et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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16 août, 2014

« Gavroche » extrait de « … et l’école renaîtra de mes cendres »

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 9:34

  Thierry et nos jeunes amis, nos éducateurs d’un après midi, nous ont reconduits à notre voiture. Nous flottions un peu. 

            Sylvain, c’est décidé, sera le premier clients du garage de Manu. En attendant, il a eu l’offre de dix véhicules. Je lis dans ses yeux, Thierry le lit et je suis certaine que ces jeunes le lisent aussi : Sylvain ne perdra plus de vue leur projet, 

           Avant que nous montions en voiture, avant les poignées de main et, pour moi, les bises des garçons – Tiens c’est vrai, pas de filles, pourtant je sais qu’il y a des mécaniciennes auto dans des garages-, ils nous ont fait cadeau d’un souvenir. 

          Pas un dernier, nous aurons  bien des occasions d’en recevoir de leur part. Là, sur le parking, ils nous ont confié leur dernière journée avec Manu. 

           Il était déjà révolté, mais tous l’ignoraient encore. C’était le veille des congés d’hiver. Manu avait organisé une tournée des casses auto pour y faire de la récup de pièces en bon état… Ça  permet de réduire les factures et parfois, on tombe sur des trésors de chouettes antiquités. C’était l’occasion de belles rigolades, des blagues pas toujours fines, de belles discussions avec les casseurs. Beaucoup connaissaient bien Manu, ça se voyait. 

            Djabel, un beau Sénégalais, a pris la parole après un silence et un tour des yeux. Certains étaient au sol, d’autres ne cachaient pas leur humidité. 

          - Pour midi, Manu avait retenu une salle, rien que pour nous, dans un restaurant, un petit, un routier, un vrai resto, pas un self ou une pizzeria… Il n’avait pas voulu que les ferrailleurs soient ave nous. Il leur avait dit : « Une autre fois, d’accord ? » 

         Avant le repas, il nous a fait laver les mains. On a tous obéi. Le plus compliqué, le plus marrant, ça été pour choisir avec le menu. Il n’était pas long mais assez pour que, tous, on se gratte la tête, qu’on choisisse un truc. Oui, après, non, mademoiselle, je préfère autre chose. Elle se marrait, la serveuse, sans perdre son calme…  En mangeant, on a chahuté, pas beaucoup. C’est surtout Manu qui a parlé, un truc sérieux, une vanne, un truc sérieux.. 

  Maintenant, on a compris qu’il nous passait son message. Les journaux ont dit, son testament, pour sa cassette ; et ben à nous, il en a raconté un de testament, mais on ne l’a pas compris ce jour-là… Il tremblait maintenant. Je lui ai serré les épaules et il s’est caché dans mes cheveux pour pleurer. 

          Francis, notre Parker, a pu reprendre le témoin : - Manu, il nous parlait des enfants qu’il n’avait pas eus, comment il les aurait élevés. Il nous racontait une belle histoire, un beau conte, comme si on était encore des petits. 

        Après le restaurant, Manu nous a proposé le ciné ou une balade au Parc de Sceaux. En continuant la N20, ce n’était pas loin. Nous avons choisi le parc. On sentait que cela ferait plaisir à notre prof. Il nous a pas mal parlé. Même ceux qui se couraient après ou regardaient le filles sont venus l’écouter quand il a parlé de Gavroche. 

            Le bassin lui rappelait Gavroche et deux mômes perdus qui regardaient des gens nourrir des cygnes ou des canards alors qu’eux crevaient de faim. Il nous a fait marrer en imitant ce gosse de 10 ans qui roule des mécaniques et les prend en charge. Le passage chez le boulanger, un gentil, c’est sympa aussi. Puis quand il les planque dans la statue de l’éléphant, c’est bien encore. Il nous a raconté la mort de Gavroche, devant la barricade. Jusqu’au bout, il a fait le malin, mais nous on n’avait plus envie de rire. 

            Après, il nous a dit, que ce parc, c’était son endroit préféré quand il avait notre âge. Il y emmenait ses copines. Il s’y baladait seul ou avec ses copains et il venait même y travailler, préparer ses examens. On sentait que là-bas, ça avait compté pour lui…  

            Toute l’équipe se déplaçait dans un car qu’une relation de Manu lui avait prêté pour l’occasion. 

            Manu voulait tout payer, mais les garçons ont fait une collecte et il a accepté, c’était leur droit de participer 

4 avril, 2014

POUR NOTRE ECOLE, NOS ENFANTS, NOTRE AVENIR…

Classé dans : actualité,POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 10:53

prendre conscience ensemble!

                  Qu’est-ce qu’une conscience collective éveillée autour de l’école pourrait vraiment changer?

Tout et pas grand chose…

Tout, parce que lorsque, ensemble, sincèrement vous labourez le sol, l’aérez bien, mettez régulièrement l’engrais (bio) adapté, vous pouvez croire en de plus belles récoltes !

En toute lucidité, sans ignorer les orages possibles mais avec l’assurance d’une attention constante ils peuvent être surpassés…

‘’Il est paraît-il des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril’’ chantait le grand Jacques…

Il faut être prétentieux et croire que le champ de l’Ecole, bien travaillé, par des efforts intelligents, bien chauffés par des espoirs plausibles, verra naître, peu à peu, de lourds épis. Nous en tirerons les meilleures farines, les pains les plus nourrissants, pour alimenter notre civilisation dans sa marche perpétuelle.

Pas grand chose, car, éduquer, transmettre connaissances, savoir-faire, rites, codes, par l’exemple, la mémoire perpétuée, l’envie d’améliorer, progresser simplement, sont les grands actes éternels de notre phylogénèse, le propre du développement de l’humanité, et de… Allons jusqu’au bout, de la répétition de chaque ontogénèse, l’incontournable élan vital pour le développement de chacun d’entre nous

Pas grand chose, parce que la transmission des savoirs a connu de belles formes, a rencontré de magnifiques initiatives, parce que notre Ecole est le terrain où ont fleuri des réussites plus ou moins longues.

Les idées existent mais si fragiles, soumises au rabot des textes officiels, noyées dans les vagues des mesurettes démagogiques et des coupes budgétaires aveugles.

Partagé entre l’incompréhension, le tumulte des réformes successives, jamais menées à leur terme et le souvenir, souvent lointain, brouillé mais idéalisé de ’’l’Ecole d’Autrefois’’, il n’est pas facile de se déterminer.

  « Eduquer est la responsabilité, le devoir, la chance de tous, même non parents, pour que demain soit le fruit amélioré d’hier et d’aujourd’hui. »

 Deux autres évidences : l’Instruction et le Savoir-faire sont les finalités de l’Enseignement ; déclinés à tous les niveaux de la Connaissance vers son Infini…

Leur manufacture, c’est l’Ecole !

Une Ecole acceptée dans sa diversité et gérée en fonction de cette diversité grâce à son projet, son équipe, son animation et des moyens adaptés aux circonstances, tout simplement.

Faut-il rappeler, qu’avant d’être autonome, mature, un être humain parcourt des étapes qui ont chacune leur spécificité et devraient, toutes, s’accomplir pleinement et se coordonner harmonieusement.

L’élève est la matière première de l’Ecole, mais pas une matière brute. Il a déjà un vécu, des acquis, une personnalité individuelle, familiale sociale, qui sont sa richesse, ses diversités, ses faiblesses…

Jamais une classe ne sera une entité mais, toujours, il devrait être possible d’en faire une belle collectivité, animée par la même finalité : apprendre

Oui, les différences d’aptitudes existent et ne permettent pas à tous d’avoir les mêmes buts professionnels

Oui, les différences sociales sont aussi éliminatoires et là, l’Ecole ne joue pas toujours son rôle.

Bravo à ces jeunes gens qui, avec volonté, affirment leurs compétences et arrivent dans les grandes écoles, mais plus admirables encore leurs familles qui, souvent, les ont portés avec force et sacrifices.

Déplorable la mise à l’écart des ces autres jeunes que leurs familles n’ont pu aider et encourager… Ces jeunes que la société et ses freins ont découragés…Des Mozart assassinés peut-être ?

Un jeune de Polytechnique a dit lors d’une émission dans son établissement:

« La chance commence à l’école maternelle et élémentaire… C’est vrai, la grande force de rattrapage des inégalités originelles, c’est l’Ecole et là, désolé, mais on ne donne pas beaucoup de moyens à cette chance. C’est un autre débat mais c’est aussi le début de tout.

Aujourd’hui, vous prenez le problème à mi-chemin, voire au bout en déplorant les laissés sur les côtés, mais sans vouloir comprendre pourquoi on ne les a pas pris en compte avant… »

Ce beau coup de gueule n’est pas unique, mais venant de l’un de ces nantis du système tels que l’on voit ces Grands Elèves, c’était assez fort…

Un jeune scolarisé à l’étranger où s’étaient établis ses parents, s’étonnait de la prise en charge de leurs frais de scolarité par l’Etat :

« Nos familles ne sont pas démunies, loin de là, souvent les entreprises qui emploient nos parents prennent en charge ces dépenses. Alors, disait-il, je pense que c’est injuste pour ceux qui en France galèrent beaucoup plus que nous ! »

Respect aux auteurs de ces déclarations !

 Nous n’insisterons pas sur la mise en place de programmes incohérents, « fondamentaux », mais dénués de rattachement avec des activités qui les justifient pour les élèves.

Par exemple, l’ajout de temps d’E.P.S, de langues étrangères, mais la diminution des heures de cours… Des murs de connaissances ont été bâtis sur le sable des hétérogénéités mal compensées, des savoir-être fragilisés…

L’enseignement doit accorder une grande part aux fondamentaux, c’est évident, et s’efforcer de les mettre en priorité dans toutes les activités scolaires, transversales, par le langage notamment …

L’enseignement doit accorder une grande part aux savoir-faire, à la prise de confiance, à la prise de responsabilités, au développement intellectuel et sensori-moteur.

Les programmes doivent être réalistes, logiques, cohérents, basiques et pourtant ambitieux.

Les bilans, les remédiations doivent en marquer les étapes pour une progression selon des acquisitions confirmées et non un catalogue d’objectifs.

Les transitions entre cycles, de la maternelle au lycée doivent être bien marquées.

Le cursus des apprentissages d’un enfant, d’un jeune doit s’inscrire dans une continuité sous–jacente, constante, cohérente, de la crèche à la fac et à l’entrée dans le monde du travail.

Les choix d’orientations doivent être étudiés, valorisés selon les aptitudes et les souhaits de l’élève, confrontés à la réalité du marché de l’emploi.

Dans ce cursus, le redoublement n’est pas refusé par principe, mais il nécessite un regard très précis sur les difficultés de l’enfant, sur les erreurs d’orientations et établir nettement le profit escompté de cette proposition. Il faut souvent l’accompagner d’une aide complémentaire particularisée.

Il nécessite toujours un projet individualisé, véritable contrat entre le jeune, sa famille et l’Ecole..

La formation scolaire de chaque personne, doit pouvoir être continuée ou reprise aisément en des institutions ouvertes à tous.

Des passerelles souples doivent être rendues possibles, à tous niveaux y compris pour les apprentissages abandonnés puis repris, pour les enseignements partiellement lacunaires et pour les remises à niveau comme pour les enseignements complémentaires nouveaux

 Un regard très pointu est porté sur la maternelle.

Des attaques éhontées l’ont assaillie parfois. Elle est l’essentiel des bases de chance pour les enfants : elle commence avec l’intelligence de gens de métiers, d’enseignants formés, l’égalisation citoyenne, la construction de la langue, la mise en place des savoir-faire, des gestes adaptés aux besoins, de la confiance en l’adulte…

Le travail, dès la petite section, est formidable car capital. Sans vouloir m’étendre sur la compensation sociale si utile, je souligne celle de l’harmonisation des pratiques sensori-motrices, des mises en situation des apprentissages gestuels, du soin, de la prise de confiance… et surtout du langage, si inégal d’un enfant à l’autre. Le rôle de diagnostic et de préparation des élèves avant les apprentissages plus « scolaires » n’est pas contestable.

Les témoignages admiratifs du travail effectué dans ces premières étapes de la scolarité abondent.

Comment ignorer les psychopédagogues qui nous enseignent que les six premières années sont fondamentales pour la formation de l’intelligence ?

 Apprendre et enseigner, cette dualité repose, pour le maître, pour l’élève, sur la volonté d’obtenir. Elle s’appuie sur la réflexion, sur la réalisation, sur la correction, sur la répétition évoluée, sur la mémorisation, sur l’évaluation du chemin parcouru à bref terme, le temps d’une leçon, à long terme, le temps d’une année scolaire par exemple…

L’élève doit vivre ses apprentissages plutôt que les subir. Truisme encore, non, non, ce n’est, n’était, je l’espère, pas du tout évident selon les conditions d’enseignement…

Sans dispersion, mais sans restriction, laissons les équipes, les enseignants proposer des activités spécifiques pour enrichir les connaissances, les savoir-faire, trouver des motifs à utiliser, à perfectionner « les bases fondamentales ».

Les activités intergénérationnelles réelles, par exemple, sont très valorisantes pour tous et riches en connaissances pour nos jeunes.

Nos établissements ont fourmillé d’initiatives originales, motivantes, certaines, beaucoup étaient, sont discrètes, d’autres se sont révélées dans des revues pédagogiques ou de vulgarisation. Elles doivent nous inspirer.

Il faut que, dans notre Ecole, l’enseignement se base sur la pédagogie différenciée, sans dissocier une classe hétérogène.

Sur un fonds commun, les exercices préparatoires sont adaptés, les réflexions et recherches, aidées, guidées individuellement ou par petits groupes. La leçon est collective, mais les exercices d’entraînement sont progressifs selon les difficultés et les corrections conduisent à de vraies répétitions, voire remédiations…

Ainsi se revalorise une véritable pédagogie de cycle.

Il est nécessaire, à chaque étape des acquisitions, de bilans non pas discriminatoires mais, témoins personnalisés des progrès, des retards, de la mosaïque des apprentissages réels. Des bilans qui aident à établir le devenir à long terme de tous les élèves

Des bilans qui précisent aussi la démarche et l’impact du travail pédagogique de l’enseignant, de l’équipe de cycle, de l’équipe d’école…

Aucune progression ne doit être envisagée sans un bilan réaliste, comparée à la Norme Nationale et à la réalité des cas.

Pas de bilan sans que soient prévues les remédiations adéquates non plus.

Il est essentiel, Messieurs, Mesdames les comptables, que les effectifs permettent cette pédagogie différenciée et ce suivi individuel.

Nous demandons que les prescriptions de carte scolaire soient souples. Le maintien d’une école dans chaque commune, dans chaque quartier est souhaitable mais ne doit pas tomber dans l’absurdité dans les deux sens,

Une classe unique, de moins de 12 inscrits effectifs, est une réalité difficilement défendable et il est judicieux d’étudier les propositions pour des regroupements par niveaux entre villages voisins, si on veut garder une vie scolaire dans l’agglomération.

Nous évoluons dans le cas par cas, sans généralisation.

De même, le couperet aveugle des normes chiffrées doit être émoussé, nuancé à quelques unités près pour les fermetures comme pour les ouvertures.

L’avenir de l’évolution démographique ne peut pas être occulté non plus.

Le dossier scolaire ou les registres d’inscription permettent de retracer le cursus d’un élève, cela suffit ! Les identifiants personnalisés sont à retirer. Seules les archives informatisées, ou non, doivent garder la trace du passage de l’enfant dans l’école et uniquement pour ses résultats et son orientation.

Elles ne doivent permettre aucun pronostic comportemental, aucune appréciation qui d’ailleurs ne pourrait être que circonstancielle, en aucun cas elles ne doivent être préjudiciables à l’avenir de l’enfant.

L’hétérogénéité de nos populations enfantines oblige à une attention envers chacun. L’égalisation des chances suppose vouloir atteindre des objectifs communs mais doit, justement, tenir compte des départs des aptitudes divers.

Il ne faut pas omettre que la précocité aussi peut être perturbatrice et qu’elle doit être prise en compte comme tout ce qui différencie les enfants.

Le dépistage, la prise en considération, le soutien des élèves en difficulté seront menés, en étroite collaboration avec l’équipe pédagogique, avec l’enseignant, avec la famille, par des intervenants spécialisés.

L’instauration d’heures supplémentaires pour les enfants « volontaires » en difficulté est cautère sur jambe de bois. Sans s’étendre sur leur caractère ségrégatif vite ressenti par les élèves déjà marginalisés par l’échec.

Comment pouvait-on assurer deux heures de soutien, en fait, pour être précis, de compensation des deux heures retirées le samedi matin ?

Peu d’horaires sont positifs !

Il existait les temps d’études dirigées, on les voit reparaître, avec le rythme de la journée adapté…. C’est parti, cahin-caha, avec un optimisme mesuré, mais enfin, une réforme si longtemps mise sur le chantier, si souvent abandonnée, sans souci de l’enfant voit le jour… laissons lui le temps de la naissance et de la croissance avant de juger et d’amender.

Dommage que les activités périscolaires soient facultatives : combien d’enfants en profiteront vraiment ? Au moins, inclus en temps scolaire tout le monde en aurait bénéficié…

Nous avons évoqué la pédagogie différenciée, il faut penser les effectifs et les décloisonnements qui en permettent le plein exercice.

Le réseau d’aide doit retrouver et amplifier son action pour les difficultés spécifiques. Sa suppression est un non-sens qui rejette l’enfant vers la capacité culturelle, financière des parents à se retourner vers les aléas du privé.

Le soutien doit se concevoir pour tous. Laide aux enfants naturellement, mais aussi, aux familles, aux enseignants en difficulté.

 C’est très souvent le directeur qui fait office, sans formation spécifique, de premier intervenant, de conseiller. Ce n’est pas ignoré par l’administration puisque dans l’entretien de candidature, des questions envisagent ces situations ainsi que les problèmes relationnels…

Les cas particuliers d’enfants défavorisés par une acculturation, par une langue différente, par de la fatigabilité… peuvent faire l’objet d’un protocole pour un accueil à temps partiel avec un soutien particularisé.

 L’inscription d’enfants sévèrement handicapés doit être raisonnée, précisément adaptée avec la prise en considération de tous les paramètres utiles : composition du groupe classe, intégration dans la vie de toute l’école, aménagements des locaux parfois… préparation des enseignants, interventions spécifiques… Pas de rejet mais un projet bien construit.

Les postes, les classes, les institutions qui spécifient ces aides, aléatoires ou à longue échéance, font partie des obligations pragmatiques de notre société envers tous ses enfants.

Que ce soit par des services de l’Education Nationale, par l’intermédiaire de mutuelles, d’associations reconnues et subventionnées, par le truchement des communications modernes, l’instruction, l’éducation doivent être apportées aux enfants immobilisés à leur domicile, en milieux hospitaliers ou en centres de détention

Dans un établissement scolaire, l’éducation est reconnue comme étant l’affaire de tous depuis la famille jusqu’à la personne d’entretien

Le personnel enseignant auquel est confiée la plus grande richesse de notre pays, ses enfants, a besoin de la confiance éclairée, soutenue de la société.

Casser les Ecole Normales puis les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres est une erreur qu’il faut réparer.les nouveaux centre de formation d’Educateurs tous horizons me laissent perplexe, mais sans possibilité » de juger l’intention et encore moins la mise en œuvre.  Les IUFM étaient certes déficients, déconnectés de la réalité en général, tournés vers la pédagogie, peu vers l’Education, déficients mais améliorables ; un cursus centré sur l’acquisition de diplômes essentiellement universitaires… est un leurre même avec des stages.

L’ancienne Ecole Normale, très liée aux écoles, peut inspirer quelques réflexions positives…

Une formation approfondie des enseignants est souhaitable au niveau de la licence avec alternance étroite entre centre de formation et écoles, collèges, lycées, universités… en accentuant sur les méthodes, le travail d’équipe et ses aspects relationnels, la psychologie et la sociologie.

Le futur professeur doit acquérir une connaissance précise de tous les partenaires, les familles, les partenaires locaux, officiels, associatifs utiles. Il doit posséder une compréhension cohérente, claire de tout le cursus scolaire.

Une formation continuée est nécessaire en circonscription pour le premier degré au niveau académique ou rectoral pour les niveaux supérieurs…pour briser l’isolement, se concerter, assimiler les apports nouveaux

La formation de chaque enseignant, pour le rendre compétent dans sa classe n’est pas remise en cause, mais elle devrait intégrer une véritable préparation au travail en équipe, une connaissance réelle et pratique des réflexions et solutions débattues en conseil des maîtres, conseil de cycle, conseil d’établissement ou d’école.

Le personnel complémentaire, depuis la mise en place des emplois jeunes et de leurs variantes, a démontré que son rôle n’était pas négligeable. Il faut pérenniser ces postes, mieux les officialiser et préparer leurs postulants à leurs tâches.

 La sécurité est un élément global qui implique la protection contre tous dangers mais surtout une vigilance véritable pour éviter toutes occasions, toutes formes de conflit, d’agressivité et toutes prises de risques. Le nombre des adultes responsabilisés autour de l’enfant doit être judicieux. Il est aussi nécessaire que l’implication, la préparation des élèves à éviter, réagir aux situations à risques..

Il existe une réserve de personnes qualifiées, qui peut aider à dépasser temporairement, le problème des remplacements très courts, quasi-imprévisibles, sans que les enseignants soient conduits à ajouter des heures aux heures : c’est le recours, volontaire bien sûr, dans chaque Académie, à des retraités. Une liste étoffée, tenant compte des domiciles, des temps disponibles, pourrait être établie. Cela n’ira pas sans une levée de boucliers, mais qu’en penseraient les actuels retraités et les nombreux futurs retraités des années prochaines ?

Ces mêmes retraités, actifs, représentent une mine d’expériences dont chaque Académie, chaque établissement, peuvent s’entourer dans des moments de réflexion, pour des bilans autant que des actions nouvelles…

Aux niveaux universitaires, ce recours existe, dans des groupes de travail aussi, alors pourquoi pas à d’autres strates ?

Il faut refuser l’autonomie des établissements. Elle ne conduirait qu’à accentuer la seule capacité des écoles à se débrouiller et donc à multiplier les différences entre prises en charge des élèves.

En revanche, une adaptation au secteur reste essentielle, mais elle doit s’accompagner de compensations pour que chaque collectivité puisse accomplir toutes ses obligations.

Il faut donner à chaque école les moyens qui compensent la faiblesse des ressources locales et qui prennent bien en compte la spécificité de sa population scolaire.

Nos régions ou les agglomérations de communes, dans le cadre de la décentralisation, pourraient aider les municipalités et parvenir à cette égalité des moyens pour une égalité des chances.

La création d’un fonds de Ressources, une banque de l’Ecole, alimentée par des subventions, des opérations médiatiques, une part des jeux d’argent qui s’en trouveraient moralisés un peu… permettrait d’ajuster au mieux les besoins et de les compenser sans que l’établissement devienne lui-même un solliciteur plus ou moins heureux selon ses contacts, son environnement ou son habileté à mendier…

Le budget de base des établissements, pour chaque catégorie, doit être identique au prorata du nombre d’élèves pour toutes les écoles publiques.

L’aide à la collectivité tutrice défavorisée doit garantir cette similitude.

Le financement des projets étudiés et retenus par le Conseil d’Etablissement et l’autorité académique sera l’objet d’aides spéciales attribuées par l’Education Nationale, par la collectivité adéquate soutenue par le fonds de Ressources éventuellement.

L’Etat, en ce service régalien, en plein respect de la Constitution et des lois régissant l’Enseignement public, prend en charge la formation et la rétribution de tout le personnel pédagogique…

Les collectivités territoriales assurent les conditions matérielles et fournissent le personnel nécessaire à tous les services qui accompagnent la scolarité, toujours avec une compensation pour pallier les inégalités de ressources.

Il faut que chaque école, chaque établissement soit conforté dans ses composantes, encouragé dans ses échanges avec son environnement, adaptée à sa population spécifique, soutenu dans ses initiatives mobilisatrices et motivantes

L’enseignant doit pouvoir connaître et utiliser toutes les opportunités culturelles, associatives, de son environnement, aussi bien officielles qu’officieuses. Il est important que les collectivités locales veillent à leur multiplication…

Et les établissements privés ?

Privé ou public, le choix est libre, mais les fonds publics sont réservés au financement de l’école publique, sauf en ce qui concerne les établissements spécialisés et conventionnés.

Les associations assurant l’aide à la scolarité des élèves, des collégiens, lycéens et étudiants sont à soutenir.

Le rythme de la journée scolaire est un paramètre incontournable du temps de l’enfant. Il  commande tous les autres découpages : semaine, trimestre, année… Une journée bien construite, depuis l’accueil jusqu’au départ est une journée qui évite les ruptures, ménage les temps d’éveil, d’apprentissages intenses, forts, les pauses, les répétitions, les moments notoirement peu propices à la mémorisation et les fausses mobilisations cachant la fatigue par la motivation.

Dommage, pour la grande majorité d’écoles, le contact suivi du samedi matin entre enseignants et familles en élémentaire a disparu. Cette semaine peau de chagrin, pour bon nombre de familles laisse les enfants devant la télé, dans la rue pour la plupart, dans les grands magasins ou dans des garderies municipales… Est-ce un mieux ?

Supprimer le samedi matin, c’est réduire les rencontres informelles et sympathiques, hors crise, entre familles et enseignants. Finie aussi l’occasion d’entretien direct avec le parent qui n’a pas la garde de l’enfant du divorce…

Terminés les spectacles, les fêtes, les réunions diverses avec participation active de tous… Ne leur restent plus, souvent, pour ceux qui ne baissent pas totalement les bras, que les soirées, après le travail, et encore pour ces communautés actives un samedi matin.

Pourtant, les fêtes d’école peuvent être des opportunités importantes d’activités ensemble pour tous les acteurs et partenaires pourvu qu’elles illustrent un travail continu, un projet et non une corvée.

L’école du mercredi et l’allègement du temps scolaire d’apprentissage ne compensera pas cette disparition des relations sauf pour les établissements qui ne comptent pas leur temps !

Je regrette vraiment que l’époque du tiers temps pédagogique n’ait pas été rétabli : fondamentaux + éveil sciences humaines (géo – histoire – sciences – éduc civique) + éveil création, techniques artistiques et sportives… Tout étant culturel, j’évite ce qualificatif.

J’en connais les obstacles notamment pour la gestion des espaces, des intervenants éventuels, des matériels mais une journée où les enseignements fondamentaux alternent avec les autres, c’est bien aussi ! Mais 1 – cela exige une formation spécifique des enseignants, 2 – cela exige un emploi du temps collectif de tout l’établissement cohérent – 3 – cela exige une véritable application de cette répartition, pas au feeling ou à la bonne volonté… (Combien de classe sans EPS, chant, arts plastiques, théâtre… ?) Parce que l’enseignant ne sait pas, pire n’aime pas… Bon sang, les échanges ça existe. Idem, parfois, en histoire, géo, sciences… idem parfois en expression écrite… pour l’élève, l’école en devient une loterie selon le projet, l’organisation, la gestion de l’établissement et, dans sa classe, du professeur… !!!

L’espace scolaire est sacré, protégé, il est ouvert sur la connaissance de son environnement, mais clos aux incursions perturbatrices.

Il est important que le cadre soit agréable, grâce à la volonté et l’action de tous dans et autour de l’école.

L’implantation de l’école dans un environnement constant crée des liens, des repères indispensables avec la géographie et la  population de son secteur.

Exploser la carte scolaire, disperser les enfants, défaire les liens entre le secteur et son seul pôle de calme, souvent, l’école, c’est renoncer à l’adaptation, à l’intégration de l’école dans son environnement, à la connaissance à moyen terme des familles, des fratries…

Cela peut éviter de payer, d’organiser des moyens réellement adaptés à sa population spécifiques, en brisant les concentrations, mais qui profitera de cette liberté de choisir son établissement ? Qui empêchera que se constituent de nouveaux ghettos ? Quel cadre donner à notre école dans un environnement flou ?  Est-ce une véritable amélioration ?

Pour une équipe enseignante, bien connaître les familles, les paramètres et les ressources de son secteur est important, elle peut établir des liens devenus impossibles après dissociation entre lieu de vie et lieu de scolarisation.

Tout en préservant la sérénité du microcosme scolaire, il faut pourtant encourager ses échanges avec son environnement.

Le service Education Nationale est sous-tendu par la trame des circonscriptions, des Académies. Chacune d’entre elles doit être étoffée pour conseiller, apprécier, aider, suivre, voire corriger les actions mises en œuvre dans les établissements..

 Le rôle de l’Inspecteur et de son équipe permet l’harmonisation dans tout le secteur; il favorise les échanges les plus divers,

Il faut combattre l’idée d’éclatement de la carte scolaire mais des transferts éventuels, exceptionnels, bien motivés, toujours dans le seul intérêt des enfants peuvent être proposés grâce à cette connaissance mutuelle de tous les établissements du même secteur, animé et orchestré par son responsable.

Nos établissements dépendent, pour leur financement, des responsables territoriaux dispensateurs des budgets pour que, bâtiments, mobiliers, matériels, fournitures leur permettent d’accomplir leur mission.

Des initiatives de ces tuteurs dépend aussi, que l’accès aux ressources culturelles et sportives, en implantations comme en personnes, soit à la hauteur des besoins.

Les liens avec les associations et services hors établissement ne sont pas à négliger, non plus…

Toutes ces communications, toutes ces possibilités doivent être des aides éventuelles pour les enseignants pour mieux connaître l’enfant, mais ne pas compliquer la vie scolaire.

Pour les associations péri et postscolaires, appauvries par la suppression des détachements, la diminution des subventions, une analyse honnête doit établir quels organismes apportent une véritable aide à l’enfance, à la famille et à l’Ecole.

Peut-être ne faut-il pas rétablir les détachements supprimés, mais instaurer des postes de permanents formés pour stabiliser et aider les bénévoles…

 Le monde du travail et les mouvements de la société ne sont pas des univers inconnus pour les enfants et l’Ecole ne peut les ignorer, mais sans insistance et en restant très ouverte sur tous les métiers.

Le chômage, les troubles sociaux, les conflits de l’immigration, la délinquance, les sectes, l’environnement en danger sont parfois sujets à interrogations de la part des enfants. Sans entrer dans des débats complexes, toujours hasardeux, il ne faut pas en gommer la réalité ou s’appesantir, en charger les enfants. Des enfants citoyens en devenir, certes, mais à leur niveau de maturité, pas plus !

Ils n’ont pas à s’imprégner non plus de la culpabilité collective, si vite banalisée.

Impliquer les jeunes, progressivement dans la vie collective, les initier aux responsabilités grâce à des coopératives scolaires réelles, bien organisées, suivies et animées, grâce à la participation judicieuse à des Conseils Municipaux de Jeunes sont des voies magnifiques.

De nombreuses associations invitent également leurs adhérents encore scolarisés à s’ouvrir à la gestion de leurs œuvres…

Etre dans un établissement, c’est vivre ensemble. La vie coopérative implique tous les acteurs de l’école et suppose de vraies concertations mais n’exclut pas le rôle majeur de l’adulte, la tutelle, l’arbitrage…

Règlement et sanctions sont établis et reconnus par tous.

L’école n’a pas d’exclu. La vie en collectivité doit générer la convivialité et éviter les perturbations pour tous. Les manquements à ces règles ne doivent pas être banalisés.

L’Ecole ne doit admettre aucune discrimination, ni robotisation, ni formalisation.

Il ressort de façon insistante que les réussites d’école sont avant tout le fait d’une équipe. Le mieux-être, le mieux travailler des enseignants passent d’abord par la cohérence d’une équipe  adaptée à son environnement

Il est nécessaire que chaque équipe soit dirigée par un animateur compétent, que son projet et  son bilan soient évalués avec tous les enseignant et l’inspection de circonscription ou de secteur concerné, oui !

Il ne semble pas que jusqu’alors notre système éducatif se soit vraiment attaché à valoriser ce point essentiel. Il faut une véritable équipe, bien préparée, responsabilisée autour du projet d’école et animée par un directeur compétent.

Il faut œuvrer pour que chaque école, chaque établissement possède une équipe solide ; en préalable à toute autre transformation du monde scolaire, c’est une base impérative, incontournable !

Une réflexion positive, instruite par une enquête sérieuse, essentiellement orientée vers la reconnaissance et le renforcement de l’équipe pédagogique, de l’équipe éducative sera un premier pas vers la reconnaissance des problèmes essentiels et vers un projet enfin constructif.

Une école, c’est d’abord une équipe. Il ne s’agit pas de s’aimer les uns les autres, mais de se compléter,  d’être mobilisé par la même volonté d’éduquer et d’instruire. Elle doit soulager l’enseignant d’une responsabilité solitaire dans sa classe.

Ses membres n’ont pas toujours fait le choix de l’école ou de la classe. Certains débutent, d’autres ont une grande expérience, tous sont confrontés à une même population, au même potentiel de ressources, en principe.

Le projet d’école est revalorisé et il est le véritable outil de cohérence et d’engagements adaptés aux besoins de motivation, de mobilisation et de mise en œuvre des acquisitions pour atteindre les objectifs programmés.

Fruit de la réflexion de tous, le Projet d’Etablissement dresse l’état des lieux. Il traduit la somme des propositions étudiées, retenues pour que naissent les actions propres à répondre aux spécificités de l’établissement. Il garantit la logique des enseignements, privilégie les contextes motivants et harmonise la vie collective…

Son suivi, son bilan, comme l’a été sa conception sont menés par tous, soutenu et avalisé par le responsable de la circonscription ou de l’Académie pour le second degré.

Il pose des questions essentielles sur le long terme, comme sur le quotidien.

Comment chaque établissement propose-t-il de rendre optimale la demi-heure du matin, transition entre famille/récré/mise au travail ? Comment tenir compte des moments notoirement propices à l’effort, à l’attention, et de ceux, au contraire, moins soutenus?

Pour les méthodes face à un groupe classe hétérogène : Comment arriver à une véritable pédagogie différenciée ? Seul ou par des échanges, des dégroupements ?

Lorsque les apprentissages sont lacunaires ou mal assurés, comment bâtir de vraies remédiations ?

Et le temps de l’enfant globalement ?

Celui de la famille avec tout son pouvoir affectif est évidemment le plus marquant, tout ce que la société peut faire pour aider à son harmonie est une pierre solidifiée pour la construction de l’enfant.

Il n’est pourtant pas le plus important en durée. La scolarité, les activités extérieures, les copains, les garderies parfois, additionnent bien des heures hors de la maison.

Les associations reconnues pour leurs activités épanouissantes consacrées à la jeunesse sont à privilégier. Les centres de loisirs, avec ou sans hébergement, devraient être des occasions de véritables convivialités et de vie citoyenne.

Il a été suggéré de créer des centres de vacances avec accueil des familles qui travaillent en fin de semaine, pourquoi pas ?

Ce qui est certain, c’est que nous souhaitons qu’aucun enfant ne reste dans la rue pendant les vacances.

 n permanence, les Projets d’Ecole veillent, réfléchissent, adaptent les progressions pour une réelle et permanente cohérence dans le cursus global.

L’équipe d’établissement est unie par son Projet.

L’échange permanent d’initiatives, d’expériences, de services, de coordination entre les établissements, participe de la fonction de l’Inspection.

 Une équipe a besoin d’être animée avec compétence. Ses décisions ont besoin d’être consolidées, leur mise en œuvre doit être suivie. Le liant de cette vie scolaire, pensée et fructueuse, en est son responsable, directeur, principal ou proviseur.

Reconnaître l’importance de la direction d’école, c’est lui donner les moyens de ses tâches, de ses responsabilités, en faire une promotion véritable pour susciter les candidatures.

Jamais plus un enseignant ne doit se sentir isolé, jamais plus une équipe ne doit se sentir abandonnée

 L’intégration d’écoles dans des regroupements dirigés par un responsable « administratif » et des inspecteurs pédagogiques serait une erreur. Elle entraînerait une distanciation trop grande entre l’établissement et sa réalité locale. On n’en parle plus, tant mieux !

L’Ecole est l’affaire de tous, c’est donc sans vouloir bousculer les enseignants et leur administration que les familles revendiquent leur place dans la vie des établissements.

Pas seulement comme parents d’élèves, pas seulement comme recours, pour des activités, pas seulement pour apporter des ressources mais aussi, pour entendre, comprendre, apporter leurs suggestions, aider à la vie de chaque école.

 L’évaluation globale et précise du travail de toute l’équipe de l’établissement par les équipes d’inspections, sur des critères nets, tenant compte des conditions spécifiques de chaque secteur scolaire est souhaitable. Elle existe parfois.

L’évaluation individuelle par un inspecteur qualifié n’est pas une aberration mais, qui rendra compte de l’implication d’un enseignant dans et autour de sa classe ? Qui rendra compte des progrès personnels du jeune prof timide? Qui tiendra compte de la lassitude, du découragement et de l’abandon de celui qui fut enthousiaste et compétent ?

Certains inspecteurs, dans le 1erdegré notamment, sont de vrais animateurs dans leur circonscription et connaissent, suivent, aident leurs enseignants. Mieux, ils font de leur secteur de véritables bains de réflexion. D’autres, malheureusement sont météoriques, à la poursuite d’une carrière plus que d’une efficacité…

Le Conseil d’Etablissement, le Conseil d’Ecole reste le moteur généré par la réflexion, les échanges, les initiatives de tous les partenaires officiels de l’école. Il respecte la spécificité, la confidentialité de toutes les structures internes, Conseils des Maîtres, de Cycles, Conseils Educatifs, Conseils de Discipline, Conseils Coopératifs…

Il s’intéresse, en particulier, au Projet d’Ecole qui lui a été présenté, il s’intéresse à la progression des activités qui en émanent

Le mystère gardé sur les pratiques pédagogiques est une absurdité, nous ne sommes pas en présence de formules secrètes et comprendre le choix d’une méthode, d’une progression, d’un thème mobilisateur ne peut que faciliter la transparence entre les parents et les professeurs et sans doute même les encourager à soutenir les initiatives éducatives. Seul l’enfant doit être l’objet de la discrétion, de la réserve de ceux qui en ont la responsabilité.

Voici sans aucun complexe, dessiné, rêvé (ce but idéalisé auquel ne manque que le vouloir) un véritable système scolaire, clair, solide, respectueux de tous ses acteurs. Il ne naîtra pas, ne grandira pas, ne deviendra pas fort sans que chacun y soit associé, pas à pas.

Cette volonté obstinée, cette vigilance, ses alertes sont les seules garanties pour que, sans gabegie ni inconséquence, dans le rejet de toutes considérations partisanes, nous donnions sa chance à l’école, sa chance au futur…

Le but d’une conscience collective active pour l’Ecole n’est pas une Ecole nouvelle, mais une Ecole reconstruite dans un contexte éducatif attentif à l‘enfant. Une institution où l’apprentissage des fondamentaux soit assuré grâce à des supports mobilisateurs, capables de faire aimer à apprendre et où l’appétit, la personnalité s’épanouissent en des disciplines d’éveil à part entière : l’école de la diversité, l’école de la chance pour tous, l’école de la chance de demain

3 avril, 2014

Pour une Ecole essentielle!

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 19:27

Pendant mes 40 années professionnelles, j’ai rencontré bien des réformes,pédagogiques et globales, des élus, un ministre dans son cabinet, un autre au bout du fil… J’ai participé à aux moins deux consultations-réflexions, à des colloques sur le temps de l’enfant, à des « Nouveaux programmes »… J’ai beaucoup apprécié et cru à la mise en place des Conseils d’Ecole, de cycles, des Projets d’Ecole… Beaucoup moins leur suivi laissé à la bonne volonté des écoles (je n’ose parler d’équipes généralisées).

J’ai essayé de le rêver dans « …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! »

Oui, l’Ecole, c’est avant tout un enseignant et des élèves, « des apprenants ».  A travers tous la aléas de notre institution, à travers toutes ses facettes très inégalitaires suivant, la période, l’implantation, la bonne ou la mauvaise volonté locale, les ressources généreuses, (trop ?) de Paris à celles limitées de villages, seule la compétence, l’ingéniosité, la bonne volonté, l’engagement de l’instituteur (celui qui institue, fonde) plus que celui qui professe ( celui qui expose) prévaut a minima.

              Nous avons tous connu de ces maîtres (Ceux qui servent de modèles) qui, parfois sévères, parfois bon enfant, justes, accueillants, valorisants, avec lesquels on pouvait dire en début de cours « C’est difficile ! » et à la fin « Fastoche ! », de ces maîtres qui donnaient envie d’apprendre, poussaient à comprendre et connaissaient assez nos limites pour les pousser un peu plus loin…

Je ne parle pas des autres, adeptes du Bled ou autres livres d’exercices à outrance, ni des guitaristes, ni des sportifs dont le but essentiel est que la classe les  aime bien… Ni des amateurs de pouvoir… Ni des paumés, d’origine car égarés dans leur orientation, ou devenus paumés, parce qu’usés par la remise en question permanente de la conduite d’une classe, par des perturbations personnelles incompatibles avec l’attention à des enfants « qui ne font pas de cadeaux », de ces enseignants qui sombrent dans la dépression, l’alcoolisme, « l’abstraction » me disait l’un deux, puis l’absentéisme réel…

Restons avec ceux qui  ‘’tiennent le coup et veulent avant tout assumer, chaque jour leur engagement .Dommage pour les élèves des autres, bien sûr, mais voilà ma première revendication.

              Que chaque enseignant soit bien sélectionné dès le départ, bien formé, psychologiquement, pédagogiquement et qu’il soit, vraiment, suivi, épaulé, tout au long de sa carrière.

               Mais, surtout, Pour les établissements qui, rarement spectaculaires, accomplissent au mieux leur métier, les conditions, hors des qualités individuelles, sont assez simples et étaient l’objet des différents conseils de l’Ecole, c’est ma deuxième revendication :

               Que, dans toutes les écoles, existe une équipe bien définie, structurée en cycles, liée avec le niveau préélémentaire, conservé dans sa  spécificité surtout, et avec la 6ème. Que la prise en compte de l’élève soit effective et connue de tous depuis son entrée dans l’établissement jusqu’à sa sortie… Que des liens concrets assurent la transition entre chaque niveau…

                  Que ce soit par un conseil coopératif, un conseil d’établissement le code de vie collectif, se doit d’être conçu, adapté, adoptée puis en œuvre par tous… 

                   Il est évident que le rôle d’animation, de synthèse, de suivi des orientations, des relations avec les partenaires  périscolaires doit être tenu par un responsable, le directeur (celui qui est attentif à l’application des décisions et des consignes) et pour l’harmonisation du secteur par  l’I.D.E.N.

                  Des enseignants bien formés et épaulés, une équipe cohérente, bien animée, un responsable compétent, il ne reste plus qu’à leur donner un cadre, des ressources générales et locales adaptées.

                  Locaux, fournitures, entretien, réalisation des projets de pédagogie différenciée, de moyens pour la mise en œuvre des projets d’éveil, de découverte de renforcement… sont beaucoup trop dépendants des ressources et de la bonne volonté locale…                    Même la réforme du temps de l’enfant (a et périscolaire) en sera tributaire.

                  Les établissements qui veulent faire vivre leurs initiatives doivent quémander auprès de collectivités publiques, d’associations, d’entreprises, voire se transformer en marchands, organisateurs de loteries, de spectacles… avec des bonheurs très divers.

                     Nombreuse sont celles qui y ont renoncé, parfois en arguant que ces activités sont « hors temps de service, surtout le samedi matin !

Bien des écoles ont connu l’heureuse complémentarité, voire complicité entre équipes enseignantes et parents d’élèves pour non seulement les fêtes d’école mais aussi des rencontres autour de thèmes d’éducation, puis de fêtes organisés par les parents d’élèves, puis plus rien… Pas partout !

             La mauvaise foi, autant que le pragmatisme a servi de justifications : pas de moyens pas d’initiatives, pas d’initiatives pas besoin de moyens…

               Des caisses coopératives scolaires riches ne sont pas rares, des achats pour « utiliser les fonds », non plus.

               Troisième revendication : Que l’Ecole soit réellement égalitaire. Non pas que l’on donne à chacun les mêmes ressources mais qu’en fonction de projets bien étudiés, répondant à des besoins de base ou complémentaires générateurs de réponses, d’améliorations pour l’instruction des enfants un organisme soit mis en places pour compenser les déficits locaux.Pour cela un projet d’école fidèle à sa définition initiale : un état des lieux sur la réalité de la population considérée, ses points positifs, ses difficultés, le catalogue des solutions possibles, de celles envisageables, de leur calendrier de suivi, de bilan… devrait conduire à l’attribution de moyens divers, matériel, humains, financiers… par l’Etat et/ou des tuteurs locaux…Nous en sommes loin.

                 Ces trois préalables bien établis, alors, alors seulement nous pourrions envisager des réformes circonstancielles : rythmes, programmes, devoirs…etc. Réflexions nécessaires mais cautères sur jambes de bois, sans non pas la refondation de l’école mais sa reconstruction déjà, parfois même d’abord sa consolidation !

                  Car, et c’est là l’essentiel, il est des établissements qui fonctionnent vraiment pour le mieux apprendre et le mieux s’éduquer des enfants… Seulement, personne, pas plus les gouvernants que les syndicats, n’en font des exemples, personne, ne les pérennisent et assurent qu’un responsable disparu, une équipe désagrégée, ne fassent tomber dans l’oubli ces modes de vie scolaire…

                Dans notre pays, dans notre système éducatif, l’aléatoire reste de mise et la bonne volonté éphémère la généralité.

              J’aimerais que les enseignants qui réclament eux aussi «  Une refondation de l’Ecole «  soient sincères et qu’ils soient près à perdre de leur tranquillité pour relever leurs manches, réclamer, certes une reconnaissance et des moyens mais surtout d’abord prouver par leurs initiatives et leurs implication dans leur établissement qu’ils veulent avant tout la réussite de leurs élèves.

                J’aimerais, comme je l’ai lu sur un badge porté par des instits portugais, qu’ils donnent « une chance au futur rien qu’en accomplissant leur mission de professeurs »…

18 avril, 2013

D’abord une école pour l’enfant…

Classé dans : Liens,POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 21:12

En 2009, j’ai écrit puis fit publier un livre «…  et l’école renaîtra de mes cendres !».

Bien sûr aussi, les ventes en furent limitées. Il me valut surtout des rencontres diverses et quelques débats en général consensuels et insatisfaisants…

               J’avais écrit parce qu’après 40 ans d’Ecole, 60 ans si je compte mes années d’élèves, après avoir connu de petits établissement de 15 élèves au total, d’autres très importants, de 40 classes à Paris, des écoles de campagne en Vendée et dans l’Yonne, des écoles du 16ème parisien, de la banlieue chaude, de la  banlieue huppée et des grands ensembles pompidoliens, enseignant spécialisé en classes multifonctions, enseignant en classe ordinaire ou en classe d’intégration, directeur de 6 classes puis de 13 classes, jamais déchargé d »enseignement, j’ai gardé intact, ma vocation et ma foi en l’Ecole.

               La casse systématique des fondements de notre institution : la formation des professeurs, l’attachement de l’établissement à sa population, le fichage des enfants, la sape des soutiens, le rabotage du nombre des enseignants, la perspective der regroupements des écoles dans de grandes structures encore plus déconnectées des réalités, la semaine amputée… L’apaisement des contestataires tièdes, pas des « désobéisseurs » auxquels j’ai dédié mon livre, par la menace, les sanctions et les compensations indemnitaires, même pour corriger
des évaluations… m’ont conduit à me libérer… sur le papier.

              C’était la première et sans doute la seule fois, si on oublie des articles, naguère dans l’EDUCATION, et quelques interventions radiophoniques J’espérais bien qu’avec le changement de gouvernement, ma colère deviendrait caduque. Je me suis empressé de correspondre avec les candidats à la Présidentielle et aux législatives, avec des réponses souvent positives.

               Pendant toutes mes années professionnelles, j’ai rencontré bien des réformes, pédagogiques et globales, des élus, un ministre dans son cabinet, un autre au bout du fil… J’ai participé à aux moins deux consultations-réflexions, à des colloques sur le temps de l’enfant, à des « Nouveaux programmes »… J’ai beaucoup apprécié et cru à la mise en place des Conseils d’Ecole, de cycles, des Projets d’Ecole….

               Ce que je disais, seul ou avec mes amis, lors de ces rencontres, ce que j’ai essayé de traduire dans mon livre, c’est que :

               L’Ecole, c’est avant tout un enseignant et des élèves, « des apprenants ».  A travers tous la aléas de notre institution, à travers toutes ses facettes très inégalitaires suivant, la période, l’implantation, la bonne ou la mauvaise volonté locale, les ressources généreuses, (trop ?) de Paris à celles limitées de villages, seule la compétence, l’ingéniosité, la bonne volonté, l’engagement de l’instituteur (celui qui institue, fonde) plus que celui qui professe ( celui qui expose) prévaut a minima.

               Nous avons tous connu de ces maîtres (Ceux qui servent de modèles) qui, parfois sévères, parfois bon enfant, justes, accueillants, valorisants, avec lesquels on pouvait dire en début de cours « C’est difficile ! » et à la fin «  Fastoche ! », de ces maîtres qui donnaient envie d’apprendre, poussaient à comprendre et connaissaient
assez nos limites pour les pousser un peu plus loin…

               Je ne parle pas des autres, adeptes du Bled ou autres livres d’exercices à outrance, ni des guitaristes, ni des sportifs dont le but essentiel est que la classe les  aime bien… Ni des amateurs de pouvoir… Ni des paumés, d’origine car égarés dans leur orientation, ou devenus paumés, parce qu’usés par la remise en question permanente de la conduite d’une classe, par des perturbations personnelles incompatibles avec l’attention à des enfants « qui ne font pas de cadeaux », de ces enseignants qui sombrent dans la dépression, l’alcoolisme, « l’abstraction » me disait l’un deux, puis l’absentéisme réel…

                Restons avec ceux qui  ‘’tiennent le coup et veulent avant tout assumer, chaque jour leur engagement .Dommage pour les élèves des autres, bien sûr, mais voilà ma première revendication

                Que chaque enseignant soit bien sélectionné dès le départ, bien formé, psychologiquement, pédagogiquement et qu’il soit, vraiment, suivi, épaulé, tout au long de sa carrière.

                Pour les établissements qui, rarement spectaculaires, accomplissent au mieux leur métier, les conditions, hors des qualités individuelles, sont assez simples et étaient l’objet des différents conseils de l’Ecole, c’était ma seconde revendication :

                Que, dans toutes les écoles, existe une équipe bien définie, structurée en cycles, liée avec le niveau préélémentaire, conservé dans sa spécificité surtout, et avec la 6ème. Que la prise en compte de l’élève soit effective et connue de tous depuis son entrée dans l’établissement jusqu’à sa sortie… Que des liens concrets assurent la transition entre chaque niveau…

                   Que ce soit par un conseil coopératif, un conseil d’établissement le code de vie collectif, se doit d’être conçu, adapté, adoptée puis en œuvre par tous… 

                    Il est évident que le rôle d’animation, de synthèse, de suivi des orientations, des relations avec les partenaires  périscolaires doit être tenu par un responsable, le directeur (celui qui est attentif à l’application des décisions et des consignes).

                   Des enseignants bien formés et épaulés, une équipe cohérente, bien animée, un responsable compétent, il ne reste plus qu’à leur donner un cadre, des ressources générales et locales adaptées.

                   Locaux, fournitures, entretien, réalisation des projets de pédagogie différenciée, de moyens pour la mise en œuvre des projets d’éveil, de découverte de renforcement… sont beaucoup trop dépendants des ressources et de la bonne volonté locale…
Même la réforme du temps de l’enfant (a et périscolaire) en sera tributaire.

                   Les établissements qui veulent faire vivre leurs initiatives doivent quémander auprès de collectivités publiques, d’associations, d’entreprises, voire se transformer en marchands, organisateurs de loteries, de spectacles… avec des bonheurs très divers.

                      Nombreuse sont celles qui y ont renoncé, parfois en arguant que ces activités sont « hors temps de service, surtout le samedi matin !

                Bien des écoles ont connu l’heureuse complémentarité, voire complicité entre équipes enseignantes et
parents d’élèves pour non seulement les fêtes d’école mais aussi des rencontres autour de thèmes d’éducation, puis de fêtes organisés par les parents d’élèves, puis plus rien… Pas partout !

              La mauvaise foi, autant que le pragmatisme a servi de justifications : pas de moyens pas d’initiatives, pas d’initiatives pas besoin de moyens…

                Des caisses coopératives scolaires riches ne sont pas rares, des achats pour « utiliser les fonds », non plus.

                Troisième revendication : Que l’Ecole soit réellement égalitaire. Non pas que l’on donne à chacun les mêmes ressources mais qu’en fonction de projets bien étudiés, répondant à des besoins de base ou complémentaires générateurs de réponses, d’améliorations pour l’instruction des enfants un organisme soit mis en places pour compenser les déficits locaux.
Pour cela un projet d’école fidèle à sa définition initiale : un état des lieux sur la réalité de la population considérée, ses points positifs, ses difficultés, le catalogue des solutions possibles, de celles envisageables, de leur calendrier de suivi, de bilan… devrait conduire à l’attribution de moyens divers, matériel, humains, financiers… par l’Etat et/ou des tuteurs locaux…
Nous en sommes loin.

                  Ces trois préalables bien établis, alors, alors seulement nous pourrions envisager des réformes circonstancielles : rythme, programme, devoirs…etc.
Réflexions nécessaires mais cautères sur jambes de bois, sans non pas la refondation de l’école mais sa reconstruction déjà, parfois même d’abord sa consolidation !

                   Car, et c’est là l’essentiel, il est des établissements qui fonctionnent vraiment pour le mieux apprendre et le mieux s’éduquer des enfants… Seulement, personne, pas plus les gouvernants que les syndicats , n’en font des exemples, personne, ne les pérennisent et assurent qu’un responsable disparu, une équipe désagrégée, ne fassent tomber dans l’oubli ces modes de vie scolaire…

                 Dans notre pays, dans notre système éducatif, l’aléatoire reste de mise et la bonne volonté éphémère la généralité.

               J’aimerai que les enseignants qui réclament eux aussi «  Une refondation de l’Ecole «  soient sincères et qu’ils soient près à perdre de leur tranquillité pour relever leurs manches, réclamer, certes une reconnaissance et des moyens mais surtout d’abord prouver par leurs initiatives et leurs implication dans leur établissement qu’ils veulent avant tout la réussite de leurs élèves.

                 J’aimerais, comme je l’ai lu sur un badge porté par des instits portugais, qu’ils donnent « une chance au futur rien qu’en accomplissant leur mission de professeurs »…

9 août, 2012

Le grand reveil pour l’Ecole… On peut rêver, vouloir et peut-être que…

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 22:01

              Partout des rencontres sont devenues des assemblées. Des débats se sont ouverts. Les réunions se sont tenues dans des cafés, des cinémas, des théâtres, chez des particuliers… rarement dans des lieux officiels, peut-être quelques salles des fêtes, rarement.
              Leurs animateurs se dégageaient par leur charisme, leur crédibilité, plus que par leur notoriété…
            Un grand brassage des idées, a bouillonné. Un maelström capable de réveiller le sommeil du Présent et rendre crédible le Renouveau. Un grand mouvement porté par la majorité des citoyens volontaires pour donner sa Chance au Futur.  Les anarchistes endormis se sont réveillés.
            Les journalistes n’étaient, en principe, pas admis ou seulement, en tant que parents, que citoyens.
Pourtant, heureusement, ils ont rendu compte et ce sont leurs articles qui ont permis que s’échangent les idées, les doutes, les pistes…
              Que se construisent les propositions, les exigences et que se dégage une Charte.
            Techniquement, tous les moyens modernes ont été mis en œuvre pour la communication, le tri, l’analyse, la synthèse…
             Les cahiers de doléances des Etats Généraux se filigranaient à travers toutes nos initiatives.Contrairement à tout ce qui avait été fait jusqu’à ce jour, ce n’est pas le gouvernement qui s’est emparé du résultat de cette immense consultation nationale spontanée. Officiellement, il a regardé le mouvement s’organiser et a émis des encouragements paternalistes.
             Comme nous pouvions le prévoir, c’est normal, les tenants des nouvelles normes instaurées depuis 2009 ont dardé leur opposition.
           Ils ont sorti des placards d’archives, le spectre des barricades de mai 68. Pourtant, depuis quarante-cinq ans, d’autres manifestations chaudes avaient enflammé nos rues…
Ils ont clamé le danger de dévergondage que nous allions faire courir à notre Education Nationale, à notre Jeunesse.
         Les partisans de l’Encadrement ont développé les avantages rassurants des digues du ”Bon Dressage”, des canaux éducatifs menés sans méandres entre des rives bien cimentées.
            Ils ont insisté sur le péril à laisser les rivières aventureuses, les torrents de l’enfance divaguer, délaisser leurs cours…Sournoisement, mais avec tous les moyens d’enquêteurs assermentés, des investigateurs minutieux ont exhumé le passé de Manu.Ils ont insisté sur ses violences militaires. Ils ont ainsi expliqué ses outrances autant que ses utopies. Pendant quelque temps, le thème de l’attentat, travesti en égarement pseudo altruiste, a été brodé.
         I l a soulevé une telle vague de protestations que le repli vers le dérangement mental est demeuré la seule option officielle.

          Sylvain n’a pas été épargné. Il fut harcelé après son réveil, soupçonné de complicité !
           Les élèves de Manu, si voisins dans leurs relations avec le monde marginal des cités et des clandestins, ont subi aussi des interrogatoires.
            Le juge, la police, les surveillants vigiles du collège se les sont repassés avec pour objectif de lier leur prof avec les Hors-la Loi.
              Des journaux ont eu droit à la révélation de ces démarches sans fondement ni résultats tangibles.
       Parfois, peau de l’ours prématurée ou hommage au Docteur Coué, ils ont confondu le but des recherches avec des conclusions étayées et les ont étalées, abusivement.
        Nombreux, il faut le souligner, ont été les journalistes de tous médias à refuser d’accorder le moindre crédit à ces assertions, au contraire !
              Ils ont élevé des boucliers de questions autour de chaque enquête ; ils l’ont doublée ostensiblement par leurs propres prospections.
            Les interrogatoires ont cessé, les explorations sans doute pas, mais avec discrétion.
           Seuls les Défenseurs du Maintien de l’Ordre sont restés bruyants.

             Nous avions décidé que, avant la fin de nos travaux, aucune émission de télévision ou de radio ne recevrait un membre cautionné par le vaste mouvement généré par la mort de Manu.
          Seuls nos échanges sur le net pouvaient être interprétés.
           Ces provocations, ces attaques ont fait connaître tous les acteurs réellement ou arbitrairement impliqués dans la vie du héraut auto sacrifié.
                     Manu et ses grands, Sylvain, l’écrivain public noma-de sont devenus des personnages sympathiques, terriblement vendeurs. Pas question de les écorcher.
Quelques petits poissons des ténèbres ont été harponnés dans les coups de sonde policiers.

         S’ils ont avoué leurs fugues après ruptures de bracelets, ils n’ont apporté, évidemment, aucune charge au dossier ouvert au nom d’Emmanuel.
            Tant de blogs, de sites, d’échanges ont envahi la toile, que certains ont bien dû fournir du blé à moudre aux espions de l’informatique.
           En dehors de leurs virulences caricaturales, susceptibles de sanctions dans notre belle société, les propos tenus étaient difficiles à poursuivre. Ils étaient tellement croisés, répétés, confirmés et, peu à peu, répandus, que bien sour-nois qui aurait pu en tirer matière à condamner.Ou alors après une mise en examen collective !
            Manu comme Spartacus aurait pu s’écrier : « Je reviendrai et je serai des millions ! »
           Nous y étions !

 

21 février, 2012

Pour un mouvement citoyen de reflexion sur tout notre système scolaire…

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 10:55

               A part les grandes journées pour empêcher la privatisation de notre Enseignement, il n’y a pas eu beaucoup de périodes aussi revendicatives qu’en ce moment. Mais tout se passe comme de joyeuses fêtes éparses, école par école, dont le mot d’ordre reste « pas de fermeture ! » Quand et où profite-t-on de ces mouvements pour réfléchir à une école rénovée, des équipes solides, des directions réellement formées, des pédagogies adaptées aux situations diverses, des méthodes différenciées, des moyens liés à des états des lieux, des projets lucides et cohérents ? C’est certain que cela nécessiterait, pour être vraiment mises en pratique, des écoles à l’effectif humanisé…             

                          J’ai connu de telles réflexions dans des consultations nationales…. Sans autres suites que ce que nous avons mis en place, avec la communauté de notre groupe scolaire, de façon hélas aléatoire.

                         Pas d’angélisme laïc, tous les enseignants ne sont pas prêts à se mettre en question et se satisfont du samedi récupéré, des indemnités nouvelles et du flou des structures mais, bon sang, il en est beaucoup d’autres qui, au milieu de la crise, de la casse, mettent leur élèves au centre de leur actions, dont l’engagement dépasse largement le seul souci d’instruction. Il est dommage que les mouvements actuels ne se fédèrent pas visiblement en un mouvement pour prendre en compte l’action des établissements qui fonctionnent bien, malgré tout.

                       Des écoles répondent à cette volonté de mieux servir, par contre il en est qui scient la branche de l’Ecole Publique, par découragement, manque de vocation, de formation… L’enfant, l’élève ne peut se permettre l’à peu près, ni d’attendre que le pire soit atteint et que l’Ecole renaisse.

                      La fuite vers les écoles privées s’explique lorsque les familles, et c’est humain sinon social, aspirent avant tout à rencontrer un accueil, une écoute, une équipe, une communauté stable… Si elles n’y trouvent pas leur attente, elles l’imposent où cherchent ailleurs… Est-ce là le droit pour tous à l’instruction dans des conditions optimales et justes ?

                       Je crois de plus en plus fort en la mission de notre Ecole Publique, mais qui saura lui rendre sa santé globale ? Son futur ?

2 février, 2012

Vivre ses apprentissages…

Classé dans : Liens,POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 13:57

                Apprendre et enseigner, cette dualité repose, pour le maître, pour l’élève, sur la volonté d’obtenir.

            Elle s’appuie sur la réflexion, sur la réalisation, sur la correction, sur la répétition évoluée, sur la mémorisation, sur l’évaluation du chemin parcouru, à bref terme le temps d’une leçon, à long terme le temps d’une année scolaire par exemple….                 

              L’élève doit vivre ses apprentissages plutôt que les subir. Truisme encore, pourtant, ce n’est,  pas du tout évident selon les conditions d’enseignement…            

          Notre mouvement a voulu non pas une école nouvelle mais une Ecole reconstruite. Nous l’avons étudiée puis proposée aux pouvoirs législatifs.          

            C’est à nous de veiller sur elle maintenant. 

          Aidons à faire de l’Ecole une institution où l’apprentissage des fondamentaux soit assuré grâce à des supports mobilisateurs, capables de faire aimer à apprendre et où l’appétit, la personnalité s’épanouissent en des disciplines d’éveil à part entière : l’école de la diversité.             

            Sans dispersion, mais sans restriction, laissons les équipes, les enseignants proposer des activités spécifiques pour enrichir les connaissances, les savoir-faire, trouver des motifs à utiliser, à perfectionner ‘’ les bases fondamentales ‘’        

                 Je crois que par exemple, les activités intergénérationnelles réelles sont très valorisantes pour tous et riches en connaissances pour nos jeunes. 

extrait du discours « …et m’école renaîtra de mes cendres! » 

18 janvier, 2012

l’autodafé de Manu…

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 23:32

               Peut-on décider de quitter la vie pour que renaissent ses idées ? Paradoxal, non ! pas impossible  » mourir pour des idées » c’est d’abord mourir pour soi, parce qu’un moment de désarroi, ce grand chamboulement dans l’arroi ordonné des convois en marche vers un but, devient impossible à supporter, que la goutte d’eau de nos convictions et le confort de notre arrangement entre passé et présent se trouve bousculée et que notre force n’est plus que déception… alors s’abandonner devient la seule perspective mais pas abandonner puisque par notre  acte ultime devient, veut-on croire, un début pour d’autres plus courageux… 

               Je pense que notre histoire fourmille, dans son autrefois, son passé proche et son présent d’actualité de ces circonstances qui font qu’un homme une femme meurt pour mieux crier. 

                  Ce cri pour moi est celui de Manu… Personnage de roman, peut-être seulement. Il ouvre la voie à un constat : les « passants », chers à Henri VINCENOT sont à travers tous les médias la seule vérité de notre marche d’humanité. Le passant, celui qui marche sans doute mais surtout celui qui transmet, qui passe non pas un témoin de relais mais une boule chargée, grossie de toutes les connaissances, les expériences, aussi négatives que constructives. 

             Parmi cers passants je privilégie les pédagogues, ceux qui accompagnent, marchent auprès de l’élève pour l’élever… 

                Aujourd’hui, en dépit de tous les moyens de transmission qui sont venus grossir ceux des sages, des bardes, il demeure l’Ecole. Elle n’est qu’une institution, qu’un vecteur, mais pour tous, la vraie chance donnée au futur 

              Enfin, elle devrait l’être et je veux croire, non je crois, que ceux qui choisissent d’enseigner, en sont intimement convaincus, même dans leurs échecs et leurs découragements… Jusqu’à en perdre la foi, non en leur vocation mais en eux. 

              J’ai vécu, dans la coquille de mes écoles, de mes classes, de mes associations, de mes quelques interventions en me préoccupant plus de cultiver mon jardin, mon lopin pédagogique que de son au-delà. Mes raids hors de mes frontières furent rares, intenses, brèves et décevantes. Le sourire de mes élèves, les échanges dans ma communauté m’ont suffisamment empli le temps pour que j’occulte mes regrets … 

             Puis ce fut la retraite et le recul et l’écoute de ceux qui nient de ceux qui espèrent…    

15 janvier, 2012

PARLONS AVEC COLERE DE L’ECOLE A RECONSTRUIRE…

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 11:07

Parlons d’Ecole, encore et toujours. C’est vrai que les mouvements sont nombreux, les motifs multiples : réduction arbitraire et aveugle des personnels – disparition des centres de formation et des années préparatoires – casse des réseaux d’aide – démolition de la semaine de classe – de la carte scolaire – regroupement des établissements – gommage des maternelles – disparition des assistants de vie scolaire – prime de rendementet pouvoirs de niotation pédagogique aux principaux – aux nouveaux directeurs peut-être aussi… ça c’est pour la patrie du gouvernement en place… Face à ces mouvements, au renvoi de palmes académiques, dont j’étais, à la colère de François Cavanna, honteux de voir son nom accolé à un collège cassé- à tous les mouvents d’indignation…  que répond la PS ?  Des intentions généreuses mais pas nouvelles, une énième concertation mais aucun projet, aucune image plausible, cohérente d’une Education Nationale reconstruite.

C’est pourtant simple lorsque l’on est parent ou enseignant : sur le terrain, utile à nos enfants et compréhensible au quotidien : un espace accueillant et pourtant protégé, une équipe enseignante harmonisée par un projet d’école en adéquation avec les spécificités de sa population, une direction responsable et garante des actions choisies ensemble, des ressources humaines, capables de compléter les solutions des enseignants pour soutenir autant les enfants en difficulté que de donner corps à leurs engagements, des moyens à la hauteur des besoins dûment établis et capables de compenser la grande inégalité entre les établissements selon leur localisation… 

L’enfant n’est pas tellement différent de celui que j’ai connu lorsque j’ai commencé en 1960, pas plus que lorsque j’étais écolier. L’école a mal évolué, la société le voudrait mais ne lui donne pas les moyens de ses besoins.

Dire que rien n’a été fait serait faux, mais que reste-t-il des consultations-réflexions, des réformes jamais menées à terme… Le PS au pouvoir a cassé les instits pour en faire des profs des écoles, coupant sans nuance les enseignants de la vie communale, brisé les E.N. perfectibles pour en faire des I.U.F.M. éloignés de la formation à la réalité, et nous allons pourtant les regretter… Il a aussi instauré les projets d’école, les cycles, les échanges entre niveaux, les livrets scolaires, l’évaluation par compétences, les emplois jeunes, bouffées d’oxygène formidables… mais sans assurer la bonne mise en place cde tout cela, sa généralisation… laissant leur bon emploi à la bonne volonté effective des écoles…. Sans s’assurer des moyens de viabilité… Des établissements ont vécu et essaient de vivre pleinement leur mission, mais à quel prix !

1 décembre, 2011

Les raisons de la colère.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 0:08

            Nombreuses manifestations locales pour sauver les moyens de l’Ecole, notamment s’opposer à la fermeture de classes. J’adhère totalement à cette colère mais entendrons-nous parler de la nécessaire réhabilitation de notre système : la réflexion sur les structures de chaque établissement par chaque équipe (large : enseignants et partenaires) pour adapter pédagogies, méthodes, accueil, éducation et instruction en un projet cohérent et un suivi méticuleux? Les moyens de base, face aux effectifs sont nécessaires mais les moyens spécifiques pour tenir compte des réalités par secteur sont aussi indispensables… et ça, seule une véritable implication d’une équipe solide, bien motivée et dirigée peut l’offrir.  Ce n’est pas suffisant, certes, mais  primordial si nous ne voulons pas que les intentions mosaïques, même généreuses, ne soient que des cautères sur une jambe de bois scolaire fragile. La longue érosion de notre système me rend bien dubitatif…

              Un seul objectif : que la confiance des familles soit bien placée, établissement par établissement. Certaines écoles sont vraiment à la hauteur, envers et contre tous les obstacles, mais au prix de bien des efforts et surtout avec la menace de l’aléatoire attaché à la disparition des animateurs, la mouvance de l’équipe…   Pour que l’enseignement ne soit pas une loterie, il faudrait à notre système un cadre national clair et généralisé, des bassins scolaires bien définis déjà en harmonie avec son environnement, des écoles adaptées à leur population, une réelle formation à ce travail cohérent ensemble autant qu’une réelle formation à une pédagogie différenciée, capable de répondre à nos classes forcément hétérogène…

            D’autre l’ont développé bien mieux que moi, et depuis longtemps, après même de belles consultations-réflexions nationales, même si mon « … et l’école renaîtra de mes cendres ! » se voulait complet, mais sans entraîner de vraies remises en question ni surtout de vrais projets.

             Ce ne sont pas les programmes de nos candidats qui font luire le soleil de cette reconstruction…

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