et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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25 janvier, 2012

HARCELEMENT ET ECOLE CASSEE

Classé dans : Liens — Alain @ 21:26

 C’est bien d’aligner des témoignages, souvent poignants,  mais comment un gouvernement peut-il oser lancer une polémique et des « actions » après avoir fait tout ce quil pouvait pour miner les établissements et leur encadrement ?

Harcèlement à l’école : dire que ce n’est pas nouveau est un truisme, pourtant lorsque la vigilance de tous les adultes, enseignants, surveillants, intervenants… est possible, programmée, institutionnalisée, les limites : éducation, intervention, punition, existent et sont bien perceptibles.

Lorsque le code de vie de l’établissement n’est pas qu’un règlement formel, mais une réalité créée avec tous, population et partenaires de l’établissement, alors il est possible d’offrir aux élèves, et aux enseignants parfois fragilisés, un contexte où les souffrances sont perceptibles et où les aides sont envisageables.

Bien sûr, peut-on entendre, lire, la famille est la grande responsable… Pas certain, d’abord les parents furent des enfants, et leur propre éducation serait aussi à mettre en cause… Où remonte-t-on ? La Société est bien incriminée aussi, pourtan que de conseils, que de livres, de revues, d’œuvres d’entraide aussi chaque jour s’offrent aux inquiétudes des parents ! Alors quoi, l’instabilité professionnelle, la peur du lendemain, la fièvre de la « gagne » plus néfaste encore que les course aux trésors, le sentiment qu’assurer la « matérielle », le confort et le surconfort sera toujours une façon d’être vraiment acteur dans l’éducation des enfants : prévoir pour demain sans s’arrêter sur aujourd’hui…

L’Ecole, n’a pas varié dans ses missions ; elle devrait offrir à tous les enfants qui lui sint confiés l’égalité des apprentissages en citoyenneté, savoir-faire et connaissances, en toute sérénité. Elle devrait avoir les moyens de compenser les handicaps pour donner à chacun le meilleur départ vers la maturité…

L’Ecole est-elle conçue pour y parvenir ?   Chaque établissement peut-il garantir qu’il est doté des outils nécessaires à sa vocation ? Non, pas dans notre système !

  Une condition, que je rabâche auprès de tous ceux qui ont une responsabilité, élus, médias, associations… ! L’établissement n’est viable dans sa mission, d’éducation, d’instruction et de sérénité qu’avec une équipe formée, animée par une direction compétente, autour d’un projet établi avec les partenaires, adapté au secteur dans sa spécificité et à la diversité des élèves… Cette équipe n’existe actuellement qu’avec la bonne volonté de certains établissements, elle n’a aucune structure universelle réellement appliquée…  La scolarité devient une loterie !

Que de perturbations seraient évitées si nous pouvions harceler nos responsbles jusquu’à ce qu’enfin ils ouvrent les yeux sur notre Ecole cassée!

Nous, les anciens…

Classé dans : Liens — Alain @ 14:30

Durant toute l’année, je participe, avec bonheur, à des animations pour enfants, d’âge pré scolaire ou déjà écoliers…  Je croise des collégiens, des lycéens… Ces rencontres furent, en 50 ans, l’essentiel de mes activités professionnelles et associatives. Responsable de Maison de Jeunes, j’ai vécu bien des moments denses, parfois difficiles, souvent chaleureux avec des jeunes gens… Animateur d’un groupe de Mémoire, j’ai longtemps entendu, suscité, noté bien des témoignages. Plus récemment, J’ai aimé retrouver, toutes générations confondues, les acteurs et les spectateurs de notre fête du village… Que de plaisir partagé dans ces échanges autour d’un repas au pré et dans le pari un peu fou de notre spectacle de rue !

Ce dimanche 22 janvier, c’était le repas des anciens : comme il y a la fête des enfants à Noël, celle des jeunes dans les éclats de juillet, il y a aussi celle des plus âgés. 113 personnes ont répondu à cette invitation traditionnelle ; ceux que les circonstances ont empêché de participer à cette journée, recevront un petit colis de sympathie.

Ce fut, encore une fois, un moment extraordinaire de convivialité,  de plaisanterie, d’émotion aussi. C’est l’occasion de faire revenir, le temps d’une évocation, ceux qui ne sont plus, de mêler  les souvenirs tissés dans le village ou sous d’autres cieux. Quelle richesse que ces origines différentes !

La qualité de la table est certes importante, celle de la musique et des danses aussi, musiciens, chanteurs, chanteuses furent très appréciés ; pas question de bouder non plus le rituel numéro burlesque de nos trois courageux évocateurs de Bécassine, mais l’important, quand même, était bien d’affirmer que l’âge n’est pas un malheur et que ce que nous avons vécu, toutes ces expériences rassemblées, avec leurs bleus et leurs sourires, dessinent un bel  espoir pour ceux qui suivent leurs aînés.

Il est important, même pour ceux qui deviennent de nouveaux Saussannais, d’honorer, par des commémorations, par des cérémonies de vœux, par des journées du patrimoine… l’histoire du village, sa population d’hier comme celle d’aujourd’hui.

C’est avec chaleur, que furent salués nos doyens. Leurs sourires sont les meilleurs symboles de cette vitalité à laquelle nous aspirons tous lorsque s’additionnent les années.

Tous ceux, les « âgés » comme nous baptisait, ma petite fille qui, à cette occasion, ont reçu ces marques d’amitié et de respect ont évoqué les jours passés, mais aussi, surtout même parlé d’avenir. Dans bien des conversations revenait  l’espoir que leurs enfants, petits-enfants  pourront un jour, à leur tour, paisiblement, jeter un coup d’œil par dessus leur épaule, et dire : « Que de chemin parcouru ! Qu’il est bon de prendre le temps, un jour chaque année, de feuilleter les  pages que chacun a remplies » » 

 

Dans de nombreux villages ou villes de France, ces journées des Anciens sont programmées, si elles sont aussi marquantes qu’à Saussan, alors, il est bien beau de vieillir.

Un grand merci à tous ceux qui œuvrent pour qu’elles puissent se réaliser.

Un grand merci à tous ces enfants qui ont dessiné, écrit et permis à chacun de serrer des petites cartes de bonheur.

 

20 janvier, 2012

ETRE BENEVOLE§

Classé dans : Liens — Alain @ 20:13

Etre bénévole, c’est une façon de vivre, d’être en soi, donc en moi et une façon de vivre, d’être dans l’humanité, concept plus large, plus flou que celui de société et par cela même, plus ouvert en opportunités pour tenir compte des autres.

Pour ma part, je suis bénévole par éducation, celle d’un grand-père profondément amoureux de la vie, de ses plaisirs épicuriens comme de ses surprise, profondément conscient que tout ce qui naît, croit et meurt mérite attention et respect. Un grand-père qui nous a toujours appris que vivre était le don de toute la chaîne de nos aïeux et de tous les enchaînements de circonstances favorables qui ont fait que nous étions, un jour venu au monde.  Cette chaîne, m’a-t-il enseigné, dans nos promenades dignes de l’Emile, des milliers d’humains en ont forgé les maillons, certains en ont détruit, d’autres les ont réparés, en ont créé de nouveaux… Certains en ont même façonné d’extraordinaires pour améliorer encore et encore les conditions d’existence de cette humanité vitale en marche… A ce jour, la chaîne, en dépit des fêlures, des coups, des régressions, de la rouille de stagnation parfois ne s’est jamais rompue… Même si chacun sait que sa fin, est certaine, au moins en tant qu’individu actuel, (Laissons aux croyants divers l’image d’une poursuite de l’esprit ailleurs ou ici sous une autre forme),  même si chacun sait que l’humanité et sa planète sont aussi condamnés, au-delà des fins apocalyptiques périodiquement annoncées, tout est constructif !

Plus que la force de vie, s’ancre l’Espoir, celui de la boîte de Pandore, celui du bûcheron implorant la venue de la mort et trouvant des prétextes, des travaux inachevés, pour la repousser lorsqu’elle répond à ses appels. Aspirer au repos ultime même, en des circonstances d’intense lassitude, de souffrance, n’est-ce pas espérer en cette porte, non pas de sortie mais de secours ?

Par éducation donc, parce que ce que j’ai, très tôt, absorbé la sève de cet homme qui a donné énormément à ses élans de cœur, sa liberté, sa santé, son métier, ses ressources, mais jamais ses convictions. J’ai ensuite baigné dans le creuset, usiné par lui pour que ses enfants, ses amis, se sentent naturellement entraînés dans cette foi, lucide mais profonde, en l’Homme. 

Me suis-je éloigné du bénévolat ? Je ne crois pas car comment faire preuve d’élan, d’engagement vers les autres si on ne possède pas cet espoir ?

Un autre critère déterminant, c’est la conviction que tout se transmet et se démontre. J’aime le « passant «  d’Henry Vincenot qui va, tel un colporteur, un ménestrel, de groupe en groupe, d’individu en individu pour collecter les façons d’exister, les connaissances et les savoir-faire pour le assimiler, peut-être, mais surtout pour les transmettre dans le temps et dans l’espace.

En cela, j’ai essayé, j’essaie encore de remplir pendant mon passage, à travers mes engagements d’enseignant, de bénévoles multicartes,  une fonction de passant, à l’écoute et actif. 

Très tôt, j’ai appartenu à des groupes officiels ou non, tournés vers le service des autres. La B.A. était naturelle, scoutisme ou pas… J’ai eu la chance, n’est-ce pas normal, de côtoyer, de faire, avec d’autres bénévoles… Ensemble, nous avons rêvé, réfléchi, tenté, espéré, désespéré, réussi, abandonné, aimé, détesté… Nous avons souvent été des « Auvergnats » à la Brassens, moqués, exploités par les « Croquants » du même poète. Nous avons ri et pleuré aussi. Nous avons éprouvé beaucoup, beaucoup d’émotions, de la rage au bonheur. Ce bonheur d’avoir rendu d’autres heureux, d’avoir tiré hors de l’eau la tête de quelques uns qui se noyaient…  Ce sentiment de réconfort final est le plus difficile à éprouver car il nous laisse vacants en fin d’action, donc vulnérables à l’émotivité, alors que la colère et la rage, donne de l’énergie, celle du désespoir.

Je n’ai jamais appartenu à de grands mouvements d’entraide, sauf, modestement, à la Croix-Rouge, à des organismes de réhabilitation de logements, aux Pupilles de l’Ecole Publique aussi…  par contre, souvent à des œuvres locales, en général dans des actions pour la famille et plus précisément pour les enfants. J’ai participé à des créations spontanées, puis à l’animation de maisons de jeunes, de centres d’accueil et loisirs, de liens entre toutes les structures associatives qui tissent la trame de la vie d’une commune…

Le plus souvent, le bénévolat est assimilé, avec condescendance, à amateurisme et gratuité du geste. C’est vrai et faux !

Vrai, parce qu’être amateur, c’est aimer et que le cœur a des élans que ne soutient pas toujours la raison, mais faux parce que, pour donner corps à ces élans, pour faire, souvent, les amateurs deviennent de vrais spécialistes de l’objet de leurs passions et se donnent les moyens de comprendre et d’agir.

Vrai, quant à la gratuité du geste, parce que l’acteur de la belle volonté, n’attend ni bénéfice matériel ni honneurs, ni reconnaissance, en principe, mais ça, c’est autre chose car donner sans que soit apprécié, donner son prix humain, à l’action, ce n’est pas la renier certes, mais c’est un partage raté. Même si ce ne sont pas les bénéficiaires de l’aide apportée qui en témoignent, il est chaud de pouvoir trouver chez ceux qui ont vu, suivi et constaté la réalisation, le reflet de l’effort, de l’implication  fournis. Le bénévole n’est pas un robot ; il éprouve des émotions et leur partage est important… Un mot, un sourire, une tape… valent plus que toutes les médailles, lorsqu’ils sont prodigués au bon moment…

Lier bénévolat à la seule absence de rémunération est une aberration !

Chaque jour, chaque heure, des hommes de femmes, de tous âges, de toutes conditions, accomplissent pendant leur temps de travail ou en complément, des actions d’altruisme conséquentes.

L’accueil, l’accompagnement, la démarche, le suivi hors temps professionnel, la politesse même, le respect, sont des élans de bonne volonté qui font que celui qui les reçoit, retrouve espoir et confiance… Mieux, il trouve une réponse à son problème, un regain d’énergie pour se remobiliser….

Pas de catalogue pour ces métiers, tous, tous, peuvent être l’occasion de ces plus qui lient les individus.

Les retraités, dont je suis désormais, et même bien installé dans l’après-métier, sont nombreux dans l’armée du bénévolat, moins qu’il y quelques années, ai-je lu, mais les jeunes gens ne sont pas absents, loin de là, nous apprend la même lecture. Tout au long de mon cheminement de bénévole, j’ai noté des représentations de ces deux générations, plus que de celle des adultes impliqués dans le monde du travail, dans les responsabilités familiales…

Pourtant, autour de mon école de la banlieue parisienne, il existait, il existe toujours, un groupe, une amicale de presque deux cents personnes, parents ou non, qui se mobilisaient pour améliorer les relations, animer nos festivités, donner des ressources à nos projets… et, plusieurs fois agir pour secourir des familles en détresse…

Aujourd’hui, j’appartiens, dans notre petit village, à une association, la Joie de Lire, dont les membres croient que transmettre par l’écrit est un lien social indispensable. Elle s’est vu confier la gestion d’une bibliothèque, modeste mais active… Nos lecteurs représentent plus du tiers de la population ; nous avons des contacts réguliers très chaleureux et constructifs avec eux, tant pour discuter livres qu’aider à des enquêtes, des devoirs, pour les écouter, apprendre autant d’eux qu’ils apprennent de nous… Nous contons avec bonheur et régularité aux bébés-lecteurs, aux enfants des écoles, nous animons quelques expositions, organisons des veillées… Nous participons aux grands moments de la vie locale, spectacles de rues, carnavals, journées du patrimoine, des vendanges… Au cours de ses 30 années d’existence, nous en fêterons l’anniversaire cette année, notre bibliothèque a ponctué bien des événements et même  donné naissance à un animal totémique…

Je ne sais si nous apportons plus, moins, que les intervenants employés en collectivités territoriales,  différemment sans doute parce que nous avons des permanences tournantes, des spécialisations selon nos choix et les compétences de notre groupe (13 bénévoles), parce que nous avons besoin de confrontation de tous les points de vue avant de prendre des orientations… Peut-être que nos liens étroits avec les gens de notre village, avec ceux dont nous partageons les activités dans d’autres groupes, nous permettent-ils des contacts privilégiés… En regard de cela, nous savons la fragilité d’une gestion à plusieurs têtes, la fragilité du bénévolat en général, son usure aussi, même si notre groupe ne s’estompe pas , au contraire, nous savons qu’il faudra peut-être, à l’avenir, envisager une administration mixte, voire complètement institutionnelle… Pour l’instant, nous regardons le bilan de nos fréquentations et les témoignages de satisfaction de nos lecteurs et avons le sourire.

Lorsque nous savons ne pas pouvoir répondre à des demandes trop pointues pour notre bibliothèque, c’est vers nos grandes voisines que nous orientons nos demandeurs ; nous sommes les premiers à en utiliser les ressources en fonds comme en animations.

 J’ai la chance de vivre mon bénévolat avec des personnes largement impliquées dans d’autres  actions, association locales ou nationales, telles celle des Restaurants du Cœur par exemple…

J’ai la chance de vivre mon bénévolat dans un village dont le tissu associatif est réel, dont, dans l’ensemble, les responsables, «tiennent le coup », parfois difficilement. Pourtant, je regrette la disparition de certains mouvements faute de relève…

J’ai la chance de trouver dans ma famille, mes amis, de véritables acteurs du bénévolat tel que ces lignes vous l’ont présenté

Cette communauté d’engagement, d’esprit et d’actes, oserai-je dire cette communion, est une richesse dont je suis fier.

Je ne fais pas d’angélisme et ne prends pas mes désirs pour des réalités : je sais la fragilité des engagements altruistes, je sais les obstacles qui empêchent leur développement, je sais que tous n’ont pas la chance d’avoir été préparés aux partages, je sais que nombre de bénévoles se mettent à la disposition d’œuvres où les « consommateurs » sont plus nombreux que les acteurs. Mais, aider à ce que chacun se sentent bien, mieux parfois, n’est-ce pas aussi favoriser la convivialité, base de relations apaisées ?

 Je comprends la réticence à cet engagement. Parfois, lorsque des parents me disaient : « Je renonce à mon appartenance à un mouvement altruiste, parce ce que cela prends (vole) du temps à ma famille… », ma réponse était, le plus souvent car il faut bien s’adapter aux cas :

« Si vous êtes convaincu de votre utilité dans ce mouvement, si vous y trouvez votre épanouissement, si vous en êtes fier, alors faites le partager aux vôtres. Pas en les impliquant, ça c’est leur choix, mais en vous expliquant, en partageant vos émotions, la chaleur ressentie dan vos réussites et l’inquiétude dans vos ratés… 

Je n’ai jamais rencontré un enfant qui ne soit fier, au fond, de savoir ses parents appréciés et utiles, dans leur travail comme dans leurs engagements. Tout est une question de dosage, c’est difficile, pas de renoncement !»

Etre bénévole, ce n’est ni se résigner à abandonner ce qui nous fait plaisir, pour ma part à tous mes âges, je l’ai démontré, ni se sentir dévalorisé en regard de ceux qui accordent la priorité à leur réussite sonnante et trébuchante, en écus come en grelots notoires

Etre bénévole, c’est servir avant de se servir, comme une simple politesse de tour de table.

Et puis, finalement, devant son miroir, jusqu’au dernier clin d’œil, pouvoir se dire «  Tu as bien vécu ! Malgré, tes erreurs, tes fautes mêmes, tes attentions pour les autres ont fait de toi un individu qui a, un peu aidé, à ton échelle, à huiler le cheminement de l’humanité.

Mon prof de philo, la philo est éternelle, nous avait fait disserter sur l’ontogénèse reproduisant la phylogénèse, j’aime mieux penser que l’histoire d’un être humain laisse une empreinte sur celle de l’humanité, si possible, une trace positive et constructive… même par simple bonne volonté !

Etre bénévole ce n’est pas rendre notre société viable, mais vivable !

18 janvier, 2012

l’autodafé de Manu…

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 23:32

               Peut-on décider de quitter la vie pour que renaissent ses idées ? Paradoxal, non ! pas impossible  » mourir pour des idées » c’est d’abord mourir pour soi, parce qu’un moment de désarroi, ce grand chamboulement dans l’arroi ordonné des convois en marche vers un but, devient impossible à supporter, que la goutte d’eau de nos convictions et le confort de notre arrangement entre passé et présent se trouve bousculée et que notre force n’est plus que déception… alors s’abandonner devient la seule perspective mais pas abandonner puisque par notre  acte ultime devient, veut-on croire, un début pour d’autres plus courageux… 

               Je pense que notre histoire fourmille, dans son autrefois, son passé proche et son présent d’actualité de ces circonstances qui font qu’un homme une femme meurt pour mieux crier. 

                  Ce cri pour moi est celui de Manu… Personnage de roman, peut-être seulement. Il ouvre la voie à un constat : les « passants », chers à Henri VINCENOT sont à travers tous les médias la seule vérité de notre marche d’humanité. Le passant, celui qui marche sans doute mais surtout celui qui transmet, qui passe non pas un témoin de relais mais une boule chargée, grossie de toutes les connaissances, les expériences, aussi négatives que constructives. 

             Parmi cers passants je privilégie les pédagogues, ceux qui accompagnent, marchent auprès de l’élève pour l’élever… 

                Aujourd’hui, en dépit de tous les moyens de transmission qui sont venus grossir ceux des sages, des bardes, il demeure l’Ecole. Elle n’est qu’une institution, qu’un vecteur, mais pour tous, la vraie chance donnée au futur 

              Enfin, elle devrait l’être et je veux croire, non je crois, que ceux qui choisissent d’enseigner, en sont intimement convaincus, même dans leurs échecs et leurs découragements… Jusqu’à en perdre la foi, non en leur vocation mais en eux. 

              J’ai vécu, dans la coquille de mes écoles, de mes classes, de mes associations, de mes quelques interventions en me préoccupant plus de cultiver mon jardin, mon lopin pédagogique que de son au-delà. Mes raids hors de mes frontières furent rares, intenses, brèves et décevantes. Le sourire de mes élèves, les échanges dans ma communauté m’ont suffisamment empli le temps pour que j’occulte mes regrets … 

             Puis ce fut la retraite et le recul et l’écoute de ceux qui nient de ceux qui espèrent…    

15 janvier, 2012

PARLONS AVEC COLERE DE L’ECOLE A RECONSTRUIRE…

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 11:07

Parlons d’Ecole, encore et toujours. C’est vrai que les mouvements sont nombreux, les motifs multiples : réduction arbitraire et aveugle des personnels – disparition des centres de formation et des années préparatoires – casse des réseaux d’aide – démolition de la semaine de classe – de la carte scolaire – regroupement des établissements – gommage des maternelles – disparition des assistants de vie scolaire – prime de rendementet pouvoirs de niotation pédagogique aux principaux – aux nouveaux directeurs peut-être aussi… ça c’est pour la patrie du gouvernement en place… Face à ces mouvements, au renvoi de palmes académiques, dont j’étais, à la colère de François Cavanna, honteux de voir son nom accolé à un collège cassé- à tous les mouvents d’indignation…  que répond la PS ?  Des intentions généreuses mais pas nouvelles, une énième concertation mais aucun projet, aucune image plausible, cohérente d’une Education Nationale reconstruite.

C’est pourtant simple lorsque l’on est parent ou enseignant : sur le terrain, utile à nos enfants et compréhensible au quotidien : un espace accueillant et pourtant protégé, une équipe enseignante harmonisée par un projet d’école en adéquation avec les spécificités de sa population, une direction responsable et garante des actions choisies ensemble, des ressources humaines, capables de compléter les solutions des enseignants pour soutenir autant les enfants en difficulté que de donner corps à leurs engagements, des moyens à la hauteur des besoins dûment établis et capables de compenser la grande inégalité entre les établissements selon leur localisation… 

L’enfant n’est pas tellement différent de celui que j’ai connu lorsque j’ai commencé en 1960, pas plus que lorsque j’étais écolier. L’école a mal évolué, la société le voudrait mais ne lui donne pas les moyens de ses besoins.

Dire que rien n’a été fait serait faux, mais que reste-t-il des consultations-réflexions, des réformes jamais menées à terme… Le PS au pouvoir a cassé les instits pour en faire des profs des écoles, coupant sans nuance les enseignants de la vie communale, brisé les E.N. perfectibles pour en faire des I.U.F.M. éloignés de la formation à la réalité, et nous allons pourtant les regretter… Il a aussi instauré les projets d’école, les cycles, les échanges entre niveaux, les livrets scolaires, l’évaluation par compétences, les emplois jeunes, bouffées d’oxygène formidables… mais sans assurer la bonne mise en place cde tout cela, sa généralisation… laissant leur bon emploi à la bonne volonté effective des écoles…. Sans s’assurer des moyens de viabilité… Des établissements ont vécu et essaient de vivre pleinement leur mission, mais à quel prix !

13 janvier, 2012

UN PROJET POUR L’ECOLE!

Classé dans : Liens — Alain @ 1:17

Eduquer est la responsabilité, le devoir, la chance de tous, même non parents, pour que demain soit le fruit amélioré d’hier et d’aujourd’hui. »  

Encore faut-il que ces fruits ne soient pas calibrés aux normes d’une oligarchie de technocrates mais à celles de la communauté consciente et vigilante.  

Deux autres évidences, l’Instruction et le Savoir-faire sont les finalités de l’Enseignement ; déclinés à tous les niveaux dela Connaissance vers son Infini…  

Leur manufacture, c’est l’Ecole !  

Une Ecole acceptée dans sa diversité et gérée en fonction de cette diversité grâce à son projet, son équipe, son animation et des moyens adaptés aux circonstances, tout simplement.  

« L’enfant est le père de l’homme », Dr Alfred Adler, souvenirs de délégués versés en psycho, pas les miens. La formule, ancienne, n’était pas de lui, auparavant, déjà la responsabilité de l’enfance, potentielle du futur, était admise.  

Faut-il rappeler, qu’avant d’être autonome, mature, un être humain parcourt des étapes qui ont chacune leur spécificité et devraient, toutes, s’accomplir pleinement et se coordonner harmonieusement.  

L’élève est la matière première de l’Ecole, mais pas une matière brute. Il a déjà un vécu, des acquis, une personnalité individuelle, familiale sociale, qui sont sa richesse, ses diversités, ses faiblesses…  

Jamais une classe ne sera une entité mais, toujours, il devrait être possible d’en faire une belle collectivité, animée par la même finalité : apprendre  

Oui, les différences d’aptitudes existent et ne permettent pas à tous d’avoir les mêmes buts professionnels  

Oui, les différences sociales sont aussi éliminatoires et là, l’Ecole ne joue pas toujours son rôle et menace de le jouer encore moins avec les orientations officielles.  

Nous admirons ces jeunes gens qui, avec volonté, affirment leurs compétences et arrivent dans les grandes écoles, mais nous admirons encore plus leurs familles qui, souvent, les ont portés avec force et sacrifices.  

Nous déplorons la mise à l’écart des ces autres jeunes que leurs familles n’ont pu aider et encourager… Ces jeunes que la société et ses freins ont découragés…Des Mozart assassinés peut-être ?  

             La chance commence à l’école maternelle et élémentaire… C’est vrai, la grande force de rattrapage des inégalités originelles, c’est l’Ecole et là, désolé, mais on supprime cette chance. C’est un autre débat mais c’est aussi le début de tout.  

Aujourd’hui, vous prenez le problème à mi-chemin, voire au bout en déplorant les laissés sur les côtés, mais sans vouloir comprendre pourquoi on ne les a pas pris en compte avant… 

     Nous n’insisterons pas sur la mise en place de programmes incohérents, « fondamentaux », mais dénués de rattachement avec des activités qui les justifient pour les élèves.  

           Par exemple, l’ajout de temps d’E.P.S, de langues étrangères, mais la diminution des heures de cours… Des murs de connaissances ont été bâtis sur le sable des hétérogénéités mal compensées, des savoir-être fragilisés…  

                L’enseignement doit accorder une grande part aux fondamentaux, c’est évident, et s’efforcer de les mettre en priorité dans toutes les activités scolaires, transversales, par le langage notamment …  

             L’enseignement doit accorder une grande part aux savoir-faire, à la prise de confiance, à la prise de responsabilités, au développement intellectuel et sensori-moteur.  

                    Les programmes doivent être réalistes, logiques, cohérents, basiques et pourtant ambitieux.  

               Les bilans, les remédiations doivent en marquer les étapes pour une progression selon des acquisitions confirmées et non un catalogue d’objectifs.  

               Les transitions entre cycles, de la maternelle au lycée doivent être bien marquées.  

                  Le cursus des apprentissages d’un enfant, d’un jeune doit s’inscrire dans une continuité sous–jacente, constante, cohérente, de la crèche à la fac et à l’entrée dans le monde du travail.  

                Les choix d’orientations doivent être étudiés, valorisés selon les aptitudes et les souhaits de l’élève, confrontés à la réalité du marché de l’emploi.  

               Dans ce cursus, le redoublement n’est pas refusé par principe, mais il nécessite un regard très précis sur les difficultés de l’enfant, sur les erreurs d’orientations et établir nettement le profit escompté de cette proposition. Il faut souvent l’accompagner d’une aide complémentaire particularisée.  

              Il nécessite toujours un projet individualisé, véritable contrat entre le jeune, sa famille et l’Ecole.  

            La formation scolaire de chaque personne, doit pouvoir être continuée ou reprise aisément en des institutions ouvertes à tous.  

              Des passerelles souples doivent être rendues possibles, à tous niveaux y compris pour les apprentissages abandonnés puis repris, pour les enseignements partiellement lacunaires et pour les remises à niveau comme pour les enseignements complémentaires nouveaux  

            Un regard très pointu a été porté sur la maternelle.  

              Des attaques éhontées l’ont assaillie. Pourtant elle est l’essentiel des bases de chance pour enfants : elle commence avec l’intelligence de gens de métiers, d’enseignants formés, l’égalisation citoyenne, la construction de la langue, la mise en place des savoir-faire, des gestes adaptés aux besoins, de la confiance en l’adulte…  

              Le travail, dès la petite section, est formidable car capital. Sans vouloir m’étendre sur la compensation sociale si utile, je souligne celle de l’harmonisation des pratiques sensori-motrices, des mises en situation des apprentissages gestuels, du soin, de la prise de confiance… et surtout du langage, si inégal d’un enfant à l’autre. Le rôle de diagnostic et de préparation des élèves avant les apprentissages plus « scolaires » n’est pas contestable.  

            Les témoignages admiratifs du travail effectué dans ces premières étapes de la scolarité abondent.  

           Comment ignorer les psychopédagogues qui nous enseignent que les six premières années sont fondamentales pour la formation de l’intelligence ?  

              Apprendre et enseigner, cette dualité repose, pour le maître, pour l’élève, sur la volonté d’obtenir. Elle s’appuie sur la réflexion, sur la réalisation, sur la correction, sur la répétition évoluée, sur la mémorisation, sur l’évaluation du chemin parcouru à bref terme, le temps d’une leçon, à long terme, le temps d’une année scolaire par exemple…    

             L’élève doit vivre ses apprentissages plutôt que les subir. Truisme encore, non, non, ce n’est, n’était, je l’espère, pas du tout évident selon les conditions d’enseignement…  

            Sans dispersion, mais sans restriction, laissons les équipes, les enseignants proposer des activités spécifiques pour enrichir les connaissances, les savoir-faire, trouver des motifs à utiliser, à perfectionner « les bases fondamentales » .  

          Les activités intergénérationnelles réelles, par exemple, sont très valorisantes pour tous et riches en connaissances pour nos jeunes.  

             Nos établissements ont fourmillé d’initiatives originales, motivantes, certaines, beaucoup étaient, sont discrètes, d’autres se sont révélées dans des revues pédagogiques ou de vulgarisation. Elles doivent nous inspirer.  

             Il faut que dans notre Ecole, l’enseignement se base sur la pédagogie différenciée, sans dissocier une classe hétérogène.  

             Sur un fonds commun, les exercices préparatoires sont adaptés, les réflexions et recherches, aidées, guidées individuellement ou par petits groupes. La leçon est collective, mais les exercices d’entraînement sont progressifs selon les difficultés et les corrections conduisent à de vraies répétitions, voire remédiassions…  

          Ainsi se revalorise une véritable pédagogie de cycle.  

             Même les non professionnels de la pédagogie ont appris ce qui était possible, souhaitable, en écoutant, questionnant tous ceux dont le métier est d’enseigner.  

              Nous avons insisté sur la nécessité, à chaque étape des acquisitions, de bilans non pas discriminatoires mais, témoins personnalisés des progrès, des retards, de la mosaïque des apprentissages réels. Des bilans qui aident à établir le devenir à long terme de tous les élèves   

           Des bilans qui précisent aussi la démarche et l’impact du travail pédagogique de l’enseignant, de l’équipe de cycle, de l’équipe d’école…  

            A ucune progression ne doit être envisagée sans un bilan réaliste, comparée à la Norme Nationale et à la réalité des cas.  

              Pas de bilan sans que soient prévues les remédiations adéquates non plus.  

              Il est essentiel, que les effectifs permettent cette pédagogie différenciée et ce suivi individuel.  

             Il est nécessaire que les prescriptions de carte scolaire soient souples. Le maintien d’une école dans chaque commune, dans chaque quartier est souhaitable mais ne doit pas tomber dans l’absurdité dans les deux sens,  

            Une classe unique, de moins de 12 inscrits effectifs, est une réalité difficilement défendable et il est judicieux d’étudier les propositions pour des regroupements par niveaux entre villages voisins, si on veut garder une vie scolaire dans l’agglomération.  

           Le cas par cas, doit être la règle, sans généralisation.  

            De même, le couperet aveugle des normes chiffrées doit être émoussé, nuancé à quelques unités près pour les fermetures comme pour les ouvertures.  

           L’avenir de l’évolution démographique ne peut pas être occulté non plus.  

             Le dossier scolaire ou les registres d’inscription permettent de retracer le cursus d’un élève, cela suffit ! Les identifiants personnalisés sont à retirer. Seules les archives informatisées, ou non, doivent garder la trace du passage de l’enfant dans l’école et uniquement pour ses résultats et son orientation.  

          Elles ne doivent permettre aucun pronostic comportemental, aucune appréciation qui d’ailleurs ne pourrait être que circonstancielle, en aucun cas elles ne doivent être préjudiciables à l’avenir de l’enfant.  

           L’hétérogénéité de nos populations enfantines oblige à une attention envers chacun. L’égalisation des chances suppose vouloir atteindre des objectifs communs mais doit, justement, tenir compte des départs des aptitudes divers.  

             Il ne faut pas omettre que la précocité aussi peut être perturbatrice et qu’elle doit être prise en compte comme tout ce qui différencie les enfants.  

           Le dépistage, la prise en considération, le soutien des élèves en difficulté seront menés, en étroite collaboration avec l’équipe pédagogique, avec l’enseignant, avec la famille, par des intervenants spécialisés.  

         L’instauration d’heures supplémentaires pour les enfants « volontaires » en difficulté est cautère sur jambe de bois. Sans s’étendre sur leur caractère ségrégatif vite ressenti par les élèves déjà marginalisés par l’échec.  

             Comment pouvait-on assurer deux heures de soutien, en fait, pour être précis, de compensation des deux heures retirées le samedi matin ?  

           Peu d’horaires sont positifs !  

            La plupart des équipes, encore mobilisées arrivent à une seule proposition : cours de soutien le samedi matin !  Réponse des autorités, pas question car contraire à la réformette.  Peut-être e mercredi maztin!! Ce qui est aussi aberrant tant que la journée scoaire, lourde, sans que soit vraiment tenue compte des courbes d’attention, de fatigue… ne sera pas repensée. 

          Alors que choisit-on souvent ? Le temps d’interclasse : ½ h avant ou après le repas de midi ! Imaginez la motivation de tous, élèves et enseignants, chaque jour pour arriver à combler ces 2 h supprimées. Le soir, après la journée de classe : 1 h le lundi par exemple :  ¼ h au moins de récré après la journée de classe, installation, rangement, sortie… dans le meilleur des cas ½ h à 3/4 h de cours qu’il faudrait personnaliser pour plus d’efficacité.  

        Prends l’argent et tais-toi … Est-ce là, la solution ?  

         Non ! Il existait les temps d’études dirigées, on aurait pu les adapter, c’est toujours possible à condition que le rythme de la journée soit bien revu.  

             Nous avons évoqué la pédagogie différenciée, il faut penser les effectifs qui en permettent le plein exercice.  

             Reste le samedi matin, reste le mercredi matin et la question du rythme hebdomadaire et du temps de l’enfant en général.  

            Le réseau d’aide doit retrouver et amplifier son action pour les difficultés spécifiques. Sa suppression est un non-sens qui rejette l’enfant vers la capacité culturelle, financière des parents à se retourner vers les aléas du privé.  

             Le soutien doit se concevoir pour tous. Laide aux enfants naturellement, mais aussi, aux familles, aux enseignants en difficulté.  

             C’est très souvent le directeur qui fait office, sans formation spécifique, de premier intervenant, de conseiller. Ce n’est pas ignoré par l’administration puisque dans l’entretien de candidature, des questions envisagent ces situations ainsi que les problèmes relationnels…  

           Ce n’est pas un administratif itinérant (plusieurs écoles regoupées) qui pourra répondre aux imprévus, aux urgences fréquentes de la journée scolaire…  

           Les cas particuliers d’enfants défavorisés par une acculturation, par une langue différente, par de la fatigabilité… peuvent faire l’objet d’un protocole pour un accueil à temps partiel avec un soutien particularisé.  

            L’inscription d’enfants sévèrement handicapés doit être raisonnée, précisément adaptée avec la prise en considération de tous les paramètres utiles : composition du groupe classe, intégration dans la vie de toute l’école, aménagements des locaux parfois… préparation des enseignants, interventions spécifiques… Pas de rejet mais un projet bien construit.  

             Les postes, les classes, les institutions qui spécifient ces aides, aléatoires ou à longue échéance, font partie des obligations pragmatiques de notre société envers tous ses enfants.  

            Que ce soit par des services de l’Education Nationale, par l’intermédiaire de mutuelles, d’associations reconnues et subventionnées, par le truchement des communications modernes, l’instruction, l’éducation doivent être apportées aux enfants immobilisés à leur domicile, en milieux hospitaliers ou en centres de détention  

              Dans un établissement scolaire, l’éducation est reconnue comme étant l’affaire de tous depuis la famille jusqu’à la personne d’entretien  

             Le personnel enseignant auquel est confiée la plus grande richesse de notre pays, ses enfants, a besoin de la confiance éclairée, soutenue de la société.  

               Casser les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres est une erreur qu’il faut réparer. Ces centres préparatoires étaient certes déficients, déconnectés de la réalité en général, tourné vers la pédagogie peu vers l’Education, déficients mais améliorables ; un cursus centré sur l’acquisition de diplômes essentiellement universitaires… est un leurre même avec des stages.  

             L’ancienne Ecole Normale, très liée aux écoles, peut inspirer quelques réflexions positives…  

               Revenons à une formation approfondie des enseignants au niveau de la licence avec alternance étroite entre I.U.F.M. et écoles, collèges, lycées, universités… en accentuant sur les méthodes, le travail d’équipe et ses aspects relationnels, la psychologie et la sociologie.  

              Le futur professeur doit acquérir une connaissance précise de tous les partenaires, les familles, les partenaires locaux, officiels, associatifs utiles. Il doit posséder une compréhension cohérente, claire de tout le cursus scolaire.  

               Une formation continuée est nécessaire en circonscription pour le premier degré au niveau académique ou rectoral pour les niveaux supérieurs…pour briser l’isolement, se concerter, assimiler les apports nouveaux  

               La formation de chaque enseignant, pour le rendre compétent dans sa classe n’est pas remise en cause, mais elle devrait intégrer une véritable préparation au travail en équipe, une connaissance réelle et pratique des réflexions et solutions débattues en conseil des maîtres, conseil de cycle, conseil d’établissement ou d’école.  

            Le personnel complémentaire, depuis la mise en place des emplois jeunes et de leurs variantes, a démontré que son rôle n’était pas négligeable. Il faut pérenniser ces postes, mieux les officialiser et préparer leurs postulants à leurs tâches.  

            La sécurité est un élément global qui implique la protection contre tous dangers mais surtout une vigilance véritable pour éviter toutes occasions, toutes formes de conflit, d’agressivité et toutes prises de risques. Le nombre des adultes responsabilisés autour de l’enfant doit être judicieux. Il est aussi nécessaire que l’implication, la préparation des élèves à éviter, réagir aux situations à risques..  

           Une aide transitoire, aléatoire… est possible.   Il existe une réserve de personnes qualifiées, qui peut aider à dépasser temporairement, le problème des remplacements très courts, quasi-imprévisibles, sans que les enseignants soient conduits à ajouter des heures aux heures : c’est le recours, volontaire bien sûr, dans chaque Académie, à des retraités. Une liste étoffée, tenant compte des domiciles, des temps disponibles, pourrait être établie. Cela n’ira pas sans une levée de boucliers, mais qu’en penseraient les actuels retraités et les nombreux futurs retraités des années prochaines ?  

            Ces mêmes retraités, actifs, représentent une mine d’expériences dont chaque Académie, chaque établissement, peuvent s’entourer dans des moments de réflexion, pour des bilans autant que des actions nouvelles…  

                Aux niveaux universitaires, par exemple, ce recours existe, dans des groupes de travail aussi, alors pourquoi pas à d’autres strates ?  

           A propos des établissements, refusons leur autonomie de principe. :   Elle ne conduirait qu’à accentuer la seule capacité des écoles à se débrouiller et donc à multiplier les différences entre prises en charge des élèves.  

            En revanche, une adaptation au secteur reste essentielle, mais elle doit s’accompagner de compensations pour que chaque collectivité puisse accomplir toutes ses obligations.  

         Il faut donner à chaque école les moyens qui compensent la faiblesse des ressources locales et qui prennent bien en compte la spécificité de sa population scolaire.  

         Nos régions ou les agglomérations de communes, dans le cadre de la décentralisation, pourraient aider les municipalités et parvenir à cette égalité des moyens pour une égalité des chances.  

             Pourquoi pas la création d’un fonds de Ressources, une banque de l’Ecole, alimentée par des subventions, des opérations médiatiques, une part des jeux d’argent qui s’en trouveraient moralisés un peu…  

                Cette institution permettrait d’ajuster au mieux les besoins et de les compenser sans que l’établissement devienne lui-même un solliciteur plus ou moins heureux selon ses contacts, son environnement ou son habileté à mendier…  

            Le budget de base des établissements, pour chaque catégorie, doit être identique au prorata du nombre d’élèves pour toutes les écoles publiques.  

               L’aide à la collectivité tutrice défavorisée doit garantir cette similitude.  

              Le financement des projets étudiés et retenus par le Conseil d’Etablissement et l’autorité académique sera l’objet d’aides spéciales attribuées par l’Education Nationale, par la collectivité adéquate soutenue par le fonds de Ressources éventuellement.  

              L’Etat, en ce service régalien, en plein respect de la Constitution et des lois régissant l’Enseignement public, prend en charge la formation et la rétribution de tout le personnel pédagogique…  

            Nos établissements dépendent,pour leur financement, des responsables territoriaux dispensateurs des budgets pour que, bâtiments, mobiliers, matériels, fournitures leur permettent d’accomplir leur mission.  

           Des initiatives de ces tuteurs dépend aussi, que l’accès aux ressources culturelles et sportives, en implantations comme en personnes, soit à la hauteur des besoins

           Les collectivités territoriales assurent les conditions matérielles et fournissent le personnel nécessaire à tous les services qui accompagnent la scolarité, toujours avec une compensation pour pallier les inégalités de ressources.  

              Chaque école, chaque établissement doit être conforté dans ses composantes, encouragé dans ses échanges avec son environnement, adapté à sa population spécifique, soutenu dans ses initiatives mobilisatrices et motivantes  

              L’enseignant doit pouvoir connaître et utiliser toutes les opportunités culturelles, associatives, de son environnement, aussi bien officielles qu’officieuses. Il est important que les collectivités locales veillent à leur multiplication..  

Les liens avec les associations et serviceshors établissement ne sont pas à négliger, non plus..  

            Toutes ces communications, toutes ces possibilités doivent être des aides éventuelles pour les enseignants pour mieux connaître l’enfant, mais ne pas compliquer la vie scolaire.  

                Et les établissements privés ?  

            Privé ou public, le choix est libre, mais les fonds publics sont réservés au financement de l’école publique, sauf en ce qui concerne les établissements spécialisés et conventionnés.  

                Les associations assurant l’aide à la scolarité des élèves, des collégiens, lycéens et étudiants sont à soutenir.  

            Le rythme de la journée scolaire est un paramètre incontournable du temps de l’enfant. Il  commande tous les autres découpages : semaine, trimestre, année… Une journée bien construite, depuis l’accueil jusqu’au départ est une journée qui évite les ruptures, ménage les temps d’éveil, d’apprentissages intenses, forts, les pauses, les répétitions, les moments notoirement peu propices à la mémorisation et les fausses mobilisations cachant la fatigue par la motivation.  

            Le contact suivi du samedi matin entre écoles et familles en élémentaire a disparu. Cette semaine peau de chagrin, pour bon nombre de familles laisse les enfants devant la télé, dans la rue pour la plupart, dans les grands magasins ou dans des garderies municipales… Est-ce un mieux ?  

             Supprimer le samedi matin, c’est réduire les rencontres informelles et sympathiques, hors crise, entre familles et enseignants. Finie aussi l’occasion d’entretien direct avec le parent qui n’a pas la garde de l’enfant du divorce…  

            Terminés les spectacles, les fêtes, les réunions diverses avec participation active de tous… Ne leur restent plus, souvent, pour ceux qui ne baissent pas totalement les bras, que les soirées, après le travail.  

            Pourtant, les fêtes d’école peuvent être des opportunités importantes d’activités ensemble pour tous les acteurs et partenaires pourvu qu’elles illustrent un travail continu, un projet et non une corvée.  

             L’espace scolaire est sacré, protégé, il est ouvert sur la connaissance de son environnement, mais clos aux incursions perturbatrices.  

               Il est important que le cadre soit agréable, grâce à la volonté et l’action de tous dans et autour de l’école.  

            L’implantation de l’école dans un environnement constant crée des liens, des repères indispensables avec la géographie et la  population de son secteur.  

             Exploser la carte scolaire, disperser les enfants, défaire les liens entre le secteur et son seul pôle de calme, souvent, l’école, c’est renoncer à l’adaptation, à l’intégration de l’école dans son environnement, à la connaissance à moyen terme des familles, des fratries…  

          Cela peut éviter de payer, d’organiser des moyens réellement adaptés à sa population spécifiques, en brisant les concentrations, mais qui profitera de cette liberté de choisir son établissement ? Qui empêchera que se constituent de nouveaux ghettos ? Quel cadre donner à notre école dans un environnement flou ?  Est-ce une véritable amélioration ?   

            Pour une équipe enseignante, bien connaître les familles, les paramètres et les ressources de son secteur est important, elle peut établir des liens devenus impossibles après dissociation entre lieu de vie et lieu de scolarisation.  

             Tout en préservant la sérénité du microcosme scolaire, il faut pourtant encourager ses échanges avec son environnement.  

               Le service Education Nationale est sous-tendu par la trame des circonscriptions, des Académies. Chacune d’entre elles doit être étoffée pour conseiller, apprécier, aider, suivre, voire corriger les actions mises en œuvre dans les établissements..  

             Le rôle de l’Inspecteur et de son équipe permet l’harmonisation dans tout le secteur; il favorise les échanges les plus divers,  

            Bien que contre l’éclatement de la carte scolaire soit à proscrire en principe, des transferts éventuels, exceptionnels, bien motivés, toujours dans le seul intérêt des enfants peuvent être proposés grâce à cette connaissance mutuelle de tous les établissements du même secteur, animé et orchestré par son responsable.  

           Les liens avec les associations et services hors établissement ne sont pas à négliger, non plus..  

            Toutes ces communications, toutes ces possibilités doivent être des aides éventuelles pour les enseignants pour mieux connaître l’enfant, mais ne pas compliquer la vie scolaire.  

            Pour les associations péri et postscolaires, appauvries par la suppression des détachements, la diminution des subventions, une analyse honnête doit établir quels organismes apportent une véritable aide à l’enfance, à la famille et à l’Ecole.  

             Peut-être ne faut-il pas rétablir les détachements supprimés, mais instaurer des postes de permanents formés pour stabiliser et aider les bénévoles…  

             Le monde du travail et les mouvements de la société ne sont pas des univers inconnus pour les enfants et l’Ecole ne peut les ignorer, mais sans insistance et en restant très ouverte sur tous les métiers.  

           Le chômage, les troubles sociaux, les conflits de l’immigration, la délinquance, les sectes, l’environnement en danger sont parfois sujets à interrogations de la part des enfants. Sans entrer dans des débats complexes, toujours hasardeux, il ne faut pas en gommer la réalité ou s’appesantir, en charger les enfants. Des enfants citoyens en devenir, certes, mais à leur niveau de maturité, pas plus !  

           Ils n’ont pas à s’imprégner non plus de la culpabilité collective, si vite banalisée.  

        Impliquer les jeunes, progressivement dans la vie collective, les initier aux responsabilités grâce à des coopératives scolaires réelles, bien organisées, suivies et animées, grâce à la participation judicieuse à des Conseils Municipaux de Jeunes sont des voies magnifiques.  

          D e nombreuses associations invitent également leurs adhérents encore scolarisés à s’ouvrir à la gestion de leurs œuvres…  

            Un véritable système scolaire, clair, solide, respectueux de tous ses acteurs est possible.

            Il ne naîtra pas, ne grandira pas, ne deviendra pas fort sans que chacun y soit associé, pas à pas.  

           Cette volonté obstinée, cette vigilance, ses alertes sont les seules garanties pour que, sans gabegie ni inconséquence, dans le rejet de toutes considérations partisanes, nous donnions sa chance à l’école, sa chance au futur…  

            Etre dans un établissement, c’est vivre ensemble. La vie coopérative implique tous les acteurs de l’école et suppose de vraies concertations mais n’exclut pas le rôle majeur de l’adulte, la tutelle, l’arbitrage…  

             Règlement et sanctions sont établis et reconnus par tous.  

              L’école n’a pas d’exclu. La vie en collectivité doit générer la convivialité et éviter les perturbations pour tous. Les manquements à ces règles ne doivent pas être banalisés.  

             L’Ecole ne doit admettre aucune discrimination, ni robotisation, ni formalisation.  

                Une école, c’est d’abord une équipe. Il ne s’agit pas de s’aimer les uns les autres, mais de se compléter,  d’être mobilisé par la même volonté d’éduquer et d’instruire. Elle doit soulager l’enseignant d’une responsabilité solitaire dans sa classe.  

            Ses membres n’ont pas toujours fait le choix de l’école ou de la classe. Certains débutent, d’autres ont une grande expérience, tous sont confrontés à une même population, au même potentiel de ressources, en principe.  

            Il ressort de façon insistante que les réussites d’école sont avant tout le fait d’une équipe. Le mieux-être, le mieux travailler des enseignants passent d’abord par la cohérence d’une équipe  adaptée à son environnement  

           Il est nécessaire que chaque équipe soit dirigée par un animateur compétent, que son projet et  son bilan soient évalués avec tous les enseignant et l’inspection de circonscription ou de secteur concerné, oui !              Il ne semble pas que, jusqu’alors, notre système éducatif se soit vraiment attaché à valoriser ce point essentiel. Pourtant, c’est une évidence :une véritable équipe, bien préparée, doit se responsabiliser autour du projet d’école et être animée par un directeur compétent.  

             Il faut œuvrer pour que chaque école, chaque établissement possède une équipe solide ; en préalable à toute autre transformation du monde scolaire, c’est une base impérative, incontournable !  

           Une réflexion positive, instruite par une enquête sérieuse, essentiellement orientée vers la reconnaissance et le renforcement de l’équipe pédagogique, de l’équipe éducative sera un premier pas vers la reconnaissance des problèmes essentiels et vers un projet enfin constructif.  

                       Le projet d’école est revalorisé et il est le véritable outil de cohérence et d’engagements adaptés aux besoins de motivation, de mobilisation et de mise en œuvre des acquisitions pour atteindre les objectifs programmés.  

                      Fruit de la réflexion de tous, le Projet d’Etablissement dresse l’état des lieux. Il traduit la somme des propositions étudiées, retenues pour que naissent les actions propres à répondre aux spécificités de l’établissement. Il garantit la logique des enseignements, privilégie les contextes motivants et harmonise la vie collective…  

             S on suivi, son bilan, comme l’a été sa conception sont menés par tous, soutenu et avalisé par le responsable de la circonscription ou de l’Académie pour le second degré.  

            Il pose des questions essentielles sur le long terme, comme sur le quotidien.  

            Par exemple, à propos du temps de l’enfant :  Comment chaque établissement propose-t-il de rendre optimale la demi-heure du matin, transition entre famille/récré/mise au travail ? Comment tenir compte des moments notoirement propices à l’effort, à l’attention, et de ceux, au contraire, moins soutenus?  

            Pour les méthodes face à un groupe classe hétérogène : Comment arriver à une véritable pédagogie différenciée ? Seul ou par des échanges, des dégroupements ?  

            orsque les apprentissages sont lacunaires ou mal assurés, comment bâtir de vraies remédiations ?  

           En permanence, les Projets d’Ecole veillent, réfléchissent, adaptent les progressions pour une réelle et permanente cohérence dans le cursus global.  

           L’équipe d’établissement est unie par son Projet.  

            L’échange permanent d’initiatives, d’expériences, de services, de coordination entre les établissements, participe de la fonction de l’Inspection.  

U         ne équipe a besoin d’être animée avec compétence. Ses décisions ont besoin d’être consolidées, leur mise en œuvre doit être suivie. Le liant de cette vie scolaire, pensée et fructueuse, en est son responsable, directeur, principal ou proviseur.  

             Reconnaître l’importance de la direction d’école, c’est lui donner les moyens de ses tâches, de ses responsabilités, en faire une promotion véritable pour susciter les candidatures.  

       Jamais  un enseignant ne devrait se sentir isolé, jamais  une équipe ne devrait se sentir abandonnée  

          L’intégration d’écoles dans des regroupements dirigés par un responsable « administratif » et des inspecteurs pédagogiques donc est une erreur. Elle entraîne une distanciation  trop grande entre l’établissement et sa réalité locale.  

             Les partenaires de l’école ont leur place dans la réflexion pour améliorer l’Ecole, non seulement comme parents d’élèves, non seulement comme recours, pour des activités, non seulement pour apporter des ressources mais aussi, pour entendre, comprendre, apporter leurs suggestions, aider à la vie de chaque école.  

            Oui à une évaluation globale et précise du travail de toute l’équipe de l’établissement par les équipes d’inspections, sur des critères nets, tenant compte des conditions spécifiques de chaque secteur scolaire.  

           L’évaluation individuelle par un inspecteur qualifié n’est pas une aberration mais, qui rendra compte de l’implication d’un enseignant dans et autour de sa classe ? Qui rendra compte des progrès personnels du jeune prof timide? Qui tiendra compte de la lassitude, du découragement et de l’abandon de celui qui fut enthousiaste et compétent ?  Qui sinon l(équipe dans son bilan collectif.

            Certains inspecteurs, dans le 1erdegré notamment, sont de vrais animateurs dans leur circonscription et connaissent, suivent, aident leurs enseignants. Mieux, ils font de leur secteur de véritables bains de réflexion. D’autres, malheureusement sont météoriques, à la poursuite d’une carrière plus que d’une efficacité…   

              Le Conseil d’Etablissement, ou le Conseil d’Ecole, reste le moteur généré par la réflexion, les échanges, les initiatives de tous les partenaires officiels de l’école. Il respecte la spécificité, la confidentialité de toutes les structures internes, Conseils des Maîtres, de Cycles, Conseils Educatifs, Conseils de Discipline, Conseils Coopératifs….  

        Il s’intéresse, en particulier, au Projet d’Ecole qui lui a été présenté, il s’intéresse à la progression des activités qui en émanent  

            Le mystère gardé sur les pratiques pédagogiques est une absurdité, nous ne sommes pas en présence de formules secrètes et comprendre le choix d’une méthode, d’une progression, d’un thème mobilisateur ne peut que faciliter la transparence entre les parents et les professeurs et sans doute même les encourager à soutenir les initiatives éducatives. Seul l’enfant doit être l’objet de la discrétion, de la réserve de ceux qui en ont la responsabilité.  

            N’oublions pas le temps autour de l’école.  

            Celui de la famille avec tout son pouvoir affectif est évidemment le plus marquant, tout ce que la société peut faire pour aider à son harmonie est une pierre solidifiée pour la construction de l’enfant.  

             Il n’est pourtant pas le plus important en durée. La scolarité, les activités extérieures, les copains, les garderies parfois, additionnent bien des heures hors de la maison.  

                    Les associations reconnues pour leurs activités épanouissantes consacrées à la jeunesse sont à privilégier. Les centres de loisirs, avec ou sans hébergement, devraient être des occasions de véritables convivialités et de vie citoyenne.  

              Pourquoi ne pas créer des centres de vacances avec accueil des familles qui travaillent en fin de semaine?  

           Ce qui est certain, c’est qu’aucun enfant ne devrait rester dans la rue pendant les vacances.  

             Nous n’avons pas besoin d’une école nouvelle, mais d’une Ecole reconstruite dans un contexte éducatif attentif à l‘enfant.  

                Aidons, dès aujourd’hui, à faire de l’Ecole une institution où l’apprentissage des fondamentaux soit assuré grâce à des supports mobilisateurs, capables de faire aimer à apprendre et où l’appétit, la personnalité s’épanouissent en des disciplines d’éveil à part entière : l’école de la diversité, l’école de la chance pour tous, l’école de la chance de demain.  

 

10 janvier, 2012

Notre école n’a pas déméritée!

Classé dans : Liens — Alain @ 21:02

 

            A mes semblables, ces instits, ces profs, ces éducateurs qui sont maintenant retraités mais toujours concernés.

              Pour mes collègues de toutes les classes, de toutes les fonctions qui chaque jour œuvrent pour que la chance de demain passe encore par l’enfant.

                Pour tous ces parents qui s’inquiètent de savoir vers qui se tourner, qui ne comprennent pas en quoi les agités de la rue et les absolus des réformes servent l’avenir de leurs enfants. Inquiets ils se tournent vers des structures fermées, vers des cours additionnels, exigent que s’empilent les savoirs et débordent des têtes bien pleines au détriment de celles bien faites.

                        Ce que je vois et vous le voyez aussi, ce sont des collègues en activité, désorientés par la surdité de ceux qui portent la responsabilité de notre Education Nationale. Pire, je vois des enseignants découragés et pour qui même la manifestation de leurs craintes devient inutile. Leur abandon est pris pour de la raison et ouvre la porte à tous les décrets pour changer l’école.

           A-t-elle besoin d’être changée, oui parce que la société a beaucoup changée, non parce qu’un enfant reste plein d’opportunités, susceptibles de curiosité, de confiance, d’apprentissages. L’élève que vous avez connu, mes amis retraités, quelque soit votre époque d’activité, n’a pas foncièrement changé. Son environnement oui, les moyens dont on l’entoure, dont il voudrait s’entourer oui, mais son écoute, son affection, son besoin de comprendre non.

             Alors, au nom de tous ces élèves que vous avez accompagnés, de tous ces enfants que vous avez éduqués, vous qui avez donné, reçu, mené au terme votre engagement, vous pouvez encore aider en affirmant que l’avenir, que l’Ecole, que l ‘enfant mérite mieux que d’être l’enjeu, le prétexte de joutes politiques.

            Nous, les retraités de l’enseignement ne laissons pas dire que les années passées ont laissé se désagréger l’Ecole ! Comme si depuis Jules FERRY, l’école des Hussards de la République, de Pagnol, de la Guerre des Boutons, des petits bergers jusqu’à 1968 n’avait été que régularité, à l’abri des mouvements de société. Et bien oui notre école était protégée des troubles et parfois même des familles perturbées. Parce que l’école était un monde que nous, les maîtres et les maîtresses, avons essayé d’apaiser pour que l’enseignement puisse s’accomplir sereinement. Jamais cela n’a voulu dire ignorer la personnalité de l’enfant mais en tenir compte pour calmer les agitations et travailler.

            Mon instit de l’école de village dans l’Yonne avait 14 élèves très divers, et tous l’écoutaient, oubliaient pour un temps, la ferme, le magasin, les parents agités… moi à 9 ans il m’a donné envie de lui ressembler.

             En plein Paris, ce maître d’application qui m’a appris à être vrai, cohérent, sincère mais aussi comédien, joueur, motivé pour faire comprendre, apprendre, il m’a aidé.

                 Et ce prof de gym qui m’a dit : « Avant de demander une réflexion, un geste, un montage à ton élève, fais lui fermer les yeux et visualiser ce qu’il va faire » Je l’ai écouté, pour moi pour mes élèves et souvent ça a marché.

            Enfin, souvenez-vous cette classe qui en début de leçon fait la grimace en lisant l’énoncé, l’exercice proposé et puis souvenez-vous des sourires, des commentaires « Fastoche ! » à la fin du cours. Même si le lendemain il fallait recommencer, ces sourires, à moi que de bonheur ils ont apportés.

             Alors pourquoi aujourd’hui ça ne marche pas ? Les enfants n’ont pas changé… Les objectifs du métier n’ont pas changé, l’établissement se voudrait toujours protégé, les vagues de la société ne faisant que le lécher. Vous savez, endurer les mouvements de 36, les agitations de la guerre d’Algérie, sans parles des guerres, de la libération, rien n’a jamais été facile autour de l’Ecole. Mais la différence c’est que nous étions solides et c’est cette solidité que peu à peu note société a sapée et que nos gouvernants n’ont pas su, pas même envisagé de protéger.

            En 40 ans, j’en ai connu des jeunes désireux d’enseigner, perdre  leur élan au long des années,  dès celles de formation parfois. J’ai vu aussi disparaître la seule évocation de « vocation », ça faisait curés ! Et pourtant, pour des demoiselles d’école, transplantées de leur village dans Paris, ou au contraire nommée en pleine chouannerie, pour des jeunes hommes isolés aussi d’ailleurs, seule la conviction d’apporter le savoir, d’être nécessaires les soutenait.            

            Mieux, facilement acceptés ou non, les parents de leurs élèves le croyaient aussi, même et surtout les opposants dans ma Vendée natale parce qu’ils percevaient et craignaient la force de l’Instruction.

         Un chapitre important devrait être consacré à ces directeurs que l’on veut transformer en auxiliaire administratif de l’Autorité.           

         C’est faire peu de cas de tous ces responsables qui sans reconnaissance statutaire, sans émoluments significatifs, ont choisi un jour d’animer une école. Certains ne purent tenir, d’autres furent négatifs, beaucoup furent et sont les seuls vrais garants d’un équilibre et d’une ambition scolaires adaptés à l’environnement de leur établissement. Les orientations aujourd’hui semblent nier ces engagements, ne tenir aucun compte de ces expériences formidables…

Deux questions :

Comment est née cette maladie insidieuse qui mine notre Ecole ?

Ce doute instillé dans l’esprit de nos jeunes enseignants est-il la seule cause de leur affaiblissement ? 

Deux étonnements :

Comment-se fait-il que l’Ecole n’a pas encore complètement sombré ?

Quelle  dynamique peut-encore porter des jeunes gens à postuler pour enseigner ?

Quelle rage peut pousser nos responsables à la miner ?

Celle de faire des économies sur l’avenir des enfants ?

Celle de briser un système trop populaire, trop public ?

7 janvier, 2012

Tonton, les Auvergnats et le croquants…

Classé dans : Liens,vivre ensemble — Alain @ 12:14

                Je pense à toi, mon oncle qui vient de nous quitter, à toi authentique Auvergnat de Vendée, à toi pour qui le denier de plus, même pas, souvent le denier nécessaire, était un denier à partager. A toi pour qui soulager était plus vital que  profiter… Que ce soit du tempq ou ta chemise… Partager, même avec un malheureux inconnu, ton temps libre, tes mots, tes chansons aussi, le sou emrunté… Tu as su offrir ta liberét en des temps troublés pour que d’autres ne soient pas menacés…  Tu as aimé, ô combien. Tu t’effaces, sazns gloire, sans médaille, sans autre commémration que celle de notre souvenir.

                  Tu es de la dynastie des héros anonymes si nombreux au quotidien, de ceux aussi auxquels je suis  si fier d’être lié; certains nous ont façonnés, accompagnés… Que me semble obscurs les brasiers avides des escrocs de la vie!

            Je ne sais quelles furent tes dernières pensées, je connaissais les avant-dernières: tu croyais qu’aucune religion n’avait le droit d’imposer ses assertions, mais tu croyais en une présence supérieure, un un esprit tutélaire fait de toutes les belles volontés, de toutes les générosités de l’humanité en marche. En cela, tu étais bien le fils de cet homme, mon parrain, mon éducateur à la Roussaeu, magister de nos longues promenades, de nos veillées, de nos contes et de nos silensces aussi.

              Dans le miroir ultime, je suis certain que tu t’es souri, ta vie fut celle d’un Auvergnat, d’une Poire diront cetains, mais quel fruit juteux, quelle sève magnifique en a coulé! Tu a eu toutes les raisons de s  ourire à ce moment, plus que des biens, plus que des traces solides, tu as laissé mieux, un sillon dans le grand chand de cette construction permanente de l’Homme et de la femme…  

               C’est une année Brassens ! De votre vie, toi et d’autres qui nous sont proches, d’autres que j’estime, vous avez fait, vou faites ce qu’il faut pour que ce soit tous les jours Brassens, avec tous ses excès, ses contradictions mais aussi sa générosité à fleur de mots, de notes, son humanité…

                    Bien sûr, il y a les faussires! N’importe qui, ou presque, peut encore être interpellé en chantant « Hécatombe », mais, mais qui sera interpellé parce qu’il chante, à belle voix, avec émotion, la chanson pour l’Auvergnat, tout en vivant comme un croquant. Brassens  était, peut-être, un rebelle de cœur,  de faits, je ne sais pas vraiment, de mots certainement…

                J’aime penser, qu’il s’adressait, s’adresse toujours, à toi, à vous, à ceux qui, à tous les niveaux de la solidarité, chaque jour, sont des hôtesses – des étrangers – des Auvergnats et se plaisent, les innocents, à servir plutôt qu’à se servir…

                Je ne chante pas juste surtout à côté de toi mon oncle, dont la voix fut souvent un, cadeau, jusqu’au bout… mais le miel des messages de Brassens me chauffe l’âme depuis si longtemps que, en mon automne, je me les fredonne lorsque ça tangue trop dans notre société, question « fraternité.

              Merci Tonton, merci à tous ceux qui te ressemblent…

5 janvier, 2012

Petits bonheurs.

Classé dans : Liens — Alain @ 0:33

           Samedi 24 décembre, j’étais à la bibliothèque, la veille j’avais omis d’enregistrer des mouvements de livre. Quelques coups à la vitre ! Un monsieur, son fils bien emmitouflés :

-          Bonsoir. C’est fermé ,

-          -Et oui ! Bonsoir.

-          Pouvons-nous entrer un moment regarder des livres ?

Bien sûr ça ne posait pas de problème.

Bientôt j’ai entendu, à l’étage, s’élever un conte, une chanson, des questions, des rires…

Mon oubli réparé, je les ai rejoints et nous avons bavardé.

      Puis il fallut se séparer, le Père Noël attendait. Les yeux de ce papa, de son fils, 4 ans environ, m’ont réchauffé pendant ce notre quart d’heure de bien-être.

      Plusieurs fois par jour, les occasions de sourire, d’accrocher un regard de sympathie, de donner, de recevoir, en caresse fugace, un petit bonheur, fleurissent sur notre chemin… Nous ne les reconnaissons pas souvent, perdus dans nos préoccupations. C’est dommage car eux seuls peuvent combattre les soucis

      Dans notre village, moi la pièce rapportée, j’ai trouvé de belles personnalités, fortes, timides, exubérantes ou discrètes mais à l’esprit généreux, sincère. Des gens pleins d’expériences ou de curiosités… Cette vitalité, je la souhaite à toutes les communautés..       

       La bibliothèque est un carrefour formidable de rencontres détendues, neutres et confiantes. Un filet où s’accrochent les petits bonheurs. Les échanges sont toujours des mises en commun d’avis, de souvenirs, d’ignorances parfois… De beaux moments !

      Ces petits bonheurs, je les souhaite à vous tous qui ouvrez les pages de ce blog ; ils forment mes vœux pour l’année qui commence

       Important : Si vous voulez savoir ce qu’est la force d’un petit bonheur confronté aux drames de la vie, lisez le livre de Pierre DUMONT et Jean TAVOILLOT. Le Capitaine GUIZONNIER vous montrera comment on peut encore cueillir des moments fleuris alors que tout s’obscurcit…

 

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