et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

20 octobre, 2011

- 61 – SURPRISE !

Classé dans : — Alain @ 21:59

         Mes porteurs étaient pile-poil devant la bonne porte. C’est le plus grand qui se saisit de la valise et j’ai eu bien du mal à empêcher Killian de s’emparer de mon sac à main. 

Après même pas une semaine de séparation, après des communications quasi-journalières, nous avons manifesté notre joie avec tant de démonstrations que les témoins ont dû imaginer des retrouvailles après une longue coupure dramatique… Il faut bien que l’imagination prépare de quoi broder dans les prochaines conversations… 

Nous avons gravi les escaliers, traversé la grande salle pour redescendre vers l’entrée principale. 

       A moi l’air de Montpellier ! 

 

         Un tram aux chaudes couleurs de l’été, encore lointain, défilait devant la gare lorsque nous en avons  franchi la grande porte. Yann avait négligé, semblait-il, le vaste parking du niveau supérieur et réussi à s’incruster dans une rue voisine. A moins que l’omnibus nous conduise jusqu’à Saint-Jean. 

      Peu importe, je me suis laissée pratiquement porter par le grand et envelopper par les petits, « décontrastée » disait Garcimore autrefois. J’aimais bien cette expression ! 

          Pas direction la station mais le square, je suis… Portillon, virage à droite, valise cahotante sur ses roulettes derrière Yann et … surprise ! 

 

       Des banderoles flottaient où s’étalaient en grandes lettres fleuries :

 

          « NOTRE ECOLE »,    « NOTRE RECUEIL»,    « NOTRE LOI »,     « NOTRE ISABELLE » 

       

De la musique ! 

          J’ai reconnu mon copain Jacques au hautbois provençal, Jean-Claude à la guitare, Jean-Pierre, le tambourinaïre. 

        La famille Coucaïrous et bien d’autres animaux totémiques d’autres villages … – Comment avaient-ils pu arriver jusqu’ici ?- virevoltaient au bout des bras de jeunes endiablés. Jean-Pierre, vêtu de blanc, foulard rouge et béret bien enfoncé était écartelé de rire ! 

      Quelle foule ! Alain, Sonia, Gilbert, Daniel, Janine, Pierre, Catherine, Monique, Françoise, Bernard…, le premier fonds de nos réunions du village et tous ceux qui nous avaient rejoints, mes co-délégués du Théâtre de Montpellier, Jordane et son P.R.J., Corinne, notre responsable de l’A.L.A.E. les animatrices des garderies, de la crèche, des représentant encharpés de conseils municipaux dont le nôtre… Les actifs membres de nos associations, d’autres voisines ou éloignées aussi, David, Xénia même, Maman, Papa descendus de leurs Cévennes et beaucoup d’autres visages enthousiastes, reconnus, aperçus ou inconnus !    

           Une petite fête s’est instaurée autour de mon moi symbolique. Une farandole longue de toutes les allées disponibles a sinué dans le jardin public. Je ne suis pas restée longtemps isolée ; mes mains ont vite été saisies et entraînées dans la sarabande. 

           Je comprenais mieux le laconisme de mes trois correspondants l’avant-veille. Les préparatifs étaient sans doute achevés, les autorisations obtenues car des agents municipaux et des policiers nationaux protégeaient cette liesse. 

          Il a bien fallu l’interrompre car, peu à peu, des passants, des voyageurs en attente de départ ou juste arrivés, intrigués, puis renseignés, venaient grossir notre rassemblement et bruissaient de leurs applaudissements. Nous devenions encombrants ! 

          Il était certainement des mécontents, dérangés par notre exubérance, opposés à notre mouvement, persuadés de nos erreurs pour l’avenir des enfants… Ils ne se manifestaient pas, ou j’étais trop ivre de joie, de fatigue pour les distinguer. 

           L’un de nos représentants du Comité de Montpellier, hissé sur un banc, est parvenu par ondes concentriques à calmer musique, cris et danses. Il a remercié l’ensemble des présents de leur démonstration d’allégresse. 

       Il a souhaité que dans chaque quartier, chaque village, se perpétue la vigilance des groupes constitués afin que jamais l’Ecole renaissante ne se banalise. 

          Il a émis le vœu que l’idée se développe pour qu’une fête de l’Education, de l’Instruction, anniversaire de l’adoption de la nouvelle Loi, unisse partout les habitants de notre région, de notre pays. 

          Il a demandé que nous n’oublions pas tous ces enseignants réprimandés, punis sévèrement parfois pour avoir voulu proposer spontanément des aides aux enfants, mieux adaptées que les rattrapages horaires officiels. Sans examen de leur organisation, de leur impact, pour des refus compen-sés par des initiatives, ils étaient devenus des désobéissants trop visibles. Il était souhaitable que l’étude de notre Proposition de Loi conduise à rendre
la Raison supérieure à
la Soumission. 

           Il a proposé, en conclusion, une minute de silence à la mémoire de Manu. 

          Elle s’est montrée redoutable. La tension de ces derniers jours, le rappel des amitiés nées à Paris, celles des élèves mécaniciens, ont été trop fortes et l’épaule de Yann a recueilli le trop plein de mes yeux. 

 

           J’ai appris sur la vaste toile de mes contacts, par notre site national par téléphone souvent que nombreux, très nombreux avaient été les délégués nationaux accueillis par de telles démonstrations. 

             Pourvu que ça dure ! 

            Sur un dernier merci de notre meneur, sur nos au-revoir et nos promesses de contacts, chacun a regagné son véhicule… 

           Le nôtre était bien garé près du square. 

          Killian et Juliette avaient été d’un calme extraordinaire. Même s’ils n’avaient boudé ni les chants, ni les danses, j’avais le sentiment qu’ils ne m’avaient guère quittée des yeux. 

             Si j’avais pu craindre qu’ils se soient sentis abandonnés pendant toute cette folle période, leur tendresse, leur sérénité, leur large sourire estompaient mes traces de culpabilité. Mon mari, mes enfants comprenaient, approuvaient, mieux, étaient fiers de moi. 

 

           Que du bonheur !    

 

 

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