et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

16 août, 2011

22- LA CHAUMOISE.

Classé dans : — Alain @ 9:12

                 J’ai rejoint sans problème la salle de congrès. La dernière officieuse avant le rendez-vous solennel au Parle-ment.                Je me préparais, mais ce n’était pas une nouveauté, à franchir la troupe des journalistes qui gardait, surveillait chaque entrée.                   Notre agora parisienne avait des allures d’arènes. Parmi plusieurs offres de propriétaires gagnés à notre croi-sade, notre Bureau avait opté pour un cirque en dur, bien connu.                   Certains ont pu y trouver matière à dérision et ne s’en sont pas privés.               

                Notre vaste, intense détermination, partagée par tant de Français devenus éloquents, n’avait pas que des adeptes et des rumeurs sournoises distillaient leurs remarques acerbes. Elles rejoignaient encore les attaques qui avaient tenté de salir Manu et tous ceux qui l’avaient connu.                   J’ai choisi la porte principale. Celle-ci, comme les autres, avait son lot de curieux et j’étais assez solide, main-tenant, pour ne pas les fuir. 

                 Je n’étais pas la seule à opter pour cet accès.                 Sur le seuil, un demi-cercle s’était formé d’où montait une voix claire, assurée et virulente.            

                  Je me suis enquis auprès d’un autre délégué bien concentré :            – Un journaliste agressif et ironique, vient d’apostropher une de nos collègues, de Vendée, une Prof de L.E.P.           

                   Il semblait savourer cette origine, comme une friandise ! Etait-il membre de cette tribu des finisseurs en vrac des orientations hasardeuses ?               - L’échotier, -Ironie ou fixation attardée sur Renaudot !- lui a demandé pourquoi les enseignants se sentaient maintenant le courage de protester, pourquoi ils avaient laissé faire.           

           A mon avis, il ne va pas regretter sa question…  

          Voilà une intervention qui me ramenait dans le jardin d’Alain. Tout au début, une demande semblable avait aussi cherché réponse auprès d’enseignants, mais sans perfidie.            Je me glissais entre deux photographes, assez pour apercevoir, une jeune femme, aussi jolie qu’animée, les yeux vrillés dans ceux d’un reporter d’info télé, connu même de moi :  pas assez pour mériter votre indignation ?             

            – Où étiez-vous ces derniers mois ? Dans l’attente d’un autre autodafé sans doute, mais pas dans la fréquentation des milliers de petits groupes de réflexion !                Un peu de surdité intellectuelle, peut-être, vous privait de l’écoute des témoignages ?  

             Vous avez négligé la lecture de vos confrères, les articles des modestes correspondants de, trop petits terrains, qui, eux, allaient de village en village, de quartier en quartier, toutes oreilles ouvertes aux idées brassées.  

             Les sourires de la Presse, pas de cadeau les confrères, les rires de soutien des délégués, des badauds, ont agité notre « Monsieur », prononcé avec une première syllabe bien accentuée.           Nous le sentions prêt à esquiver, à s’esquiver, mais il était malaisé de franchir discrètement cet arc de cercle de plus en plus dense !              

             Karine, j’ai appris plus tard son prénom ; le hasard, ce grand ensemblier, allait nous rendre voisines de banquette dans les gradins, a poursuivi, très pédago :         

             - En quelques années, Nouveaux Programmes, nouveaux livrets, nouvelles évaluations, nouveau vocabulaire se sont bousculés, se sont remplacés. Tout changeait, toujours, sans jamais nous donner le temps de juger des effets, des qualités et des vices des précédents.          

             Nos propres dirigeants, ceux qui devraient soutenir les acteurs du Service Public, ne nous ont  guère épargné les attaques perpétuelles et insultantes             La désinformation, les ordres et contre-ordres ont retenti dans les Infos, mais les textes sont restés et, sans bruit, les transformations, apparemment désavouées dans les tribunes médiatiques, se sont  pourtant incrustées.           

             Nous, vos enseignants négligents, Monsieur, étions pourtant conscients qu’il y avait des réformes indispensab-les, des dysfonctionnements à corriger, dont l’effectif et le budget n’étaient pas forcément les plus importants.            Chaque changement programmé a été symbolique d’une volonté réductrice du gouvernement,  sans débat cont-radictoire préalable.            

            Le plus grave peut-être, le plus minable, s’est attaqué à la base fondatrice de toute la scolarité,
la Maternelle. 
          

            Moi qui assume des élèves en fin de parcours, en Lycée Professionnel, je peux vous parler de certains chemi-nements chaotiques après un début de scolarité sacrifié…            Disparue l’originalité de notre Ecole à la Française, cette vraie chance d’une première éducation adaptée pour tous, l’Ecole Maternelle !          

           Pour elle, pour tous les niveaux, s’est réalisée la concentration des établissements.             Victoire des économies de personnel, de budgets, sur l’Education intelligemment adaptée !             

            Pourquoi n’avoir pas résisté, dites-vous ?          Nul ne peut affirmer que nous sommes restés muets et immobiles !            

            La casse de notre école a dû se réaliser avec des atermoiements, des déclarations mensongères, des trucages, en douce…             Cela parce que, relayés par certains de vos confrères, nous avons défilé, crié, écrit, dérangé, par nos réunions d’informations, par nos manifs et nos grèves. 

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