et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

29 avril, 2014

Héros de vacances!

Classé dans : Liens — Alain @ 18:12

Vacances ! Drôle de mots qui signifient aussi vide Quand c’est l’esprit que l’on vide après des journées d’activités denses, c’est un vide salutaire, quand il s’agit d’un vide imposé par la perte d’emploi, de santé, par une précarité quotidienne où sont les vacances ?

Il ne s’agit plus d’épiloguer sur la longueur des congés (encore un drôle de mots selon qu’on prend ses congés ou qu’on le reçoit…)

Je tire mon vieux chapeau à ceux qui se préoccupent d’organiser des temps de coupure pour tous ceux, de tous âges qui sont dans le vide quotidien d’une vie difficile… Qu’ils œuvrent autour du domicile ou ailleurs, bravo à ces anonymes, et à ces collectivités qui font que vacances redeviennent bouffées d’oxygène…

Je crois que ces gens qui essaient de tirer les autres de leurs soucis l’espace d’une portion d’été sont les vrais héros des vacances!

9 avril, 2014

la Cour de Babel

Classé dans : Liens — Alain @ 10:32

               Nous avons vu et débattu de « la Cour de Babel », ce mardi soir 7 avril…

               Déception ! Beaucoup de compréhension envers ces jeunes, leur colère, leur envie d’apprendre pour s’en tirer, pas forcément s’intégrer… envers leurs familles pris dans un tourbillon de difficultés… Beaucoup d’admiration pour les progrès réalisés… Mais peu sur le projet global de la classe et particulier de chaque élève… Comme si le feeling et l’adaptation au jour le jour, au circonstance par circonstance dominaient, c’est nécessaire mais pas l’essentiel ! Je suis certain qu’une méthode éducative et pédagogique existe mais pas évidente.

               J’ai connu, pendant 40 ans, ces enfants «  en difficulté », à mes débuts on disait « inadaptés » dans le melting-pot de mes classes spéciales, près des usines Renault de Boulogne (les enfants dans la journée), les adultes (le soir une fois par semaine) puis dans un grand ensemble toujours en région parisienne. Toujours en région parisienne, bien que directeur, j’ai souvent tenu des classes d’accueil, soit pour enfants du voyage, soit pour primo-arrivants non francophones…  

                 La compétence, l’implication totale de l’enseignant responsable de ces classes souvent ouvertes est primordiale, leur réussite en dépend, leur ratés aussi hélas. Mais, jamais, son travail n’aurait obtenu de résultats positifs (langage, intégration et départ vers une suite d’étude ou d’apprentissage), sans la collaboration de tous les enseignants de l’équipe, et la compréhension active des familles de l’école… Cette communauté, les autres professeurs notamment, est évoquée mais pas impliquée, c’est dommage…

               Nous avons vu un film de flashes, de coups de poings d’enfants qui se débattent, de solidarité et de conflits… Un film aux scènes attendrissantes comme le sont les espoirs des parents et celles des ruptures quand les relations fortes enseignants-élèves se terminent, mais c’est tout.

               Je pense à tous ces enseignants, toutes ces écoles qui agissent au quotidien pour accueillir, aider, motiver et donner des outils à tous les enfants en difficulté de tous ordres dans des classes ordinaires parfois (ça veut dire hététrogènes seulement) et surtout, surtout, au départ en maternelle…  Peu d’éclairage sur les méthodes utilisées, peu sur le travail accompli. C’est vrai que c’est plus spectaculaire au collège, parce que les échecs, le vécu chaotique a trop marqué ces jeunes pour ne pas les rendre méfiants. La confiance est à rétablir, c’est fait dans cette classe mais il faut construire dessus, ça c’est un autre document sans doute…

               Si ce film doit attirer l’attention sur ceux qui mènent ce combat permanent… bravo, mais quand comprendra-t-on que l’Ecole, c’est d’abord un ensemble d’établissements de tous niveaux, tous profils, tous objectifs spécifiques qui, avant tous aménagements ont besoin d’être consolidés, adaptés, organisés en des équipes cohérentes autour de projets réalistes. Ça existe, mais reste le fait des bonnes volontés plus que d’une Volonté d’Education Nationale… L’école est toujours une loterie où la chance des élèves reste trop souvent un hasard.

5 avril, 2014

Pour le plaisir : Delteil Joseph

Classé dans : pour le plaisir... — Alain @ 16:50

        Vous le connaissez par des lectures, des pièces de théâtre, un film, une émission, une promenade par Grabels ou simplement parce qu’un espace de culture porte son nom.  

            Moi je l’ai feuilleté, il ya … longtemps, abandonné puis redécouvert au hasard de mes cueillettes dans notre bibliothèque. 

           Depuis avec notre Joie de Lire, nous avons échangé nos avis, et fouillé le phénomène. 

          Pas de jugement : des mots  seulement,… pour le plaisir, le mien, le notre peut-être.  

             Le 20 avril 1894, à cinq heures du matin, Joseph Delteil nait à Villar-en- Val (Aude). (retrouver son beau circuit de 6 kms). Ses parents sont originaires des environs de Montségur, haut, vraiment,  je l’ai gravi,  lieu ariégeois du catharisme. Jean–Baptiste, son père, est en forêt, comme d’habitude :  » Il ne rentrait presque jamais le soir à la maison; en plein bois, il avait installé une hutte de branchages et de bruyères où parfois nous passions quelques jours.  » Sa mère, Madeleine, n’apprendra jamais à lire et ne suivra jamais les lignes écrites par son fils :  » Pas même le titre; et aujourd’hui encore, je ne sais pas si je dois dire  » Dieu merci  » ou bien  » tant pis « . 

         Si la chronologie vous intéresse, de beaux dossiers éclaireront vos écrans. Mieux, lisez sa DELTHEILLERIE. 

        Disons qu’il est monté à Paris, les mains dans les poches et des mots au bout des doigts…  Et il revient… 

« En 1930, j’arrive sans doute à l’âge où un peu de vérité, un peu d’humanité font du bien au cœur.  Aujourd’hui, ce faux Delteil qui court le monde, cette espèce de grand gaillard dépoitraillé, un mètre quatre-vingt-dix et cent vingt kilos, tonitruant, orgueilleux,  » m’as-­tu vu  » , ce faux Delteil m’horripile. 

« Il est évident que si je fais un effort pour mener une vie simple et basée sur le bien, ce n’est pas du tout pour les beaux yeux du public ni pour la chose en soi, c’est pour atteindre ici-bas la totalité du bonheur. » 

            Le livre qui m’a conduit à repousser le battant de la porte de Joseph Delteil : 

 la Deltheillerie

LA DELTHEILLERIE
             « J’étais un paysan à l’état brut, sans racines spirituelles, sans véritable culture, instruit de bric et de broc (école primaire, puis séminaire). Un simple sauvage (non sans affûtiaux), venu tout nu de son patois. J’arrivais en sabots, tout chargé de messes et de raisins. Un ourson mal léché, l’innocent de village. Ourson d’aspect, cathare d’âme, paléolithique de cœur. »

     « Je suis entré dans le langage comme un bûcheron avec sa hache, le fils du bûcheron quoi !                 «  J’emploie les mots à la source, dans leur innocence première. La nue-propriété plutôt que l’usufruit. Mais ce sont de pieux coquins et qui me jouent des tours pendables. Dès qu’on ne les a plus à l’œil, ils vous cherchent noise, font des fugues. Et caméléons avec ça ! …Par-delà le dictionnaire ils ont leur tempérament…          

           Voyez comme amoureux vous a un air tendre, tandis qu’amant met les pieds dans le plat. Perdre sa femme – comme  une aiguille, ou trouver la mort (comme si après l’avoir cherchée toute la vie). Le mot battre, un tantinet enfantin : battre un  enfant ou battre Napoléon, c’est le même mot. Le mot ventre son sens grossesse, son sens orgie, son sens puéril : le  ventrou. 

              Il y a les expressions toutes faites, parfois fertiles en perspectives savoureuses ou équivoques. La femme  » met au  monde  » – au monde, quelle ampleur cosmique ! La femelle animale  » met bas « . La femme  » donne à son mari  » (gentil cadeau, de la main à la main semble-t-il) : sa femme lui donna quatre enfants. 

J’aime ce livret, gourmand plus que gourmet, rieur plus que sérieux, je goûte la recette du lapin… Je ne vous la livre pas, elle mérite la chasse aux trésors. 

 

LA CUISINE PALEOLITHIQUE

           « Ce livre n’est pas un livre de cuisine comme les autres. Ne vous attendez pas à de mirifiques recettes, à des trouvailles de gala. Ce n’est qu’un Précis d’alimentation naturelle, la cuisine brute, comme il y a l’art brut. 

La cuisine paléolithique, c’est la cuisine de Dieu. je n’ai voulu que préserver de l’oubli, ici ou là, quelque essentiel point de détail, quelque drôle de truc, quelque immémorial secret. Ce que j’appelle : le point d’or. 

          Il n’y aura donc ici que quatorze recettes, juste pour une semaine, mais toutes les semaines du monde se ressemblent, et voilà votre bréviaire pour toute votre vie. »  

Voici le menu d’un repas avec Henry Miller ; il comprend des crudités, de la sanquette, ( à vos dictionnaires), une poule au riz au safran avec lactaires délicieux et des framboises du lieu. 

           Voici la recette du millas charbonnier que l’auteur tenait de son père, un gâteau de maïs dont Pline signalait déjà la consommation dans les Gaules. 

           Connaissez-vous le  » tchaoutcholo  » !  » C’est tout bonnement du vin sucré, du vin pur naturellement, où l’on trempe du pain… le vin doit être chambré, le sucre de canne, la proportion de 50 g,  de sucre pour 250cl de vin exactement… sans oublier le clou de girofle bien sûr. «  

Une idée pour votre dîner du « lundi » : Les Tomates de Lucie. 

Prendre des tomates bien rondes, en main – les peler – les mettre à la cocotte sur feu modéré. 

Laisser cuire à demi, mais ni plus ni moins, là est l’art ! 

Il faut que le cœur de la tomate soit encore cru dans sa peau roussie. Les joues en feu et le corps frais. 

A la fin, une bonne persillade à l’ail. 

Servez et versez tout le jus par-dessus. 

Ça me rappelle Shéhérazade.. 

Et, commande Joseph Delteil 

 « .. léve-toi tôt ! » 

La recherche de celui qui crée plus que de l’œuvre aboutie, c’est le credo de Joseph Delteil : 

 

                    L’HOMME COUPE EN MORCEAUX –  L’HOMME DES BOIS  

« Moi je suis naïf, idéaliste. Une espèce d’analphabète. Je n’ai jamais rien appris, j’invente. Ça s’appelle l’instinct. Les savants  savent tout, c’est évident, mais l’analphabète sait le reste. D’ailleurs il paraît que le savant type, Einstein, quand il monte au  tableau, personne, sauf deux ou trois ouistitis de son espèce, n’est capable de le comprendre. Amen!
            C’est l’ouvrier qui m’intéresse, et non l’œuvre. L’ouvrier des pyramides, l’ouvrier des cathédrales, était-il heureux? (qui donc sinon moi a écrit: « un homme c’est plus qu’une cathédrale! « ). Moi, je cherche le plaisir, le bonheur.

L’homme, le moindre homme c’est moi. 

          Tout ce que je sais, moi l’homme des bois, c’est que j’aimerais mourir un jour dans ce village de Pieusse, Pioussolès-Balandrans, où d’ailleurs je ne suis pas né, mais que j’ai humé, respiré, reluqué, palpé, mordu, chié, joué aux boules, foulé aux pieds, tressailli, digéré à partir de l’âge de deux ou trois ans, entre le breilh de la barque où nous lavâmes tant de lessives avec maman et notre vigne de Fourques où les comportes aux vendanges étaient si lourdes à porter au pal, sans oublier cet endroit limoneux au bord du Rec où le ciel est si bleu, et où la pie tous les matins à 7 heures faisait son tintamarre; la mort y serait, me semble-t-il, plus étrange, plus étrangère qu’ailleurs, et quelque chose de moi y serait immortel.

Pour terminer avant de commencer vos propres fouilles, quelques affirmations de Joseph Delteil : 

 » Ecrire, c’est fraterniser; c’est fraterniser en jouant; c’est fraterniser en jouissant ». 

« Ecrire : c’est faire l’enfant! » 

« Mes frères, la suprême fraternité, c’est la fraternité des ventres ». 

« Le charme de vivre : c’est l’amitié »

« L’homme est une flèche à la poursuite d’un rêve » 

Et pourtant il écrit : « Je ne rêve jamais. Je reproche au rêve de se substituer trop souvent à l’action. Le plus petit acte du monde me paraît plus beau qu’un rêve. La vie n’est pas un rêve. Je ne rêve jamais. » 

« J’aime, voilà tout mon secret » 

Il se veut :  »Ourson d’aspect, Cathare d’âme, paléolithique de cœur » 

L’année de l’engagement… ÊTRE BENEVOLE…

Classé dans : Liens,vivre ensemble — Alain @ 13:22

Question récemment posée : pour toi, c’est quoi être bénévole ?

J’ai répondu…

                     Etre bénévole, c’est une façon de vivre, d’être en soi, et une façon de vivre, d’être dans l’humanité, concept plus large, plus flou que celui de société et par cela même, plus ouvert en opportunités pour tenir compte des autres.

                    Plus que la force de vie, s’ancre l’Espoir, celui de la boîte de Pandore, celui du bûcheron implorant la venue de la mort et trouvant des prétextes, des travaux inachevés, pour la repousser lorsqu’elle répond à ses appels. Aspirer au repos ultime même, en des circonstances d’intense lassitude, de souffrance, n’est-ce pas espérer en cette porte, non pas de sortie mais de secours ?

                     Comment faire preuve d’élan, d’engagement vers les autres si on ne possède pas cet espoir ?

                   J’ai eu la chance, de côtoyer, de faire, avec d’autres bénévoles… Ensemble, nous avons rêvé, réfléchi, tenté, espéré, désespéré, réussi, abandonné, aimé, détesté… Nous avons souvent été des « Auvergnats » à la Brassens, moqués, exploités par les « Croquants » du même poète. Nous avons ri et pleuré aussi. Nous avons éprouvé beaucoup, beaucoup d’émotions, de la rage au bonheur. Ce bonheur d’avoir rendu d’autres heureux, d’avoir tiré hors de l’eau la tête de quelques uns qui se noyaient…  Ce sentiment de réconfort final est le plus difficile à éprouver car il nous laisse vacants en fin d’action, donc vulnérables à l’émotivité, alors que la colère et la rage, donne de l’énergie, celle du désespoir.

                Le plus souvent, le bénévolat est assimilé, avec condescendance, à amateurisme et gratuité du geste. C’est vrai et faux !

                  Vrai, parce qu’être amateur, c’est aimer et que le cœur a des élans que ne soutient pas toujours la raison, mais faux parce que, pour donner corps à ces élans, pour faire, souvent, les amateurs deviennent de vrais spécialistes de l’objet de leurs passions et se donnent les moyens de comprendre et d’agir.

               Vrai, quant à la gratuité du geste, parce que l’acteur de la belle volonté, n’attend ni bénéfice matériel ni honneurs, ni reconnaissance, en principe, mais ça, c’est autre chose car donner sans que soit apprécié, donner son prix humain, à l’action, ce n’est pas la renier certes, mais c’est un partage raté. Même si ce ne sont pas les bénéficiaires de l’aide apportée qui en témoignent, il est chaud de pouvoir trouver chez ceux qui ont vu, suivi et constaté la réalisation, le reflet de l’effort, de l’implication  fournis. Le bénévole n’est pas un robot ; il éprouve des émotions et leur partage est important… Un mot, un sourire, une tape… valent plus que toutes les médailles, lorsqu’ils sont prodigués au bon moment…

                  Faux car lier bénévolat à la seule absence de rémunération est une aberration !

               Chaque jour, chaque heure, des hommes de femmes, de tous âges, de toutes conditions, accomplissent pendant leur temps de travail ou en complément, des actions généreuses conséquentes.

                L’accueil, l’accompagnement, la démarche, le suivi hors temps professionnel, la politesse même, le respect, sont des élans de bonne volonté qui font que celui qui les reçoit, retrouve espoir et confiance… Mieux, il trouve une réponse à son problème, un regain d’énergie pour se remobiliser….

                   Pas d’exclusive pour ces métiers, tous, tous, peuvent être l’occasion de ces plus qui lient les individus.

                     Autour de mon école de la banlieue parisienne, il existait, il existe toujours, un groupe, une amicale de presque deux cents personnes, parents ou non, qui se mobilisent pour améliorer les relations, animer nos festivités, donner des ressources à nos projets… et, plusieurs fois agir pour secourir des familles en détresse…

                Aujourd’hui, j’appartiens, dans un petit village, à une association, la Joie de Lire, dont les membres croient que transmettre par l’écrit est un lien social indispensable. Elle s’est vu confier la gestion d’une bibliothèque, modeste mais active… Nous avons des contacts réguliers très chaleureux et constructifs avec nos lecteurs eux, tant pour discuter livres qu’aider à des enquêtes, des devoirs, pour les écouter, apprendre autant d’eux qu’ils apprennent de nous… Nous contons avec bonheur et régularité aux bébés-lecteurs, aux enfants des écoles, nous animons quelques expositions, organisons des veillées… Nous avons fêté l’anniversaire de ses 30 années d’existence ; notre bibliothèque a ponctué bien des événements et même  donné naissance à un animal totémique…

               Je ne sais si nous apportons plus, moins, que les intervenants employés en collectivités territoriales, différemment sans doute parce que nous avons des permanences tournantes, des spécialisations selon nos choix et les compétences de chaque membre de notre groupe, parce que nous avons besoin de confrontation de tous les points de vue avant de prendre des orientations… Peut-être que nos liens avec les gens du village, avec ceux dont nous partageons les activités dans d’autres activités, nous permettent-ils des contacts privilégiés… Nous savons la fragilité du bénévolat en général, son usure aussi. Pour l’instant, nous regardons le bilan de nos fréquentations et les témoignages de satisfaction de nos lecteurs et avons le sourire.

                   J’ai la chance de vivre mon bénévolat avec des personnes largement impliquées dans d’autres  actions, association locales ou nationales.

                  J’ai la chance de vivre mon bénévolat dans un village dont le tissu associatif est réel, dont, dans l’ensemble, les responsables, «tiennent le coup », parfois difficilement. Pourtant, je regrette la disparition de certains mouvements faute de relève…

                 J’ai la chance de trouver dans ma famille, mes amis, de véritables acteurs du bénévolat tel que ces lignes vous l’ont présenté.

   J’ai la chance de connaître des élus véritablement imprégné de leur engagement au service des autres, c’est sans doute celui qui est le plus difficile et fait avec foi, lucidité et compétence le plus utile.

                   Cette communauté d’engagement, d’esprit et d’actes, oserai-je dire cette communion, est une richesse dont je suis fier.

                    Je sais que nombre de bénévoles se mettent à la disposition d’œuvres où les « consommateurs » sont plus nombreux que les acteurs. Mais, aider à ce que chacun se sentent bien, mieux parfois, n’est-ce pas aussi favoriser la convivialité, base de relations apaisées ?

                  Je comprends la réticence à cet engagement. Parfois, lorsqu’un parent me disait : « Je renonce à mon appartenance à un mouvement altruiste, parce ce que cela prends (vole) du temps à ma famille… », ma réponse était, le plus souvent car il faut bien s’adapter aux cas :

            « Si vous êtes convaincu de votre utilité dans ce mouvement, si vous y trouvez votre épanouissement, si vous en êtes fier, alors faites le partager aux vôtres. Pas en les impliquant, ça c’est leur choix, mais en vous expliquant, en partageant vos émotions, la chaleur ressentie dan vos réussites et l’inquiétude dans vos ratés… 

             Je n’ai jamais rencontré un enfant qui ne soit fier, au fond, de savoir ses parents appréciés et utiles, dans leur travail comme dans leurs engagements. Tout est une question de dosage, c’est difficile, pas de renoncement !»

            Etre bénévole, ce n’est ni se résigner à abandonner ce qui nous fait plaisir, ni se sentir dévalorisé en regard de ceux qui accordent la priorité à leur réussite sonnante et trébuchante, en écus comme en grelots notoires

             Etre bénévole, c’est servir avant de se servir, comme une simple politesse de tour de table.

             Et puis, finalement, devant son miroir, jusqu’au dernier clin d’œil, pouvoir se dire «  Tu as bien vécu ! Malgré, tes erreurs, tes fautes même, tes attentions pour les autres ont fait de toi un individu qui a, un peu aidé, à ton échelle, à huiler le cheminement de l’humanité. »

            Mon prof de philo, la philo est éternelle, nous avait fait disserter sur l’ontogénèse reproduisant la phylogénèse, j’aime mieux penser que l’histoire d’un être humain laisse une empreinte sur celle de l’humanité, si possible, une trace positive et constructive… même par simple bonne volonté !

            Etre bénévole ce n’est pas rendre notre société viable, mais vivable !

4 avril, 2014

POUR NOTRE ECOLE, NOS ENFANTS, NOTRE AVENIR…

Classé dans : actualité,POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 10:53

prendre conscience ensemble!

                  Qu’est-ce qu’une conscience collective éveillée autour de l’école pourrait vraiment changer?

Tout et pas grand chose…

Tout, parce que lorsque, ensemble, sincèrement vous labourez le sol, l’aérez bien, mettez régulièrement l’engrais (bio) adapté, vous pouvez croire en de plus belles récoltes !

En toute lucidité, sans ignorer les orages possibles mais avec l’assurance d’une attention constante ils peuvent être surpassés…

‘’Il est paraît-il des terres brûlées donnant plus de blé qu’un meilleur avril’’ chantait le grand Jacques…

Il faut être prétentieux et croire que le champ de l’Ecole, bien travaillé, par des efforts intelligents, bien chauffés par des espoirs plausibles, verra naître, peu à peu, de lourds épis. Nous en tirerons les meilleures farines, les pains les plus nourrissants, pour alimenter notre civilisation dans sa marche perpétuelle.

Pas grand chose, car, éduquer, transmettre connaissances, savoir-faire, rites, codes, par l’exemple, la mémoire perpétuée, l’envie d’améliorer, progresser simplement, sont les grands actes éternels de notre phylogénèse, le propre du développement de l’humanité, et de… Allons jusqu’au bout, de la répétition de chaque ontogénèse, l’incontournable élan vital pour le développement de chacun d’entre nous

Pas grand chose, parce que la transmission des savoirs a connu de belles formes, a rencontré de magnifiques initiatives, parce que notre Ecole est le terrain où ont fleuri des réussites plus ou moins longues.

Les idées existent mais si fragiles, soumises au rabot des textes officiels, noyées dans les vagues des mesurettes démagogiques et des coupes budgétaires aveugles.

Partagé entre l’incompréhension, le tumulte des réformes successives, jamais menées à leur terme et le souvenir, souvent lointain, brouillé mais idéalisé de ’’l’Ecole d’Autrefois’’, il n’est pas facile de se déterminer.

  « Eduquer est la responsabilité, le devoir, la chance de tous, même non parents, pour que demain soit le fruit amélioré d’hier et d’aujourd’hui. »

 Deux autres évidences : l’Instruction et le Savoir-faire sont les finalités de l’Enseignement ; déclinés à tous les niveaux de la Connaissance vers son Infini…

Leur manufacture, c’est l’Ecole !

Une Ecole acceptée dans sa diversité et gérée en fonction de cette diversité grâce à son projet, son équipe, son animation et des moyens adaptés aux circonstances, tout simplement.

Faut-il rappeler, qu’avant d’être autonome, mature, un être humain parcourt des étapes qui ont chacune leur spécificité et devraient, toutes, s’accomplir pleinement et se coordonner harmonieusement.

L’élève est la matière première de l’Ecole, mais pas une matière brute. Il a déjà un vécu, des acquis, une personnalité individuelle, familiale sociale, qui sont sa richesse, ses diversités, ses faiblesses…

Jamais une classe ne sera une entité mais, toujours, il devrait être possible d’en faire une belle collectivité, animée par la même finalité : apprendre

Oui, les différences d’aptitudes existent et ne permettent pas à tous d’avoir les mêmes buts professionnels

Oui, les différences sociales sont aussi éliminatoires et là, l’Ecole ne joue pas toujours son rôle.

Bravo à ces jeunes gens qui, avec volonté, affirment leurs compétences et arrivent dans les grandes écoles, mais plus admirables encore leurs familles qui, souvent, les ont portés avec force et sacrifices.

Déplorable la mise à l’écart des ces autres jeunes que leurs familles n’ont pu aider et encourager… Ces jeunes que la société et ses freins ont découragés…Des Mozart assassinés peut-être ?

Un jeune de Polytechnique a dit lors d’une émission dans son établissement:

« La chance commence à l’école maternelle et élémentaire… C’est vrai, la grande force de rattrapage des inégalités originelles, c’est l’Ecole et là, désolé, mais on ne donne pas beaucoup de moyens à cette chance. C’est un autre débat mais c’est aussi le début de tout.

Aujourd’hui, vous prenez le problème à mi-chemin, voire au bout en déplorant les laissés sur les côtés, mais sans vouloir comprendre pourquoi on ne les a pas pris en compte avant… »

Ce beau coup de gueule n’est pas unique, mais venant de l’un de ces nantis du système tels que l’on voit ces Grands Elèves, c’était assez fort…

Un jeune scolarisé à l’étranger où s’étaient établis ses parents, s’étonnait de la prise en charge de leurs frais de scolarité par l’Etat :

« Nos familles ne sont pas démunies, loin de là, souvent les entreprises qui emploient nos parents prennent en charge ces dépenses. Alors, disait-il, je pense que c’est injuste pour ceux qui en France galèrent beaucoup plus que nous ! »

Respect aux auteurs de ces déclarations !

 Nous n’insisterons pas sur la mise en place de programmes incohérents, « fondamentaux », mais dénués de rattachement avec des activités qui les justifient pour les élèves.

Par exemple, l’ajout de temps d’E.P.S, de langues étrangères, mais la diminution des heures de cours… Des murs de connaissances ont été bâtis sur le sable des hétérogénéités mal compensées, des savoir-être fragilisés…

L’enseignement doit accorder une grande part aux fondamentaux, c’est évident, et s’efforcer de les mettre en priorité dans toutes les activités scolaires, transversales, par le langage notamment …

L’enseignement doit accorder une grande part aux savoir-faire, à la prise de confiance, à la prise de responsabilités, au développement intellectuel et sensori-moteur.

Les programmes doivent être réalistes, logiques, cohérents, basiques et pourtant ambitieux.

Les bilans, les remédiations doivent en marquer les étapes pour une progression selon des acquisitions confirmées et non un catalogue d’objectifs.

Les transitions entre cycles, de la maternelle au lycée doivent être bien marquées.

Le cursus des apprentissages d’un enfant, d’un jeune doit s’inscrire dans une continuité sous–jacente, constante, cohérente, de la crèche à la fac et à l’entrée dans le monde du travail.

Les choix d’orientations doivent être étudiés, valorisés selon les aptitudes et les souhaits de l’élève, confrontés à la réalité du marché de l’emploi.

Dans ce cursus, le redoublement n’est pas refusé par principe, mais il nécessite un regard très précis sur les difficultés de l’enfant, sur les erreurs d’orientations et établir nettement le profit escompté de cette proposition. Il faut souvent l’accompagner d’une aide complémentaire particularisée.

Il nécessite toujours un projet individualisé, véritable contrat entre le jeune, sa famille et l’Ecole..

La formation scolaire de chaque personne, doit pouvoir être continuée ou reprise aisément en des institutions ouvertes à tous.

Des passerelles souples doivent être rendues possibles, à tous niveaux y compris pour les apprentissages abandonnés puis repris, pour les enseignements partiellement lacunaires et pour les remises à niveau comme pour les enseignements complémentaires nouveaux

 Un regard très pointu est porté sur la maternelle.

Des attaques éhontées l’ont assaillie parfois. Elle est l’essentiel des bases de chance pour les enfants : elle commence avec l’intelligence de gens de métiers, d’enseignants formés, l’égalisation citoyenne, la construction de la langue, la mise en place des savoir-faire, des gestes adaptés aux besoins, de la confiance en l’adulte…

Le travail, dès la petite section, est formidable car capital. Sans vouloir m’étendre sur la compensation sociale si utile, je souligne celle de l’harmonisation des pratiques sensori-motrices, des mises en situation des apprentissages gestuels, du soin, de la prise de confiance… et surtout du langage, si inégal d’un enfant à l’autre. Le rôle de diagnostic et de préparation des élèves avant les apprentissages plus « scolaires » n’est pas contestable.

Les témoignages admiratifs du travail effectué dans ces premières étapes de la scolarité abondent.

Comment ignorer les psychopédagogues qui nous enseignent que les six premières années sont fondamentales pour la formation de l’intelligence ?

 Apprendre et enseigner, cette dualité repose, pour le maître, pour l’élève, sur la volonté d’obtenir. Elle s’appuie sur la réflexion, sur la réalisation, sur la correction, sur la répétition évoluée, sur la mémorisation, sur l’évaluation du chemin parcouru à bref terme, le temps d’une leçon, à long terme, le temps d’une année scolaire par exemple…

L’élève doit vivre ses apprentissages plutôt que les subir. Truisme encore, non, non, ce n’est, n’était, je l’espère, pas du tout évident selon les conditions d’enseignement…

Sans dispersion, mais sans restriction, laissons les équipes, les enseignants proposer des activités spécifiques pour enrichir les connaissances, les savoir-faire, trouver des motifs à utiliser, à perfectionner « les bases fondamentales ».

Les activités intergénérationnelles réelles, par exemple, sont très valorisantes pour tous et riches en connaissances pour nos jeunes.

Nos établissements ont fourmillé d’initiatives originales, motivantes, certaines, beaucoup étaient, sont discrètes, d’autres se sont révélées dans des revues pédagogiques ou de vulgarisation. Elles doivent nous inspirer.

Il faut que, dans notre Ecole, l’enseignement se base sur la pédagogie différenciée, sans dissocier une classe hétérogène.

Sur un fonds commun, les exercices préparatoires sont adaptés, les réflexions et recherches, aidées, guidées individuellement ou par petits groupes. La leçon est collective, mais les exercices d’entraînement sont progressifs selon les difficultés et les corrections conduisent à de vraies répétitions, voire remédiations…

Ainsi se revalorise une véritable pédagogie de cycle.

Il est nécessaire, à chaque étape des acquisitions, de bilans non pas discriminatoires mais, témoins personnalisés des progrès, des retards, de la mosaïque des apprentissages réels. Des bilans qui aident à établir le devenir à long terme de tous les élèves

Des bilans qui précisent aussi la démarche et l’impact du travail pédagogique de l’enseignant, de l’équipe de cycle, de l’équipe d’école…

Aucune progression ne doit être envisagée sans un bilan réaliste, comparée à la Norme Nationale et à la réalité des cas.

Pas de bilan sans que soient prévues les remédiations adéquates non plus.

Il est essentiel, Messieurs, Mesdames les comptables, que les effectifs permettent cette pédagogie différenciée et ce suivi individuel.

Nous demandons que les prescriptions de carte scolaire soient souples. Le maintien d’une école dans chaque commune, dans chaque quartier est souhaitable mais ne doit pas tomber dans l’absurdité dans les deux sens,

Une classe unique, de moins de 12 inscrits effectifs, est une réalité difficilement défendable et il est judicieux d’étudier les propositions pour des regroupements par niveaux entre villages voisins, si on veut garder une vie scolaire dans l’agglomération.

Nous évoluons dans le cas par cas, sans généralisation.

De même, le couperet aveugle des normes chiffrées doit être émoussé, nuancé à quelques unités près pour les fermetures comme pour les ouvertures.

L’avenir de l’évolution démographique ne peut pas être occulté non plus.

Le dossier scolaire ou les registres d’inscription permettent de retracer le cursus d’un élève, cela suffit ! Les identifiants personnalisés sont à retirer. Seules les archives informatisées, ou non, doivent garder la trace du passage de l’enfant dans l’école et uniquement pour ses résultats et son orientation.

Elles ne doivent permettre aucun pronostic comportemental, aucune appréciation qui d’ailleurs ne pourrait être que circonstancielle, en aucun cas elles ne doivent être préjudiciables à l’avenir de l’enfant.

L’hétérogénéité de nos populations enfantines oblige à une attention envers chacun. L’égalisation des chances suppose vouloir atteindre des objectifs communs mais doit, justement, tenir compte des départs des aptitudes divers.

Il ne faut pas omettre que la précocité aussi peut être perturbatrice et qu’elle doit être prise en compte comme tout ce qui différencie les enfants.

Le dépistage, la prise en considération, le soutien des élèves en difficulté seront menés, en étroite collaboration avec l’équipe pédagogique, avec l’enseignant, avec la famille, par des intervenants spécialisés.

L’instauration d’heures supplémentaires pour les enfants « volontaires » en difficulté est cautère sur jambe de bois. Sans s’étendre sur leur caractère ségrégatif vite ressenti par les élèves déjà marginalisés par l’échec.

Comment pouvait-on assurer deux heures de soutien, en fait, pour être précis, de compensation des deux heures retirées le samedi matin ?

Peu d’horaires sont positifs !

Il existait les temps d’études dirigées, on les voit reparaître, avec le rythme de la journée adapté…. C’est parti, cahin-caha, avec un optimisme mesuré, mais enfin, une réforme si longtemps mise sur le chantier, si souvent abandonnée, sans souci de l’enfant voit le jour… laissons lui le temps de la naissance et de la croissance avant de juger et d’amender.

Dommage que les activités périscolaires soient facultatives : combien d’enfants en profiteront vraiment ? Au moins, inclus en temps scolaire tout le monde en aurait bénéficié…

Nous avons évoqué la pédagogie différenciée, il faut penser les effectifs et les décloisonnements qui en permettent le plein exercice.

Le réseau d’aide doit retrouver et amplifier son action pour les difficultés spécifiques. Sa suppression est un non-sens qui rejette l’enfant vers la capacité culturelle, financière des parents à se retourner vers les aléas du privé.

Le soutien doit se concevoir pour tous. Laide aux enfants naturellement, mais aussi, aux familles, aux enseignants en difficulté.

 C’est très souvent le directeur qui fait office, sans formation spécifique, de premier intervenant, de conseiller. Ce n’est pas ignoré par l’administration puisque dans l’entretien de candidature, des questions envisagent ces situations ainsi que les problèmes relationnels…

Les cas particuliers d’enfants défavorisés par une acculturation, par une langue différente, par de la fatigabilité… peuvent faire l’objet d’un protocole pour un accueil à temps partiel avec un soutien particularisé.

 L’inscription d’enfants sévèrement handicapés doit être raisonnée, précisément adaptée avec la prise en considération de tous les paramètres utiles : composition du groupe classe, intégration dans la vie de toute l’école, aménagements des locaux parfois… préparation des enseignants, interventions spécifiques… Pas de rejet mais un projet bien construit.

Les postes, les classes, les institutions qui spécifient ces aides, aléatoires ou à longue échéance, font partie des obligations pragmatiques de notre société envers tous ses enfants.

Que ce soit par des services de l’Education Nationale, par l’intermédiaire de mutuelles, d’associations reconnues et subventionnées, par le truchement des communications modernes, l’instruction, l’éducation doivent être apportées aux enfants immobilisés à leur domicile, en milieux hospitaliers ou en centres de détention

Dans un établissement scolaire, l’éducation est reconnue comme étant l’affaire de tous depuis la famille jusqu’à la personne d’entretien

Le personnel enseignant auquel est confiée la plus grande richesse de notre pays, ses enfants, a besoin de la confiance éclairée, soutenue de la société.

Casser les Ecole Normales puis les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres est une erreur qu’il faut réparer.les nouveaux centre de formation d’Educateurs tous horizons me laissent perplexe, mais sans possibilité » de juger l’intention et encore moins la mise en œuvre.  Les IUFM étaient certes déficients, déconnectés de la réalité en général, tournés vers la pédagogie, peu vers l’Education, déficients mais améliorables ; un cursus centré sur l’acquisition de diplômes essentiellement universitaires… est un leurre même avec des stages.

L’ancienne Ecole Normale, très liée aux écoles, peut inspirer quelques réflexions positives…

Une formation approfondie des enseignants est souhaitable au niveau de la licence avec alternance étroite entre centre de formation et écoles, collèges, lycées, universités… en accentuant sur les méthodes, le travail d’équipe et ses aspects relationnels, la psychologie et la sociologie.

Le futur professeur doit acquérir une connaissance précise de tous les partenaires, les familles, les partenaires locaux, officiels, associatifs utiles. Il doit posséder une compréhension cohérente, claire de tout le cursus scolaire.

Une formation continuée est nécessaire en circonscription pour le premier degré au niveau académique ou rectoral pour les niveaux supérieurs…pour briser l’isolement, se concerter, assimiler les apports nouveaux

La formation de chaque enseignant, pour le rendre compétent dans sa classe n’est pas remise en cause, mais elle devrait intégrer une véritable préparation au travail en équipe, une connaissance réelle et pratique des réflexions et solutions débattues en conseil des maîtres, conseil de cycle, conseil d’établissement ou d’école.

Le personnel complémentaire, depuis la mise en place des emplois jeunes et de leurs variantes, a démontré que son rôle n’était pas négligeable. Il faut pérenniser ces postes, mieux les officialiser et préparer leurs postulants à leurs tâches.

 La sécurité est un élément global qui implique la protection contre tous dangers mais surtout une vigilance véritable pour éviter toutes occasions, toutes formes de conflit, d’agressivité et toutes prises de risques. Le nombre des adultes responsabilisés autour de l’enfant doit être judicieux. Il est aussi nécessaire que l’implication, la préparation des élèves à éviter, réagir aux situations à risques..

Il existe une réserve de personnes qualifiées, qui peut aider à dépasser temporairement, le problème des remplacements très courts, quasi-imprévisibles, sans que les enseignants soient conduits à ajouter des heures aux heures : c’est le recours, volontaire bien sûr, dans chaque Académie, à des retraités. Une liste étoffée, tenant compte des domiciles, des temps disponibles, pourrait être établie. Cela n’ira pas sans une levée de boucliers, mais qu’en penseraient les actuels retraités et les nombreux futurs retraités des années prochaines ?

Ces mêmes retraités, actifs, représentent une mine d’expériences dont chaque Académie, chaque établissement, peuvent s’entourer dans des moments de réflexion, pour des bilans autant que des actions nouvelles…

Aux niveaux universitaires, ce recours existe, dans des groupes de travail aussi, alors pourquoi pas à d’autres strates ?

Il faut refuser l’autonomie des établissements. Elle ne conduirait qu’à accentuer la seule capacité des écoles à se débrouiller et donc à multiplier les différences entre prises en charge des élèves.

En revanche, une adaptation au secteur reste essentielle, mais elle doit s’accompagner de compensations pour que chaque collectivité puisse accomplir toutes ses obligations.

Il faut donner à chaque école les moyens qui compensent la faiblesse des ressources locales et qui prennent bien en compte la spécificité de sa population scolaire.

Nos régions ou les agglomérations de communes, dans le cadre de la décentralisation, pourraient aider les municipalités et parvenir à cette égalité des moyens pour une égalité des chances.

La création d’un fonds de Ressources, une banque de l’Ecole, alimentée par des subventions, des opérations médiatiques, une part des jeux d’argent qui s’en trouveraient moralisés un peu… permettrait d’ajuster au mieux les besoins et de les compenser sans que l’établissement devienne lui-même un solliciteur plus ou moins heureux selon ses contacts, son environnement ou son habileté à mendier…

Le budget de base des établissements, pour chaque catégorie, doit être identique au prorata du nombre d’élèves pour toutes les écoles publiques.

L’aide à la collectivité tutrice défavorisée doit garantir cette similitude.

Le financement des projets étudiés et retenus par le Conseil d’Etablissement et l’autorité académique sera l’objet d’aides spéciales attribuées par l’Education Nationale, par la collectivité adéquate soutenue par le fonds de Ressources éventuellement.

L’Etat, en ce service régalien, en plein respect de la Constitution et des lois régissant l’Enseignement public, prend en charge la formation et la rétribution de tout le personnel pédagogique…

Les collectivités territoriales assurent les conditions matérielles et fournissent le personnel nécessaire à tous les services qui accompagnent la scolarité, toujours avec une compensation pour pallier les inégalités de ressources.

Il faut que chaque école, chaque établissement soit conforté dans ses composantes, encouragé dans ses échanges avec son environnement, adaptée à sa population spécifique, soutenu dans ses initiatives mobilisatrices et motivantes

L’enseignant doit pouvoir connaître et utiliser toutes les opportunités culturelles, associatives, de son environnement, aussi bien officielles qu’officieuses. Il est important que les collectivités locales veillent à leur multiplication…

Et les établissements privés ?

Privé ou public, le choix est libre, mais les fonds publics sont réservés au financement de l’école publique, sauf en ce qui concerne les établissements spécialisés et conventionnés.

Les associations assurant l’aide à la scolarité des élèves, des collégiens, lycéens et étudiants sont à soutenir.

Le rythme de la journée scolaire est un paramètre incontournable du temps de l’enfant. Il  commande tous les autres découpages : semaine, trimestre, année… Une journée bien construite, depuis l’accueil jusqu’au départ est une journée qui évite les ruptures, ménage les temps d’éveil, d’apprentissages intenses, forts, les pauses, les répétitions, les moments notoirement peu propices à la mémorisation et les fausses mobilisations cachant la fatigue par la motivation.

Dommage, pour la grande majorité d’écoles, le contact suivi du samedi matin entre enseignants et familles en élémentaire a disparu. Cette semaine peau de chagrin, pour bon nombre de familles laisse les enfants devant la télé, dans la rue pour la plupart, dans les grands magasins ou dans des garderies municipales… Est-ce un mieux ?

Supprimer le samedi matin, c’est réduire les rencontres informelles et sympathiques, hors crise, entre familles et enseignants. Finie aussi l’occasion d’entretien direct avec le parent qui n’a pas la garde de l’enfant du divorce…

Terminés les spectacles, les fêtes, les réunions diverses avec participation active de tous… Ne leur restent plus, souvent, pour ceux qui ne baissent pas totalement les bras, que les soirées, après le travail, et encore pour ces communautés actives un samedi matin.

Pourtant, les fêtes d’école peuvent être des opportunités importantes d’activités ensemble pour tous les acteurs et partenaires pourvu qu’elles illustrent un travail continu, un projet et non une corvée.

L’école du mercredi et l’allègement du temps scolaire d’apprentissage ne compensera pas cette disparition des relations sauf pour les établissements qui ne comptent pas leur temps !

Je regrette vraiment que l’époque du tiers temps pédagogique n’ait pas été rétabli : fondamentaux + éveil sciences humaines (géo – histoire – sciences – éduc civique) + éveil création, techniques artistiques et sportives… Tout étant culturel, j’évite ce qualificatif.

J’en connais les obstacles notamment pour la gestion des espaces, des intervenants éventuels, des matériels mais une journée où les enseignements fondamentaux alternent avec les autres, c’est bien aussi ! Mais 1 – cela exige une formation spécifique des enseignants, 2 – cela exige un emploi du temps collectif de tout l’établissement cohérent – 3 – cela exige une véritable application de cette répartition, pas au feeling ou à la bonne volonté… (Combien de classe sans EPS, chant, arts plastiques, théâtre… ?) Parce que l’enseignant ne sait pas, pire n’aime pas… Bon sang, les échanges ça existe. Idem, parfois, en histoire, géo, sciences… idem parfois en expression écrite… pour l’élève, l’école en devient une loterie selon le projet, l’organisation, la gestion de l’établissement et, dans sa classe, du professeur… !!!

L’espace scolaire est sacré, protégé, il est ouvert sur la connaissance de son environnement, mais clos aux incursions perturbatrices.

Il est important que le cadre soit agréable, grâce à la volonté et l’action de tous dans et autour de l’école.

L’implantation de l’école dans un environnement constant crée des liens, des repères indispensables avec la géographie et la  population de son secteur.

Exploser la carte scolaire, disperser les enfants, défaire les liens entre le secteur et son seul pôle de calme, souvent, l’école, c’est renoncer à l’adaptation, à l’intégration de l’école dans son environnement, à la connaissance à moyen terme des familles, des fratries…

Cela peut éviter de payer, d’organiser des moyens réellement adaptés à sa population spécifiques, en brisant les concentrations, mais qui profitera de cette liberté de choisir son établissement ? Qui empêchera que se constituent de nouveaux ghettos ? Quel cadre donner à notre école dans un environnement flou ?  Est-ce une véritable amélioration ?

Pour une équipe enseignante, bien connaître les familles, les paramètres et les ressources de son secteur est important, elle peut établir des liens devenus impossibles après dissociation entre lieu de vie et lieu de scolarisation.

Tout en préservant la sérénité du microcosme scolaire, il faut pourtant encourager ses échanges avec son environnement.

Le service Education Nationale est sous-tendu par la trame des circonscriptions, des Académies. Chacune d’entre elles doit être étoffée pour conseiller, apprécier, aider, suivre, voire corriger les actions mises en œuvre dans les établissements..

 Le rôle de l’Inspecteur et de son équipe permet l’harmonisation dans tout le secteur; il favorise les échanges les plus divers,

Il faut combattre l’idée d’éclatement de la carte scolaire mais des transferts éventuels, exceptionnels, bien motivés, toujours dans le seul intérêt des enfants peuvent être proposés grâce à cette connaissance mutuelle de tous les établissements du même secteur, animé et orchestré par son responsable.

Nos établissements dépendent, pour leur financement, des responsables territoriaux dispensateurs des budgets pour que, bâtiments, mobiliers, matériels, fournitures leur permettent d’accomplir leur mission.

Des initiatives de ces tuteurs dépend aussi, que l’accès aux ressources culturelles et sportives, en implantations comme en personnes, soit à la hauteur des besoins.

Les liens avec les associations et services hors établissement ne sont pas à négliger, non plus…

Toutes ces communications, toutes ces possibilités doivent être des aides éventuelles pour les enseignants pour mieux connaître l’enfant, mais ne pas compliquer la vie scolaire.

Pour les associations péri et postscolaires, appauvries par la suppression des détachements, la diminution des subventions, une analyse honnête doit établir quels organismes apportent une véritable aide à l’enfance, à la famille et à l’Ecole.

Peut-être ne faut-il pas rétablir les détachements supprimés, mais instaurer des postes de permanents formés pour stabiliser et aider les bénévoles…

 Le monde du travail et les mouvements de la société ne sont pas des univers inconnus pour les enfants et l’Ecole ne peut les ignorer, mais sans insistance et en restant très ouverte sur tous les métiers.

Le chômage, les troubles sociaux, les conflits de l’immigration, la délinquance, les sectes, l’environnement en danger sont parfois sujets à interrogations de la part des enfants. Sans entrer dans des débats complexes, toujours hasardeux, il ne faut pas en gommer la réalité ou s’appesantir, en charger les enfants. Des enfants citoyens en devenir, certes, mais à leur niveau de maturité, pas plus !

Ils n’ont pas à s’imprégner non plus de la culpabilité collective, si vite banalisée.

Impliquer les jeunes, progressivement dans la vie collective, les initier aux responsabilités grâce à des coopératives scolaires réelles, bien organisées, suivies et animées, grâce à la participation judicieuse à des Conseils Municipaux de Jeunes sont des voies magnifiques.

De nombreuses associations invitent également leurs adhérents encore scolarisés à s’ouvrir à la gestion de leurs œuvres…

Etre dans un établissement, c’est vivre ensemble. La vie coopérative implique tous les acteurs de l’école et suppose de vraies concertations mais n’exclut pas le rôle majeur de l’adulte, la tutelle, l’arbitrage…

Règlement et sanctions sont établis et reconnus par tous.

L’école n’a pas d’exclu. La vie en collectivité doit générer la convivialité et éviter les perturbations pour tous. Les manquements à ces règles ne doivent pas être banalisés.

L’Ecole ne doit admettre aucune discrimination, ni robotisation, ni formalisation.

Il ressort de façon insistante que les réussites d’école sont avant tout le fait d’une équipe. Le mieux-être, le mieux travailler des enseignants passent d’abord par la cohérence d’une équipe  adaptée à son environnement

Il est nécessaire que chaque équipe soit dirigée par un animateur compétent, que son projet et  son bilan soient évalués avec tous les enseignant et l’inspection de circonscription ou de secteur concerné, oui !

Il ne semble pas que jusqu’alors notre système éducatif se soit vraiment attaché à valoriser ce point essentiel. Il faut une véritable équipe, bien préparée, responsabilisée autour du projet d’école et animée par un directeur compétent.

Il faut œuvrer pour que chaque école, chaque établissement possède une équipe solide ; en préalable à toute autre transformation du monde scolaire, c’est une base impérative, incontournable !

Une réflexion positive, instruite par une enquête sérieuse, essentiellement orientée vers la reconnaissance et le renforcement de l’équipe pédagogique, de l’équipe éducative sera un premier pas vers la reconnaissance des problèmes essentiels et vers un projet enfin constructif.

Une école, c’est d’abord une équipe. Il ne s’agit pas de s’aimer les uns les autres, mais de se compléter,  d’être mobilisé par la même volonté d’éduquer et d’instruire. Elle doit soulager l’enseignant d’une responsabilité solitaire dans sa classe.

Ses membres n’ont pas toujours fait le choix de l’école ou de la classe. Certains débutent, d’autres ont une grande expérience, tous sont confrontés à une même population, au même potentiel de ressources, en principe.

Le projet d’école est revalorisé et il est le véritable outil de cohérence et d’engagements adaptés aux besoins de motivation, de mobilisation et de mise en œuvre des acquisitions pour atteindre les objectifs programmés.

Fruit de la réflexion de tous, le Projet d’Etablissement dresse l’état des lieux. Il traduit la somme des propositions étudiées, retenues pour que naissent les actions propres à répondre aux spécificités de l’établissement. Il garantit la logique des enseignements, privilégie les contextes motivants et harmonise la vie collective…

Son suivi, son bilan, comme l’a été sa conception sont menés par tous, soutenu et avalisé par le responsable de la circonscription ou de l’Académie pour le second degré.

Il pose des questions essentielles sur le long terme, comme sur le quotidien.

Comment chaque établissement propose-t-il de rendre optimale la demi-heure du matin, transition entre famille/récré/mise au travail ? Comment tenir compte des moments notoirement propices à l’effort, à l’attention, et de ceux, au contraire, moins soutenus?

Pour les méthodes face à un groupe classe hétérogène : Comment arriver à une véritable pédagogie différenciée ? Seul ou par des échanges, des dégroupements ?

Lorsque les apprentissages sont lacunaires ou mal assurés, comment bâtir de vraies remédiations ?

Et le temps de l’enfant globalement ?

Celui de la famille avec tout son pouvoir affectif est évidemment le plus marquant, tout ce que la société peut faire pour aider à son harmonie est une pierre solidifiée pour la construction de l’enfant.

Il n’est pourtant pas le plus important en durée. La scolarité, les activités extérieures, les copains, les garderies parfois, additionnent bien des heures hors de la maison.

Les associations reconnues pour leurs activités épanouissantes consacrées à la jeunesse sont à privilégier. Les centres de loisirs, avec ou sans hébergement, devraient être des occasions de véritables convivialités et de vie citoyenne.

Il a été suggéré de créer des centres de vacances avec accueil des familles qui travaillent en fin de semaine, pourquoi pas ?

Ce qui est certain, c’est que nous souhaitons qu’aucun enfant ne reste dans la rue pendant les vacances.

 n permanence, les Projets d’Ecole veillent, réfléchissent, adaptent les progressions pour une réelle et permanente cohérence dans le cursus global.

L’équipe d’établissement est unie par son Projet.

L’échange permanent d’initiatives, d’expériences, de services, de coordination entre les établissements, participe de la fonction de l’Inspection.

 Une équipe a besoin d’être animée avec compétence. Ses décisions ont besoin d’être consolidées, leur mise en œuvre doit être suivie. Le liant de cette vie scolaire, pensée et fructueuse, en est son responsable, directeur, principal ou proviseur.

Reconnaître l’importance de la direction d’école, c’est lui donner les moyens de ses tâches, de ses responsabilités, en faire une promotion véritable pour susciter les candidatures.

Jamais plus un enseignant ne doit se sentir isolé, jamais plus une équipe ne doit se sentir abandonnée

 L’intégration d’écoles dans des regroupements dirigés par un responsable « administratif » et des inspecteurs pédagogiques serait une erreur. Elle entraînerait une distanciation trop grande entre l’établissement et sa réalité locale. On n’en parle plus, tant mieux !

L’Ecole est l’affaire de tous, c’est donc sans vouloir bousculer les enseignants et leur administration que les familles revendiquent leur place dans la vie des établissements.

Pas seulement comme parents d’élèves, pas seulement comme recours, pour des activités, pas seulement pour apporter des ressources mais aussi, pour entendre, comprendre, apporter leurs suggestions, aider à la vie de chaque école.

 L’évaluation globale et précise du travail de toute l’équipe de l’établissement par les équipes d’inspections, sur des critères nets, tenant compte des conditions spécifiques de chaque secteur scolaire est souhaitable. Elle existe parfois.

L’évaluation individuelle par un inspecteur qualifié n’est pas une aberration mais, qui rendra compte de l’implication d’un enseignant dans et autour de sa classe ? Qui rendra compte des progrès personnels du jeune prof timide? Qui tiendra compte de la lassitude, du découragement et de l’abandon de celui qui fut enthousiaste et compétent ?

Certains inspecteurs, dans le 1erdegré notamment, sont de vrais animateurs dans leur circonscription et connaissent, suivent, aident leurs enseignants. Mieux, ils font de leur secteur de véritables bains de réflexion. D’autres, malheureusement sont météoriques, à la poursuite d’une carrière plus que d’une efficacité…

Le Conseil d’Etablissement, le Conseil d’Ecole reste le moteur généré par la réflexion, les échanges, les initiatives de tous les partenaires officiels de l’école. Il respecte la spécificité, la confidentialité de toutes les structures internes, Conseils des Maîtres, de Cycles, Conseils Educatifs, Conseils de Discipline, Conseils Coopératifs…

Il s’intéresse, en particulier, au Projet d’Ecole qui lui a été présenté, il s’intéresse à la progression des activités qui en émanent

Le mystère gardé sur les pratiques pédagogiques est une absurdité, nous ne sommes pas en présence de formules secrètes et comprendre le choix d’une méthode, d’une progression, d’un thème mobilisateur ne peut que faciliter la transparence entre les parents et les professeurs et sans doute même les encourager à soutenir les initiatives éducatives. Seul l’enfant doit être l’objet de la discrétion, de la réserve de ceux qui en ont la responsabilité.

Voici sans aucun complexe, dessiné, rêvé (ce but idéalisé auquel ne manque que le vouloir) un véritable système scolaire, clair, solide, respectueux de tous ses acteurs. Il ne naîtra pas, ne grandira pas, ne deviendra pas fort sans que chacun y soit associé, pas à pas.

Cette volonté obstinée, cette vigilance, ses alertes sont les seules garanties pour que, sans gabegie ni inconséquence, dans le rejet de toutes considérations partisanes, nous donnions sa chance à l’école, sa chance au futur…

Le but d’une conscience collective active pour l’Ecole n’est pas une Ecole nouvelle, mais une Ecole reconstruite dans un contexte éducatif attentif à l‘enfant. Une institution où l’apprentissage des fondamentaux soit assuré grâce à des supports mobilisateurs, capables de faire aimer à apprendre et où l’appétit, la personnalité s’épanouissent en des disciplines d’éveil à part entière : l’école de la diversité, l’école de la chance pour tous, l’école de la chance de demain

3 avril, 2014

Pour une Ecole essentielle!

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 19:27

Pendant mes 40 années professionnelles, j’ai rencontré bien des réformes,pédagogiques et globales, des élus, un ministre dans son cabinet, un autre au bout du fil… J’ai participé à aux moins deux consultations-réflexions, à des colloques sur le temps de l’enfant, à des « Nouveaux programmes »… J’ai beaucoup apprécié et cru à la mise en place des Conseils d’Ecole, de cycles, des Projets d’Ecole… Beaucoup moins leur suivi laissé à la bonne volonté des écoles (je n’ose parler d’équipes généralisées).

J’ai essayé de le rêver dans « …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! »

Oui, l’Ecole, c’est avant tout un enseignant et des élèves, « des apprenants ».  A travers tous la aléas de notre institution, à travers toutes ses facettes très inégalitaires suivant, la période, l’implantation, la bonne ou la mauvaise volonté locale, les ressources généreuses, (trop ?) de Paris à celles limitées de villages, seule la compétence, l’ingéniosité, la bonne volonté, l’engagement de l’instituteur (celui qui institue, fonde) plus que celui qui professe ( celui qui expose) prévaut a minima.

              Nous avons tous connu de ces maîtres (Ceux qui servent de modèles) qui, parfois sévères, parfois bon enfant, justes, accueillants, valorisants, avec lesquels on pouvait dire en début de cours « C’est difficile ! » et à la fin « Fastoche ! », de ces maîtres qui donnaient envie d’apprendre, poussaient à comprendre et connaissaient assez nos limites pour les pousser un peu plus loin…

Je ne parle pas des autres, adeptes du Bled ou autres livres d’exercices à outrance, ni des guitaristes, ni des sportifs dont le but essentiel est que la classe les  aime bien… Ni des amateurs de pouvoir… Ni des paumés, d’origine car égarés dans leur orientation, ou devenus paumés, parce qu’usés par la remise en question permanente de la conduite d’une classe, par des perturbations personnelles incompatibles avec l’attention à des enfants « qui ne font pas de cadeaux », de ces enseignants qui sombrent dans la dépression, l’alcoolisme, « l’abstraction » me disait l’un deux, puis l’absentéisme réel…

Restons avec ceux qui  ‘’tiennent le coup et veulent avant tout assumer, chaque jour leur engagement .Dommage pour les élèves des autres, bien sûr, mais voilà ma première revendication.

              Que chaque enseignant soit bien sélectionné dès le départ, bien formé, psychologiquement, pédagogiquement et qu’il soit, vraiment, suivi, épaulé, tout au long de sa carrière.

               Mais, surtout, Pour les établissements qui, rarement spectaculaires, accomplissent au mieux leur métier, les conditions, hors des qualités individuelles, sont assez simples et étaient l’objet des différents conseils de l’Ecole, c’est ma deuxième revendication :

               Que, dans toutes les écoles, existe une équipe bien définie, structurée en cycles, liée avec le niveau préélémentaire, conservé dans sa  spécificité surtout, et avec la 6ème. Que la prise en compte de l’élève soit effective et connue de tous depuis son entrée dans l’établissement jusqu’à sa sortie… Que des liens concrets assurent la transition entre chaque niveau…

                  Que ce soit par un conseil coopératif, un conseil d’établissement le code de vie collectif, se doit d’être conçu, adapté, adoptée puis en œuvre par tous… 

                   Il est évident que le rôle d’animation, de synthèse, de suivi des orientations, des relations avec les partenaires  périscolaires doit être tenu par un responsable, le directeur (celui qui est attentif à l’application des décisions et des consignes) et pour l’harmonisation du secteur par  l’I.D.E.N.

                  Des enseignants bien formés et épaulés, une équipe cohérente, bien animée, un responsable compétent, il ne reste plus qu’à leur donner un cadre, des ressources générales et locales adaptées.

                  Locaux, fournitures, entretien, réalisation des projets de pédagogie différenciée, de moyens pour la mise en œuvre des projets d’éveil, de découverte de renforcement… sont beaucoup trop dépendants des ressources et de la bonne volonté locale…                    Même la réforme du temps de l’enfant (a et périscolaire) en sera tributaire.

                  Les établissements qui veulent faire vivre leurs initiatives doivent quémander auprès de collectivités publiques, d’associations, d’entreprises, voire se transformer en marchands, organisateurs de loteries, de spectacles… avec des bonheurs très divers.

                     Nombreuse sont celles qui y ont renoncé, parfois en arguant que ces activités sont « hors temps de service, surtout le samedi matin !

Bien des écoles ont connu l’heureuse complémentarité, voire complicité entre équipes enseignantes et parents d’élèves pour non seulement les fêtes d’école mais aussi des rencontres autour de thèmes d’éducation, puis de fêtes organisés par les parents d’élèves, puis plus rien… Pas partout !

             La mauvaise foi, autant que le pragmatisme a servi de justifications : pas de moyens pas d’initiatives, pas d’initiatives pas besoin de moyens…

               Des caisses coopératives scolaires riches ne sont pas rares, des achats pour « utiliser les fonds », non plus.

               Troisième revendication : Que l’Ecole soit réellement égalitaire. Non pas que l’on donne à chacun les mêmes ressources mais qu’en fonction de projets bien étudiés, répondant à des besoins de base ou complémentaires générateurs de réponses, d’améliorations pour l’instruction des enfants un organisme soit mis en places pour compenser les déficits locaux.Pour cela un projet d’école fidèle à sa définition initiale : un état des lieux sur la réalité de la population considérée, ses points positifs, ses difficultés, le catalogue des solutions possibles, de celles envisageables, de leur calendrier de suivi, de bilan… devrait conduire à l’attribution de moyens divers, matériel, humains, financiers… par l’Etat et/ou des tuteurs locaux…Nous en sommes loin.

                 Ces trois préalables bien établis, alors, alors seulement nous pourrions envisager des réformes circonstancielles : rythmes, programmes, devoirs…etc. Réflexions nécessaires mais cautères sur jambes de bois, sans non pas la refondation de l’école mais sa reconstruction déjà, parfois même d’abord sa consolidation !

                  Car, et c’est là l’essentiel, il est des établissements qui fonctionnent vraiment pour le mieux apprendre et le mieux s’éduquer des enfants… Seulement, personne, pas plus les gouvernants que les syndicats, n’en font des exemples, personne, ne les pérennisent et assurent qu’un responsable disparu, une équipe désagrégée, ne fassent tomber dans l’oubli ces modes de vie scolaire…

                Dans notre pays, dans notre système éducatif, l’aléatoire reste de mise et la bonne volonté éphémère la généralité.

              J’aimerais que les enseignants qui réclament eux aussi «  Une refondation de l’Ecole «  soient sincères et qu’ils soient près à perdre de leur tranquillité pour relever leurs manches, réclamer, certes une reconnaissance et des moyens mais surtout d’abord prouver par leurs initiatives et leurs implication dans leur établissement qu’ils veulent avant tout la réussite de leurs élèves.

                J’aimerais, comme je l’ai lu sur un badge porté par des instits portugais, qu’ils donnent « une chance au futur rien qu’en accomplissant leur mission de professeurs »…

 

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