et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

12 mai, 2017

SUR LE CHEMIN DES LIVRES

Classé dans : pour le plaisir...,vivre ensemble — Alain @ 9:55

 

 

A tous, bienvenue sur le chemin des livres !

 

Très tôt, je me suis gavé de lecture, parfois en cachette même… Beaucoup de lectures pour vivre « autre chose »,  en puissant dans l’imagination d’un auteur pour nourrir la mienne.

J’ai lu aussi pour abonder mes savoirs, lectures obligatoires des études ou lectures pour satisfaire ma seule curiosité.

Sans doute parce que l’écrit fut nécessaire à ma jeunesse, sans doute aussi parce que nombre de mes élèves en classes spécialisées ou ordinaires furent en délicatesse avec la lecture, je me suis efforcé de faire apparaître le livre comme une grotte merveilleuse dont il me fallait livrer le sésame…

J’ai eu la chance, alors que la retraite me laissait vacant, de croiser, un jour de rentrée des associations, le chemin de La Joie de Lire…

Dans ce village, s’active un groupe de bénévoles, d’amateurs des livres, qui perpétue un élan né depuis plus longtemps, qui année après année, bénévoles après bénévoles, organise, peaufine, enrichit la caverne de la lecture et délivre le précieux code pour en franchir les portes, celles de la Bibliothèque Municipale.

Je me suis retrouvé dans la situation d’un personnage de Simone de Beauvoir

« Elle s’était inventé une foule d’activités : elle s’était occupée bénévolement de la bibliothèque… »

J’ai appris que s’aventurer, s’engager, dans une bibliothèque, en partager l’animation, c’était donner vie à une collection d’écrits  et surtout tresser des liens, pour que tous ces ouvrages, toutes ces ressources rassemblées, enchantent notre public.

 

Pour illustrer, les échanges, ces échanges si importants, avec nos visiteurs en quête de lecture, presque un tiers de notre population, j’ai relevé cette déclaration d’Albert Brie, un sociologue canadien:

« Quand j’ai envie d’un livre, je l’achète, si je veux être sûr de le lire, je l’emprunte. »

La bibliothèque de Saussan est riche de son histoire, de ses balbutiements, de ses premières fondations, de ses incertitudes puis de sa maturité grandissante… Elle est riche des initiatives, des efforts, des heures additionnées pour lui donner plénitude et pérennité… Elle est riche de ses rencontres, de ses spectacles, de ses soirées, de ses récits pour tous, des bébés-lecteurs aux adultes… le temps d’une voix qui raconte.

Je n’ai pas connu le temps des pionniers, je l’ai découvert par bribes, par souvenirs évoqués, par documents retrouvés… Je l’ai  surtout perçu lorsqu’est apparue la volonté de fêter 30 ans d’une telle vitalité.

Au nom de tous ceux qui ont géré, gèrent encore LA JOIE DE LIRE ; au nom de tous ceux qui l’ont bâtie, je suis particulièrement heureux d’avoir appartenu à cette collectivité et d’y retrouver le plus souvent possible les acteurs de cette belle histoire.

6 novembre, 2014

ON, inspiré de lectures récentes et faits divers…

Classé dans : pour le plaisir... — Alain @ 18:36

 

On est un faux-jeton secret capable d’empoisonner la mer d’une seule goutte de rumeur.

Il ne lui manque qu’un C pour appartenir à la grande famille des Cons dangereux…

On m’a dit…  ainsi commence la plus ancienne et la plus pérenne des histoires à histoires…

On, le plus célèbre roi de la dynastie des anonymes.

Un jour, On m’a glissé un doute dans l’oreille, depuis la mer des rumeurs frappe ma coquille d’un incessant ressac insaisissable.

On se boucane à la fumée des feux des « peut-être » et des « il paraît que ».

Du petit on qui conduit le prof ou le policier au suicide jusqu’au on qui mène à l’holocauste, on est l’ennemi du droit à la vérité… pourtant, on s’affirme comme son véhicule implacable.

On n’a pas de pluriel mais parle de mille bouches…

Hélas, On, une fois sur des milliers d’assertions se voit confirmé ; ce hasard devient, preuve, a posteriori, et gangrène tous les défenseurs du fait avéré.

le pire du fond du on, c’est la Vérité cette vérité qui même parcellaire, même tronquée, sans contexte, ni histoire, fera dire à On « si ça c’est vrai, d’ailleurs X l’a vu, Y l’a lu et Z l’a dit dans le poste alors !!! Contexte, histoire, qu’est-ce ? Du petit bout de la lorgnette on agrandira le champ des possibles pour en faire un récit véridique…

Comment ? Les « héros » de cette boule de neige puante, grossie et noircie de médisances ont sombré ! «  Vous voyez bien, il n’y avait que de la fumée puisqu’ils se sont brûlés ! »

Si Esope établissait très vite que la langue est la meilleure mais aussi la pire des choses, que dirait-il aujourd’hui où l’image « qui vaut 36000 mots «  en multiplie d’autant les effets ?

Le pire pour nous qui, bien sûr, ne sommes pas des On, est que nous ne pouvons même pas arriver à souhaiter que : « Qui vit par le On périra par le On ! » Je, Tu, Il Elle, ne sommes pas assez On ! Pour oublier la seule devise qui vaille quand on ne sait pas : Primun non nocere ! D’abord ne pas faire de mal, ce n’est pas toujours facile, oh non !

23 août, 2014

Grand on et petit on..

Classé dans : pour le plaisir... — Alain @ 20:18

« On » est un faux-jeton secret capable d’empoisonner la mer d’une seule goutte de rumeur.

Il ne lui manque qu’un C pour appartenir à la grande famille des Cons dangereux…

« On »  m’a dit…  ainsi commence la plus ancienne et la plus pérenne des histoires à histoires…

« On », le plus célèbre roi de la dynastie des anonymes.

Un jour, «  on » m’a glissé un doute dans l’oreille, depuis la mer des rumeurs emplit ma coquille d’un incessant ressac insaisissable.

« On »  se boucane à la fumée des feux de « peut-être » et de « il paraît que ».

Qui vit par le « On »  périra par le « On »!

Du petit « On » qui conduit le prof au suicide jusqu’au « On » qui mène à l’holocauste, « On »  est l’ennemi du droit à la vérité… pourtant, « On »  s’affirme comme son véhicule implacable.

« On »  n’a pas de pluriel mais parle de mille bouches…

Hélas, « On », une fois sur des milliers d’assertions se voit confirmé ; ce hasard devient, preuve, a posteriori, et gangrène tous les défenseurs du fait avéré.

8 août, 2014

Une île de mots dans le flot du marché en plein été!

Classé dans : pour le plaisir... — Alain @ 18:14

Le 1er samedi d’août, en jouant à la balle de flipper dans les allées encombrées et paresseuses du marché de Frontignan, j’ai échoué devant l’île de trois écrivains : « Laissez-le nous ont-ils dit à Huguette.. ». Ils ne savaient pas encore à quel prolixe (mieux que bavard non ?) ils avaient recueilli !

Je les ai entendus parler avec passion de leurs moments d’écriture, j’en ai parlé aussi, bien sûr… Puis je les ai retrouvés avec bonheur sur leurs pages ‘ambigus ça, le long de leurs lignes, c’est mieux !)

Un aveu, je suis aussi handicapé pour créer de la poésie que pour peindre une toile et jouer de la musique, ce n’est pourtant pas faute d’essais, de belles volontés pour m’initier, mais les résultats sont toujours aussi navrants, pour moi au moins… Par contre, je me régale des trois formes d’expression… lorsque je les trouve à mon goût !

Le hasard, qui parfois fait bien les choses, m’a placé devant ce trio littéraire et comme un enfant qui mange tout des yeux devant un étal de friandises, j’ai voulu goûter aussi…

Trois auteurs, trois œuvres, chacune différente en fond et en forme. Toujours enfant gourmand, j’ai dégusté les trois en alternance ! J’ai commencé par Poèmes en Bohème de Carole ROUZET DELBARRE,  les deux premiers parce qu’ils parlaient de l’essentiel : les mots, un bel envol…                Puis la première nouvelle de l’Amer roulait sans cesse ses galets d’Eric GOHIER …  Un clin d’œil à un autre poète en mise en bouche, Georges Brassens, d’autres poésies du recueil avant l’entrée dans le monde de la violence, de la cruauté et de la générosité de l’Espoir des Vaincus de … Claude DIAZ (coïncidence il est né dans la  même ville que Marie-Françoise MERCADAL  Ma balade gourmande imprévue était lancée ! Il est plus difficile de quitter ce roman d’Histoire et de société pour revenir aux lignes des hymnes à l’amour, accompli ou attendu, heureux ou désespéré, mais quelle bouffée d’oxygène vitale pour ne pas sombrer avec Mohamed ET LA RAMPE DES Arabes de Cette… Je recommande le cocktail !

Ainsi, je les ai non pas fondus, mais utilisés, avec bonheur… Tous trois sont gens de passion et le mettent en mots, de la folie cruelle des vainqueurs, de la mer à dominer pour exister, (Quelle surprise heureuse de naviguer entre les Sables d’ Olonne, Saint Gilles- Croix de vie et Sète avec des croisières lointaines !), de l’Amour et des mots, des images versifiées, pas moi, mais quel bonheur pour un contemplatif de croiser et recevoir, au présent, dans l’instant, leurs éclats de vie !

J’ai aimé leurs les poèmes souvent, dit dans le silence de ma tête, mais aussi à ma compagne, bien haut parfois… Toujours le bonbon qui glisse sur les papilles avant d’être assimilé…

L’instit que je suis à été sensible à cette petite fille de 5ans qui « ne sait pas encore écrire mais déjà aime s’exprimer.»

Commencée avec la poésie, ma croisière s’est achevée avec elle, sur la plage, un œil sur le port de Sète( CETTE) que plus jamais je ne verrai sans la sueur et la rage de Mohamed, les oreilles emplies du chant des vagues douces amères qui m’ont promené loin et notamment, avec détours, de mes ports vendéens à ceux d’ici, en toutes humanités… Non loin de moi, une baigneuse immergeait ses deux « garnements » et j’en souriais avec délice…

J’ai plongé dans le lac Utopie et nagé en poésie, merci à tous !

5 avril, 2014

Pour le plaisir : Delteil Joseph

Classé dans : pour le plaisir... — Alain @ 16:50

        Vous le connaissez par des lectures, des pièces de théâtre, un film, une émission, une promenade par Grabels ou simplement parce qu’un espace de culture porte son nom.  

            Moi je l’ai feuilleté, il ya … longtemps, abandonné puis redécouvert au hasard de mes cueillettes dans notre bibliothèque. 

           Depuis avec notre Joie de Lire, nous avons échangé nos avis, et fouillé le phénomène. 

          Pas de jugement : des mots  seulement,… pour le plaisir, le mien, le notre peut-être.  

             Le 20 avril 1894, à cinq heures du matin, Joseph Delteil nait à Villar-en- Val (Aude). (retrouver son beau circuit de 6 kms). Ses parents sont originaires des environs de Montségur, haut, vraiment,  je l’ai gravi,  lieu ariégeois du catharisme. Jean–Baptiste, son père, est en forêt, comme d’habitude :  » Il ne rentrait presque jamais le soir à la maison; en plein bois, il avait installé une hutte de branchages et de bruyères où parfois nous passions quelques jours.  » Sa mère, Madeleine, n’apprendra jamais à lire et ne suivra jamais les lignes écrites par son fils :  » Pas même le titre; et aujourd’hui encore, je ne sais pas si je dois dire  » Dieu merci  » ou bien  » tant pis « . 

         Si la chronologie vous intéresse, de beaux dossiers éclaireront vos écrans. Mieux, lisez sa DELTHEILLERIE. 

        Disons qu’il est monté à Paris, les mains dans les poches et des mots au bout des doigts…  Et il revient… 

« En 1930, j’arrive sans doute à l’âge où un peu de vérité, un peu d’humanité font du bien au cœur.  Aujourd’hui, ce faux Delteil qui court le monde, cette espèce de grand gaillard dépoitraillé, un mètre quatre-vingt-dix et cent vingt kilos, tonitruant, orgueilleux,  » m’as-­tu vu  » , ce faux Delteil m’horripile. 

« Il est évident que si je fais un effort pour mener une vie simple et basée sur le bien, ce n’est pas du tout pour les beaux yeux du public ni pour la chose en soi, c’est pour atteindre ici-bas la totalité du bonheur. » 

            Le livre qui m’a conduit à repousser le battant de la porte de Joseph Delteil : 

 la Deltheillerie

LA DELTHEILLERIE
             « J’étais un paysan à l’état brut, sans racines spirituelles, sans véritable culture, instruit de bric et de broc (école primaire, puis séminaire). Un simple sauvage (non sans affûtiaux), venu tout nu de son patois. J’arrivais en sabots, tout chargé de messes et de raisins. Un ourson mal léché, l’innocent de village. Ourson d’aspect, cathare d’âme, paléolithique de cœur. »

     « Je suis entré dans le langage comme un bûcheron avec sa hache, le fils du bûcheron quoi !                 «  J’emploie les mots à la source, dans leur innocence première. La nue-propriété plutôt que l’usufruit. Mais ce sont de pieux coquins et qui me jouent des tours pendables. Dès qu’on ne les a plus à l’œil, ils vous cherchent noise, font des fugues. Et caméléons avec ça ! …Par-delà le dictionnaire ils ont leur tempérament…          

           Voyez comme amoureux vous a un air tendre, tandis qu’amant met les pieds dans le plat. Perdre sa femme – comme  une aiguille, ou trouver la mort (comme si après l’avoir cherchée toute la vie). Le mot battre, un tantinet enfantin : battre un  enfant ou battre Napoléon, c’est le même mot. Le mot ventre son sens grossesse, son sens orgie, son sens puéril : le  ventrou. 

              Il y a les expressions toutes faites, parfois fertiles en perspectives savoureuses ou équivoques. La femme  » met au  monde  » – au monde, quelle ampleur cosmique ! La femelle animale  » met bas « . La femme  » donne à son mari  » (gentil cadeau, de la main à la main semble-t-il) : sa femme lui donna quatre enfants. 

J’aime ce livret, gourmand plus que gourmet, rieur plus que sérieux, je goûte la recette du lapin… Je ne vous la livre pas, elle mérite la chasse aux trésors. 

 

LA CUISINE PALEOLITHIQUE

           « Ce livre n’est pas un livre de cuisine comme les autres. Ne vous attendez pas à de mirifiques recettes, à des trouvailles de gala. Ce n’est qu’un Précis d’alimentation naturelle, la cuisine brute, comme il y a l’art brut. 

La cuisine paléolithique, c’est la cuisine de Dieu. je n’ai voulu que préserver de l’oubli, ici ou là, quelque essentiel point de détail, quelque drôle de truc, quelque immémorial secret. Ce que j’appelle : le point d’or. 

          Il n’y aura donc ici que quatorze recettes, juste pour une semaine, mais toutes les semaines du monde se ressemblent, et voilà votre bréviaire pour toute votre vie. »  

Voici le menu d’un repas avec Henry Miller ; il comprend des crudités, de la sanquette, ( à vos dictionnaires), une poule au riz au safran avec lactaires délicieux et des framboises du lieu. 

           Voici la recette du millas charbonnier que l’auteur tenait de son père, un gâteau de maïs dont Pline signalait déjà la consommation dans les Gaules. 

           Connaissez-vous le  » tchaoutcholo  » !  » C’est tout bonnement du vin sucré, du vin pur naturellement, où l’on trempe du pain… le vin doit être chambré, le sucre de canne, la proportion de 50 g,  de sucre pour 250cl de vin exactement… sans oublier le clou de girofle bien sûr. «  

Une idée pour votre dîner du « lundi » : Les Tomates de Lucie. 

Prendre des tomates bien rondes, en main – les peler – les mettre à la cocotte sur feu modéré. 

Laisser cuire à demi, mais ni plus ni moins, là est l’art ! 

Il faut que le cœur de la tomate soit encore cru dans sa peau roussie. Les joues en feu et le corps frais. 

A la fin, une bonne persillade à l’ail. 

Servez et versez tout le jus par-dessus. 

Ça me rappelle Shéhérazade.. 

Et, commande Joseph Delteil 

 « .. léve-toi tôt ! » 

La recherche de celui qui crée plus que de l’œuvre aboutie, c’est le credo de Joseph Delteil : 

 

                    L’HOMME COUPE EN MORCEAUX –  L’HOMME DES BOIS  

« Moi je suis naïf, idéaliste. Une espèce d’analphabète. Je n’ai jamais rien appris, j’invente. Ça s’appelle l’instinct. Les savants  savent tout, c’est évident, mais l’analphabète sait le reste. D’ailleurs il paraît que le savant type, Einstein, quand il monte au  tableau, personne, sauf deux ou trois ouistitis de son espèce, n’est capable de le comprendre. Amen!
            C’est l’ouvrier qui m’intéresse, et non l’œuvre. L’ouvrier des pyramides, l’ouvrier des cathédrales, était-il heureux? (qui donc sinon moi a écrit: « un homme c’est plus qu’une cathédrale! « ). Moi, je cherche le plaisir, le bonheur.

L’homme, le moindre homme c’est moi. 

          Tout ce que je sais, moi l’homme des bois, c’est que j’aimerais mourir un jour dans ce village de Pieusse, Pioussolès-Balandrans, où d’ailleurs je ne suis pas né, mais que j’ai humé, respiré, reluqué, palpé, mordu, chié, joué aux boules, foulé aux pieds, tressailli, digéré à partir de l’âge de deux ou trois ans, entre le breilh de la barque où nous lavâmes tant de lessives avec maman et notre vigne de Fourques où les comportes aux vendanges étaient si lourdes à porter au pal, sans oublier cet endroit limoneux au bord du Rec où le ciel est si bleu, et où la pie tous les matins à 7 heures faisait son tintamarre; la mort y serait, me semble-t-il, plus étrange, plus étrangère qu’ailleurs, et quelque chose de moi y serait immortel.

Pour terminer avant de commencer vos propres fouilles, quelques affirmations de Joseph Delteil : 

 » Ecrire, c’est fraterniser; c’est fraterniser en jouant; c’est fraterniser en jouissant ». 

« Ecrire : c’est faire l’enfant! » 

« Mes frères, la suprême fraternité, c’est la fraternité des ventres ». 

« Le charme de vivre : c’est l’amitié »

« L’homme est une flèche à la poursuite d’un rêve » 

Et pourtant il écrit : « Je ne rêve jamais. Je reproche au rêve de se substituer trop souvent à l’action. Le plus petit acte du monde me paraît plus beau qu’un rêve. La vie n’est pas un rêve. Je ne rêve jamais. » 

« J’aime, voilà tout mon secret » 

Il se veut :  »Ourson d’aspect, Cathare d’âme, paléolithique de cœur » 

29 mars, 2014

le Coucaïrous de Saussan…

Classé dans : contes,pour le plaisir... — Alain @ 21:43
1 ENORME COUCAIROUS

1 ENORME COUCAIROUS

Regardez comme  il est énorme le Coucaïrous ! Regardez comme sa tête est grosse ! Regardez  comme ses grandes mâchoires  sont puissantes et ses oreilles pointues ! Et ses yeux ! On dirait qu’ils vont lancer des éclairs !

Figurez vous que j’ai parlé avec des gens qui l’ont bien connu autrefois. A l’origine, il n’était pas ainsi, mais plutôt comme cela : PHOTO 2

  A cette époque, pas d’eau dans les maisons, il fallait aller la chercher aux fontaines. Des personnes en faisaient leur métier… C’était le cas du Papet.

3 LE PAPET

3 LE PAPET

       Lorsqu’il est devenu trop vieux, c’est sa petite fille qui l’a remplacé.

«Va à la fontaine romaine, en  bas de Saussan, mais surtout ne réveille  pas celui qui vit dedans ! »

Un beau matin, elle va chercher de l’eau… et, elle se montre bien curieuse. Mais oui ! Mais oui !

Elle s’approche de l’ouverture de la fontaine : PHOTO 4  

«  Il y a quelqu’un dans cette fontaine ? Hou, hou ! »

Du trou jaillit un son terrible qui fait trembler l’air, plier les arbres et tonne dans les  oreilles ; une voix, à faire frémir tous ceux qui l’entendent dans le village.

Elle recule et voit une gueule énorme qui dépasse. Le hurlement en sort…

    Tout le monde ferme portes et fenêtres et se cache dans les maisons, dans les remises, dans les caves… Personne n’ose regarder ce qui se passe.

    Personne, sauf la petite porteuse d’eau…

 « Oh coucaïre ! » s’écrie-t-elle, comme chaque fois que quelque chose la surprend.

Apeurée, mais curieuse, elle s’approche de la fontaine…

4 LA FONTAINE

4 LA FONTAINE

La grosse bête n’est pas sortie mais a poussé son cri affreux, de plus en plus fort…

La petite fille ne dit plus rien, ne bouge plus.

L’animal se glisse hors de son trou. La Porteuse d’eau aperçoit une patte, deux pattes, une tête pointue et un corps, gigantesque! Comment ce monstre, si effrayant, peut-il sortir d’une si petite fontaine ?

En le découvrant, c’est elle qui lui a donné son nom.

Souvent, sa mamette dit : «  Oh coucaro ! » devant une situation extraordinaire – « Oh coucaro, le beau coca, le beau gâteau! » Coucaro, c’est aussi un mot qui veut dire pour elle « chenapan, coquin… » Alors vite, il est son Coucaïrous, un coquin extraordinaire.

La porteuse d’eau ne tremble pas, elle chante doucement :

« Coucaïrous(se), Coucaïrous(se), sors de ton trou toi qui es si douce(sse)… »

Le Coucaïrous sursaute et vite retourne dans la fontaine.

- N’aie pas peur, mon Coucaïrous…

- Je n’ai pas peur, mais c’est toi qui dois trembler ! Ne sais-tu pas qu’il ne faut pas me déranger pour rien… Maintenant, personne ne me craindra… Et je ne pourrai pas protéger le village. Je ne pourrai pas crier sans faire  rire… Je n’ai plus qu’à partir…

- Mon Papet me l’avait dit, mais je ne l’ai pas écouté ! Ne sois pas en colère ! Ne bouge pas Coucaïrous ; moi, je t’aime beaucoup… Je te trouve effrayant mais gentil. Je connais quelqu’un qui va sûrement t’aider. Je reviens, tu me promets de m’attendre?

- Bon, oui mais pas plus d’une heure, après je me sauve loin, loin, loin…

La petite fille part en courant et va rejoindre sa Mamette. Elle lui raconte tout, tout…

- Tu as raison de l’appeler le Coucaïrous, sais-tu qu’à Saussan, il y a un endroit qui se nomme ainsi. Attends, j’ai une d’idée !

La Mamette ferme les yeux et creuse son cerveau…

- Vite, vite, dit la petite fille sinon le Coucaïrous va se sauver!

- J’ai trouvé, dit sa grand-mère, je t’expliquerai en chemin.

Elles réunissent des enfants, les plus sages, les plus gentils. Tous partent en courant vers la Fontaine.

La petite porteuse d’eau appelle : PHOTO 5

- « Coucaïrous (se), Coucaïrous(se), sors de ton trou toi qui es si douce(sse).»

En entendant la chansonnette, l’animal extraordinaire montre sa tête.

Il gronde : – Que veux-tu maintenant ? Tu crois que tu ne m’as pas assez dérangé ?

- Mais non, au contraire, avec ma mamette et mes amis, nous allons t’aider, tu vas voir, fais-nous confiance… PHOTO 6

 Sans s’effrayer de sa grosse tête, de ses dents  pointues, de son gros corps tout vert couvert d’écailles, de ses yeux malins, de ses longues oreilles, ils lui offrent des paniers pleins de bons légumes, de gros fruits, de raisin surtout, des     bonbons et des cocas, ces bons gâteaux, bien sûr ! PHOTO 6

Depuis, le Coucaïrous ne mange pas de petits enfants, il n’aime plus la viande, non, non! Il n’a même plus de dents ! Notre Coucaïrous, est toujours un gourmand, mais il dévore des salades, des carottes, des navets, des pommes, des poires, des figues, des jujubes, des grenades aussi… et du raisin et des biscuits…

Il est devenu plus fort, plus grand, plus gros, aussi grand, aussi gros, aussi fort que sa voix… aussi effrayant, mais gentil, très gentil…

Pour les gens qui sont méchants,  qui embêtent les petits enfants de Saussan, le Coucaïrous sort de son trou et hurle en jetant un sort au vilain:  PHOTO 7

Le méchant ne sait plus parler qu’à l’envers :

‘’jourbon’’ au lieu de ‘’bonjour’’, ‘’valche’’ à la place de ’cheval’’ , ‘’lutsa’’ pour ‘’salut’’… jusqu’à ce qu’il devienne bon ou quitte le village…

Mais nous, à Saussan, nous savons qu’il ne mange pas les gens, que les légumes, les fruits et les gâteaux.

Peut-être que, si tu vas près de sa fontaine et que tu chante doucement :

« Coucaïrous, Coucaïrous (se), sors de ton trou toi qui es si dou(sse)….», et bien, il sortira peut-être pour te faire un coucou (sse)…

Depuis tous les ans, Coucaïrous se promène dans nos rues et chante, danse et nous chantons, dansons                                avec lui. PHOTO 8  PHOTO 9

Il s’est marié et a même eu un bébé, dans un œuf !                     10 LA FAMILLE COUCAIROUS       

Parfois, avec lui, se promènent sa Coucaïrette et son Coucaïrouspitchou.

C’est un coquin aussi, un soir, il s’était caché dans le village et il a fallu  l’enfumer pour le faire sortir de la remise où il était  enfermé…

Deux fois nous avons organisé des spectacles de rue à Saussan dont il était la vedette.

Il a été le héros d’une pièce théâtre sous la houlette de Francine ; il a défilé dans d’autres villages, il a participé à des expositions avec d’autres animaux totémiques.  Jean-Michel a créé sa chanson et sa danse aussi.

C’est un sacré personnage bien fier lors de notre carnaval !

9 la FETE DU COUCAÏROUS

8 CARNAVAL 9 la FETE DU COUCAÏROUS

Aujourd’hui, après Jean-Pierre, son bayle et créateur, ce sont les grands de la Maison des Jeunes de Saussan et Jordane qui lui brossent son poil,  lui frottent les écailles, lui donnent un coup de peinture… PHOTO 12. Tous le nourrissent avec des légumes, des fruits, des cocas pour qu’il reste notre terrible copain de la fontaine.

Mais ses premiers amis sont les enfants de l’école maternelle « LA MARELLE » qui attendent tous les ans, le récit de ses aventures avant de le suivre dans les rues ! 13 LE COUCAIROUS A MA MARELLE

9 juin, 2012

Pour mes philosophes

Classé dans : pour le plaisir... — Alain @ 17:09

          En 1961, à Valloire, pendant un séjour à la neige, notre classe d’Elèves-Maîtres de l’Ecole Normale a rencontré un berger, âgé le bonhomme, lustré par les années, la langue des moutons et la météo…

            Notre prof l’a invité à une réunion, comme ça, pour nous étonner. Nous l’avons été. Je ne me risquerai pas à garantir la fidélité de ce qu’il nous a conté de sa voix cassée, aux rocailles savoyardes, conté, car c’est comme ça que je l’ai entendu.

             Il avait trouvé, hérité… Je ne sais plus, pendant la guerre d’une valise pleine de bouquins, essentiellement des livres de philo.. Du lourd, Platon, Aristote, Spinoza, Descartes, Nietzche, Kant, Kierkegaard, Voltaire, Rousseau, Diderot … Je ne pense pas qu’il avait accru sa provende initiale… Par contre il avait lu, relu encore et encore… Lui qui était passé devant l’école plus souvent que dedans. Lu et absorbé, digéré, critiqué…

            Malins, du haut de notre bac tout neuf, de nos discussions de café, de nos exposés chers à notre prof… Nous avons embrayé sur Sartre, Marx qu’il connaissait à peine… Mais lui, nous ramenait sans cesse au fil de la pensée mouvante, évolutive, contradictoire puis émergente de ses maîtres, tous, quelle que soit leur doctrine fondamentale…

             Je me souviens de sa placide rhétorique, gymnastique, plus que de ses assertions, indiscutables parce que déjà discutées, là haut à l’alpage ou au coin de son âtre, avec lui-même et avec toutes oreilles de passage. Il n’attendait pas de réplique ; son monologue, souriant nous était servi réchauffé, à nous de consommer, ou pas…

             Ce dont je me souviens c’est qu’il affirmait en parlant de ses livres, mais cela aurait pu être de son cerveau : « Il y a tout là-dedans ! Il y a des questions, beaucoup de questions et c’est en essayant de les comprendre, de comprendre les réponses qu’il a trouvé que les siennes valaient le coup d’y penser, encore et encore… Sa vie, justifiée par son quotidien, se trouvait cautionnée par les amoureux patentés de la Sagesse…

            51 ans plus tard, c’est ce qui me reste de cette rencontre, arrangé à ma sauce sans doute…

1 décembre, 2011

LA MER OUBLIEE nouvelle

Classé dans : pour le plaisir... — Alain @ 20:46

              Même le glissement soyeux, le soupir de soulagement comblé, puis ce reflux sur les graviers bousculés la paralysait. Elle limitait son regard à l’ondulation légère, peine esquissée, des  herbes qui bordaient la plage. S’acagnarder  à l’angle du banc de pierre, ne lui suffisait pas, elle crispait ses mains gantées sur l’arrondi de son siège, comme si une lame risquait de l’en déloger… 

                     Le ciel plombé, gris presque uniforme, rare lavis, pour des firmaments plus souvent voués aux nuages bien découpés, presque neufs, étendait  son immense coupole de l’horizon marin jusqu’aux confins du regard terrestre.  Il faisait froid, son bout de nez et ses joues valaient un thermomètre, mais pas de quoi  frémir, juste ce qu’il fallait pour donner envie de remuer. Un bon froid à tuer le ver et vivifier le sang, pas une torture…  Ailleurs, ce désir impérieux taraudait Jeanne, clouée ici alors qu’Elle pulsait près d’elle. 

             Comment dire non à ses petites-filles lorsque la promesse s’imposait :; - Mamy, on ira à la Paracou ?   

           – S’il fait  beau… Tout était dans les points de suspension. 

             Puisqu’il faut bien prendre l’air, elle avait pu les mener vers les marais, la forêt et même les rues piétonnes. Mais pour les écolières, les vraies vacances, c’était, en toutes saisons, la Paracou. Elles ne boudaient ni la piscine de l’Armandèche, ni la plage du Remblai, mais là, il y avait leur Maison. 

           Parfois, Jeanne, hissait un œil de béton jusqu’à la roche plate, presque rectangulaire, aux trois biveaux bien nets. Nat et Juju, sérieusement, avaient réinvesti leur demeure imaginaire, la salle de séjour au plus bas, la cuisine et son évier creusé légèrement au dessus et la chambre en surplomb. 

           Elle ne comprenait pas les paroles, mais le musique des phrases lui suffisait. Scènes de ménages paisibles dont les « On dirait que… » se faisaient rares et la fiction bien réelle, le temps  d’une affabulation élaborée. Bientôt arriverait le moment de les rappeler, non pas à la réalité, car le long du chemin de retour, elles termineraient leur récit vécu et envisageraient ses lendemains, mais de les ramener à la terre ferme loin de la Vorace, si pateline aujourd’hui. 

           L’angoisse qui l’étreignait, bloquait sa respiration, agitait son pouls, n’était pas récente… Elle ourlait ses jours et ses cauchemars depuis  bientôt  55 ans… depuis sa neuvième année précisément. 

          Avant, elle aussi avait connue la maison de la Paracou, pratiquement la même ; l’érosion n’avait fait que polir les sols, accentuer les dénivelés, hisser avec plus d’évidence, ses reliefs hors du sable… Avec ses cousines, les garçons n’étaient que des invités auxquels on servait des brouets d’algue ou des soupes vaseuses, elle s’inventait une bulle hors du présent. Alors, elle ne tremblait pas au flux et au reflux, leur chuintement, pas  plus que le grondement des rouleaux et leur éclatement sur les crêtes des écluses, pas encore abandonnées, n’était que fond de vie, inséparable de la Chaume, de son monde. 

             Alors, elle ne venait à la Paracou que pour accompagner sa mère comme elle-même l’avait fait autrefois, pour crocher des étrilles, quelques dormeurs et décoller des jambes. Pour les petites des chapeaux chinois… De temps à autre, la coiffe de tous les jours, à peine ailée, se redressait dans les cursives de la marée basse et s’agitait vers elle avant de replonger. La mer était là et il était impensable qu’il en soit autrement. 

        Ses filles, Marianne et Sophie, avaient aussi habité la maison de schiste, mais sans elle. Ce n’est pas que, petite fille, elle ignorait les menaces et les attaques de l’océan… Aucune famille de la Chaume n’avait été épargnée et aucune ne pouvait oublier ses vues sur les hommes embarqués. 

          Très tôt elle avait aussi compris, admis le soulagement qui montait du port au retour des bateaux. Elle savait que, les dundees halés par tous les bras disponibles, le ventre des navires vidé de sa moisson, les chariots roulés jusqu’aux bancs de la poissonnerie, les femmes allaient éventrer, épibosser, étêter, saler, liter les poissons. Elle savait que les matelots plus lourds de leur part, se retrouveraient bruyamment dans les cafés du port, rescapés encore une fois. 

            Plus petite, elle restait accrochée au tablier de sa mère, du départ de la petite maison dans la ruelle étroite jusqu’au retour cahin-caha sur les pavés disjoints.   Le père rentrait presque en même temps, bien échauffé, mais  plus tôt que la plupart de ses copains : le regard et la poigne de sa femme, lui avait conféré une modération devenue habituelle…  Elle savait bien qu’il fallait bien que le souffle se relâche et que la rage de se savoir sorti de la grande brasse s’exulte, mais pas plus que de raison. Il était bien sec, noueux, ce père et bien solide aussi. Autant sa femme, grand-mère La Chaume pour les petites d’aujourd’hui, avait la goule ben avezée, autant lui était un taiseux.  

            Entre la petite Jeanne et l’océan, c’était le statu quo : « Tu es là, je suis là. » Son oncle, cet aventurier aussi sec que son père, parle de toi comme de ces poules qu’il se vante de vaincre de haute lutte. Ses exploits, repris, enviés et vilipendés par les adultes toujours oublieux des petites oreilles, la confortaient dans sa conviction que la mer ne pouvait rien contre  ses hommes. Puis, il y eut ce 27 février 1929. Sur la jetée, les femmes attendaient les bras serrés sur les mantilles de laine. Des lames énormes s’enrageaient sur le brise-lame, des falaises se dressaient jusque dans le chenal et écrasaient leur colère derrière les chalutiers qui avaient réussi à gagner le havre. Pour les autres, s’élevaient les prières, peut-être les incantations, en un en un bruissement soutenu… 

           La petite était là ! Le Louis-Perpétue aurait, peut-être, pu rejoindre les autres remontés au large, loin des passes cruelles, mais le Petit Florent s’était brisé. Ses matelots, ludions terriblement  joués par les lames, n’avaient plus qu’eux pour fragile espoir. Aimé tendait le bras, tendait le corps vers Désiré, deux prénoms voués à la vie, à la soif d’amour, deux marins à chaque extrémité d’une ligne de survie invisible durement frappée par des boutoirs démentiels. 

           D’autres DUNDEES, avaient pu se tirer des passes dangereuses et se maintenir plus au large ballotés par des vagues démesurées, le « Louis Perpétue » était du nombre, le bateau de sauvetage trop loin pour être avisé du drame, il se devait de quitter le fragile abri de son mouillage pour approcher de l’épave. Déjà Louis, le patron avait su approcher suffisamment pour que ses quatre matelots cueillent sur une crête René le mousse et « Pâquâtoute ». le capitaine, pourtant difficiles à décrocher de leurs planches dans un creux. Trois naufragés, Alphonse, Pascal, Désiré, montaient, descendaient, ludions d’un jeu cruel dont le prix était la vie. Aimé, avait les yeux de Désiré dans les siens, son pays avait croché la bouée, la prochaine furie le porterait à hauteur de bastingage, Aimé le sentait, la voyait s’enfler, monter, la bras gauche étiré, la man droite cramponnée à la lisse, il n’était plus qu’à peu des doigts qui le frôlaient ; frappé par la même lame, le louis perpétue se coucha sur bâbord creusant un abîme entre les deux hommes. Les yeux ne se décrochèrent que lorsque Désiré disparut… 

           Elle avait 9 ans, son père, Aimé, qui avait survécu à la guerre des sous-marins de fer blanc pendant la première, mondiale, qui en riait même en évoquant ses orteils bouffés par des gaspards dans ces cercueils flottants, son père est rentré au port… Le dundee s’est amarré au quai, les cales à moitié vides, pleines plutôt, tant cette marée pesait lourd, encore une fois, les coiffes à peine oscillantes des femmes ne couvraient que le silence des catastrophes. 

          Près de sa mère, la petite guettait. Même lorsque les amarres furent une à une, touées jusqu’aux bittes, rageusement sur des épaules courbées ou empoignées le long des ventres durcis, même là, semblable à bien d’autres drôles et drôlesses, elle n’avait pas lâché le tablier de sa mère. Les hommes sont descendus, les yeux caves, le front brutal, accomplissant les gestes d’habitude mais sans volonté. 

          Aimé ne devait se fermer qu’au lendemain, pendant la nuit peut-être, comment différencier son nouveau silence de celui des autres ? Jamais sa douleur ne révèla sa profondeur et ses couleurs restèrent bien superficielles, pareille à cette mer où les hématomes, les plaies mêmes s’effacent mais ses fonds conservent à jamais les traces des forces disparues. Celles d’Aimé avaient sombré, ses jambes, ses bras se figèrent comme l’avait déjà fait sa langue…  Peu à peu, seuls ses yeux traduisirent la tempête qui toujours bouillonnait en lui, avec ses démences et ses accalmies, où remuaient les épaves de son naufrage intime. 

           Pour la petite Jeanne, au fond de cette étroite maison de la plus étroite des rues de la Chaume, commença une nouvelle vie. Pour sa mère aussi. 

            Jamais la mer ne fut mise au banc des accusés, même l’argent qu’il fallait bien gagné, même le sort qui les avait fait naître dans un port avec pour seul choix que l’embarquement. La fatalité dominait, pétrie de peurs, de croyances anciennes, de foi absolue étrangement soumise à la priorité de l’instant présent. Pour la mère Monne, car pour Jeanne, l’église ne fut plus qu’un lieu vide, plus de dieu, rien que des démons…. 

          Rien ne la protégeait de la féroce angoisse qui l’envahissait lorsque ses yeux se tournaient vers Elle, la mer.  Féroce parce qu’elle se sentait les entrailles mordues par ce fauve qui lui avaient volé son père rieur pour lui rendre une poupée de son, aussi tendre à chérir qu’une poupée, aussi attentive à ses histoires, aussi peu réactives. Même ses regards, il lui fallait leur donner une signification. 

           Les campagnes de pêche, emportaient les pères, les frères, les cousins de ses amies et laissaient femmes et enfants l’attente, une attente sans dire, évoquer aurait pu porter malheur. Une attente qu’elle ne partageait plus.   Comme si Aimé était en une pêche perpétuelle, même lorsque Jeanne poussait son fauteuil roulant le long de la jetée, on n’en parlait pas. Pire que le rescapé, pire que le péri, il était celui qui avait vu et qui s’était refermé sur le regard de Désiré. Lui, regardait au-delà de la barre qui mourait à l’entrée du bord pour s’étaler entre les bras des jetées… Lui fixait l’horizon même quand la corne de brume mugissait et que les lames claquaient   Sa fille regardait le dossier, la casquette vissée sur la tête du père. 

         Ce fauteuil avait été longtemps le mirage de la maison. Jeanne avait fini par y croire come à une légende, toujours racontée, jamais réalisée… Les sous de la caisse d’entr’aide avait payé les premières nécessité : le loyer, la nourriture et la chaise percée. Heureusement, Aimé était devenu encore plus sec, léger et sa femme était, c’était connu, une force de la nature chaumoise dotée de cette hargne, de cette volonté qui sublimaient ces femmes de marins. Pour gagner le bout de la ruelle, toujours sombre et offrir à son mari la cueillette de rayons de soleil elle le portait sur une chaise pour l’installer sur la placette, non loin de l’église, près d’elle, tricoteuse de kilomètre de chaussettes ou près des jeux de la fillette.   

         Pour la nuit,  lorsque retentissait la sirène de l’usine annonçant l’arrivée des dundees, lorsqu’elle descendait jusqu’au quai pour tirer les bateaux, décharger les caissettes, les porter sur les bancs, trier, gratter, saler… lorsqu’elle rejoignait l’arroi des femmes endormies tirées des logis, elle pinçait le bec, en laissant sa fille éveillée, gardienne de son père figé. Plus jamais, la petite ne regarda la mer. Elle pouvait longer le quai en gardant les yeux sur les maisons ou sur les tas de charbon de la Cabaude, le pont était la limite de son bas de ciel… Même domestiquée, derrière les portes ferrées, la mer n’existait que comme existe la Dame Blanche, les ogres, le Père Fouettard, dans ses peurs irréelles… Une entité effrayante. Dès qu’elle fut en âge, elle s’enfonça dans le ventre rassurant des Sables. Placée chez une couturière. Chaque soir, ramenait la cousette dans la ruelle étroite, près de son père au regard de plus en tourné vers son intérieur. Lorsque la sirène de l’usine résonnait trouant la nuit, sa mère s’équipait, coiffait son bonnet que deux longues aiguilles clouait à son chignon vite torsadé et partait vers la sertisseuse qu’elle était fière de se voir confier… Le lendemain, c’est encore endormie que Jeanne partirait vers l’atelier. 

           D’autres nuits, c’était des coups sourds, retenus, qui pourtant l’éveillaient : quelqu’un passait et il fallait l’apprêter pour son dernier voyage. C’est encore Monne qui officiait et poursuivrait en allant l’annoncer de porte en porte. Son calme, l’autorité de ses yeux délavés imposaient la retenue et le respect des usages. Jeanne grandit, son désir d’être ailleurs était aussi grand que son besoin d’être ici. 

         Ailleurs, c’était ce cousin qu’elle fréquentait et qui lui promettait Paris et un métier de terrien ; ici, c’était son coin de maison, le bref éclat qui parfois allumait le regard de son père à sa voix. Ici, c’était sa mère, épaisse, dense, campée sur la possession de chaque mètre carré des rues qu’elle arpentait, fière de son indépendance et de son affirmation d’être au-delà de toute compassion. Et pourtant si fragile lorsque, la maison endormie, elle se courbait sur la toile cirée. Monne pleurait, d’une retenue mouillée, mais sa fille en percevait assez pour ressentir à travers l’épaisseur de son édredon le poids solitaire de la peine dissimulée.. Jeune fille, Jeanne vécut la seconde guerre comme une menace lointaine, en dépit des uniformes ennemis qui sillonnaient les rues des Sables, ne lui parut jamais aussi perfide que la mer, c’était une menace d’hommes qui voulaient prendre à d’autres hommes, pour dominer, posséder, par la menace aveugle d’éléments sans raison. Pourtant, elle lui fit attendre sept ans son promis, service militaire, ligne Maginot puis stalags, le compte y était. 

          Aussi dès le retour du prisonnier, la noce fut abondée par les parents, les amis, et leur donna le droit au départ vers la capitale. Aimé ferma complètement les yeux en 54, il avait eu le temps de deviner la naissance de deux petites filles. 

               Monne devint Grand-mère La Chaume, sans doute parce que, pour elle, elle l’incarnait profondément.  Elles aimaient la retrouver dans le quartier du Village Neuf, où elle vivait désormais. Si leur Mamy Jeanne les déroutait pour éviter la route bleue, Monne au contraire les conduisait vers les rochers, jouait dans les recoins du Fort Saint Nicolas et leur donnait un temps impossible avec sa fille autrefois. Lorsque le mal s’empara d’elle, elle plia ses affaires, épura une âme pourtant souvent confessée et rentra à l’hôpital en déclarant, avec sérénité, qu’elle n’en reviendrait que pour le vieux cimetière. 

            Ce fut la première et la dernière fois qu’elle s’en remit à la médecine, pour elle au moins. Peu de temps avant de céder, Monne, sans étonnement eut une grande joie. 

           Marianne, sa petite fille, avait ramené de Lourdes une plaquette de diapositives. Pourquoi, allez savoir, elle savait simplement que sa grand-mère y avait emmené Aimé.. Sur l’une des vues, sépia, Monne se vit très nette, très souriante les deux mains bien accrochées aux poignées du fauteuil, Jeanne accotée à l’accoudoir droit. 

        C’était évidemment, gare aux sourires dubitatifs, un signe. Aujourd’hui, ce sont les arrières petits enfants d’Aimé et de Grand-Mère La Chaume  que garde  Jeanne pendant ces vacances d’hiver… Les parents travaillent  tous deux à Nantes et n’envisagent pas de demeurer loin de la côte. Elles traversent les vagues de l’été, se roulent dans les creux, écument les casses, traquent les crevettes… La mer est leur ressource d’énergie mais jamais elles ne s’étonneront du recul de leur mamy. Jamais elles ne fouilleront de leur pourquoi, ce déni de l’océan…. Pas plus que leur mère, leur tante, elles ne tenteront de comprendre ou de vaincre cette peur… « Moi, je crains les oiseaux… » « Moi, ce sont les chats ! » C’est comme ça. Point sans suspension. 

          Les voilà à la maison, douche pour élimer sable et suées, Pendant que Mamy prépare le dîner que sa fille réchauffera, déplie la table de repassage, pour avancer, les filles s’éclatent autour d’un dessin animé, prétexte à se lancer les moqueries les plus loufoques…, 

            Demain, c’est samedi, deux jours de repos pour les parents. C’est eux qui passeront la voir. La voiture pointe ses phares au bout de la rue, alignée face à la maison, une belle position cette courbe…                 

          Le linge est plié, la table, le fer rangés ; elle n’aura guère le temps de discuter avec sa fille… Son sac est prêt, son manteau et son foulard l’attendent sur une chaise. Les filles s’agitent contre la baie et adressent autant de bises que de grimaces aux arrivants. 

-  Ça va ? -              

- Ça va ! La semaine est finie… 

            Les filles raconteront leur journée, la mamy est pressée, juste le temps d’indiquer ce qu’elle a préparée et donner les consignes de finition… 

            Comme chaque soir, son gendre lui propose de la reconduire… Bernique ! Pas question, elle peut et veut marcher. Par la rue des Sauniers, elle gagne, le café bleu, l’église, monte jusque chez Madame VENDEE. La grimpette de la Vierge l’a fait un peu plus souffler. Elle lui préfère les zig-zag des rues brisées. Les maisons rapprochées étouffent la réalité de l’Autre. En atteignant la rue du Sémaphore, elle jette un dernier regard sur le ciel. Elle sera calme la traîtresse, les petites retrouveront leur maison et leur épuisette. Elle se terrera en les attendant. 

      Cette nuit, la corne de brume suppléant aux phares impuissants, clamera les périls à ceux encore sur les flots, elle vrillera son esprit et narguera son déni.  Elle ne dormira qu’assommée par les cachets verts, la main crispée comme naguère au tablier de sa mère. Dans la maison, à la limite des landes de la Paracou, son gendre a raccroché le tableau qu’il retire chaque fois qu’elle vient chez eux. 

        Sous un ciel barré de trois rubans sombres, la mer joue en des bleus trompeurs.  Aimé tend son bras, Désiré  va saisir la bouée, s’élever et la vague aux dents acérées, gueule ouverte va les séparer… Ce naufrage, les filles, grandes, petites l’ont intégré à leur histoire, mais pas à leurs peurs. 

            Lorsque Mamy est là, le tableau de Paul- Emile Pajot retrouve sa planque dans la chambre des parents. Dès qu’elle est partie, le rectangle, un peu passé, disparaît sous le cadre. 

          Avec Désiré, a sombré le désir de vie d’Aimé, gravant à jamais une angoisse et un déni farouche dans le cœur de Jeanne. Pourtant, aujourd’hui, pour tous, enfants, petits-enfants, la raison et la force d’être, c’est ce bras tendu vers l’autre, au milieu de la tempête. 

19 novembre, 2011

Conte de notre village: LE COUCAÏROUS

Classé dans : Liens,pour le plaisir... — Alain @ 13:06

( A partir des histoires déjà créées et de suggestions diverses…)

Regardez comme il est énorme le Coucaïrous ! Regardez comme sa tête est grosse ! Regardez comme ses grandes mâchoires sont puissantes et ses oreilles pointues ! Et ses yeux ! On dirait qu’ils vont envoyer des éclairs….

Figurez vous que j’ai parlé avec des gens qui l’ont bien connu autrefois. Dès sa naissance, il était de cette taille…

Beaucoup de gens buvaient l’eau de la fontaine, les porteurs d’eau étaient importants alors… Une mamette et une petite porteuse d’eau m’ont raconté qu’on ne l’entendait que lorsqu’un malheur arrivait dans Saussan, alors il venait aider les villageois. Mais seuls ceux qui portaient de l’eau de maison en maison pouvaient lui parler.

Ce qu’ils m’ont dit aussi est un premier secret et pourtant je vais vous le raconter, vous ne le direz qu’aux Saussannais sinon gare au village, il n’aurait plus de protecteur…

Bon écoutez ce que me dit la porteuse d’eau : elle a assisté à la naissance du Coucaïrous ! Mais oui ! Mais oui ! Elle s’approchait de la fontaine pour prendre de l’eau lorsque du trou de la source est sortie un son terrible qui fit trembler l’air, plier les arbres et grondait dans les oreilles. Une voix de géant, à faire frémir tous ceux qui l’entendaient dans le village. Elle recula et vit un œuf énorme, il dépassait de l’ouverture de la fontaine, un œuf qui craquait, qui se fendait. Le hurlement sortait de l’œuf. Tout le monde ferma portes et fenêtres et se cacha dans les maisons, dans les remises, dans les caves… Personne n’osait regarder ce qui naissait, personne sauf la petite porteuse d’eau. Car curieuse, elle s’approcha de la fontaine et chanta :  « Coucaïrous, Coucaïrous, sors de ton trou toi qui es si douce…. » 

La grosse bête n’était pas sortie mais avait poussé son hurlement affreux.

La porteuse d’eau n’avait pas tremblé, elle  répéta sa chansonnette :

« Coucaïrous, Coucaïrous, sors de ton trou toi qui es si douce…. »

Il a crié plus fort et la petite fille n’a plus rien dit, plus bougé.

L’animal, persuadé que tous étaient enfermés dans les maisons, s’est glissé hors de sa coquille, hors de son trou. La petite fille a vu une patte, deux pattes, une tête toute ronde et un corps tout carré, gigantesque! Comment ce monstre si effrayant pouvait-il sortir d’une coquille d’œuf toute fragile ?

C’est elle qui lui a donné son nom. Souvent ? sa mamette disait : «  Oh coucaire ! devant une situation extraordinaire – oh coucaire le beau gâteau ! » Coucairous ?           C’était aussi un mot qui voulait dire « chenapan, coquin… » Alors vite, il est devenu son Coucaïrous, un coquin extraordinaire.

Le Coucaïrous a sursauté et vite est retourné dans la fontaine.

- N’aie pas peur mon Coucaïrous,

- Je n’ai pas peur mais c’est toi qui aurais dû trembler ! Maintenant, maintenant personne ne me craindra…. Et je ne pourrai pas protéger le village. Je ne pourrai pas crier sans faire rire ; je n’ai plus qu à partir…

-Ne sois pas en colère, ne bouge pas Coucaïrous, moi je t’aime beaucoup et je te trouve effrayant mais gentil. Je connais quelqu’un qui va sûrement t’aider. Je reviens, tu me promets de m’attendre?

- Bon, oui mais pas plus d’une heure, après je me sauve loin, loin, loin…

La petite fille partit en courant et alla rejoindre sa Mamette. Elle lui raconte tout, tout…

- Tu as raison de l’appeler le Coucaïrous, sais-tu qu’ à Saussan, il y a un endroit qui se nomme ainsi. Peut-être parce qu’il y avait des coupeurs de bois, qui taillaient des entailles ; des couces. La vieille dame continua, Attends, j’ai une d’idées ! .


La Mamette ferma les yeux et creusa son cerveau…

-          Vite, vite, dit la petite fille sinon le Coucaïrous va se sauver!

-          J’ai trouvé dit sa grand-mère, je t’expliquerai en chemin.

Toutes  les deux partirent en courant vers
la Fontaine.

La petite porteuse d’eau appela :

- « Coucaïrous, Coucaïrous, sors de ton trou toi qui es si douce….»

En entendant la formule, l’animal extraordinaire montra sa tête.

Il gronda : – Que veux-tu maintenant ? Tu crois que tu ne m’as pas assez nui ?

-          Mais non, au contraire, avec ma mamette, nous allons t’aider, tu vas voir, fais nous confiance…

Toutes les deux se sont approchées du trou de
la Fontaine et ont expliqué au Coucaïrous, leur idée. Elles allaient le garder fort, grand, gros, aussi grand, aussi gros, aussi fort que sa voix., aussi effrayant, mais gentil, très gentil….

Et alors que s’est-il passé ?  Et bien je vais vous confier un autre secret.

Elles ont réuni des enfants, les plus sages les plus gentils comme vous ; et avec la porteuse d’eau, avec
la Mamette, en cachette, sans s’effrayer de sa une grosse tête, de son museau, de ses dents pointues, de son gros corps poilu tout vert, de ses yeux malins, de ses longues oreilles, jour après jour, ils l’ont nourri de plein de bons légumes, de gros fruits, de raisin surtout…

Depuis le Coucaïrous ne mange pas de petits enfants, il n’aime pas la viande, non ! non! Il n’a même plus de dents.  Notre Coucaïrous, est un gourmand mais il dévore des salades, des carottes, des navets, des pommes, des poires, des figues, des jujubes, des grenades aussi… et du raisin surtout…

Peu à peu, le terrible Coucaïrous, gros comme un dragon est devenu l’énorme, l’effrayant monstre que vous voyez, mais si gentil, si gentil pour les petits enfants..

Pourquoi fallait-il le garder? Et bien voilà un nouveau secret :

Le Coucaïrous est le protecteur de notre village, si quelqu’un de méchant se présente ici, vite le Coucaïrous sort de son trou et chasse le vilain en hurlant puis après il retourne dans sa Fontaine.

Mais nous à Saussan, nous savons qu’il ne mange pas les gens, que les légumes et les fruits.

En plus, la petite fille lui avait demandé quelque chose :

«  Coucaïrous, lorsque qu’un ami vient te dire bonjour ou te demander de l’aide, en te disant appelant (souvenez-vous de la formule…)

« Coucaïrous, Coucaïrous, sors de ton trou toi qui es si douce….»,

et bien tu fais très peur avec ta grosse voix ;  alors maintenant, si tu le veux bien, au lieu de hurler, je te demande de siffler et nous sifflerons avec toi…

-          -D’accord à répondu le Coucaïrous.

La petite porteuse d’eau est partie dans toutes les rues du village en dansant et en  chantant :

-          A la fontaine romaine,

-          Il y a longtemps je suis passée.

-          Le Coucaïrous j’y ai trouvé.

-          C’est ainsi qu’autrefois on l’avait nommé.

-          Vous le verrez peut-être, tu le verras peut-être,

-          Ou tu l’entendras siffler…SSSSS.

-          Vous le verrez peut-être, tu le verras peut-être,

-          Ou tu l’entendras siffler

-          Si tu es en paix….SSSSSS

-          Entre Brue et fontaine, il habitait

-          Et le village, il veut protéger

-          Tant que les Saussannais

-          Sauront se rassembler.

Depuis tous les ans, Coucaïrous se promène dans nos rues et siffle, siffle et nous sifflons avec lui.

Moi je connais des gens qui sont des amis du Coucaïrous et souvent ils vont lui brosser son poil,  lui frotter les écailles et le nourrir avec des légumes et des fruits pour qu’il reste notre terrible copain de la fontaine. Peut-être un jour iras-tu aussi retrouver les amis du Coucaïrous ?

En creusant l’Occitan  COUCAÏROUS: celui qui fait des « coces » encoches dans le bois.

Couarralhum : un gueux un chenapan…  par extension : espiègle malin, taquin, coquin

Coucairé : pain de pastel

Coucanha : pays imaginaire où tout est prospère (cocagne)

Lieu-dit de SAUSSAN aussi… vers la voie romaine

10 novembre, 2011

Etre un âne…

Classé dans : actualite de retaite,pour le plaisir... — Alain @ 10:44

             J’ai reçu ce beau texte, bien plus long car il comportait une morale et des encouragements… je le préfère ainsi… libre pour chacun de s’y projeter, rire ou méditer 

Je suis né dans un village AIZENAY qui tirerait son nom du latin (je ne m’y lance pas ) signifiant « conducteur d’ânes », sans doute en rapport avec les nombreux moulins à vent qui ponctuaient la région. 

Plus tard, enseignant spécialisé, je suis devenu l’un de ces conducteurs d’ânes, ce vocable si longtemps attribué aux écoliers mal dans leur scolarité. Aujourd’hui, ils sont parents, grands-parents proches de la retraite pour certains.. et dans l’ensemble, mes ânes mal partis sont bien sortis du puits. 

Souvent, je me dis que leur simplicité de réponse dans les situations compliquées, (que d’exemples me restent), me fait regretter de n’avoir et de n’être pas plus âne pour éviter les chemins tordus de la réflexion et les remises en question trop intellectuelles (comme celle-ci d’ailleurs PLOUF !) Je regarderai autrement les ânes Philippe et Martin, de notre village, désormais.      

                 L’âne au fond du puits
 
         Un jour, l’âne d’un fermier est tombé dans un puits. 
         L’animal gémissait pitoyablement pendant des heures, et le fermier se demandait quoi faire. Finalement, il
 a décidé que l’animal était vieux et le puits devait disparaître de toute façon, ce n’était pas rentable pour lui de récupérer l’âne.
        Il a invité tous ses voisins à venir et à l’aider. Ils ont tous saisi une pelle et ont commencé à enterrer l’âne dans le puits.
        Au début, l’âne a réalisé ce qui se produisait et se mit à crier terriblement. 
     Puis à la stupéfaction de chacun, il s’est tu.
         Quelques pelletées plus tard, le fermier a finalement regardé dans le fond du puits et a été étonné de ce qu’il a vu.
        Avec chaque pelletée de terre qui tombait sur lui, l’âne faisait quelque chose de stupéfiant.

         Il se secouait pour enlever la terre de son dos et montait dessus.
           Pendant que les voisins du fermier continuaient à pelleter sur l’animal, il se secouait et montait dessus.
           Bientôt, chacun a été stupéfié que l’âne soit hors du puits et se mit à trotter!
Etre un âne... dans actualite de retaite nfv3bzr0

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