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29 août, 2011

34 – JULIETTE EN COLERE.

Classé dans : — Alain @ 23:00

                  Ma soirée, toujours aussi ouatée par mes deux tuteurs, a surtout été marquée par l’indignation de ma fille.                  En début d’année scolaire, nous nous étions un peu étonnés de l’initiative de sa maîtresse qui instituait une assemblée de discipline. Elle devait, en fin de semaine, distribuer, les avis de satisfaction et les réprimandes. Se voulant démocratique, cette institution relevait plus, à notre sens, du tribunal populaire que de la réflexion autour des conduites.            

              Nous en avons parlé lors de la réunion de rentrée. Ce n’était qu’à l’état de projet alors. La professeur des écoles nous a rassurés en précisant que cela restait très esprit coopératif, se ferait avec un vote des élèves et qu’elle en serait l’arbitre.              Hier maman, c’était pas le jour mais, vers 16 h, elle nous a dit : 

           « Rangez vos affaires, on va tenir notre réunion de discipline ! »           On savait un peu pourquoi, il y en a deux, des filles, qui se sont insultées et bagarrées pendant la récré. Les autres criaient autour… 

           La maîtresse les a fait venir au tableau et nous a dit : « Que pensez-vous de leur conduite ? Qui est coupable ? Que faut-il lui faire ? »           Déjà, j’ai pas aimé qu’elle parle d’une coupable, sans savoir, ensuite avant de dire ce qu’on pensait, il faudrait peut-être les écouter, leur poser des questions…. 

            Jonathan a commencé :           « C’est Line qui a provoqué Shirley, je l’ai vue! »             Line a crié que c’était pas vrai, que Shirley avait commencé déjà hier. Shirley a répondu que Line ne faisait que la traiter, se moquer d’elle, lui dire qu’elle était mal habillée, qu’elle sentait mauvais et que sa mère était grosse…        

            Alors là, dans la classe, il y en a qui ont dit :             « C’est vrai, elle est comme ça, et même que son père se dispute avec tout le monde. » 

           Les autres protestaient :             « On s’en fiche de ça ! Si Line l’a insultée, c’est normal que Shirley lui réponde ! » 

            La maîtresse a tapé sur son bureau et elle a remarqué : « Est-ce que ça justifie qu’on tape sur celle qui se moque de vous ? »           Moi, j’ai levé la main et j’ai dit : « Oui ! » 

          « Enfin Juliette, pas toi qui cherches toujours à arranger les disputes ? »            « Mais Madame, quand on ne sait plus quoi répondre, quand on se moque de nos parents, de nos vêtements… on peut être tellement en colère parfois qu’on ne se retient pas, on a trop de honte ! » 

           Dans la classe, il y en a qui m’applaudissait, qui disait que j’avais raison…            Les copines de Line, elles, elles me criaient après. 

          C’était un beau bazar !              Alors tu sais maman, tu vas être convoquée avec Papa, parce que j’en ai eu marre, j’ai pris mon sac et je suis partie.           On m’a bien entendue ; tout le monde s’était tu. 

         « Moi, je ne veux plus faire ces réunions. C’est injuste ! On punit, on récompense mais on n’écoute personne. Ce n’est pas à nous de dire si c’est bien ou mal, c’est à vous ! »          La grille était déjà ouverte et tes copines, dehors, elles m’ont vue sortir en pleurant. T’inquiète pas, c’est parce que j’étais énervée seulement… 

        Je n’ai pas voulu que papa t’en parle en premier, je préfère que ce soit moi…           Il a téléphoné à l’école pour dire que j’étais bien à la maison et que vous passeriez voir la maîtresse à ton retour. 

       Demain, il faut que j’y retourne mais ça ne me fait rien. Tant pis si je suis punie, mais pas par les autres cette fois. »             Je pensais que si l’école avait eu une véritable équipe, un directeur présent et non itinérant, cette dérive ne se serait pas produite… 

           Je n’ai pas consolé ma fille, ni approuvé, ni blâmé. Je lui ai dit que je comprenais qu’elle ait réagi comme elle le sentait… que surtout, elle n’avait fait de mal à personne, sauf à l’amour-propre de la prof., mais ça je l’ai gardé pour moi 

          Je lui ai conseillé de ne pas attendre pour en parler bien tranquillement avec Line et Shirley, comme le faisait si bien ma Juliette de
la Paix. Ce serait bien, surtout, si aucun clan ne se formait autour de cette histoire. 
           C’était beaucoup pour ses neuf ans, mais elle en était capable… 

          Je l’ai réprimandée pour avoir apostrophé la maîtresse et avoir quitté l’école avant l’heure… Elle s’attendait à une punition et l’acceptait à l’avance.           On en reparlerait à la fin de la semaine. 

           Dans l’ensemble, j’ai dû exprimer ce qui convenait car sa voix s’est faite plus posée et elle m’a claqué un gros bisou sonore avant de me passer Killian, patient pour une fois. 

          Lui, c’était surtout son mercredi avec papa, son entraînement de foot et la visite de David qui meublaient son monologue.             Yann m’a confirmé tous leurs propos, m’a rassurée sur le comportement de Juliette, a approuvé, (Quel maladroit !) son indignation et c’est moi qui ai dû le calmer…            Evidemment, ce fut le sujet de conversation de la fin de soirée et, évidemment, Juliette avait gagné deux supporters de choc, pas objectifs du tout.   

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