et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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15 novembre, 2011

L’ESSENTIEL POUR NOTRE ECOLE- 4 – dossier- soutien

         Le dossier scolaire ou les registres d’inscription permettent de retracer le cursus d’un élève, cela suffit ! Les identifiants personnalisés sont à retirer. Seules les archives informatisées, ou non, doivent garder la trace du passage de l’enfant dans l’école et uniquement pour ses résultats et son orientation.            

           Elles ne doivent permettre aucun pronostic comportemental, aucune appréciation qui d’ailleurs ne pourrait être que circonstancielle, en aucun cas elles ne doivent être préjudiciables à l’avenir de l’enfant. 

        L’hétérogénéité de nos populations enfantines oblige à une attention envers chacun. L’égalisation des chances suppose vouloir atteindre des objectifs communs mais doit, justement, tenir compte des départs des aptitudes divers.  

         Il ne faut pas omettre que la précocité aussi peut être perturbatrice et qu’elle doit être prise en compte comme tout ce qui différencie les enfants. 

           Le dépistage, la prise en considération, le soutien des élèves en difficulté seront menés, en étroite collaboration avec l’équipe pédagogique, avec l’enseignant, avec la famille, par des intervenants spécialisés. 

          L’instauration d’heures supplémentaires pour les enfants « volontaires » en difficulté est cautère sur jambe de bois. Sans s’étendre sur leur caractère ségrégatif vite ressenti par les élèves déjà marginalisés par l’échec. 

        Comment pouvait-on assurer deux heures de soutien, en fait, pour être précis, de compensation des deux heures retirées le samedi matin ?  

        Peu d’horaires sont positifs ! 

        La plupart des équipes, encore mobilisées arrivent à une seule proposition : cours de soutien le samedi matin !  Réponse des autorités, pas question car contraire à la réformette.  

       Alors que choisir ? Le temps d’interclasse : ½ h avant ou après le repas de midi ! Imaginez la motivation de tous, élèves et enseignants, chaque jour pour arriver à combler ces 2 h supprimées. Le soir, après la journée de classe : 1 h le lundi par exemple :  ¼ h au moins de récré après la journée de classe, installation, rangement, sortie… dans le meilleur des cas ½ h à 3/4 h de cours qu’il faudrait personnaliser pour plus d’efficacité. 

         Alors, prends l’argent et tais-toi … Est-ce là, la solution ? 

        Non ! Il existait les temps d’études dirigées, on aurait pu les adapter, c’est toujours possible à condition que le rythme de la journée soit bien revu. 

         Nous avons évoqué la pédagogie différenciée, il faut penser les effectifs qui en permettent le plein exercice.  

               Reste le samedi matin, reste le mercredi matin et la question du rythme hebdomadaire et du temps de l’enfant en général. 

 

           Le réseau d’aide doit retrouver et amplifier son action pour les difficultés spécifiques. Sa suppression est un non-sens qui rejette l’enfant vers la capacité culturelle, financière des parents à se retourner vers les aléas du privé. 

         Le soutien doit se concevoir pour tous. Laide aux enfants naturellement, mais aussi, aux familles, aux enseignants en difficulté. 

          C’est très souvent le directeur qui fait office, sans formation spécifique, de premier intervenant, de conseiller. Ce n’est pas ignoré par l’administration puisque dans l’entretien de candidature, des questions envisagent ces situations ainsi que les problèmes relationnels… 

          Ce n’est pas un administratif itinérant qui pourra répondre aux imprévus, aux urgences fréquentes de la journée scolaire… 

           Les cas particuliers d’enfants défavorisés par une acculturation, par une langue différente, par de la fatigabilité… peuvent faire l’objet d’un protocole pour un accueil à temps partiel avec un soutien particularisé. 

             L’inscription d’enfants sévèrement handicapés doit être raisonnée, précisément adaptée avec la prise en considération de tous les paramètres utiles : composition du groupe classe, intégration dans la vie de toute l’école, aménagements des locaux parfois… préparation des enseignants, interventions spécifiques… Pas de rejet mais un projet bien construit. 

            Les postes, les classes, les institutions qui spécifient ces aides, aléatoires ou à longue échéance, font partie des obligations pragmatiques de notre société envers tous ses enfants. 

            Que ce soit par des services de l’Education Nationale, par l’intermédiaire de mutuelles, d’associations reconnues et subventionnées, par le truchement des communications modernes, l’instruction, l’éducation doivent être apportées aux enfants immobilisés à leur domicile, en milieux hospitaliers ou en centres de détention 

 

 

11 novembre, 2011

L’ESSENTIEL POUR NOTRE ECOLE -3- maternelle- pédagogie adaptée-

             Un regard très pointu a été porté sur la maternelle. 

             Des attaques éhontées l’ont assaillie. Nous la considérons comme l’essentiel des bases de chance pour enfants : elle commence avec l’intelligence de gens de métiers, d’enseignants formés, l’égalisation citoyenne, la construction de la langue, la mise en place des savoir-faire, des gestes adaptés aux besoins, de la confiance en l’adulte… 

           Le travail, dès la petite section, est formidable car capital. Sans vouloir m’étendre sur la compensation sociale si utile, je souligne celle de l’harmonisation des pratiques sensori-motrices, des mises en situation des apprentissages gestuels, du soin, de la prise de confiance… et surtout du langage, si inégal d’un enfant à l’autre. Le rôle de diagnostic et de préparation des élèves avant les apprentissages plus « scolaires » n’est pas contestable. 

           Les témoignages admiratifs du travail effectué dans ces premières étapes de la scolarité abondent. 

          Comment ignorer les psychopédagogues qui nous enseignent que les six premières années sont fondamentales pour la formation de l’intelligence ? 

 

           Apprendre et enseigner, cette dualité repose, pour le maître, pour l’élève, sur la volonté d’obtenir. Elle s’appuie sur la réflexion, sur la réalisation, sur la correction, sur la répétition évoluée, sur la mémorisation, sur l’évaluation du chemin parcouru à bref terme, le temps d’une leçon, à long terme, le temps d’une année scolaire par exemple…   

         L’élève doit vivre ses apprentissages plutôt que les subir. Truisme encore, non, non, ce n’est, n’était, je l’espère, pas du tout évident selon les conditions d’enseignement… 

          Sans dispersion, mais sans restriction, laissons les équipes, les enseignants proposer des activités spécifiques pour enrichir les connaissances, les savoir-faire, trouver des motifs à utiliser, à perfectionner « les bases fondamentales » . 

Les activités intergénérationnelles réelles, par exemple, sont très valorisantes pour tous et riches en connaissances pour nos jeunes. 

          Nos établissements ont fourmillé d’initiatives originales, motivantes, certaines, beaucoup étaient, sont discrètes, d’autres se sont révélées dans des revues pédagogiques ou de vulgarisation. Elles doivent nous inspirer. 

          Nous voulons que, dans notre Ecole, l’enseignement se base sur la pédagogie différenciée, sans dissocier une classe hétérogène

           Sur un fonds commun, les exercices préparatoires sont adaptés, les réflexions et recherches, aidées, guidées individuellement ou par petits groupes. La leçon est collective, mais les exercices d’entraînement sont progressifs selon les difficultés et les corrections conduisent à de vraies répétitions, voire remédiations… 

       Ainsi se revalorise une véritable pédagogie de cycle. 

          Même les non professionnels de la pédagogie ont appris ce qui était possible, souhaitable, en écoutant, questionnant tous ceux dont le métier est d’enseigner. 

         Nous avons insisté sur la nécessité, à chaque étape des acquisitions, de bilans non pas discriminatoires mais, témoins personnalisés des progrès, des retards, de la mosaïque des apprentissages réels. Des bilans qui aident à établir le devenir à long terme de tous les élèves  

         Des bilans qui précisent aussi la démarche et l’impact du travail pédagogique de l’enseignant, de l’équipe de cycle, de l’équipe d’école… 

     Aucune progression ne doit être envisagée sans un bilan réaliste, comparée à
la Norme Nationale et à la réalité des cas. 

Pas de bilan sans que soient prévues les remédiations adéquates non plus. 

Il est essentiel, Messieurs, Mesdames les comptables, que les effectifs permettent cette pédagogie différenciée et ce suivi individuel. 

Nous demandons que les prescriptions de carte scolaire soient souples. Le maintien d’une école dans chaque commune, dans chaque quartier est souhaitable mais ne doit pas tomber dans l’absurdité dans les deux sens, 

         Une classe unique, de moins de 12 inscrits effectifs, est une réalité difficilement défendable et il est judicieux d’étudier les propositions pour des regroupements par niveaux entre villages voisins, si on veut garder une vie scolaire dans l’agglomération. 

Nous évoluons dans le cas par cas, sans généralisation. 

De même, le couperet aveugle des normes chiffrées doit être émoussé, nuancé à quelques unités près pour les fermetures comme pour les ouvertures. 

       L’avenir de l’évolution démographique ne peut pas être occulté non plus. 

 

 

8 novembre, 2011

QUOI D’AUTRE QUE L’ECOLE?

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 20:30

QUELLE INSTITUTION, autre que l’Ecole, peut apporter aux enfants… 

 -         les connaissances,   -         leur mise en œuvre,   -         les savoir-faire,  -         développer les savoir-être

 En tenant compte des besoins de chacun ?

        QUELLE INSTITUTION, autre que l’Ecole, peut organiser et aider l’enfant à mieux comprendre et gérer la vie en société ?

       QUELLE INSTITUTION, autre que l’Ecole, peut prendre en compte les personnalités dans toutes leurs nuances- précocité – handicaps -… soit pour orienter – soit pour adapter les méthodes… ?  

        QUELLE INSTITUTION, autre que l’Ecole, peut s’intégrer à son environnement, à sa population de secteur… tout en respectant les objectifs fondamentaux et les objectifs d’épanouissement définis par notre République ?  Moi, je l’affirme, aucune autre !

          Notre EDUCATION NATIONALE correspond-t-elle à ces aspirations, à ces besoins, à sa mission ?   REPONSES : OUI, parfois, fragilement, aléatoirement, selon les initiatives d’enseignants, d’établissements avec leurs partenaires .          NON, dans sa structure officielle.  Il n’existe pas de textes définissant la pérennité d’un système éducatif vraiment organisé en fonction d’une structure optimale, générale, des établissements scolaires ! En dépit de la bonne volonté agissante, des initiatives des acteurs engagés, « de terrain », aucune cohérence, ni cohésion, n’est assurée d’un bout à l’autre de la prise en charge scolaire de nos enfants.

          L’EGALITE DES CHANCES EST DONC UN LEURRE … 

   Pourquoi, alors, notre système n’a-t-il pas éclaté ?   Parce que l’enfant est malléable et s’adapte aux étapes de sa croissance selon ce que nous lui proposons.  Il n’en saisit ni la logique ni l’illogisme. Parce que l’affectif prévaut le plus souvent sur les apprentissages.  Parce que les familles compensent de plus en plus les carences solaires par des apports extérieurs ou, pire se contentent du minimum… Parce que l’enfant et souvent estimé comme le responsable premier de son peu d’appétence en classe et de ses manques de réussite…   

           PEUT-ON FAIRE EVOLUER CETTE SITUATION ?   OUI – localement en aidant les initiatives des équipes structurées et créer une vraie communauté adaptée à son contexte. OUI – nationalement, en instaurant un système d’établissements aux structures  fondamentales identiques bien et aux possibilités d’adaptation souples.                EST-CE DIFFICILE? La définition des structures fondamentales, NON ! La mise en œuvre, sans un réveil, une volonté populaire forte … OUI !   

      QUELLES SONT CES STRUCTURES FONDAMENTALES IDENTIQUES ? 

 -         un projet cohérent, répondant aux objectifs nationaux, adapté aux besoins réels de la population, harmonisé entre tous les niveaux de l’établissement.    -         Une équipe structurée, solide, solidaire, valorisante autant que qu’intégrante.    -         Une direction compétente, tant dans la gestion administrative le suivi pédagogique que l’animation de l’équipe.         

                                                         Aucun moyen complémentaire ne peut se greffer efficacement et globalement sans ces préalables essentiels.  « Qu’est-ce qu’un vrai rêve ? C’est un rêve qui dure. Et s’il dure, c’est qu’il s’est marié. Marié avec la volonté. »  Selon Eric ORSENNA.  

« …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! » raconte ce rêve qui dure et ce réveil possible, en souhaitant ce mariage avec la volonté…                 

            Essai ponctué d’anecdotes romancées, ce livre est avant tout, espoirs et réponses possibles.                                                     Ce sont ces réponses, nées de mes expériences et surtout de nombreuses  initiatives formidables prises en différentes régions, qui justifient cet optimisme, idéaliste, peut-être mais point utopique… 

6 novembre, 2011

L’ESSENTIEL POUR L’ECOLE.-2- fondamentaux – cursus adapté-

           L’élève est la matière première de l’Ecole, mais pas une matière brute. Il a déjà un vécu, des acquis, une personnalité individuelle, familiale sociale, qui sont sa richesse, ses diversités, ses faiblesses… 

         Jamais une classe ne sera une entité mais, toujours, il devrait être possible d’en faire une belle collectivité, animée par la même finalité : apprendre 

           Oui, les différences d’aptitudes existent et ne permettent pas à tous d’avoir les mêmes buts professionnels 

          Oui, les différences sociales sont aussi éliminatoires et là, l’Ecole ne jouait pas toujours son rôle et menaçait de le jouer encore moins avec les orientations officielles. 

          Nous admirons ces jeunes gens qui, avec volonté, affirment leurs compétences et arrivent dans les grandes écoles, mais nous admirons encore plus leurs familles qui, souvent, les ont portés avec force et sacrifices. 

         Nous déplorons la mise à l’écart des ces autres jeunes que leurs familles n’ont pu aider et encourager… Ces jeunes que la société et ses freins ont découragés…Des Mozart assassinés peut-être ? 

            Un jeune de Polytechnique l’a dit lors d’une émission dans son établissement avant que Manu nous réveille :   « La chance commence à l’école maternelle et élémentaire… C’est vrai, la grande force de rattrapage des inégalités originelles, c’est l’Ecole et là, désolé, mais on supprime cette chance. C’est un autre débat mais c’est aussi le début de tout. 

            Aujourd’hui, vous prenez le problème à mi-chemin, voire au bout en déplorant les laissés sur les côtés, mais sans vouloir comprendre pourquoi on ne les a pas pris en compte avant… » 

        Voilà ce que nous avons retenu de ce beau coup de gueule… Il n’était pas unique, oh non ! Mais venant de l’un de ces nantis du système tels que l’on voyait ces Grands Elèves, c’était assez fort… 

          Nous avons pu entendre également un jeune scolarisé à l’étranger où s’étaient établis ses parents, s’étonner de la prise en charge de leurs frais de scolarité par l’Etat :      « Nos familles ne sont pas démunies, loin de là, souvent les entreprises qui emploient nos parents prennent en charge ces dépenses. Alors, disait-il, je pense que c’est injuste pour ceux qui en France galèrent beaucoup plus que nous ! » 

          Nous avons apprécié ces déclarations ! 

         Respect à leurs auteurs ! 

         Nous n’insisterons pas sur la mise en place de programmes incohérents, « fondamentaux », mais dénués de rattachement avec des activités qui les justifient pour les élèves. 

            Par exemple, l’ajout de temps d’E.P.S, de langues étrangères, mais la diminution des heures de cours… Des murs de connaissances ont été bâtis sur le sable des hétérogénéités mal compensées, des savoir-être fragilisés… 

         L’enseignement doit accorder une grande part aux fondamentaux, c’est évident, et s’efforcer de les mettre en priorité dans toutes les activités scolaires, transversales, par le langage notamment … 

          L’enseignement doit accorder une grande part aux savoir-faire, à la prise de confiance, à la prise de responsabilités, au développement intellectuel et sensori-moteur. 

         Les programmes doivent être réalistes, logiques, cohérents, basiques et pourtant ambitieux

          Les bilans, les remédiations doivent en marquer les étapes pour une progression selon des acquisitions confirmées et non un catalogue d’objectifs. 

          Les transitions entre cycles, de la maternelle au lycée doivent être bien marquées. 

         Le cursus des apprentissages d’un enfant, d’un jeune doit s’inscrire dans une continuité sous–jacente, constante, cohérente, de la crèche à la fac et à l’entrée dans le monde du travail. 

         Les choix d’orientations doivent être étudiés, valorisés selon les aptitudes et les souhaits de l’élève, confrontés à la réalité du marché de l’emploi. 

        Dans ce cursus, le redoublement n’est pas refusé par principe, mais il nécessite un regard très précis sur les difficultés de l’enfant, sur les erreurs d’orientations et établir nettement le profit escompté de cette proposition. Il faut souvent l’accompagner d’une aide complémentaire particularisée. 

       Il nécessite toujours un projet individualisé, véritable contrat entre le jeune, sa famille et l’Ecole.. 

         La formation scolaire de chaque personne, doit pouvoir être continuée ou reprise aisément en des institutions ouvertes à tous. 

        Des passerelles souples doivent être rendues possibles, à tous niveaux y compris pour les apprentissages abandonnés puis repris, pour les enseignements partiellement lacunaires et pour les remises à niveau comme pour les enseignements complémentaires nouveaux 

 

L’ESSENTIEL POUR NOTRE ECOLE -1- rêver- changer-

              Mes amis délégués m’ont demandé de conclure cette formidable période pendant laquelle, depuis le 31 janvier, depuis qu’Emmanuel nous a réveillés, partout en France, en métropole, outre-mer, chez nos compatriotes émigrés, nous avons rêvé l’Ecole, pensé à sa renaissance et fouillé, notre conscience collective pour lui donner un nouvel essor. 

             Il sera facile de dire que nous avons enfoncé beaucoup de portes ouvertes mais pourquoi alors n’avaient-elles pas été vraiment franchies et dépassées ? 

         Qu’est-ce qui a changé ?

       Tout et pas grand chose… 

           Tout, parce que lorsque vous avez labouré le sol, bien aéré, mis de l’engrais, vous pouvez croire en de plus belles récoltes ! 

        En toute lucidité, sans ignorer les orages possibles mais avec l’assurance que nous serons assez attentifs et assez forts, ensemble, pour les dépasser…  

         ‘’Il est paraît-il des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril’’ chantait le grand Jacques… 

          Nous avons la prétention de croire que le champ de l’Ecole, bien travaillé, par nos efforts intelligents, bien chauffés par nos espoirs plausibles, verra naître, peu à peu, de lourds épis. Nous en tirerons les meilleures farines, les pains les plus nourrissants, pour alimenter notre civilisation dans sa marche perpétuelle.                     

         Pas grand chose, car, éduquer, transmettre connais-sances, savoir-faire, rites, codes, par l’exemple, la mémoire perpétuée, l’envie d’améliorer, progresser simplement, sont les grands actes éternels de notre phylogénèse, le propre du développement de l’humanité, et de… Allons jusqu’au bout, de la répétition de chaque ontogénèse, l’incontournable élan vital pour le développement de chacun d’entre nous 

          Pas grand chose, parce que la transmission des savoirs a connu de belles formes, a rencontré de magnifiques initiatives, parce que notre Ecole est le terrain où ont fleuri des réussites plus ou moins longues.

          Les idées existaient mais si fragiles, soumises au rabot des textes officiels, noyées dans les vagues des mesurettes démagogiques et des coupes budgétaires aveugles. 

      Partagé entre l’incompréhension, le tumulte des réformes successives, jamais menées à leur terme et le souvenir, souvent lointain, brouillé mais idéalisé de ’’l’Ecole d’Autre-fois’’, il n’était pas facile de se déterminer. Il a fallu ce dramatique détonateur pour que s’ouvrent, se libèrent les esprits.

              Nous espérons, que le postulat suivant, bien posé par cet énorme réveil, restera ancré dans notre évidence collective:   

         « Eduquer est la responsabilité, le devoir, la chance de tous, même non parents, pour que demain soit le fruit amélioré d’hier et d’aujourd’hui. » 

            Encore faut-il que ces fruits ne soient pas calibrés aux normes d’une oligarchie de technocrates mais à celles de la communauté consciente et vigilante. 

          Deux autres évidences, décidément nous nageons dans les lieux communs, l’Instruction et le Savoir-Faire sont les finalités de l’Enseignement ; déclinés à tous les niveaux de la Connaissance vers son Infini… 

 

 

4 novembre, 2011

C’est un au revoir…

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 0:07

Voilà, Isabelle, poursuit sa route sans nous… 

Elle a toujours le sourire…  Et cric et crac, soun counte es acabat !  Mais est-ce un conte, une lubie de « dreamer » ? 

Pour l’Essentiel, non… Pour toutes les autres lignes, oui, sans doute. C’est une conjuration du sort, deux doigts croisés, fort, fort, fort…

Comme dans les contes, tout peut recommencer…. autrement, selon le conteur… 

SI LE LIVRE COMPLET VOUS INTERESSE:  lurokijuna@orange.fr

1 novembre, 2011

67 – « J’PEUX PAS, FAUT QUE JE JOUE ! »

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 22:55

                  -Une autre célébration se préparait, celle des dix premiers Ateliers de Manu.                               Sylvain et les gestionnaires du premier né de cette chaîne avaient apporté leur concours pour l’étude de chaque initiative. 

                    Le principe en était simple : un groupe solide de jeunes volontaires, sans qualifications précises ou en difficulté pour accéder à un travail, souhaitait se lancer dans la création d’un service de dépannage, d’entretien réellement utile.             

               Si l’environnement familial, social, était réceptif, encourageant, sans a priori défaitiste, si des locaux s’avéraient possibles, à financer éventuellement, si une évaluation de la clientèle potentielle montrait un réel débouché, alors, avec le soutien des jeunes responsables déjà en activité dans les Ateliers crées, une formidable machine d’entraide, de bénévoles éclairés se mettait en œuvre. Elle accompagnait le groupe des candidats jusqu’à l’ouverture du nouvel Atelier de Manu. Jamais il n’était délaissé et, à son tour, multipliait les formations, les emplois pour des jeunes seulement armés de leur bonne volonté. 

          Une chaîne mutualiste avait été officiellement créée et solidifiait l’ensemble des Ateliers autant qu’elle les encadrait. Les élèves d’Emmanuel tenaient à cette attention et ne voulait que, en aucune circonstance, soit ternie la référence à leur Prof. 

            C’est eux qui avait choisi la date de la Fête des Ateliers. Ils avaient, sans beaucoup de casse-tête, et avec une décision indiscutable, opté pour le 31 janvier, anniversaire de la disparition de Manu. 

           La dernière semaine de septembre, les réjouissances ont été géantes. Chaque village, chaque petite ville, chaque quartier des plus grandes, s’étaient engagés pour le même samedi à multiplier les initiatives commémoratives et festives. 

             Les média lui ont donné un air de Téléthon, et il y a eu des dons, beaucoup et bienvenus. Souvenez-vous, nous avions évoqué l’idée d’une banque de ressources pour aider les projets, compenser des inégalités trop importantes entre les moyens d’établissements. Sans occulter les obligations des collectivités de tutelle, cette manne devait pouvoir solutionner bien des cas minoritaires mais importants pour l’adaptation d’une école à ceux de sa population les plus marginaux. 

         Les écrans se sont emplis de ces témoignages de confiance retrouvée en l’école. Elle n’avait pas vraiment été perdue, égarée seulement parmi trop de contradictions, affaiblie par une inquiétude diffuse mais grandissante.               C’était fini, pas oublié, pas angélisé, les yeux s’étaient ouverts et les piqûres de nos rappels, telles ces fêtes, aideraient à ne pas les fermer !             

              Il paraît que notre rayonnement européen ne serait pas impossible ! Nos nouveaux élus se verraient bien en initiateurs modèles… 

          Pourquoi pas ?           

          Toute la famille était descendue au village. Sylvain y était désormais en cette période, un peu prolongée quand même, en tant qu’écrivain public. Il n’était pas souvent seul ! Son sourire, celui de sa belle compagne brune, laissaient penser que peut-être, le célibataire au cœur d’artichaut avaient distribué toutes ses feuilles pour arriver à l’essentiel… 

          Beaucoup de discours ont été encore lancés au grand vent de notre hexagone, de nos îles, de nos départements et territoires lointains, de villes étrangères aussi où se sont réunis nos émigrés.    

         Moi je n’en ai retenu que leur belle musique et deux ou trois mots.             Pour conclure, je rends à David ce qui lui est dû : j’ai aimé quand parmi tant de grandes et belles envolées, lui, a dit incidemment : 

           – S’il vous plait, messieurs, mesdames les parents, les éducateurs, les spécialistes de l’Education, ne noyez pas l’enfant dans son avenir !   

       « Que veux-tu faire plus tard ? » est un leurre paralysant, angoissant. Laissez-le profiter de son présent. 

           Ma petite fille, à qui je disais : « Veux-tu venir te promener avec moi ? » m’a répondu, gravement : « J’peux pas, faut que je joue ! ».

          J’ai compris ! Leur temps est précieux puisqu’ils n’arrêtent jamais d’apprendre, d’essayer, pour comprendre.               Je me tiens tranquille désormais. J’attends, rarement longtemps que mes petits-enfants me disent : « Papou, ex-plique-moi, raconte-moi… ». 

           Alors je suis heureux de devenir, un peu, pour eux, un Maître d’Ecole ! 

31 octobre, 2011

- 66 – LES CŒURS EN FÊTE.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 21:40

      « Dans notre République, liberté de conscience, liberté d’esprit, définies par la loi, nous donnent des droits : celui de choisir, par exemple la nature et la forme des cérémonies qui ponctuent notre vie. » Comité 1905 de l’Ain 

           Juin s’est achevé par les traditionnelles festivités scolaires, renouvelées en chaleur, confiance et solidarité… 

              Après bien des échanges, l’unanimité s’était arrêtée sur une Fête de l’Ecole et de l’Avenir, fin septembre. Les textes seraient bien avancés, les établissements auraient trouvé un nouveau souffle. 

            La rentrée serait achevée, l’année sur ses rails, la fin de l’été à peine attiédi, les esprits pleins de bonnes résolutions. Une belle manifestation d’unanimité autour de notre Ecole ne trouverait pas meilleur moment pour s’exprimer.  

           Notre réseau allait chauffer ; il ne s’était jamais vraiment refroidi. Au contraire, notre site avait été choisi pour recevoir les expériences diverses, les questions, les deman-des et les offres de ressources les plus larges. Nous étions fiers, que hors pédagogie, pour laquelle existaient déjà bien des supports, notre ligne serve à confirmer convivialité et solidarité. 

            En avant goût, nous avons inauguré, en juillet, lorsque la saison touristique a été lancée,
la Maison de l’Ecole élaborée par David. 

Son enthousiasme avait été tel que la ville qui l’avait sollicité pour la recherche de mobiliers et d’accessoires, lui avait confié la réalisation complète du musée. 

            Il en était très fier, d’autant plus fier qu’avec l’accord de la municipalité, il avait obtenu une salle supplémentaire dans l’ancien bâtiment scolaire. Il en avait fait, avec mon inventeur de père, une classe « Méga moderne », presque magique, au mobilier fonctionnel mobile pour le travail plénier, en groupe, individuel… à la documentation vidéo, évidemment consacrée à l’Enseignement dans le monde, abondante. Les murs pouvaient devenir écrans ou tableaux numériques. les branchements Internet étaient aisés, guidés, surveillés. 

           Des coins ateliers élémentaires, comme ceux de peinture, de couture, de petits bricolages dans la classe d’autrefois, à ceux d’écriture, de compositions, de situations prob-lèmes… assistés par des logiciels récents… tout était camouflable, remplaçable par des astuces que n’aurait pas reniées Rob. 

           Les livrets des écoles Coopératives, les Bibliothèques de Travail abondaient dans l’ancienne classe et l’ouverture vers les ressources presque universelles leur faisait contre-point dans la salle contemporaine voire futuriste. 

Le Maire du village au bord de l’Oreuse dans l’Yonne avait été invité et avait vu renaître, avec émotion, le cadre si semblable à celui de son enfance. 

          Comble de bonheur, Robert et Alice avaient commen-cé leurs vacances d’été et assistaient au triomphe du Broc 

          L’assurance que nous irions vivre, tous, tour à tour, avec eux à la Rouvièrette, leur donnait assez d’énergie pour envisager un long séjour cévenol. Peut-être même jusqu’à la venue de Sylvain avec lequel ils repartiraient à Paris après la Fête des Ecoles. 

          Nous savions très bien que ces courageuses résolutions seraient difficiles à tenir longtemps à leur âge. La rusticité de leur retraite, améliorée, agrandie certes, mais fragilisée par tous les impondérables de l’isolement, ne leur permettait plus les promenades caillouteuses, les brusques orages, les grosses chaleurs et les fraîcheurs inopinées… Les possibilités de soins, en cas d’urgence, étaient reculées donc un peu inquiétantes… 

           Heureusement, mes parents, puis David, puis nous, avions prévu, à leur insu, de les accueillir lorsqu’ils faibliraient. Ce ne sont pas les prétextes plausibles qui manqueraient pour présenter leur présence comme nécessaire et ne pas friper leur amour-propre. 

           Un ensemble de petits espaces verts cernait le bâtiment et la cour de récréation ; elle aurait plu à l’un des correspondants de mon coffre aux trésors : il n’y manquait même pas la corde à nœuds tombant de la grosse branche d’un tilleul. 

            Une association était née. Elle comptait les coopératives des écoles de la ville parmi ses adhérents. Ils participaient à l’entretien du musée, utilisaient les richesses du passé et celles d’aujourd’hui. Cultivaient les plates-bandes et le potager… Cela représentait peu de temps par classe mais toutes, même celles de maternelle, y trouvaient régulièrement un coin à leur niveau pour s’investir. Souvent, des anciens les retrouvaient pour mêler jeunesse et expérience…         

           
             La Maison de l’Ecole que nous inaugurions, après quelques mois de fonctionnement, promettait de belles journées chaleureuses et éducatives… 

30 octobre, 2011

Les rythmes scolaires.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 22:18

            Certainement l’un des plus délicats des paramètres de la vie d’un établissement d’enseignement avec la programmation cohérente des objectifs et l’adaptation des besoins à la diversité des niveaux réels de connaissances.
           C’est sans doute ce qui explique que tant d’études, de conférences, de campagnes de consultations même ont permis autant de propositions que de découragement et que l’abandon, en général, a répondu à la diversité des avis de chrono biologistes.
            Rythme scolaire est une appellation parcellaire car que signifierait-elle si elle était prise à part d’une observation globale du temps de l’enfant :
          Chaque enseignant peut témoigner de la grande diversité d’attention, de perception, de mémorisation de fatigue selon le rythme de la journée d’un enfant heure d’éveil – qualité et moment du petit-déjeuner – prise en charge par une aide quelconque (assistante – crèche – amie – parents disponibles jusqu’à l’entrée à l’école…) – cantine ou retour à la maison ou repas chez des amis – éloignement ou proximité du domicile – temps ce soutien -… repos véritable ou télé-agitation … idem pour le soir (garderie – ateliers sportifs ou culturels – disponibilité ou non des parents – télé – heure du coucher…) peu de schéma vraiment semblables.
           Pour nombre d’enfants le rythme de la journée se résume par une compensation de celui imposé par le rythme des adultes.
           Dans cette diversité du temps quotidien, pour l’instant, quel doit être le rôle d’une attention portée au rythme scolaire?
1- Compenser les inégalités du suivi et ruptures rencontrées dans le temps global de l’enfant (temps d’arrivée et d’insertion chaque matin – qualité de l’accueil par exemple).
2- Mettre chaque enfant en situation optimale d’attention et de fixation dans la bonne connaissance des apprentissages.
3- Tenir compte de la diversité des rapidités d’assimilation (précocité – lenteur – handicap…).
4 Les grands domaines du rythme scolaire :
- La séquence d’acquisition avec l’éveil de l’attention – la découverte nouvelle- sa fixation –son retour à la détente (en chronobiologie c’est la courbe de Gauss, je crois la cloche montée – pic – retour
- L’enchaînement des activités dominantes. (intellectuelles – sportives – ludiques – manuelles)
- La journée scolaire équilibrée (ce n’est pas forcément fondamentale le matin et tiers temps l’A.M. ) loin de là mais des séquences en cloches dans tous les domaines en tenant compte des moments difficiles (arrivée du matin – début d’après-midi par ex…)
- La semaine bien équilibrée aussi mais déjà bien compromise par la suppression du samedi matin- l’ouverture du mercredi ne peut être possible que pour des journées bien construites, actuellement c’est u temps de repos nécessaire..
- L’année scolaire n’a pas forcément besoin d’un découpage régulier mais plus d’une attention portée au impératifs des saisons (froid – chaud- fêtes… ) des activités ( les veilles de vacances ne sont pas forcément les meilleures pour des sorties – des spectacles des fêtes….).

          Ce ne sont que des pistes mais elles sont basées sur des expériences diverses, elles restent malheureusement telles, même si elles ont duré assez longtemps.
          Pour ma part, après une année complète de réflexion, d’écoute, de consultation, j’ai participé à une expérience de modification de la journée : 3 h 30 le matin (1/h d’accueil prise en compte du travail non terminé – transition entre extérieur et classe- divers pointages – mise en attention – l’ancienne « leçon de morale avec son histoire et son commentaire jouait un peu ce rôle -…) – l’après-midi de 2 h 30 gommait, un peu , l’après-repas , temps peu propice aux apprentissages) – par contre – le temps d’études dirigées était assez favorable – après la récréation de 16 h 30 pour inviter les plus lents à un soutien adapté.
        Il faudrait lier cette étude à celle des espaces de vie et des ruptures de vie pour l’enfant

           Il est évident que pour une bonne attention aux rythmes d’apprentissage, la pédagogie différenciée, indispensable dans nos classes hétérogènes est l’idéale… Beaucoup plus utile que d’envisager une journée répartie entre « fondamental », le matin et « complémentaire », l’après-midi. Pour l’Education et pour l’instruction, toutes les disciplines sont importantes et mobilisatrices. Mieux, tout est occasion d’observer, déduire, programmer, calculer, lire et écrire.
          Je suis certain que l’enfant doit être réellement, pour notre société entière et pas seulement pour des éducateurs dévoués et compétents, au centre de notre système scolaire et périscolaire
           Mais je suis convaincu que l’enseignant doit redevenir le pivot essentiel, réellement préparé, reconnu, épaulé par une équipe cohérente, guidé par un projet adapté aux réalités de son établissement… la pièce maîtresse d’une vraie école de la Chance pour tous.

           L’Ecole, seule, est capable d’accompagner l’éducation de la famille et de l’environnement pour procéder, en toute cohérence, à la progression harmonieuse des apprentissages autant qu’à la compensation des divers handicaps. Il y a urgence !

- 65 – LA LOI !

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 22:06

            La loi a été promulguée, comme nous l’avions envisagé, en mai. 

              Ce fut un beau moment de folie ! 

            Folie heureuse pour de tous ceux qui avaient travaillé à sa proposition, pour ceux qui l’avaient accompagnée de leurs vœux. 

            Folie furieuse, pour ceux qui avaient estimé, dès le début de notre Mouvement, que privilégier l’attention indi-vidualisée, les initiatives et la liberté même raisonnable dans notre Système éducatif était voué à l’échec. Ce dont ils se réjouiraient. Ils jugeaient pernicieuses nos « élucubrations » et capable de grever le sérieux de notre futur…  Folie politique, celle des candidats déjà engagés dans les élections de mai 2012. C’était à qui profiterait des marrons brûlants que nous avions tirés du brasero permanent de l’Education Nationale. 

            Chaque parti, chaque postulant à la magistrature suprême, insistait pour que soit reconnue son antériorité sur les idées adoptées. A juste titre d’ailleurs, car parmi toutes les pièces du puzzle que nous avions recommandées aux parlementaires, il en était, évidemment, beaucoup, qui dans un passé plus ou moins proche, depuis Jules Ferry, avaient été émises dans des projets, des programmes, des débats ou même dans des propositions législatives.              Certaines avaient même trouvé concrétisation… 

           Mais, jamais, nous n’avons revendiqué l’originalité de nos suggestions, jamais nous n’avons affirmé leur totale innovation.             Nous nous réjouissons que soient éliminées des initiatives oublieuses de l’enfant pour avantager l’ordre administratif et que ressortent des archives des concepts fondés, trop vite écartés ou remis aux calendes… françaises. 

          Non seulement la nouvelle Loi d’Education mise sur l’enfant au centre du système, la formule n’est pas notre découverte, mais elle l’intègre à sa société, à son environnement, elle tient compte de son vécu, de son présent et prépare son avenir. Elle reconnaît, encourage, facilite et officialise tous les projets, toutes les réalisations positives des établissements, trop aléatoires, découragés ces dernières années. La loi insiste notamment sur tout ce qui les adapte à l’hétérogénéité de leur population pour la conduire vers l’homogénéité des chances.        Surtout, je me répète, elle tisse, retisse les liens distendus entre l’Education Nationale, ses Institutions et nombre de ses usagers.        Dès la parution au Journal Officiel, il y a eu des réjouissances mais, même si la rentrée prochaine s’est préparée sous l’égide du nouvel Acte, cela a été, comme nous l’avions prévu, avec prudence et vigilance que furent mises en place les commissions qui devaient donner vie à la Loi et aux idées adoptées. 

         Nous avions demandé à participer à ces groupes de travail, c’était accepté. J’ai pu, à l’occasion de brefs et multiples séjours parisiens, entre ou à l’issue de réunions laborieuses, retrouver Karine, seule cette fois, ainsi que d’autres délégués nationaux.              Evidemment je logeais chez mes horlogers, fabricants d’heures douces. Une fois chez Delphine, Guillaume et Romane, malheureusement un peu excentrés pour mes horaires laborieux. 

         Sylvain ne participait pas à nos réunions. Il avait repris avec plaisir et intensité, ses pages d’écriture. Nous arrivions à nous donner rendez-vous chez Pierrot pour de formidables conversations, rigolades et nostalgies avec Karine, Marie-Claude et, une fois, Robert et Alice.        Ils étaient devenus des hôtes hebdomadaires, le samedi, plus calme, des restaurateurs. Tous quatre avaient développé, c’était évident, une belle et amicale complicité. 

      Peu à peu, sortirent arrêtés, décrets et circulaires d’application. 

          Le pouls de l’Ecole Française battait de plus en plus fort, de plus en plus régulièrement. 

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