et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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24 octobre, 2011

62 – Notre nouvelle école…

Classé dans : — Alain @ 23:03

C’est la rentrée de janvier, le ciel est bleu glacial. Il a neigé mais seuls subsistent des petits tas, reliquats de grattage ou de jeux. En revanche, bien présentes, les flaques glacées sont aussi pénibles que la morsure du froid sur le nez et les oreilles.  Je longe la grille de l’école, un enfant à chaque flanc. Juliette, à droite, me tire vers les copines groupées devant l’entrée et, à gauche, Killian s’agite en hélant un copain qui descend de voiture. 

Juliette a 9 ans, 10 bientôt, Killian 5 et 6 un peu plus tard. Tous deux sont des grands, grand de l’élémentaire, grand de la maternelle. L’an prochain, ils changeront d’école. Sans crainte, sans hâte non plus et je partage complètement leur quiétude.  A l’entrée, Eric, le directeur de l’Elémentaire, est de service aujourd’hui. Leur roulement nous permet de rencontrer chaque jour un enseignant différent. Les portes ne sont pas plus faciles à franchir, ni pour nous, ni pour la police, ni pour quiconque non prévu dans les activités de l’école. Seuls, les intervenants impliqués dans un atelier, un accompagnement sont admis.  Notre école ouverte est un établissement clos et cela nous rassure. Ouverte, elle est transparente et nous comprenons ses projets, ses choix, ses méthodes car ils nous sont présentés, parce que nous pouvons en discuter. Nous connaissons les difficultés de l’équipe, nous connaissons leurs solutions et y participons lorsque cela est nécessaire. 

La cour est agréable. Les plantations lui donnent un air de parc. Il y a même un bassin de plantes aquatiques. Le club de jardinage, hors temps de classe, est animé par des parents et des enseignants.  Notre petit village n’a pas de grandes ressources mais le temps donné est devenu une monnaie plus courante. La bibliothèque, les installations d’un parcours gym, d’une piste de billes, de jeux au sol, sont nées de cet élan. Il ne se dément pas et permet son entretien. Il autorise d’envisager d’autres projets.  Les élèves y sont largement parties prenantes. Mieux leurs projets, en assemblées coopératives, axent nos participations et engagent leur responsabilité jusqu’à l’issue de chaque réalisation. 

Nous avons rendu aux enseignants leur autorité et ils veillent à ce que sanctions et récompenses soient justement appliquées. Le Conseil Coopératif et son Code pour Vivre Ensemble sont des garants que nous tous, familles, enseignants, partenaires municipaux, académiques, partageons avec les élèves. Beaucoup de mouvements d’humeur, d’incivilités, se sont atténués, voire effacés.  Nos enfants ont un cadre qui les rassure, les rend libres et leur ménage le droit, l’obligation de s’impliquer dans leur vie scolaire. 

Je crois que la plupart des familles s’efforcent d’appliquer, à la maison, cette relation protectrice et activement éducative.  J’ai le sourire quand j’accompagne mes enfants à l’école. Je suis sereine lorsqu’ils y vont sans moi parce que le travail me prend plus tôt et nous sommes heureux, le soir, d’évoquer nos journées.  J’ai peine à imaginer qu’il y a eu une époque pendant laquelle, à la question : « Qu’as-tu fait aujourd’hui à l’école ? » Les seules réponses étaient : «  Rien ! » ou, parfois, s’illustraient uniquement de conflits ou de jeux de récréation. A croire que la classe ne nous regardait pas ou que sa banalité ne méritait pas un interrogatoire quotidien.   Depuis un an, depuis ce fameux tumulte qui a bousculé l’Ecole, qui a bousculé notre pays, qui m’a bousculée, une paix scolaire nous a gagnés. Une confiance éclairée, interactive s’est établie entre tous ceux qui accompagnent nos enfants. Elle vaut tous les espoirs lucides.  Juliette est entrée dans la cour avec ses camarades. J’ai échangé quelques mots avec Eric, le directeur. 

Comme Sonia en maternelle, il avait renoncé à sa fonction lorsque étaient arrivés les supers directeurs.  Il faut dire que plusieurs de leurs collègues - désobéisseurs- mis à l’index, s’étaient vus retiré  la leur, sans que soient prises en compte leur expérience et leurs compétences. 

Dès juin, mon amie Sonia et Eric avaient été renommés sur leur poste. 

Certains responsables d’Etablissements Publics d’Enseignement Primaire, bien qu’issus de services très différents de ceux de l’Education, avaient pris goût à la gestion, à l’animation d’école et avaient souhaité conserver un emploi de direction même dans des unités maternelles ou élémentaires plus petites que le regroupement qui leur avait été confié. Pour la plupart, ils avaient compris et soutenu notre mouvement 

D’autres avaient réintégré leur service d’origine ou un autre, éventuellement.  D’autres enfin avaient rejoint des équipes de circonscription. Ils se vouaient plus particulièrement à l’aide administrative auprès des écoles de leur secteur. 

Un projet de secrétariat tournant pour les petits établissements ou permanent pour les plus importants se mettait en place. Le directeur redevenait animateur à part entière de son école et responsable de son quotidien. Selon le nombre de classes à sa charge, il disposait d’une astreinte d’enseignement variable, mais jamais nulle, afin de rester toujours en contact avec les élèves.  Le village a retrouvé son groupe scolaire avec ses deux écoles aux populations et aux missions si spécifiques. Elles se veulent déjà mieux soudées dans la cohérence de leurs programmes, la réalité de leur progression, leur liaison, la recherche des solutions diverses.   

Le Projet d’Ecole n’est plus tabou. Le Conseil d’Ecole ne dispose pas seulement d’un droit de regard, mais d’une responsabilité avérée. Cette implication lui donne le droit à l’information, mais surtout des obligations. La plus cruciale est certainement le soutien de l’équipe enseignante, de son directeur dans toutes les circonstances qui pourraient faciliter le bon accomplissement de leurs projets, la sécurité de l’établissement et la sérénité des enseignements. 

A contrario, il garantit que tout ce qui pourrait leur nuire serait combattu ensemble.  Ce qui a changé, c’est essentiellement un climat une perception, une appropriation nouvelle de notre Ecole.  Notre confiance envers nos enseignants s’est accrue parce qu’éclairée. 

L’arrivée d’enfants du voyage, par exemple, se passe mieux, les règles de convivialité, de respect mutuel dans et autour de l’école sont vite posées par un collectif et perdent ce caractère officiel, si aisément transgressé, pour devenir un mode relationnel bien compris.  De même, et j’apprécie fortement, la tchache au seuil des écoles n’a pas disparu, mais a perdu ses rumeurs nocives. Les conflits sont rapidement orientés vers des entretiens positifs… Le pourrissement des humeurs est gommé. 

Notre population scolaire est acceptée dans toute sa diversité, et nous sommes vigilants à l’aide apportée à tous les cas.  Notre rescapée, l’école maternelle de Sonia a repris ses couleurs d’espoirs et nous saisissons mieux l’importance de ses tâches pour initialiser avec les familles la vie intelligente, sensori-motrice, sociale de nos petits.  Des liens entre nos anciens et les élèves de tous niveaux se sont durablement installés et, possibilité que nous avions évoquée dans nos travaux, certains retraités participent bénévolement, patiemment, heureusement, à la reprise de confiance d’enfants troublés, à l’accompagnement d’apprentissages pour les plus lents, ainsi que pour les plus précoces. 

L’ouverture du samedi matin n’a pas été rétablie et il faudra certainement qu’un décret bien documenté émerge de l’ensemble des études sur le rythme de l’enfant, sur le temps scolaire pour trancher. Déjà, son utilisation s’est assouplie. Le Projet d’Ecole peut prévoir, solliciter des déplacements d’heures, réguliers ou occasionnels, motivés par des activités valorisantes pour l’aide aux enfants, la liaison avec la vie associative, les rencontres avec les familles, les festivités…    C’était une belle porte vers l’adaptation intelligente aux besoins, aux circonstances, mais elle réclamait l’adhésion de tous les acteurs scolaires et périscolaires. 

Notre Mouvement s’était construit sur cette vaste entente, à nous de savoir la respecter dans les faits.  Les liens avec les collèges, les lycées dont dépendait notre secteur s’élargissaient et nous faisions de l’information mutuelle une priorité.  La Loi n’a pas encore été votée, mais elle suit son chemin sans hâte et avec régularité. Il est possible que sa promulgation s’effectue à la date anniversaire du dépôt de sa Proposition, en avril. Les amendements proposés sont plus allés dans le sens de la consolidation, du bon sens que de la méfiance ou des restrictions.  En mai, des élections vont apporter, sans doute, des nouvelles têtes parmi notre Parlement et notre Gouvernement. Peut-être celle du Président de la République même. 

Notre Ecole devrait tirer bien des bénéfices de la campagne qui commence. Les textes d’application devraient moins traîner…  L’attente des électeurs est encore fraîche en ce domaine et nous l’entretenons.   

Si notre confiance en nos dirigeants s’ajoutait à celle que nous établissions à nouveau avec nos enseignants, alors l’avenir de notre Ecole s’éclairait.  Le moratoire pour les clandestins a été prononcé. Ce sera du cas par cas néanmoins car tout n’est pas excusable et de vrais délits avaient précédé parfois la prise de maquis de certains « clandestins »  Pourtant, qu’ils étaient nombreux ceux qu’un système aveugle avaient conduit à fuir la perspective de la prison ou du camp de rééducation pour des impulsions mineures, punissables sans doute mais sans acharnement, humiliation et empreinte indélébile… 

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