et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

15 septembre, 2011

43- LA MARSEILLAISE

Classé dans : — Alain @ 0:03

                 Pierrot était venu nous rejoindre, remplaçant Marie-Claude. La salle se vidait, le brouhaha diminuait comme une marée qui recule et s’étale. Sylvain l’a lancé sur le foot, les possibles succès du P.S.G., les incertitudes des Bleus. Il a évoqué les supporters de plus en plus encadrés, de plus en plus triés et les violences qui s’étaient déplacées aux abords des stades. 

- Cette connerie ! ça toujours été, trancha le cafetier. Que ce soit à la fin d’une manif, dans une fête foraine, lors d’un match de foot, il y en a qui vienne que pour la provoc, et la chicore ! C’est bien pour l’ambiance pendant le match qu’ils ne puissent pas entrer, mais ce n’est pas rassurant pour la sortie. De toutes façons, prétextes ou pas, la violence augmente partout.. Croyant le calmer, Karine lui a demandé : 

- Que pensez-vous ? - Que penses-tu, l’a corrigé Pierrot, les amis de mon Sylvain sont mes amis ! 

- Que penses-tu, a obéi
la Sablaise, de
la Marseillaise pour les manifestations sportives ? 
- Sais-tu que j’en ai déjà discuté avec mes clients ? C’est très partagé ! Les joueurs représentent
la France, quand ils gagnent, c’est cocorico ! Mais, toujours, ce qui fâche et amène des discussions, ce sont les paroles. 

Comment veut-on parler de la saine camaraderie du sport, d’affrontements durs mais réguliers avec des mots qui t’invitent à la boucherie ? Bon, c’est l’hymne national et il a bien servi quand il fallait gagner sa liberté, sauver le pays, mais aujourd’hui est-ce utile ? 

On pourrait lui trouver des paroles plus apaisées non ? Il était bien parti et Marie Claude nous a apporté le dessert sans qu’il y prenne garde. 

- Tenez, après avoir entendu un étudiant qui me disait que
la Marseillaise devait s’autodétruire, j’ai cherché le couplet dont il nous parlait, celui des enfants. 

Il a farfouillé dans un tiroir et nous a sorti un dossier plein d’anecdotes, les brèves de son comptoir. - Lisez !  

Nous avons lu. J’avoue que je connaissais le début de ce couplet, pas sa fin.  Nous entrerons dans la carrière,
         Quand nos aînés n’y seront plus ;
         Nous y trouverons leur poussière
         Et la trace de leurs vertus. (Bis)
         Bien moins jaloux de leur survivre
         Que de partager leur cercueil,
         Nous aurons le sublime orgueil
         De les venger ou de les suivre. 
Aux armes, citoyens ! Etc.
         Enfants, que l’Honneur,

la Patrie
         Fassent l’objet de tous nos vœux !
         Ayons toujours l’âme nourrie
         Des feux qu’ils inspirent tous deux. (Bis)
         Soyons unis ! Tout est possible ;
         Nos vils ennemis tomberont,
         Alors les Français cesseront
         De chanter ce refrain terrible :
         Aux armes, citoyens ! 

Imparable ! Et pourtant nous continuons de chanter ce « refrain terrible » même pour jouer avec une balle… et nous continuons à apprendre à nos enfants qu’ils doivent se préparer à combattre « nos vils ennemis ». 

         Pire nous en avons laissé faire un symbole polémique de l’Identité Nationale comme pour notre drapeau et notre Marianne. A ce que je sache, même si j’ai plus usé mes fonds de culotte que ma cervelle à l’école, ils ne représentent pas notre pays, qui en a connu autres, mais bien ceux, chèrement gagnés, de notre République.          Ah ça c’est sûr, les oublieux de nos origines si croi-sées, philosophent moins à propos de notre belle devise « Liberté – Egalité – Fraternité ». ! Moi je crois que ces trois mots ridiculisent trop leur moulinets identitaires. Peut-être que certains lui préfèreraient celle au nationalisme sulfureux de « Travail – Famille – Patrie  ? 

Nous avons calmé Pierrot, en le branchant sur les troglodytes de Rochemenier près de Doué et les caves de Saint Nicolas de Bourgueil. 

Le café avalé, nous avons demandé la note, recongestionnant l’ami de Sylvain. - Ici vous êtes chez moi, et chez moi mes invités ne donnent que leur amitié ! 

Si vous voulez payer, alors faites-vous servir à côté…  C’était presque du César !  Nous avons ri, tous. Il n’y avait que cela à faire et à offrir, avec pour seul règlement, nos bises et nos promesses de revenir… 

Avec ou sans l’Ecrivain. 

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