et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

12 octobre, 2011

60- LA PLAQUE.

Classé dans : — Alain @ 23:41

Une plaque avait été réalisée, simple :  « En mémoire d’Emmanuel Lacroix, tous ceux qui ont rêvé l’Ecole et croient en son renouveau depuis le 31 janvier 2011. Merci Manu ! »  Elle avait déjà été apposée sur un bel espace du mur du café avec l’aval et l’aide technique de la Mairie de Paris. Nous avions obtenu que ce soit deux élèves de Manu qui la découvrent. Obtenu avec difficulté car aucun ne voulait venir à la cérémonie et encore moins se mettre en avant pour retirer le voile. 

Ils étaient présents. Thierry, Sylvain, moi aussi je crois, avions été convaincants. 

Francis, Nourredine, Fred, Jo, José, Momo, Nic, Ahmed, Max, Matelot, Ben, Djabel et les autres, plus dis-crets qu’eux lors de notre rencontre, étaient à côté de nous, autour de Jean-Luc, le prof que Manu leur avait pratiquement désigné comme successeur. 

Francis et Matelot, ces deux gros durs, se sont vannés, se sont tus, se sont avancés… 

Ils ont libéré la plaque… et leurs larmes. 

Ils n’étaient pas les seuls ! Je m’y associais abondamment et j’ai su que, devant les petits écrans, les mouchoirs n’étaient pas inutiles non plus.  C’est ici et maintenant qu’a été prononcé le discours de clôture par notre collègue comédien.  Ce discours, c’était notre Essentiel, sans classement par articles. C’était, laissée à la chaleur d’une voix, la possi-bilité d’exprimer l’Espoir d’un autre avenir, grâce à une autre Ecole pour tous les enfants. 

Nous l’avions particulièrement écrit, lu, réécrit, relu. Nous y avions mis tout notre cœur.  Sans doute était-il long, copieux mais c’était lui qui était notre message à tous pour dire :  « Nous vous avons entendus. Dites-nous si nous vous avons bien compris et bien traduits… » 

Nous avons décidé que ce texte serait enregistré, mis à la disposition de tous par envoi direct sur demande et sur internet. 

Cet après-midi-là, notre délégué avait promis de le remettre dès le soir même au Ministre. Ce qui a été fait, solennellement et je crois reçu avec gravité.  Notre site ne se fermerait jamais, au contraire. Notre vigilance, le respect de la nouvelle vie de nos établissements, notre écoute et nos réponses  passeraient par son canal et permettraient de veiller à la Garantie des engagements officiels.  Nous n’avions pas choisi. D’emblée, notre comédien s’est imposé pour dire ce long manifeste. Non pas pour sa célébrité mais pour nous souvenir qu’un jour, il nous a fait vibrer en nous donnant lecture de la première synthèse de tant de journées de réflexion nées de ce 31 janvier 2011. 

Toutes ces pages, je ne vous les offre pas ici mais à la fin de mon parcours.  Je voulais nommer cet ajout ‘’Annexe’’ et bien non, il sera toujours ’’l’Essentiel’’ ! 

C’est vers lui que nous avons cheminé et c’est à partir de lui, à travers sa version législative, que tout cheminera.  Personne ne s’est attardé, nous nous étions déjà quittés et ne tenions aucunement à renouveler publiquement notre au revoir.  Nous avons pris le temps de rentrer chez Pierrot pour le laisser nous serrer dans ses bras sans un mot. Marie-Claude a été plus prolixe et a exigé que nous reconnaissions, que, là, dans leur « Privé », nous avions une place qui nous attendrait à chacune de nos montée à Paris. 

- C’est compris ? C’est imprimé ?  Duo, sous le regard amusé de Sylvain et de Thibault : 

« C’est reçu ! C’est gravé ! »  Thibault, Karine et moi avons accompagné Sylvain jusqu’à son hôpital  J’échappais à l’intimité, je m’en réjouissais et le regrettais en même temps. Je me sentais funambule, en équilibre instable, mais pas sans filet… 

Quand même, je ne refusais pas le rendez-vous que m’a proposé Sylvain, pour le lendemain, sur le quai du T.G.V., salle de la Méditerranée, dans cette Gare qui, pour moi, sera toujours celle du Sud.  Laisser Karine, ce jeudi soir, fut le plus difficile.  Toutes nos promesses de contacts fréquents et de visites dans nos régions n’ont pas atténué l’émotion de cette séparation. Le hasard nous avait assises l’une à côté de l’autre, la symbiose s’était produite. Notre complicité, nos fous rires, nos chuchotements d’adolescentes autant que le partage de nos convictions avaient cimenté notre amitié. 

J’avais trouvé la sœur que je n’avais jamais eue.  Thibault m’a offert de me ramener dans le 14ème et je sautai sur ce sursis avant la séparation.  Lucas était absent, l’agitation de la journée lui avait été épargnée, mais dans nos phrases, sa présence accom-pagnait celles de Juliette et de Killian. 

Notre précieux chauffeur, si attentif à faciliter notre séjour laborieux, avait tiré quelques photos de notre pique-nique et j’en ai glissé dans mon portefeuille pour raconter ce pitchoun merveilleux à mes trois trésors. Il a bien fallu se quitter et j’ai regardé, le temps d’un bout de rue et d’un bout de virage, s’agiter la main de Karine… 

Je passais un long moment face à
la Webcam pour répondre aux interrogations sur cette dernière journée. J’avais un peu espéré leur venue dans la capitale, mais Yann avait tranché : 

- C’est une mauvaise idée, 9 sur 20 seulement. Tu vas être écartelée entre nous et tes obligations. Ni toi, ni moi, ni les enfants, ne profiterons les uns des autres. Non, demain nous t’attendrons comme vendredi dernier et alors tu seras écrasée de questions. 

Juliette et Killian m’avaient bien reconnue à la télé. Ils m’avaient enregistrée ainsi qu’à mon passage à la radio. - J’ai collé tous les articles, m’a assuré mon fils 

- …Et moi, j’ai écrit les titres, les dates et j’ai préparé un classeur, a complété Juliette.   J’avais hâte de les retrouver maintenant que la tension retombait. C’était, pour le lendemain, tranquillement, à la maison !  Notre dernier soir, tous les trois pelotonnés, a été calme. Alice et Rob avaient hésité à venir nous rejoindre et finalement s’étaient glissés, discrètement, dans le public de l’Assemblée Nationale. 

Après m’avoir tant écoutée, après autant de non-dits et de bien-ressentis, mon oncle et ma tante étaient assez sensibilisés pour voir dans cette remise officielle de notre proposition de Loi, une victoire, la mienne en ce qui les concernait. Je regrettais de n’avoir pu les présenter à Pierrot et Marie-Claude, mais j’avais beaucoup parlé des uns aux autres. Assez pour susciter curiosité et sympathie. Je comptais sur Sylvain pour les réunir. Ces quatre là, étaient bâtis avec le même mortier de rudesse, de bonté, d’altruisme et de timidité. Même Pierrot ! Leur vécu était une palette où toutes les couleurs s’étaient déposées, brillantes, vives, pas-sées ou ternes. Certaines s’étaient mêlées, fondant les gris et les primaires. Les plus vives joies et douleurs les avaient teintées. J’aimais beaucoup l’œuvre que leur vie, leur personnalité nous offraient. 

En fin d’après-midi, ils n’avaient pas eu le courage de nous rejoindre devant le ministère. C’est ainsi qu’ils n’a-vaient fait connaissance avec nos amis bistros qu’à la télé. 

Notre dîner a été joyeux. Rob m’a démontré que ses gros doigts, que je savais déjà méticuleux, étaient d’une adresse formidable. Cartes, petits objets disparaissaient, changeaient de place, se retrouvaient dans les cachettes les plus insolites… 

Alice m’a appris qu’elle était souvent sa seule spectatrice, sauf lorsqu’elle arrivait à le traîner dans un centre pour enfants éprouvés. Il en était un, désespérant non loin d’ici, où passaient pour un soir, une semaine, un mois, des petits abandonnés, délaissés par des parents en fuite, emprisonnés ou décédés. 

Rob émerveillait ces enfants, tiraient un ébahissement du plus angoissé. Il n’oubliait pas leurs mains puisque, pour eux seuls, il démontait ses manipulations et ses trucs aussi… Sa magie et la tendresse de son épouse m’ont fait cadeau d’une belle nuit ! 

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