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31 août, 2011

36- QUI PRESENTERA LE PROJET DE LOI?

Classé dans : — Alain @ 22:57

           A la coupure de milieu de journée, ce dernier jour de semaine laborieuse, nous avions prévu d’aller pique-niquer dans un jardin public tout proche.                  Thibault, lui aussi, avait obtenu des congés. 

               Providence, il nous avait concocté un assortiment de salades, de charcuteries, de fromages et de petits gâteaux bien sympathique. 

            Avec la complicité du gardien, il nous avait réservé un petit coin ensoleillé, un peu à l’écart des passages et bien aménagé. Nous avons fait honneur à son ingéniosité mais en nous contentant sagement d’eau minérale. 

             Lucas était de la partie. Après son propre repas servi par Maman, deux ou trois gazouillis, il s’endormit en souriant aux rayons doux de cette journée d’avril. 

             Nous avions plusieurs fois évoqué, en diverses occa-sions, les élèves d’Emmanuel. Sylvain avait reçu un appel de Thierry, le responsable de
la S.E.G.P.A. 

            Depuis l’hospitalisation de Sylvain, c’était devenu assez fréquent et ils avaient fortement sympathisé. Au cours de ce dernier contact, ils avaient envisagé une possible rencontre avec les ‘’gars ‘’ de Manu. 

           Notre ami nous a proposé de venir avec lui au collè-ge, le mercredi suivant. L’établissement serait fermé, donc notre venue plus discrète, et, ce jour-là, les délégués avaient quartier libre… 

          Ce n’était pas possible pour Karine, déjà engagée auprès de sa famille banlieusarde. 

           Pour moi, c’était d’accord, mais pas sans appréhension… 

             Ce vendredi, je devais partir directement Gare de Lyon à l’issue des comptes-rendus. J’ai appelé Alice et Robert pour leur demander d’inviter Thierry, son épouse et Sylvain avec sa compagne éventuelle, mardi soir. Je souhai-tais préparer notre rencontre avec les jeunes… 

          Ils ont été plus que ravis par la perspective de cette soirée. J’ai dû vite interrompre leurs propositions de menus. 

         Sylvain confirmerait notre rendez-vous auprès de Thierry et lui transmettrait l’invitation pour mardi soir. 

          Lui s’arrangerait avec l’hôpital, pour une fois, quant à sa compagne, il verrait… 

            A la reprise, nous avons eu à décider d’un point latent depuis le début.   

          Dès le premier jour, nous avions prévu de remettre solennellement notre Charte à un trio de députés. 

          Nous avons beaucoup hésité, beaucoup discuté. Jusqu’à ce jour, nous avions évité de recourir officiellement à un élu. Il y en avait parmi nous, il y en avait encore plus dans les comités, dans les groupes de villages, de quartiers mais tous étaient présents à titre personnel. Ils ont bien joué le jeu, autant que les professionnels de la presse. 

          A Paris, dans notre cirque, nous ne comptions aucun parlementaire et pourtant une proposition de loi devait être déposée par l’un d’entre eux. 

           Il nous a fallu faire chauffer nos neurones. Nous étions quelques-uns à avoir dans nos relations, nos amis mêmes, des élus que nous pouvions solliciter, mais notre problème était plutôt, parmi les nombreux politiques sympa thisants de notre mouvement, lesquels contacter ? Lesquels choisir sans vexer les autres ? 

          Les enseignants siégeant à
la Chambre des Députés ou au Sénat étaient nombreux, mais nous voulions conserver à notre Charte son universalité. 

         Le grand brassage des volontés, des personnes très diverses, avait été le ferment de notre vaste  mouvement. Nous ne voulions pas non plus, quelles que soient les qualités, la notoriété de l’élu, privilégier un parti politique. 

           C’était vraiment un casse-tête, nous l’avions évoqué dès notre arrivée dans la capitale, mais sans insister. 

           Mes collègues étaient dans le même état d’esprit que moi, alors nous nous en sommes remis au Bureau des Sages pour trouver des propositions à discuter. 

           Et nous avions raison. Presque… 

            Les échanges, par téléphone, par le net avaient tissé leur toile entre la plupart d’entre nous et leurs amis des comités. Des discussions avaient agité tous les contacts. Des conseils, des offres s’étaient précisés. 

              Ce vendredi, juste à notre reprise, en début d’après-midi, les Sages nous ont présenté le résultat de cette recherche souterraine. 

           Un collectif de parlementaires s’était constitué, à l’insu des autres élus et surtout de leurs dirigeants ; U.M.P. P.S VERTS, P.C. CENTRE GAUCHE, CENTRE DROIT et même N.P.A., de nombreuses formations y étaient représen-tées. 

            Chacune, parfois chaque courant, avait un volontaire qui dès le début avait manifesté sa sympathie avec les volontés exprimées par Manu. Ils avaient tous, sans ostentation, participé aux premiers travaux dans des petits groupes. Ils avaient, tous, ressenti cet élan qui avait amené l’Ecole à la crête d’une immense vague. 

             Ils avaient eu, comme prévu, du mal à se départager. Cet embarras du choix était encore une bouffée de chaleur qui nous faisait du bien. 

             Ils étaient sept, c’était peu en regard des volontaires, beaucoup pour déposer une proposition de loi. 

          Je ne connaissais pas vraiment le système législatif pour cette opération mais ceux qui, parmi nous, étaient plus avertis semblaient confiants. 

       Nous avons décidé de nous en remettre à l’expérience de nos amis élus. Il le fallait car il était certainement nécessaire qu’un délai soit respecté pour ce précieux dépôt.  

        Une intermède a émaillé, peut-être y en eut-il de plus discrets, l’intérêt, particulier, d’élus nationaux pour notre choix. Je ne résiste pas à l’envie de vous la faire partager. 

           Le hasard a voulu que je sois présente lorsque l’un de nos sages reçut la visite de l’un de ces députés postulants pour déposer notre proposition de Loi. 

          Il a traversé notre petit groupe avec de grands sourires et une chaleureuse curiosité pour notre occupation. Il n’était pas un inconnu pour nous et les écrans, parfois, cadraient sa faconde. 

         Les éclats de voix nous ont attirés et notre collègue, d’un signe, nous a invités à venir les rejoindre. 

         – Je ne vous présente pas mon… ami ! Il est volontaire pour nous représenter auprès de l’Assemblée Natio-nale. Il estime que nos relations personnelles, amicales, dit-il, devrait, lui le parrain de mon fils, m’incliner à vous proposer avec conviction sa candidature. 

              Je suis heureux de pouvoir vous rendre témoin de ma réponse… 

           Nous nous attendions à un plaidoyer amiable en faveur d’une personne aussi spontanément empressée. 

       Ce fut une leçon d’amitié un peu spéciale que nous servit ce délégué pharmacien lyonnais : 

         – …Tu veux savoir pourquoi je ne te recommanderai pas à mes partenaires… Pourquoi pas ? 

         Tu es un ami, mais un ami universel et tu en fais une carte de visite. Pour moi, tu ignores ce qu’est l’amitié.   

          Depuis que je te connais, tu sais être aimable, familier, copain… J’ai compris, peu à peu. Cela ne se vérifie, je crois que c’est malgré toi, que dans la mesure où cet investissement humain rapporte ou peut rapporter des services, de la notoriété, un avancement, du pouvoir, une cour, de l’argent bien sûr mais pas exclusivement. 

         T out poisson pris dans le filet de ta bonhomie est jaugé en fonction de son potentiel d’intérêt. Il est rejeté, écarté dès qu’une autre prise devient plus rentable ou dès que « l’ami » devient trop perspicace, trop difficile à contrôler. On ne peut miser sur la gratuité de tes actes. Il faut même s’en méfier car, ta connaissance des individus, te permet de te défiler de l’amitié comme des responsabilités dès qu’elles deviennent encombrantes voire risquées. Je suis persuadé que malheur à celui, ceux qui auraient approché de trop près ta réalité. Poulpe d’eau peu claire, tu sais les noircir d’une encre insidieuse… 

          Tu voulais savoir pourquoi, toi, le politique adroit, l’ami de tous, le copain des fêtes, des cérémonies, nous ne souhaitons pas t’accueillir parmi nos gens de bonne volonté ? Eh bien tu le sais maintenant. 

           L’Enfant, pas ton enfant, celui de notre responsabilité collective, ne sera jamais pour toi une finalité ! Pour qu’il t’intéresse, il faudrait qu’il soit éducable afin qu’adulte, majeur, il puisse au moins voter et, peut-être, devenir un « ami de rapport ».  

         Son interlocuteur nous regardait, comme pour nous prendre à témoin du délire imprévu de notre Sage. Sonore, le timbre de notre collègue ne s’était jamais emballé et, c’est vrai, il semblait parfaitement apaisé. 

          Le pharmacien a terminé alors que, crispé mais toujours souriant, s’éloignait son ex-ami : 

        – Ceci m’a fait du bien. Je perds un « ami », mais ma conception de l‘Amitié gagne en pureté, en vérité, en intensité. A toi, à tous tes semblables, je confirme ; « Bon appétit ô ministres intègres ! ». Aux voraces du « bouffer pour exister » je préfère les coups de main des « petits, des sans grades… » riches de l’altruisme de ceux qui servent, pas qui se servent. 

           Depuis que Manu a impulsé notre Mouvement, j’ai rencontré bien de ces gens pour lesquels l’Amitié n’attend rien pour eux, sinon le sourire de ceux que l’on a aidé et surtout la victoire effective après avoir combattu pour qu’un peu plus d’humanité soit distribué. 

           Ces gens sont multiples, anonymes, célèbres, employés du public, du privé, artistes, élus politiques, rentiers, bas et hauts fonctionnaires, modestes auxiliaires et grands patrons… 

           L’amitié et l’intelligence du cœur n’ont pas besoin d’être encartée pour être. 

            Nous avons poursuivi notre travail, sans filet apparent, pendant que nos futurs messagers œuvraient pour préparer notre grand Evénement. 

             Que cette opération soit possible ainsi et au moment voulu ou non, nous avions décidé que mercredi prochain serait notre Jour et que la plus grande publicité possible lui serait donné.. 

          Nous avons continué, rapporteur après rapporteur, à rendre compte des conclusions de chaque groupe de travail. 

          A la fin de la séance, chacun a reçu un brouillon photocopié de toutes les synthèses, avec la consigne de les revoir pendant ces deux jours de pause pour un complément d’étude discret. 

           La vigilance la plus grande était recommandée. Toute diffusion prématurée ne pourrait que nuire à l’impact que nous voulions donner à nos conclusions.  

        Les au revoir ont été, en général, brefs : « Bises, à la semaine prochaine ! » et la dispersion rapide. 

             Sylvain a proposé un détour à son taxi ambulancier pour me déposer à la Gare du Sud, chantée par Patrick, mon troubadour occitan. 

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