et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

13 septembre, 2011

42-Chez Pierrot.

Classé dans : — Alain @ 23:27

En fin de matinée, la circulation était, à peu près, raisonnable, et Sylvain nous a fait voyager en surface, en bus tout simplement. 

Quand on bavarde, le trajet passe vite et notre trac restait subconscient. Notre guide n’avait pas besoin de nous commenter les lieux et les faits, les images avaient été précises, terribles et habitaient notre mémoire depuis cette fin janvier. Devant le café, un espace dégagé disparaissait sous les petits bouquets.. Contre le mur, Pierrot, nous a appris Sylvain, avait accroché un grand panneau de liège, des petits mots y étaient épinglés… 

- Chaque jour amène sa provision de messages, parfois même par courrier à l’adresse du bar. La pause du dimanche ne ralentit pas ces signes. » Pierrot et Marie-Claude veillaient à la fraîcheur des fleurs, au renouvellement des petits mots et à leur classement dans un album pour les plus anciens. Sylvain avait pour projet d’en faire un recueil, comme existent déjà ces opuscules de « Lettres de… » Aurons-nous assez de temps pour feuilleter cet album ? 

Le café, à cette heure de restauration, était plein… Après un silence qui s’est répandu de table en table, Sylvain a très vite été le centre d’un vacarme. 

Nombreux étaient les familiers de ‘‘Chez Pierrot’’ qui le revoyaient pour la première fois depuis l’Evénement. D’autres clients le connaissaient de vue ou de notoriété. Il a calmé cette agitation par un grand geste de salut. - Bonjour à tous, je suis particulièrement heureux de vous retrouver chez Pierrot et Marie-Claude. Je vais bientôt retrouver mon coin, pas avant septembre pourtant car la Province m’attend cet été. Je sais que ceux qui le voulaient n’ont pas été oubliés. Mes amis écrivains m’ont tenu au courant de vos demandes et me donnaient de vos nouvelles. Je voudrais vous présenter ces deux jeunes et jolies dames qui m’accompagnent. Elles sont les héritières des vœux de Manu. Elles font partie de ces délégués désignés par le vaste mouvement national pour que notre pays, nos enfants retrouvent une véritable Ecole. 

Ils ont, tous, beaucoup travaillé et bientôt nous connaîtrons le résultat de leur engagement. Nous vous souhaitons un bon appétit et une belle journée. Merci de votre accueil et à plus, avec plaisir…  Les applaudissements nous ont accompagnés pendant que Marie-Claude nous conduisait dans leur Privé, un agréable coin bureau-salon-salle-à-manger, réservé aux Pat-rons.  Visiblement, Sylvain était chez lui ici et il a reconnu y avoir passé quelques siestes… 

 Pierrot avait embauché un remplaçant pour pouvoir rester avec nous, enfin lui ou son épouse, alternance oblige. - Où en êtes-vous ? Est-ce que ce pauvre Manu se sera sacrifié pour du renouveau solide ? Quand le saurons-nous ?  C’était ses questions apéritives et nous lui avons suffisamment dépeint la levée des interrogations, des suggestions et des volontés pour le rassurer. Oui, nous arrivions à l’issue de nos travaux ! Oui, nous en ferions le cadre officiel de notre Ecole! Oui, nous lui donnerions les outils nécessaires pour que jamais la vigilance ne s’éteigne ! 

Le repas était simple, excellent et trop copieux. Il au-rait mérité que nous fassions honneur aux vins de Bourgueil, la région d’origine de nos hôtes, mais la journée n’était pas terminée et nous tenions à garder un peu de lucidité. Puisque nous étions dans l’un des « Bureaux » de l’écrivain public, la conversation a abordé la fonction choisie par notre ami. - Ce n’est pas une vocation, vous le savez. Les médias ont suffisamment brodé autour des grandes lignes de mon histoire. 

Certains journalistes, téléguidés peut-être, ont essayé de créer des transversales entre ma route et celle de Manu. Le parallélisme ne leur suffisait pas. Non, non, mon premier et unique contact avec Manu s’est établi ce lundi 31 janvier 2011, devant le Ministère de l’Education Nationale et devant son ministre ! Contrairement à Emmanuel, le baroudeur, j’ai eu droit à une sinécure militaire. 

Voulant, avant tout faire abstraction de ma personne, j’ai rempli mes journées avec les préoccupations des autres. Pour les confidences, vraies ou sublimées, le foyer du soldat est un bel endroit pour s’épanouir, plus encore que le bistrot traditionnel. De la confidence à la révélation de problèmes, le pas a été sauté doucement et j’ai offert mes services pour conseiller une démarche, arbitrer un dilemme, prendre un contact administratif et, enfin, aider à rédiger des courriers, variés… Vous savez, les soucis des hommes, à l’époque je n’avais à faire qu’à des militaires au masculin, sont très peu diversifiés. Famille, argent, amour, amitié, relations admi-nistratives, le tout décliné en demandes, refus, explications sur le mode de la banalité, de la joie, de l’affection, du dépit, de la peine ou de la colère. 

Boileau a fait suer bien des lycéens en affirmant que « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » Quelle sottise ! Que de belles phrases, j’ai entendues ! Que de belles images me furent décrites ! Que de poésie dans des souvenirs, dans des espoirs exprimés ! Puis plus rien devant la feuille… 

Ah, si tous les êtres humains pouvaient écrire leurs rêves, presser les fruits de leur imagination ou simplement se raconter, que de beaux livres naîtraient ! Mais voilà, dire est déjà difficile et toute la maïeutique d’un psy est délicate, alors écrire, pour certains, relève de l’impossible Voltaire a beau dire que : « L’écriture est la peinture de la voix », cela ne rend pas tout le monde artiste, même amateur !  Voilà comment je suis devenu une oreille et une main. Mon organisation est curieuse sans doute, mais pas fantaisiste. Vous savez, elle est bien structurée. Je peux aller de quartiers en quartiers, limités et choisis quand même, puis de villages habituels en villages habituels, sans que mes bureaux soient désertés. C’est une belle chaîne où règne le chèque-emploi le plus souvent, où chacun retrouve son compte, de services, de complément de ressources et d’amitié. Je pense que j’avais un ancêtre peintre rupestre qui déjà gravait dans le fond des grottes les messages de ses compagnons chasseurs. C’est à travers une longue chaîne des scribes que se perpétue notre fonction…  Sylvain avait terminé. Karine, puis moi, lui avons naturellement demandé si la Vendée ou l’Hérault n’étaient pas sur sa route de colporteur d’écritures… - Pour l’instant non ! Je descends presque à vol d’oiseau du Nord vers le Sud en m’arrêtant près de Millau. Mais c’est à voir pour un franchissement des Cévennes. Quant à la Vendée, j’y ferai plutôt une visite d’amitié. Lucas, Thibault et toi serez mes guides pour un département dont je connais l’histoire, les richesses, mais où je n’ai pas encore posé mes bottes.  

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