et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

5 avril, 2014

Pour le plaisir : Delteil Joseph

Classé dans : pour le plaisir... — Alain @ 16:50

        Vous le connaissez par des lectures, des pièces de théâtre, un film, une émission, une promenade par Grabels ou simplement parce qu’un espace de culture porte son nom.  

            Moi je l’ai feuilleté, il ya … longtemps, abandonné puis redécouvert au hasard de mes cueillettes dans notre bibliothèque. 

           Depuis avec notre Joie de Lire, nous avons échangé nos avis, et fouillé le phénomène. 

          Pas de jugement : des mots  seulement,… pour le plaisir, le mien, le notre peut-être.  

             Le 20 avril 1894, à cinq heures du matin, Joseph Delteil nait à Villar-en- Val (Aude). (retrouver son beau circuit de 6 kms). Ses parents sont originaires des environs de Montségur, haut, vraiment,  je l’ai gravi,  lieu ariégeois du catharisme. Jean–Baptiste, son père, est en forêt, comme d’habitude :  » Il ne rentrait presque jamais le soir à la maison; en plein bois, il avait installé une hutte de branchages et de bruyères où parfois nous passions quelques jours.  » Sa mère, Madeleine, n’apprendra jamais à lire et ne suivra jamais les lignes écrites par son fils :  » Pas même le titre; et aujourd’hui encore, je ne sais pas si je dois dire  » Dieu merci  » ou bien  » tant pis « . 

         Si la chronologie vous intéresse, de beaux dossiers éclaireront vos écrans. Mieux, lisez sa DELTHEILLERIE. 

        Disons qu’il est monté à Paris, les mains dans les poches et des mots au bout des doigts…  Et il revient… 

« En 1930, j’arrive sans doute à l’âge où un peu de vérité, un peu d’humanité font du bien au cœur.  Aujourd’hui, ce faux Delteil qui court le monde, cette espèce de grand gaillard dépoitraillé, un mètre quatre-vingt-dix et cent vingt kilos, tonitruant, orgueilleux,  » m’as-­tu vu  » , ce faux Delteil m’horripile. 

« Il est évident que si je fais un effort pour mener une vie simple et basée sur le bien, ce n’est pas du tout pour les beaux yeux du public ni pour la chose en soi, c’est pour atteindre ici-bas la totalité du bonheur. » 

            Le livre qui m’a conduit à repousser le battant de la porte de Joseph Delteil : 

 la Deltheillerie

LA DELTHEILLERIE
             « J’étais un paysan à l’état brut, sans racines spirituelles, sans véritable culture, instruit de bric et de broc (école primaire, puis séminaire). Un simple sauvage (non sans affûtiaux), venu tout nu de son patois. J’arrivais en sabots, tout chargé de messes et de raisins. Un ourson mal léché, l’innocent de village. Ourson d’aspect, cathare d’âme, paléolithique de cœur. »

     « Je suis entré dans le langage comme un bûcheron avec sa hache, le fils du bûcheron quoi !                 «  J’emploie les mots à la source, dans leur innocence première. La nue-propriété plutôt que l’usufruit. Mais ce sont de pieux coquins et qui me jouent des tours pendables. Dès qu’on ne les a plus à l’œil, ils vous cherchent noise, font des fugues. Et caméléons avec ça ! …Par-delà le dictionnaire ils ont leur tempérament…          

           Voyez comme amoureux vous a un air tendre, tandis qu’amant met les pieds dans le plat. Perdre sa femme – comme  une aiguille, ou trouver la mort (comme si après l’avoir cherchée toute la vie). Le mot battre, un tantinet enfantin : battre un  enfant ou battre Napoléon, c’est le même mot. Le mot ventre son sens grossesse, son sens orgie, son sens puéril : le  ventrou. 

              Il y a les expressions toutes faites, parfois fertiles en perspectives savoureuses ou équivoques. La femme  » met au  monde  » – au monde, quelle ampleur cosmique ! La femelle animale  » met bas « . La femme  » donne à son mari  » (gentil cadeau, de la main à la main semble-t-il) : sa femme lui donna quatre enfants. 

J’aime ce livret, gourmand plus que gourmet, rieur plus que sérieux, je goûte la recette du lapin… Je ne vous la livre pas, elle mérite la chasse aux trésors. 

 

LA CUISINE PALEOLITHIQUE

           « Ce livre n’est pas un livre de cuisine comme les autres. Ne vous attendez pas à de mirifiques recettes, à des trouvailles de gala. Ce n’est qu’un Précis d’alimentation naturelle, la cuisine brute, comme il y a l’art brut. 

La cuisine paléolithique, c’est la cuisine de Dieu. je n’ai voulu que préserver de l’oubli, ici ou là, quelque essentiel point de détail, quelque drôle de truc, quelque immémorial secret. Ce que j’appelle : le point d’or. 

          Il n’y aura donc ici que quatorze recettes, juste pour une semaine, mais toutes les semaines du monde se ressemblent, et voilà votre bréviaire pour toute votre vie. »  

Voici le menu d’un repas avec Henry Miller ; il comprend des crudités, de la sanquette, ( à vos dictionnaires), une poule au riz au safran avec lactaires délicieux et des framboises du lieu. 

           Voici la recette du millas charbonnier que l’auteur tenait de son père, un gâteau de maïs dont Pline signalait déjà la consommation dans les Gaules. 

           Connaissez-vous le  » tchaoutcholo  » !  » C’est tout bonnement du vin sucré, du vin pur naturellement, où l’on trempe du pain… le vin doit être chambré, le sucre de canne, la proportion de 50 g,  de sucre pour 250cl de vin exactement… sans oublier le clou de girofle bien sûr. «  

Une idée pour votre dîner du « lundi » : Les Tomates de Lucie. 

Prendre des tomates bien rondes, en main – les peler – les mettre à la cocotte sur feu modéré. 

Laisser cuire à demi, mais ni plus ni moins, là est l’art ! 

Il faut que le cœur de la tomate soit encore cru dans sa peau roussie. Les joues en feu et le corps frais. 

A la fin, une bonne persillade à l’ail. 

Servez et versez tout le jus par-dessus. 

Ça me rappelle Shéhérazade.. 

Et, commande Joseph Delteil 

 « .. léve-toi tôt ! » 

La recherche de celui qui crée plus que de l’œuvre aboutie, c’est le credo de Joseph Delteil : 

 

                    L’HOMME COUPE EN MORCEAUX –  L’HOMME DES BOIS  

« Moi je suis naïf, idéaliste. Une espèce d’analphabète. Je n’ai jamais rien appris, j’invente. Ça s’appelle l’instinct. Les savants  savent tout, c’est évident, mais l’analphabète sait le reste. D’ailleurs il paraît que le savant type, Einstein, quand il monte au  tableau, personne, sauf deux ou trois ouistitis de son espèce, n’est capable de le comprendre. Amen!
            C’est l’ouvrier qui m’intéresse, et non l’œuvre. L’ouvrier des pyramides, l’ouvrier des cathédrales, était-il heureux? (qui donc sinon moi a écrit: « un homme c’est plus qu’une cathédrale! « ). Moi, je cherche le plaisir, le bonheur.

L’homme, le moindre homme c’est moi. 

          Tout ce que je sais, moi l’homme des bois, c’est que j’aimerais mourir un jour dans ce village de Pieusse, Pioussolès-Balandrans, où d’ailleurs je ne suis pas né, mais que j’ai humé, respiré, reluqué, palpé, mordu, chié, joué aux boules, foulé aux pieds, tressailli, digéré à partir de l’âge de deux ou trois ans, entre le breilh de la barque où nous lavâmes tant de lessives avec maman et notre vigne de Fourques où les comportes aux vendanges étaient si lourdes à porter au pal, sans oublier cet endroit limoneux au bord du Rec où le ciel est si bleu, et où la pie tous les matins à 7 heures faisait son tintamarre; la mort y serait, me semble-t-il, plus étrange, plus étrangère qu’ailleurs, et quelque chose de moi y serait immortel.

Pour terminer avant de commencer vos propres fouilles, quelques affirmations de Joseph Delteil : 

 » Ecrire, c’est fraterniser; c’est fraterniser en jouant; c’est fraterniser en jouissant ». 

« Ecrire : c’est faire l’enfant! » 

« Mes frères, la suprême fraternité, c’est la fraternité des ventres ». 

« Le charme de vivre : c’est l’amitié »

« L’homme est une flèche à la poursuite d’un rêve » 

Et pourtant il écrit : « Je ne rêve jamais. Je reproche au rêve de se substituer trop souvent à l’action. Le plus petit acte du monde me paraît plus beau qu’un rêve. La vie n’est pas un rêve. Je ne rêve jamais. » 

« J’aime, voilà tout mon secret » 

Il se veut :  »Ourson d’aspect, Cathare d’âme, paléolithique de cœur » 

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