et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

15 septembre, 2011

44 – LE RECUEIL.

Classé dans : — Alain @ 20:39

 

                    15 h, lundi après-midi. 

 

Le retour s’est effectué également au grand air parisien. Notre digestion s’en est trouvée facilitée. 

Chacun avait, semble-t-il, bien usé de cette récréation, sauf les Sages qui avaient studieusement accompli leur rédaction. 

Peu avant 16 h, nous étions assis dans les gradins. Il n’y avait plus d’espaces vides désormais, nous formions un bon groupe bien resserré, comme pour nos idées. 

Nous n’étions que nous, les Délégués, pourtant nous nous sentions, en tout orgueil, en toute fierté, peut-être les « millions » de Spartacus. 

L’intimité de cette première lecture de notre Recueil achevé ne nous remplissait pas de curiosité, nous y avions tant travaillé que chaque élément nous en était connu. Nous aurions pu l’assembler les yeux fermés. 

Pas de curiosité, non; d’impatience, oui !   

 

Pourquoi le Recueil, pourquoi pas le Protocole, le Code,
la Charte,
la Proposition, et cetera… ? 

 Beaucoup d’échanges avaient parcouru la toile, beaucoup de discussions lexicales avaient animé les rencontres… C’est, finalement, la nature même de ces communications, de ces messages qui a amené à l’évidence. Nous étions en train de constituer un vaste catalogue d’expériences anciennes délaissées ou interdites, d’avis cachés, de  réflexions enfin révélées et de découvertes. 

Recueillir, voilà quel avait été le souhait de Manu, voilà ce dont avait besoin notre Ecole : cueillir, recueillir, encore et encore les fruits des cogitations de tous ceux qui veulent croire qu’éduquer et instruire sont
la Priorité pour  donner à Demain les moyens de vaincre les aléas de
la Vie.   

En ce jour, s’ouvrait notre Générale ! 

Notre collègue comédien ne nous intimidait plus. D’abord parce que, sous son allure bourrue, il cachait un cœur d’or, parce qu’aussi ses lèvres pincées ne pouvaient compenser la flamme rieuse de son regard, parce que les tempêtes de sa grosse voix éraillée rejoignaient les nôtres, parce qu’il savait lui donner un frémissement de tendresse lorsqu’il parlait des enfants, ceux de notre sol et ceux des pays meurtris, parce que sa notoriété n’était plus pour nous et notre rassemblement, qu’amitié. 

Il n’était pas la seule célébrité à avoir rejoint notre  mouvement. Quelques représentants des arts picturaux, du cinéma, de la littérature et de la musique siégeaient parmi nous, discrètement comme lui. Leurs arrivées comme leurs départs se faisaient avec mille précautions. J’aime à croire que, même pour eux, des reporters intelligents savaient détourner les yeux et distraire ceux des moins discrets de leurs confrères. 

Malgré tout, en cette occasion, en dépit de notre familiarité, de notre convivialité, de notre communauté d’esprit, je suis certaine que, tous, comme moi, comme Karine, com-me Sylvain, retenaient leur souffle et leur attention. 

 

Debout, sans paraître consulter les feuillets du Re-cueil, notre orateur s’est lancé. 

 

- Avant d’enseigner à un gosse les usages de notre société, les principes de notre humanité, le code de notre communauté, avant de lui donner les outils pour qu’il façonne sa vie, nous les adultes, parents ou non, nous avons des devoirs envers les enfants, tous les enfants. 

Ils sont l’avenir de notre monde et ils seront les ac-teurs du progrès et les garants de notre Futur. Leur responsabilité sera immense et la nôtre, aujourd’hui ne doit pas être moindre.   

Nous croyons en une seule voie pour compléter le rôle premier de la famille, pour le soutenir, l’enrichir, la corriger… Ce chemin suprême se nomme l‘Ecole… 

 

Article par article, la voix de notre Recueil a dressé le portrait de notre Ecole, celle que nous avions élaborée pour notre pays, celle que nous voulions pour nos enfants… 

Montée vers nous de l’arène du cirque, amplifiée par la vaste salle, notre texte résonnait. « Ça a de la gueule ! », aurait dit Pierrot. 

 

- …Une école en perpétuelle interaction avec sa société, mieux, une Ecole en avance sur cette société, une Ecole de perspectives mais aussi une Ecole de la citoyenneté progressive. 

Une école ouverte et protégée !…  

 

Lecteurs qui, avec moi, avez suivi notre vague, vous retrouverez  tous les points soulignés, dans notre ESSENTIEL, au terme de mon récit. 

 

Lorsqu’il s’est tu, le point d’orgue ne s’est transformé que peu à peu en soupirs de relâchement… 

Notre émotion était tangible. Notre orateur a dû user de quelques plaisanteries pour nous ramener à la sagesse terre à terre dont ses envolées nous avaient décollés. 

 

Nous avions hâte de soumettre notre Recueil à tous ceux qui nous avaient mandatés. 

Nous avions hâte de le traduire en Proposition de Loi. 

Nous avions hâte de le présenter à tous les émissaires patentés afin qu’ils l’essaiment, qu’ils le sèment à tous les vents de notre pays. 

Foin de modestie, notre Ecole, nous la percevions ! 

 

Après le silence, ce fut le brouhaha salvateur et critique. Peut-être aurait-il fallu insister plus sur… insister moins sur… laisser plus de marge aux législateurs…, être plus contraignants… 

Nous nous serions crus dans un jury de dégustation. 

Nous savourions, mais nous doutions un peu, non de nos ingrédients, non des qualités de notre plat, mais de ce liant subtil qui fait la gastronomie convaincante dès la première bouchée. 

 

Les sages nous ont ramené à notre réalité, celle des produits de tous les terroirs de nos régions qui avaient donné à notre cuisine cette solidité, cette générosité, cette universa-lité sans équivalence depuis que l’Instruction et l’Education sont reconnues comme des préparations délicates et fortifiantes. 

 

Nous avons réussi à nous séparer, enfin pour la plupart, car le lendemain étant journée sans réunion, je crois que nombre de délégués ont évacué leur tension en se quittant fort tard. 

 

Cela n’a pas été notre cas, Thibault et Lucas, sans doute à portée de téléphone ont cueilli Karine et ont ramené Sylvain à ses soins. 

Moi, c’est bien fatiguée, mais heureuse que j’ai emprunté les rames du Métropolitain pour rejoindre le nid avunculaire. 

 

Douchée, amplement emmitouflée, je me suis laissée aller au récit de cette journée. 

Sur l’écran, par la caméra de l’ordinateur, avec le drôle de décalage entre nos images dansantes et nos voix, j’ai particulièrement soigné le portrait de Pierrot et de Marie-Claude. 

J’ai exagéré leur côté rabelaisien pour mieux développer, amplifier leurs gigantesques qualités de cœur. 

J’ai voulu que Juliette et Killian en rêvent comme de bons génies bienfaisants et souhaitent vite les connaître. 

J’ai à peine tempéré mon enthousiasme pour Yann ; mon ingénieur de  mari aime bien les contes et légendes. 

- Alors c’est fini, m’a-t-il demandé en retour à la réalité. 

- Notre Recueil, oui ! Devine qui nous l’a lu ? 

Le nom de notre célèbre collègue l’a impressionné, d’autant plus que Yann aimait le choix de ses personnages de cinéma et de théâtre, autant que ses romans et ses chansons… 

A croire que j’avais influé pour faire plaisir à mon époux ! 

A la maison, pour eux, ça allait toujours bien ! No comment… 

Ce qui m’a un peu intriguée. Quelle bêtise cela me cachait-il ? 

J’ai adressé un compte-rendu à Alain, en insistant évidemment plus sur l’exposé de notre Recueil et lui ai promis un rapport plus circonstancié de notre passage à l’Assemb-lée Nationale. 

Comme d’habitude, avec Bernard, il se chargeait de répandre les nouvelles que je lui fournissais auprès de tous ceux qu’ils avaient dans leurs répertoires. Le site était toujours évité, trop public encore. 

 

Le P.C. éteint, je suis retournée vers mes hôtes et
la Carthagène. 

A nouveau, j’ai déroulé ma journée, les retrouvailles, la bonhomie des journalistes, nos derniers correctifs et le déjeuner chez Pierrot. 

Je pense avoir été aussi dithyrambique qu’avec mes villageois. 

Je les ai vivement encouragés à se rendre au bistro-resto de nos nouveaux amis. D’ailleurs, Robert et Alice avaient également alimenté mes conversations avec les cafetiers. J’étais certaine qu’ils se plairaient d’emblée. 

Jamais je n’ai ressenti autant ce que pouvaient être la sympathie, l’harmonie qu’à travers la qualité d’écoute de cette femme magnifique en cette belle soirée d’avril 2011. 

Et tout cela rien que pour moi ! 

Robert, cette apparence de certitude minérale, puisait sa solidité dans la ferme sérénité de son Alice. La vie n’avait pas été plus clémente avec elle qu’avec le commun des mortels… Elle avait additionné les petits et les grands bonheurs, en avait soustrait, durement parfois, les peines et les malheurs, mais sa philosophie lui donnait l’énergie vitale, optimiste, pour continuer. Une philosophie qu’elle nous faisait vivre, une énergie qu’elle nous insufflait… 

 

Alice, tout simplement. 

 

La soirée a exercé son pouvoir relaxant, nous l’avons prolongée d’anecdotes familiales et cévenoles bien sûr. Les versions colorées de leurs rencontres avec d’autres marcheurs, au cours de leurs randonnées, dans les gîtes d’étape, à Aire-de-Côte, Cabrillac, Meyrues… ou sur les drailles, étaient tour à tour, touchantes, troublantes ou cocasses. Pour eux, les paysages, les circonstances n’avaient de qualités que s’ils les partageaient avec d’autres. 

Sans âne, mais l’esprit bien aiguisé, ils auraient pu, largement, compléter le voyage de Stevenson. 

La journée du lendemain libérée, mon rendez-vous avec Karine et d’autres déléguées seulement en fin de matinée, je pouvais me coucher tard, avec la perspective d’une petite grasse matinée… 

 

Que du bonheur ! 

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