et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

26 mars, 2013

mai 68

Classé dans : Liens — Alain @ 17:40

MAI 68

En 68   , j’ai 26 ans, je suis marié, papa d’une petite fille d’un an et encore très pris par des activités de célibataire difficiles à abandonner : MJC, CENTRE AERE, ATELIERS DIVERS…

Lorsque s’intensifient les manifs, je suis d’abord coincé par l’argent : plus de salaire distribué, même aux non grévistes, sauf au compte-goutte par les syndicats… Ma préoccupation existentielle était donc très concrète.

Ma classe d’enfants en difficulté générale d’apprentissage, on disait – inadaptés -déficients intellectuels – mais le comportement en subissait l’empreinte, m’absorbait beaucoup, me pompait la plupart de mes idées, de mes initiatives, hors de ma famille, c’est-dire que, je ne me souciais guère de ce qui ébranlait le Paris voisin.

En dehors de ma classe, je donnais des cours au titre de l’Alliance Française, depuis la rentrée des vacances de printemps, un remplacement susceptible d’arrondir mes fins de mois, à des travailleurs immigrés non francophones des usines Renault.

Par mes grands élèves, j’avais appris combien les ouvriers métallurgistes  étaient remontés envers les étudiants frondeurs.

Les premiers contacts se sont établis, d’abord agressifs, puis peu à peu plus solidaires. Je pus suivre le renversement des sentiments, le revirement des colères : tournées vers les étudiants à l’origine, elles virèrent contre le gouvernement… Et le quartier s’anima !

La plupart de mes élèves adultes, étrangers, soucieux de leur emploi précaire, cherchaient à comprendre ces agitations tout en s’en tenant éloignés. Moi, au milieu, j’étais paumé et en même temps, je devais assurer, rassurer…

Alors, j’ai continué mes cours, bulle insolite au milieu de la tempête. Je leur ai donné plus d’ampleur lorsque l’école fut fermée.

C’est ainsi que l’ai vécu mai 1968. Un petit îlot d’apprentissage d’expressions, de phrases pour permettre à des expatriés de comprendre, de faire comprendre sommairement dans la rue et au travail… Du français de convivialité dans une crise de société !

Pour l’anecdote, jamais ces heures d’avant et de pendant mai 68 ne me furent payées… Gouffre associatif ou administratif, dommage collatéral.

Perdu à Saint Antoine…

Classé dans : Liens — Alain @ 0:01

Un jour, j’ai été victime d’une A.V.C, mon médecin m’a fait transporter aux urgences de l’hôpital St Antoine à Paris. 

         Je suis arrivé chez KAFKA… Rien n’est outré.     

         Le vestibule des urgences était bondé, vraiment comme le métro le soir après le travail. Assis sur une banquette j’attendais qu’on m’appelle. Au bout du siège un homme semblait dormir, il est tombé et s’est cassé le poignet… Les pompiers sont déposé un brancard au milieu de la salle en faisant s’écarter les gens. Lorsqu’ils sont revenus, bien  ½ h, après le blessé n’avait pas reçu de soin. Colère des pompiers ; « Mais il a fait une hémorragie! »… 

         Finalement, j’ai été pris en charge, c’est à dire étiqueté, revêtu de la belle chemise hospitalière et mis en attente dans une salle totalement pleine de lits à roulettes. 

         Pour aller aux toilettes, j’étais devant cette porte au début, il a fallu jouer comme ces petits jeux où l’on déplace les lettres pour les mettre dans l’ordre. Un exhibitionniste enjambait les couchettes, nu et obscène ; ma voisine avait fait une tentative de suicide et vomissait entre nos lits… etc… De temps à autre, un patient était appelé et aussitôt remplacé par un nouveau… 

         Dans le couloir toute une famille hurlait, réclamait le directeur car l’hôpital étant complet,  on envoyait leur malade vers un autre établissement. Ils ont obtenu gain de cause après réception par le directeur d’un appel de leurs hautes relations. Au détriment d’une personne déjà en chambre, qu’il a fallu expédié, où ? 

         J’ai fini par être examiné, intubé, dirigé vers un service radio dans les sous-sols, de vrais sous-sols avec murs en parpaings, couloirs, tuyauteries et froid. 

         Nous avons car j’étais roulé bien sûr, rencontré une famille de quatre personnes perdues dans ce labyrinthe… J’ai été laissé dans ce deuxième dessopus devant la porte de la radio, à côté d’un brancard où gisait un corps totalement recouvert d’une couverture. Un cadavre ? J’étais préparé à tout. 

         Je gelais car ne portais que ma chemise quasi papier. Des infirmiers sont venus chercher mon voisin. C’était une voisine, complètement immobile. Lorsqu’ils m’ont découvert, tremblant, ils m’ont offert la couverture de leur patiente avant de l’emmener…. 

         Arrivé à 10 h du matin, je suis reparti pour des soins complémentaires vers 22 h… 

         Ce fut une expérience édifiante dont je garantis tous les souvenirs. Je suis persuadé que, chaque jour, il se produit d’autres faits nettement plus étonnants, voire dramatiques. 

         Je connais mieux les contradictions de l’Education Nationale mais j’ai depuis un respect, énorme et stérile, malheureusement pour les fonctionnaires hospitaliers qui continuent à servir dans ces conditions.  

 

7 mars, 2013

20 ans!

Classé dans : Liens — Alain @ 21:30

 

Beau jour !

           Il s‘assied sur mon banc, au Peyrou le 5 janvier 2010.

«Mir et droujba ! me lance-t-il, c’est mon anniversaire, je viens souffler mes vingt bougies près de vous.»

          Que me raconte-t-il celui-là?

             «Quand j’étais enfant, je rêvais : « On dirait que »… Plus âgé, j’ai adopté le « si » de la chance « Si je rencontre Magali… ». Etudiant, je m’attache le futur avec des « lorsque » suivis de réussites futures»

       Je douche sa flamme; il en rie:

«Vous plaignez mes 20 ans inconséquents!

        Les désillusions détricoteront mes espoirs!

         Demain est un illusionniste!»

         Il se rapproche de moi.

         «Justement, voyez dans ma paume, l’un de ces euros qui vous chagrinent. Hop… il disparaît. Tenez ! Il file vers le ciel.

Mais non… Vous le retenez derrière votre oreille!»

          Je grimace, je me plisse et je souris.

        Maintenant, il philosophe… !

« Ce qui est escamoté n’est pas envolé. Vos joies sont enfouies mais pas enfuies.

         Pensez à la chance qui nous accompagne depuis que des êtres animent notre Terre.

 Combien de « si » ont permis de traverser guerres, maladies, accidents … pour que naissent

 les bébés qui furent nous? Que de 20 ans fêtés! Et nous voilà, ensemble, au soleil du Peyrou.

 Quels veinards!

          Ma pause se termine, je vais retrouver mon p’tit boulot.»

          Il se lève.

         «Peut-être à demain, si le banc est libre… Bonne année!

          Au fait ! « Mir et droujba », en russe c’est « paix et amitié », un reste de lecture.»

        Il part en courant.

        Bel anniversaire, mon garçon ! « ANNUM NOVUM FESTUM »: une bouffée de parfums

 scolaires…

          Mon année sera belle!

 

 

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