et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

13 mai, 2013

8 mai,pour ne pas oublier

Classé dans : actualité — Alain @ 8:57

Ce 8 mai 2013, nous nous sommes une nouvelle fois retrouvés pour entendre évoquer ceux qui ont refusé que notre pays succombe dans l’horreur du nazisme. Nous avons salué ces hommes, ces femmes qui ont lutté pour que ne soient pas sacrifiés à un sectarisme aveugle ceux dont la disparition était programmée parce qu’ils étaient désignés comme différents par leur religion, leurs idées, leurs choix de vie, leur couleur… Certains ont péri simplement parce qu’ils étaient là, sur le chemin de soudards en furie.

Le pardon est sans doute nécessaire lorsque les fautifs ont été sanctionnés, lorsqu’il faut reconstruire, mais l’oubli dans la mémoire collective serait une faute
s’il devait amener la répétition des drames.

Faudrait-il admettre « Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire… » et gommer la trace de ceux qui, souvent en dépassant leur peur, leur dégout de la violence, ont combattu, ont donné leur santé, leur vie, en grand nombre pour qu’aujourd’hui nous puissions ne pas plier sous le joug de l’occupant ?

Tous les peuples envahis n’ont pas pu, comme le notre, secouer leurs chaînes et retrouver leur liberté, leur indépendance… Nous n’avons pu atteindre ce renouveau qu’avec l’union des forces solidaires de ceux qui venus, de tous les continents, ont versé leur sang pour notre libération. Il était important, encore une fois, que, anciens combattants à côté des élus du Conseil Municipal des Jeunes, partagent nos témoignage de respect, de reconnaissance exprimés par les différents discours

Alors que je me rendais au monument aux morts pour la commémoration du 8 mai 45, un garçon de 11 ans m’a dit :

-C’est grave si je n’y vais pas ?

J’ai bien sûr dit, non, je me dégonflais, ou aurais trop eu à dire pour faire revivre la « mémoire des invisibles » sacrifiés pour que nous soyons encore là et libres. Ce que j’aurai voulu exprimer, c’est la honte d’entendre chiffré ce que coûtent les jours «  fériés » en oubliant ce qu’ils ont coûté à tous ceux des 8 mai entre 39 et 45 qui eux ne posaient pas les armes pour résister…

Plutôt qu’un jour chômé pourquoi pas un jour de
« sacrifice » travaillé au bénéfice de la mémoire ?

Contre toutes les guerres et les dictatures le pacifiste
doit parfois se battre et parfois tuer… un paradoxe que nos aînés ont dû
assumer, durement et que nous oublions, facilement, à moins que quelque part,
ça nous gène…

prononcés devant le Monument aux Morts pour la France, la minute de silence et l’hymne national…

 

12 mai, 2013

Licia, Nathan et Lucas entrent dans le monde des livres.

Classé dans : contes,Liens — Alain @ 11:13

                             Il était une fois un enfant qui avait trouvé un livre oublié sur un banc.   Un grand livre, un beau livre comme cet album. A la  troisième page de couverture, il a eu la surprise de découvrir un miroir collé sur le carton.

Qu’est-ce que c’est que ça ?

          Nathan regarda dans le miroir et… il se vit, bien sûr !

          Mais en observant mieux, il distingua autre chose : une petite fille et un petit garçon qui lui faisaient des signes.

          Il approcha son œil, il toucha la petite glace du bout de l’index et … son doigt s’enfonça dans le verre comme si c’était de l’eau
limpide.

          Il mit deux doigts, trois doigts… la main droite entière, la main gauche… Au fur et à mesure, il les voyait diminuer, devenir minuscules.

          Nathan passa un bras, deux bras, les épaules, une jambe, deux jambes et puis enfin la tête.

          Et voilà, il était derrière le miroir !

          En regardant derrière lui, comme à travers la vitre d’une fenêtre, il aperçut la rue et le banc sur lequel il avait ramassé l’album.

          Il sentit qu’une main lui touchait l’épaule. C’était la petite fille.

- Bonjour, je me nomme Licia !

- Moi, c’est Nathan.

- Et moi Lucas, dit l’autre garçon.

          Nathan s’étonna : – Mais que m’arrive-t-il ? Que faisons-nous ici ? Où sommes-nous ?

Lcia répondit : – Ben voilà, tu as fait comme nous, par curiosité. T as enjambé le miroir et tu es entré dans ce livre.

            Lucas ui a proposé : – Si tu le veux, nous allons te faire visiter ce grand arc. Regarde, au fond de cette prairie, tu as le Petit Chaperon Rouge qui joue vec les trois petits cochons. Sur la colline, là-bas, Peter Pan court avec les 101 dalmatiens.

            Licia continua : – Dans cette maisonnette, sous les pins, tu pourras rencontrer Harry Potter et les 7 nains… Tous, tous, ils t’attendent pour te raconter de belles histoires !

            Nathan s’est inquiété : – Mais, on peut ressortir ?

            Lucas l’a rassuré : - N’aie pas peur, tu peux repartir quand tu le veux. Exactement comme tu es venu. Mieux, le temps n’a pas avancé et tu ne seras pas en retard pour rejoindre tes parents.

- Et pour revenir ici ?

- ça c’est plus difficile ! Si tu trouves un autre livre avec un miroir, pas de difficulté, tu recommences comme aujourd’hui.

- Sinon, lui a expliqué Licia, il faut choisir un livre qui te fait envie, l’ouvrir, regarder, deviner, et te raconter l’histoire…

- Mais, le vrai miroir, dit Lucas, c’est celui par lequel tu pénètres dans les pages, c’est la lecture…

-La lecture de Maman, de Papa, de Papy, de Mamy, de tes grands amis…

-Un jour, ce sera ta lecture et alors tu auras découvert le vrai miroir, pour toujours.

            -Allez, viens, décident Licia et Lucas en prenant la main de Nathan. Nous allons rencontrer tous les personnages des albums et puis, après nous repasserons de l’autre côté du miroir et partirons chacun de notre côté…

            En route sur le beau chemin des livres…

  

Pour une école essentielle!

Classé dans : Liens — Alain @ 10:09

Pendant mes 40 années professionnelles, j’ai rencontré bien des réformes,pédagogiques et globales, des élus, un ministre dans son cabinet, un autre au bout du fil… J’ai participé à aux moins deux consultations-réflexions, à des colloques sur le temps de l’enfant, à des « Nouveaux programmes »…
J’ai beaucoup apprécié et cru à la mise en place des Conseils d’Ecole, de cycles, des Projets d’Ecole… Beaucoup moins leur suivi laissé à la bonne volonté des écoles (je n’ose parler d’équipes généralisées).

J’ai essayé de le rêver dans « …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! »

Oui, l’Ecole, c’est avant tout un enseignant et des élèves, « des apprenants ».  A travers tous la aléas de notre institution, à travers toutes ses facettes très inégalitaires suivant, la période, l’implantation, la bonne ou la mauvaise volonté locale, les ressources généreuses, (trop ?)
de Paris à celles limitées de villages, seule la compétence, l’ingéniosité, la bonne volonté, l’engagement de l’instituteur (celui qui institue, fonde) plus que celui qui professe ( celui qui expose) prévaut a minima.

              Nous avons tous connu de ces maîtres (Ceux qui servent de modèles) qui, parfois sévères, parfois bon enfant, justes, accueillants, valorisants, avec lesquels on pouvait dire en début de cours « C’est difficile ! » et à la fin « Fastoche ! », de ces maîtres qui donnaient envie d’apprendre, poussaient à comprendre et connaissaient assez nos limites pour les pousser un peu plus loin…

Je ne parle pas des autres, adeptes du Bled ou autres livres d’exercices à outrance, ni des guitaristes, ni des sportifs dont le but essentiel est que la classe les  aime bien… Ni des amateurs de pouvoir… Ni des paumés, d’origine car égarés dans leur orientation, ou devenus paumés, parce qu’usés par la remise en question permanente de la conduite d’une classe, par des perturbations personnelles incompatibles avec l’attention à des enfants « qui ne font pas de cadeaux », de ces enseignants qui sombrent dans la dépression, l’alcoolisme, « l’abstraction » me disait l’un deux, puis l’absentéisme réel…

Restons avec ceux qui  ‘’tiennent le coup et veulent avant tout assumer, chaque jour leur engagement .Dommage pour les élèves des autres, bien sûr, mais
voilà ma première revendication.

              Que chaque enseignant soit bien sélectionné dès le départ, bien formé, psychologiquement, pédagogiquement et qu’il soit, vraiment, suivi, épaulé, tout au long de sa carrière.

               Mais, surtout, Pour les établissements qui, rarement spectaculaires, accomplissent au mieux leur métier, les conditions, hors des qualités individuelles, sont assez simples et étaient l’objet des différents conseils de l’Ecole, c’est ma deuxième revendication :

               Que, dans toutes les écoles, existe une équipe bien définie, structurée en cycles, liée avec le niveau préélémentaire, conservé dans sa  spécificité surtout, et avec la 6ème. Que la prise en compte de l’élève soit effective et connue de tous depuis son entrée dans l’établissement jusqu’à sa sortie… Que des liens concrets assurent la transition entre chaque niveau…

                  Que ce soit par un conseil coopératif, un conseil d’établissement le code de vie collectif, se doit d’être conçu, adapté, adoptée puis en œuvre par tous… 

                   Il est évident que le rôle d’animation, de synthèse, de suivi des orientations, des relations avec les partenaires  périscolaires doit être tenu par un responsable, le directeur (celui qui est attentif à l’application des décisions et des consignes) et pour l’harmonisation du secteur par  l’I.D.E.N.

                  Des enseignants bien formés et épaulés, une équipe cohérente, bien animée, un responsable compétent, il ne reste plus qu’à leur donner un cadre, des ressources générales et locales adaptées.

                  Locaux, fournitures, entretien, réalisation des projets de pédagogie différenciée, de moyens pour la mise en œuvre des projets d’éveil, de découverte de renforcement… sont beaucoup trop dépendants des ressources et de la bonne volonté locale…
                   Même la réforme du temps de l’enfant (a et périscolaire) en sera tributaire.

                  Les établissements qui veulent faire vivre leurs initiatives doivent quémander auprès de collectivités publiques, d’associations, d’entreprises, voire se transformer en marchands, organisateurs de loteries, de spectacles… avec des bonheurs très divers.

                     Nombreuse sont celles qui y ont renoncé, parfois en arguant que ces activités sont « hors temps de service, surtout le samedi matin !

Bien des écoles ont connu l’heureuse complémentarité, voire complicité entre équipes enseignantes et parents d’élèves pour non seulement les fêtes d’école
mais aussi des rencontres autour de thèmes d’éducation, puis de fêtes organisés par les parents d’élèves, puis plus rien… Pas partout !

             La mauvaise foi, autant que le pragmatisme a servi de justifications : pas de moyens pas d’initiatives, pas d’initiatives pas besoin de moyens…

               Des caisses coopératives scolaires riches ne sont pas rares, des achats pour « utiliser les fonds », non plus.

               Troisième revendication : Que l’Ecole soit réellement égalitaire. Non pas que l’on donne à chacun les mêmes ressources mais qu’en fonction de projets bien étudiés, répondant à des besoins de base ou complémentaires générateurs de réponses, d’améliorations pour l’instruction des enfants un organisme soit mis en places pour compenser les déficits locaux.Pour cela un projet d’école fidèle à sa définition initiale : un état des lieux sur la réalité de la population considérée, ses points positifs, ses difficultés, le catalogue des solutions possibles, de celles envisageables, de leur calendrier de suivi, de bilan… devrait conduire à l’attribution de moyens divers, matériel, humains, financiers… par l’Etat et/ou des tuteurs locaux…Nous en sommes loin.

                 Ces trois préalables bien établis, alors, alors seulement nous pourrions envisager des réformes circonstancielles : rythme, programmes, devoirs…etc. Réflexions nécessaires mais cautères sur jambes de bois, sans non pas la refondation de l’école mais sa reconstruction déjà, parfois même d’abord sa consolidation !

                  Car, et c’est là l’essentiel, il est des établissements qui fonctionnent vraiment pour le mieux apprendre et le mieux s’éduquer des enfants… Seulement, personne, pas plus les gouvernants que les syndicats, n’en font des exemples, personne, ne les pérennisent et assurent qu’un responsable disparu, une équipe désagrégée, ne fassent tomber dans l’oubli ces modes de vie scolaire…

                Dans notre pays, dans notre système éducatif, l’aléatoire reste de mise et la bonne volonté éphémère la généralité.

              J’aimerai que les enseignants qui réclament eux aussi «  Une refondation de l’Ecole «  soient sincères et qu’ils soient près à perdre de leur tranquillité pour relever leurs manches, réclamer, certes une reconnaissance et des moyens mais surtout d’abord prouver par leurs initiatives et leurs implication dans leur établissement qu’ils veulent avant tout la réussite de leurs élèves.

                J’aimerais, comme je l’ai lu sur un badge porté par des instits portugais, qu’ils donnent « une chance au futur rien qu’en accomplissant leur mission de professeurs »…

N’abandonnons-pas nos jeunes!

Classé dans : Liens — Alain @ 9:38

                   C’est une femme d’une soixantaine d’années bien sonnée, à la voix aussi moqueuse qu’énergique qui lui a succédé, amicalement ironique.

                   - Pour moi, dites Janine ! se présenta-t-elle. Bon courage aux hommes et femmes de bonne volonté ! Je souhaite que naisse un véritable Cahier de Propositions !

                 J’ai connu, pratiqué comme animatrice bénévole et enseignante pendant bien des années, les banlieues parisiennes. Aujourd’hui, retraitée, je suis intéressée et toujours intervenante lorsque l’occasion se présente, dans notre village, comme vous le savez. Moins spectaculaires que dans les cités car moins concentrés, nos ados ont les mêmes problèmes d’identité à construire, à prouver, d’existence à assumer que les enfants des villes. Les dérives sont possibles et émergent aussi : l’alcool, le vandalisme, la provocation, la drogue également et le mal-être toujours. C’est plus discret, plus renfermé pour certains. Cela s’exprime autant par les sous-entendus, les cris parfois que par les mutismes, beaucoup par messageries interposées.
                  Bien que sous-jacent, le malaise est bien réel. Il amplifie la crise ordinaire de l’adolescence…

              Dans le village, je découvre les réponses fournies. Elles sont familiales donc souvent insuffisantes face à une demande aussi personnelle que sociale :« Exister dans le regard de l’autre !». Elles sont surtout associatives. Pas évident dans les groupes culturels cadrés, même si le sport collectif fait exception par sa structure « Bande à confronter à une autre bande » et « Je m’épuise donc je suis !». La fanfare est un bon exutoire parfois et j’ai connu des garnements bien valorisés par la trompette et les défilés…
             Ici, la responsabilité de notre animal totémique les motive, les unit aussi.
             Pour notre petite commune, je veux surtout souligner le rôle important joué par les Maisons des Jeunes.
           J’éprouve beaucoup de bonheur, lorsque à l’occasion, je me trouve parmi ces ados.Leur respect du contrat implicite passé avec leur responsable, autant que leur liberté de paroles ne cessent de me surprendre, et pourtant j’en ai vu. A notre époque, alors que tout n’est qu’interdits, menaces pour eux, ils ont un espace pour rêver, un endroit où les tensions ne sont pas des rapports de force mais des confrontations ordinaires. Ils appartiennent volontairement à un groupe dans lequel confiance ne se subordonne pas à obéissance.Ce ne sont pas des B.A. qu’accomplissent ces jeunes quand ils s’engagent à rendre service mais des fiertés qu’ils additionnent, presque en catimini.Pourtant, oui, ils sont capables de belles âneries pour affirmer leur originalité, hors de leur foyer secondaire !

             Je parle au présent, ce n’est pas une erreur, car je suis, nous sommes presque des survivants, des résistants de l’animation. Je préfère ce terme à celui d’Encadrement devenu réalité officielle, mais si péjoratif ! En regard des manifestations de « l’âge bête », parfois violentes, parfois muettes, comment réagissons-nous, non pas nous familles, mais nous société ? Les réponses possibles n’ont pas évolué depuis 1965, mes premières implications responsables.

            Nos jeunes ont soif d’accueil, de compréhension, de respect, d’actes utiles et vrais, de la reconnaissance de tous, ados et adultes. C’est plus difficile aujourd’hui parce que l’avenir professionnel est incertain, parce que nombreuses sont les familles démissionnaires engluées dans leurs difficultés, déstabilisées.
             Même la bande, autrefois refuge des Blousons Noirs ou Dorés, n’est plus structurée, sauf dans les hiérarchies des dealers.
          Elle en est d’autant plus dangereuse, comme tout groupe informel démobilisé.
             La secte, la religion, l’engagement politique poussés à l’extrême attirent, accueillent les plus vulnérables souvent.
            Heureusement, demeurent, éternels, l’amitié et les premiers émois amoureux, toujours importants, toujours fragiles mais souvent propices aux projets constructifs.
               Encore faut-il avoir les moyens de les faire naître et de leur donner une chance de se réaliser.
              Je ne plaisantais qu’à peine, vous l’avez bien compris le truc pour y parvenir, c’est l’Ecole.

            C’est l’Ecole dans son environnement…. C’est l’Ecole centre de vie avec tous!

              

11 mai, 2013

La saga sans fin des on…

Classé dans : Liens — Alain @ 23:05

On est un faux-jeton secret capable d’empoisonner la mer d’une seule goutte de rumeur.

Il ne lui manque qu’un C pour appartenir à la grande famille des Cons dangereux…

On m’a dit…  ainsi commence la plus ancienne et la plus pérenne des histoires à histoires…

On, le plus célèbre roi de la dynastie des anonymes.

Un jour, on m’a glissé un doute dans l’oreille, depuis la mer des rumeurs emplit ma coquille d’un incessant ressac insaisissable.

On se boucane à la fumée des feux de « peut-être » et de « il paraît que ».

Qui vit par le On périra par le On !

Du petit on qui conduit le prof au suicide jusqu’au on qui mène à
l’holocauste, on est l’ennemi du droit à la vérité… pourtant, on s’affirme
comme son véhicule implacable.

On n’a pas de pluriel mais parle de mille bouches…

Hélas, On, une fois sur des milliers d’assertions se voit confirmé : ce hasard devient, preuve, a posteriori, et gangrène tous les défenseurs du fait avéré.

 

9 mai, 2013

L’école du bonheur, l’école de la chance…

Classé dans : Liens — Alain @ 21:18

Courrier retenu  le 9 mai à propos d’un article paru dans le MIDI LIBRE du 7 mai 2013;

        Je ne sais pas si l’école a pour mission de rendre les enfants heureux, mais je suis convaincu qu’elle a celle leur donner toutes leurs chances d’épanouissement.
         Bravo à ces enseignants, qui,  au-delà de leur compétence, savent transcender leur attention, leur vigilance pour non seulement conduire leurs élèves vers le meilleur de leurs possibilités, quel que soit leur potentiel personnel de départ,  mais également les conduire à le dépasser.

          Il est bien des enseignants, mieux des équipes parfois,  qui par la cohérence de leurs projets, par leur suivi attentif, leur capacité à dépasser les difficultés savent  persévérer et ne pas céder au découragement…

          Ils  sont discrets le plus souvent, et votre article est aussi un hommage envers eux.

         Oui, l’école peut être cet accueil intelligent, ingénieux et valorisant dès la première heure de la journée ; oui, elle peut amener familles et partenaires à  œuvrer vraiment pour tous les enfants, au-delà des différences et même tenir compte de ces différences pour enfin vive ensemble, s’éduquer ensemble, s’instruire ensemble…  Je suis fier d’avoir appartenu et œuvré auprès de ces « animateurs d’intelligence », ces « passeurs de savoir » et je suis particulièrement heureux, en mon automne, d’en connaître semblables  à Nathalie, Anne…

         Ravi que l’Inspecteur d’Académie soit « content », dommage que ces exemples ne soient pas le fonds de la formation de nos maîtres et maitresses.

        Vous savez, les réformes sont nécessaires, notamment celle du temps de l’enfant, mais que seraient elles si des enseignants comme ceux évoqués n’étaient pas prêts à les faire vivre en étant d’abord ;  au quotidien au service de l’enfant…

      Sur le badge d’un enseignant au Portugal, j’ai lu «  Nous donnons une chance au futur : nous sommes professeurs… ». Belle conviction, non ?

7 mai, 2013

Le référent.

Classé dans : Liens — Alain @ 22:51

        J’ai vécu le dérèglement de notre école, d’autres aussi certainement et, nous n’avons pas réagi, pas suffisamment. Parfois, un sursaut nous donnait le courage de braver la routine, de prendre des initiatives,
petites mais réfléchies. Je me souviens, dans notre groupe scolaire, nous avions, instauré un décalage d’une demi-heure dans la journée, (3 h ½ le matin et 2 h ½ l’après-midi changeaient déjà, un peu, l’accueil de début de journée et la fatigue post-repas). C’était un apport minime mais déjà satisfaisant…

            J’ai vécu, aussi, avec intensité, ces moments de fierté d’un enfant qui présente à ses parents, grands-parents, son école.

          Aujourd’hui où les familles sont vues comme coupables de mauvaise éducation, d’indifférence, d’égoïsme, ce n’est pas le moment de distendre encore les liens qui les unissent à l’école.

             Une proposition intelligente mais évidemment écartée par le Ministère, aurait été que les enseignants utilisent le samedi matin pour les deux heures de récupération camouflées en soutien… Refusée, ce sont des miettes de temps, après ou avant le repas de midi, qui sont retenues.

             Le compte est bon, c’était le principal non !

             Oui, le temps de l’enfant est trop important pour qu’on le laisse aux seules envies des adultes. Investir dans la jeunesse pour donner une chance à l’avenir, c’était notre devoir, nous l’avons oublié, pire saboté…

           Le dernier arrivé, je ne l’avais jamais rencontré dans notre commune, est resté assis, les mains fortement serrées sur ses genoux et les yeux fixés au sol. Il s’est exprimé doucement. Il fallait tendre l’oreille.
- Moi, j’étais éducateur des rues, presque aussi marginal que mes ados ! On se respectait, ça n’allait pas sans bavures, mais j’étais au milieu d’eux et ils le savaient.

              Souvenez-vous, le Plan Banlieue, pendant son élaboration, j’y ai cru ! Il a été décrété et je n’y ai pas retrouvé mes petits. Pire, son inspiratrice a pété les plombs pour revenir au plan Karcher…

              Plan Banlieue, j’aurais dû me méfier ! Pourquoi ne pas lancer « Cent propositions pour tous les jeunes », ce qui aurait fait moins O.R.S.E.C. et plus souci global de la jeunesse ?

             Je suis devenu un « Référent », plus près du surveillant que du grand frère.

             Moi aussi, avec ma psychologie de contact, je dirais bien de terrain mais j’ai entendu un ministre en parler comme d’une expression triviale, je me suis fait mes convictions.

            Enfance, jeunesse, c’est un ensemble qui se subdivise en étapes de développement intellectuel et physique. Il se personnalise selon l’environnement familial, social, géographique et culturel. Ce ne sont pas les
individus qui créent ou amplifient leurs diversités. Ce sont les réponses que leurs conditions de vie les conduisent à donner à leurs exigences essentielles et surtout à leur besoin de reconnaissance. Toutes mes initiatives dans mes rues, n’étaient pas socialement heureuses mais que pouvais-je proposer pour changer cela ?

                             Avec mes collègues, avec mes jeunes même, nous discutions à n’en plus finir et, assez souvent, il en sortait un geste, un acte collectif dont nous étions fiers.

            J’en ai à votre disposition si vous le voulez, plus que de récits de voitures brûlées, de tags ou d’incivilités.

            Je voudrais, en contre point des bagarres de bandes, parler des maisons de personnes en détresse retapées par ces mêmes « voyous », des ateliers vélo, informatique, des jardins retournés.

                 Pas pour rien, bien sûr, pour leur « local », pour des vacances ensemble…

             – ! Avant, je voyais mes ados réfléchir, essayer, réussir, rater, recommencer … Maintenant, je confirme, ils vont se rééduquer en camp, traînent leur bracelet ou disparaissent dans la clandestinité.

Les révoltes sont moins bruyantes mais la rage s’accumule,
un jour l’éruption jaillira, violente, incontrôlable, forcément !

            Des réussites individuelles abusent les médias. Elles laissent croire que la seule bonne volonté, la seule ténacité suffisent pour émerger de la grisaille des cités ou des villages délaissés…

           De là à estimer que les autres y mettent, eux, de la mauvaise volonté pour s’en tirer, il y a un pas, un mauvais pas, que les bien pensants allongent trop aisément.

              Ma petite expérience, frottée à celle de mes collègues, me donne l’éclairage de ce qui marche : Emmaüs, les Ateliers des Restos, les Orphelins d’Auteuil, les foyers de M.J.C., les P.R.J… Toutes ces œuvres discrètes et actives, nous ont persuadés que c’est ce tissu social, adapté à son environnement qui était la véritable chance pour nos jeunes, donc pour notre avenir.

Plutôt que d’encadrer, normaliser, réprimer, il aurait était plus efficace de soutenir, élargir les initiatives des collectivités locales adaptées à leurs réalités.

            Le bénévolat aurait pu rester l’essentiel de cette trame si des encadrements, des soutiens pros leur avaient garanti la stabilité.

             Moi aussi j’insiste, que d’associations formidables ont perdu leur efficacité ! Car l’ennemi spécifique du béné-volat est l’usure, le vieillissement de ses membres.

              Si la relève possible se décourage, l’engagement meurt.

             Je souligne encore, cette érosion humanitaire fut largement augmentée par la disparition de toutes les œuvres laïques qui entouraient l’école, les familles, éteintes après la suppression des subventions.

              Je voudrais ajouter que pour nos jeunes, le temps des centres de loisirs, des foyers, des équipes de sport s’est tanné en peau de chagrin.

              De nombreux lycéens mènent une double vie, études et travail, pour simplement survivre.

            En 2009, le MIDI LIBRE faisait état d’enquêtes les évaluant à 20 % déjà. C’est largement dépassé aujourd’hui et les collégiens s‘y mettent aussi.

              Pas des petits boulots pour l’argent de poche, pas des emplois d’étudiants pour financer les frais d’inscription, le logement, le repas, les bouquins…

           Non une quête de rétributions pour que survivent leurs familles, simplement.

            Le quotidien, en ce mois de mai, encore remuant, le dernier, écrivait :

«Pour la première fois, dans la société française, nombre d’enfants ne verront pas leur situation sociale s’élever au-dessus de celle de leurs parents et ce malgré leurs études… »

             Un avertissement qui n’a pas été suivi d’effet, à l’évidence !

             Non seulement ces adolescents, soumis aux exigences vitales du quotidien ont perdu leur indépendance, mais leur amertume se mue en colère. L’inégalité flagrante entre eux et les nantis se creuse.

             Les Etudes sont ouvertes à tous, mais comment les rendre possibles lorsque le temps n’est pas extensible et la fatigue fréquente ?

          Bien sûr les Grandes Ecoles sont accessibles aux élèves des zones précaires, mais comment se réclamer d’une appartenance à une zone d’enseignement prioritaire ? Comment prouver ses capacités lorsque leçons,
devoirs, alternent avec gagne-pain sur un chantier, dans un magasin ou recherche constante d’un « petit boulot » ?

            « Ils apprennent les réalités du travail, la valeur de l’argent ! », ont objecté les moralisateurs à ceux qui s’inquiétaient de cette généralisation.

             « Valeur du fric !» moi je peux vous dire qu’ils apprennent surtout sa pression par la peur d’en manquer.

            Ils ne cultivent plus qu’une volonté, s’en affranchir, par tous le moyens…

              Le commerce souterrain a un bel avenir en dépit des risques.

             Je n’ai pas évoqué l’Ecole parce que ce n’est pas trop mon truc, mais souvent, quand ça tournait mal avec un gosse, son frère m’en parlait. Lorsque c’était un problème scolaire, je rencontrais les instits.

            Moi aussi j’ai compris et je tiens à vous le dire : rien n’est possible sans prendre en compte l’Ecole, dès la maternelle.

            Que de confiance donnée aux familles en difficulté, que d’élans impulsés mais que de suivis avortés !

           Une équipe solide à l’école, dans son agglomération, son village, son quartier, sa ville est une vraie, la seule chance peut-être, pour exploiter les ressources offertes à notre pays à travers sa jeunesse.

            A condition de ne pas tout gâcher ! Mais peut-être n’est-il pas trop tard ?

 

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