et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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12 octobre, 2011

DES PROGRAMMES COHERENTS

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 23:45

Nous n’insisterons pas sur la mise en place de programmes incohérents, « fondamentaux », mais dénués de rattachement avec des activités qui les justifient pour les élèves. Par exemple, l’ajout de temps d’E.P.S, de langues étrangères, mais la diminution des heures de cours… Des murs de connaissances ont été bâtis sur le sable des hétérogénéités mal compensées, des savoir-être fragilisés… 

L’enseignement doit accorder une grande part aux fondamentaux, c’est évident, et s’efforcer de les mettre en priorité dans toutes les activités scolaires, transversales, par le langage notamment … L’enseignement doit accorder une grande part aux savoir-faire, à la prise de confiance, à la prise de responsabilités, au développement intellectuel et sensori-moteur. 

Les programmes doivent être réalistes, logiques, cohérents, basiques et pourtant ambitieuxLes bilans, les remédiations doivent en marquer les étapes pour une progression selon des acquisitions confirmées et non un catalogue d’objectifs. 

Les transitions entre cycles, de la maternelle au lycée doivent être bien marquées. Le cursus des apprentissages d’un enfant, d’un jeune doit s’inscrire dans une continuité sous–jacente, constante, cohérente, de la crèche à la fac et à l’entrée dans le monde du travail. 

Les choix d’orientations doivent être étudiés, valorisés selon les aptitudes et les souhaits de l’élève, confrontés à la réalité du marché de l’emploi. Dans ce cursus, le redoublement n’est pas refusé par principe, mais il nécessite un regard très précis sur les difficultés de l’enfant, sur les erreurs d’orientations et établir nettement le profit escompté de cette proposition. Il faut souvent l’accompagner d’une aide complémentaire particularisée. 

Il nécessite toujours un projet individualisé, véritable contrat entre le jeune, sa famille et l’Ecole..  La formation scolaire de chaque personne, doit pouvoir être continuée ou reprise aisément en des institutions ouvertes à tous.  Des passerelles souples doivent être rendues possibles, à tous niveaux y compris pour les apprentissages abandonnés puis repris, pour les enseignements partiellement lacunaires et pour les remises à niveau comme pour les enseignements complémentaires nouveaux

- 59 – LA PLAQUE.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 23:37

Une plaque avait été réalisée, simple :  « En mémoire d’Emmanuel Lacroix, tous ceux qui ont rêvé l’Ecole et croient en son renouveau depuis le 31 janvier 2011. Merci Manu ! »  Elle avait déjà été apposée sur un bel espace du mur du café avec l’aval et l’aide technique de la Mairie de Paris. Nous avions obtenu que ce soit deux élèves de Manu qui la découvrent. Obtenu avec difficulté car aucun ne voulait venir à la cérémonie et encore moins se mettre en avant pour retirer le voile. 

Ils étaient présents. Thierry, Sylvain, moi aussi je crois, avions été convaincants. 

Francis, Nourredine, Fred, Jo, José, Momo, Nic, Ahmed, Max, Matelot, Ben, Djabel et les autres, plus dis-crets qu’eux lors de notre rencontre, étaient à côté de nous, autour de Jean-Luc, le prof que Manu leur avait pratiquement désigné comme successeur. 

Francis et Matelot, ces deux gros durs, se sont vannés, se sont tus, se sont avancés… 

Ils ont libéré la plaque… et leurs larmes. 

Ils n’étaient pas les seuls ! Je m’y associais abondamment et j’ai su que, devant les petits écrans, les mouchoirs n’étaient pas inutiles non plus.  C’est ici et maintenant qu’a été prononcé le discours de clôture par notre collègue comédien.  Ce discours, c’était notre Essentiel, sans classement par articles. C’était, laissée à la chaleur d’une voix, la possi-bilité d’exprimer l’Espoir d’un autre avenir, grâce à une autre Ecole pour tous les enfants. 

Nous l’avions particulièrement écrit, lu, réécrit, relu. Nous y avions mis tout notre cœur.  Sans doute était-il long, copieux mais c’était lui qui était notre message à tous pour dire :  « Nous vous avons entendus. Dites-nous si nous vous avons bien compris et bien traduits… » 

Nous avons décidé que ce texte serait enregistré, mis à la disposition de tous par envoi direct sur demande et sur internet. 

Cet après-midi-là, notre délégué avait promis de le remettre dès le soir même au Ministre. Ce qui a été fait, solennellement et je crois reçu avec gravité.  Notre site ne se fermerait jamais, au contraire. Notre vigilance, le respect de la nouvelle vie de nos établissements, notre écoute et nos réponses  passeraient par son canal et permettraient de veiller à la Garantie des engagements officiels.  Nous n’avions pas choisi. D’emblée, notre comédien s’est imposé pour dire ce long manifeste. Non pas pour sa célébrité mais pour nous souvenir qu’un jour, il nous a fait vibrer en nous donnant lecture de la première synthèse de tant de journées de réflexion nées de ce 31 janvier 2011. 

Toutes ces pages, je ne vous les offre pas ici mais à la fin de mon parcours.  Je voulais nommer cet ajout ‘’Annexe’’ et bien non, il sera toujours ’’l’Essentiel’’ ! 

C’est vers lui que nous avons cheminé et c’est à partir de lui, à travers sa version législative, que tout cheminera.  Personne ne s’est attardé, nous nous étions déjà quittés et ne tenions aucunement à renouveler publiquement notre au revoir.  Nous avons pris le temps de rentrer chez Pierrot pour le laisser nous serrer dans ses bras sans un mot. Marie-Claude a été plus prolixe et a exigé que nous reconnaissions, que, là, dans leur « Privé », nous avions une place qui nous attendrait à chacune de nos montée à Paris. 

- C’est compris ? C’est imprimé ?  Duo, sous le regard amusé de Sylvain et de Thibault : 

« C’est reçu ! C’est gravé ! »  Thibault, Karine et moi avons accompagné Sylvain jusqu’à son hôpital  J’échappais à l’intimité, je m’en réjouissais et le regrettais en même temps. Je me sentais funambule, en équilibre instable, mais pas sans filet… 

Quand même, je ne refusais pas le rendez-vous que m’a proposé Sylvain, pour le lendemain, sur le quai du T.G.V., salle de la Méditerranée, dans cette Gare qui, pour moi, sera toujours celle du Sud.  Laisser Karine, ce jeudi soir, fut le plus difficile.  Toutes nos promesses de contacts fréquents et de visites dans nos régions n’ont pas atténué l’émotion de cette séparation. Le hasard nous avait assises l’une à côté de l’autre, la symbiose s’était produite. Notre complicité, nos fous rires, nos chuchotements d’adolescentes autant que le partage de nos convictions avaient cimenté notre amitié. 

J’avais trouvé la sœur que je n’avais jamais eue.  Thibault m’a offert de me ramener dans le 14ème et je sautai sur ce sursis avant la séparation.  Lucas était absent, l’agitation de la journée lui avait été épargnée, mais dans nos phrases, sa présence accom-pagnait celles de Juliette et de Killian. 

Notre précieux chauffeur, si attentif à faciliter notre séjour laborieux, avait tiré quelques photos de notre pique-nique et j’en ai glissé dans mon portefeuille pour raconter ce pitchoun merveilleux à mes trois trésors. Il a bien fallu se quitter et j’ai regardé, le temps d’un bout de rue et d’un bout de virage, s’agiter la main de Karine… 

Je passais un long moment face à
la Webcam pour répondre aux interrogations sur cette dernière journée. J’avais un peu espéré leur venue dans la capitale, mais Yann avait tranché : 

- C’est une mauvaise idée, 9 sur 20 seulement. Tu vas être écartelée entre nous et tes obligations. Ni toi, ni moi, ni les enfants, ne profiterons les uns des autres. Non, demain nous t’attendrons comme vendredi dernier et alors tu seras écrasée de questions. 

Juliette et Killian m’avaient bien reconnue à la télé. Ils m’avaient enregistrée ainsi qu’à mon passage à la radio. - J’ai collé tous les articles, m’a assuré mon fils 

- …Et moi, j’ai écrit les titres, les dates et j’ai préparé un classeur, a complété Juliette.   J’avais hâte de les retrouver maintenant que la tension retombait. C’était, pour le lendemain, tranquillement, à la maison !  Notre dernier soir, tous les trois pelotonnés, a été calme. Alice et Rob avaient hésité à venir nous rejoindre et finalement s’étaient glissés, discrètement, dans le public de l’Assemblée Nationale. 

Après m’avoir tant écoutée, après autant de non-dits et de bien-ressentis, mon oncle et ma tante étaient assez sensibilisés pour voir dans cette remise officielle de notre proposition de Loi, une victoire, la mienne en ce qui les concernait. Je regrettais de n’avoir pu les présenter à Pierrot et Marie-Claude, mais j’avais beaucoup parlé des uns aux autres. Assez pour susciter curiosité et sympathie. Je comptais sur Sylvain pour les réunir. Ces quatre là, étaient bâtis avec le même mortier de rudesse, de bonté, d’altruisme et de timidité. Même Pierrot ! Leur vécu était une palette où toutes les couleurs s’étaient déposées, brillantes, vives, pas-sées ou ternes. Certaines s’étaient mêlées, fondant les gris et les primaires. Les plus vives joies et douleurs les avaient teintées. J’aimais beaucoup l’œuvre que leur vie, leur personnalité nous offraient. 

En fin d’après-midi, ils n’avaient pas eu le courage de nous rejoindre devant le ministère. C’est ainsi qu’ils n’a-vaient fait connaissance avec nos amis bistros qu’à la télé. 

Notre dîner a été joyeux. Rob m’a démontré que ses gros doigts, que je savais déjà méticuleux, étaient d’une adresse formidable. Cartes, petits objets disparaissaient, changeaient de place, se retrouvaient dans les cachettes les plus insolites… 

Alice m’a appris qu’elle était souvent sa seule spectatrice, sauf lorsqu’elle arrivait à le traîner dans un centre pour enfants éprouvés. Il en était un, désespérant non loin d’ici, où passaient pour un soir, une semaine, un mois, des petits abandonnés, délaissés par des parents en fuite, emprisonnés ou décédés. 

Rob émerveillait ces enfants, tiraient un ébahissement du plus angoissé. Il n’oubliait pas leurs mains puisque, pour eux seuls, il démontait ses manipulations et ses trucs aussi… Sa magie et la tendresse de son épouse m’ont fait cadeau d’une belle nuit ! 

L’ELEVE AVANT TOUT

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 19:41

L’élève est la matière première de l’Ecole, mais pas une matière brute. Il a déjà un vécu, des acquis, une personnalité individuelle, familiale sociale, qui sont sa richesse, ses diversités, ses faiblesses… 

Jamais une classe ne sera une entité mais, toujours, il devrait être possible d’en faire une belle collectivité, animée par la même finalité : apprendre 

Oui, les différences d’aptitudes existent et ne permettent pas à tous d’avoir les mêmes buts professionnels 

Oui, les différences sociales sont aussi éliminatoires et là, l’Ecole ne jouait pas toujours son rôle et menaçait de le jouer encore moins avec les orientations officielles. 

Nous admirons ces jeunes gens qui, avec volonté, affirment leurs compétences et arrivent dans les grandes écoles, mais nous admirons encore plus leurs familles qui, souvent, les ont portés avec force et sacrifices. 

Nous déplorons la mise à l’écart des ces autres jeunes que leurs familles n’ont pu aider et encourager… Ces jeunes que la société et ses freins ont découragés…Des Mozart assassinés peut-être ? 

 

Un jeune de Polytechnique l’a dit lors d’une émission dans son établissement avant que Manu nous réveille : 

« La chance commence à l’école maternelle et élémentaire… C’est vrai, la grande force de rattrapage des inégalités originelles, c’est l’Ecole et là, désolé, mais on supprime cette chance. C’est un autre débat mais c’est aussi le début de tout. 

Aujourd’hui, vous prenez le problème à mi-chemin, voire au bout en déplorant les laissés sur les côtés, mais sans vouloir comprendre pourquoi on ne les a pas pris en compte avant… » 

Voilà ce que nous avons retenu de ce beau coup de gueule… Il n’était pas unique, oh non ! Mais venant de l’un de ces nantis du système tels que l’on voyait ces Grands Elèves, c’était assez fort… 

Nous avons pu entendre également un jeune scolarisé à l’étranger où s’étaient établis ses parents, s’étonner de la prise en charge de leurs frais de scolarité par l’Etat : 

« Nos familles ne sont pas démunies, loin de là, souvent les entreprises qui emploient nos parents prennent en charge ces dépenses. Alors, disait-il, je pense que c’est injuste pour ceux qui en France galèrent beaucoup plus que nous ! » 

Nous avons apprécié ces déclarations ! 

 

Respect à leurs auteurs ! 

11 octobre, 2011

57 – DIFFICILE RETOUR.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 23:34

Nous avons quitté l’établissement avec le cœur chargé d’émotions bariolées, semblables à l’agitation des jours post Manu, avec l’esprit peint en vert espoir, avec un ciel d’avenir blanc-bleu. Un ciel porteur de bons cumulus garants de futures récoltes de tous nos semis. Nous étions euphoriques sans drogues, ivres sans alcool, justifiés ! 

Cette rencontre aurait justifié aussi tous ceux qui  s’étaient levés depuis trois mois, tous ceux qui s’étaient portés au chevet de l’école malade. Vous souvenez-vous à ce propos des paroles de cette chanson de Grand Corps Malade,

«  l’Education Nationale »  Tout était dit et déjà pour chaque couplet nous au-rions pu et l’état aurait dû proposer un amendement, mais en France, si tout finit par des chansons, il est rare qu’elles soient un commencement… 

Si, peut-être, pendant les Révolutions !  Je ne résiste pas, tant pis si ma parenthèse est longue, et encore, j’aimerais tout citer!  « …J’m'appelle Moussa, j’ai 10 ans, j’suis en CM2 à Epinay Ville du 93 où j’ai grandi et où j’suis né … Pourtant ma maîtresse j’l'aime bien elle peut être dure mais elle est patiente 

Et si jamais je comprends rien elle me ré explique elle est pas chiante Elle a toujours plein d’idées et de projets pour les sorties (mais) 

… Nous on a que des tapis et des cerceaux et la détresse de nos maîtresses… Alors si tout s’joue à l’école, il est temps d’entendre le SOS 

Ne laissons pas s’creuser l’fossé d’un enseignement à deux vitesses … L’enseignement en France va mal et personne peut nier la vérité 

Les zones d’éducation prioritaires ne sont pas des priorités Au contraire faut rajouter des profs et des autres métiers qui prennent la relève 

Dans des quartiers les plus en galère, créer des classes de 15 élèves Ajouter des postes d’assistants ou d’auxiliaires qui aident aux devoirs 

Qui connaissent les parents et accompagnent les enfants les plus en retard  (au contraire qu’avons-nous ?)   Quelques réformes à deux balles pour ne pas voir le plus urgent Un établissement scolaire sans vrais moyens est impuissant 

Comment peut on faire des économies sur l’avenir de nos enfants L’enseignement en France va mal car il rend pas les gens égaux… 

Y a pas d’éducation nationale, y a que des moyens de survies locaux … continuons de dire aux p’tits frères que l’école est la solution 

Et donnons leur les bons outils pour leur avenir car attention La réussite scolaire dans certaines zones pourrait rester un mystère 

Et l’égalité des chances un concept de ministère…   Si vous voulez tout lire mais surtout tout entendre, il y a le C.D. et il devrait être subventionné…  Je reprends, mais avais-je vraiment interrompu ? 

Tous ceux qui ont apporté leurs mots, leurs idées pour reconstruire l’Ecole, ne l’ont pas fait pour s’apitoyer ou compatir mais pour unir leurs soins et la réanimer. La revitaliser. La bourrer d’énergie. En faire l’artisan compétent, bien outillé, bien entouré, qui redonnera sa chance au futur, celui de nos enfants, le nôtre, celui de tous.  Une chance, vraiment, pour toute notre mosaïque de personnalités, de couleurs, d’origine,  de confessions, de handicaps… Une chance pour les gentils, les agressifs, les naïfs, les roublards… 

Tous les potentiels que distribuent la naissance, les hasards et les circonstances seront considérés, pour que, sans perdre leur identité, ils prennent confiance en eux et en les autres…  Ce fut pour nous le retour de tous les dangers.  Ma main dans celle de Sylvain, ma tête sur son épaule, notre communion auraient pu nous mener vers une pa-renthèse physique, affective que notre état d’esprit, notre tension réclamaient, mais que notre conscience, Jiminy Cricket, interdisait. 

Pendant toutes ses journées depuis deux mois, nous avons été habités, comme beaucoup de Français, certains avec une rancœur énorme, d’autres avec une foi profonde, par une présence incontournable, celle de Manu !  Sylvain, plus que tous, a vécu chaque minute avec lui, avec ses yeux dans les siens.  Même lorsque sa pensée ne s’y accrochait pas. Je devinais son obsession et je l’ai, bientôt, partagée. 

Nous étions imprégnés de ses espoirs, avons perçu sa présence auprès de ses grands, de ses collègues. Par eux, nous avons compris ses tours d’ivoire et éprouvé, durement, leur effondrement. 

Nous avons suivi les pas, vu les gestes du coupeur de courant, écrit avec lui ses avertissements, mesuré la crevasse de son désespoir Sylvain a partagé ses flammes et moi, je les ai regardées danser dans les yeux de mon ami. 

Dans la cire de notre mémoire intelligente, de notre mémoire affective, nous avons, aussi, gravé chaque parole de Manu. Ce mercredi soir, à l’issue de cette communion, à l’aube d’un renouveau pour les enfants, pour l’Ecole, en quittant le collège, Thierry, ceux qui furent, si profondément, la raison de vivre de Manu : ses élèves, nos voix exprimées, nos voix intérieures, étaient à l’unisson avec ses cris. 

Rentrer à mon bercail provisoire a été difficile. 

Tendue et amollie, est-ce possible ? Je vous assure que oui !  J’ai communiqué brièvement, par S.M.S. seulement,  avec mes trois villageois, promettant un long compte-rendu pour demain…  Alice m’a enveloppée dans une sortie de bain douillette. Robert m’a imposé un petit verre ventru où il avait chauffé dans ses larges mains un Armagnac aux reflets dorés. Aucune question… de l’écoute, le partage de tout ce que ces jeunes nous avaient offert et de la tendresse, beaucoup de tendresse pour m’acheminer vers le sommeil… 

9 octobre, 2011

Un vrai réveil pour l’Ecole est possible!

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 23:24

 Rêveur mais têtu, je voudrais donner, sinon ma force, inexistante, mais surtout ma conviction qu’un vrai réveil pour l’Ecole est  possible

 Depuis mes premières écoutes, dans l’aube de mon enfance, j’ai eu la chance ou le déterminisme, d‘avoir pour guide un homme extraordinaire pour lequel, donner, et il l’a douloureusement prouvé, partager, transmettre étaient le propre de l’être humain social.  

         D’autres m’ont baigné dans  « la soupe primitive », vitale de l’éducation. Mon credo est donc sans nuance ! Je m’affirme rêveur et avoir rêvé mes engagements, dans et autour de l’école… Parfois, ils ont tourné au cauchemar, mais ils m’ont laissé le regret d’être trop vite passés, insuffisamment accomplis, mais  pas de remords…

« Qu’est-ce qu’un vrai rêve ? C’est un rêve qui dure. Et, s’il dure, c’est qu’il s’est marié. Marié avec la volonté. » Eric ORSENNA. 

L’essentiel est l’enfant ! Aussi curieux, aussi éveillé soit-il, il aura toujours besoin d’être motivé, guidé, exercé… pour que les outils de la connaissance, du savoir-faire, du savoir vivre avec les autres ne soient pas les seuls fruits de sa spontanéité. 

 L’Ecole, seule, est capable d’accompagner l’éducation de la famille et de l’environnement pour procéder, en toute cohérence, à la progression harmonieuse des apprentissages autant qu’à la compensation des divers handicaps. 

L’Ecole ne sera véritablement ce service efficace qu’avec, pour chaque établissement, un projet adapté autant aux objectifs  éducatifs de notre société qu’à la réalité de la population scolaire qu’elle prend en charge.  

 L’Ecole ne sera véritablement cet outil d’excellence, capable de faire vivre ce projet, que si elle est dotée d’une équipe compétente dans ses individualités et cohérente dans le suivi total des élèves depuis son arrivée dans l’établissement jusqu’à sa sortie. Une équipe capable d’aider ses membres les plus fragiles, de remédier aux erreurs de mise en place du projet de fonctionnement… Une équipe solidaire et lucide.  

 L’Ecole ne sera performante que si un animateur responsable, formé aux tâches de gestion, de relations, d’orientation est le vrai directeur de cette équipe.  

 Il est terrible de constater que ces évidences, incontestables pour toute institution, reste, dans notre système éducatif, indéterminées, uniquement laissées à l’initiative, la bonne volonté, de ceux qui essaient de les mettre en œuvre… Avec tout ce que cela représente d’aléatoire. La chance scolaire d’un enfant relève de la loterie : la « bonne école » – la « bonne classe », sans cohérence assurée dans le même établissement, sans suivi de similitude lors des déménagements. Oui, la carte scolaire au choix devient alors un privilège.

Structurer les établissements est un préalable sur lequel, ensuite, on peut greffer des moyens. Le contraire n’est que construction sur du sable…   

 Le discours final, de mon cri : « …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! », « l’Essentiel. » se veut la véritable base d’une école dans laquelle tous les artisans de belle volonté ont une chance de s’épanouir et d’épanouir le présent de nos enfants. Leur donner, à tous, une chance pour un futur à la hauteur de leurs possibilités, toutes différences prises en compte, est-ce vraiment impossible ? 

  Chacun d’entre nous est un prolétaire fondamental dont la seule vraie richesse, étymologique et de fait, reste au moment du grand dépouillement, nos enfants et leur devenir.  

Je sais, on n’est pas sérieux quand on a 70 ans ; je sais qu’il faut laisser Saint Ex., son Petit Prince, rêver et laisser les gens sérieux compter les étoiles et allumer, éteindre les réverbères, mais comme la vie serait mieux possible, si la belle politique mettait un peu d’utopie dans ses projets et écoutait ceux qui ont vécu avec passion leur quotidien avec et pour les autres

budget et projet

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 23:12

Le souci d’économie interdit à la France d’avoir une école digne de ce nom. Et si on revoyait son mode de financement ? 

Les élèves de France sont confrontés à une vaste et aberrante disparité dans le système éducatif. Aucun enfant n’est assuré de retrouver la même structure ou la même qualité lorsqu’il passe d’une école à une autre Pourquoi les écoles maternelles et élémentaires ne seraient-elles pas prises en charge par les régions (puisque les départements sont appelés à disparaître) ? L’Etat continuerait à mettre en textes les orientations fondamentales, les objectifs et les programmes, en conformité avec les lois votées par l’Assemblée nationale, mais la mise en œuvre, la gratuité, la laïcité, la garantie de leur harmonisation seraient de la responsabilité de la région, plus apte à la rendre effective que la commune. L’adaptation des outils complémentaires aux réalités des secteurs serait alors plus précise et plus réaliste. Pour l’instant, ce qui est lisible et qui révolte, c’est le souci d’économie, et aucun projet où enfants et enseignants accèdent, dans un établissement viable et pérenne, à des conditions d’enseignement et d’éducation à la hauteur d’un pays moderne et résolument décidé à donner une chance au futur. 

NOTRE ESSENTIEL POUR QUE RENAISSE L’ECOLE

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 10:18

DISCOURS PRONONCE AU NOM DE L’ASSEMBLEE DES DELEGUES POUR L’ECOLE 

« Janvier 2012 » 

Notre Ecole  Mes amis délégués m’ont demandé de conclure cette formidable période pendant laquelle, depuis le 31 janvier, depuis qu’Emmanuel nous a réveillés, partout en France, en métropole, outre-mer, chez nos compatriotes émigrés, nous avons rêvé l’Ecole, pensé à sa renaissance et fouillé, notre conscience collective pour lui donner un nouvel essor. 

Il sera facile de dire que nous avons enfoncé beaucoup de portes ouvertes mais pourquoi alors n’avaient-elles pas été vraiment franchies et dépassées ?  Qu’est-ce qui a changé ? Tout et pas grand chose… 

Tout, parce que lorsque vous avez labouré le sol, bien aéré, mis de l’engrais, vous pouvez croire en de plus belles récoltes !  En toute lucidité, sans ignorer les orages possibles mais avec l’assurance que nous serons assez attentifs et assez forts, ensemble, pour les dépasser… 

‘’Il est paraît-il des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril’’ chantait le grand Jacques…  Nous avons la prétention de croire que le champ de l’Ecole, bien travaillé, par nos efforts intelligents, bien chauffés par nos espoirs plausibles, verra naître, peu à peu, de lourds épis. Nous en tirerons les meilleures farines, les pains les plus nourrissants, pour alimenter notre civilisation dans sa marche perpétuelle. 

Pas grand chose, car, éduquer, transmettre connaissances, savoir-faire, rites, codes, par l’exemple, la mémoire perpétuée, l’envie d’améliorer, progresser simplement, sont les grands actes éternels de notre phylogénèse, le propre du développement de l’humanité, et de… Allons jusqu’au bout, de la répétition de chaque ontogénèse, l’incontournable élan vital pour le développement de chacun d’entre nous  Pas grand chose, parce que la transmission des savoirs a connu de belles formes, a rencontré de magnifiques initiatives, parce que notre Ecole est le terrain où ont fleuri des réussites plus ou moins longues. 

Les idées existaient mais si fragiles, soumises au rabot des textes officiels, noyées dans les vagues des mesurettes démagogiques et des coupes budgétaires aveugles.  Partagé entre l’incompréhension, le tumulte des réformes successives, jamais menées à leur terme et le souvenir, souvent lointain, brouillé mais idéalisé de ’’l’Ecole d’Autrefois’’, il n’était pas facile de se déterminer. Il a fallu ce dramatique détonateur pour que s’ouvrent, se libèrent les esprits. 

Nous espérons, que le postulat suivant, bien posé par cet énorme réveil, restera ancré dans notre évidence collective: 

« Eduquer est la responsabilité, le devoir, la chance de tous, même non parents, pour que demain soit le fruit amélioré d’hier et d’aujourd’hui. »  Encore faut-il que ces fruits ne soient pas calibrés aux normes d’une oligarchie de technocrates mais à celles de la communauté consciente et vigilante.  Deux autres évidences, décidément nous nageons dans les lieux communs, l’Instruction et le Savoir-Faire sont les finalités de l’Enseignement ; déclinés à tous les niveaux de
la Connaissance vers son Infini… 

Leur manufacture, c’est l’Ecole !  Une Ecole acceptée dans sa diversité et gérée en fonction de cette diversité grâce à son projet, son équipe, son animation et des moyens adaptés aux circonstances, tout simplement.  « L’enfant est le père de l’homme », Dr Alfred Adler, souvenirs de délégués versés en psycho, pas les miens. La formule, ancienne, n’était pas de lui, auparavant, déjà la responsabilité de l’enfance, potentielle du futur, était admise. 

Faut-il rappeler, qu’avant d’être autonome, mature, un être humain parcourt des étapes qui ont chacune leur spécificité et devraient, toutes, s’accomplir pleinement et se coordonner harmonieusement.  L’élève est la matière première de l’Ecole, mais pas une matière brute. Il a déjà un vécu, des acquis, une personnalité individuelle, familiale sociale, qui sont sa richesse, ses diversités, ses faiblesses…  Jamais une classe ne sera une entité mais, toujours, il devrait être possible d’en faire une belle collectivité, animée par la même finalité : apprendre 

Oui, les différences d’aptitudes existent et ne permettent pas à tous d’avoir les mêmes buts professionnels  Oui, les différences sociales sont aussi éliminatoires et là, l’Ecole ne jouait pas toujours son rôle et menaçait de le jouer encore moins avec les orientations officielles. 

Nous admirons ces jeunes gens qui, avec volonté, affirment leurs compétences et arrivent dans les grandes écoles, mais nous admirons encore plus leurs familles qui, souvent, les ont portés avec force et sacrifices.  Nous déplorons la mise à l’écart des ces autres jeunes que leurs familles n’ont pu aider et encourager… Ces jeunes que la société et ses freins ont découragés…Des Mozart assassinés peut-être ? 

Un jeune de Polytechnique l’a dit lors d’une émission dans son établissement avant que Manu nous réveille : 

« La chance commence à l’école maternelle et élémentaire… C’est vrai, la grande force de rattrapage des inégalités originelles, c’est l’Ecole et là, désolé, mais on supprime cette chance. C’est un autre débat mais c’est aussi le début de tout.  Aujourd’hui, vous prenez le problème à mi-chemin, voire au bout en déplorant les laissés sur les côtés, mais sans vouloir comprendre pourquoi on ne les a pas pris en compte avant… » 

Voilà ce que nous avons retenu de ce beau coup de gueule… Il n’était pas unique, oh non ! Mais venant de l’un de ces nantis du système tels que l’on voyait ces Grands Elèves, c’était assez fort…  Nous avons pu entendre également un jeune scolarisé à l’étranger où s’étaient établis ses parents, s’étonner de la prise en charge de leurs frais de scolarité par l’Etat : 

« Nos familles ne sont pas démunies, loin de là, souvent les entreprises qui emploient nos parents prennent en charge ces dépenses. Alors, disait-il, je pense que c’est injuste pour ceux qui en France galèrent beaucoup plus que nous ! »  Nous avons apprécié ces déclarations ! 

Respect à leurs auteurs ! 

Nous n’insisterons pas sur la mise en place de programmes incohérents, « fondamentaux », mais dénués de rattachement avec des activités qui les justifient pour les élèves. 

Par exemple, l’ajout de temps d’E.P.S, de langues étrangères, mais la diminution des heures de cours… Des murs de connaissances ont été bâtis sur le sable des hétérogénéités mal compensées, des savoir-être fragilisés…  L’enseignement doit accorder une grande part aux fondamentaux, c’est évident, et s’efforcer de les mettre en priorité dans toutes les activités scolaires, transversales, par le langage notamment … 

L’enseignement doit accorder une grande part aux savoir-faire, à la prise de confiance, à la prise de responsabilités, au développement intellectuel et sensori-moteur.  Les programmes doivent être réalistes, logiques, cohérents, basiques et pourtant ambitieux

Les bilans, les remédiations doivent en marquer les étapes pour une progression selon des acquisitions confirmées et non un catalogue d’objectifs.  Les transitions entre cycles, de la maternelle au lycée doivent être bien marquées. 

Le cursus des apprentissages d’un enfant, d’un jeune doit s’inscrire dans une continuité sous–jacente, constante, cohérente, de la crèche à la fac et à l’entrée dans le monde du travail.  Les choix d’orientations doivent être étudiés, valorisés selon les aptitudes et les souhaits de l’élève, confrontés à la réalité du marché de l’emploi. 

Dans ce cursus, le redoublement n’est pas refusé par principe, mais il nécessite un regard très précis sur les difficultés de l’enfant, sur les erreurs d’orientations et établir nettement le profit escompté de cette proposition. Il faut souvent l’accompagner d’une aide complémentaire particularisée.  Il nécessite toujours un projet individualisé, véritable contrat entre le jeune, sa famille et l’Ecole.. 

La formation scolaire de chaque personne, doit pouvoir être continuée ou reprise aisément en des institutions ouvertes à tous. 

Des passerelles souples doivent être rendues possibles, à tous niveaux y compris pour les apprentissages abandonnés puis repris, pour les enseignements partiellement lacunaires et pour les remises à niveau comme pour les enseignements complémentaires nouveaux  Un regard très pointu a été porté sur la maternelle.  Des attaques éhontées l’ont assaillie. Nous la considérons comme l’essentiel des bases de chance pour enfants : elle commence avec l’intelligence de gens de métiers, d’enseignants formés, l’égalisation citoyenne, la construction de la langue, la mise en place des savoir-faire, des gestes adaptés aux besoins, de la confiance en l’adulte… 

Le travail, dès la petite section, est formidable car capital. Sans vouloir m’étendre sur la compensation sociale si utile, je souligne celle de l’harmonisation des pratiques sensori-motrices, des mises en situation des apprentissages gestuels, du soin, de la prise de confiance… et surtout du langage, si inégal d’un enfant à l’autre. Le rôle de diagnostic et de préparation des élèves avant les apprentissages plus « scolaires » n’est pas contestable.  Les témoignages admiratifs du travail effectué dans ces premières étapes de la scolarité abondent. 

Comment ignorer les psychopédagogues qui nous enseignent que les six premières années sont fondamentales pour la formation de l’intelligence ?  Apprendre et enseigner, cette dualité repose, pour le maître, pour l’élève, sur la volonté d’obtenir. Elle s’appuie sur la réflexion, sur la réalisation, sur la correction, sur la répétition évoluée, sur la mémorisation, sur l’évaluation du chemin parcouru à bref terme, le temps d’une leçon, à long terme, le temps d’une année scolaire par exemple…    L’élève doit vivre ses apprentissages plutôt que les subir. Truisme encore, non, non, ce n’est, n’était, je l’espère, pas du tout évident selon les conditions d’enseignement… 

Sans dispersion, mais sans restriction, laissons les équipes, les enseignants proposer des activités spécifiques pour enrichir les connaissances, les savoir-faire, trouver des motifs à utiliser, à perfectionner « les bases fondamentales » .  Les activités intergénérationnelles réelles, par exemple, sont très valorisantes pour tous et riches en connaissances pour nos jeunes. 

Nos établissements ont fourmillé d’initiatives originales, motivantes, certaines, beaucoup étaient, sont discrètes, d’autres se sont révélées dans des revues pédagogiques ou de vulgarisation. Elles doivent nous inspirer.  Nous voulons que, dans notre Ecole, l’enseignement se base sur la pédagogie différenciée, sans dissocier une classe hétérogène

Sur un fonds commun, les exercices préparatoires sont adaptés, les réflexions et recherches, aidées, guidées individuellement ou par petits groupes. La leçon est collective, mais les exercices d’entraînement sont progressifs selon les difficultés et les corrections conduisent à de vraies répétitions, voire remédiations…  Ainsi se revalorise une véritable pédagogie de cycle. 

Même les non professionnels de la pédagogie ont appris ce qui était possible, souhaitable, en écoutant, questionnant tous ceux dont le métier est d’enseigner.  Nous avons insisté sur la nécessité, à chaque étape des acquisitions, de bilans non pas discriminatoires mais, témoins personnalisés des progrès, des retards, de la mosaïque des apprentissages réels. Des bilans qui aident à établir le devenir à long terme de tous les élèves   Des bilans qui précisent aussi la démarche et l’impact du travail pédagogique de l’enseignant, de l’équipe de cycle, de l’équipe d’école… 

Aucune progression ne doit être envisagée sans un bilan réaliste, comparée à la Norme Nationale et à la réalité des cas.  Pas de bilan sans que soient prévues les remédiations adéquates non plus. 

Il est essentiel, Messieurs, Mesdames les comptables, que les effectifs permettent cette pédagogie différenciée et ce suivi individuel.  Nous demandons que les prescriptions de carte scolaire soient souples. Le maintien d’une école dans chaque commune, dans chaque quartier est souhaitable mais ne doit pas tomber dans l’absurdité dans les deux sens, 

Une classe unique, de moins de 12 inscrits effectifs, est une réalité difficilement défendable et il est judicieux d’étudier les propositions pour des regroupements par niveaux entre villages voisins, si on veut garder une vie scolaire dans l’agglomération.  Nous évoluons dans le cas par cas, sans généralisation. 

De même, le couperet aveugle des normes chiffrées doit être émoussé, nuancé à quelques unités près pour les fermetures comme pour les ouvertures.  L’avenir de l’évolution démographique ne peut pas être occulté non plus. 

Le dossier scolaire ou les registres d’inscription permettent de retracer le cursus d’un élève, cela suffit ! Les identifiants personnalisés sont à retirer. Seules les archives informatisées, ou non, doivent garder la trace du passage de l’enfant dans l’école et uniquement pour ses résultats et son orientation. 

Elles ne doivent permettre aucun pronostic comportemental, aucune appréciation qui d’ailleurs ne pourrait être que circonstancielle, en aucun cas elles ne doivent être préjudiciables à l’avenir de l’enfant.  L’hétérogénéité de nos populations enfantines oblige à une attention envers chacun. L’égalisation des chances suppose vouloir atteindre des objectifs communs mais doit, justement, tenir compte des départs des aptitudes divers. 

Il ne faut pas omettre que la précocité aussi peut être perturbatrice et qu’elle doit être prise en compte comme tout ce qui différencie les enfants.  Le dépistage, la prise en considération, le soutien des élèves en difficulté seront menés, en étroite collaboration avec l’équipe pédagogique, avec l’enseignant, avec la famil-le, par des intervenants spécialisés. 

L’instauration d’heures supplémentaires pour les enfants « volontaires » en difficulté est cautère sur jambe de bois. Sans s’étendre sur leur caractère ségrégatif vite ressenti par les élèves déjà marginalisés par l’échec.  Comment pouvait-on assurer deux heures de soutien, en fait, pour être précis, de compensation des deux heures retirées le samedi matin ? 

Peu d’horaires sont positifs !  La plupart des équipes, encore mobilisées arrivent à une seule proposition : cours de soutien le samedi matin !  Réponse des autorités, pas question car contraire à la réformette. 

Alors que choisir ? Le temps d’interclasse : ½ h avant ou après le repas de midi ! Imaginez la motivation de tous, élèves et enseignants, chaque jour pour arriver à combler ces 2 h supprimées. Le soir, après la journée de classe : 1 h le lundi par exemple :  ¼ h au moins de récré après la journée de classe, installation, rangement, sortie… dans le meilleur des cas ½ h à 3/4 h de cours qu’il faudrait personnaliser pour plus d’efficacité.  Alors, prends l’argent et tais-toi … Est-ce là, la solution ? 

Non ! Il existait les temps d’études dirigées, on aurait pu les adapter, c’est toujours possible à condition que le rythme de la journée soit bien revu.  Nous avons évoqué la pédagogie différenciée, il faut penser les effectifs qui en permettent le plein exercice.  Reste le samedi matin, reste le mercredi matin et la question du rythme hebdomadaire et du temps de l’enfant en général. 

Le réseau d’aide doit retrouver et amplifier son action pour les difficultés spécifiques. Sa suppression est un non-sens qui rejette l’enfant vers la capacité culturelle, financière des parents à se retourner vers les aléas du privé. 

Le soutien doit se concevoir pour tous. Laide aux enfants naturellement, mais aussi, aux familles, aux enseignants en difficulté.  C’est très souvent le directeur qui fait office, sans formation spécifique, de premier intervenant, de conseiller. Ce n’est pas ignoré par l’administration puisque dans l’entretien de candidature, des questions envisagent ces situations ainsi que les problèmes relationnels…  Ce n’est pas un administratif itinérant qui pourra répondre aux imprévus, aux urgences fréquentes de la journée scolaire… 

Les cas particuliers d’enfants défavorisés par une acculturation, par une langue différente, par de la fatigabilité… peuvent faire l’objet d’un protocole pour un accueil à temps partiel avec un soutien particularisé. 

 L’inscription d’enfants sévèrement handicapés doit être raisonnée, précisément adaptée avec la prise en considération de tous les paramètres utiles : composition du groupe classe, intégration dans la vie de toute l’école, aménagements des locaux parfois… préparation des enseignants, interventions spécifiques… Pas de rejet mais un projet bien construit.  Les postes, les classes, les institutions qui spécifient ces aides, aléatoires ou à longue échéance, font partie des obligations pragmatiques de notre société envers tous ses enfants. 

Que ce soit par des services de l’Education Nationale, par l’intermédiaire de mutuelles, d’associations reconnues et subventionnées, par le truchement des communications modernes, l’instruction, l’éducation doivent être apportées aux enfants immobilisés à leur domicile, en milieux hospitaliers ou en centres de détention  Dans un établissement scolaire, l’éducation est reconnue comme étant l’affaire de tous depuis la famille jusqu’à la personne d’entretien  Le personnel enseignant auquel est confiée la plus grande richesse de notre pays, ses enfants, a besoin de la confiance éclairée, soutenue de la société. 

Casser les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres est une erreur qu’il faut réparer. Ces centres préparatoires étaient certes déficients, déconnectés de la réalité en général, tourné vers la pédagogie peu vers l’Education, déficients mais améliorables ; un cursus centré sur l’acquisition de diplômes essentiellement universitaires… est un leurre même avec des stages. 

L’ancienne Ecole Normale, très liée aux écoles, peut inspirer quelques réflexions positives…  Nous souhaitons une formation approfondie des enseignants au niveau de la licence avec alternance étroite entre I.U.F.M. et écoles, collèges, lycées, universités… en accentuant sur les méthodes, le travail d’équipe et ses aspects relationnels, la psychologie et la sociologie. 

Le futur professeur doit acquérir une connaissance précise de tous les partenaires, les familles, les partenaires locaux, officiels, associatifs utiles. Il doit posséder une compréhension cohérente, claire de tout le cursus scolaire Une formation continuée est nécessaire en circonscription pour le premier degré au niveau académique ou rectoral pour les niveaux supérieurs…pour briser l’isolement, se concerter, assimiler les apports nouveaux 

La formation de chaque enseignant, pour le rendre compétent dans sa classe n’est pas remise en cause, mais elle devrait intégrer une véritable préparation au travail en équipe, une connaissance réelle et pratique des réflexions et solutions débattues en conseil des maîtres, conseil de cycle, conseil d’établissement ou d’école.  Le personnel complémentaire, depuis la mise en place des emplois jeunes et de leurs variantes, a démontré que son rôle n’était pas négligeable. Il faut pérenniser ces postes, mieux les officialiser et préparer leurs postulants à leurs tâches.  La sécurité est un élément global qui implique la protection contre tous dangers mais surtout une vigilance véritable pour éviter toutes occasions, toutes formes de conflit, d’agressivité et toutes prises de risques. Le nombre des adultes responsabilisés autour de l’enfant doit être judicieux. Il est aussi nécessaire que l’implication, la préparation des élèves à éviter, réagir aux situations à risques.. 

Il a été émis une suggestion qui va faire grincer des dents et pourtant une aide transitoire, aléatoire… est possible.    Il existe une réserve de personnes qualifiées, qui peut aider à dépasser temporairement, le problème des remplacements très courts, quasi-imprévisibles, sans que les enseignants soient conduits à ajouter des heures aux heures : c’est le recours, volontaire bien sûr, dans chaque Académie, à des retraités. Une liste étoffée, tenant compte des domiciles, des temps disponibles, pourrait être établie. Cela n’ira pas sans une levée de boucliers, mais qu’en penseraient les actuels retraités et les nombreux futurs retraités des années prochaines ? 

Ces mêmes retraités, actifs, représentent une mine d’expériences dont chaque Académie, chaque établissement, peuvent s’entourer dans des moments de réflexion, pour des bilans autant que des actions nouvelles…  Nous savons qu’aux niveaux universitaires, par exemple, ce recours existe, dans des groupes de travail aussi, alors pourquoi pas à d’autres strates ? 

Les conclusions des groupes de travail, les analyses par les Comités à propos des établissements, nous font refuser leur autonomie de principe. : 

Elle ne conduirait qu’à accentuer la seule capacité des écoles à se débrouiller et donc à multiplier les différences entre prises en charge des élèves.  En revanche, une adaptation au secteur reste essentielle, mais elle doit s’accompagner de compensations pour que chaque collectivité puisse accomplir toutes ses obligations.           Il faut donner à chaque école les moyens qui compensent la faiblesse des ressources locales et qui prennent bien en compte la spécificité de sa population scolaire. 

         Nos régions ou les agglomérations de communes, dans le cadre de la décentralisation, pourraient aider les municipalités et parvenir à cette égalité des moyens pour une égalité des chances.  Certains Comités ont suggéré la création d’un fonds de Ressources, une banque de l’Ecole, alimentée par des subventions, des opérations médiatiques, une part des jeux d’argent qui s’en trouveraient moralisés un peu… 

Cette institution permettrait d’ajuster au mieux les besoins et de les compenser sans que l’établissement devienne lui-même un solliciteur plus ou moins heureux selon ses contacts, son environnement ou son habileté à mendier…  Le budget de base des établissements, pour chaque catégorie, doit être identique au prorata du nombre d’élèves pour toutes les écoles publiques. 

L’aide à la collectivité tutrice défavorisée doit garantir cette similitude.  Le financement des projets étudiés et retenus par le Conseil d’Etablissement et l’autorité académique sera l’objet d’aides spéciales attribuées par l’Education Nationale, par la collectivité adéquate soutenue par le fonds de Ressources éventuellement. 

L’Etat, en ce service régalien, en plein respect de
la Constitution et des lois régissant l’Enseignement public, prend en charge la formation et la rétribution de tout le personnel pédagogique… 

Les collectivités territoriales assurent les conditions matérielles et fournissent le personnel nécessaire à tous les services qui accompagnent la scolarité, toujours avec une compensation pour pallier les inégalités de ressources.  Nous demandons que chaque école, chaque établissement soit conforté dans ses composantes, encouragé dans ses échanges avec son environnement, adaptée à sa population spécifique, soutenu dans ses initiatives mobilisatrices et motivantes 

L’enseignant doit pouvoir connaître et utiliser toutes les opportunités culturelles, associatives, de son environnement, aussi bien officielles qu’officieuses. Il est important que les collectivités locales veillent à leur multiplication…  Et les établissements privés ?  Privé ou public, le choix est libre, mais nous estimons que les fonds publics sont réservés au financement de l’école publique, sauf en ce qui concerne les établissements spécialisés et conventionnés. 

Les associations assurant l’aide à la scolarité des élèves, des collégiens, lycéens et étudiants sont à soutenir. 

Le rythme de la journée scolaire est un paramètre incontournable du temps de l’enfant. Il  commande tous les autres découpages : semaine, trimestre, année… Une journée bien construite, depuis l’accueil jusqu’au départ est une journée qui évite les ruptures, ménage les temps d’éveil, d’apprentissages intenses, forts, les pauses, les répétitions, les moments notoirement peu propices à la mémorisation et les fausses mobilisations cachant la fatigue par la motivation. 

Le contact suivi du samedi matin entre écoles et familles en élémentaire a disparu. Cette semaine peau de chagrin, pour bon nombre de familles laisse les enfants devant la télé, dans la rue pour la plupart, dans les grands magasins ou dans des garderies municipales… Est-ce un mieux ?  Supprimer le samedi matin, c’est réduire les rencontres informelles et sympathiques, hors crise, entre familles et enseignants. Finie aussi l’occasion d’entretien direct avec le parent qui n’a pas la garde de l’enfant du divorce… 

Terminés les spectacles, les fêtes, les réunions diverses avec participation active de tous… Ne leur restent plus, souvent, pour ceux qui ne baissent pas totalement les bras, que les soirées, après le travail.  Pourtant, les fêtes d’école peuvent être des opportunités importantes d’activités ensemble pour tous les acteurs et partenaires pourvu qu’elles illustrent un travail continu, un projet et non une corvée. 

L’espace scolaire est sacré, protégé, il est ouvert sur la connaissance de son environnement, mais clos aux incursions perturbatrices. 

Il est important que le cadre soit agréable, grâce à la volonté et l’action de tous dans et autour de l’école.  L’implantation de l’école dans un environnement constant crée des liens, des repères indispensables avec la géographie et la  population de son secteur. 

Exploser la carte scolaire, disperser les enfants, défaire les liens entre le secteur et son seul pôle de calme, souvent, l’école, c’est renoncer à l’adaptation, à l’intégration de l’école dans son environnement, à la connaissance à moyen terme des familles, des fratries…  Cela peut éviter de payer, d’organiser des moyens réellement adaptés à sa population spécifiques, en brisant les concentrations, mais qui profitera de cette liberté de choisir son établissement ? Qui empêchera que se constituent de nouveaux ghettos ? Quel cadre donner à notre école dans un environnement flou ?  Est-ce une véritable amélioration ?  

Pour une équipe enseignante, bien connaître les familles, les paramètres et les ressources de son secteur est important, elle peut établir des liens devenus impossibles après dissociation entre lieu de vie et lieu de scolarisation.  Tout en préservant la sérénité du microcosme scolaire, il faut pourtant encourager ses échanges avec son environnement. 

Le service Education Nationale est sous-tendu par la trame des circonscriptions, des Académies. Chacune d’entre elles doit être étoffée pour conseiller, apprécier, aider, suivre, voire corriger les actions mises en œuvre dans les établissements.. 

 Le rôle de l’Inspecteur et de son équipe permet l’harmonisation dans tout le secteur; il favorise les échanges les plus divers,  Nous nous sommes prononcés contre l’éclatement de la carte scolaire mais des transferts éventuels, exceptionnels, bien motivés, toujours dans le seul intérêt des enfants peuvent être proposés grâce à cette connaissance mutuelle de tous les établissements du même secteur, animé et orchestré par son responsable.  Nos établissements dépendent, pour leur financement, des responsables territoriaux dispensateurs des budgets pour que, bâtiments, mobiliers, matériels, fournitures leur permettent d’accomplir leur mission.  Des initiatives de ces tuteurs dépend aussi, que l’accès aux ressources culturelles et sportives, en implantations comme en personnes, soit à la hauteur des besoins. 

Les liens avec les associations et services hors établissement ne sont pas à négliger, non plus..  Toutes ces communications, toutes ces possibilités doivent être des aides éventuelles pour les enseignants pour mieux connaître l’enfant, mais ne pas compliquer la vie scolaire.  Pour les associations péri et post-scolaires, appauvries par la suppression des détachements, la diminution des subventions, une analyse honnête doit établir quels organismes apportent une véritable aide à l’enfance, à la famille et à l’Ecole.  Peut-être ne faut-il pas rétablir les détachements supprimés, mais instaurer des postes de permanents formés pour stabiliser et aider les bénévoles… 

Le monde du travail et les mouvements de la société ne sont pas des univers inconnus pour les enfants et l’Ecole ne peut les ignorer, mais sans insistance et en restant très ouverte sur tous les métiers. 

Le chômage, les troubles sociaux, les conflits de l’immigration, la délinquance, les sectes, l’environnement en danger sont parfois sujets à interrogations de la part des enfants. Sans entrer dans des débats complexes, toujours hasardeux, il ne faut pas en gommer la réalité ou s’appesantir, en charger les enfants. Des enfants citoyens en devenir, certes, mais à leur niveau de maturité, pas plus !  Ils n’ont pas à s’imprégner non plus de la culpabilité collective, si vite banalisée. 

Impliquer les jeunes, progressivement dans la vie collective, les initier aux responsabilités grâce à des coopératives scolaires réelles, bien organisées, suivies et animées, grâce à la participation judicieuse à des Conseils Municipaux de Jeunes sont des voies magnifiques.  De nombreuses associations invitent également leurs adhérents encore scolarisés à s’ouvrir à la gestion de leurs œuvres… 

Vous l’avez compris, nous avons dessiné, avec les couleurs de vos volontés et de vos engagements, un véritable système scolaire, clair, solide, respectueux de tous ses acteurs. Il ne naîtra pas, ne grandira pas, ne deviendra pas fort sans que chacun y soit associé, pas à pas. 

Cette volonté obstinée, cette vigilance, ses alertes sont les seules garanties pour que, sans gabegie ni inconséquence, dans le rejet de toutes considérations partisanes, nous donnions sa chance à l’école, sa chance au futur…  Etre dans un établissement, c’est vivre ensemble. La vie coopérative implique tous les acteurs de l’école et suppose de vraies concertations mais n’exclut pas le rôle majeur de l’adulte, la tutelle, l’arbitrage…  Règlement et sanctions sont établis et reconnus par tous. 

L’école n’a pas d’exclu. La vie en collectivité doit générer la convivialité et éviter les perturbations pour tous. Les manquements à ces règles ne doivent pas être banalisés.  L’Ecole ne doit admettre aucune discrimination, ni robotisation, ni formalisation. 

Il ressort de façon insistante que les réussites d’école sont avant tout le fait d’une équipe. Le mieux-être, le mieux travailler des enseignants passent d’abord par la cohérence d’une équipe  adaptée à son environnement  Il est nécessaire que chaque équipe soit dirigée par un animateur compétent, que son projet et  son bilan soient évalués avec tous les enseignant et l’inspection de circonscription ou de secteur concerné, oui ! 

Nos travaux en font une évidence, mais il ne semble pas que jusqu’alors notre système éducatif se soit vraiment attaché à valoriser ce point essentiel. Nous demandons une véritable équipe, bien préparée, responsabilisée autour du projet d’école et animée par un directeur compétent.  Il faut œuvrer pour que chaque école, chaque établissement possède une équipe solide ; en préalable à toute autre transformation du monde scolaire, c’est une base impérative, incontournable ! 

Une réflexion positive, instruite par une enquête sérieuse, essentiellement orientée vers la reconnaissance et le renforcement de l’équipe pédagogique, de l’équipe éducative sera un premier pas vers la reconnaissance des problèmes essentiels et vers un projet enfin constructif.  Une école, c’est d’abord une équipe. Il ne s’agit pas de s’aimer les uns les autres, mais de se compléter,  d’être mobilisé par la même volonté d’éduquer et d’instruire. Elle doit soulager l’enseignant d’une responsabilité solitaire dans sa classe. 

Ses membres n’ont pas toujours fait le choix de l’école ou de la classe. Certains débutent, d’autres ont une grande expérience, tous sont confrontés à une même population, au même potentiel de ressources, en principe.  Le projet d’école est revalorisé et il est le véritable outil de cohérence et d’engagements adaptés aux besoins de motivation, de mobilisation et de mise en œuvre des acquisitions pour atteindre les objectifs programmés.  Fruit de la réflexion de tous, le Projet d’Etablissement dresse l’état des lieux. Il traduit la somme des propositions étudiées, retenues pour que naissent les actions propres à répondre aux spécificités de l’établissement. Il garantit la logique des enseignements, privilégie les contextes motivants et harmonise la vie collective… 

Son suivi, son bilan, comme l’a été sa conception sont menés par tous, soutenu et avalisé par le responsable de la circonscription ou de l’Académie pour le second degré.  Il pose des questions essentielles sur le long terme, comme sur le quotidien. 

Par exemple, à propos du temps de l’enfant :  Comment chaque établissement propose-t-il de rendre optimale la demi-heure du matin, transition entre famille/récré/mise au travail ? Comment tenir compte des moments notoirement propices à l’effort, à l’attention, et de ceux, au contraire, moins soutenus? 

Pour les méthodes face à un groupe classe hétérogène : Comment arriver à une véritable pédagogie différenciée ? Seul ou par des échanges, des dégroupements ?  Lorsque les apprentissages sont lacunaires ou mal assurés, comment bâtir de vraies remédiations ? 

En permanence, les Projets d’Ecole veillent, réfléchissent, adaptent les progressions pour une réelle et permanente cohérence dans le cursus global. 

L’équipe d’établissement est unie par son Projet L’échange permanent d’initiatives, d’expériences, de services, de coordination entre les établissements, participe de la fonction de l’Inspection. 

Une équipe a besoin d’être animée avec compétence. Ses décisions ont besoin d’être consolidées, leur mise en œuvre doit être suivie. Le liant de cette vie scolaire, pensée et fructueuse, en est son responsable, directeur, principal ou proviseur. 

Reconnaître l’importance de la direction d’école, c’est lui donner les moyens de ses tâches, de ses responsabilités, en faire une promotion véritable pour susciter les candidatures.  Jamais plus un enseignant ne doit se sentir isolé, jamais plus une équipe ne doit se sentir abandonnée 

L’intégration d’écoles dans des regroupements dirigés par un responsable « administratif » et des inspecteurs pédagogiques donc est une erreur. Elle entraîne une distanciation  trop grande entre l’établissement et sa réalité locale. 

Il me semble que ces derniers mois, nous avons démontré que l’Ecole est l’affaire de tous et je l’ai affirmé à nouveau en commençant ce long récapitulatif. C’est donc sans vouloir bousculer les enseignants et leur administration que nous revendiquons notre place dans la vie des établissements.  Pas seulement comme parents d’élèves, pas seulement comme recours, pour des activités, pas seulement pour apporter des ressources mais aussi, pour entendre, comprendre, apporter nos suggestions, aider à la vie de chaque école. 

Dans l’ensemble, nos comités sont favorables à une évaluation globale et précise du travail de toute l’équipe de l’établissement par les équipes d’inspections, sur des critères nets, tenant compte des conditions spécifiques de chaque secteur scolaire. 

L’évaluation individuelle par un inspecteur qualifié n’est pas une aberration mais, qui rendra compte de l’implication d’un enseignant dans et autour de sa classe ? Qui rendra compte des progrès personnels du jeune prof timide? Qui tiendra compte de la lassitude, du découragement et de l’abandon de celui qui fut enthousiaste et compétent ?  Certains inspecteurs, dans le 1erdegré notamment, sont de vrais animateurs dans leur circonscription et connaissent, suivent, aident leurs enseignants. Mieux, ils font de leur secteur de véritables bains de réflexion. D’autres, malheureusement sont météoriques, à la poursuite d’une carrière plus que d’une efficacité…  

Le Conseil d’Etablissement, le Conseil d’Ecole reste le moteur généré par la réflexion, les échanges, les initiatives de tous les partenaires officiels de l’école. Il respecte la spécificité, la confidentialité de toutes les structures internes, Conseils des Maîtres, de Cycles, Conseils Educatifs, Conseils de Discipline, Conseils Coopératifs… 

Il s’intéresse, en particulier, au Projet d’Ecole qui lui a été présenté, il s’intéresse à la progression des activités qui en émanent  Disons le nettement, au risque de heurter, le mystère gardé sur les pratiques pédagogiques est une absurdité, nous ne sommes pas en présence de formules secrètes et comprendre le choix d’une méthode, d’une progression, d’un thème mobilisateur ne peut que faciliter la transparence entre les parents et les professeurs et sans doute même les encourager à soutenir les initiatives éducatives. Seul l’enfant doit être l’objet de la discrétion, de la réserve de ceux qui en ont la responsabilité. 

Nous n’avons pas négligé le temps autour de l’école. 

Celui de la famille avec tout son pouvoir affectif est évidemment le plus marquant, tout ce que la société peut faire pour aider à son harmonie est une pierre solidifiée pour la construction de l’enfant.  Il n’est pourtant pas le plus important en durée. La scolarité, les activités extérieures, les copains, les garderies parfois, additionnent bien des heures hors de la maison. 

Les associations reconnues pour leurs activités épanouissantes consacrées à la jeunesse sont à privilégier. Les centres de loisirs, avec ou sans hébergement, devraient être des occasions de véritables convivialités et de vie citoyenne.  Il a été suggéré de créer des centres de vacances avec accueil des familles qui travaillent en fin de semaine, pourquoi pas ? 

Ce qui est certain, c’est que nous souhaitons qu’aucun enfant ne reste dans la rue pendant les vacances.  Notre mouvement a voulu non pas une école nouvelle, mais une Ecole reconstruite dans un contexte éducatif attentif à l‘enfant.  Nous l’avons étudiée puis proposée aux pouvoirs législatifs. 

C’est à nous de veiller sur elle maintenant Aidons, dès aujourd’hui, à faire de l’Ecole une institution où l’apprentissage des fondamentaux soit assuré grâce à des supports mobilisateurs, capables de faire aimer à apprendre et où l’appétit, la personnalité s’épanouissent en des disciplines d’éveil à part entière : l’école de la diversité, l’école de la chance pour tous, l’école de la chance de demain.  Cet exposé a été long et pourtant insuffisant en regard de la somme de travail amassé par tant et tant de personnes, de groupes, de comités.  J’espère que nous avons bien traduit l’esprit qui doit animer notre vigilance éducative désormais. 

J’espère que nous n’avons trahi aucune orientation et si nous en avons oubliées, nous savons que dans et autour de chaque établissement, elles se réaffirmeront..  Nous avons souhaité terminer par ces deux beaux mots soigneusement cultivés par Manu et ses élèves. 

RESPECT et CREDIT 

Respect : Je vous estime pour ce que vous êtes, ce que vous faites en harmonie avec les autres.  Crédit : J’ai foi en toi et je crois en ce que tu dis, en ce que tu fais. 

Pour nos enfants, Respect et Crédit à notre Ecole et à tous ceux qui la font.  Merci pour votre écoute, et bel avenir à tous ! 

l’élève et unique, l’école est pour tous!

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 0:32

 « L’enfant est le père de l’homme’’, Dr Alfred Adler si mes souvenirs d’étudiant en psycho sont bons dans ‘’l’Enfant difficile’’ La formule, ancienne, n’était pas de lui, donc déjà la responsabilité de l’enfance, potentielle du futur, était admise.

         Faut-il rappeler, qu’avant d’être autonome, mature, un être humain parcourt des étapes qui ont chacune leur spécificité et devraient, toutes, s’accomplir pleinement et se coordonner harmonieusement.

        L’élève est la matière première de l’école mais pas une matière brute. Il a déjà un vécu des acquis, une personnalité individuelle, familiale sociale, qui sont sa richesse, ses diversités, ses faiblesses…

         Jamais une classe ne sera une entité mais, toujours, il est possible d’en faire une belle collectivité, animée par la même finalité, apprendre           Oui les différences d’aptitudes existent et ne permettent pas à tous d’avoir les mêmes buts professionnels

        Oui les différences sociales sont aussi éliminatoires et là l’Ecole ne jouait pas toujours son rôle et menaçait de le jouer encore moins avec les orientations gouvernementales.

       J’admire ces jeunes gens qui, avec volonté, affirment leurs compétences et arrivent dans les grandes écoles mais j’admire encore plus les familles qui, souvent, les ont portés avec force et sacrifices.

        Je déplore la mise à l ’écart des ces autres jeunes que les familles n’ont pu aider et encourager… Ces jeunes que la société et ses freins ont découragés…Des Mozart assassinés peut-être ?

       Un jeune de Polytechnique l’a dit lors d’une émission dans son établissement avant que Manu (un des personnages de « …et l’école renaîtra de mes cendres! nous réveille.     

      ‘’ La chance commence à l’école maternelle et élémentaire… 

        C’est vrai, la grande force de rattrapage des inégalités originelles, c’est l’Ecole et là, désolé, mais on supprime cette chance. C’est un autre débat mais c’est aussi le début de tout.

        Aujourd’hui, vous prenez le problème à mi-chemin, voire au bout en déplorant les laissés sur les côtés mais sans vouloir comprendre pourquoi on ne les a pas pris en compte avant…’’

       Voilà ce que j’ai noté de ce beau coup de gueule… Il n’était pas unique, oh non ! Mais venant de l’un de ces nantis du système tels que l’on voyait ces Grands Elèves, c’était assez fort…  

7 octobre, 2011

55 – CREDIT !

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 23:59

Sylvain et moi avons abordé avec beaucoup de gêne et de crainte, intimidés par les lieux, le temple de Manu. Il n’aurait pas aimé sûrement ce mot. Nous étions intimidés par ces jeunes qui nous attendaient, eux et leur vécu violenté ces derniers mois, eux et leur peine que nous savions si profonde. Nous nous sentions intrus !    Ils avaient voulu que notre rencontre se fasse ici, dans cet atelier où tout avait commencé. 

Ils étaient debout, assis, nombreux, vingt-quatre, les deux classes confiées à Emmanuel. Un seul groupe avait participé à l’intrusion des policiers et des chiens, mais tous sans exception avaient tenu à nous accueillir. 

Que leur avait raconté Thierry ? Nous n’étions ni enseignants, ni des amis de Manu, ni des journalistes. Bien sûr, la présence de Sylvain, son élan vers Manu en flammes lui avaient donné une certaine notoriété. L’enquête malencontreuse avait conduit des inspecteurs dans le collège, dans
la SEGPA et le quartier. Même en se voulant discrets, des keufs passent rarement inaperçus dans les zones sensibles… 
Moi, j’étais l’amie de Thierry et de Sylvain, j’avais eu mes minutes d’audience en commentant notre Charte toute fraîche. 

Ils avaient préparé des chaises, des tabourets d’ate-liers en rond, incluant le bureau de Manu dans la circonférence. Nous nous sommes installés, sans ordre. 

Deux grands ados, un beau noir type Parker et un rouquin ponctué de tâches de rousseur m’avoisinaient. Thierry et Sylvain, séparés, étaient sur ma gauche et sur ma droite assez loin de moi. Nous formions un cercle où seul le fauteuil du bureau restait inoccupable…    Thierry a calmé de la main la houle de gêne, de timidité… des apprentis mécanos et commencé à servir cafés, jus de fruit et parts de gâteaux. 

C’est moi qui ai ouvert l’entretien après qu’un long gaillard, Rom brun, velu rasé de près aujourd’hui, nous a souhaité la bienvenue, en nous remerciant. Il était le porte-parole désigné mais de chaque siège est monté en tons graves, aigus, forts, ténus, le même merci. Quel paradoxe, alors que c’étaient eux qui répondaient à notre demande ! 

Nous n’avons pas évoqué les événements vécus ici. C’était inutile ! 

Manu avait choisi son atelier pour décor de son second message et sa voix y flottait encore.  Espérant que mon sourire et mon timbre s’affermiraient, j’ai cherché les yeux de chacun et je me suis lancée.  - Je suis émue, vous savez pourquoi et votre merci, votre accueil ne vont pas calmer cette émotion. Nous avons beaucoup entendu, beaucoup lu, sur Emmanuel, mais nous voulons le connaître par vous, ses élèves, comprendre, peut-être, sa raison d’être et de mourir. Et voilà, ma voix a tremblé sur ces derniers mots, Quelle cruche ! Je vais tout gâcher. 

Une main s’est levée, non pour demander une autorisation mais pour se réserver le tour de paroles. Il allait en être ainsi pour chaque intervenant, un petit geste puis les mots… 

-Nourredine, s’est-il présenté, Manu, nous, on pouvait l’appeler comme ça. Manu nous a appris à aimer un mot, entre nous. Un mot qui a pourri la vie de nos parents après les avoir fait sourire. Le mot, c’est « crédit ». Il nous disait : « Je te fais crédit mon gars, tu vas assurer ! » quand un exercice, ou une réparation nous faisaient peur. Il nous disait « Crédit » quand on lui racontait quelque chose. Il nous croyait sans demander de preuves. 

Son voisin a vite levé l’index et poursuivi. 

- C’est vrai, Fred…, a-t-il rattrapé, entre nous depuis, dehors parfois avec les copains, les vrais, on le dit. En parlant de quelqu’un, on se demande : «  Ce mec, tu lui fais crédit toi ? » Si le pote répond oui, net, et si on sent bien l’autre, alors « Crédit », on fait confiance ! 

Manu nous a expliqué que la confiance, ça se prêtait seulement et qu’il fallait toujours montrer qu’on la méritait, par l’amitié, la présence, le coup de main…  - Francis ! a continué mon Parker de voisin. Pour perdre la confiance, ne plus avoir de crédit, c’est simple et pour toujours. Tu trahis ton copain qui te fait crédit, qui croit en toi. 

Tu lui mens au lieu de raconter la vérité, même si c’est pas facile, ou tu n’acceptes pas ce qu’il te dit, tu l’embrouilles… Il est encore ton copain, tu te balades, tu vas au Mac-Do, tu regardes une vidéo, tu bosses, tu joues avec lui mais il ne te respecte plus, il ne te croit plus et il s’en fout : tu n’as plus de crédit auprès de lui. 

Une main, un prénom, Jo : 

- Manu pardonnait pas tout. Il comprenait comment on en arrivait à déconner. On en discutait. Il donnait des idées pour corriger, pour nous faire excuser par ceux qu’on avait cassés. Parfois, on cherchait ensemble une punition, pour ne pas oublier.  -  Avec lui, pendant les cours, le boulot, il n’y avait que ça ! Il allait de l’un à l’autre, donnait des explications, montrait à main nue, et nous on le copiait avec les outils. Il plaisantait, mais toujours pour le travail, Avec lui, la main devenait celle d’Elastoc pour passer entre les fils et le son du moteur, une musique avec un rythme agréable ou des fausses notes. Nous, on était des médecins, des chirurgiens même, et on ne devait pas la brutaliser ou lui coller une autre maladie, une autre panne à la voiture. La voiture, par son nom complet souvent,
la Renault Laguna, pas la caisse, la tire, attention ! 

- Après le cours, en parlant Momo avait les yeux perdus. Quand tout était rangé, bien propre, nous et les outils, lorsque c’était en fin de journée, on restait dans notre atelier, autour de son bureau. Il ne s’en servait, avec nous, que dans ces moments-là. On parlait de tout, et Manu répondait à nos questions.     C’était souvent des trucs de la télé qu’on croyait pas, qu’on ne comprenait pas ou qui nous gonflait, la politique surtout, le foot, les chanteurs, le fric. Ceux qui en gagnaient beaucoup, ceux qui en avaient pas du tout. On ne parlait pas des combines de la cité, mais Manu, on sentait qu’il les connaissait. 

Nic : – Quand on allait en stage, il se débrouillait toujours pour qu’on touche un peu ; pareil pour trouver des petits boulots le week-end et pendant les congés. 

« C’est pas beaucoup, il nous disait, mais au moins c’est propre, ça vous conduira pas en prison, ça vous évitera des relations dangereuses ou pire de pourrir la vie d’autres gens. » On sait bien qu’il pensait à la chourave, à la drogue, au chantage et aux bagnoles tirées.  

Ahmed : – Pour qu’il nous fasse Crédit, on restait propre et on en est fier. 

Dans la rue, c’est pas facile, facile. Parfois Manu passait, comme ça ! On nous voyait avec lui, nos parents aussi. Ils l’invitaient à manger, mais il disait non, sauf pour un café, un gâteau. On avait compris qu’il voulait vexer personne. Dans la cité, on parlait de la bande à Manu, même si parmi nous il y en avait qui habitaient des pavillons ou des résidences On nous respectait, sans blague ! Je sais que des mères nous donnaient en exemple à leurs fils… 

Nous les laissions parler mais d’autres questions n’avaient pas trouvé réponses simples 

- Et maintenant comment réagissez-vous ?   

C’est leur directeur qui a répondu pour eux : 

- Les garçons ont été très bien. Ce n’était pas facile de mettre un autre prof à la place de Manu. L’Académie nous a laissé proposer quelqu’un. Un mécanicien qui recevait sou-vent nos stagiaires, qui accrochait bien avec eux, qui accrochait bien aussi avec Manu. Les remplaçants prof de mécanique auto, il n’y en pas vraiment en stock dans les tiroirs de L’Education Nationale surtout pour une S.E.G.P.A. 

Avant d’aller plus loin, j’en ai parlé à Jean-Luc. ça me ramenait au recrutement d’Emmanuel. Il a beaucoup hésité, par peur de ne pas être à la hauteur et puis, surtout, il craignait l’accueil des élèves. Je lui ai donné raison. Il n’était pas question de prend-re une décision, de faire une proposition aux Autorités sans leur avis. 

Ah, j’ai oublié, moi c’est Thierry !   C’est mon grand voisin, Francis, au large dans son pantalon de survet qui a continué :  - On en avait parlé entre nous et on ne voulait per-sonne ! On voulait continuer seuls, avec juste un adulte, parce qu’on sait qu’il en faut un, mais pour être là seule-ment, pas pour nous faire travailler… 

Le Directeur, euh Thierry, a-t-il osé, nous a parlé de Jean-Luc. On a rediscuté. Lui, on le connaissait, on était plusieurs à avoir été en stage dans le garage de son père, avec lui. Manu l’aimait bien, le respectait. On a été d’accord pour Jean-Luc. 

Même avec lui, ce n’est pas facile ! Souvent, encore, on l’appelle Manu. Il comprend et ne cherche pas à prendre la place. Il connaît le métier de mécano ; il est sympa ! Trop, parfois, c’est nous qui devons calmer les énervés…»  - Max !…  La voix s’est levée sur ma gauche. On sentait le teigneux, celui qui écoute et ne se laisse pas raconter d’histoire… Vu sa carrure, sa boule à ras, il devait en imposer. Le regard noir renforçait cette impression. Il avait le coude appuyé sur le bureau, comme s’il le protégeait ou l’interdisait…   

- Des journalistes nous ont guettés, devant le collège, dans la cité. Il y en a qui nous proposait de l’argent pour leur parler de notre prof. Pourquoi ? Il avait tout dit et leur fric, même pour la coopé, on n’en a pas voulu !   - Moi, Matelot, je suis gitan, je préfère chouraver plu-tôt que de recevoir des sous sur notre Mort ! Il faut pas le salir. Sous la voix rocailleuse roulait beaucoup d’émotion. 

Sylvain a posé la dernière question, on lui sentait une kyrielle de points d’interrogation : 

- Et après ? Avez-vous pensé à votre avenir ?  J’ai cru qu’ils allaient tous parler en même temps. Un brouhaha, des regards, du silence et des coups de menton vers le plus petit, le plus rond assis à la droite de Thierry.  « Ben, comme Bénabar, le chanteur, a-t-il trouvé utile de nous préciser. » Il a regardé les autres ; les autres le fixaient. Il a baissé les yeux, puis d’un seul coup, son regard brillant s’est accroché au mien et il s’est lancé : 

- Nous, plus tard, bientôt… On ouvre notre garage ! Ensemble, en coopé. Beaucoup de parents, de grands frères, dans la cité, ailleurs, sont prêts à nous aider 

Le garage, il sera pour tous, dans un endroit neutre. Au besoin, on fera une tombola, avec une bagnole, non une voiture, en lot… C’est déjà rêvé, bien avancé, cimenté. Des profs d’économie, de droit nous guideront. Des élèves de grandes écoles sont venus nous voir pour offrir leur service. 

Ça réchauffe, on a du monde, des clients déjà.  Ses copains l’encourageaient en hochant la tête, avec la main, pour souligner, l’inciter à continuer. Ben était leur porte-parole et racontait leur histoire pour demain.  - On voudrait que notre garage reçoive des apprentis, des gars et des filles en stage, en alternance, en apprentissage pur ; des paumés aussi s’ils le veulent vraiment ! 

On ouvrira à des jeunes, mais aussi à des vieux, des bricoleurs pour se dépanner… On voudrait, à côté des ateliers, une grande salle de réception bien chauffée, pour discuter simplement, prendre un café accompagné. Un  point de rencontre ! 

On voudrait qu’il y ait des jeunes comme nous, filles, garçons, bénévoles qui viennent de temps en temps, pour accueillir, discuter, être gentils… Ce serait formidable si des étudiants aussi donnaient des cours, des conseils, des coups de main pour les papiers, à ceux qui en ont besoin… 

Notre rêve à nous, c’est ça ! Et ça viendra ! Ça vient déjà ! 

Dans même pas un an, on vous invite pour la nouba d’ouverture. 

6 octobre, 2011

- 54 – LA GARANTIE.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 20:12

 Dernière main levée, il se faisait tard, pour sans doute la plus importante des interrogations.  L’animateur de Radio qui nous l’a soumise faisait partie de mes voix du matin. Il m’était arrivé de l’interpeller au cours de son émission ouverte à tous et d’exprimer mes colères comme mes espoirs. Je ne m’attendais pas à sa présence. 

- Quelles garanties avez-vous que cette Charte, née d’un vaste consensus, présentée au Parlement, vraisemblablement adoptée, prendra force de loi et sera suivie des décrets, des circulaires d’application et d’une mise en œuvre réelle ? 

Je n’ai pas laissé passer l’occasion et j’ai agité mes feuilles de notes pour indiquer que je souhaitais répondre : 

 - Ce n’est pas notre premier entretien, Monsieur, mais c’est la première fois que nous conversons en nous voyant, bien que nous soyons presque voisins ! Notre Recueil propose, impose car c’est une volonté populaire, qu’un Comité de Suivi permanent, régulièrement renouvelé, en contact constant avec ceux qui nous ont fait confiance, qui nous ont portés, soit constitué, dès maintenant, à partir, pour commencer, de délégués volontaires et choisis parmi notre Comité National. 

Indépendant, il aura pour mission de rester en liaison avec le Ministère, avec les commissions parlementaires adéquates et avec les observateurs de chaque Académie.       

Nous souhaitons que la trame ainsi tissée ne se délite pas.  Notre vigilance doit rester éveillée, notre pugnacité à obtenir la totalité de nos demandes ne faiblira pas et cela en dehors de tous jeux politiques.  A nous, les citoyens d’aujourd’hui, de demain de toujours, de veiller à qu’elle se mue en réalités répétées  Vous savez, nous n’avons rien inventé, rien créé selon ce pauvre Lavoisier, mais tout s’était tellement transformé, qu’il était nécessaire de réorganiser. Mon amie sablaise m’a appris une de ses expressions chaumoises et ma foi, je la trouve de circonstances :  « Nous n’avons fait que tapiner les rets », ravauder l’immense filet de l’Ecole, qui avait tendance à se démailler.  Ce réveil, sonné par le geste d’Emmanuel, nous voulons, nous pouvons le transformer en vigilance. Elle sera notre garantie. 

La conférence de presse s’est achevée vers 13 h.  Les délégations parisiennes, une par arrondissement, avaient organisé un repas dans la cantine d’un groupe scolaire.  Cantine ? Restaurant d’enfants plus exactement. L’un de ces espaces où la diététique, la séparation des coins repas s’additionnent avec la recherche de présentation des plats, l’attention éducative des animateurs et l’implication des enfants dans le service et dans la connaissance des aliments.  Une restauration scolaire pensée, expérimentée, née à Montgeron dans l’Essonne, à l’initiative, après la guerre, d’un précurseur, un instituteur, Raymond Paumier.  Rares sont les communes qui s’appliquent à inclure véritablement ces moments dans l’Education des enfants !  Parisiens, banlieusards, provinciaux, outre marins et émigrés, tous les délégués ont fait honneur à un menu simple, frais et délicieux.  Il est extraordinaire de constater comment une communauté de pensées, un même souci d’approfondir peuvent agréger des personnalités aussi diverses, aussi fortes, pour donner à leurs moments de détente une ambiance conviviale, complice.

 Que du bonheur ! 

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