et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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28 octobre, 2011

64- LES ATELIERS DE MANU.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 22:22

        Ils l’ont fait !          

         Sylvain s’est remué avec tous ceux qui, avant nous, avaient déjà  contacté les élèves de Manu. Ils ont donné au projet une écoute nationale… Sylvain et ses copains, et il en a énormément, sont devenus des appelants pour capitaux. Bel affût non ?         

          Pas de sponsors pour ces indépendants, encore moins de prêteurs, mais des mécènes, petits, gros dons, pro deo (tous dieux confondus même celui des laïcs, des athées, des mécréants…). Sa plume est à leur disposition, beau pendant avec ses anciens de la résidence… 

       Si un jour, les fondateurs des ateliers voulaient un parrain, eh bien, il ne serait pas loin… Moi, je projette sans doute, mais je sais que, si un jour, ils voulaient une marraine et bien aussi, je…         

       Ils l’ont créé, leur garage d’accueil, en un peu plus d’un an, portés par un soutien extraordinaire. Ils le trouvaient plus beau que dans leur projet. 

          La plupart d’entre eux travaillent dans des entreprises privées ou des garages de collectivités publiques, mais ils se sont gardé une journée libre durant laquelle, par roulement, ils rejoignent ceux qui sont les mécaniciens permanents de l’Atelier de Manu.          

          Les clients sont nombreux, confiants et satisfaits. 

        Des réparations se font, à peu de frais, avec l’aide des bénévoles compétents, pour guider l’automobiliste fauché.             

          La salle d’accueil est belle, propre, animée et fréquentée sans interruptions. Tant que le garage est ouvert, pas la nuit, pas pendant les jours de fermetures, ce n’est pas un hébergement, un coin agréable seulement. 

            Les étudiants de facs, de grandes écoles, sont fidèles à leurs engagements et assistent ceux qui les sollicitent … Sylvain jubile lorsqu’ils passent voir ses concurrents.             

           Les enseignants, des environs, de plus loin aussi, choisissent ce garage pour leur voiture. 

         La gestion est entre les mains de comptables, mais rien ne se décide, ne se projette, pour le travail, les améliorations de l’atelier, pour le fonctionnement de la salle d’ac-cueil, sans la réunion des membres fondateurs les élèves de Manu.        

           Ouverts vers les autres, ils le sont. Pas dupes, pas naïfs, leur coup de main peut se transformer en coup de  pied au derrière vers la sortie, pour ceux qui oublient le contrat, ceux auxquels on ne peut plus faire « Crédit ».        

            Facile de perdre ce Crédit de confiance, il suffit de manquer de respect à un autre dans l’enceinte protégée du garage, de voler ce qui pourrait être prêté, offert, de trafiquer. 

          Pour eux, le plus gros délit, à l’aune de leur code, c’est la violence, la manipulation douteuse, envers les petits. Les gamins, les gamines savent aussi que s’ils veulent avoir l’amitié des grands de l’Atelier, il leur faut éviter les âneries. Pour un peu, il faudrait qu’ils leur montrent leurs livrets scolaires, un comble non ? C’est vrai que pour les de-voirs, le garage c’est chouette ! Il y a toujours un prof, un étudiant pour expliquer… 

      Un pro du clavier avait ouvert un site très sympathique. Manu n’y était pas oublié ; c’est même lui qui ouvrait les portes du garage sur le web…        

          Ténue encore mais tenace, une rumeur, car bien des points restaient à régler et discrétion valait prudence, laissait émerger la possibilité d’autres ateliers de Manu. Pas forcément consacrés aux véhicules, mais à toutes réparations ménagères, entretien de jardins, blanchisserie, couture… Pas forcément réservés aux anciens de S.E.G.P.A., mais, quand même, en priorité à ceux que les circonstances et la scolarité n’ont pas bien servis…         

        Que du bonheur en perspective ! 

26 octobre, 2011

trop simple sans doute!

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 21:12

Les réformes ou les instructions officielles précédentes traitant du contenu des enseignements, tend à les réduire, à les uniformiser et laisse penser, au moins dans sa présentation, que les disciplines d’éveil sont à réserver aux élèves qui assimilent sans problème le minimum fondamental. Or il est patent de constater que les résultats ne sont  pas à la hauteur des intentions qui ont présidé à ces orientations.

Quel est donc ce minimum sur lequel tout le monde est d’accord?

- Un savoir  basique pour s’exprimer à l’oral, à l’écrit, comprendre une communication, résoudre une situation arithmétique usuelle.

- L’acquisition de compétences cognitives et méthodologiques pour varier les apprentissages, les approfondir et se doter des capacités personnelles de se perfectionner.

- L’obtention d’informations documentées, vécues pour orienter les études à poursuivre.

- La formation spécifique la plus riche possible répondant à l’orientation retenue.

- La mise en place à chaque niveau d’acquisitions, du plus élémentaire au plus haut, pour chaque élève, des aides nécessaires pour  lui permettre, d’aller aussi loin dans ses acquisitions que lui permettent ses possibilités en compensant au mieux ses handicaps.

Je ne crois pas qu’un ministre depuis Jules Ferry, ait été ou soit prêt à laisser lier son nom à une orientation scolaire, à des projets de réforme…  qui ne respecteraient pas ces grands principes. Ce serait nier l’engagement républicain pour l’accès de tous à l’instruction et se fermer le potentiel de progrès en tous domaines que doit, devrait représenter une jeunesse bien scolarisée. Répéter l’évidence de ces fondamentaux n’est pas constructif. Fournir les moyens de les respecter, s’interroger sur les causes des échecs et sur les stratégies mises en place dans les classes, dans les écoles où les résultats sont positifs, serait plus utile.

Il existe un nombre important d’enseignants qui se méfient, ce qui ne veut pas dire rejettent, des bouleversements pédagogiques et institutionnels programmés. Ils privilégient les principes précédents et ne prennent dans toutes les réflexions novatrices qui leurs sont proposées (imposées ??) que ce qui améliore la pratique de leur métier. Parfois ces méfiances sont dues à la mauvaise digestion des apports. Les structures de réflexion, de mise en œuvre sur le terrain, comme les projets d’école, conseils de cycles, des maîtres, d’Ecole etc.… ne remplissent pas encore vraiment leur rôle par manque de préparation, manque de temps, manque de suivi pour un nécessaire travail en équipe.

Alors, pour amener au savoir, pour l’ancrer, ces enseignants utilisent leur connaissance des élèves et font preuve d’initiatives motivantes et souvent heureuses.

Evoquez vos lectures, vos émissions radiophoniques ou télévisuelles… traitant de l’école . Chaque documentaire, chaque feuilleton, chaque film et chaque récit mettent en valeur un Cas : un enseignant confronté à une situation particulière pédagogique, familiale ou  sociale. La démarche suivie pour l’aborder et la traiter, parfois la résoudre donne l’occasion de découvrir l’ingéniosité de l’enseignant réel ou figuré, avec l’admiration souvent émue des spectateurs.

J’affirme que la  réalité de l’année scolaire est pour beaucoup d’enseignants et donc pour beaucoup d’élèves, à tous les niveaux, aussi passionnante. Je renvoie chacun vers les revues pédagogiques qui relatent ces initiatives. On peut regretter qu’elles soient si souvent qualifier d’expériences, non parce qu’elles ne durent pas mais parce qu’elles ne sont pas généralisées et restent liées à un enseignant, une école, un regroupement. Elles sont trop souvent mal comprises et qualifiées de pertes de temps.

Je sais aussi que toutes les classes, toutes les écoles ne vivent pas avec autant d’originalité leur quotidien, et rassurent ainsi des parents qui y retrouvent « l’école d’avant ».

J’aimerais qu’un bilan établisse le devenir de tous ces élèves : ceux scolarisés dans des classes ou des écoles à projets motivants «  des classes où l’on joue… » et ceux  inscrits dans des classes ou des écoles où l’on suit avant tout le programme sans céder à la « dispersion ».

En 40 ans j’ai connu les deux fonctionnements et j’ai participé à bien des réunions, des concertations où l’on débattait  du bien fondé de l’une ou l’autre des orientations avec autant de convictions et de bonnes intentions d’un côté et de l’autre.

Pour ma part, parce que j’ai exercé mon métier pour des enfants en difficulté, parce que j’ai aidé à élaborer des projets d’école ou des projets d’activités spécifiques, parce que j’ai participé à leur mise en œuvre et parce que j’ai véritablement estimé que les élèves concernés avaient enrichi leurs connaissances, leurs savoir-faire, trouver motifs à utiliser, à perfectionner « leurs bases fondamentales », oui je crois en ces enseignants qui  veulent que leurs élèves vivent leurs apprentissages plutôt que de les subir.

Je déclare que les structures de l’école sont essentielles, primordiales même : conseils de cycle, d’établissement, projet d’école, projets d’activités, concertations, équipes pédagogiques, équipes éducatives…qu’elles constituent un tissu scolaire qui est le véritable garant de l’accueil de l’enfant, de son suivi.

Je voudrais que la confiance en sa capacité de traduire les directives officielles soit accordée à l’équipe pédagogique, pas seulement pour passer de la pommade, mais pour lui donner la responsabilité et les moyens de remplir un engagement que peu de ses acteurs ont oublié : la mission première est d’instruire avec tout ce que cela comporte d’adaptation aux situations.

Je voudrais que chaque école, chaque établissement soit conforté dans ses composantes, encouragée dans ses échanges avec son environnement, adaptée à sa population spécifiques, encouragée dans ses initiatives mobilisatrices et motivantes.

- conforté par une trame de circonscription étoffée pour conseiller, apprécier, aider, suivre, voire corriger les actions mises en œuvre dans les écoles.

- conforté par des intervenants spécialisés pour l’aide aux enfants, aux familles, aux enseignants  en difficulté.

- conforté par le soutien des responsables territoriaux dispensateurs des budgets pour que bâtiments, mobiliers, matériels, fournitures mais aussi, accès aux ressources culturelles et sportives, en implantations comme en personnes soient à la hauteur des besoins.

- et conforté avant tout par une équipe pédagogique solide, animée par un responsable bien préparé, reconnu et disponible pour répondre tant au suivi des actions pédagogiques, éducatives, ré-éducatives qu’aux aléas nombreux et variés du quotidien d’une école. La fonction de direction mal traitée depuis si longtemps, si usante, si décourageante, si peu attractive aujourd’hui, et pourtant si prenante, mériterait enfin une attention particulière, pour lui donner une vraie dimension de responsable et d’animateur, en oubliant la triste expérience des Maîtres-directeurs.

Je me méfie de l’autonomie si elle ne doit qu’accentuer la seule capacité des écoles à se débrouiller et donc à multiplier les différences entre prises en charge des élèves .

Donnons notre confiance éclairée, soutenue, aux enseignants. Aidons à faire de l’école une institution où l’apprentissage des fondamentaux soit assuré grâce à des supports mobilisateurs capables de faire aimer à apprendre et où leur appétit, leur personnalité s’épanouissent en des disciplines d’éveil à part entière : l’école de la variété.

Espérons qu’au-delà de toutes considérations partisanes et économiques, un véritable système scolaire, clair, solide, respectueux de tous ses acteurs de bonne volontés, naisse enfin ; cela ne se fera pas sans que chacun y soit associé, pas à pas. C’est la seule façon de donner une chance à l’école de demain, une chance au futur…

Un souhait très fort, que j’ai formulé pendant tout mon temps de direction :

la création d’un groupe de travail spécialement consacré à la direction d’école.

J’ai exercé pendant 29 années les fonctions de directeur chargé de classe ; j’y ai trouvé de nombreuses occasions de satisfaction, de plaisir même mais aussi bien des moments de pression, de doute, de découragement. Je ne pense pas que cela soit très différent aujourd’hui et le peu de candidature à ce poste l’atteste.

Nombreux sont les directeurs désabusés qui abandonnent, nombreux sont les jeunes enseignants sollicités pour prendre ces responsabilités ; nous sommes loin des limites d’âge pour postuler.

Une école ouverte, terrain fertile pour un enseignement efficace et pour des rénovations bien admises a besoin d’une équipe solide.

Une équipe pédagogique a besoins d’un animateur solide, reconnu, valorisé.

                                       —————————-

- 63 – VISITES. attention, bientôt la fin!

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 20:58

          Sylvain a repris du service. Cet été, il est venu au village à l’issue de son périple habituel. Il gardera à vie les traces de ses brûlures, mais cela ne nuit pas à son succès car il ne lui a pas fallu beaucoup de temps ni d’efforts pour se trouver une compagne dans le village voisin. Une rencontre de balade le long de notre petite rivière mitoyenne et une ballade charmeuse sans aucun doute.

Il faut dire que selon le terme usité ici :

         – Il est charmant ton Sylvain, me confiaient tous ceux qu’il saluait, avec lesquels il s’entretenait dans ses promena-des au long des rues du village.
           Yann et les enfants l’avaient adopté immédiatement. Sylvain y était allé franco :

        – Ton Isabelle m’a tout de suite séduit et j’ai bien essayé de tenter ma chance, c’en est une, si, si… Mais voilà, pas mèche, elle avait déjà fait le plein avec toi.

         Moi, je savais que, un certain soir, mes défenses avaient été bien éprouvées.

         Nous n’avions qu’un café au village. Notre écrivain public a dû faire la conquête des patrons pour suggérer, expliquer et obtenir une table un peu isolée afin d’ouvrir son officine.

          Pour ce premier été, il ne s’est octroyé que trois journées bien courtes d’accueil. D’entrée, le succès fut là, curiosité, sympathie, plus que véritable nécessité. Il a décidé que ce lancement était promotionnel et que seuls les frais éventuels de correspondance seraient à compenser.

            Il s’est acoquiné avec Alain et les bénévoles de la bibliothèque et les a persuadé qu’il avait un besoin incoercible de connaître le passé, voire le présent, anecdotique du village. Il a proposé une veillée de plein–air presque sur le pas de la porte, comme pour les soirées de naguère, d’avant la télé, pour écouter, questionner, noter…

       Il a été décidé que début septembre, pendant quinze jours, Sylvain serait régulièrement des nôtres.

       Autre grande joie, la venue de Karine, Thibault et Lucas. Eux aussi ont trouvé dans notre commune un accueil formidable.

Comme ils étaient formidables, c’était après tout très naturel.

          Elle a sympathisé très vite avec Sonia et Jordane, à m’en rendre jalouse. Non, je rigole, comme conclut souvent ma Juliette.

        J’aurais aimé revoir tous les acteurs qui ont marqué ces mois de réflexions et de décisions. Mon carnet d’adresses en identifiait beaucoup, mais j’avais en mémoire tous ces intervenants trop passagers qui ont fortement laissé leur empreinte nos esprits.

       Delphine, Romane et Guillaume, son mari, annonçaient leur passage pour les congés de Printemps. Je comptais transformer ce passage en séjour plus long.

         Une seule ombre ternit ce tableau, elle est énorme. Notre ami Gilbert, le Gendarme qui avait tant appris sur l’enfance, sur l’Education Nationale, dont nous avions tant appris aussi, mon compagnon mandaté avec moi à Montpellier, nous avait quittés.

          Il était malade, gravement déjà, lorsqu’il était venu nous rejoindre dans le jardin d’Alain, mais jamais il ne nous avait laissé deviner ses faiblesses et ses douleurs. Il avait obtenu la même discrétion de ses proches. Son hospitalisation, en novembre, puis sa fin, rapide, souhaitée, je crois, c’était bien de lui, nous avait laissés amputés d’une amitié, d’une affection irremplaçables. 

          N’allez pas me dire que nul n’est irremplaçable ! L’addition de ces pertes dans mes pensées fait que, jamais, ceux qui ont impressionné de lumière et de chaleur ma conscience ne disparaîtront vraiment.

       Toujours, ils manqueront. Gilbert nous manque !

24 octobre, 2011

- 62 – JANVIER 2012- notre nouvelle école.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 22:57

C’est la rentrée de janvier, le ciel est bleu glacial. Il a neigé mais seuls subsistent des petits tas, reliquats de grattage ou de jeux. En revanche, bien présentes, les flaques glacées sont aussi pénibles que la morsure du froid sur le nez et les oreilles.  Je longe la grille de l’école, un enfant à chaque flanc. Juliette, à droite, me tire vers les copines groupées devant l’entrée et, à gauche, Killian s’agite en hélant un copain qui descend de voiture. 

Juliette a 9 ans, 10 bientôt, Killian 5 et 6 un peu plus tard. Tous deux sont des grands, grand de l’élémentaire, grand de la maternelle. L’an prochain, ils changeront d’école. Sans crainte, sans hâte non plus et je partage complètement leur quiétude.  A l’entrée, Eric, le directeur de l’Elémentaire, est de service aujourd’hui. Leur roulement nous permet de rencontrer chaque jour un enseignant différent. Les portes ne sont pas plus faciles à franchir, ni pour nous, ni pour la police, ni pour quiconque non prévu dans les activités de l’école. Seuls, les intervenants impliqués dans un atelier, un accompagnement sont admis.  Notre école ouverte est un établissement clos et cela nous rassure. Ouverte, elle est transparente et nous comprenons ses projets, ses choix, ses méthodes car ils nous sont présentés, parce que nous pouvons en discuter. Nous connaissons les difficultés de l’équipe, nous connaissons leurs solutions et y participons lorsque cela est nécessaire. 

La cour est agréable. Les plantations lui donnent un air de parc. Il y a même un bassin de plantes aquatiques. Le club de jardinage, hors temps de classe, est animé par des parents et des enseignants.  Notre petit village n’a pas de grandes ressources mais le temps donné est devenu une monnaie plus courante. La bibliothèque, les installations d’un parcours gym, d’une piste de billes, de jeux au sol, sont nées de cet élan. Il ne se dément pas et permet son entretien. Il autorise d’envisager d’autres projets.  Les élèves y sont largement parties prenantes. Mieux leurs projets, en assemblées coopératives, axent nos participations et engagent leur responsabilité jusqu’à l’issue de chaque réalisation. 

Nous avons rendu aux enseignants leur autorité et ils veillent à ce que sanctions et récompenses soient justement appliquées. Le Conseil Coopératif et son Code pour Vivre Ensemble sont des garants que nous tous, familles, enseignants, partenaires municipaux, académiques, partageons avec les élèves. Beaucoup de mouvements d’humeur, d’incivilités, se sont atténués, voire effacés.  Nos enfants ont un cadre qui les rassure, les rend libres et leur ménage le droit, l’obligation de s’impliquer dans leur vie scolaire. 

Je crois que la plupart des familles s’efforcent d’appliquer, à la maison, cette relation protectrice et activement éducative.  J’ai le sourire quand j’accompagne mes enfants à l’école. Je suis sereine lorsqu’ils y vont sans moi parce que le travail me prend plus tôt et nous sommes heureux, le soir, d’évoquer nos journées.  J’ai peine à imaginer qu’il y a eu une époque pendant laquelle, à la question : « Qu’as-tu fait aujourd’hui à l’école ? » Les seules réponses étaient : «  Rien ! » ou, parfois, s’illustraient uniquement de conflits ou de jeux de récréation. A croire que la classe ne nous regardait pas ou que sa banalité ne méritait pas un interrogatoire quotidien.   Depuis un an, depuis ce fameux tumulte qui a bousculé l’Ecole, qui a bousculé notre pays, qui m’a bousculée, une paix scolaire nous a gagnés. Une confiance éclairée, interactive s’est établie entre tous ceux qui accompagnent nos enfants. Elle vaut tous les espoirs lucides.  Juliette est entrée dans la cour avec ses camarades. J’ai échangé quelques mots avec Eric, le directeur. 

Comme Sonia en maternelle, il avait renoncé à sa fonction lorsque étaient arrivés les supers directeurs.  Il faut dire que plusieurs de leurs collègues - désobéisseurs- mis à l’index, s’étaient vus retiré  la leur, sans que soient prises en compte leur expérience et leurs compétences. 

Dès juin, mon amie Sonia et Eric avaient été renommés sur leur poste. 

Certains responsables d’Etablissements Publics d’Enseignement Primaire, bien qu’issus de services très différents de ceux de l’Education, avaient pris goût à la gestion, à l’animation d’école et avaient souhaité conserver un emploi de direction même dans des unités maternelles ou élémentaires plus petites que le regroupement qui leur avait été confié. Pour la plupart, ils avaient compris et soutenu notre mouvement 

D’autres avaient réintégré leur service d’origine ou un autre, éventuellement.  D’autres enfin avaient rejoint des équipes de circonscription. Ils se vouaient plus particulièrement à l’aide administrative auprès des écoles de leur secteur. 

Un projet de secrétariat tournant pour les petits établissements ou permanent pour les plus importants se mettait en place. Le directeur redevenait animateur à part entière de son école et responsable de son quotidien. Selon le nombre de classes à sa charge, il disposait d’une astreinte d’enseignement variable, mais jamais nulle, afin de rester toujours en contact avec les élèves.  Le village a retrouvé son groupe scolaire avec ses deux écoles aux populations et aux missions si spécifiques. Elles se veulent déjà mieux soudées dans la cohérence de leurs programmes, la réalité de leur progression, leur liaison, la recherche des solutions diverses.   

Le Projet d’Ecole n’est plus tabou. Le Conseil d’Ecole ne dispose pas seulement d’un droit de regard, mais d’une responsabilité avérée. Cette implication lui donne le droit à l’information, mais surtout des obligations. La plus cruciale est certainement le soutien de l’équipe enseignante, de son directeur dans toutes les circonstances qui pourraient faciliter le bon accomplissement de leurs projets, la sécurité de l’établissement et la sérénité des enseignements. 

A contrario, il garantit que tout ce qui pourrait leur nuire serait combattu ensemble.  Ce qui a changé, c’est essentiellement un climat une perception, une appropriation nouvelle de notre Ecole.  Notre confiance envers nos enseignants s’est accrue parce qu’éclairée. 

L’arrivée d’enfants du voyage, par exemple, se passe mieux, les règles de convivialité, de respect mutuel dans et autour de l’école sont vite posées par un collectif et perdent ce caractère officiel, si aisément transgressé, pour devenir un mode relationnel bien compris.  De même, et j’apprécie fortement, la tchache au seuil des écoles n’a pas disparu, mais a perdu ses rumeurs nocives. Les conflits sont rapidement orientés vers des entretiens positifs… Le pourrissement des humeurs est gommé. 

Notre population scolaire est acceptée dans toute sa diversité, et nous sommes vigilants à l’aide apportée à tous les cas.  Notre rescapée, l’école maternelle de Sonia a repris ses couleurs d’espoirs et nous saisissons mieux l’importance de ses tâches pour initialiser avec les familles la vie intelligente, sensori-motrice, sociale de nos petits.  Des liens entre nos anciens et les élèves de tous niveaux se sont durablement installés et, possibilité que nous avions évoquée dans nos travaux, certains retraités participent bénévolement, patiemment, heureusement, à la reprise de confiance d’enfants troublés, à l’accompagnement d’apprentissages pour les plus lents, ainsi que pour les plus précoces. 

L’ouverture du samedi matin n’a pas été rétablie et il faudra certainement qu’un décret bien documenté émerge de l’ensemble des études sur le rythme de l’enfant, sur le temps scolaire pour trancher. Déjà, son utilisation s’est assouplie. Le Projet d’Ecole peut prévoir, solliciter des déplacements d’heures, réguliers ou occasionnels, motivés par des activités valorisantes pour l’aide aux enfants, la liaison avec la vie associative, les rencontres avec les familles, les festivités…    C’était une belle porte vers l’adaptation intelligente aux besoins, aux circonstances, mais elle réclamait l’adhésion de tous les acteurs scolaires et périscolaires. 

Notre Mouvement s’était construit sur cette vaste entente, à nous de savoir la respecter dans les faits.  Les liens avec les collèges, les lycées dont dépendait notre secteur s’élargissaient et nous faisions de l’information mutuelle une priorité.  La Loi n’a pas encore été votée, mais elle suit son chemin sans hâte et avec régularité. Il est possible que sa promulgation s’effectue à la date anniversaire du dépôt de sa Proposition, en avril. Les amendements proposés sont plus allés dans le sens de la consolidation, du bon sens que de la méfiance ou des restrictions.  En mai, des élections vont apporter, sans doute, des nouvelles têtes parmi notre Parlement et notre Gouvernement. Peut-être celle du Président de la République même. 

Notre Ecole devrait tirer bien des bénéfices de la campagne qui commence. Les textes d’application devraient moins traîner…  L’attente des électeurs est encore fraîche en ce domaine et nous l’entretenons.   

Si notre confiance en nos dirigeants s’ajoutait à celle que nous établissions à nouveau avec nos enseignants, alors l’avenir de notre Ecole s’éclairait.  Le moratoire pour les clandestins a été prononcé. Ce sera du cas par cas néanmoins car tout n’est pas excusable et de vrais délits avaient précédé parfois la prise de maquis de certains « clandestins »  Pourtant, qu’ils étaient nombreux ceux qu’un système aveugle avaient conduit à fuir la perspective de la prison ou du camp de rééducation pour des impulsions mineures, punissables sans doute mais sans acharnement, humiliation et empreinte indélébile… 

21 octobre, 2011

AUTODAFE (PUBLIE LE 30 JUIN 2011)

Classé dans : actualité,POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 9:57

                    En rappel et réponse à ceux qui m’ont contacté ces derniers jours:                     

               Peut-on décider de quitter la vie pour que renaissent ses idées ? Paradoxale, non ! pas impossible « mourir pour des idées c’est d’abord mourir pour soi, parce qu’un moment de désarroi, ce grand chamboulement dans l’arroi ordonné des convois en marche vers un but, , devient impossible à supporter, que la goutte d’eau de nos convictions et le confort de notre arrangement entre passé et présent se trouve bousculée et que notre force n’est plus que déception… alors s’abandonner devient la seule perspective mais pas abandonner puisque par notre  acte ultime devient, veut-on croire, un début pour d’autres plus courageux…                 

                  Je pense que notre histoire fourmille dans son autrefois, son passé proche et son présent d’actualité de ces circonstances qui font qu’un homme une femme meurt pour mieux crier.                      

                  Ce cri pour moi est celui de Manu… Personnage de roman, peut-être seulement. Il ouvre la voie à un constat : les « passants » chers à Henri VINCENOT sont à travers tous les médias, la seule vérité de notre marche d’humanité. Le passant, celui qui marche sans doute mais surtout celui qui transmets, qui passe non pas un témoin de relais mais une boule chargée, grossie de toutes les connaissances, les expériences, aussi négatives que constructives.                        Parmi ces passants,  je privilégie les pédagogues, ceux qui accompagnent, marchent auprès de l’élève pour l’élever…                     

            Aujourd’hui, dépit de tous les moyens de transmission qui sont venus grossir ceux des sages des bardes il demeure l’Ecole. Elle n’est qu’une institution, qu’un vecteur, mais pour tous, la vraie chance donnée au futur  Enfin, elle devrait l’être et je veux croire, non je crois, que ceux qui choisissent d’enseigner, en sont intimement convaincus, même dans leurs échecs et leurs découragements… Jusqu’à en perdre la foi, non en leur vocation mais en eux.            

              J’ai vécu, dans la coquille de mes écoles, de mes classes, de mes associations, de mes quelques interventions, en me préoccupant plus de cultiver mon jardin, mon lopin pédagogique que de son au-delà. Mes raids hors de mes frontières furent rares, intenses, brèves et décevantes. Le sourire de mes élèves, les échanges dans ma communauté m’ont suffisamment empli le temps pour que j’occulte mes regrets …                          

              Puis ce fut la retraite et le recul et l’écoute de ceux qui nient de ceux qui espèrent…    

20 octobre, 2011

- 61 – SURPRISE !

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 22:04

 

         Mes porteurs étaient pile-poil devant la bonne porte. C’est le plus grand qui se saisit de la valise et j’ai eu bien du mal à empêcher Killian de s’emparer de mon sac à main. 

Après même pas une semaine de séparation, après des communications quasi-journalières, nous avons manifesté notre joie avec tant de démonstrations que les témoins ont dû imaginer des retrouvailles après une longue coupure dramatique… Il faut bien que l’imagination prépare de quoi broder dans les prochaines conversations… 

Nous avons gravi les escaliers, traversé la grande salle pour redescendre vers l’entrée principale. 

       A moi l’air de Montpellier ! 

 

         Un tram aux chaudes couleurs de l’été, encore lointain, défilait devant la gare lorsque nous en avons  franchi la grande porte. Yann avait négligé, semblait-il, le vaste parking du niveau supérieur et réussi à s’incruster dans une rue voisine. A moins que l’omnibus nous conduise jusqu’à Saint-Jean. 

      Peu importe, je me suis laissée pratiquement porter par le grand et envelopper par les petits, « décontrastée » disait Garcimore autrefois. J’aimais bien cette expression ! 

          Pas direction la station mais le square, je suis… Portillon, virage à droite, valise cahotante sur ses roulettes derrière Yann et … surprise ! 

 

       Des banderoles flottaient où s’étalaient en grandes lettres fleuries : 

         « NOTRE ECOLE », « NOTRE RECUEIL», « NOTRE LOI », « NOTRE ISABELLE » 

        De la musique ! 

          J’ai reconnu mon copain Jacques au hautbois provençal, Jean-Claude à la guitare, Jean-Pierre, le tambourinaïre. 

        La famille Coucaïrous et bien d’autres animaux totémiques d’autres villages … – Comment avaient-ils pu arriver jusqu’ici ?- virevoltaient au bout des bras de jeunes endiablés. Jean-Pierre, vêtu de blanc, foulard rouge et béret bien enfoncé était écartelé de rire ! 

      Quelle foule ! Alain, Sonia, Gilbert, Daniel, Janine, Pierre, Catherine, Monique, Françoise, Bernard…, le premier fonds de nos réunions du village et tous ceux qui nous avaient rejoints, mes co-délégués du Théâtre de Montpellier, Jordane et son P.R.J., Corinne, notre responsable de l’A.L.A.E. les animatrices des garderies, de la crèche, des représentant encharpés de conseils municipaux dont le nôtre… Les actifs membres de nos associations, d’autres voisines ou éloignées aussi, David, Xénia même, Maman, Papa descendus de leurs Cévennes et beaucoup d’autres visages enthousiastes, reconnus, aperçus ou inconnus !    

           Une petite fête s’est instaurée autour de mon moi symbolique. Une farandole longue de toutes les allées disponibles a sinué dans le jardin public. Je ne suis pas restée longtemps isolée ; mes mains ont vite été saisies et entraînées dans la sarabande. 

           Je comprenais mieux le laconisme de mes trois correspondants l’avant-veille. Les préparatifs étaient sans doute achevés, les autorisations obtenues car des agents municipaux et des policiers nationaux protégeaient cette liesse. 

          Il a bien fallu l’interrompre car, peu à peu, des passants, des voyageurs en attente de départ ou juste arrivés, intrigués, puis renseignés, venaient grossir notre rassemblement et bruissaient de leurs applaudissements. Nous devenions encombrants ! 

          Il était certainement des mécontents, dérangés par notre exubérance, opposés à notre mouvement, persuadés de nos erreurs pour l’avenir des enfants… Ils ne se manifestaient pas, ou j’étais trop ivre de joie, de fatigue pour les distinguer. 

           L’un de nos représentants du Comité de Montpellier, hissé sur un banc, est parvenu par ondes concentriques à calmer musique, cris et danses. Il a remercié l’ensemble des présents de leur démonstration d’allégresse. 

       Il a souhaité que dans chaque quartier, chaque village, se perpétue la vigilance des groupes constitués afin que jamais l’Ecole renaissante ne se banalise. 

          Il a émis le vœu que l’idée se développe pour qu’une fête de l’Education, de l’Instruction, anniversaire de l’adoption de la nouvelle Loi, unisse partout les habitants de notre région, de notre pays. 

          Il a demandé que nous n’oublions pas tous ces enseignants réprimandés, punis sévèrement parfois pour avoir voulu proposer spontanément des aides aux enfants, mieux adaptées que les rattrapages horaires officiels. Sans examen de leur organisation, de leur impact, pour des refus compen-sés par des initiatives, ils étaient devenus des désobéissants trop visibles. Il était souhaitable que l’étude de notre Proposition de Loi conduise à rendre
la Raison supérieure à
la Soumission. 

           Il a proposé, en conclusion, une minute de silence à la mémoire de Manu. 

          Elle s’est montrée redoutable. La tension de ces derniers jours, le rappel des amitiés nées à Paris, celles des élèves mécaniciens, ont été trop fortes et l’épaule de Yann a recueilli le trop plein de mes yeux. 

 

           J’ai appris sur la vaste toile de mes contacts, par notre site national par téléphone souvent que nombreux, très nombreux avaient été les délégués nationaux accueillis par de telles démonstrations. 

             Pourvu que ça dure ! 

            Sur un dernier merci de notre meneur, sur nos au-revoir et nos promesses de contacts, chacun a regagné son véhicule… 

           Le nôtre était bien garé près du square. 

          Killian et Juliette avaient été d’un calme extraordinaire. Même s’ils n’avaient boudé ni les chants, ni les danses, j’avais le sentiment qu’ils ne m’avaient guère quittée des yeux. 

             Si j’avais pu craindre qu’ils se soient sentis abandonnés pendant toute cette folle période, leur tendresse, leur sérénité, leur large sourire estompaient mes traces de culpabilité. Mon mari, mes enfants comprenaient, approuvaient, mieux, étaient fiers de moi. 

 

           Que du bonheur !    

 

 

 

 

19 octobre, 2011

…et l’école renaîtra de mes cendres!

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 20:46

            Mon nouveau-né est imparfait mais il est la synthèse de tant de moments denses de tant d’espoirs, que je ne peux taire mon bonheur, non pas d’avoir produit mais d’avoir résisté bien des fois à l’envie d’envoyer tout promener! Il me fallait dire, alors je me suis accroché. C’est une façon de rendre, un peu, à l’Ecole tout ce qu’elle m’a apporté…
           Mon  livre ne sera jamais qu’une modeste esquisse de ce que j’ai vécu et de ce que j’aurai voulu voir naître pour notre futur, pour les enfants
Manu l’affirmait avant de se sacrifier : « … et l’école renaîtra de mes cendres! ».

           Ce livre suppose accomplie la « casse de l’Ecole » mais hélas ce qui n’aurait pu être qu’élucubration se révèle de plus en plus plausible… Pour un peu sa fiction serait dépassée par la réalité.

            Roman, il agite ses personnages avec passion pour briser la fatalité. Isabelle, raconte la vague générée par le sacrifice de Manu. Elle surnage et s’oriente pour se joindre au réveil de tous ceux qui, lassés, ne criaient même plus crient dans le désert. Ensemble, avec Karine la Chaumoise, Sylvain l’écrivain public colporteur, avec bien d’autres amis à découvrir, ils forcent à l’écoute pour redonner sa chance à l’Enseignement, à l’Education, à l’Avenir.     

            Cet ouvrage, j’aime ce mot qui unit la maîtrise de la matière primordiale à la finesse de la brodeuse, veut déculpabiliser aussi ces enseignants qui finissent pas croire qu’ils ont mal fait puisque nous en arrivons à cette situation désespérante pour notre
Ecole.

            Lui aussi se veut un cri pour que ne s’installe pas le découragement total, la démolition absolue. Parfois utopique, parfois trop réaliste, drôle ou émouvant il n’oublie pas le sérieux de propositions concrètes.

            Ce voyage à travers le monde de l’Ecole n’a qu’un seul objet, aborder les rivages de l’espoir dans futur de nos enfants, de notre société.

           Peu d’éléments ont été oubliés, programme, espaces, rythme, violence, citoyenneté, monde du travail, handicap, précocité, formation des enseignants, l’éducation de la rue, familles, expériences, casse… mais surtout ils sont voulus comme les composants d’un grand tout qui est l’école et son environnement !

           Plus de mosaïque et de réforme au coup par coup mais une véritable considération pour la nécessaire globalité du système éducatif…

          Et surtout, ce que peu de politiques ou même d’analystes proposent, ce que seuls quelques téméraires pugnaces mettent en place, donner à tous les établissements une véritable équipe formée à cette cohérence, solidaire, épaulée, animée par un responsable compétent et confirmé…Une équipe capable de s’adapter aux réalités de son contexte.

           Dans notre pays, on a tout trop souvent collé, pièce par pièce, jamais on a d’abord constitué un fond institutionnel solide, capable de digérer et rendre viables les directives même les plus logiques, même les plus généreuses.

          Dans ce livre, la volonté nationale devient le moteur de la nouvelle école !

          Cela doit-il rester un rêve ?  

18 octobre, 2011

Parlons d’Ecole, encore et toujours

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 17:21

                 C’est vrai que les mouvements sont nombreux, les motifs multiples : réduction arbitraire et aveugle des personnels – disparition des centres de formation et des années préparatoires – casse des réseaux d’aide – démolition de la semaine de classe – de la carte scolaire – regroupement des établissements – gommage des maternelles – disparition des assistants de vie scolaire – prime de rendement aux principaux … ça c’est pour la patrie du gouvernement en place… Face à ces mouvements, au renvoi de palmes académiques, dont je suis, à la colère de François Cavanna, honteux de voir son nom accolé à un collège cassé-  que répond le P.S. ?  Des intentions généreuses mais pas nouvelles, une énième concertation mais aucun projet, aucune image plausible, cohérente d’une Education Nationale reconstruite.

                    C’est pourtant simple lorsque l’on est parent ou enseignant : sur le terrain, un espace accueillant et pourtant protégé, utile à nos enfants, à tous nos enfants, pas qu’une sélection,  et compréhensible, dans ses réussites comme dans ses difficultés,  au quotidien…

Une équipe enseignante harmonisée par un projet d’école en adéquation avec les spécificités de sa population. une équipe capable d’épaules chacun de ses membres et de construire ensemble la vie de l’établissement.

Une communauté large, impliquée dans les choix et informée des modalités, des réglements de la vie éducative propres à l’établissement.  

Uune direction responsable et garante des actions choisies ensemble.

Un bassin d’enseignement et d’éducation (donc plus large que les seuls établissements szcolaires du secteur) aux ressources et aux actions clairement connues de tous les partenaires.

Des ressources humaines, capables de compléter les solutions des enseignants pour soutenir autant les enfants en difficulté que de donner corps à leurs engagements, des moyens à la hauteur des besoins dûment établis et capables de compenser la grande inégalité entre les établissements selon leur localisation… 

L’enfant n’est pas tellement différent de celui que j’ai appelé mon élève, lorsque j’ai commencé en 1960, pas plus que lorsque j’étais écolier. L’école a mal évolué, la société le voudrait mais ne lui donne pas les moyens de ses besoins.

Dire que rien n’a été fait serait faux, mais que reste-t-il des consultations-réflexions, des réformes jamais menées à terme… Le PS au pouvoir a cassé les instits pour en faire des profs des écoles, coupant sans nuance les enseignants de la vie communale, brisé les E.N. perfectibles pour en faire des I.U.F.M. éloignés de la formation à la réalité, et nous allons pourtant les regretter… Il a aussi instauré, heureusement, les projets d’école, les cycles, les échanges entre niveaux, les livrets scolaires, l’évaluation par compétences, les emplois jeunes, bouffées d’oxygène formidables… mais sans assurer la bonne mise en place de tout cela, sa généralisation… laissant leur bon emploi à la bonne volonté effective des écoles…. Sans s’assurer des moyens de viabilité…

Des établissements ont vécu et essaient de vivre pleinement leur mission, mais à quel prix 

17 octobre, 2011

- 60 – RETOUR VERS LE MIDI !

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 23:12

Le départ de mon train était fixé à 11 h 15. Ma valise était déjà bouclée, je ne comptais pas manger dans le TGV, même si Alice m’avait proposé de me préparer un ‘’petit quelque chose’’. En revanche, j’ai fait honneur au petit déjeuner et me suis prémunie pour n’importe quelle disette ferroviaire.  Pas de pluie sur Paris, je quittais l’immeuble rouge sous un beau soleil printanier. Rob et Licette viendraient dès juin à la Rouviérette ! S’ils le pouvaient, sinon chez moi ou Colette ou David… C’est sur cet engagement que nous nous sommes séparés et sur celui de les appeler dès mon arrivée au village. 

Sylvain n’avait oublié ni mon numéro de train, ni mon numéro de voiture. Il était déjà au bon endroit alors que j’arrivais, traînant ma valise. 

Il restait peu de temps avant la fermeture des portes, juste celui du silence d’un double merci, sans besoin d’explication. J’ai rappelé à mon ami, tous nos projets, une véritable fiche de travaux : le coup d’œil actif aux Ateliers de Manu, la réunion de Robert, Alice, Pierrot et Marie-Claude, la reprise de ses écritures, mes amitiés à ses anciens, et sa venue dans l’Hérault en fin de parcours, s’il en avait le temps et l’envie. 

Le village pourrait devenir un nouveau bureau, peut-être. Il  y penserait… Il avait encore des pansements mais comme je ne l’avais connu que masqué, je ne pouvais que noter les allègements depuis notre première rencontre. Ses yeux noirs, anthracite, brillaient comme après une ondée, mais leurs griffures se lissaient ou se ridaient selon son humeur et les commissures de sa bouche le trahissaient tout autant. 

Sur ce quai, au moment de l’au revoir, Sylvain souriait ! Lui, l’artiste des mots, n’a été ni poète, ni lyrique, il est parvenu à me convaincre sans phrases, qu’il était simplement heureux ; de notre rencontre, de notre complicité, de notre amitié, de ce qui aurait pu être et n’avait pas été. 

Pas de remords, même pas d’intention, pas de regret des non faits non plus, seulement le soulagement de comp-ter un nouvel ami et de pouvoir en parler, le présenter l’accueillir, sans ambiguïté.  Que du bonheur !  C’était l’heure ! Nous nous sommes serrés, sans nous embrasser, Sylvain m’a passé mon bagage et les portes se sont fermées, nous étions les derniers. J’étais à une place simple, près de la fenêtre, ma voi-sine n’était pas Delphine mais rien que les mouvements du train m’ont ramenée vers cette belle rencontre. Combien Romane m’aurait aidé à raccourcir ces heures de rien, ces heures entre deux chapitres de vie. 

J’ai essayé de lire, en vain… J’ai appelé Yann. Pas de problème, ils seraient bien à l’arrivée. Il a senti mon flou et m’a passé Juliette. 

Ma grande m’a replongée dans son quotidien, qui redeviendrait bientôt le mien. Enfin, on bouchait les ravines de notre rue, notre vieille voisine était à l’hôpital après une chute et la fille du Maire attendait un bébé, mais pas un mari… Le train-train… Ah si, mes drôles de copains demandaient si j’allais me décider à rentrer ! 

Killian était dans le jardin, mais il se laverait avant de venir me chercher… Livre refermé, téléphone éteint, je me suis dit : 

«  Je vais penser à tout ça ! »              Le ‘’ça’’ était assez vaste et imprécis pour me plonger dans un abîme de somnolence inconfortable, peuplé mais qui m’a mené jusqu’à Nîmes. La voix S.N.C.F. a annoncé l’arrivée pour 14 h 45.

13 octobre, 2011

L’école de l’excellence pour tous!

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 9:28

            J’ai tenu une classe de perf. ‘’Tous usages’’ près des usines Renault en 1962, des classes de perf pro dans des grands ensembles qui recueillaient les trous des grands travaux de Paris, s’y ajoutaient les petits des bidonvilles où les entreprises de BTP recrutaient chaque matin leur main d’œuvre… J’ai connu ensuite, dans l’école que je dirigeais, les classes d’accueil pour gens du voyage et pour primo-arrivants non francophones…            

             Au total, beaucoup de gosses « pas de chance »… J’en ai connu aussi, plus de la moitié, c’est certain, qui se sont battus, débattus pour émerger, pas tous jusqu’au bac ou plus, mais jusqu’à un bon travail et une bonne famille, la leur… Parmi eux, des Turcs, des Portugais, des Africains divers, des Polonais, des Français d’en bas aussi que j’ai été fier de voir, d’entendre, lorsqu’il m’a fallu en 2000, rendre mon tablier d’instit               

           Seulement cette force que je les ai vue développer, c’est l’école d’alors, celle qui avait les moyens de leur donner l’accueil, le microcosme solide pour dépasser leur handicap…

       La pugnacité de certains inspecteurs, non écrasés par les quotas et les économies à réaliser, permettaient l’intelligence des projets et des adaptations.

             L’école, celle que j’ai aimée, tenait compte de son environnement et de ses spécificités, des écoles d’application du 16ème au creuset de Massy-Antony d’alors, enseigner et adapter était une mission que l’on pouvait remplir…

           Hurler sur les enfants différents qui ne réussissent pas aujourd’hui, c’est nier encore plus que la casse de l’ECOLE est la vraie fautive… Nos responsables actuels, M. Guéant nommément,  désignent les malades en occultant les causes de la maladie et la disparition des docteurs… Pire, ils les livrent à ceux qui n’attendent qu’un prétexte pour chasser les lépreux…

            Je compte sur tous ceux qui ont puisé dans l’école l’énergie, la chance de s’accomplir pour venir leur apporter un démenti puissant.

            L’école de l’excellence, c’est celle où tous les moyens sont recherchés pour que chaque enfant, vraiment chaque enfant,  puisse aller au bout de ses possibilités puis de ses orientations!

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