et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

29 juin, 2012

Gavroche

Classé dans : Liens — Alain @ 23:42

            Thierry et nos jeunes amis, nos éducateurs d’un après midi, nous ont reconduits à notre voiture. Nous flottions un peu. 

            Sylvain, c’est décidé, sera le premier clients du garage de Manu. En attendant, il a eu l’offre de dix véhicules. Je lis dans ses yeux, Thierry le lit et je suis certaine que ces jeunes le lisent aussi : Sylvain ne perdra plus de vue leur projet, 

           Avant que nous montions en voiture, avant les poignées de main et, pour moi, les bises des garçons – Tiens c’est vrai, pas de filles, pourtant je sais qu’il y a des mécaniciennes auto dans des garages-, nous ont fait cadeau d’un souvenir. 

          Pas un dernier, nous aurons  bien des occasions d’en recevoir de leur part. Là, sur le parking, ils nous ont confié leur dernière journée avec Manu. 

           Il était déjà révolté, mais tous l’ignoraient encore. C’était le veille des congés d’hiver. Manu avait organisé une tournée des casses auto pour y faire de la récup de pièces en bon état… Ça  permet de réduire les factures et parfois, on tombe sur des trésors de chouettes antiquités. C’était l’occasion de belles rigolades, des blagues pas toujours fines, de belles discussions avec les casseurs. Beaucoup connaissaient bien Manu, ça se voyait. 

            Djabel, un beau Sénégalais, a pris la parole après un silence et un tour des yeux. Certains étaient au sol, d’autres ne cachaient pas leur humidité. 

          - Pour midi, Manu avait retenu une salle, rien que pour nous, dans un restaurant, un petit, un routier, un vrai resto, pas un self ou une pizzeria… Il n’avait pas voulu que les ferrailleurs soient ave nous. Il leur avait dit : « Une autre fois, d’accord ? » 

         Avant le repas, il nous a fait laver les mains. On a tous obéi. Le plus compliqué, le plus marrant, ça été pour choisir avec le menu. Il n’était pas long mais assez pour que, tous, on se gratte la tête, qu’on choisisse un truc. Oui, après, non, mademoiselle, je préfère autre chose. Elle se marrait, la serveuse, sans perdre son calme…  En mangeant, on a chahuté, pas beaucoup. C’est surtout Manu qui a parlé, un truc sérieux, une vanne, un truc sérieux.. 

             Maintenant, on a compris qu’il nous passait son message. Les journaux ont dit, son testament, pour sa cassette ; et ben à nous, il en a raconté un de testament, mais on ne l’a pas compris ce jour-là… Il tremblait maintenant. Je lui ai serré les épaules et il s’est caché dans mes cheveux pour pleurer. 

          Francis, notre Parker, a pu reprendre le témoin : - Manu, il nous parlait des enfants qu’il n’avait pas eus, comment il les aurait élevés. Il nous racontait une belle histoire, un beau conte, comme si on était encore des petits. 

        Après le restaurant, Manu nous a proposé le ciné ou une balade au Parc de Sceaux. En continuant la N20, ce n’était pas loin. Nous avons choisi le parc. On sentait que cela ferait plaisir à notre prof. Il nous a pas mal parlé. Même ceux qui se couraient après ou regardaient le filles sont venus l’écouter quand il a parlé de Gavroche. 

            Le bassin lui rappelait Gavroche et deux mômes perdus qui regardaient des gens nourrir des cygnes ou des canards alors qu’eux crevaient de faim. Il nous a fait marrer en imitant ce gosse de 10 ans qui roule des mécaniques et les prend en charge. Le passage chez le boulanger, un gentil, c’est sympa aussi. Puis quand il les planque dans la statue de l’éléphant, c’est bien encore. Il nous a raconté la mort de Gavroche, devant la barricade. Jusqu’au bout, il a fait le malin, mais nous on n’avait plus envie de rire. 

            Après, il nous a dit, que ce parc, c’était son endroit préféré quand il avait notre âge. Il y emmenait ses copines. Il s’y baladait seul ou avec ses copains et il venait même y travailler, préparer ses examens. On sentait que là-bas, ça avait compté pour lui…  

            Toute l’équipe se déplaçait dans un car qu’une relation de Manu lui avait prêté pour l’occasion. 

            Manu voulait tout payer, mais les garçons ont fait une collecte et il a accepté, c’était leur droit de participer !

Lettre à un enfant qui n’aime pas la grammaire.

Classé dans : Liens — Alain @ 23:36

La grammaire est une aventure formidable autour des mots. Si, si !!

Ce fut vraiment extraordinaire lorsque les gestes les grognements pour désigner quelque chose sont devenus, peu à peu, des sons articulés et attachés à un objet, une personne, un animal, un acte, une idée….

Ce fut une joie importante lorsque tes parents t’ont entendu utiliser tes mots à toi, étrange, au début, puis copiés de façon amusante, sur ceux des personnes qui t’entouraient puis identiques  « Tu n’es plus un bébé ! » Enfin, tu te faisais comprendre,  sans gestes, sans grimaces, sans te mettre en colère quand nous nous trompions sur ce que tu voulais dire. Nous avions les mêmes mots !

 

N’empêche que chaque jour des gens, toi, moi, nous, des savants, des travailleurs, des copains, des sportifs, même les muets, les sourds … inventent des mots nouveaux, pour mieux désigner, se comprendre ou simplement s’amuser…

Une vie sans mots qui bougent, qui se créent, serait vraiment triste.

Je suis certain que même Robinson Crusoé, lorsqu’il était tout seul dans son île, se parlait, donnait des mots à ce qui l’entourait, ce qu’il faisait, ce qu’il pensait…

Des mots, de toutes les formes, de toutes langues, de toute imagination, il en faut, ça c’est plus que sûr !

 Mais pourquoi nous casser la tête avec eux puisque Papa, Maman, Papy, Mamy, les amis… peu à peu nous les apprennent ? C’était mieux dans les tribus, non ?

Je n’en suis pas certain, parce que gare à toi si tu te trompais de mots pour demander, obéir, chasser, te nourrir… Moins il y avait de mots et plus on pouvait se tromper, surtout s’ils se prononçaient pareils ! Entendre « mur » tout seul, c’était quoi, des pierres les unes sur les autres, un fruit comestible, le fruit des ronces… Il fallait l’accompagner de gestes, de mimes…  

 Avant, bien avant même, de trouver des signes pour tracer les mots sur du sable, des écorces, des pierres, des peaux, du papier… il fallait une sacrée mémoire pour essayer de se souvenir de tous les mots nouveaux… même si on restait enfermé dans sa grotte…

Toi, tu n’as pas envie de rester isolé, non ! Alors ? il faut comprendre et te faire comprendre le mieux.

Les signes pour garder les mots, l’écriture, furent quand même le second progrès le plus extraordinaire pour la grande histoire de la COMMUNICATION ! Pour comprendre ce que connaissaient les anciens, pour ne pas oublier nos découvertes, pour envoyer et recevoir des messages à ceux qui étaient loin… écrire, c’était formidable… On n’a pas fait mieux que parler/écouter, écrire/ lire… Le téléphone, l’écran d’internet ne sont que des bons moyens pour aller plus vite, plus loin, plus longtemps et aider à se comprendre…

Du dictionnaire, à l’encyclopédie, à Google nous avons des réserves de mots et d’explications de plus en plus extraordinaires…

 MAIS TOUT ÇA CE N’EST QUE BULLES DE SAVON INUTILE SANS LE PLUS IMPORTANT, L’ESSENTIEL….. TOI ET TON CERCEAU !!!

 Si tu as de magnifiques outils dans un atelier bien rempli en matériaux, sans que tu saches t’en servir, qu’en feras-tu ?

Si tu as une belle équipe de copains en bonne santé mais que vous ignorez tout des règles d’un sport, des astuces pour être performants, des installations.. Que ferez-vous ?

Le plus perfectionné des ordinateurs reste un tas de ferrailles, de plastique, de fils, si tu n’as pas appris ses modes d’emploi.

Tu peux te poser la question en peinture, en musique autant que pour l’utilisation d’une machine…

Toi qui es astucieux, je te vois sourire : « Pas de problème : j’inventerai, je ferai des essais, nous chercherons des règles, je lirai des modes d’emploi, nous chercherons des gens qui savent pour nous expliquer… »

Et bien oui, tu inventerais comme les hommes et les femmes d’hier et d’aujourd’hui, de demain aussi parce que sans communication on ne vit plus ensemble. Tu trouverais des « maîtres », tu lirais des explications… Tu créerais l’apprentissage, allez, disons-le, les cours, les profs… l’Ecole quoi.

 Un sage de l’Antiquité disait que la langue, la voix, c’est la meilleure ou la pire des choses, d’autres affirment que cette parole est d’argent et le silence d’or… Nous, on dira simplement que écouter/lire est aussi important que parler/écrire.

Pour terminer cette partie de réflexion, à ceux qui haussent les épaules et affirment que l’on peut s’exprimer autrement qu’avec des mots, que mimer, peindre, sculpter, danser, dessiner… c’est aussi communiquer, je réponds « D’accord avec vous ! Mais toutes ces formes demandent autant, plus encore souvent d’apprentissages que pour le travail des mots     Je le sais bien, j’ai essayé sans beaucoup de succès… même pour me mette en colère parce que je razrais, ou pour trouver ce que j’écoutais, observais, contemplais, beau, moche, difficile, facile… ben , comme pour toi, il me fallait des mots !

 Bon ces mots dont on ne peut se passer, il faut bien en faire un bon usage, le meilleur possible même !

Les inventer, c’est faire du VOCABULAIRE (bonjour le latin pour désigner l’ensemble des mots) (utiliser ta voix.) – avec un mot tu peux en fabriquer beaucoup d’autres selon ce que tu veux en faire (c’est toute sa famille que tu crées alors). Certains te paraissent insuffisants, alors tu leur trouves des cousins « petit c’est bien mais minuscule, microscopique, c’est mieux non ? » Tu les maries même dans des expressions «  grand – immense – très grand – hyper géant -  vachement super géant… ». Ce qui n’est pas terrible, ce sont ceux qui se prononcent, se lisent parfois pareils mais ne veulent pas dire la même chose  (même si en cherchant bien autrefois, ils étaient très cousins «  la plage arrière de la voiture n’a pas beaucoup de sable sauf si tu reviens de la plage du bord de mer ». « Livre, est-ce le poids du paquet de beurre ou les pages reliés de mon histoire ? C’est casse-pieds, tiens, est-ce que cette expression veut vraiment dire que ces histoires de mots m’écrasent les orteils ? Parfois un mot suffit pour se faire comprendre « Aïe – assez – vite… » et encore faut-il savoir à quelle occasion tu cries ça. Si c’est écrit, il faut même lui ajouter un petit signe pour comprendre comment tu le prononces.

Je ne sais pas quels mots sont apparus en premier : ceux pour désigner ce que l’on voyait, touchait, sentait, entendait, imaginait LES NOMS ou ceux pour désigner ce que l’on avait fait, faisait, voulait faire (soi ou quelqu’un d’autre d’ailleurs) LES VERBES.

Ce qui est certain C’est que ? Très vite, il a fallu les préciser : «  Un, deux ou plusieurs bisons – un gros, un petit, avec de la fourrure, pelé… »… Pour le bébé « chaud – bon – encore – mon – celui-là… » c’est aussi important à faire comprendre aux adultes… préciser c’est aussi déterminer, décrire, qualifier, ajouter des renseignements, compléter les nos les verbes principaux… donner des détails, c’est te faire mieux comprendre. « Souris », c’est bien, mais est-ce une action, un animal, comment ça se passe ? Qu’st-ce que je dois me représenter ? Les mots de précision vont être bien utiles non ?

 Chaque mot possède son écriture de base, celle du dictionnaire, son ORTHOGRAPHE. (écrire – droit – juste encore du Grec) Quelle BELLE HISTOIRE aussi ! Chaque orthographe a son histoire, depuis la naissance du mot jusqu’à aujourd’hui en traversant par toutes ses transformations à travers ses voyages dans les chemins des voyageurs et dans le temps, année après année. Tu parles grec ‘téléphone – parler de loin – latin « aquarium » anglais ‘’football ‘’ indien ‘’véranda’’ ‘’pyjama’’ russe ‘’bistro- vite’’ , etc.…

 Oui, ton mot a besoin de s’entourer d’une petite histoire souvent : une expression « une rose magnifique – un tir au but de toute beauté… »  – une phrase simple est préférable «  Le jardinier a créé une rose magnifique. ». Mon copain a réussi un tir de toute beauté. »  Une phrase avec des circonstances attire encore mieux l’attention : Hier, dans le par d’exposition florale, nous avons rencontré un jardinier qui a crée une rose magnifique. » – «  Samedi dernier, le match semblait perdu, soudain, après ma passe, mon copain a réussi un tir au but de toute beauté. »

Bon, tu ne le dirais pas comme cela, mais même avec tes mots, il faudrait donner le bon sens (le tien) à ta communication.

Lorsque tu auras rassemblé tes phrases dans une belle suite, tu auras crée ton histoire…

 Mais tes expressions en groupe de mots, tes phrases… comme tes histoires, elles s’agitent, changent de forme, vivent, se prononcent, s’écrivent différemment selon ce que tu veux exprimer !

Cette cuisine de mots, c’est LA GRAMMAIRE (Encore du Grec à l’origine): art de lire et d’écrire » rien que ça !

Comme en cuisine, art d’arranger agréablement les aliments, il faut respecter les recettes pour obtenir un plat qui donne envie de le goûter

Un mot sans grammaire, c’est comme une carotte ; une pomme de terre, une nouille, de la farine, une côtelette… non préparés… Certains, peuvent être curieux du goût, certains peuvent aimer mais beaucoup les préfèrent nettoyer, cuits, mélanger, additionner avec d’autres produits…

Pour bien lier les ingrédients, il faut très souvent, ajouter des aromates, des aides à la cuisson : sel- poivre – herbes – huile – beurre – eau – etc…  de nombreux petits produits qui seuls sont souvent insuffisant à nourrir mais qui bien placés donnent sa solidité, ses belles couleurs, son bon goût, son originalité, à un plat, en grammaire, ce sont tous ses petits mots qui accompagnent les mots principaux d’une expression ou d’une phrase.

La gastronomie de l’expression, la belle cuisine, c’est quand avec tous ces beaux plats de mots tu pourras organiser tout un repas (UNE HISTOIRE) bien ordonnée, avec son décor, ses surprise, ses entrées, ses étapes et son dessert – la conclusion.

                                                                               LA GRAMMAIRE OU L’ART D’ACCOMMODER LES MOTS

Voyons un peu, dans ce panier j’ai des NOMS et des VERBES.

J’ai des noms de toutes sortes : objets naturels ou créés, des animaux, des humains, des idées, des actes, des évènements….

J’ai des verbes, parfois de la même famille que les noms, comme ce que nous faisopns « écrire et écriture », des verbes qui bougent, des actions, des verbes qui décrivent un état, une apparence, un air, des verbes qui aident d’autres verbe à se faire comprendre, l’aide d’un médecin, par exemple, c’est un auxiliaire, ces verbes outils s’appellent comme ça aussi : AUXILIAIRES

 Avant de cuisiner mon expression ou ma phrase, il me faut bien préciser le NOM puis le verbe que je choisis.

Je cueille le nom « tomate ». Lisons la recette que j’ai choisi :

N’importe quelle tomate ? Combien ? Laquelle choisir, comment la préciser ? La déterminer ?

Je fouille mon placard de DETERMINANTS :

Une, non par n’importe laquelle, bien définie ce sera la tomate du jardin de Victor. Comme il en faut plusieurs ce seront les tomates de ce jardin, pas des, indéfinies, mal connues, non ! Peut-être sais-tu combien il t’en faut exactement, trois, quatre… pas quelques ou plusieurs mais un compte précis. Tu peux préciser, puisque qu’elles t’appartiennent maintenant, mes trois tomates tu insistes, je veux ces trois tomates, que je montre, pas d’autres… 

A suivre…

Vin et eau, deux éléments révélés du patrimoine de notre village

Classé dans : Liens — Alain @ 15:15

            Vivre, c’est se situer et se construire au présent… Pour s’approprier le lieu où on implante sa vie, même temporairement, il faut le connaître, le respecter, le pratiquer. « On ne comprend bien un espace qu’avec ses pieds ! » disait une dame ce jour de cheminement dans le village.

           Le pratiquer se conjugue au présent : en identifier les rues, les paysages, les apprécier dans leurs charmes et dans leurs défauts, en goûter les ressources naturelles ou sociales, trouver son loisir, son épanouissement dans les offres des associations, des services divers, partager les moments conviviaux…

          Le respecter, c’est savoir combien chaque pierre travaillée, chaque lopin retourné, chaque embellissement ajouté à valu de sueur, d’initiatives, de temps, de découragement, de remises sur le chantier, de fierté, à ceux qui, pour eux ou pour la collectivité ont œuvré sur notre territoire.

        Ce moment de découverte du patrimoine fut une belle marque de respect consacré d’abord à ces vignerons, petits ou plus grands propriétaires, ouvriers, pour lesquels la terre était d’abord un potentiel de ressources, une incertitude, un chantier à vaincre avant d’espérer.

          Le vin, comme tout ce qui peut tenter l’homme, la femme, comme tout ce qu’ils produisent, pêche par ses excès. Une belle légende grecque fait acheminer le buveur, de la gaîté, à la bravoure téméraire puis à la sottise profonde… Le meilleur et le pire.

          Pour bien des travailleurs de notre village, il fut le « sel de la terre », le moyen de vivre, puis souvent, tant la tâche était prenante, incertaine,  source de fierté.

         L’exposition consacrée aux grandes colères de 1907, «  Cette saison des gueux » était émouvante, comme l’étaient les lettres de cette mère à son fils émigré pour lui conter les luttes…

          Parmi nous, un promeur du temps, évoquait son aïeul, soldat du 17ème, refusant de tirer sur les hommes, les femmes les enfants désespérés de Béziers… Ce « camp d’épreuves » auquel ce « rebelle » et ses camarades furent expédiés, il pouvait nous le montrer sur les photos exposées…

          Les paroles du chanteur et poète, ce samedi soir ponctuèrent l’épopée du vin à travers les siècles mais aussi traduisirent ce désespoir d’une région qui perdait la confiance, la foi dans le pouvoir de ses mains devenues improductives.

         Revivre, tâche après tâche, de la terre dure jusqu’à la vendange, la ténacité des vignerons qui écrivirent l’histoire du village fut un grand moment. Nous faire partager leur colère en fut un autre.

          Le lendemain fut essentiel car l’eau, vitale, était à l’honneur. Cette eau qu’il fallait aller chercher dans la gangue de son sous-sol pour l’exhumer jusqu’au jour. Cette eau qu’il fallait s’ingénier à drainer, à conserver, à ménager aussi… Cette eau, qu’il fallait offrir, partager en des puits communaux puis en des fontaines pour tous, notre village en multiplie les possibilités de découverte… Que de puits, droits ou avec grottes, aux mécanismes les plus ingénieux, nous a-t-on révélés, à l’air libre ou bien à l’abri dans un jardin clos, une cave voutée…

         Merci à tous ceux qui ont permis cette chasse aux trésors de l’eau.

          Ce n’est pas fortuit, si notre animal totémique est né dans une fontaine, a été découvert par les porteuses d’eau…

           Il paraît, selon le philosophe antique que « L’homme est intelligent parce qu’il a une main… ». Comment ne pas le croire en voyant tant de témoignages de constructions diverses, ingénieuses pour que l’eau, «  la vie » selon Saint-Exupéry, justifie que là où elle jaillit, une communauté se fixe !

            En ces deux journées j’ai, aussi, rodé dans un jardin à travers les âges, entendu conter la lente construction puis destruction puis reconstruction d’une abbaye, applaudi des comédiens de rue…

             J’aime les écrits, j’aime les productions exposées dans les lieux de culture mais souvent plus pour la passion qui a guidé leurs auteurs que pour l’œuvre… J’aime sans doute plus les lieux de travail, tous, le champ, l’atelier, la classe, le cabinet de praticien, le bureau de secrétaire, le stade, tous vraiment lorsque leurs pratiquants sont sincères et généreux, donc j’ai aimé partagé, une nouvelle fois, ces occasions, dans notre village et ses environs, d’entendre, de voir, des gens d’aujourd’hui dire l’existence des gens d‘hier. J’ai éprouvé avec émotion, leur force, pour, à travers,  espoirs, colères, rires et amertumes, avec persévérance, intelligence, courage, générosité brillent la vie.

           Ces témoignages le prouvent. Ils seraient bien surpris ces puisatiers de nous voir admirer leur création.

          Chaque jour, nous laissons une empreinte. Le quotidien de notre village est riche de l’inventivité de chacun ; même créatrice d’un embellissement, d’un mur, d’un jardin, d’une poterie, d’une peinture « pour soi » ou d’un spectacle, d’une fête, d’une belle salle de classe pour tous…

          L’ingéniosité est un trésor qui deviendra une page que liront plus tard les futurs découvreurs des journées du Patrimoine.   

Financer l’Ecole

Classé dans : Liens — Alain @ 11:14
Le souci d’économie interdit à la France d’avoir une école digne de ce nom. Et si on revoyait son mode de financement ?

Les élèves de France sont confrontés à une vaste et aberrante disparité dans le système éducatif. Aucun enfant n’est assuré de retrouver la même structure ou la même qualité lorsqu’il passe d’une école à une autre.

Pourquoi les écoles maternelles et élémentaires ne seraient-elles pas prises en charge par les régions, les départements ou les agglos ? L’Etat continuerait à mettre en textes les orientations fondamentales, les objectifs et les programmes, en conformité avec les lois votées par l’Assemblée nationale, mais la mise en œuvre, la gratuité, la laïcité, la garantie de leur harmonisation seraient de la responsabilité de la région, plus apte à la rendre effective que la commune. L’adaptation des outils complémentaires aux réalités des secteurs serait alors plus précise et plus réaliste.

Pour l’instant, ce qui est lisible et qui révolte, c’est le souci d’économie, et aucun projet où enfants et enseignants accèdent, dans un établissement viable et pérenne, à des conditions d’enseignement et d’éducation à la hauteur d’un pays moderne et résolument décidé à donner une chance au futur.

9 juin, 2012

DENI DE MER

Classé dans : Liens — Alain @ 17:34

                  Même le glissement soyeux, le soupir de soulagement comblé, puis ce reflux sur les graviers bousculés la paralysait.  Elle limitait son regard à l’ondulation légère, peine esquissée, des  herbes qui bordaient la plage. S’acagnarder  à l’angle du banc de pierre, ne lui suffisait pas, elle crispait ses mains gantées sur l’arrondi de son siège, comme si une lame risquait de l’en déloger… 

           Le ciel plombé, gris presque uniforme, rare lavis, pour des firmaments plus souvent voués aux nuages bien découpés, presque neufs, étendait  son immense coupole de l’horizon marin jusqu’aux confins du regard terrestre. 

           Il faisait froid, son bout de nez et ses joues valaient un thermomètre, mais pas de quoi  frémir, juste ce qu’il fallait pour donner envie de remuer. Un bon froid à tuer le ver et vivifier le sang, pas une torture… 

           Ailleurs, ce désir impérieux taraudait Jeanne, clouée ici alors qu’Elle pulsait près d’elle.  Comment dire non à ses petites-filles lorsque la promesse s’imposait :

           – Mamy, on ira à la Paracou ?   

        - S’il fait  beau… 

          Tout était dans les points de suspension.  Puisqu’il faut bien prendre l’air, elle avait pu les mener vers les marais, la forêt et même les rues piétonnes. Mais pour les écolières, les vraies vacances, c’était, en toutes saisons, la Paracou.  Elles ne boudaient ni la piscine de l’Armandèche, ni la plage du Remblai, mais là, il y avait leur Maison. 

        Parfois, Jeanne, hissait un œil de béton jusqu’à la roche plate, presque rectangulaire, aux trois biveaux bien nets.  Nat et Juju, sérieusement, avaient réinvesti leur demeure imaginaire, la salle de séjour au plus bas, la cuisine et son évier creusé légèrement au dessus et la chambre en surplomb.  Elle ne comprenait pas les paroles, mais le musique des phrases lui suffisait. Scènes de ménages paisibles dont les « On dirait que… » se faisaient rares et la fiction bien réelle, le temps  d’une affabulation élaborée. 

          Bientôt arriverait le moment de les rappeler, non pas à la réalité, car le long du chemin de retour, elles termineraient leur récit vécu et envisageraient ses lendemains, mais de les ramener à la terre ferme loin de la Vorace, si pateline aujourd’hui. 

           L’angoisse qui l’étreignait, bloquait sa respiration, agitait son pouls, n’était pas récente…  Elle ourlait ses jours et ses cauchemars depuis  bientôt  55 ans… depuis sa neuvième année précisément. 

            Avant, elle aussi avait connue la maison de la Paracou, pratiquement la même ; l’érosion n’avait fait que polir les sols, accentuer les dénivelés, hisser avec plus d’évidence, ses reliefs hors du sable…

          Avec ses cousines, les garçons n’étaient que des invités auxquels on servait des brouets d’algue ou des soupes vaseuses, elle s’inventait une bulle hors du présent. 

        Alors, elle ne tremblait pas au flux et au reflux, leur chuintement, pas  plus que le grondement des rouleaux et leur éclatement sur les crêtes des écluses, pas encore abandonnées, n’était que fond de vie, inséparable de la Chaume, de son monde.

     Alors, elle ne venait à la Paracou que pour accompagner sa mère comme elle-même l’avait fait autrefois, pour crocher des étrilles, quelques dormeurs et décoller des jambes. Pour les petites, des chapeaux chinois… De temps à autre, la coiffe de tous les jours, à peine ailée, se redressait dans les cursives de la marée basse et s’agitait vers elle avant de replonger.  La mer était là et il était impensable qu’il en soit autrement. 

        Ses filles, Marianne et Sophie, avaient aussi habité la maison de schiste, mais sans elle.  Ce n’est pas que, petite fille, elle ignorait les menaces et les attaques de l’océan… Aucune famille de la Chaume n’avait été épargnée et aucune ne pouvait oublier ses vues sur les hommes embarqués. 

       Très tôt, elle avait aussi compris, admis le soulagement qui montait du port au retour des bateaux.  Elle savait que, les dundees halés par tous les bras disponibles, le ventre des navires vidé de sa moisson, les chariots roulés jusqu’aux bancs de la poissonnerie, les femmes allaient éventrer, épibosser, étêter, saler, liter les poissons. Elle savait que les matelots plus lourds de leur part, se retrouveraient bruyamment dans les cafés du port, rescapés encore une fois.  

     Plus petite, elle restait accrochée au tablier de sa mère, du départ de la petite maison dans la ruelle étroite jusqu’au retour cahin-caha sur les pavés disjoints. Le père rentrait presque en même temps, bien échauffé, mais  plus tôt que la plupart de ses copains : le regard et la poigne de sa femme, lui avait conféré une modération devenue habituelle…  Elle savait bien qu’il fallait bien que le souffle se relâche et que la rage de se savoir sorti de la grande brasse s’exulte, mais pas plus que de raison.  Il était bien sec, noueux, ce père et bien solide aussi. Autant sa femme, grand-mère La Chaume pour les petites d’aujourd’hui, avait la goule ben avezée, autant lui était un taiseux. 

      Entre la petite Jeanne et l’océan, c’était le statu quo : « Tu es là, je suis là. » Son oncle, cet aventurier aussi sec que son père, parle de toi comme de ces poules qu’il se vante de vaincre de haute lutte. Ses exploits, repris, enviés et vilipendés par les adultes toujours oublieux des petites oreilles, la confortaient dans sa conviction que la mer ne pouvait rien contre  ses hommes.

            Puis, il y eut ce 27 février 1929.  Sur la jetée, les femmes attendaient les bras serrés sur les mantilles de laine. Des lames énormes s’enrageaient sur le brise-lame, des falaises se dressaient jusque dans le chenal et écrasaient leur colère derrière les chalutiers qui avaient réussi à gagner le havre. Pour les autres, s’élevaient les prières, peut-être les incantations, en un en un bruissement soutenu…  La petite était là !  Le Louis Perpétue aurait, peut-être, pu rejoindre les autres remontés au large, loin des passes cruelles, mais le Petit Florent s’était brisé. Ses matelots, ludions terriblement  joués par les lames, n’avaient plus qu’eux pour fragile espoir. 

             Aimé tendait le bras, tendait le corps vers Désiré, deux prénoms voués à la vie, à la soif d’amour, deux marins à chaque extrémité d’une ligne de survie invisible durement frappée par des boutoirs démentiels.  D’autres DUNDEES, avaient pu se tirer des passes dangereuses et se maintenir plus au large ballotés par des vagues démesurées, le « Louis Perpétue » était du nombre, le bateau de sauvetage trop loin pour être avisé du drame, il se devait de quitter le fragile abri de son mouillage pour approcher de l’épave.

         Déjà Louis, le patron avait su approcher suffisamment pour que ses quatre matelots cueillent sur une crête René le mousse et « Pâquâtoute ». le capitaine, pourtant difficiles à décrocher de leurs planches dans un creux. Trois naufragés, Alphonse, Pascal, Désiré, montaient, descendaient, ludions d’un jeu cruel dont le prix était la vie. 

                 Aimé, avait les yeux de Désiré dans les siens, son pays avait croché la bouée, la prochaine furie le porterait à hauteur de bastingage, Aimé le sentait, la voyait s’enfler, monter, la bras gauche étiré, la man droite cramponnée à la lisse, il n’était plus qu’à peu des doigts qui le frôlaient ; frappé par la même lame, le Louis Perpétue se coucha sur bâbord creusant un abîme entre les deux hommes. Les yeux ne se décrochèrent que lorsque Désiré disparut… 

            Elle avait 9 ans, son père, Aimé, qui avait survécu à la guerre des sous-marins de fer blanc pendant la première, mondiale, qui en riait même en évoquant ses orteils bouffés par des gaspards dans ces cercueils flottants, son père est rentré au port…

           Le dundee s’est amarré au quai, les cales à moitié vides, pleines plutôt, tant cette marée pesait lourd. Encore une fois, les coiffes à peine oscillantes des femmes ne couvraient que le silence des catastrophes.

          Près de sa mère, la petite guettait. Même lorsque les amarres furent une à une, touées jusqu’aux bittes, rageusement sur des épaules courbées ou empoignées le long des ventres durcis, même là, semblable à bien d’autres drôles et drôlesses, elle n’avait pas lâché le tablier de sa mère.

          Les hommes sont descendus, les yeux caves, le front brutal, accomplissant les gestes d’habitude mais sans volonté. 

           Aimé ne devait se fermer qu’au lendemain, pendant la nuit peut-être, comment différencier son nouveau silence de celui des autres ? Jamais sa douleur ne révèla sa profondeur et ses couleurs restèrent bien superficielles, pareille à cette mer où les hématomes, les plaies mêmes s’effacent mais ses fonds conservent à jamais les traces des forces disparues.  Celles d’Aimé avaient sombré, ses jambes, ses bras se figèrent comme l’avait déjà fait sa langue… 

           Peu à peu, seuls ses yeux traduisirent la tempête qui toujours bouillonnait en lui, avec ses démences et ses accalmies, où remuaient les épaves de son naufrage intime.

          Pour la petite Jeanne, au fond de cette étroite maison de la plus étroite des rues de la Chaume, commença une nouvelle vie. Pour sa mère aussi.  Jamais la mer ne fut mise au banc des accusés, même l’argent qu’il fallait bien gagner, même le sort qui les avait fait naître dans un port avec pour seul choix que l’embarquement.

           La fatalité dominait, pétrie de peurs, de croyances anciennes, de foi absolue étrangement soumise à la priorité de l’instant présent.  Pour la mère Monne, car pour Jeanne, l’église ne fut plus qu’un lieu vide, plus de dieu, rien que des démons…. 

           Rien ne la protégeait de la féroce angoisse qui l’envahissait lorsque ses yeux se tournaient vers Elle, la mer.   Féroce parce qu’elle se sentait les entrailles mordues par ce fauve qui lui avaient volé son père rieur pour lui rendre une poupée de son, aussi tendre à chérir qu’une poupée, aussi attentive à ses histoires, aussi peu réactives. Même ses regards, il lui fallait leur donner une signification. 

          Les campagnes de pêche, emportaient les pères, les frères, les cousins de ses amies et laissaient femmes et enfants l’attente, une attente sans dire, évoquer aurait pu porter malheur. Une attente qu’elle ne partageait plus.    

          Comme si Aimé était en une pêche perpétuelle, même lorsque Jeanne poussait son fauteuil roulant le long de la jetée, on n’en parlait pas. Pire que le rescapé, pire que le péri, il était celui qui avait vu et qui s’était refermé sur le regard de Désiré.  Lui, regardait au-delà de la barre qui mourait à l’entrée du bord pour s’étaler entre les bras des jetées… Lui fixait l’horizon même quand la corne de brume mugissait et que les lames claquaient.

            Sa fille regardait le dossier, la casquette vissée sur la tête du père.  Ce fauteuil avait été longtemps le mirage de la maison. Jeanne avait fini par y croire come à une légende, toujours racontée, jamais réalisée…  Les sous de la caisse d’entr’aide avait payé les premières nécessité : le loyer, la nourriture et la chaise percée. Heureusement, Aimé était devenu encore plus sec, léger et sa femme était, c’était connu, une force de la nature chaumoise dotée de cette hargne, de cette volonté qui sublimaient ces femmes de marins. Pour gagner le bout de la ruelle, toujours sombre et offrir à son mari la cueillette de rayons de soleil,  elle le portait sur une chaise pour l’installer sur la placette, non loin de l’église, près d’elle, tricoteuse de kilomètre de chaussettes ou près des jeux de la fillette.

         Pour la nuit,  lorsque retentissait la sirène de l’usine annonçant l’arrivée des dundees, lorsqu’elle descendait jusqu’au quai pour tirer les bateaux, décharger les caissettes, les porter sur les bancs, trier, gratter, saler… Lorsqu’elle rejoignait l’arroi des femmes endormies tirées des logis, elle pinçait le bec, en laissant sa fille éveillée, gardienne de son père figé.

          Plus jamais, la petite ne regarda la mer. Elle pouvait longer le quai en gardant les yeux sur les maisons ou sur les tas de charbon de la Cabaude, le pont était la limite de son bas de ciel… Même domestiquée, derrière les portes ferrées, la mer n’existait que comme existe la Dame Blanche, les ogres, le Père Fouettard, dans ses peurs irréelles… Une entité effrayante. 

           Dès qu’elle fut en âge, elle s’enfonça dans le ventre rassurant des Sables. Placée chez une couturière. Chaque soir, ramenait la cousette dans la ruelle étroite, près de son père au regard de plus en tourné vers son intérieur. Lorsque la sirène de l’usine résonnait trouant la nuit, sa mère s’équipait, coiffait son bonnet que deux longues aiguilles clouait à son chignon vite torsadé et partait vers la sertisseuse qu’elle était fière de se voir confier… 

          Le lendemain, c’est encore endormie que Jeanne partirait vers l’atelier.  D’autres nuits, c’était des coups sourds, retenus, qui pourtant l’éveillaient : quelqu’un passait et il fallait l’apprêter pour son dernier voyage. C’est encore Monne qui officiait et poursuivrait en allant l’annoncer de porte en porte. Son calme, l’autorité de ses yeux délavés imposaient la retenue et le respect des usages. 

           Jeanne grandit, son désir d’être ailleurs était aussi grand que son besoin d’être ici.  Ailleurs, c’était ce cousin qu’elle fréquentait et qui lui promettait Paris et un métier de terrien ; ici, c’était son coin de maison, le bref éclat qui parfois allumait le regard de son père à sa voix. Ici, c’était sa mère, épaisse, dense, campée sur la possession de chaque mètre carré des rues qu’elle arpentait, fière de son indépendance et de son affirmation d’être au-delà de toute compassion. Et pourtant si fragile lorsque, la maison endormie, elle se courbait sur la toile cirée. Monne pleurait, d’une retenue mouillée, mais sa fille en percevait assez pour ressentir à travers l’épaisseur de son édredon le poids solitaire de la peine dissimulée… 

            Jeune fille, Jeanne vécut la seconde guerre comme une menace lointaine, en dépit des uniformes ennemis qui sillonnaient les rues des Sables, ne lui parut jamais aussi perfide que la mer, c’était une menace d’hommes qui voulaient prendre à d’autres hommes, pour dominer, posséder, par la menace aveugle d’éléments sans raison. 

         Pourtant, elle lui fit attendre sept ans son promis, service militaire, ligne Maginot puis stalags, le compte y était.  Aussi dès le retour du prisonnier, la noce fut abondée par les parents, les amis, et leur donna le droit au départ vers la capitale. 

           Aimé ferma complètement les yeux en 54, il avait eu le temps de deviner la naissance de deux petites filles.  Monne devint Grand-mère La Chaume, sans doute parce que, pour elle, elle l’incarnait profondément.  Elles aimaient la retrouver dans le quartier du Village Neuf, où elle vivait désormais. Si leur Mamy Jeanne les déroutait pour éviter la route bleue, Monne au contraire les conduisait vers les rochers, jouait dans les recoins du Fort Saint Nicolas et leur donnait un temps impossible avec sa fille autrefois. 

            Lorsque le mal s’empara d’elle, elle plia ses affaires, épura une âme pourtant souvent confessée et rentra à l’hôpital en déclarant, avec sérénité, qu’elle n’en reviendrait que pour le vieux cimetière.  Ce fut la première et la dernière fois qu’elle s’en remit à la médecine, pour elle au moins. 

          Peu de temps avant de céder, Monne, sans étonnement eut une grande joie.  Marianne, sa petite fille, avait ramené de Lourdes une plaquette de diapositives. Pourquoi? Allez savoir… Elle savait simplement que sa grand-mère y avait emmené Aimé..  Sur l’une des vues, sépia, Monne se vit très nette, très souriante les deux mains bien accrochées aux poignées du fauteuil, Jeanne accotée à l’accoudoir droit. 

           C’était évidemment, gare aux sourires dubitatifs, un signe.  Aujourd’hui, ce sont les arrières petits enfants d’Aimé et de Grand-Mère La Chaume  que garde  Jeanne pendant ces vacances d’hiver… Les parents travaillent  tous deux à Nantes et n’envisagent pas de demeurer loin de la côte. 

            Elles traversent les vagues de l’été, se roulent dans les creux, écument les casses, traquent les crevettes… La mer est leur ressource d’énergie mais jamais elles ne s’étonneront du recul de leur mamy. Jamais elles ne fouilleront de leur pourquoi, ce déni de l’océan…. Pas plus que leur mère, leur tante, elles ne tenteront de comprendre ou de vaincre cette peur… « Moi, je crains les oiseaux… » « Moi, ce sont les chats ! » C’est comme ça. Point sans suspension.            

          Les voilà à la maison, douche pour élimer sable et suées, Pendant que Mamy prépare le dîner que sa fille réchauffera, déplie la table de repassage, pour avancer, les petites s’éclatent autour d’un dessin animé, prétexte à se lancer les moqueries les plus loufoques…,  Demain, c’est samedi, deux jours de repos pour les parents. C’est eux qui passeront la voir.  La voiture pointe ses phares au bout de la rue, alignée face à la maison, une belle position cette courbe…  0

          Le linge est plié, la table, le fer rangés ; elle n’aura guère le temps de discuter avec sa fille…  Son sac est prêt, son manteau et son foulard l’attendent sur une chaise. Les filles s’agitent contre la baie et adressent autant de bises que de grimaces aux arrivants. 

        - Ça va ? 

       - Ça va ! La semaine est finie… 

      Les filles raconteront leur journée ; la mamy est pressée, juste le temps d’indiquer ce qu’elle a préparée et donner les consignes de finition… 

        Comme chaque soir, son gendre lui propose de la reconduire… Bernique ! Pas question, elle peut et veut marcher.  Par la rue des Sauniers, elle gagne, le café bleu, l’église, monte jusque chez Madame VENDEE. La grimpette de la Vierge l’a fait un peu plus souffler. Elle lui préfère les zig-zag des rues brisées. Les maisons rapprochées étouffent la réalité de l’Autre. 

        En atteignant la rue du Sémaphore, elle jette un dernier regard sur le ciel. Elle sera calme la Traîtresse, les petites retrouveront leur maison et leur épuisette. Elle se terrera en les attendant. 

       Cette nuit, la corne de brume suppléant aux phares impuissants, clamera les périls à ceux encore sur les flots, elle vrillera son esprit et narguera son déni.  Elle ne dormira qu’assommée par les cachets verts, la main crispée comme naguère au tablier de sa mère. 

          Dans la maison, à la limite des landes de la Paracou, son gendre a raccroché le tableau qu’il retire chaque fois qu’elle vient chez eux.  Sous un ciel barré de trois rubans sombres, la mer joue en des bleus trompeurs :  Aimé tend son bras, Désiré  va saisir la bouée, s’élever et la vague aux dents acérées, gueule ouverte va les séparer… 

          Ce naufrage, les filles, grandes, petites l’ont intégré à leur histoire, mais pas à leurs peurs.  Lorsque Mamy est là, le tableau de Paul- Emile Pajot retrouve sa planque dans la chambre des parents. Dès qu’elle est partie, le rectangle, un peu passé, disparaît sous le cadre.  Avec Désiré, a sombré le désir de vie d’Aimé, gravant à jamais une angoisse et un déni farouche dans le cœur de Jeanne. 

        Pourtant, aujourd’hui, pour tous, enfants, petits-enfants, la raison et la force d’être, c’est ce bras tendu vers l’autre, au milieu de la tempête. 

Pour mes philosophes

Classé dans : pour le plaisir... — Alain @ 17:09

          En 1961, à Valloire, pendant un séjour à la neige, notre classe d’Elèves-Maîtres de l’Ecole Normale a rencontré un berger, âgé le bonhomme, lustré par les années, la langue des moutons et la météo…

            Notre prof l’a invité à une réunion, comme ça, pour nous étonner. Nous l’avons été. Je ne me risquerai pas à garantir la fidélité de ce qu’il nous a conté de sa voix cassée, aux rocailles savoyardes, conté, car c’est comme ça que je l’ai entendu.

             Il avait trouvé, hérité… Je ne sais plus, pendant la guerre d’une valise pleine de bouquins, essentiellement des livres de philo.. Du lourd, Platon, Aristote, Spinoza, Descartes, Nietzche, Kant, Kierkegaard, Voltaire, Rousseau, Diderot … Je ne pense pas qu’il avait accru sa provende initiale… Par contre il avait lu, relu encore et encore… Lui qui était passé devant l’école plus souvent que dedans. Lu et absorbé, digéré, critiqué…

            Malins, du haut de notre bac tout neuf, de nos discussions de café, de nos exposés chers à notre prof… Nous avons embrayé sur Sartre, Marx qu’il connaissait à peine… Mais lui, nous ramenait sans cesse au fil de la pensée mouvante, évolutive, contradictoire puis émergente de ses maîtres, tous, quelle que soit leur doctrine fondamentale…

             Je me souviens de sa placide rhétorique, gymnastique, plus que de ses assertions, indiscutables parce que déjà discutées, là haut à l’alpage ou au coin de son âtre, avec lui-même et avec toutes oreilles de passage. Il n’attendait pas de réplique ; son monologue, souriant nous était servi réchauffé, à nous de consommer, ou pas…

             Ce dont je me souviens c’est qu’il affirmait en parlant de ses livres, mais cela aurait pu être de son cerveau : « Il y a tout là-dedans ! Il y a des questions, beaucoup de questions et c’est en essayant de les comprendre, de comprendre les réponses qu’il a trouvé que les siennes valaient le coup d’y penser, encore et encore… Sa vie, justifiée par son quotidien, se trouvait cautionnée par les amoureux patentés de la Sagesse…

            51 ans plus tard, c’est ce qui me reste de cette rencontre, arrangé à ma sauce sans doute…

8 juin, 2012

Conter avec sérieux!

Classé dans : Liens — Alain @ 9:20

          Moment du conte, jour fabuleux, c’est le terme précis ! 

             Ça, ce n’est pas pour moi, dirait l’homme d’affaires du Petit Prince, pas assez sérieux… et pourtant…

            21 paires d’oreilles, 21 paires d’yeux et 21 attentions enfantines auxquelles vous ajoutez celles éveillées pour les grands présents

          Croyez-moi, de quoi nous intimider, un peu, nous les « diseurs » de
la Joie de Lire. Le trac, oui parce que, à chaque fois, c’est aussi important, que le public soit réduit ou dense, il ne faut pas décevoir.

            Pas sérieux le conte ? Allons, allons… Connaissez-vous beaucoup de situations pas sérieuse où un problème grave se pose et où la crainte de ne pas en trouver la solution fait frissonner ?

            Dans un conte, nous côtoyons, la méchanceté subie par Michka, la pauvreté et le froid marquant la petite marchande d’allumettes, sa solitude, la cruauté de la marâtre de Blanche-Neige,  le bannissement raciste du vilain petit canard… Toutes, toutes les misères peuvent ouvrir un conte et, en quelques phrases, en moins de temps qu’un roman, qu’une nouvelle, qu’un film, il faut de la voix, de la mimique, avec des mots lourds d’évocation, d’émotion, progresser pour que le courage, l’ingéniosité, l’amitié, l’amour,  triomphent en puisant dans le merveilleux souvent, dans le possible, dans la chance et l’espérance aussi    

            Pas sérieux un conte ! Savez-vous que dans mon métier, sérieux, j’enseignais, tout était conte !

            Un problème était une histoire embêtante et ne pouvait trouver une fin heureuse que si son personnage principal trouvait la bonne voie, les bons outils, voire les trucs, les formules, pour se résoudre. L’élève était le magicien capable d’intervenir pour que le train arrive à la bonne heure, pour que les achats ne dépassent pas l’avoir, pour que le triangle se dessine harmonieusement… Il en était de même avec la transformation d’un texte selon le temps et les sujets, pour qu’un document d’histoire, de géographie, de sciences, ne reste plus un grimoire obscur mais un réservoir de renseignements à analyser, mémoriser, réutiliser… Même le saut en longueur était une gageure dont l’anticipation, les essais puis les conseils permettaient une fin heureuse…

            Il n’y a pas que la grammaire à être « une chanson douce »…

            En conclusion, provisoire toujours, je voudrais vous faire partager le bonheur d’un « diseur de contes » et d’un « maître d’école » : Quelle jouissance de provoquer la curiosité, l’inquiétude, la perplexité en début d’histoire et de leçon, « Comment se tirer de cette situation épineuse » et puis, chemin faisant, de voir s’éclairer les étapes de la compréhension, les lueurs d’optimisme, pour, à la fin, obtenir le soupir de soulagement, le rire ou pour l’élève, le haussement d’épaule «  Ben, c’était fastoche ! »

            Bon, il faudra sans doute raconter d’autres fois l’histoire, renouveler différemment l’apprentissage, l’adapter à ceux qui ont moins fixé toutes les péripéties. Si la compréhension est la reine de la pédagogie, la répétition est sa suivante fidèle et la mémorisation leur disciple.

            N’empêche que ce moment de Happy-End vaut tous les comptes des calculateurs d’étoiles qui ont les yeux fixés sur leur machine et délaissent la beauté des astres.

 

Fòrça « Solelhada ». Plan coralament.

7 juin, 2012

Retour du samedi-matin

Classé dans : Liens — Alain @ 19:58

                 J’ai été contre sa suppression, dès le début mais je n’ai plus grand chose à y voir, retraite oblige. Pourtant 40 ans d’enseignement, 30 de direction et une bonne réflexion, une mise en pratique aussi, sur le temps de l’enfant m’ont amené à quelques débats avec les familles, les partenaires sociaux et les enseignants.

- le rythme de la journée est le point le plus important

- la coupure de milieu de semaine reste indispensable, même si Centres de Loisirs, ateliers divers occupent le mercredi

- toutes les familles ne sont pas libres ou assez privilégiées pour consacrer le W.E. à leurs enfants.

- Pour beaucoup le samedi matin libéré est un circuit dans le centre commercial avec enfants ou avec enfants gardés par nounou TV.

- Nombreux sont les parents qui souhaitent rester à la maison ou vaquer aux occupations sans leurs enfants. Se retrouver en couples n’est pas toujours facile. – Le samedi matin c’est le temps des compléments d’apprentissage, de l’EPS, des activités plus décontractées.

- Le samedi matin c’est le moment de rencontre école/les parents pour ceux qui sont pris ou éloignés le reste de la semaine, sans RV motivé par une crise.

- C’est le moment d’accueil du parent divorcé J’ai vécu avec intensité ces moments de fierté d’un enfant qui présente à ses parents, grands-parents, son école. Aujourd’hui où les familles sont vues comme coupables de mauvaise éducation, d’indifférence, d’égoïsme, ce n’est pas le moment de distendre encore les liens qui les unissent à l’école.

           Je suis donc heureux de voir s’engager une réflexion pour un retour à la semaine de quatre jours et demi. Bien sûr, je privilégie le samedi pour les raisons énumérées.

         Rien ne pourra se faire sans une adaptation de la journée, plus, de la séquence pédagogique elle-même. La formation des enseignants doit comporter cette approche de la chronobiologie qui informe sur les pics et les creux d’une période d’apprentissage.

           Rien d’utopique ou d’impossible, au contraire… Bon sens et sciences peuvent s’allier heureusement, surtout si l’expérience les illustre.

6 juin, 2012

Candidats pour une autre école…

Classé dans : Liens — Alain @ 8:58

                  Il y a quelques mois paraissait discrètement, et je pense qu’ il le restera, Mon livre ‘’…ET L’ECOLE RENAITRA DE MES CENDRES ! ‘’. Roman, presque d’anticipation, parce que mes premiers lecteurs l’ont souhaité, il se voulait pourtant essai de mémoire et d’avenir.

                      De mémoire parce que 40 ans à faire, passionnément l’instit, spécialisé enfance en difficulté et/ou directeur, plus, avant, pendant, après, encore bien des engagements périscolaires, m’ont gravé, fait après fait, une foi absolue : l’enfant est l’avenir de l’Homme.

                   D’avenir, parce que j’imaginais, non sans lucidité, qu’un vaste mouvement populaire finissait par redonner une définition étayée par des états-généraux spontanés… on aboutissait au parlement (où j’aurai pu vous aborder certain mercredi récent puisque j’y accompagnais des enfants d’un C.M.J.. de l’Hérault)…

                    Globalement et en détails, mon roman de société promène ses lecteurs dans les évocations et l’actualité d’acteur de l’Education.

                     Officieusement, il trace un portrait de l’Ecole idéale ; outrecuidant, il en donne même une proposition de loi…

              Schématiquement, il envisage qu’une Education Nationale définit des objectifs nationaux et qu’une Education locale (régions – départements plus que communes) donne à des équipes réelles (ce qui n’existe que dans l’aléatoire aujourd’hui) – bien dirigées (le statut de direction n’existe pas aujourd’hui) – au projet basé sur un état des lieux clair et renouvelé – aux actions réellement axées vers l’accueil des différences – l’instruction – la citoyenneté – la compensation des handicaps…

              Il affirme que les établissements, centres véritables de l’Enfance assumée par la République  doivent être en accord avec leur environnement, étayés spécifiquement et réellement par des moyens conformes à leurs besoins.

            Il souhaite que la grande inégalité des « tuteurs » selon le niveau de scolarité, notamment pour les écoles du 1er degré soit gommées par des aides nationales selon les réalités…

          Il assène que l’enseignant doit rester, redevenir peut-être le pivot de notre mission d’Education, donc être formé, accompagné pour sa responsabilité en classe autant que son rôle à travers l’équipe dans le cursus complet couvert par l’établissement auquel il appartient…

               Une communauté ne se créera, ne se recréera car forcément mouvante selon la croissance de l’enfant, qu’autour d’une école, un groupe scolaire ouvert et pourtant protégé.

                Je n’y crois pas aveuglément, je l’ai vécu, d’autres aussi, hier et aujourd’hui… Personne jamais ne l’a mis en place (Deux ministres interrogés ont répondu, le premier il y a longtemps «  Je ne savais pas comment fonctionnait une école chaque jour  »  (il avait été enseignant ! et l’autre récemment : « C’était dans mes tiroirs, mais comme tous les ministres, je n’ai pas eu le temps… »

              Vous, reviendriez-vous à la simplicité de ce schéma ?

3 juin, 2012

post bac perso petite philo

Classé dans : Liens — Alain @ 9:30

Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Friedrich Nietzsche ? Pas pour moi ! Tout ce qui fait souffrir, affaiblit au moins notre humanité. Ce qui nous construit n’est pas la recherche d’une armure mais des moyens de comprendre de s’adapter. Alain Valeau

    Tout ce qui est simple, tout ce qui est fort en nous, tout ce qui est durable même, est le don d’un instant. - Bachelard Vrai, dans la plénitude du moment, drôlement restrictif si nous ne pouvions envisager de le retrouver dans notre futur… L’espoir reste toujours le dernier trésor de la boîte de Pandore. AV

 

 La justice sans amour nous rend durs. La foi sans amour nous rend fanatiques. Le pouvoir sans amour nous rend brutaux. Le sens du devoir sans amour nous rend grincheux. L’ordre sans amour nous rend maniaques. - Anonyme Et l’amour qui n’a que la passion comme raison peut conduire à la dureté, au fanatisme, à la violence, à l’oubli des devoirs, au repli puis au désespoir lorsqu’il n’est plus partagé. AV

 

 …il ne faut jamais désespérer son ennemi. Cela le rend fort. La douceur est une meilleure politique. Elle dévirilise. Une bonne occupation ne doit pas briser, elle doit pourrir. - Jean Anouilh Quelle belle leçon pour les envahisseurs, des territoires comme des esprits !! L’intelligence qui conduit à la convivialité semble moins tyrannique, mais plus épanouissante que le « pourrissement » espéré… AV


 Tout comprendre rend très indulgent. - Baronne (Germaine de Necker) de Staàl Pourquoi ? Comprendre n’est pas admettre, encore moins tolérer, mais sans doute ouvrir la voie à la discussion et à la vie ensemble dans les limites du respect mutuel,AV

    Tout pouvoir sans contrôle rend fou. - Alain Qui confie des pouvoirs à quiconque, sans en établir les limites et les contrôles est fou ; la pire des folies étant celle de certains groupe. Elle ira même jusqu’à retirer le pouvoir à  celui qui modérerait sa folie pour la donner à un plus fou. AV
 

 Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. - Jean-Jacques Rousseau Moi je préfère penser que le plus fort doit savoir traduire sa force en devoirs et conduire les plus faibles, de l’obéissance aux droits bien compris, sinon que la dictature « éclairée » serait belle ! AV
 Quand la parole atteint son point de perfection, elle cesse de paraître. C’est la réalité elle-même qu’elle nous rend tout à coup présente. - Lavelle Problème, la parole est circonstancielle, aussi affinée soit-elle elle ne traduit qu’une vérité bien subjective (le beau temps ne l’est qu’en fonction de notre humeur du jour) AV

 Le combat est le père et le roi de tout. Les uns, il les produit comme des dieux, et les autres comme des hommes. Il rend les uns esclaves, les autres libres. - Héraclite  Diable ! Faut-il vaincre pour être libre, dominer toujours… Alors, nous serons toujours en guerre ?AV

 

 L’humilité rend invulnérable. - Marie von Ebner-Eschenbach Et le silence grandit, peut-être quelle ânerie ! Dire et agir restent encore les meilleurs moyens de se faire comprendre et d’exister auprès des autres. Se taire n’offre que la permission d’interpréter… peut-être même de laisser croire que le modeste, le taiseux… n’a rien à dire, à penser. AV

 

 L’amour rend congelé. - Wezo Quand il a disparu ! Car autrement, quel iceberg pourrait résister à sa flamme AV

 Ce n’est pas le doute qui rend fou : c’est la certitude. - Friedrich Nietzsche  t rès circonstanciel… La certitude peut briser mais le doute ne peut que miner. Si le doute scientifique est un moteur puissant de découverte, le doute psychologique est une vrille qui est alimentée par un peut-être rarement satisfait. AV

 Dès qu’il s’agit des hommes, le mot « connaitre » me rend rêveur. - André (Georges) Malraux.  Moi aussi, l’interprétation, la fouille, subjectives de la nature de l’autre empêchent souvent d’apprécier ses actes… AV

    Le plus beau lendemain ne nous rend pas la veille. - Proverbe Chinois Les petits bonheurs au présent n’effacent pas les ravins d’hier mais bâtissent un pont pour les franchir vers d’autres demain en devenir, chacun, d’une suite d’aujourd’hui ! AV

 

 La plus raisonnable des passions, l’avarice, est celle qui rend le plus fou. - Les frères (Edmond et Jules ) Goncourt La générosité appauvrit les poches t enrichit l’esprit AV

 La vanité nous rend aussi dupes que sots. - Jean-Pierre Claris de Florian et l’amour-propre nous oblige à nous accomplir AV

 

 Rien ne vous rend si grands qu’une grande douleur. - Alfred de Musset Non mon cher Alfred, l’homme n’est pas un éternel apprenti soumis à la douleur… La recherche du plaisir peut conduire à bien des réflexions pour les reproduire et les amplifier… Il est évident qe douleurs comme plaisirs s’entendes hors des déviances qui ne conduisent, elles qu’à la dépendance, à l’over dose en tous domaines. AV


 C’est une fois le puits asséché qu’on se rend compte de la valeur de l’eau. - Taine Alors il faudrait apprendre à l’homme à modérer ses soifs… Ce n’est pas toujours facile lorsque la pénurie est là, que la survie se conjugue dans l’instant… La sécheresse, comme la solitude affective peuvent conduire à des boulimies désespérées ignorantes des réserves pour l’avenir. AV

   Le silence est une vertu qui nous rend agréables à  nos semblables. - Samuel Butler Pour ceux qui ont la chance de vivre dans des milieux où l’on communique, où la nature bruisse, existe, le silence est sans doute un bel oasis… Pour ceux qui ne vivent que dans la solitude, voire la méconnaissance des autres, la crainte d’un environnement mal perçu… le silence peut-être plein de menaces.AV 

 

parcelle 53 |
Éloge des Loges |
MAYACAT-ESOTERISME |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Cérelles C'est Vous !
| Carbet-Bar
| roller-coaster x