et l'école renaîtra

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24 août, 2011

28- L’ECOLE DE KILLIAN.

Classé dans : — Alain @ 20:49

               Le trajet était assez bref ! Le wagon, bien rempli, exhalait les fortes odeurs de fin de journée ; un bouquet plus que varié ! Mais la cueillette de sourires, non négligeable, était aussi surprenante que sympathique, le plaisir du retour sans doute… Cela tombait bien, je me sentais guillerette !                Robert et Alice savaient que le dîner, la soirée se-raient à nous. Ils m’ont encouragée à rejoindre Yann et mes deux trésors. 

            Nous avions bien discuté avant mon départ à propos de mes réunions à Montpellier et, déjà, les soirées à la maison, leurs échanges dans la cour de récré avaient bien dégrossi Juliette et Killian. 

             Pourtant, quand en grimaçant vers l’objectif de la webcam, ils m’ont demandé si je m’amusais bien, j’ai tenu à rectifier cette mauvaise interprétation de mon voyage :  

            – Bonjour les trois grands ! 

            Trois avec un peu d’imagination parce que leur gros plan me laissait peu de chance d’apercevoir Yann. 

           – Je ne m’amuse pas mais je vais bien et je suis con-tente de ce que je fais. Savez-vous quoi au juste ?  

            Killian n’a pas laissé le temps à Juliette de s’aligner au départ, il a foncé : 

              - Ouais !‘’Oui’’, a grondé le papa. Quand j’étais là, il laissait passer…  Toi et tes copains, vous n’aimez pas l’école. Vous en voulez une autre !  

          A peine le temps d’un soupir, insuffisant pour ses voisins, et Killian a déclaré : 

          – Moi, j’en veux une au fond de la mer ! » 

          Triple regards convergents et interrogatifs vers lui… 

          - … On aurait des tuyaux, pour sortir de la grande bulle. On rencontrerait tous les poissons, même des pas connus… 

         On irait dans des fermes et on apprendrait à manger des algues… 

         Balle à Juliette, elle rentre dans l’histoire de son frère et s’inquiète, pratique : 

        -  Comment tu irais? 

        – Ben en ascenseur à air, directement dans la grosse bulle en verre, tiens ! » 

        C’est évident, ma chère sœur ! 

        Elle joue le jeu : 

          -Tu apprendrais à lire, à écrire et à compter là-dessous ? 

           – Il faudra bien ! (ça y est, il a plongé !). Sinon comment on pourrait connaître tout ce qu’il y a au fond ? On ne saurait pas comment ça marche ou comment ça vit ! 

       – Et écrire ?           

           – Encore plus besoin, si on veut marquer tout ce qu’on trouve, si on veut le raconter aux autres sur la terre et dans les écoles des autres mers… 

            – T’auras un ordinateur ? 

         – Forcément, le papier ça tiendrait pas longtemps dans le mouillé ! Même avec l’ordinateur, il faudra quand même écrire, dessiner, mettre des photos… pour tout garder. 

- Apprendre à compter, alors ? 

    – Fastoche ma vieille : dans la mer on compte tout ; il y a des milliards de poissons. 

       Il ouvre largement les bras pour embrasser cette multitude. 

            -Des crabes. Moins de baleines, mais c’est plus gros. Les requins aussi faudra les compter, en faisant attention… 

          -Tu resteras dans la mer plus tard ? 

            -J’sais pas, j’suis trop petit. Pis, après la mer, je voudrais avoir une école de rivière, de montagne, de désert, de forêt, de jouets ( !) … 

      -Tu n’as pas fini d’aller en classe ! Essaie-t-elle de le décourager. 

        -Ça fait rien, si ça me plaît…   

        Et c’est nous qui cherchons comment justifier l’Ecole, mettre les enfants en appétit… 

          Ni Yann, ni moi, n’avons interféré dans leur échange. Ils étaient tellement dans leur jeu de construction que nous immiscer aurait tout brisé… 

          Un jour, je leur dirai que ce n’est pas si loufoque cette idée d’une Ecole perpétuelle et omniprésente… 

           Peu de place pour Yann et moi lors ce premier rendez-vous. 

                 Quand nous avons commencé à parler de ma journée, les deux curieux, ont foncé, surtout lorsque j’ai raconté la rencontre avec Karine et avec Sylvain. 

          Lui, ils le connaissaient. Les conversations surprises, la télé, et toujours Radio Copains… 

          J’ai dédramatisé. J’ai dit la vérité : je n’avais pas vraiment eu le temps de lui poser de questions. On verra plus tard… 

           Ils se sont enfin lassés et j’ai pu retracer les grandes lignes de ce début de séjour parisien. L’accueil des horlo-gers, l’arrivée et la rencontre avec Karine, l’organisation de notre session, la découverte de Sylvain, mon trac sur la piste, le retour en métro et mon optimisme… 

           Yann a donné son appréciation notée : « 15 sur 20, semble à l’aise ! » 

           Quant à lui, rien de spécial, du courant… Menteur ! D’habitude, il est au bureau, ne prépare pas les repas, ni les vêtements des enfants. En revanche, il participe bien au ménage en fin de semaine et se spécialise, en vaisselle, dans la catégorie gamelles… 

           Donc pour le courant, il repassera… Non quand même pas, pour le linge, j’ai prévu quelques heures de chèque emploi… 

             Une voisine vole à son secours… 

          Il est un peu agacé pourtant : jamais son père, mes parents et surtout sa mère n’ont éprouvé si souvent la nécessité de le joindre. Inquiétudes, manque de confiance, traduit-il ! 

             Il a interdit les visites, si je peux revenir samedi et dimanche, mais il ne peut museler le téléphone 

        Le comble, c’est lorsque Juliette et Killian s’emparent du combiné avant lui… Il a l’impression de les entendre faire leur rapport et se délecter à détailler ses initiatives ménagères… 

               Il n’arrive même pas à détourner la conversation vers moi. 

           Après des câlineries virtuelles, c’est chaud l’éloignement, nous avons renvoyé au lendemain la suite du feuilleton familial… 

            Maintenant, porte ouverte à notre groupe du village élargi à d’autres chateurs autorisés. 

           Premier contact avec Alain. Il s’est chargé de préve-nir tout le monde, messagerie arabe, pour notre colloque. 

            J’ai déplié le menu de ce lundi, exposé en détails mes impressions et mes commentaires. 

           Chacun y va de sa question ; j’apporte les précisions et inscris les points sans réponses, pour l’instant. 

             Comme après un examen, ils s’inquiètent auprès de la candidate : 

           – Tu n’as pas oublié de dire… ? 

          – Et eux, qu’est ce qu’ils pensent de… ? 

            – Quelle était l’ambiance… ? 

           – Est-ce qu’ils y croient… ? 

            – Et dehors, t’as rencontré des gens pour, des gens contre… ? » 

              Je n’ai rien omis. J’ai tout raconté, la colère de Karine en ouverture, l’intervention surprise d’Huguette et la venue de Sylvain. 

              Déception, il ne nous a pas parlé de Manu ! 

            Eux aussi me percevaient détendue depuis mon entrée dans le cirque et se réjouissaient de recevoir mes ondes d’espoir. 

            Notre ancien, Bernard, m’a proposé de faire, après chacune de nos rencontres, le compte rendu sur le blog. Il avait tout noté. Demain matin ou cette nuit, il me résumerait les premières réactions. 

            Ils savaient déjà pour Karine et Huguette, normal : les infos. Cela s’était passé dehors. La presse ignorait et devrait encore l’ignorer, la présence de Sylvain 

          Pourtant avec l’ambulance, les pansements… 

           Peut-être de la discrétion… Dans certaines rédactions, oui ! Toutes, je n’y crois guère. 

          A présent, à table, je suis espérée. 

           D’abord, apéro, Carthagène maison et rapport en guise de biscuits. Attention, j’ai école demain… 

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