et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

9 mai, 2013

L’école du bonheur, l’école de la chance…

Classé dans : Liens — Alain @ 21:18

Courrier retenu  le 9 mai à propos d’un article paru dans le MIDI LIBRE du 7 mai 2013;

        Je ne sais pas si l’école a pour mission de rendre les enfants heureux, mais je suis convaincu qu’elle a celle leur donner toutes leurs chances d’épanouissement.
         Bravo à ces enseignants, qui,  au-delà de leur compétence, savent transcender leur attention, leur vigilance pour non seulement conduire leurs élèves vers le meilleur de leurs possibilités, quel que soit leur potentiel personnel de départ,  mais également les conduire à le dépasser.

          Il est bien des enseignants, mieux des équipes parfois,  qui par la cohérence de leurs projets, par leur suivi attentif, leur capacité à dépasser les difficultés savent  persévérer et ne pas céder au découragement…

          Ils  sont discrets le plus souvent, et votre article est aussi un hommage envers eux.

         Oui, l’école peut être cet accueil intelligent, ingénieux et valorisant dès la première heure de la journée ; oui, elle peut amener familles et partenaires à  œuvrer vraiment pour tous les enfants, au-delà des différences et même tenir compte de ces différences pour enfin vive ensemble, s’éduquer ensemble, s’instruire ensemble…  Je suis fier d’avoir appartenu et œuvré auprès de ces « animateurs d’intelligence », ces « passeurs de savoir » et je suis particulièrement heureux, en mon automne, d’en connaître semblables  à Nathalie, Anne…

         Ravi que l’Inspecteur d’Académie soit « content », dommage que ces exemples ne soient pas le fonds de la formation de nos maîtres et maitresses.

        Vous savez, les réformes sont nécessaires, notamment celle du temps de l’enfant, mais que seraient elles si des enseignants comme ceux évoqués n’étaient pas prêts à les faire vivre en étant d’abord ;  au quotidien au service de l’enfant…

      Sur le badge d’un enseignant au Portugal, j’ai lu «  Nous donnons une chance au futur : nous sommes professeurs… ». Belle conviction, non ?

7 mai, 2013

Le référent.

Classé dans : Liens — Alain @ 22:51

        J’ai vécu le dérèglement de notre école, d’autres aussi certainement et, nous n’avons pas réagi, pas suffisamment. Parfois, un sursaut nous donnait le courage de braver la routine, de prendre des initiatives,
petites mais réfléchies. Je me souviens, dans notre groupe scolaire, nous avions, instauré un décalage d’une demi-heure dans la journée, (3 h ½ le matin et 2 h ½ l’après-midi changeaient déjà, un peu, l’accueil de début de journée et la fatigue post-repas). C’était un apport minime mais déjà satisfaisant…

            J’ai vécu, aussi, avec intensité, ces moments de fierté d’un enfant qui présente à ses parents, grands-parents, son école.

          Aujourd’hui où les familles sont vues comme coupables de mauvaise éducation, d’indifférence, d’égoïsme, ce n’est pas le moment de distendre encore les liens qui les unissent à l’école.

             Une proposition intelligente mais évidemment écartée par le Ministère, aurait été que les enseignants utilisent le samedi matin pour les deux heures de récupération camouflées en soutien… Refusée, ce sont des miettes de temps, après ou avant le repas de midi, qui sont retenues.

             Le compte est bon, c’était le principal non !

             Oui, le temps de l’enfant est trop important pour qu’on le laisse aux seules envies des adultes. Investir dans la jeunesse pour donner une chance à l’avenir, c’était notre devoir, nous l’avons oublié, pire saboté…

           Le dernier arrivé, je ne l’avais jamais rencontré dans notre commune, est resté assis, les mains fortement serrées sur ses genoux et les yeux fixés au sol. Il s’est exprimé doucement. Il fallait tendre l’oreille.
- Moi, j’étais éducateur des rues, presque aussi marginal que mes ados ! On se respectait, ça n’allait pas sans bavures, mais j’étais au milieu d’eux et ils le savaient.

              Souvenez-vous, le Plan Banlieue, pendant son élaboration, j’y ai cru ! Il a été décrété et je n’y ai pas retrouvé mes petits. Pire, son inspiratrice a pété les plombs pour revenir au plan Karcher…

              Plan Banlieue, j’aurais dû me méfier ! Pourquoi ne pas lancer « Cent propositions pour tous les jeunes », ce qui aurait fait moins O.R.S.E.C. et plus souci global de la jeunesse ?

             Je suis devenu un « Référent », plus près du surveillant que du grand frère.

             Moi aussi, avec ma psychologie de contact, je dirais bien de terrain mais j’ai entendu un ministre en parler comme d’une expression triviale, je me suis fait mes convictions.

            Enfance, jeunesse, c’est un ensemble qui se subdivise en étapes de développement intellectuel et physique. Il se personnalise selon l’environnement familial, social, géographique et culturel. Ce ne sont pas les
individus qui créent ou amplifient leurs diversités. Ce sont les réponses que leurs conditions de vie les conduisent à donner à leurs exigences essentielles et surtout à leur besoin de reconnaissance. Toutes mes initiatives dans mes rues, n’étaient pas socialement heureuses mais que pouvais-je proposer pour changer cela ?

                             Avec mes collègues, avec mes jeunes même, nous discutions à n’en plus finir et, assez souvent, il en sortait un geste, un acte collectif dont nous étions fiers.

            J’en ai à votre disposition si vous le voulez, plus que de récits de voitures brûlées, de tags ou d’incivilités.

            Je voudrais, en contre point des bagarres de bandes, parler des maisons de personnes en détresse retapées par ces mêmes « voyous », des ateliers vélo, informatique, des jardins retournés.

                 Pas pour rien, bien sûr, pour leur « local », pour des vacances ensemble…

             – ! Avant, je voyais mes ados réfléchir, essayer, réussir, rater, recommencer … Maintenant, je confirme, ils vont se rééduquer en camp, traînent leur bracelet ou disparaissent dans la clandestinité.

Les révoltes sont moins bruyantes mais la rage s’accumule,
un jour l’éruption jaillira, violente, incontrôlable, forcément !

            Des réussites individuelles abusent les médias. Elles laissent croire que la seule bonne volonté, la seule ténacité suffisent pour émerger de la grisaille des cités ou des villages délaissés…

           De là à estimer que les autres y mettent, eux, de la mauvaise volonté pour s’en tirer, il y a un pas, un mauvais pas, que les bien pensants allongent trop aisément.

              Ma petite expérience, frottée à celle de mes collègues, me donne l’éclairage de ce qui marche : Emmaüs, les Ateliers des Restos, les Orphelins d’Auteuil, les foyers de M.J.C., les P.R.J… Toutes ces œuvres discrètes et actives, nous ont persuadés que c’est ce tissu social, adapté à son environnement qui était la véritable chance pour nos jeunes, donc pour notre avenir.

Plutôt que d’encadrer, normaliser, réprimer, il aurait était plus efficace de soutenir, élargir les initiatives des collectivités locales adaptées à leurs réalités.

            Le bénévolat aurait pu rester l’essentiel de cette trame si des encadrements, des soutiens pros leur avaient garanti la stabilité.

             Moi aussi j’insiste, que d’associations formidables ont perdu leur efficacité ! Car l’ennemi spécifique du béné-volat est l’usure, le vieillissement de ses membres.

              Si la relève possible se décourage, l’engagement meurt.

             Je souligne encore, cette érosion humanitaire fut largement augmentée par la disparition de toutes les œuvres laïques qui entouraient l’école, les familles, éteintes après la suppression des subventions.

              Je voudrais ajouter que pour nos jeunes, le temps des centres de loisirs, des foyers, des équipes de sport s’est tanné en peau de chagrin.

              De nombreux lycéens mènent une double vie, études et travail, pour simplement survivre.

            En 2009, le MIDI LIBRE faisait état d’enquêtes les évaluant à 20 % déjà. C’est largement dépassé aujourd’hui et les collégiens s‘y mettent aussi.

              Pas des petits boulots pour l’argent de poche, pas des emplois d’étudiants pour financer les frais d’inscription, le logement, le repas, les bouquins…

           Non une quête de rétributions pour que survivent leurs familles, simplement.

            Le quotidien, en ce mois de mai, encore remuant, le dernier, écrivait :

«Pour la première fois, dans la société française, nombre d’enfants ne verront pas leur situation sociale s’élever au-dessus de celle de leurs parents et ce malgré leurs études… »

             Un avertissement qui n’a pas été suivi d’effet, à l’évidence !

             Non seulement ces adolescents, soumis aux exigences vitales du quotidien ont perdu leur indépendance, mais leur amertume se mue en colère. L’inégalité flagrante entre eux et les nantis se creuse.

             Les Etudes sont ouvertes à tous, mais comment les rendre possibles lorsque le temps n’est pas extensible et la fatigue fréquente ?

          Bien sûr les Grandes Ecoles sont accessibles aux élèves des zones précaires, mais comment se réclamer d’une appartenance à une zone d’enseignement prioritaire ? Comment prouver ses capacités lorsque leçons,
devoirs, alternent avec gagne-pain sur un chantier, dans un magasin ou recherche constante d’un « petit boulot » ?

            « Ils apprennent les réalités du travail, la valeur de l’argent ! », ont objecté les moralisateurs à ceux qui s’inquiétaient de cette généralisation.

             « Valeur du fric !» moi je peux vous dire qu’ils apprennent surtout sa pression par la peur d’en manquer.

            Ils ne cultivent plus qu’une volonté, s’en affranchir, par tous le moyens…

              Le commerce souterrain a un bel avenir en dépit des risques.

             Je n’ai pas évoqué l’Ecole parce que ce n’est pas trop mon truc, mais souvent, quand ça tournait mal avec un gosse, son frère m’en parlait. Lorsque c’était un problème scolaire, je rencontrais les instits.

            Moi aussi j’ai compris et je tiens à vous le dire : rien n’est possible sans prendre en compte l’Ecole, dès la maternelle.

            Que de confiance donnée aux familles en difficulté, que d’élans impulsés mais que de suivis avortés !

           Une équipe solide à l’école, dans son agglomération, son village, son quartier, sa ville est une vraie, la seule chance peut-être, pour exploiter les ressources offertes à notre pays à travers sa jeunesse.

            A condition de ne pas tout gâcher ! Mais peut-être n’est-il pas trop tard ?

25 avril, 2013

Tonton Flic et les « sauvageons »

Classé dans : Liens — Alain @ 22:27

                    C’est sur le même ton caricatural, appuyé d’un sourire moqueur, qu’un costaud, décontracté, en short, même par cette journée d’hiver plutôt fraîche, j’en frissonnais, lui a répondu :

                    – Je n’ai pas eu d’enfants ; je ne suis pas éducateur. Je suis un gendarme retraité prématurément, après m’être montré mou dans l’expulsion d’une fillette et de sa mère. J’aime l’ordre et pourtant, je ne suis pas d’accord avec vous, Madame.  Je suis Gilbert et heureux d’être ici !

                  Je me suis intéressé à l’univers de notre Ecole, aux mouvements qui la secouent surtout. A ces agitations qu’il m’avait fallu réprimer parfois.

                 Il est facile, trop facile de tout mettre sur le dos des enseignants qui sont les témoins privilégiés des possibilités et des écueils de notre système. Ils en sont ses instruments mais pas ses concepteurs !
               Encore heureux qu’ils aient manifesté leurs inquiétudes, car hausser les épaules, et se satisfaire de bonus, samedis libérés, indemnités sans véritables justifications… auraient été beaucoup plus aisés qu’une journée de salaire en moins. Les collégiens, les lycéens, les étudiants, encore marqués de frais par les déceptions de leur scolarité, déjà inquiets des débouchés de leurs études, n’étaient-ils pas, eux aussi, révélateurs des marasmes de notre Education Nationale ? Ma nièce, Natacha, élève de 3ème, devenue autodidacte pour retrouver les richesses disparues dans des programmes réduits au plus basique, m’a confié : « Tonton flic, – et oui quel irrespect !- Je voudrais une Ecole où on ne s‘ennuie pas, où les leçons sont vivantes, où profs et élèves s’écoutent, communiquent, se respectent. »

               J’ai rencontré bien des enfants perturbés mais aussi bien des élèves performants. Ils apprennent, parce qu’ils ont une volonté forte, une famille motivante, des enseignants qui résistent encore et, jour après jour, se soucient plus de leurs progrès que de la valse des textes.

              Plus notre Ecole s’est enfermée dans l’obéissance, plus j’ai voulu comprendre.

             Le manque d’écoute des responsables et le manque de clairvoyance de notre Autorité, sont amplifiés aujourd’hui par les perturbations sociales et économiques, celles qui devaient être si rapidement réglées…
Elles en accroissent la rapidité de cette course vers le béton.

           Comme vous, Catherine, j’ai regretté la suppression du samedi matin, sans véritable concertation avec les parents, les enseignants, les éducateurs, les spécialistes… Voilà une grande réforme démagogique, qui n’a rien coûté et peut rapporter gros en heures récupérées.  Où est l’enfant là-dedans ?
            Je partage totalement votre analyse. Certains parents qui ont des occupations lointaines le week-end, eux sont satisfaits. Cela ne représente qu’une minorité, même si les autoroutes sont chargées.
                Pour les enfants du samedi matin maintenant l’emploi du temps, c’est : courses, nounous, TV, la rue pour beau-coup et de plus en plus jeunes.
Combien d’élèves bénéficient-ils vraiment de repos et de l’attention de leurs parents ?
          Je vous copie, je vous répète, veuillez m’en excuser, mais laisser déborder ma science récente et constater qu’elle est l’écho de vos idées, me confortent tellement que, tant pis, je répapie !Vous voyez, même un gendarme peut apprendre beaucoup en écoutant, en observant, en lisant.
           Alain vous l’a dit, et moi, j’aurais pu le faire : j’aurais pu postuler pour devenir, selon les nouvelles normes du recrutement ouvert à tous les fonctionnaires, Directeur d’Etablissement !
              Certains de mes collègues, agents de l’Etat de plus de dix ans d’ancienneté, l’ont osé… Sans vergogne !

                 Il a fallu la tragédie de cet enseignant pour que je me forge l’audace d’enfin parler d’un sujet qui me passionne. Discret, jusqu’à ce jour, je ne vais plus me taire désormais.

             Après un silence, pour donner corps à son affirmation sans doute, Gilbert a repris :
          – Je vous l’ai dit, on ne m’arrête pas, ce serait un comble pour un gendarme.

             Je n’ai pas souvent l’occasion de tirer souvenirs, réflexions et émotions de mes placards à secrets. Pourtant je vous demande, l’écoute de cette petite histoire, pour vous notamment, les animateurs.

              Un jour, j’étais en poste dans le Tarn, notre petite gendarmerie a été éveillée par les cris de campeurs furieux : durant la nuit, leurs tentes, leurs installations avaient été renversées par des jeunes arrivés en silence sur le terrain… Vengeance était requise.
             Nous avons vite identifié les vandales.
            Un groupe d’une vingtaine d’ados franciliens s’était installé, pour la nuit, au bord de la rivière, près de l’ancien cimetière, avec l’accord du curé.
           J’ai envoyé chercher les responsables de l’équipe sauvage, deux jeunes hommes de vingt-deux, vingt-trois ans, à peine plus âgés que leurs ouailles.

                 Toute l’année, ils avaient mobilisé les plus grands de leur M.J.C pour gagner de quoi fabriquer leurs canoës eux-mêmes. Ils avaient additionné les petits boulots de service pour financer leurs dix journées de descente entre Florac et Millau, en juillet, loin de leurs aléas quotidiens.
              Dans l’ensemble, les journées, la répartition des tâches et le respect mutuel s’ordonnaient bien.
              La veille au soir, au terme d’une descente particuliè-rement chaude, chacun semblait plus près du sommeil que de l’agitation ; en tout cas, nos deux animateurs, eux, avaient sombré.
              Nos pirates, bien énervés par leur émotions aquati-ques certainement, se sont relevés en douce et ont semé la panique dans le camp plus loin.
             Une belle partie de rigolade !

              Que faire ? Les responsables nous ont fait partager leur année, leurs réussites, les rechutes et leurs espoirs… Un signalement judiciaire pouvait tout remettre en question. D’autant plus que certains jeunes avaient déjà marqué les archives policières.
                Nous les avons laissé agir. Ce fut, d’abord, un grand moment de silence glacé sous le soleil déjà ardent. Le demi-cercle de regards fixés au sol était éloquent ; les quelques mots des animateurs encore plus:
            – Rangez tout, ramenez les bateaux, c’est fini, on rentre !
                 Et demi-tour … Plus rien, que leur dos. Pas un mot de notre entretien pourtant connu de tous.
            Peu à peu, des propos, trop bas pour être compris, se sont échangés, accompagnés de regards furtifs. Un vrai débat s’est installé, gesticulé, émaillé de vocabulaire sonore et haut en qualificatifs, par eux traduisibles seulement.
Puis, pas un ou deux, mais tous sont allés rejoindre Francis et Rémy qui déjà bouclaient leur sac.

            Ce qui s’est dit, de notre poste de guet retiré, nous n’en avons rien su.
Nous avons accueilli, à la gendarmerie, une bande de repentants.
Sous notre conduite, sans la tutelle ou l’intermédiaire de leurs bergers, ils ont entrepris de présenter leurs excuses, redresser les tentes, remettre en ordre chaque emplacement.
              Ensuite, ils ont procédé, dans le terrain de camping et dans le village, à une véritable opération de nettoyage. Pas de pagaies aujourd’hui ! Pas de pagaille non plus !
             Le soir, une belle fête a rassemblé les saccagés de la nuit, les villageois, les « barbares » et nous, les pandores.
                Une vraie, rare, sans besoin d’excitants autres que le partage d’émotions.
               Pour achever ce souvenir, j’ai appris qu’à Millau, terme de leur aventure, ces loulous élevés au jus de la rue, avaient subi injures et provocations.
              Devant un bistrot, des gaillards locaux, bien éméchés, ont voulu interdire, manu militari, le trottoir aux Parigots. Défis lancés en pure perte.
Même les bousculades violentes ne les firent pas dégonder.
              Mes collègues sont intervenus sans qu’aucune riposte, verbale ou gestuelle, ne jaillisse. Rémy m’avait donné en référence, et j’ai pu expliquer cette attitude à l’officier sur le terrain, un peu éberlué par cette passivité.
              J’ai joint Francis au téléphone dans la matinée, avant leur départ vers l’Essonne.
               Il bouillait encore et ne comprenait pas. Lui, le calme, le responsable, avait fermement été retenu par ses ados.

             Il n’arrivait pas à supporter sans réagir cette agres-sion. Il aurait voulu discuter, expliquer, faire ami-ami ou riposter.Un comble ! Ses jeunes en savaient mieux que lui l’inutilité à chaud, que « s’écraser et se tirer » était la seule façon d’éviter la bagarre. Ils s’étaient promis, sans l’exprimer, ce soir de fête, de ne plus « déconner ». J’ai gardé quelques contacts, épisodiques, avec les deux éducateurs. J’ai même revu plus tard, bien plus tard, des garnements du camping. Certains sont revenus sur le terrain de leurs exploits avec femme et enfants. Que leur racontaient-ils ? Peu d’entre eux, je le crois, ont oublié ceux qui un jour ont pardonné. Ceux qui ont préféré la sanction méritée, par eux amplifiée même, sans humilier, sans l’aggraver… Ils ont apprécié la réhabilitation intelligente et conservé l’émotion de se savoir, sincèrement, acceptés. De cette fête partagée, Brassens aurait chanté, « …qu’elle leur avait chauffé le cœur et que dans leur âme, peut-être un peu, elle brûle encore… »

             Je souffre aujourd’hui de tous ces jeunes incarcérés, embracelés, ces jeunes pour l esquels en trop grand nombre la peine de mort par le suicide a été rétablie ! Ces jeunes qui vieillissent dans la méfiance d’une société qui les fragilise.Ces jeunes, ces beaucoup moins jeunes aussi qui deviennent des maquisards, des pourchassés, des inquiets, des inquiétants… Voilà ! Ne souriez pas trop d’un vieux con encore attendri par ses propres mots et veuillez excuser mes dérapages mais ils ont une force que je ne sais pas exprimer plus simplement !

23 avril, 2013

DRÔLE D’ECOLE POUR KILLIAN..

Classé dans : Liens — Alain @ 19:46

            – Bonjour les trois grands ! 

            Trois avec un peu d’imagination parce que leur gros plan me laissait peu de chance d’apercevoir Yann. 

           – Je ne m’amuse pas mais je vais bien et je suis contente de ce que je fais. Savez-vous quoi au juste ?  

            Killian n’a pas laissé le temps à Juliette de s’aligner au départ, il a foncé : 

              – Ouais !‘’Oui’’, a grondé le papa. Quand j’étais là, il laissait passer…  Toi et tes copains, vous n’aimez pas l’école. Vous en voulez une autre !  

          A peine le temps d’un soupir, insuffisant pour ses voisins, et Killian a déclaré : 

          – Moi, j’en veux une au fond de la mer ! » 

          Triple regards convergents et interrogatifs vers lui… 

          - … On aurait des tuyaux, pour sortir de la grande bulle. On rencontrerait tous les poissons, même des pas connus… 

         On irait dans des fermes et on apprendrait à manger des algues… 

         Balle à Juliette, elle rentre dans l’histoire de son frère et s’inquiète, pratique : 

        -  Comment tu irais? 

        – Ben en ascenseur à air, directement dans la grosse bulle en verre, tiens ! » 

        C’est évident, ma chère sœur ! 

        Elle joue le jeu : 

          -Tu apprendrais à lire, à écrire et à compter là-dessous ? 

           – Il faudra bien ! (ça y est, il a plongé !). Sinon comment on pourrait connaître tout ce qu’il y a au fond ? On ne saurait pas comment ça marche ou comment ça vit ! 

       – Et écrire ?           

           – Encore plus besoin, si on veut marquer tout ce qu’on trouve, si on veut le raconter aux autres sur la terre et dans les écoles des autres mers… 

            – T’auras un ordinateur ? 

         – Forcément, le papier ça ne tiendrait pas longtemps dans le mouillé ! Même avec l’ordinateur, il faudra quand même écrire, dessiner, mettre des photos… pour tout garder. 

- Apprendre à compter, alors ? 

    – Fastoche ma vieille : dans la mer on compte tout ; il y a des milliards de poissons. 

       Il ouvre largement les bras pour embrasser cette multitude. 

            -Des crabes. Moins de baleines, mais c’est plus gros. Les requins aussi faudra les compter, en faisant attention… 

          -Tu resteras dans la mer plus tard ? 

            -J’sais pas, j’suis trop petit. Pis, après la mer, je voudrais avoir une école de rivière, de montagne, de désert, de forêt, de jouets ( !) … 

      -Tu n’as pas fini d’aller en classe ! Essaie-t-elle de le décourager. 

        -Ça fait rien, si ça me plaît…   

        Et c’est nous qui cherchons comment justifier l’Ecole, mettre les enfants en appétit… 

          Ni Yann, ni moi, n’avons interféré dans leur échange. Ils étaient tellement dans leur jeu de construction que nous immiscer aurait tout brisé… 

          Un jour, je leur dirai que ce n’est pas si loufoque cette idée d’une Ecole perpétuelle et omniprésente… 

           Peu de place pour Yann et moi lors ce premier rendez-vous. 

           Quand nous avons commencé à parler de ma journée, les deux curieux, ont foncé, surtout lorsque j’ai raconté la rencontre avec Karine et avec Sylvain. 

          Lui, ils le connaissaient. Les conversations surprises, la télé, et toujours Radio Copains… 

          J’ai dédramatisé. J’ai dit la vérité : je n’avais pas vraiment eu le temps de lui poser de questions. On verra plus tard… 

           Ils se sont enfin lassés et j’ai pu retracer les grandes lignes de ce début de séjour parisien. L’accueil des horlogers, l’arrivée et la rencontre avec Karine, l’organisation de notre session, la découverte de Sylvain, mon trac sur la piste, le retour en métro et mon optimisme… 

           Yann a donné son appréciation notée : « 15 sur 20, semble à l’aise ! » 

           Quant à lui, rien de spécial, du courant… Menteur ! D’habitude, il est au bureau, ne prépare pas les repas, ni les vêtements des enfants. En revanche, il participe bien au ménage en fin de semaine et se spécialise, en vaisselle, dans la catégorie gamelles… 

           Donc pour le courant, il repassera… Non quand même pas, pour le linge, j’ai prévu quelques heures de chèque emploi… 

             Une voisine vole à son secours… 

          Il est un peu agacé pourtant : jamais son père, mes parents et surtout sa mère n’ont éprouvé si souvent la nécessité de le joindre. Inquiétudes, manque de confiance, traduit-il ! 

             Il a interdit les visites, si je peux revenir samedi et dimanche, mais il ne peut museler le téléphone 

        Le comble, c’est lorsque Juliette et Killian s’emparent du combiné avant lui… Il a l’impression de les entendre faire leur rapport et se délecter à détailler ses initiatives ménagères… 

        Il n’arrive même pas à détourner la conversation vers moi. 

       Après des câlineries virtuelles, c’est chaud l’éloignement, nous avons renvoyé au lendemain la suite du feuilleton familial…

22 avril, 2013

Mariage homosexuel

Classé dans : Liens — Alain @ 21:45

En 40 ans d’enseignementn, j’ai eu à m‘occuper de beaucoup de familles, la plupart hétéro. Certaines autres étaient homo (par choix a priori ou par recomposition)

                   J’ai rencontré bien des cas de couple hétéro, mariés ou non, pour lesquels j’ai souhaité, en moi-même, la séparation afin que l’enfant retrouve un peu de paix, perde son angoisse, ce fut rarement dans les couples homo qui, lorsque l’équilibre existe sont aussi affectueux, attentifs, éducatifs que les familles hétéro unies.

                   Peut-être que la décision, les difficultés sociales qui accompagnent ce choix de vie conduisent à une plus grande force familiale ?

                  Alors pourquoi pas la reconnaissance républicaine LIBERTE EGALITE FRATERNITE

                 Question : le Christ, cette victime des fanatiques du temple  aurait-il  défilé avec Madame BOUTIN et Mme BARJOT?

21 avril, 2013

Des plus jeunes aux plus anciens….

Classé dans : Liens — Alain @ 19:26

                  Durant toute l’année, je participe, avec bonheur, à des animations pour enfants, d’âge pré scolaire ou déjà écoliers…  Je croise des collégiens, des lycéens… Ces rencontres furent, en 50 ans, l’essentiel de mes activités professionnelles et associatives. Responsable de Maison de Jeunes, j’ai vécu bien des moments denses, parfois difficiles, souvent chaleureux avec des jeunes gens… Animateur d’un groupe de Mémoire, j’ai longtemps entendu, suscité, noté bien des témoignages. Plus récemment, J’ai aimé retrouver, toutes générations confondues, les acteurs et les spectateurs de notre fête du village… Que de plaisir partagé dans ces échanges autour d’un repas au pré et dans le pari un peu fou de notre spectacle de rue !

             Ce dimanche , c’était le repas des anciens : comme il y a la fête des enfants à Noël, celle des jeunes dans les éclats de juillet, il y a aussi celle des plus âgés. 113 personnes ont répondu à cette invitation traditionnelle ; ceux que les circonstances ont empêché de participer à cette journée, recevront un petit colis de sympathie.

               Ce fut, encore une fois, un moment extraordinaire de convivialité,  de plaisanterie, d’émotion aussi. C’est l’occasion de faire revenir, le temps d’une évocation, ceux qui ne sont plus, de mêler  les souvenirs tissés dans le village ou sous d’autres cieux. Quelle richesse que ces origines différentes !

                 La qualité de la table est certes importante, celle de la musique et des danses aussi, musiciens, chanteurs, chanteuses furent très appréciés ; pas question de bouder non plus le rituel numéro burlesque de nos trois courageux évocateurs de Bécassine, mais l’important, quand même, était bien d’affirmer que l’âge n’est pas un malheur et que ce que nous avons vécu, toutes ces expériences rassemblées, avec leurs bleus et leurs sourires, dessinent un bel  espoir pour ceux qui suivent leurs aînés.

                      Il est important, même pour ceux qui deviennent de nouveaux Saussannais, d’honorer, par des commémorations, par des cérémonies de vœux, par des journées du patrimoine… l’histoire du village, sa population d’hier comme celle d’aujourd’hui.

                      C’est avec chaleur, que furent salués nos doyens. Leurs sourires sont les meilleurs symboles de cette vitalité à laquelle nous aspirons tous lorsque s’additionnent les années.

                      Tous ceux, les « âgés » comme nous baptisait, ma petite fille qui, à cette occasion, ont reçu ces marques d’amitié et de respect ont évoqué les jours passés, mais aussi, surtout même parlé d’avenir. Dans bien des conversations revenait  l’espoir que leurs enfants, petits-enfants  pourront un jour, à leur tour, paisiblement, jeter un coup d’œil par dessus leur épaule, et dire : « Que de chemin parcouru ! Qu’il est bon de prendre le temps, un jour chaque année, de feuilleter les  pages que chacun a remplies » » 

                      Dans de nombreux villages ou villes de France, ces journées des Anciens sont programmées, si elles sont aussi marquantes qu’à Saussan, alors, il est bien beau de vieillir.

                Un grand merci à tous ceux qui œuvrent pour qu’elles puissent se réaliser.

                    Un grand merci à tous ces enfants qui ont dessiné, écrit et permis à chacun de serrer des petites cartes de bonheur.

 

 

 

18 avril, 2013

D’abord une école pour l’enfant…

Classé dans : Liens,POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 21:12

En 2009, j’ai écrit puis fit publier un livre «…  et l’école renaîtra de mes cendres !».

Bien sûr aussi, les ventes en furent limitées. Il me valut surtout des rencontres diverses et quelques débats en général consensuels et insatisfaisants…

               J’avais écrit parce qu’après 40 ans d’Ecole, 60 ans si je compte mes années d’élèves, après avoir connu de petits établissement de 15 élèves au total, d’autres très importants, de 40 classes à Paris, des écoles de campagne en Vendée et dans l’Yonne, des écoles du 16ème parisien, de la banlieue chaude, de la  banlieue huppée et des grands ensembles pompidoliens, enseignant spécialisé en classes multifonctions, enseignant en classe ordinaire ou en classe d’intégration, directeur de 6 classes puis de 13 classes, jamais déchargé d »enseignement, j’ai gardé intact, ma vocation et ma foi en l’Ecole.

               La casse systématique des fondements de notre institution : la formation des professeurs, l’attachement de l’établissement à sa population, le fichage des enfants, la sape des soutiens, le rabotage du nombre des enseignants, la perspective der regroupements des écoles dans de grandes structures encore plus déconnectées des réalités, la semaine amputée… L’apaisement des contestataires tièdes, pas des « désobéisseurs » auxquels j’ai dédié mon livre, par la menace, les sanctions et les compensations indemnitaires, même pour corriger
des évaluations… m’ont conduit à me libérer… sur le papier.

              C’était la première et sans doute la seule fois, si on oublie des articles, naguère dans l’EDUCATION, et quelques interventions radiophoniques J’espérais bien qu’avec le changement de gouvernement, ma colère deviendrait caduque. Je me suis empressé de correspondre avec les candidats à la Présidentielle et aux législatives, avec des réponses souvent positives.

               Pendant toutes mes années professionnelles, j’ai rencontré bien des réformes, pédagogiques et globales, des élus, un ministre dans son cabinet, un autre au bout du fil… J’ai participé à aux moins deux consultations-réflexions, à des colloques sur le temps de l’enfant, à des « Nouveaux programmes »… J’ai beaucoup apprécié et cru à la mise en place des Conseils d’Ecole, de cycles, des Projets d’Ecole….

               Ce que je disais, seul ou avec mes amis, lors de ces rencontres, ce que j’ai essayé de traduire dans mon livre, c’est que :

               L’Ecole, c’est avant tout un enseignant et des élèves, « des apprenants ».  A travers tous la aléas de notre institution, à travers toutes ses facettes très inégalitaires suivant, la période, l’implantation, la bonne ou la mauvaise volonté locale, les ressources généreuses, (trop ?) de Paris à celles limitées de villages, seule la compétence, l’ingéniosité, la bonne volonté, l’engagement de l’instituteur (celui qui institue, fonde) plus que celui qui professe ( celui qui expose) prévaut a minima.

               Nous avons tous connu de ces maîtres (Ceux qui servent de modèles) qui, parfois sévères, parfois bon enfant, justes, accueillants, valorisants, avec lesquels on pouvait dire en début de cours « C’est difficile ! » et à la fin «  Fastoche ! », de ces maîtres qui donnaient envie d’apprendre, poussaient à comprendre et connaissaient
assez nos limites pour les pousser un peu plus loin…

               Je ne parle pas des autres, adeptes du Bled ou autres livres d’exercices à outrance, ni des guitaristes, ni des sportifs dont le but essentiel est que la classe les  aime bien… Ni des amateurs de pouvoir… Ni des paumés, d’origine car égarés dans leur orientation, ou devenus paumés, parce qu’usés par la remise en question permanente de la conduite d’une classe, par des perturbations personnelles incompatibles avec l’attention à des enfants « qui ne font pas de cadeaux », de ces enseignants qui sombrent dans la dépression, l’alcoolisme, « l’abstraction » me disait l’un deux, puis l’absentéisme réel…

                Restons avec ceux qui  ‘’tiennent le coup et veulent avant tout assumer, chaque jour leur engagement .Dommage pour les élèves des autres, bien sûr, mais voilà ma première revendication

                Que chaque enseignant soit bien sélectionné dès le départ, bien formé, psychologiquement, pédagogiquement et qu’il soit, vraiment, suivi, épaulé, tout au long de sa carrière.

                Pour les établissements qui, rarement spectaculaires, accomplissent au mieux leur métier, les conditions, hors des qualités individuelles, sont assez simples et étaient l’objet des différents conseils de l’Ecole, c’était ma seconde revendication :

                Que, dans toutes les écoles, existe une équipe bien définie, structurée en cycles, liée avec le niveau préélémentaire, conservé dans sa spécificité surtout, et avec la 6ème. Que la prise en compte de l’élève soit effective et connue de tous depuis son entrée dans l’établissement jusqu’à sa sortie… Que des liens concrets assurent la transition entre chaque niveau…

                   Que ce soit par un conseil coopératif, un conseil d’établissement le code de vie collectif, se doit d’être conçu, adapté, adoptée puis en œuvre par tous… 

                    Il est évident que le rôle d’animation, de synthèse, de suivi des orientations, des relations avec les partenaires  périscolaires doit être tenu par un responsable, le directeur (celui qui est attentif à l’application des décisions et des consignes).

                   Des enseignants bien formés et épaulés, une équipe cohérente, bien animée, un responsable compétent, il ne reste plus qu’à leur donner un cadre, des ressources générales et locales adaptées.

                   Locaux, fournitures, entretien, réalisation des projets de pédagogie différenciée, de moyens pour la mise en œuvre des projets d’éveil, de découverte de renforcement… sont beaucoup trop dépendants des ressources et de la bonne volonté locale…
Même la réforme du temps de l’enfant (a et périscolaire) en sera tributaire.

                   Les établissements qui veulent faire vivre leurs initiatives doivent quémander auprès de collectivités publiques, d’associations, d’entreprises, voire se transformer en marchands, organisateurs de loteries, de spectacles… avec des bonheurs très divers.

                      Nombreuse sont celles qui y ont renoncé, parfois en arguant que ces activités sont « hors temps de service, surtout le samedi matin !

                Bien des écoles ont connu l’heureuse complémentarité, voire complicité entre équipes enseignantes et
parents d’élèves pour non seulement les fêtes d’école mais aussi des rencontres autour de thèmes d’éducation, puis de fêtes organisés par les parents d’élèves, puis plus rien… Pas partout !

              La mauvaise foi, autant que le pragmatisme a servi de justifications : pas de moyens pas d’initiatives, pas d’initiatives pas besoin de moyens…

                Des caisses coopératives scolaires riches ne sont pas rares, des achats pour « utiliser les fonds », non plus.

                Troisième revendication : Que l’Ecole soit réellement égalitaire. Non pas que l’on donne à chacun les mêmes ressources mais qu’en fonction de projets bien étudiés, répondant à des besoins de base ou complémentaires générateurs de réponses, d’améliorations pour l’instruction des enfants un organisme soit mis en places pour compenser les déficits locaux.
Pour cela un projet d’école fidèle à sa définition initiale : un état des lieux sur la réalité de la population considérée, ses points positifs, ses difficultés, le catalogue des solutions possibles, de celles envisageables, de leur calendrier de suivi, de bilan… devrait conduire à l’attribution de moyens divers, matériel, humains, financiers… par l’Etat et/ou des tuteurs locaux…
Nous en sommes loin.

                  Ces trois préalables bien établis, alors, alors seulement nous pourrions envisager des réformes circonstancielles : rythme, programme, devoirs…etc.
Réflexions nécessaires mais cautères sur jambes de bois, sans non pas la refondation de l’école mais sa reconstruction déjà, parfois même d’abord sa consolidation !

                   Car, et c’est là l’essentiel, il est des établissements qui fonctionnent vraiment pour le mieux apprendre et le mieux s’éduquer des enfants… Seulement, personne, pas plus les gouvernants que les syndicats , n’en font des exemples, personne, ne les pérennisent et assurent qu’un responsable disparu, une équipe désagrégée, ne fassent tomber dans l’oubli ces modes de vie scolaire…

                 Dans notre pays, dans notre système éducatif, l’aléatoire reste de mise et la bonne volonté éphémère la généralité.

               J’aimerai que les enseignants qui réclament eux aussi «  Une refondation de l’Ecole «  soient sincères et qu’ils soient près à perdre de leur tranquillité pour relever leurs manches, réclamer, certes une reconnaissance et des moyens mais surtout d’abord prouver par leurs initiatives et leurs implication dans leur établissement qu’ils veulent avant tout la réussite de leurs élèves.

                 J’aimerais, comme je l’ai lu sur un badge porté par des instits portugais, qu’ils donnent « une chance au futur rien qu’en accomplissant leur mission de professeurs »…

17 avril, 2013

Les hommes sont faillibles…

Classé dans : Liens — Alain @ 22:35

                Les hommes sont faillibles  c’est une évidence mais il en existe tant qui par delà leur préférence politique sont tous les jours engagés dans des actions altruistes… Ce ne sont pas les marasmes causés par des tricheurs de tous bords qui les perturbent mais le sentiment que leur attention pour accomplir au mieux leur fonction professionnelle, leur engagement bénévoles sont ridiculisés par l’émergence d’iceberg de malhonnêteté

               C’est donné raison à ceux qui prônent la « Réussite Financière » et ironisent sur ceux « qui se font prendre ». Nous sommes tous faillibles et tentés, surtout quand la précarité s’installe, alors ne faites pas douter ceux qui se soucient  des autres. 

               Assez des sirènes qui clament, affichent, écrivent, se gonflent du vent de tempêtes qu’ils enflent eux-mêmes, assez des cibles tous azimuts : «  Nous ne voulons plus de la Droite, de la Gauche, des Communistes, des Frontistes… », de ceux qui ne savent que dire « Non ! » sans se mouiller. Si « Vouloir, c’est dire non » alors la négation est bien servie, et les meneurs bien contents.

               Chaque groupe a ses « bons »… Notamment, celui des personnes qui ne se réclament d’aucune une étiquette. Il faut, ‘’impératif’’, donner de l’espoir et de la reconnaissance aux gens de bonne volonté, qui, sans éclats, dans leur école, leur hôpital, dans leur agence de pôle emploi, dans leur atelier, leur cabinet, leur boutique…, sont au service de ceux qui ont besoin d’être servis d’abord mais aussi  accueillis, entendus,
soutenus, pour ne pas sombrer, pas de vitupérations stériles.

               Le quotidien a besoin d’humanité agissante pas de discours ! D’actes pas seulement d’indignation.

               Les voisins secourables font plus pour éviter la noyade que les conseilleurs

               Oui, nous avons besoin de vérité, mais pas de celle qui paralyse, de celle qui confirme que nous avons à faire à des candidats honnêtes pour nous représenter. Tant mieux s’ils sont à l’aise, ils penseront plus librement à nous, les citoyens ! 

                Surtout ne pas désespérer la générosité et ne pas donner d’occasions à l’égoïsme de s’épanouir. Les jeux du Cirque, sont toujours les bienvenus, à condition, qu’ils ne soient pas des bandeaux sur les yeux et des refuges pour les découragés.

               La vraie richesse, la vraie chance de vie ensemble, c’est la convivialité agissante qui trame notre société !

               Parler vrai, bof… «  A chacun sa vérité » n’est qu’un leurre à recettes multiples ; prouver que les actes sont en accord avec l’esprit social dont l’histoire a montré qu’il était bien supérieur à toutes les étiquettes
populistes, même si l’adjectif fut bien galvaudé, merci Monsieur Hitler, est un impératif vital.

               Il ne faut pas renoncer sur les améliorations sociales (Ecole à reconstruire – droit des minorités – répartition des charges fiscales – des aides….), mais tailler visiblement dans les signes d’aisance des élus, des hauts fonctionnaires, cumuls compris, nombre, indemnités…

               Aujourd’hui, plus que la transparence, que la moralisation, l’exemple concret est de mise…               

                  Mais résister à la rue est peut-être plus facile que résister à l’inertie des parlementaires.   C’est difficile mais indispensable !

15 avril, 2013

Pourquoi je souhaite la réussite de la Refondation de l’Ecole,

Classé dans : Liens — Alain @ 21:40

Pourquoi je souhaite la réussite de la Refondation de l’Ecole, même si les modalités me
dérangent ?

J’ai 70 ans, passés… Je suis né dans un village où le drapeau tricolore était suivi par deux ou trois   Républicains », le 14 juillet et où la fête principale était le 15 août… J’ai connu la dure guerre entre écoles laïques et écoles confessionnelles. Très souvent changé d’école selon les déménagements, j’ai été traité de chouan ou de rouge selon les lieux. Aujourd’hui encore, j’entends de tels propos, « parigot », « ventre-à-choux », « pas d’ici… »

Je le revendique, je ne suis pas d’ici, pas plus que je n’étais de tous ces endroits que j’ai appris à découvrir ; dans l’espace, le temps et leur humanité.

Depuis l’âge de 16 ans, j’ai appartenu à des associations d’entraide, d’accueil, pour retaper des maisons de personnes défavorisées, organiser des soutiens, animer des maisons de jeunes, permettre des vacances pour tous, faire que soit un moment de qualité, donner des moyens aux projets d’école…   Ces engagements bénévoles ont complété mon métier : Enseignant spécialisé dans des secteurs assez chauds,  pour les enfants  aux troubles divers, retards, précocité mal gérée, troubles du comportement, non francophones, communauté des gens du voyage… puis directeur d’école élémentaire en banlieue parisienne  je crois avoir bien rempli ma mission sociale
et continue autant que je le peux.

Ce parcours m’a conduit à rencontrer, m’investir auprès des hommes et des femmes de toutes convictions politiques, de toutes confessions dès lors qu’ils étaient, sont véritablement soucieux d’être utiles aux autres.

Je n’ai pas eu le courage nécessaire pour répondre aux diverses sollicitations et devenir un « élu », politique ou syndical. Je respecte sincèrement ceux qui  s’y engagent et accomplissent avec obstination ce pourquoi on leur a fait confiance. J’en ai connu et j’en connais pour lesquels,  baisser les bras, succomber devant les contraintes, les critiques ont conduit à s’abstraire de leurs engagements, parfois même sans avoir le courage de démissionner pour laisser la place à d’autres.
J’en connu de plus aptes à se servir qu’à servir aussi.

Par contre que de portraits magnifiques je pourrai peindre de tous ceux qui ont rempli, remplissent leur mandat avec générosité, et compétence… Pas forcément sans se tromper, mais toujours avec le respect de leurs engagements, je le répète, au-delà de tous les clivages… et souvent discrètement.

Je suis animé, au-delà de ma bonne volonté, de la conviction que l’Ecole est la première chance du futur. Je n’ai pas peur de dire que j’ai eu très jeune, sans doute dans un petit village de l’Yonne, avec mon instituteur maître unique d’une école d’une classe, la vocation.

Mauvais élève, avec tant de déménagements, tant de conflits à régler en récré pouvait-il en être autrement, j’ai stagné et redoublé, perturbateur plus que cancre ; je ne  me suis passionné qu’en entrant, avec L’Ecole
Normale, enfin dans le mondes des instits.

Pendant dix ans, j’ai tenu des classes pour enfants dits « inadaptés » , c’était le terme alors, au profil hétéroclite, des usines Renault de Boulogne aux grands ensembles pompidoliens… Mes élèves avaient de 6 à 12 ans puis de 12 à 18 ans… Lorsque ces classes furent supprimées pour intégrer le second degré, j’ai préféré rester dan le primaire, directeur chargé de classe.

Je crois, avant tout, par-dessus tout, en l’Education, celle des familles d’abord mais en complémentarité, en compensation aussi des inégalités en celle des institutions. C’est notamment leur mission en ce qui concerne l’Instruction,  ce droit si difficilement acquis pour nous, si récent à l’échelle de note civilisation.

J’ai connu bien des réformes, j’ai cru en au moins deux consultations nationales, j’ai suivi bien des commissions, des colloques, lu bien des études, toutes généreuses, j’ai même écrit à mon tour pour rêver : « Ce rêve auquel il ne manque que la volonté pour devenir réalité ». J’y évoque, en anecdotes romancées, les personnes auxquelles j’ai donné mon estime, mais surtout, je crée, virtuellement, un grand mouvement citoyen, d’où renaît une Ecole pour tous, sans drame, sauf le sacrifice de mon personnage premier, sans cri mais avec force…

Pourquoi exprimer cette fiction ? Parce que j’ai vraiment connu un tel mouvement, à l’échelle de notre groupe scolaire francilien.

Qu’avons-nous obtenu ? Des  équipes cohérentes, des directions motrices, des projets d’école véritables états de lieux et véritables axes d’action. Des actions en rapport avec nos besoins…Un suivi des enfants de la petite section au CM2 par tous les enseignants, dans les cycles et dans les écoles… Nous avons considéré que ce qui était important, c’était les finalités définies dans les programmes nationaux, mais aussi, surtout, le niveau des acquis des enfants, retards et précocité…

Nous n’avons pas attendu que nous soient données les directives et les moyens, (ce qui ne nous empêchaient pas de les réclamer, de nous joindre aux manifestations), nous avons fait ce que nous pouvions avec ce que nous avions et essayer de nous doter de ressources complémentaires…

Surtout, surtout, nous avons pu constituer autour du groupe scolaire une grande communauté de partenaires, parents, responsables locaux, associations…

MAIS, le problème essentiel réside dans la fragilité de ce montage, ses acteurs disparaissent et tout devient aléatoire… Un élève déménage, change d’école et rien n’assure qu’il retrouvera dans sa nouvelle structure, une attention, une liaison, enseignants/Familles aussi efficace…

Je mes suis battu et j’ai crié, je ne fais plus que rarement, j’ai fréquenté les couloirs des élus, des responsables syndicaux, le cabinet de ministres rue de Grenelle, discuté avec eux par radio interposée… Courrier et entretiens furent rarement polémiques mais aussi rarement productifs… Ils ne soulageaient, omentanément, que moi

Bien des établissements vivent en France de belles initiatives, plus réussies sans doute que celles que j’ai vécues, mais toutes aussi fragiles…. C’est pourquoi, je pense que la priorité des priorités auraient été de reconstruire le tissu scolaire, donner à chaque école l’obligation et les moyens de s’appuyer sur des équipes, des projets de qualité, adaptées aux besoins spécifiques ; on ne construit pas bien sur le sable !

Je ne sais pas si les futurs Centres de formation des professeurs répondront à ce postulat, mais il est vital.

Rien ne se construira si cette base n’est pas d’abord instituée.

Je ne sais pas vraiment si le rythme scolaire est la priorité pour reconstruire une école bien dégradée, victime de bien des coupes sombres, mais mon expérience auprès des populations enfantines les plus diverses
m’a persuadée que le temps de l’enfant est un paramètre essentiel du mieux être, du mieux apprendre de nos élèves.

Temps de l’enfant : je préfère cette expression qui globalise toutes les responsabilités éducatives, familiales, associatives et officielles…

La fatigue de nos enfants, leur inappétence scolaire ont des causes. Le non respect, la non attention aux déséquilibres en sont des responsables pas uniques mais majeurs.

Oui, notre Ecole a besoin de reformer ses enseignants, oui, elle a besoin de moyens pour remédier aux difficultés d’apprentissage, oui, elle a besoin de retrouver du temps pour les enseignements fondamentaux, oui,
elle a besoin d’assurer la présence d’un enseignant en chaque classe tout au long de l’année , oui elle a besoin en chaque établissement d’une équipe cohérente, solide, au projet adapté à la réalité des besoins… et oui, elle a
besoin de donner aux enfants un rythme plus conforme à la fatigabilité, globale. Les spécificités individuelles existent, et il est possible sans doute d’en tenir compte dans l’organisation des classes…

J’ai participé pendant plus de 10 ans, jusqu’à mon départ, à la mise en place d’un temps adapté. Notre groupe scolaire, toute la communauté confondue, a opté pour des matinées de 3 h 30 et des AM de 2 h 30

En fin de journée, les enfants pouvaient rester à l’étude dirigée ou participer à des ateliers divers, théâtres, jardin, sport… Le début de matinée, permettait un accueil « en douceur » des enfants… A ce jour, ce découpage n’a pas été remis en cause par les nouveaux enseignants ni les nouvelles familles…

Les résultats de nos élèves (plus de 500 dans le groupe scolaire) n’ont pas chuté, bien au contraire, et la correspondance que j’entretiens avec mes « anciens » et leur famille me conforte dans l’idée que c’était une bonne initiative.

Plusieurs écoles, voire commune, ont-elles aussi su adapter leur organisation, elles sont des références auxquelles il est possible d’avoir accès.

Enseignant depuis 1960,  j’ai connu bien des tentatives pour répondre au constat de ce déséquilibre du temps de l’enfant, participé à au moins deux concertations nationales, j’ai même participé à l’enquête de Monsieur Chatel, restée sans suite…

Les seules modifications apportées furent imposées : durées diverses des vacances, instauration des zones, permutation jeudi/mercredi, suppression du samedi après-midi puis du samedi matin.

Nombre d’enseignants, de bonne foi, ont protesté contre cette dernière coupe. Pour nous, c’était voir disparaître un temps précieux non seulement d’enseignement mais aussi de lien avec les familles et notamment avec les parents éloignés dans la semaine.

Je suis déconcerté par les clameurs de certains de mes ex- collègues qui réclament un arrêt des réformes et une « vraie refondation scolaire ». Je préférerai entendre ceux qui n’ont pas attendu pour agir.

 

 

13 avril, 2013

Un cessez-le-feu pour l’enfant.

Classé dans : Liens — Alain @ 22:04

                Eduquer est la responsabilité, le devoir, la chance de tous, même non parents, pour que demain soit le fruit amélioré d’hier et d’aujourd’hui. »  

                  Encore faut-il que ces fruits ne soient pas calibrés aux normes d’une oligarchie de technocrates mais à celles de la communauté consciente et vigilante.  

                 Deux autres évidences, l’Instruction et le Savoir-faire sont les finalités de l’Enseignement ; déclinés à tous les niveaux de la Connaissance vers son Infini…  

                Leur manufacture, c’est l’Ecole !  

                 Une Ecole acceptée dans sa diversité et gérée en fonction de cette diversité grâce à son
projet, son équipe, son animation et des moyens adaptés aux circonstances, tout simplement.  

            « L’enfant est le père de l’homme », Dr Alfred Adler, souvenirs de délégués versés en psycho, pas les miens. La formule, ancienne, n’était pas de lui, auparavant, déjà la responsabilité de l’enfance, potentielle du futur, était admise.  

              Faut-il rappeler, qu’avant d’être autonome, mature, un être humain parcourt des étapes qui ont chacune leur spécificité et devraient, toutes, s’accomplir pleinement et se coordonner harmonieusement.  

             L’élève est la matière première de l’Ecole, mais pas une matière brute. Il a déjà un vécu, des acquis, une personnalité individuelle, familiale sociale, qui sont sa richesse, ses diversités, ses faiblesses…  

            Jamais une classe ne sera une entité mais, toujours, il devrait être possible d’en faire
une belle collectivité, animée par la même finalité : apprendre.

               A nous d’en rechercher et mettre en œuvre les meilleures conditions, sur le terrain d’abord, dans la généralisation et les textes fondamentaux ensuite.  

              Oui, les différences d’aptitudes existent et ne permettent pas à tous d’avoir les mêmes parcours mais pourquoi pas chances d’épanouissement. Il est de notre mission de les accompagner sur ces chemins et de les conduire vers des futurs possibles.

               Affaiblir cette mission par des querelles stériles, des entêtements d’ego, c’est trahir nos engagements d’éducateurs autant que de politiques, alors vite, un compromis intelligent est indispensable.

 

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