et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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11 septembre, 2012

Mariage homosexuel…

Classé dans : Liens — Alain @ 19:46

                      En 40 ans d’enseignementn, j’ai eu à m‘occuper de beaucoup de familles, la plupart hétéro. Certaines autres étaient homo (par choix a priori ou par recomposition)

                   J’ai rencontré bien des cas de couple hétéro, mariés ou non, pour lesquels j’ai souhaité, en moi-même, la séparation afin que l’enfant retrouve un peu de paix, perde son angoisse, ce fut rarement dans les couples homo qui, lorsque l’équilibre existe sont aussi affectueux, attentifs, éducatifs que les familles hétéro unies.

                   Peut-être que la décision, les difficultés sociales qui accompagnent ce choix de vie conduisent à une plus grande force familiale ?

                     Alors pourquoi pas la reconnaissance républicaine LIBERTE EGALITE FRATERNITE du mariage pour tous ?

10 septembre, 2012

le Pourquoi de Manu…

Classé dans : Liens — Alain @ 23:46

                   Je préfère finalement, avant d’expliquer mon Pourquoi, tracer moi-même mon portrait. Je suis né à la campagne en 62, voyez j’ai 48 ans, loin, très loin de la retraite. Mes parents s’agitaient, petits commerçants, jeunes, brouillons. 

              Je n’ai pas manqué d’affection mais de quiétude. La scène de ménage, les départs, les retours étaient les manifestations récurrentes du grand sport familial. 

             Je n’ai ni aimé, ni détesté l’école, j’en ai trop connu…        

            En revanche, que de bagarres dans les cours de récré. où j’arrivais souvent en cours d’année, comme un intrus. J’ai connu des instits, des profs admirables qui m’ont donné envie d’apprendre, de leur ressembler. 

           J’en ai connu d’autres, indifférents, mielleux, brutaux, humiliants qui m’ont conduit à la marginalité, au camouf-lage et à la méfiance. Heureusement, ma mère doublait les apprentissages et ces moments fusionnels motivaient, fixaient mes connais-sances. 

          J’ai escaladé les degrés scolaires jusqu’au bac, plus littéraire que matheux et surtout pas manuel, comme on classait encore les enfants. Ma mère, sans doute usée, par moi autant que par mon père, est décédée. Je me suis engagé et j’ai baroudé. Une certaine stabilité de compagnonnage et d’irres-ponsabilité m’a accordé plusieurs années d’aboulie et d’a-veuglement. Agir, me dépenser sans m’investir, me convenait. » 

            La voix de Manu a buté sur un soupir puis reprenait : 

           « J’ai profité de cette vie militaire, hasard sans doute, pour apprendre la mécanique auto. Croyez-moi, entre cours par correspondance, bricolage maintes fois remis sur le chantier et chefs de garage exigeants, mon apprentissage a été pointu. J’ai eu la chance d’avoir un supérieur direct intelli-gent, ferme et patient. Il a été mon mentor et mon ami. Mon premier ami. 

           Lorsqu’il a quitté l’armée, j’ai attendu la fin de mon temps et n’ai pas rempilé. Pas officiellement… J’ai pourtant continué à porter un uniforme, plusieurs, au gré de contrats mercenaires. Suivre, appartenir, obéir, ne pas réfléchir, un an, deux, puis retour vers pas grand chose. Une période de galère, d’errance a commencé, de mon seul fait. J’avais un peu d’argent devant moi. Dans mes armées sans drapeau fixe, mes armées sans nom, en opérations, on dépense peu… à part l’alcool pour éluder nos actes. 

            J’ai traîné de groupes informels en bandes d’agités, sans me lier. De relations de copains en flirts poussés, j’ai rempli mes journées, mes nuits. Je sombrais doucement lorsque, par un bidasse d’autrefois, croisé n’importe où, j’ai appris que mon ex chef de garage demandait de mes nouvelles, souhaitait me voir. 

           Bien sûr ce ne fut pas immédiat, mais nous nous sommes retrouvés. Que mes pieds étaient lourds ! 

          Il m’a engueulé, étrillé, hébergé, retapé et m’a trouvé un boulot dans le garage d’un copain. Ce fut une période tranquille, nouvelle bulle confor-table. Entre la famille de Max et mon cambouis, j’étais bien jusqu’au jour… J’avais souvent rencontré Thierry. Je savais qu’il était directeur d’une école d’apprentissage et nous recevions régulièrement ses stagiaires. Je savais aussi que ses élèves n’étaient pas portés sur les maths, le français, que certains étaient handicapés ou de comportement difficile. Un jour, il m’a proposé de devenir prof de mécanique dans son établissement. 

            J’ai ri, j’ai souri, j’ai hésité, j’ai réfléchi… Quitter ma bulle me paniquait ; prendre des respon-sabilités encore plus. 

           Max et sa femme m’ont décidé. Thierry ne m’avait pas bourré le mou ! Ce ne serait pas facile. J’aurai à bûcher pour arriver à la titularisation. Le salaire était équivalent au mien actuel, mais sans heures sup. Mon patron m’a aussi encouragé : 

          -   Je te vois avec nos stagiaires, avec les apprentis. Toi et eux, ça marche. Si tu décides de ne pas continuer, si tu ne fais pas l’affaire, pas de problème, je te reprends ! Si tu veux bosser ici dans tes temps libres, tes congés, tu peux, ça arrondira le pécule… C’est ainsi que je me suis retrouvé prof. J’ai aimé mon nouveau boulot, beaucoup ! Ce n’a pas été facile ! Les mômes m’ont testé, vachement parfois. 

           J’ai riposté, durement. Nous avons appris à nous respecter. Quand ils avaient besoin, j’étais là. Quand je me trompais, ils rectifiaient. 

           Je ne posais pas de question, mais j’avais des oreilles, des antennes : histoires de filles, de fric, de famille, d’embrouilles… flottaient dans les allusions. J’attendais l’ouverture pour écouter, conseiller, modérer, calmer, arbit-rer parfois… Surtout, fidèle à moi-même, je reconstituais dans la classe, dans mon atelier, ma bulle, pour moi et pour eux. 

          Tous les éducateurs vous le diront, dans la rue, dans les foyers, à l’école, il faut du temps, de la patience et l’envie de recevoir autant que de donner. Un jour, tout a craqué… Des policiers ont débarqué avec leurs chiens dans mon atelier pour fouiller les élèves, les casiers. C’était devenu banal depuis deux ans dans les collèges. Aussi banal que d’avoir des grands frères en camp de rééducation ou des élèves avec un bracelet à la cheville. 

            Aussi banal que les vains portiques de la grille d’entrée… Aussi banal que les yeux des caméras, dans les couloirs, les rues… 

         Pour moi, c’était insupportable ; je n’ai pas supporté! 

            J’ai exigé le départ des agents, tiré le collier d’un chien, me suis fait mordre… 

         Je ne me contenais plus, criais, pleurais, injuriais… Aucun appel au calme ne pouvait m’atteindre. Ma honte d’être un adulte impuissant, l’humiliation de mes garçons m’ont projeté hors de moi. Ils m’ont maîtrisé, menotté solidement, brutalement et ce qui couvait, a éclaté. 

          Chaque élève s’était chargé d’outils, de boulons et se préparait à les projeter sur les policiers. Les véhicules, les armoires, les établis ont formé autant de barricades. 

           Le commandant allait faire appel à des renforts… Déjà des bouteilles s’emplissaient d’essence… 

            Je me suis sentis devenir froid, glacé. J’ai exigé qu’on me lâche ; le commandant a accepté. Je suis allé vers le fond du garage et me suis planté, toujours menotté, devant mes ados. En gros, je leur ai dit : 

             – C’est de ma faute ! Vous n’avez fait que me défend-re alors que je n’avais pas su me maîtriser. Je vous ai conduits à la violence alors que c’est elle que je refusais avec cette fouille. Vous devez m’excuser et vous montrer plus raisonnables que votre prof. Vous allez poser tout ça et sortir tranquillement avec Monsieur le Directeur. Il ne vous sera rien reproché. N’est-ce pas Commandant ? 

              Pas de problème pour moi les garçons ! Le Commandant tiendra parole et moi je reviendrai. Allez, c’est fini maintenant, tous, on a assez déconné !  Le silence s’est installé, énorme après les hurlements, les coups. 

            L’officier et moi nous sommes fixés longtemps, durement. - D’accord, mais vous, vous nous suivez !  

             Les apprentis se sont regardés, m’ont regardé, moi leur prof, les mains serrées sur leurs projectiles. Ce que j’avais, encore, sur le cœur, une coïncidence, c’était une scène terrible. En partant courir, comme cela m’arrivait souvent, tôt le matin, j’étais passé près d’un camp de Roms, un de ces camps sauvages qui tournent dans la région. Un cordon de C.R.S. l’entourait. 

              Sans bruit, des hommes, des femmes, des enfants sortaient des caravanes, les yeux au sol. Le silence, la froideur et l’humiliation ressentie m’ont fait suffoquer. 

            Mon empathie était totale ! Dans la grisaille du petit matin, tout avait l’air fantomatique. 

            Moi qui avais connu l’armée et les missions dans des villages africains… Moi qui avais connu les squats aussi et leur inquié-tude latente, je ressentais très fort cette mortification muette ! 

            Je n’ai rien dit. J’ai enregistré vite, profondément et j’ai couru plus vite, plus lourdement. 

            Pourtant, j’en avais connu de ces villages cernés, fouillés, brutalisés. Alors, je faisais partie des « forces de l’ordre »… 

             Ma carapace devait s’être craquelée depuis, sans doute. Pourtant, en retrouvant une existence régulière, je pensais avoir oublié et ne vivre qu’au présent. 

            Le respect de mes élèves, notre respect mutuel me suffisait pour remplir ma vie. Le camp expulsé, c’était le mercredi matin. Le lundi, mon atelier recevait chiens et policiers… Je ne suis pas resté longtemps en garde à vue. Il semble bien qu’un compromis se soit imposé. Chose incroyable, dans le collège, dehors même, aucun écho n’a évoqué ces minutes de fureur. 

           Quelle autorité avait pesé ? Quel marché avait su faire taire mes jeunes, habitués à se méfier des adultes ? 

        Quelle chape avait bétonné tous les cris, toutes les peurs, toutes les rages explosées dans le garage ? 

           Aucun journal n’a évoqué l’affaire, aucune main courante n’a attiré l’attention d’un chasseur de chiens écrasés. En salle des profs, il n’y eut que des regards, des mains sur l’épaule, aucun commentaire. 

           A ce prix, celui du silence, j’ai retrouvé mon poste mais pas, plus, ma tranquillité d’âme. J’ai très peu fréquenté les écrivains, un jour pourtant, je me suis forcé et j’ai assisté à une conférence de Daniel Pennac. Je lui ai même parlé ! J’ai aimé son Chagrin d’Ecole mais je me voyais surtout en Malaussène : je lui enviais sa tribu… 

            De l’auteur, j’ai dérobé : « Quand la vie ne tient qu’à un fil, c’est fou le prix du fil! » 

           Pour vous, ça ne colle peut-être pas vraiment à la situation, pour moi, si ! Ma vie justifiée est celle d’éducateur et son fil, inestimable, venait d’être rompu. 

            Mon combat, mon bref combat perdu d’avance, a commencé. Il s’achèvera, normalement par mon embrasement. 

            Et le vôtre commencera… Ironie, j’enregistre tout ça devant un feu de bois ? Ironie ou normalité, j’aime le feu, autant que l’eau, autant que la profondeur des bois, je crois. Peut-être enten-dez-vous les craquements des bûches sur la bande. 

            J’ai peur de souffrir, autant que de me dégonfler. Je me doperai, alcool sans doute, et je prendrai de quoi mourir, vite, avant les brûlures. Des inconscients autorisés ont muselé les défenseurs de l’Ecole… 

            En mon nom, pour que mon feu ne soit pas sans lendemains, secouez-les et donnez-leur l’opportunité de réparer. Sinon, passez-vous d’eux et, manches retroussées,  reconstruisez notre Ecole! Mes avertissements étaient sincères ! J’ai lu, relu tous ceux qui ont crié avant l’enterrement de l’Ecole. Ils étaient nombreux, étoffés par l’expérience, la logique, l’humanité. Beaucoup plus probants que mes faibles cris et pourtant, vous ne les avez pas entendus. 

           Moi, qui depuis si longtemps n’avais plus « la nostal-gie de l’avenir », de mon avenir, j’ai découvert celle de l’avenir des autres … Un jour, j’ai lu ou bien on m’a fait lire, un proverbe qui m’a plu. Décidément j’aurai plus emmagasiné de littérature que je le croyais. 

           Vous le connaissez mieux que moi sans doute. Je sais que c’est LE CLEZIO, un Prix Nobel qui l’a cité. Lui, l’écrit en Nahualt, un langage aztèque, je crois, mais c’est sans importance ! ça disait : 

            « Oh poisson, petit poisson d’or, prends bien garde à toi ! Car il y a tant de lassos et de filets tendus pour toi dans ce monde. » Moi je ne me sentais plus capable de leur éviter ces pièges à mes petits poissons d’or. J’espérais que d’autres, si je les réveillais, sauraient mieux… 

 

 

5 septembre, 2012

POUR LA RENTREE

Classé dans : Liens — Alain @ 23:36

Pourquoi le grand chantier ouvert sur « la refondation de l’Ecole » depuis juillet reste-t-il si confidentiel?

Quand aurons-nous une vision optimiste de ce que devrait offrir l’Ecole et chacune de ses institutions, au terme de sa reconstruction?

Serait-ce difficile de tendre vers des établissements accueillants, adaptés à leurs missions spécifiques, à leur contexte, dotés d’une équipe cohérente, bien animée et pourvus des moyens adéquats? Une école de l’égalité de la qualité partout et non pas seulement selon la bonne volonté et les initiatives des équipes, lorsqu’elles existent?

 

2 septembre, 2012

Belle rentrée

Classé dans : Liens — Alain @ 22:39

A tous les enseignants, je souhaite, une belle année scolaire 2013./2014.

Je sais tout ce que notre métier peut offrir de bonheurs et de

difficultés lorsqu’il est accompli avec sincérité et profondeur… Un

jour, il y a longtemps, que j’étais en classe échange avec une école

portugaise, j’ai cueilli cette affirmation que j’ai  conservée en

encouragement lorsque parfois les journées étaient un peu lourdes.

Je vous la livre, en français :

 

« Nous donnons une chance au futur, nous sommes

professeurs ! »

 

 

A vous tous qui travaillez chaque jour à construire l’avenir de vos

élèves, au notre donc, je vous assure que mes pensées

accompagneront avec chaleur et avec un peu de nostalgie votre

 nouvel engagement.

 

UN TEXTE DE DANIEL ZIMMERMAN A PARTAGER

La rentrée du maître.

 

- Demain c’est la rentrée, Minette. Alors tu comprends, il faut que nous allions nous coucher de bonne heure.

La chatte est lovée sur les genoux de monsieur Morin. Ses oreilles tressautent, son maître lui parle rarement. De l’index, M. Morin caresse la chatte entre les oreilles, elle ronronne, le pur bonheur.

- Allons au lit, demain il y a école !

M. Morin révise mentalement le déroulement de la journée de demain. D’abord l’accueil de ses nouveaux élèves. A peine souriant, il leur exprimera ses souhaits d’une heureuse année scolaire.

Le réveil sonne. Six heures trente, il allume une bougie. Il se lève, frissonne, désormais l’hiver est précoce sur la côte d’Azur. Il est pénible de se doucher et de se raser à l’eau froide.

Il ouvre un berlingot de lait, périmé, en partage inégalitairement le contenu entre sa chatte et lui. Il hésite, enfin, aujourd’hui quand même il peut se permettre de prendre son dernier paquet de biscuits.

Il sort, emmitouflé. Le jour se lève.

A chacune des trente places il dispose de façon harmonieuse les fournitures scolaires, porte-plumes munis d’une Sergent Major, buvards, crayons noirs et rouges, cahiers neuf et livres divers.

Huit heures quinze, un début de panique, accélération cardiaque, sueurs froides, il s’éponge le front. La sonnerie de huit heures trente, stridente, il ferme les yeux, elle cesse.

 

Daniel Zimmerman

 

 

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