et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

  • Accueil
  • > 49- LA CONFERENCE DE PRESSE.

23 septembre, 2011

49- LA CONFERENCE DE PRESSE.

Classé dans : — Alain @ 22:10

Une salle des Pas-Perdus de l’Assemblée Nationale nous avait été octroyée pour accueillir la presse.  Nous étions regroupés en arc de cercle, face aux représentants des médias, au pied d’un pupitre surélevé. 

Les questions n’ont pas manqué. Nous avions prévu que les réponses seraient apportées par ceux qui les sentiraient le plus, un petit signe devait nous départager. Après avoir dû raconter pour une énième fois, l’histoire de notre mouvement, celle de Manu, Sylvain a subi un traitement particulier, presque inquisitorial. 

Les questions ont tourné ensuite sur la faisabilité, la confiance que l’on pouvait porter à nos élus, à l’administration pour transformer en textes d’application et en mise en œuvre notre Charte. Quatre thèmes ont donné lieu à des débats plus approfondis : 

Le premier m’a ramenée vers mon barbu dans le T.G.V.  Le représentant d’un hebdomadaire ancien, toujours soucieux des normes, s’est inquiété : 

-Vous prônez l’écoute de l’enfant, sa mise en confiance, la patience, voire la tolérance et un accompagnement affectif de la scolarité. N’est-ce pas excessif, une erreur même ? Sans parler vraiment d’éducation à la dure, l’autorité bien affirmée n’est-elle pas la garantie d’une discipline nécessaire à tout apprentissage ?  Mon expérience récente m’a incitée à la prudence et je ne me suis pas manifestée. Pourtant… 

C’est notre délégué le plus apparemment strict, le plus cravaté, le plus posé dans ses gestes, le plus sec dans ses propos, un Dauphinois buriné, pince-sans-rire mais extrêmement gentil, qui a sollicité notre approbation. Nous l’avons volontiers laissé nous représenter. 

- Monsieur, merci ! Vous allez me permettre, enfin, de comprendre cette expression  « élever à la dure » autant que son contraire « élever en douceur » Sans doute, pouvez-vous appuyer votre remarque par des exemples de réussites célèbres ; Pasteur, Mozart, l’abbé Pierre, le Général de Gaulle, Léonard de Vinci, bien d’autres… qui furent certainement des enfants que l’austérité de leur formation, la sévérité de leurs éducateurs ont conduits à notre reconnaissance ou à notre admiration… 

Sans doute, pouvez-vous citer Hitler, Gilles de Retz, Landru et autres malfaisants, comme l’aboutissement d’une enfance trop chouchoutée… Monsieur, autorité, sévérité, faiblesse, relâchement, pour ne pas parler des extrêmes, brutalité, coercition, laxisme, abandon, laisser-aller, complaisance…  ne sont pour nous que les formes d’expression d’un seul mode universel de relation : le respect ! 

Si nos jeunes sauvageons, pour rappeler une dénomination que nous ne croyons pas aussi aimable que l’ont regretté certains, si nos trublions des cités ont adopté ce terme pour reconnaître un acte, une personnalité à saluer, en revanche, le manque de respect lui peut provoquer des retours violents… Je ne crois pas que quiconque puisse, dans la sincérité de son introspection, rejeter l’évidence de ce besoin individuel ou collectif de respect. 

Mais si le besoin est universel, sa mise en pratique, sa reconnaissance, son obtention n’ont rien de systématique. Particulièrement de la part de ceux qui en exigent le plus les marques formelles. J’ai, nous avons, tous le souvenir d’un enseignant, d’un moniteur, d’un patron avec qui la relation n’a jamais posé de problème… De ces gens avec qui les apprentissages s’inscrivaient aisément dans notre mémoire et nos savoir-faire. De ces gens avec qui, familiarité n’était pas un mot banni, mais pour lesquels, chahut, indifférence, crainte et sanction étaient des termes théoriques, essentiellement. 

Notre punition tenait dans le jugement implicite de ces adultes. Sans flagornerie, nous avions envie de leur estime et nous n’éprouvions pas la peur de leur exposer nos doutes, nos incompréhensions et nos erreurs D’autres, d’aussi grande érudition, d’aussi grande maîtrise de leurs spécialités, n’avaient pas cette capacité pour susciter l’écoute, l’attention. Je me souviens de profs, stupidement chahutés, sournoisement parfois par crainte de colles, de punitions et pourtant si riches en savoirs. 

Je ne crois pas non plus à ces adultes copains copains, plus compétents dans les loisirs de leurs élèves que dans la rigueur logique des apprentissages Même pour eux, le respect n’est pas de mise. L’adulte est un modèle sur qui l’enfant pose le regard et il attend de lui compréhension, sympathie mais aussi arbitrage, recours et exemples. Chacun doit assumer sa place et la respecter n’est pas séparer, mais harmoniser. L’éducation est une science que beaucoup de parents apprennent sur le tas, avec succès souvent, car l’affection compense bien des faux-pas. 

La pédagogie, l’enseignement excluent ce paramètre. Ils s’adressent à des groupes hétérogènes, à des individus de vécus divers, même si leurs objectifs ponctuels sont identiques. Il faut que l’enseignant compose, suscite et capte l’intérêt de tous. Impossible, me direz-vous ! Difficile dans certains regroupements, c’est vrai ! L’autorité implicite née avec le respect doit alors devenir une autorité explicite, justifiée par des codes de vie en commun, des modes de conduite, éventuellement des rappels à l’ordre et des sanctions. 

Si nos mini sociétés que sont les associations sportives, culturelles, les centres de loisirs, les établissements scolaires… ne possèdent pas ces codes définis ensemble, connus, revus, et admis par tous les acteurs de ces microcosmes, alors, effectivement, l’anarchie prime. Alors, la contrainte, la répression doivent effrayer les contrevenants. Alors, progresse l’art de la débrouille et de la com-bine pour ne pas se faire prendre. Souvenir personnel, j’ai l’âge d’avoir connu des films comme ‘‘Graine de Violence’’, vous savez « Bill Halley » et « Rock Around the Clock », comme « 
la Fureur de Vivre », comme « 
la Cage aux Rossignols » devenus « les Choristes »… comme, comme… continuez pour moi. Tous mettaient en évidence cette lutte entre pouvoir et compréhension, entre exigence de respect de la part des adultes et soif de respect de la part des jeunes. 

Dans le film avec James Dean, le jeune va jusqu’à provoquer son père qu’il trouve trop tolérant, lâche même. Il voudrait pouvoir le respecter… Voilà, Monsieur, notre pesée entre « l’école à la dure » et « l’école en douceur » 

Un dernier mot, perdre la face n’est pas une catas-trophe, ni pour l’adulte formateur ni pour l’élève, c’est l’entêtement dans l’erreur qui seul amène à la perte de confiance. C’est grave ça, très grave… 

Jamais, nous n’avions connu notre ami aussi prolixe. Nous nous attendions certes à une réponse incisive mais brève…  Il pouvait se tourner vers nous, nos regards lui confirmaient que nous approuvions chacune de ses phrases. 

Laisser un commentaire

 

parcelle 53 |
Éloge des Loges |
MAYACAT-ESOTERISME |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Cérelles C'est Vous !
| Carbet-Bar
| roller-coaster x