et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

18 avril, 2013

D’abord une école pour l’enfant…

Classé dans : Liens,POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 21:12

En 2009, j’ai écrit puis fit publier un livre «…  et l’école renaîtra de mes cendres !».

Bien sûr aussi, les ventes en furent limitées. Il me valut surtout des rencontres diverses et quelques débats en général consensuels et insatisfaisants…

               J’avais écrit parce qu’après 40 ans d’Ecole, 60 ans si je compte mes années d’élèves, après avoir connu de petits établissement de 15 élèves au total, d’autres très importants, de 40 classes à Paris, des écoles de campagne en Vendée et dans l’Yonne, des écoles du 16ème parisien, de la banlieue chaude, de la  banlieue huppée et des grands ensembles pompidoliens, enseignant spécialisé en classes multifonctions, enseignant en classe ordinaire ou en classe d’intégration, directeur de 6 classes puis de 13 classes, jamais déchargé d »enseignement, j’ai gardé intact, ma vocation et ma foi en l’Ecole.

               La casse systématique des fondements de notre institution : la formation des professeurs, l’attachement de l’établissement à sa population, le fichage des enfants, la sape des soutiens, le rabotage du nombre des enseignants, la perspective der regroupements des écoles dans de grandes structures encore plus déconnectées des réalités, la semaine amputée… L’apaisement des contestataires tièdes, pas des « désobéisseurs » auxquels j’ai dédié mon livre, par la menace, les sanctions et les compensations indemnitaires, même pour corriger
des évaluations… m’ont conduit à me libérer… sur le papier.

              C’était la première et sans doute la seule fois, si on oublie des articles, naguère dans l’EDUCATION, et quelques interventions radiophoniques J’espérais bien qu’avec le changement de gouvernement, ma colère deviendrait caduque. Je me suis empressé de correspondre avec les candidats à la Présidentielle et aux législatives, avec des réponses souvent positives.

               Pendant toutes mes années professionnelles, j’ai rencontré bien des réformes, pédagogiques et globales, des élus, un ministre dans son cabinet, un autre au bout du fil… J’ai participé à aux moins deux consultations-réflexions, à des colloques sur le temps de l’enfant, à des « Nouveaux programmes »… J’ai beaucoup apprécié et cru à la mise en place des Conseils d’Ecole, de cycles, des Projets d’Ecole….

               Ce que je disais, seul ou avec mes amis, lors de ces rencontres, ce que j’ai essayé de traduire dans mon livre, c’est que :

               L’Ecole, c’est avant tout un enseignant et des élèves, « des apprenants ».  A travers tous la aléas de notre institution, à travers toutes ses facettes très inégalitaires suivant, la période, l’implantation, la bonne ou la mauvaise volonté locale, les ressources généreuses, (trop ?) de Paris à celles limitées de villages, seule la compétence, l’ingéniosité, la bonne volonté, l’engagement de l’instituteur (celui qui institue, fonde) plus que celui qui professe ( celui qui expose) prévaut a minima.

               Nous avons tous connu de ces maîtres (Ceux qui servent de modèles) qui, parfois sévères, parfois bon enfant, justes, accueillants, valorisants, avec lesquels on pouvait dire en début de cours « C’est difficile ! » et à la fin «  Fastoche ! », de ces maîtres qui donnaient envie d’apprendre, poussaient à comprendre et connaissaient
assez nos limites pour les pousser un peu plus loin…

               Je ne parle pas des autres, adeptes du Bled ou autres livres d’exercices à outrance, ni des guitaristes, ni des sportifs dont le but essentiel est que la classe les  aime bien… Ni des amateurs de pouvoir… Ni des paumés, d’origine car égarés dans leur orientation, ou devenus paumés, parce qu’usés par la remise en question permanente de la conduite d’une classe, par des perturbations personnelles incompatibles avec l’attention à des enfants « qui ne font pas de cadeaux », de ces enseignants qui sombrent dans la dépression, l’alcoolisme, « l’abstraction » me disait l’un deux, puis l’absentéisme réel…

                Restons avec ceux qui  ‘’tiennent le coup et veulent avant tout assumer, chaque jour leur engagement .Dommage pour les élèves des autres, bien sûr, mais voilà ma première revendication

                Que chaque enseignant soit bien sélectionné dès le départ, bien formé, psychologiquement, pédagogiquement et qu’il soit, vraiment, suivi, épaulé, tout au long de sa carrière.

                Pour les établissements qui, rarement spectaculaires, accomplissent au mieux leur métier, les conditions, hors des qualités individuelles, sont assez simples et étaient l’objet des différents conseils de l’Ecole, c’était ma seconde revendication :

                Que, dans toutes les écoles, existe une équipe bien définie, structurée en cycles, liée avec le niveau préélémentaire, conservé dans sa spécificité surtout, et avec la 6ème. Que la prise en compte de l’élève soit effective et connue de tous depuis son entrée dans l’établissement jusqu’à sa sortie… Que des liens concrets assurent la transition entre chaque niveau…

                   Que ce soit par un conseil coopératif, un conseil d’établissement le code de vie collectif, se doit d’être conçu, adapté, adoptée puis en œuvre par tous… 

                    Il est évident que le rôle d’animation, de synthèse, de suivi des orientations, des relations avec les partenaires  périscolaires doit être tenu par un responsable, le directeur (celui qui est attentif à l’application des décisions et des consignes).

                   Des enseignants bien formés et épaulés, une équipe cohérente, bien animée, un responsable compétent, il ne reste plus qu’à leur donner un cadre, des ressources générales et locales adaptées.

                   Locaux, fournitures, entretien, réalisation des projets de pédagogie différenciée, de moyens pour la mise en œuvre des projets d’éveil, de découverte de renforcement… sont beaucoup trop dépendants des ressources et de la bonne volonté locale…
Même la réforme du temps de l’enfant (a et périscolaire) en sera tributaire.

                   Les établissements qui veulent faire vivre leurs initiatives doivent quémander auprès de collectivités publiques, d’associations, d’entreprises, voire se transformer en marchands, organisateurs de loteries, de spectacles… avec des bonheurs très divers.

                      Nombreuse sont celles qui y ont renoncé, parfois en arguant que ces activités sont « hors temps de service, surtout le samedi matin !

                Bien des écoles ont connu l’heureuse complémentarité, voire complicité entre équipes enseignantes et
parents d’élèves pour non seulement les fêtes d’école mais aussi des rencontres autour de thèmes d’éducation, puis de fêtes organisés par les parents d’élèves, puis plus rien… Pas partout !

              La mauvaise foi, autant que le pragmatisme a servi de justifications : pas de moyens pas d’initiatives, pas d’initiatives pas besoin de moyens…

                Des caisses coopératives scolaires riches ne sont pas rares, des achats pour « utiliser les fonds », non plus.

                Troisième revendication : Que l’Ecole soit réellement égalitaire. Non pas que l’on donne à chacun les mêmes ressources mais qu’en fonction de projets bien étudiés, répondant à des besoins de base ou complémentaires générateurs de réponses, d’améliorations pour l’instruction des enfants un organisme soit mis en places pour compenser les déficits locaux.
Pour cela un projet d’école fidèle à sa définition initiale : un état des lieux sur la réalité de la population considérée, ses points positifs, ses difficultés, le catalogue des solutions possibles, de celles envisageables, de leur calendrier de suivi, de bilan… devrait conduire à l’attribution de moyens divers, matériel, humains, financiers… par l’Etat et/ou des tuteurs locaux…
Nous en sommes loin.

                  Ces trois préalables bien établis, alors, alors seulement nous pourrions envisager des réformes circonstancielles : rythme, programme, devoirs…etc.
Réflexions nécessaires mais cautères sur jambes de bois, sans non pas la refondation de l’école mais sa reconstruction déjà, parfois même d’abord sa consolidation !

                   Car, et c’est là l’essentiel, il est des établissements qui fonctionnent vraiment pour le mieux apprendre et le mieux s’éduquer des enfants… Seulement, personne, pas plus les gouvernants que les syndicats , n’en font des exemples, personne, ne les pérennisent et assurent qu’un responsable disparu, une équipe désagrégée, ne fassent tomber dans l’oubli ces modes de vie scolaire…

                 Dans notre pays, dans notre système éducatif, l’aléatoire reste de mise et la bonne volonté éphémère la généralité.

               J’aimerai que les enseignants qui réclament eux aussi «  Une refondation de l’Ecole «  soient sincères et qu’ils soient près à perdre de leur tranquillité pour relever leurs manches, réclamer, certes une reconnaissance et des moyens mais surtout d’abord prouver par leurs initiatives et leurs implication dans leur établissement qu’ils veulent avant tout la réussite de leurs élèves.

                 J’aimerais, comme je l’ai lu sur un badge porté par des instits portugais, qu’ils donnent « une chance au futur rien qu’en accomplissant leur mission de professeurs »…

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