et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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19 octobre, 2013

Auvergnat ou croquant?

Classé dans : Liens — Alain @ 16:47

Le hasard a voulu que je sois présente lorsque l’un de ces requins prêts à prendre notre train en marche…

Il a traversé notre petit groupe avec de grands sourires et une chaleureuse curiosité pour notre occupation. Il n’était pas un inconnu pour nous et les écrans, parfois, cadraient sa faconde.

Les éclats de voix nous ont attirés et notre collègue, d’un signe, nous a invités à venir les rejoindre.

- Je ne vous présente pas mon… ami ! Il est volontaire pour nous représenter auprès de l’Assemblée Nationale. Il estime que nos relations personnelles, amicales, dit-il, devrait, lui le parrain de mon fils, m’incliner à vous proposer avec conviction sa candidature.

Je suis heureux de pouvoir vous rendre témoin de ma réponse…

Nous nous attendions à un plaidoyer amiable en faveur d’une personne aussi spontanément empressée.

Ce fut une leçon d’amitié un peu spéciale que nous servit ce délégué pharmacien lyonnais :

- …Tu veux savoir pourquoi je ne te recommanderai pas à mes partenaires… Pourquoi pas ?

Tu es un ami, mais un ami universel et tu en fais une carte de visite. Pour moi, tu ignores ce qu’est l’amitié.

Depuis que je te connais, tu sais être aimable, familier, copain… J’ai compris, peu à peu. Cela ne se vérifie, je crois que c’est malgré toi, que dans la mesure où cet
investissement humain rapporte ou peut rapporter des services, de la notoriété, un avancement, du pouvoir, une cour, de l’argent bien sûr mais pas exclusivement.

Tout poisson pris dans le filet de ta bonhomie est jaugé en fonction de son potentiel d’intérêt. Il est rejeté, écarté dès qu’une autre prise devient plus rentable ou dès que « l’ami » devient trop perspicace, trop difficile à contrôler. On ne peut miser sur la gratuité de tes actes. Il faut même s’en méfier car, ta connaissance
des individus, te permet de te défiler de l’amitié comme des responsabilités dès qu’elles deviennent encombrantes voire risquées. Je suis persuadé que malheur à celui, ceux qui auraient approché de trop près ta réalité. Poulpe d’eau peu claire, tu sais les noircir d’une encre insidieuse…

Tu voulais savoir pourquoi, toi, le politique adroit, l’ami de tous, le copain des fêtes, des cérémonies, nous ne souhaitons pas t’accueillir parmi nos gens de bonne volonté ? Eh bien tu le sais maintenant.

L’Enfant, pas ton enfant, celui de notre responsabilité collective, ne sera jamais pour toi une finalité ! Pour qu’il t’intéresse, il faudrait qu’il soit éducable afin
qu’adulte, majeur, il puisse au moins voter et, peut-être, devenir un « ami de rapport ».

Son interlocuteur nous regardait, comme pour nous prendre à témoin du délire imprévu de notre Sage.

Sonore, le timbre de notre collègue ne s’était jamais emballé et, c’est vrai, il semblait parfaitement apaisé.

         Le pharmacien a terminé alors que, crispé mais toujours souriant, s’éloignait son ex-ami :

        – Ceci m’a fait du bien. Je perds un « ami », mais ma conception de l‘Amitié gagne en pureté, en vérité, en intensité. A toi, à tous tes semblables, je confirme ; « Bon appétit ô ministres intègres ! ». Aux voraces du « bouffer pour exister » je préfère les coups de main des « petits, des sans grades… » riches de l’altruisme de ceux qui servent, pas qui se servent.

Depuis que Manu a impulsé notre Mouvement, j’ai rencontré bien de ces gens pour lesquels l’Amitié n’attend rien pour eux, sinon le sourire de ceux que l’on a aidé et surtout la victoire effective après avoir combattu pour qu’un peu plus d’humanité soit distribué.

Ces gens sont multiples, anonymes, célèbres, employés du public, du privé, artistes, élus politiques, rentiers, bas et hauts fonctionnaires, modestes auxiliaires et
grands patrons…

L’amitié et l’intelligence du cœur n’ont pas besoin d’être encartées pour être. Attention bien des croquants se cachent sous des costumes d’Auvergnats.

17 octobre, 2013

Ecole -police et expulsion

Classé dans : Liens — Alain @ 11:10

Extrait de mon livre  » …et l’école trenaîtra de mes cendres! » 2008

 

                     C’est ainsi que je me suis retrouvé prof. J’ai aimé mon nouveau boulot, beaucoup ! Ce n’a pas été facile !

                    Les mômes m’ont testé, vachement parfois. J’ai riposté, durement.

                     Nous avons appris à nous respecter. Quand ils avaient besoin, j’étais là. Quand je me trompais, ils rectifiaient.

                  Je ne posais pas de question, mais j’avais des oreilles, des antennes : histoires de filles, de fric, de famille,
d’embrouilles… flottaient dans les allusions. J’attendais l’ouverture pour écouter, conseiller, modérer, calmer, arbit-rer parfois…

                  Surtout, fidèle à moi-même, je reconstituais dans la classe, dans mon atelier, ma bulle, pour moi et pour eux.

              Tous les éducateurs vous le diront, dans la rue, dans les foyers, à l’école, il faut du temps, de la patience et l’envie de recevoir autant que de donner.

               Un jour, tout a craqué…

             Des policiers ont débarqué avec leurs chiens dans mon atelier pour fouiller les élèves, les casiers.

             C’était devenu banal depuis deux ans dans les collèges. Aussi banal que d’avoir des grands frères en camp de rééducation ou des élèves avec un bracelet à la cheville.

              Aussi banal que les vains portiques de la grille d’entrée…

               Aussi banal que les yeux des caméras, dans les couloirs, les rues…

              Pour moi, c’était insupportable ; je n’ai pas supporté!

             J’ai exigé le départ des agents, tiré le collier d’un chien, me suis fait mordre…

             Je ne me contenais plus, criais, pleurais, injuriais… Aucun appel au calme ne pouvait m’atteindre.

            Ma honte d’être un adulte impuissant, l’humiliation de mes garçons m’ont projeté hors de moi. Ils m’ont maîtrisé,
menotté solidement, brutalement et ce qui couvait, a éclaté.

              Chaque élève s’était chargé d’outils, de boulons et se préparait à les projeter sur les policiers.

              Les véhicules, les armoires, les établis ont formé autant de barricades.

               Le commandant allait faire appel à des renforts…

             Déjà des bouteilles s’emplissaient d’essence…

               Je me suis sentis devenir froid, glacé. J’ai exigé qu’on me lâche ; le commandant a accepté.

             Je suis allé vers le fond du garage et me suis planté, toujours menotté, devant mes ados. En gros, je leur ai dit :

              – C’est de ma faute ! Vous n’avez fait que me défendre alors que je n’avais pas su me maîtriser. Je vous ai conduits à la violence alors que c’est elle que je refusais avec cette fouille. Vous devez m’excuser et vous montrer plus
raisonnables que votre prof. Vous allez poser tout ça et sortir tranquillement avec Monsieur le Directeur. Il ne vous sera rien reproché. N’est-ce pas Commandant ? Pas de problème pour moi les garçons !
                 Le Commandant tiendra parole et moi je reviendrai. Allez, c’est fini maintenant, tous, on a assez déconné ! 

                 Le silence s’est installé, énorme après les hurlements, les coups.

               L’officier et moi nous sommes fixés longtemps, durement.

                 – D’accord, mais vous, vous nous suivez ! 

               Les apprentis se sont regardés, m’ont regardé, moi leur prof, les mains serrées sur leurs projectiles.

                Ce que j’avais, encore, sur le cœur, une coïncidence, c’était une scène terrible.

            En partant courir, comme cela m’arrivait souvent, tôt le matin, j’étais passé près d’un camp de Roms, un de ces camps sauvages qui tournent dans la région. Un cordon de C.R.S. l’entourait.

              Sans bruit, des hommes, des femmes, des enfants sortaient des caravanes, les yeux au sol.

            Le silence, la froideur et l’humiliation ressentie m’ont fait suffoquer. Mon empathie était totale !

            Dans la grisaille du petit matin, tout avait l’air fantomatique.

             Moi qui avais connu l’armée et les missions dans des villages africains…

             Moi qui avais connu les squats aussi et leur inquiétude latente, je ressentais très fort cette mortification muette !

Je n’ai rien dit.

          J’ai enregistré vite, profondément et j’ai couru plus vite, plus lourdement.

             Pourtant, j’en avais connu de ces villages cernés, fouillés, brutalisés. Alors, je faisais partie des « forces de
l’ordre »…

            Ma carapace devait s’être craquelée depuis, sans doute.

             Pourtant, en retrouvant une existence régulière, je pensais avoir oublié et ne vivre qu’au présent.

            Le respect de mes élèves, notre respect mutuel me suffisait pour remplir ma vie.

             Le camp expulsé, c’était le mercredi matin.
            Le lundi, mon atelier recevait chiens et policiers…

1 octobre, 2013

Chances pour l’élève…

Classé dans : Liens — Alain @ 12:44

                  Permettez-moi de dire, (redire), que l’école n’est une chance pour l’enfant qu’avec une base simple, mais hélas jamais instituée officiellement : une équipe solide, bien formée non seulement sur le plan des connaissances individuelles de chaque enseignant, mais sur et pour la cohérence du travail collectif.

               Un enfant suivi depuis son entrée dans le système selon ses acquis, ses possibilités et son rythme d’apprentissage, selon un projet adapté et mis en œuvre par tous et non classe par classe est la solution, tant pour les précocités que les retards… Oui, il faut prendre exemple sur ce qui marche, souvent des écoles avec des initiatives particularisées, jamais assurées de leur pérennité… une pédagogie individualisée, autant qu’un suivi qu’une cohérence par tous est possible…                                   

                  Malheureusement,ce n’est pas la règle : les réformes de méthodes comme de fond (rythmes – règles de vie … ne prendront que sur des équipes solides et bien dirigées…) le reste n’est qu’une loterie avec laquelle, année par année, l’enfant tombe ou non, dans « une bonne classe » avec tous les paramètres évoqués « bon maître » «  bon niveau général » «  pas de cas qui alourdissent » etc…

               Pourquoi est-il si difficile de généraliser cette formation et cet accueil dans notre pays ?

A lire « …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! »

 

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