévoit-elle leur réinsertion ?   C’est à mon amie Karine qu’est échu, de traiter ce problème de plus en plus conséquent.  - Au début de votre intervention, j’ai éprouvé quelque crainte, j’ai cru que « faire de tous ces clandestins », c’était les cueillir et les transborder comme un fardeau pesant. Je me trompais car vous avez bien montré votre souci, qui est le nôtre aussi, de les réinsérer. Seulement, ce terme est devenu très délicat puisqu’il désigne les fameux camps où s’entassent les rattrapés. 

Nous avons fabriqué ces marginaux… Vous avez raison de vous agiter car le phénomène ne date pas de ces dernières années et la casse de l’Ecole ne les explique pas vraiment. Seulement, à tous les traîneurs de trottoirs, les vagabonds, les révoltés attardés, à tous ceux que la vie, que la déprime, la solitude, la lassitude d’être, de se battre, qui ont toujours existé, nous avons ajouté les petits délinquants lourdement pénalisés pour avoir passé un jour la ligne blanche de la loi. 

Robotisée, notre justice a oublié les nuances, les circonstances, le vécu… Tout ce qui peut amener un adulte à l’abandon, conduire le jeune à la révolte, à la fuite… Trop, parmi les plus faibles, se sont évadés par la mort… Une fois le révolté passé dans la marginalité, le refus du cadre de la société affirmé, la délinquance devenait de fait et les vrais truands, de bons professeurs dans cette école de l’obscurité. Vous l’avez bien perçu, tous les travaux, toutes les synthèses nous ont menés vers l’Ecole du contrat et de la clarté dans les fonctions de chacun. 

Nous souhaitons qu’à tous ceux qui ont choisi de vivre en marge de notre société, en marge de leurs amis, de leur famille aussi, nos élus proposent, non pas un moratoire, dans aucun système l’oubli des évènements n’est réaliste, mais l’assurance d’un retour libre, sans chasse ni arrestation et que des contrats de renouveau soient établis. La société propose que la cause de la marginalisation soit reconsidérée, que des solutions pragmatiques soient proposées et, qu’en contre partie, les bénéficiaires de cet accueil s’engagent dans un cursus de stages, d’études, de recherches d’emploi, accompagnés de travaux d’intérêt général. Non pas pour expier une faute, mais pour compenser l’effort fait par la société pour les aider à redémarrer. 

Quant à ceux dont les actes ont menacé, nui délibérément à autrui, ils doivent réparation et il serait normal qu’ils accomplissent leur peine, mais sans que cette période de grand trouble que furent ces années de fuite généralisée ne l’aggrave. La délinquance est condamnable ! Nous espérons qu’une meilleure éducation, que des liens plus confiants atténuent les actes asociaux.    

25 septembre, 2011

- 50 – DU TRAVAIL !

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 23:55

L’autre demande dont ma mémoire a gardé trace était de taille et nous avait bien préoccupés pendant nos travaux. C’est une éditorialiste d’un autre hebdomadaire qui nous a amenés sur ce terrain : 

 - Je n’ai pas à juger de votre travail, la levée massive  des Français, le nombre impressionnant des groupes de réflexion, les échanges dans nos colonnes, sur les radios et chaînes de télévision attestent de l’importance accordée à la renaissance de notre Ecole, néanmoins dans quel monde du travail vont déboucher les élèves formés dans cette nouvelle Education Nationale ? Vous parlez de donner sa chance au Futur, mais n’est-ce pas utopique ? 

Notre Lyonnais, vendeur de machines agricoles, écolier sage, a levé la main. N’ayant pas de concurrent, il s’est attaqué à cette épineuse question : 

- Permettez-moi de choquer en exprimant un constat. Notre pays a perdu la bataille industrielle et agricole. Nous ne pouvons aujourd’hui, tant mieux si demain me contredit, concurrencer les grandes nations qui se sont dotées de nos techniques dans de très nombreux domaines, mais les exploitent avec un  fort rendement et un coût très inférieur au nôtre.  Bien sûr, nous suivons avec espoir les luttes des alter-mondialistes, du commerce équitable, nous essayons de contrecarrer les délocalisations, de moraliser le travail à bas salaires, l’emploi des enfants dans des grands pays émergents, mais le placement des capitaux internationaux, les conséquences de crises chez les actionnaires lointains ne garantissent aucune stabilité à nos pôles d’emploi. Seuls nos artisans, nos petites entreprises locales demeurent indépendants de ces fonds fluctuants. A quel prix ? Avec quelle laisse, tenue serrée par les banques ? Avec quelle incertitude des lendemains ? Soyons lucides, la France possède deux grandes richesses fondamentales et vous allez voir, Madame, que notre ambition peut servir l’une et l’autre. D’abord, notre pays est un énorme réservoir de connaissances, d’ingéniosité, de recherches, de découvertes.    Je ne parle pas seulement de nos chercheurs si malmenés, de nos savants, de toutes nos technopoles où s’échafaude le Progrès au niveau le plus pointu…  Je parle aussi de tous nos concitoyens ingénieux qui créent, inventent des ‘’trucs’’ pour mieux vivre. Le Concours Lépine n’est que la crête occasionnellement éclairée de la vague d’inventivité, de cette recherche permanente qui mobilise nombre de nos petits inventeurs. 

Notre pays n’a pas de pétrole, mais a des idées, paraît-il ! Ces idées sont des richesses qu’il nous faut culti-ver, proposer, développer, vendre… Nos brevets sont parfois, souvent, bradés sous prétexte de cessions d’installations, exploités ensuite à l’étranger. Bon, c’est un fait, et nous ne pouvons concurrencer les bas salaires étrangers, mais nous pouvons développer nos laboratoires, nos ateliers, nos groupes expérimentaux pour devenir une pépinière de découvertes. Encourager, investir dans la recherche dans tous les domaines, pour améliorer la technique la plus élémentaire ou la technologie la plus futuriste est une mine de ressources qui doit garder, sur notre territoire, notre potentiel de découvreurs.  - La seconde richesse inaliénable de notre pays, c’est son patrimoine.
La France par son Histoire, la diversité de ses régions, ses spécialités, possède des trésors d’artisanat, de végétations originales, de gastronomie, d’architecture, d’art, de littérature, de traditions inépuisables. 
Le tourisme est en passe de devenir la plus grande source de revenus de notre commerce. Nos hôtels, nos villages sont la cible d’investisseurs qui ne se trompent pas dans leurs placements… Faudrait-il en avoir honte ? Faudrait-il considérer comme mineure cette attractivité ? « Pas au Puy du fou ! » m’a soufflé Karine 
- Rien que nous, Français, représentons un vaste vivier de chalands pour notre propre pays… Reconnaître cette opportunité, c’est ouvrir bien des chantiers, revaloriser bien des professions où la main est essentielle, promouvoir bien des arts de l’embellissement, de la restauration… C’est aussi prolonger les trésors de notre civilisation passée pour mettre en valeur ceux de nos contemporains, de nos visionnaires…  Maître d’Ecole, maîtres d’ateliers, maîtres des villes et des champs, compagnons, que de revalorisation de toutes nos disciplines, de toutes nos langues, de tous nos métiers sont possibles et pas simplement à titre associatif, comme par exemple pour la merveilleuse reconstruction médiévale de Guénelon dans l’Yonne… Ce n’est pas condamner nos usines, notre élevage, notre agriculture, ni nos pêches, mais c’est ouvrir, élargir les perspectives d’emplois, ne pas attendre que la peau de chagrin du travail ait perdu de sa surface, dramatiquement… Alors oui, Madame, si nous ne préparons pas ces débouchés, nous aurons failli et rendu stériles les beaux outils que nous voulons mettre au point, l’Instruction, le Savoir-Faire, les Apprentissages, sous toutes leurs formes ! 

Par sa voix, nous étions-nous bien tirés d’un sujet délicat ?  Nous avions les mains agacées par les applaudissements retenus.  Difficile d’interpréter le silence, mais sa densité était impressionnante. Heureusement, les hochements de tête, les sourires qui nous étaient adressés semblaient chaleureux… 

23 septembre, 2011

- 49 – LA CONFERENCE DE PRESSE.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 22:05

Une salle des Pas-Perdus de l’Assemblée Nationale nous avait été octroyée pour accueillir la presse.  Nous étions regroupés en arc de cercle, face aux représentants des médias, au pied d’un pupitre surélevé. 

Les questions n’ont pas manqué. Nous avions prévu que les réponses seraient apportées par ceux qui les sentiraient le plus, un petit signe devait nous départager. Après avoir dû raconter pour une énième fois, l’histoire de notre mouvement, celle de Manu, Sylvain a subi un traitement particulier, presque inquisitorial. 

Les questions ont tourné ensuite sur la faisabilité, la confiance que l’on pouvait porter à nos élus, à l’administration pour transformer en textes d’application et en mise en œuvre notre Charte. Quatre thèmes ont donné lieu à des débats plus approfondis : 

Le premier m’a ramenée vers mon barbu dans le T.G.V.  Le représentant d’un hebdomadaire ancien, toujours soucieux des normes, s’est inquiété : 

-Vous prônez l’écoute de l’enfant, sa mise en confiance, la patience, voire la tolérance et un accompagnement affectif de la scolarité. N’est-ce pas excessif, une erreur même ? Sans parler vraiment d’éducation à la dure, l’autorité bien affirmée n’est-elle pas la garantie d’une discipline nécessaire à tout apprentissage ?  Mon expérience récente m’a incitée à la prudence et je ne me suis pas manifestée. Pourtant… 

C’est notre délégué le plus apparemment strict, le plus cravaté, le plus posé dans ses gestes, le plus sec dans ses propos, un Dauphinois buriné, pince-sans-rire mais extrêmement gentil, qui a sollicité notre approbation. Nous l’avons volontiers laissé nous représenter. 

- Monsieur, merci ! Vous allez me permettre, enfin, de comprendre cette expression  « élever à la dure » autant que son contraire « élever en douceur » Sans doute, pouvez-vous appuyer votre remarque par des exemples de réussites célèbres ; Pasteur, Mozart, l’abbé Pierre, le Général de Gaulle, Léonard de Vinci, bien d’autres… qui furent certainement des enfants que l’austérité de leur formation, la sévérité de leurs éducateurs ont conduits à notre reconnaissance ou à notre admiration… 

Sans doute, pouvez-vous citer Hitler, Gilles de Retz, Landru et autres malfaisants, comme l’aboutissement d’une enfance trop chouchoutée… Monsieur, autorité, sévérité, faiblesse, relâchement, pour ne pas parler des extrêmes, brutalité, coercition, laxisme, abandon, laisser-aller, complaisance…  ne sont pour nous que les formes d’expression d’un seul mode universel de relation : le respect ! 

Si nos jeunes sauvageons, pour rappeler une dénomination que nous ne croyons pas aussi aimable que l’ont regretté certains, si nos trublions des cités ont adopté ce terme pour reconnaître un acte, une personnalité à saluer, en revanche, le manque de respect lui peut provoquer des retours violents… Je ne crois pas que quiconque puisse, dans la sincérité de son introspection, rejeter l’évidence de ce besoin individuel ou collectif de respect. 

Mais si le besoin est universel, sa mise en pratique, sa reconnaissance, son obtention n’ont rien de systématique. Particulièrement de la part de ceux qui en exigent le plus les marques formelles. J’ai, nous avons, tous le souvenir d’un enseignant, d’un moniteur, d’un patron avec qui la relation n’a jamais posé de problème… De ces gens avec qui les apprentissages s’inscrivaient aisément dans notre mémoire et nos savoir-faire. De ces gens avec qui, familiarité n’était pas un mot banni, mais pour lesquels, chahut, indifférence, crainte et sanction étaient des termes théoriques, essentiellement. 

Notre punition tenait dans le jugement implicite de ces adultes. Sans flagornerie, nous avions envie de leur estime et nous n’éprouvions pas la peur de leur exposer nos doutes, nos incompréhensions et nos erreurs D’autres, d’aussi grande érudition, d’aussi grande maîtrise de leurs spécialités, n’avaient pas cette capacité pour susciter l’écoute, l’attention. Je me souviens de profs, stupidement chahutés, sournoisement parfois par crainte de colles, de punitions et pourtant si riches en savoirs. 

Je ne crois pas non plus à ces adultes copains copains, plus compétents dans les loisirs de leurs élèves que dans la rigueur logique des apprentissages Même pour eux, le respect n’est pas de mise. L’adulte est un modèle sur qui l’enfant pose le regard et il attend de lui compréhension, sympathie mais aussi arbitrage, recours et exemples. Chacun doit assumer sa place et la respecter n’est pas séparer, mais harmoniser. L’éducation est une science que beaucoup de parents apprennent sur le tas, avec succès souvent, car l’affection compense bien des faux-pas. 

La pédagogie, l’enseignement excluent ce paramètre. Ils s’adressent à des groupes hétérogènes, à des individus de vécus divers, même si leurs objectifs ponctuels sont identiques. Il faut que l’enseignant compose, suscite et capte l’intérêt de tous. Impossible, me direz-vous ! Difficile dans certains regroupements, c’est vrai ! L’autorité implicite née avec le respect doit alors devenir une autorité explicite, justifiée par des codes de vie en commun, des modes de conduite, éventuellement des rappels à l’ordre et des sanctions. 

Si nos mini sociétés que sont les associations sportives, culturelles, les centres de loisirs, les établissements scolaires… ne possèdent pas ces codes définis ensemble, connus, revus, et admis par tous les acteurs de ces microcosmes, alors, effectivement, l’anarchie prime. Alors, la contrainte, la répression doivent effrayer les contrevenants. Alors, progresse l’art de la débrouille et de la com-bine pour ne pas se faire prendre. Souvenir personnel, j’ai l’âge d’avoir connu des films comme ‘‘Graine de Violence’’, vous savez « Bill Halley » et « Rock Around the Clock », comme « 
la Fureur de Vivre », comme « 
la Cage aux Rossignols » devenus « les Choristes »… comme, comme… continuez pour moi. Tous mettaient en évidence cette lutte entre pouvoir et compréhension, entre exigence de respect de la part des adultes et soif de respect de la part des jeunes. 

Dans le film avec James Dean, le jeune va jusqu’à provoquer son père qu’il trouve trop tolérant, lâche même. Il voudrait pouvoir le respecter… Voilà, Monsieur, notre pesée entre « l’école à la dure » et « l’école en douceur » 

Un dernier mot, perdre la face n’est pas une catas-trophe, ni pour l’adulte formateur ni pour l’élève, c’est l’entêtement dans l’erreur qui seul amène à la perte de confiance. C’est grave ça, très grave… 

Jamais, nous n’avions connu notre ami aussi prolixe. Nous nous attendions certes à une réponse incisive mais brève…  Il pouvait se tourner vers nous, nos regards lui confirmaient que nous approuvions chacune de ses phrases. 

22 septembre, 2011

- 48 – LA PROPOSITION DE LOI.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 23:52

Ce mercredi devait être chargé, à tous points de vue.  J’ai soigné ma tenue ce matin-là … Tailleur, talons hauts… de longues minutes à me tirer les cheveux : « Il faudra que je les fasse couper ! » Hier soir, j’avais glissé mon message : « Tout va bien, je vous raconte plus tard. Demain,  nous allons voir les députés, notre devoir est fini ! Bises. » 

Juliette, préposée au clavier, m’avait répondu : « Si tu passes à la télé, fais-toi belle et préviens-nous, je le dirai à mes copines. Bisous xxxx »  Je ne sais si les sièges de l’Assemblée Nationale étaient plus occupés que d’habitude… Aux dires, saisis çà et là, je pense que oui et il reste vrai que peu de vides clairse-maient les rangs de nos élus. Même les deux rangées réservées aux représentants du gouvernement étaient occupées.  Les derniers députés pénétraient, précipitamment ou sans hâte, selon les tempéraments, dans l’hémicycle. A l’entrée gauche, il ne prêtaient plus attention à Rouget de l’Isle chantant pour la première fois
la Marseillaise chez le Maire de Strasbourg, pas plus qu’à l’entrée de droite à l’allégorie de la République écrasant les privilèges, plus symbolique en ce jour, pour nous, du triomphe de la déesse Raison. 

Normalement la remise d’une proposition de loi ne donne pas lieu à tant de cérémonial. Le dépôt en serait bref et simple, nous l’avions souhaité public en reconnaissance de la volonté nationale exprimée par tant et tant de réactions, de réunions populaires et citoyennes. Nos élus avaient satisfait à cette demande en permettant que la Proposition soit déposée solennellement sur le bureau du Président. Pour moi, pour de nombreux délégués, notre présence en ce lieu empli d’Histoire et Témoin de la naissance de notre Code législatif était déjà un événement. 

Le document qui nous y amenait était d’importance et l’éclat de l’Hémicycle, autant que la majesté des salles, traversées, amplifiait la solennité du moment. La remise solennelle par les sept députés cosignataires de notre Proposition de Loi devait s’effectuer en début de séance à 15 h Toutes les places disponibles couronnant l’hémicycle étaient occupées par les amis de notre mouvement. Certains avaient fait un long déplacement pour cette occasion, ce bref instant… 

Les députés avaient été assaillis de demandes de billets de séance. Toutes n’avaient pu être satisfaites naturellement. Les plus chanceux, comme nous les délégués nationaux, avaient patiemment pris place dans une longue file d’attente, présenté une pièce d’identité, et indiqué le nom du député qui nous parrainait. 

Evidemment, la presse, les médias, déjà habitués de ces lieux, fixaient, pour mémoire et pour diffusion, notre agitation, nos commentaires avant que n’arrive le Président. Devant le Palais Bourbon et la sphère de granit noir des Droits de l’Homme, le public était considérable. Le moderne tam-tam avait bien fonctionné entre les membres des groupes de travail initiaux, ceux des Comités des Académies, les parents, les enfants, les adolescents, les jeunes gens, les enseignants, les bénévoles associatifs, les sympathisants les plus divers,… 

Des optimistes, beaucoup d’optimistes, portés par l’Espérance émergeant de l’amphore de Pandora…  Il était facile d’imaginer que le site de l’Assemblée et la Chaîne Parlementaire, au moins eux, avaient de nom-breux spectateurs. Je vous le confirme, en cette période, la modestie n’était pas notre première qualité !    Nous espérions que l’influence de cette affluence conduirait nos 577 élus à un accord pour ne pas programmer dans le long terme l’examen de notre texte. 

         Nous avions obtenu que la remise de notre Propo-sition de Loi soit physiquement symbolisée par son dépôt entre les mains de Président de l’Assemblée en séance publique et non au Bureau, cet organisme chargé de gérer son fonctionnement.          Le Président a gagné avec solennité sa chaire et a déclaré la séance ouverte. 

         La voix de cet homme habitué aux réunions les plus importantes pour notre pays, rompu à l’écoute des interven-tions les plus lourdes de conséquences, les plus éprouvantes et parfois les plus conflictuelles, cette voix a sonné avec une gravité que j’ai voulue, pourtant, particulière…            Monsieur le Président. : – Par décision unanime du Bureau de notre Assemblée Nationale, il a été décidé que le dépôt de la proposition par un collège de nos confrères, toutes appartenances reconnues et conjointes, pouvait se réaliser ce jour entre mes mains.           Je la recevrai au double titre de Président de notre Assemblée Plénière et de Président du Bureau. 

         Cette remise n’appellera aucun commentaire, aucun débat. Nous estimons que le caractère remarquable et rare de cet événement témoigne de l’attention que nous avons portée à tout le mouvement de nos concitoyens et de l’importance extrême que revêt pour nous, l’Ecole de notre République. Très rapidement, chaque élu de notre institution disposera d’un exemplaire de cette proposition et alors commencera son étude selon les démarches conformes à notre règlement législatif. 

Messieurs, je me tiens à votre disposition !  Un huissier s’est avancé vers nos mandataires élus.  Lors de l’accueil du Président, le silence avait été total, à peine rayé par des bruits non significatifs et brefs. Lorsque nos sept signataires sont montés jusqu’au Responsable le plus altier de l’hémicycle, le silence avait gagné en puissance encore, celle d’un pacte de confiance, de paix et d’espoir. 

         Chaque député portait un exemplaire de notre Recueil transformé pour répondre aux normes d’une Proposition de Loi. Tour à tour, ils l’ont remis en mains propres au Président, l’ont salué avec un échange que nous ne connaîtrions que plus tard. Il était question de dépôt précieux, de remerciements avec plus de regards que de mots. 

         La Haute Autorité de ce lieu demanda que soit attribué à notre Document un numéro d’ordre et la date de cette réception d’ordre afin qu’elle soit mentionnée au feuilleton remis à chaque parlementaire ainsi qu’au Journal Officiel. J’avoue n’avoir que très rarement et jamais attenti-vement assisté à des retransmissions de séances publiques, je ne peux donc établir aucune comparaison mais c’est décidé, je vais devenir une citoyenne responsable et curieuse. Les étapes promises à notre texte me verraient studieuses. 

Je n’ignorerai, quand même pas, ni le travail des commissions, ni la Navette entre le Sénat et le Palais Bour-bon. Je noterai toutes les remarques du Gouvernement, tous les risques de restriction ou de non-conformité relevée par le Conseil Constitutionnel. Bref, ma science législative allait devenir abondante et pointilleuse et compenser la honte de mes ignorances… 

Lorsque le Président s’est levé pour saluer leur départ, alors le silence est devenu tumulte d’applaudissements. 

Le cours ordinaire des séances de réunion publique s’est rétabli et peu à peu le public s’est écoulé. Je dois quand même dire que l’Hémicycle aussi a vu se vider nombre de ses sièges identifiés ! 

Nous n’avions pu solliciter ni organiser pareil événe-ment au Palais du Luxembourg et au Palais-Royal, mais sept sénateurs, pareillement divers, avaient rencontré le Président du Sénat, le second personnage de notre République, avec des membres de son Bureau pour lui remettre, moins solennellement mais avec autant d’intensité, les exemplaires de notre Proposition de Loi pour L’Ecole. 

Plusieurs de nos Sages, notre Bureau à nous, qui avaient pris rendez-vous avec les onze autre Sages du Conseil Constitutionnel, ont placé entre les mains de son Président, notre précieux document. Evidemment, même non publiques, ces remises ne se sont pas effectuées pas sans que la publicité en soit assurée par les correspondants de nombreux journaux écrits, parlés et télévisés. La presse étrangère avait été titillée par cette agitation. Badges, panonceaux annonçaient leur présence. 

Il nous fallait, d’ailleurs, maintenant retrouver tous ces Mercure et alimenter leurs sacs à curiosité. 

- 47 – S.E.G.P.A., AMICALE ET CARTHAGENE.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 0:11

Thierry et Véronique étaient arrivés et déjà intégrés. Les deux femmes s’affairaient dans la cuisine et, rien qu’au rythme des phrases, on sentait la discussion bien engagée. Thierry essayait de découvrir les secrets des boîtes à musiques et des casse-tête, pas chinois mais bien maison… 

Rob n’eut pas le temps d’être intimidé, sa Licette l’avait poussé vers Véronique pour un bonjour bisous et vers Thierry pour une virile poignée de main. Evidemment, il prit un savon : 

- Tu leur as cassé les oreilles avec tes jouets. Je parie qu’ils en oubliaient de revenir… - Pas du tout, l’avocat c’était Sylvain, c’est moi qui ai parlé surtout… Je me suis pris pour un philosophe. Robert a eu peu de temps pour nous raconter le fonctionnement de ses trésors.  

- Bon maintenant, passons aux choses sérieuses, un muscat, Frontignan, Lunel, Mireval, Carthagène ou un pastis tout bête ? Allez Grand Rob, bouge-toi !  Dis comme ça, nous n’allions pas aller vers le tout bête et, si moi j’inclinais pour le Lunel, les trois invités souhaitèrent s’initier à
la Carthagène. 

Sylvain réussit à placer son nouveau copain qui jouait au meccano avec de la récup. de P.C. ! Il en faisait un jongleur et un artiste capable d’éclater les images sur un mur d’écrans, de les faire bouillonner selon les musiques, bref un « informatiste » déjanté. 

Thierry, pratiquant de l’ordi. et moi, bien frottée au monde de Yann, lui avons révélé que « déjanté », était un état quasi nécessaire pour les mordus de la souris. Alice avait passé bien des heures à nous farcir des grosses moules, pour commencer. Rien qu’à envisager qu’il y avait une suite, j’étais déjà coufle et Véronique me semblait dans le même état. 

Heureusement, nous avons marqué une pause, sorbet non alcoolisé. J’en ai profité pour questionner Thierry sur sa S.E.G.P.A.  Il avait pendant longtemps, jusqu’à trente ans, c’était l’âge requis pour postuler à une direction à son époque, exercé comme instit. spécialisé dans des quartiers très brassés de la capitale.  Il avait tenu quelques années une classe de perfectionnement professionnel, lui aussi, comme Alain, mon copain du village, puis à la suppression de ces dernières et à la création des Sections d’Enseignement Spécialisé intégrées à des collèges, il avait demandé à suivre le stage de direction.   

J’ai compris que ces responsables étaient les seuls directeurs d’établissement scolaire véritablement formés dans tout notre système. Une année de cours administratifs, droit, psychologie, sociologie, animation d’équipe, orientations, recherches des solutions diverses, de ressources… bien étof-fée, et une année de pratique. Ils n’étaient pas chargés de classe, malgré des effectifs plus faibles que dans beaucoup d’écoles élémentaires. Ils se ménageaient des heures chaque semaine pour prendre un groupe en soutien, participer à un projet collectif, bref, rester disponibles pour l’animation de leur établissement et le contact direct avec les élèves…. 

Voilà ce qu’il faudrait dans nos écoles !  Le vide laissé par Manu était et serait longtemps, sensible. En dehors des circonstances dramatiques, le contraste entre le calme, la gentillesse, l’écoute de ce professeur, un peu timide avec ses collègues, mais d’un charisme extraordinaire auprès des ados, de tous, des petits de 6ème aux plus grands de 3ème, auprès des anciens élèves qui revenaient régulièrement le voir, ce contraste avec ce geste de violence orchestrée était insupportable.  L’équipe avait refusé l’aide d’une cellule psychologique. Tous avaient passé un examen particulier pour exercer auprès d’enfants en difficulté. Tous avaient une expérience enrichie par quelques conflits avec des parents brutaux, des gosses paumés… Surtout, tous formaient autour de Thierry, un groupe solide, capable de s’introspecter, de s’analyser et de s’épauler. 

C’est ce qu’ils avaient mis au service des enfants d’abord, des familles ensuite et de tous ceux qui, sincèrement avaient besoin de comprendre.  - Je savais que, dans beaucoup d’écoles, le décourage-ment régnait, je savais que penser d’abord aux enfants avant d’appliquer des textes, des règles devenait pesant… Je sa-vais que des collèges avaient subi des visites policières… Les nouveaux chefs d’établissement recourent toujours plus facilement à la loi qu’à la compréhension ou à l’apaisement interne.  J’ai vraiment eu peur lors de l’éclat dans l’atelier. Je n’avais été prévenu ni par la police ni par le Principal du collège et je n’ai pas eu le temps de préparer l’intrusion des agents dans le garage. 

C’est vrai que la libération d’Emmanuel a été subor-donnée à notre silence. Si une polémique naissait dans la presse, le prof serait mis en examen… Tous ont tenu parole, les enseignant, le personnel de service, les jeunes, surtout ceux de Manu et les familles, tous… Comment ? Je me le demande encore mais c’est un fait ! 

Véronique a posé sa main sur le bras de Thierry dont la voix, le corps tremblaient. Il gardait les yeux fixés sur un masque de Venise. Se raccrochait-il à ses yeux vides ou au sourire doux ?  - Demain, vous rencontrerez les garçons. Ils en ont discuté. Au début, ils ne voulaient recevoir que Sylvain, le dernier à avoir touché leur maître vivant. Puis ils ont compris que ceux ou celles qui l’accompagneraient, deux ou trois pas plus, ont-ils demandé, étaient en quelque sorte des gens qui voulaient faire revivre l’esprit de leur prof.  Maintenant, ils vous attendent, tout simplement.  

Alice et Véronique avaient servi le gigot entre temps. Nous avions retrouvé notre coup de fourchette. C’était parfois utile pour tromper notre émotion, mais la viande fondait et les moules se tassaient. 

Véronique a dévié le cours de la conversation en nous demandant comment s’était déroulée notre visite chez les protégés anciens de Sylvain. 

J’ai un peu corrigé ; - J’ai plutôt eu l’impression que c’était lui qui était cocooné là-bas et je m’étonne qu’il reste aussi mince ! 

 - Merci pour le compliment, ça rattrape mes décorations sur les mains et le visage…  C’est vrai que nous oubliions vite ses pansements quand même… 

Nous avons parlé de leur souvenir de la faim, des astuces pour se chauffer, se soigner….  Véro nous a confié :  - Savez-vous que Thierry préside, depuis presque quinze ans, une Amicale de quartier ? 

Au début, c’était surtout une façon de rendre associatif le groupe des bénévoles qui chaque année participait aux activités, aux sorties, aux travaux et aux fêtes du groupe scolaire. Puis, certains ont continué à aider bien que n’étant plus parents en maternelle ou en élémentaire. A surgi l’idée de fêter les 60 ans de ces écoles. Ce fut une fête énorme, dépassant toute attente, en nombre comme en ambiance. 

Evidemment, tout s’additionnant, l’Amicale est née. Amicale parce que rien ne justifiait ce rassemblement, pas d’activités sportives, pas d’ateliers culturels, rien, au début que de la sueur et des initiatives  pour monter des stands et les tenir, gagner un chèque pour que vivent mieux les projets des écoles… 

Thierry a continué : - Je n’avais pas d’attaches passées avec l’école, simplement celles de mon épouse, ancienne élève, et la participation à des ateliers d’écriture. Je me suis pris au jeu de cet élan gratuit, de cette amitié sans explication. 

Peu à peu, à la demande de nos adhérents, nous avons ouvert des moments de gym pour adultes et enfants, des ateliers d’échange de savoir-faire. Nous avons tenu des réunions pour la mémoire de notre quartier, nous en avons tiré un recueil. Des sorties spectacle, des sorties décou-vertes, des soirées jeux de société, des après-midi pétanque, belote, tarots ont grossi nos activités. Chaque année, nous organisons des moments plus goûteux : galette, St Vincent pas tournante, avec comédiens, chanteurs, et en juin notre grand repas, bal, feux d’artifice. 

Nous participons toujours aux fêtes d’école, mais vous savez que les temps ont changé. Le samedi est devenu congé, les enseignants sont de moins en moins enclins à se mobiliser au sein d’un système qui alourdit toutes leurs tâches. Alors nous répondons à la demande. Vous voulez un loto, ok, on organise ; vous n’en voulez plus, eh bien, on n’en fait plus ou alors pour le plaisir seulement. Pas avec l’école mais à côté. Pareil pour les fêtes… Elles ont été pendant longtemps l’événement du quartier. Les bénévoles étaient nombreux alors… C’est maintenant à peine symbolique et très décevant pour tous ceux, parents, enfants, anciens, qui aimaient retrouver leur école animée, vive, décontractée, fusionnelle pour un jour. 

Nous avons célébré ses 70 ans, puis, au nom de tous ceux qui ont aimé leur école de quartier, ses 80 ans.   Quelle chance j’avais d’avoir de tels passionnés avec moi ! Et encore, Alice n’avait pas entraîné tout le monde sur le chemin des 4000 Marches, de Valleraugue à l’Observa-toire météo de l’Aigoual…  Quoique, en arrivant, entre deux bruits de casseroles, il m’ait bien semblé entendre le mot Cévennes et le mot drailles… 

La soirée s’est achevée après que nous ayons dessiné des plans de retrouvailles, des projets tournés vers le Sud, vers ces Cévennes précisément 

Thierry s’est chargé de reconduire Sylvain à l’hôpital. Il avait promis d’être dans sa chambre pour les soins du matin. Moi j’ai gardé la voiture pour notre rendez-vous à
la S.E.G.P.A., demain après-midi… 

Il allait falloir se ménager pour affronter les réceptions officielles. 

18 septembre, 2011

- 46 – LA MAIN.

Classé dans : apprendre,POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 23:15

Rob nous avait donné rendez-vous à son atelier, devenu musée privé. Thierry devait nous rejoindre directe-ment à l’appartement. 

D’emblée, l’homme de lettres fut fasciné par l’univers de l’homme d’outils.  Lui qui avait entendu s’exprimer tant de pensées enthousiastes a été pourtant submergé par la passion que dégageait le magicien des petites dentures. 

L’écrivain public admirait le bon sens.  Ses rencontres si abondantes, si variées, lui prouvaient, chaque jour, combien ce bon sens se révélait en chaque propos pourvu qu’il fut spontané. Il reconnaissait l’intelligence dans la complémentarité des observations, des déductions analogiques, de la mémoire et de l’ouverture judicieuse de ses tiroirs. Lui, sa fascination, remontait à l’homo faber.  Son prof. de philo, en terminale, était une bête qui l’avait fortement marqué mais surtout lui avait proposé comme sujet d’exposé l’affirmation d’Anaxagore : 

« L’homme est intelligent parce qu’il a une main ! ».  Au milieu du temple de la dextérité, Sylvain a retrouvé sa fougue, encore plus convaincue aujourd’hui qu’il a mûri. Sapiens oui, mais faber plus sûrement. Sylvain ne voyait dans la main aucune représentation du pouvoir. « Etre entre les mains » n’a pas de répercussion, ni comme sanction, « la gifle », ni comme applaudissement, « la claque ». Ne l’inspirait pas plus, la protection de la « main étendue » sur le sujet comme une égide. 

Il ne s’arrêtait pas non plus à la main qui salue, qui consacre, qui menace, qui bénit… Sylvain les avait toutes imaginées ainsi que leurs codes, leurs signes, leurs lignes, leur alphabet pour les malentendants, leurs formes… quand il était étudiant. Il nous a expliqué la main qui pétrit, même machinalement, la main qui joue « greli-grelo », qui mime, pierre, feuille, ciseaux et puits. Derrière le dos, pour confondre le choix de l’adversaire, déjà la main dirige le hasard.  La manipulation du prestidigitateur, plus rapide que les commandements du cerveau… Apprentissages certes mais aussi liberté d’épanouissement, d’enrichissement des palpations, des gestes fins plus rapides que le regard du spectateur le plus attentif…     

Les mains reines sont celles, pour Sylvain, qui créent, qui réparent, qui s’adaptent à l’outil, à l’instrument, au crayon, mieux elles adaptent l’outil à leur préhension.  Parce qu’ils peuvent le geste, l’homme, la femme, le nourrisson, l’osent, en tirent des expériences. Ils laissent la main se meurtrir, s’échauder, se glacer, caresser… 

Par elle, ils engrangent bien des nuances de serrages, d’appuis, de pincements, de grattages, de frottements. Par elle, ils s’éduquent, de la menotte aux doigts si fureteurs, du pouce si réconfortant à la main du chirurgien, à la main du ciseleur…  Ces mains aux habitudes profondément incrustées et aux réflexes de génie… 

- Je suis fasciné, littéralement capturé par l’individu manuel, retour à l’homo faber.  J’aime regarder, écouter, son silence concentré, de bricoleur, de grand savant. Il n’a pas appris des gestes, des techniques pour en faire un métier mais en tirer un plaisir, avec le prétexte de l’économie, de l’utilité. 

Il doit tout essayer, tout tenter, tout copier, laisser sa main être maladroite, téméraire parfois. Il doit inventer des montages, il doit compenser une ignorance par une initiative et collationne les trucs, ses trucs… Si ce n’est pas de l’intelligence ça !  Il est même de ces ingénieux qui vont laisser la trace de leur cheminement et de leur réussite. Je crois à la curiosité que cela peut susciter, moins à son imitation, plus à son adaptation ! Le bricoleur est un chercheur qui peaufine ses méthodes et réinvente celle des autres, il a besoin de refaire pour comprendre et s’approprier. Ainsi j’ai baillé, et pas d’ennui je vous assure, devant un jongleur de cuisine, fredonnant au milieu de ses casseroles et jouant de ses ingrédients comme des couleurs d’une palette. 

J’ai suivi, à chacune de mes tournées, le travail du bois d’un mécanicien, menuisier puis ébéniste par passion. Je l’ai accompagné choisir ses essences, je l’ai regardé plusieurs mois après en tester l’humidité, en surveiller la maturation, j’ai bien noté la caresse de sa main aussi buriné que ses planches. Tout !  Alice doit s’impatienter. Thierry est peut-être arrivé et moi, je lâche trop la bride à mon enthousiasme, Je vais m’arrêter sur le dernier brico rencontré.  N’allez pas croire que je méprise les professionnels, oh non ! Puisque leur main génère l’objet, le son, l’odeur, la gourmandise, le regard… J’admire ! 

Du boulanger à l’ancienne au graveur de meuble en pin cembro, seul avec la lame de son opinel… Je garde dans ma tête des dizaines d’artisans, de compagnons, d’ouvriers, d’artistes quelquefois, si leur atelier est resté humain.  Tous sont les acteurs de la scène de ma vie courante. Si tous, ceux que j’estime au moins, sont des magiciens de la main, tous ne l’ont pas forcément choisi, les circonstances furent leur Centre d’information et d’Orientation., et certains ont une autre passion que leur métier. C’est le cas de mon copain ébéniste amateur passionné et bon, très bon mécanicien, plein de ressources inventives sous un capot mais sans l’amour qu’il porte à son bois. 

Ma dernière trouvaille, amateur bricoleur, tardivement victime d’un coup de foudre, te plairait Rob! »  Emballé, Sylvain a tutoyé l’horloger, a usé de son diminutif, tirant un vrai sourire, un vrai soupir de bonheur à mon oncle.  - …C’est un éventreur d’ordinateur ! 

Devant notre moue, un peu dubitative, Sylvain a calé ou, plus roublard, a différé.  - Allez , on ferme, vous aurez la révélation devant les assiettes d’Alice ! 

C’était aller trop vite pour notre artisan. 

Sylvain avait partagé sa vision avec nous. Rob avait apprécié mais nous n’allions pas quitter son musée sans l’avoir exploré, compris.  Robert nous a guidés dans les rouages de ses précieux coquillages. Leur histoire lui importait moins que l’intelli-gence qui a conçu, miniaturisé les mécanismes, placé sur des axes capillaires des roues variées, solidarisées par des dents infimes. L’impulsion du  remontoir déclenche le res-sort qui se détend, entraînant avec une régularité admirable chaque pièce mobile, chaque organe. Le cœur bat et son chant ténu accompagne les secondes….  - Et encore, dit Robert, ça, c’est pour que tournent des aiguilles, mais là, regardez ce petit village, un remontoir tout pareil, un ressort plus long, plus serré met en action les grandes, les petites, les minuscules roues qui articulent, ce petit train, le moulin, les voitures des rues, les passants, la dynamo qui va faire briller les éclairages… Un souffle bien sensible semble sortir d’une colline et agiter les arbres, l’eau de l’étang… Aucun branchement. Tout est animé par ce seul ressort tendu puis libéré. 

Et cet automate qui vous sourit, vous offre à boire, vous salue et tend la main pour son pourboire ? Déverrouillez son dos, c’est un véritable enchantement !   Il avait raison et Merlin n’aurait pas été plus magique, plus beau que lui. Les outils minutieux de Bob, ses petites boîtes de rouages, ses dessins, ses livres anciens… valaient toutes les cornues, toutes les baguettes ensorceleuses, tous les grimoires du mage. 

Robert a soigneusement bouclé son atelier, tiré rideaux et grilles de protection. 

Plusieurs fois son échoppe avait essuyé des tentatives nocturnes d’intrusion. Une fois même, en plein jour, Robert avait été agressé par un malfrat. Il en portait toujours la cicatrice sous son épaisse tignasse blanchie. 

Ses hurlements, sa fureur malgré le sang qui l’aveuglait, avaient mis en fuite le voleur… Robert n’avait même pas porté plainte, mais sa porte avait, elle aussi, été automatisée par un trucage de son invention… 

17 septembre, 2011

Quête vers l’inaccessible Ecole…

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 9:40

 Rêveur mais têtu, je voudrais donner, sinon ma force, inexistante, mais surtout ma conviction qu’un vrai réveil pour l’Ecole est  possible

 Depuis mes premières écoutes, dans l’aube de mon enfance, j’ai eu la chance ou le déterminisme, d‘avoir pour guide un homme extraordinaire pour lequel, donner, et il l’a douloureusement prouvé, partager, transmettre étaient le propre de l’être humain social.  

         D’autres m’ont baigné dans  « la soupe primitive », vitale de l’éducation. Mon credo est donc sans nuance ! Je m’affirme rêveur et avoir rêvé mes engagements, dans et autour de l’école… Parfois, ils ont tourné au cauchemar, mais ils m’ont laissé le regret d’être trop vite passés, insuffisamment accomplis, mais  pas de remords…

« Qu’est-ce qu’un vrai rêve ? C’est un rêve qui dure. Et, s’il dure, c’est qu’il s’est marié. Marié avec la volonté. » Eric ORSENNA. 

L’essentiel est l’enfant ! Aussi curieux, aussi éveillé soit-il, il aura toujours besoin d’être motivé, guidé, exercé… pour que les outils de la connaissance, du savoir-faire, du savoir vivre avec les autres ne soient pas les seuls fruits de sa spontanéité. 

 L’Ecole, seule, est capable d’accompagner l’éducation de la famille et de l’environnement pour procéder, en toute cohérence, à la progression harmonieuse des apprentissages autant qu’à la compensation des divers handicaps. 

L’Ecole ne sera véritablement ce service efficace qu’avec, pour chaque établissement, un projet adapté autant aux objectifs  éducatifs de notre société qu’à la réalité de la population scolaire qu’elle prend en charge.  

 L’Ecole ne sera véritablement cet outil d’excellence, capable de faire vivre ce projet, que si elle est dotée d’une équipe compétente dans ses individualités et cohérente dans le suivi total des élèves depuis son arrivée dans l’établissement jusqu’à sa sortie. Une équipe capable d’aider ses membres les plus fragiles, de remédier aux erreurs de mise en place du projet de fonctionnement… Une équipe solidaire et lucide.  

 L’Ecole ne sera performante que si un animateur responsable, formé aux tâches de gestion, de relations, d’orientation est le vrai directeur de cette équipe.  

 Il est terrible de constater que ces évidences, incontestables pour toute institution, reste, dans notre système éducatif, indéterminées, uniquement laissées à l’initiative, la bonne volonté, de ceux qui essaient de les mettre en œuvre… Avec tout ce que cela représente d’aléatoire. La chance scolaire d’un enfant relève de la loterie : la « bonne école » – la « bonne classe », sans cohérence assurée dans le même établissement, sans suivi de similitude lors des déménagements. Oui, la carte scolaire au choix devient alors un privilège.

Structurer les établissements est un préalable sur lequel, ensuite, on peut greffer des moyens. Le contraire n’est que construction sur du sable…   

 Le discours final, de mon cri : « …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! », « l’Essentiel. » se veut la véritable base d’une école dans laquelle tous les artisans de belle volonté ont une chance de s’épanouir et d’épanouir le présent de nos enfants. Leur donner, à tous, une chance pour un futur à la hauteur de leurs possibilités, toutes différences prises en compte, est-ce vraiment impossible ? 

  Chacun d’entre nous est un prolétaire fondamental dont la seule vraie richesse, étymologique et de fait, reste au moment du grand dépouillement, nos enfants et leur devenir.  

Je sais, on n’est pas sérieux quand on a 70 ans ; je sais qu’il faut laisser Saint Ex., son Petit Prince, rêver et laisser les gens sérieux compter les étoiles et allumer, éteindre les réverbères, mais comme la vie serait mieux possible, si la belle politique mettait un peu d’utopie dans ses projets et écoutait ceux qui ont vécu avec passion leur quotidien avec et pour les autres

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