et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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31 décembre, 2011

Belle année à tous!

Classé dans : Liens — Alain @ 10:39

 

Nous ne savons pas si nos vœux passés furent fructueux, nous supposons, pour certains nous savons, que des nuages parfois sombres vous ont survolés, mais nous savons également que des moments de sourire, de joie ont éclos aussi…

 C’est en pensant à eux que nous lions nos souhaits pour en faire un bouquet d’espoir afin qu’éclatent de petits et de grands bonheurs et que s’estompent les grisailles.

Voici un texte, tout nouveau dans nos découvertes, c’est avec beaucoup de plaisir que nous le partageons avec vous.

Nous l’avons cueilli dans un beau recueil, en langue d’oïl et en langue d’oc, de Martine Michel, un livre nommé « A Barreja ! » « Pêle-Mêle », à l’exemple de nos années…

 

Belle année 2012, à vous et à ceux qui vous tiennent à cœur !

 Alain, Huguette

 

Bonheur

Bonheur,

De quoi es-tu donc fait ?

 Le bonheur ne se raconte pas

Il se ressent,

Il ne dure pas,

On le reconnaît quand il est passé,

Le bonheur, on y court après,

Il ne s’attrape pas, mais nul n’en est convaincu,

Il se rencontre bien parfois,

On le sait quand il n’est plus là,

 Avenir, présent, passé s’unissent dans l’esprit,

Mélange brassé dans le pétrin de la vie,

Comble de sentiments, criblé de passions.

Etre, dans son acceptation,

Peut-être est-ce-là la recette ?…

Une façon de te tenir, bonheur !

Un beau conte, connu, répété et même utilisé dans mon livre : croire en son utilité envers et contre tous les vents contraires :

       Dans le train qui me remontait vers Paris, une voisine de siège, de hasard m’a fait retrouver un conte que j’avais entendu ou lu avec des circonstances, des personnages différents, mais qui en tous ses avatars portait toujours la même force.

           Pour ce jour, c’est en Chine qu’elle m’a transportée, près d’une vieille paysanne dont la fonction depuis très longtemps était d’alimenter le hameau en eau.

      Plusieurs fois par jour, son balancier en équilibre sur ses épaules, elle portait ses cruches vides jusqu’à la source éloignée et les rapportait pleines et fraîches.

          Seulement, l’une des cruches, récente, solide, rapportait toute son eau, sans en perdre une goutte alors que l’autre plus âgée, usée, fêlée suintait tout le long du chemin et arrivait à moitié vide au village. 

         Évidemment, la belle grosse cruche se moquait de la pauvre cruche fissurée qui en souffrait  beaucoup.

         Un jour, elle n’y tint plus et osa parler à la vieille Chinoise :

         - Tu dois me jeter ! Je suis usée, je perds de l’eau et ne rapporte presque plus rien au village. Je suis lourde et tu te fatigues pour peu de résultats… Abandonne-moi ce sera beaucoup mieux ! 

         - Pas question ! s’exclama la porteuse d’eau. As-tu déjà fait attention au chemin que nous parcourons depuis tant de jours ?

        - Oui, il est long pour toi !

       - Mais non, bécasse ! Regarde bien sur ton côté, lorsque nous allons à la fontaine tout est sec, caillouteux triste… De l’autre côté, celui que tu suis, lorsque je t’ai bien remplie, poussent des fleurs splendides, toutes espèces de fleurs, de toutes formes, toutes tailles, toutes couleurs, tous parfums. Elles sont là grâce à toi.

       Sur ce bord de notre chemin habituel, j’ai semé des graines, il y a longtemps, et toi tu les arroses, doucement plusieurs fois dans une journée à chaque retour… Si je peux embellir ma maison, celle de mes amis du village, nos fêtes c’est grâce à toi. Tu es usée, tu fuis, la belle affaire ! Ce que tu appelles tes défauts pour moi, pour nous, ce sont des richesses et nous y tenons… 

         La jeune cruche avait bien compris le beau travail de sa compagne et demanda à la vieille dame de la remplir encore plus pour remplacer un peu le cruche fêlée… 

 

En ce début d’année, pensez à toutes ces fleurs écloses grace à vous et à celles que vous aller faire s’épanouir…

 

 

 

22 décembre, 2011

temps scolaire et incohérence

Classé dans : Liens — Alain @ 19:21

Le temps scolaireest un paramètre important et mérite une étude précise, non pas qu’elle n’ait jamais été menée mais jamais mise en application. 

 Mais, pour ce point non plus, il ne fut pas mettre la charrue avant les bœufs… 

         Le rythme de la journée est un paramètre incontournable, il  commande tous les autres découpages, semaine ; trimestre, année. Une journée bien construite, depuis l’accueil jusqu’au départ, est une journée qui évite les ruptures. Une journée qui ménage les temps d’éveil, d’apprentissages intenses, forts, les pauses, les répétitions, les temps notoirement peu propices à la mémorisation et les fausses mobilisations. Vous savez, l’intérêt, la motivation peut repousser, cacher la fatigue. 

         Le temps de l’enfant 

        Pourquoi avoir cassé la semaine sans réflexion sérieuse ? 

      Suppression du samedi matin donc plus de contacts informels et sympathiques, hors crise, entre parents et enseignants. 

       Comment consolider les liens entre école et familles ? Facile : suppression du samedi matin ! La semaine scolaire est réduite, et alors ? 

         Bravo pour les parents disponibles, tant pis pour les autres, ils ont le choix des activités : grasses matinées, télé nourrice, travées des magasins, la rue pour la plupart. Finis les contacts du samedi matin avec les parents libres le WE… Est-ce un mieux  

      Finis les  contacts avec le parent qui n’a pas la garde de l’enfant du divorce… finis les spectacles, les fêtes, les réunions diverses avec participation active des familles… 

          Plus de manifestations culturelles ou festives hors des soirées, après le travail. 

           Ne parle-t-on pas déjà de récupérer la matinée perdue ? Le mercredi par exemple, pour abroger une coupure au milieu de ces journées pesantes… 

              Nouvelle idée ! Une matinée consacrée aux enseignements de « base » et un après-midi sportif… Quid des apprentissages artistiques, par exemple ? 

           En Allemagne, donnée en référence, si mes souvenirs de rencontres de jumelage, sont encore nets, la matinée est étirée sur 4 h, l’après-midi offre une palette d’activités. Je ne suis pas certain que ce temps, hors cours classiques, soit obligatoire…    

           Quand va-t-on admettre que les études de chrono biologie sont bien avancées et que les propositions existent depuis longtemps. J’ai déjà participé à un colloque approfondi en 1980. 

         J’ai bien peur que ce nouveau « scoop  »  du Ministre ne soit qu’une façon, sans frais, de mobiliser l’attention avant sa période « Rythme scolaire »… 

          Quant au temps des enseignants, sans craindre de nier un salaire aligné sur 10 mois et non 12, sans vergogne après avoir toprpillé la formation, sans remord après avoir collé les stagiaires en immersion sans préparation, voilà que l’on saborde les fameuses vacances, sans explication cohérente…   

               Quand aura-t-on le courage de reconnaître que le système éducatif prend l’eau et qu’il ne faut pas colmater mais reconstruire ?

L’ECOLE EST UN TABOU…

Classé dans : Liens — Alain @ 0:29

          L’école est un tabou que ni les syndicats ni le gouvernement ne veulent aborder franchement :

-          Oui, les résultats sont évaluables

-          Ou, les enfants et les familles perturbés ne sont pas les vraies causes d’échecs.

-          Oui, nous pourrions attendre de vraies remédiations, dont l’adaptation de chaque établissement à sa population scolaire.

-          Oui, aider vraiment les écoles passe par l’égalisation des ressources selon les secteurs et les besoins.

-          Oui, une vraie formation – un projet adapté – une équipe cohérente et un responsable compétent seraient des vrais éléments de base pour une école efficace.

-          Hélas, je n’ai pas connu cette volonté et je ne la vois pas se dégager en dépit de ces défenseurs.

            En résumé la casse de l’école existe mais les solutions pour la compenser aussi : chez les enseignants d’abord ! Copions les « bons », encourageons les « hésitants », éliminons les « fumistes » et « fiers de notre quotidien », luttons contre ceux qui, « d’en haut » minent notre Ecole pour demain … « et l’école renaîtra de mes cendres » 

20 décembre, 2011

paumés d’hier et d’aujourd’hui…

Classé dans : Liens — Alain @ 23:15

           L’époque des blousons noirs n’était pas la « belle époque », c’était pour certains jeunes déboussolés par les premiers grands ensembles, déboussolés par les transferts arbitraires des « quartiers insalubres » des grandes villes vers les tours de banlieue, opération bien rentables pour les constructions urbaines, révoltés aussi car à l’époque le passage en 6èmen’était pas automatique et le conflit apprentis/étudiants pesait dans les rencontres…

            Tout cela, je l’ai connu, partagé et assumé avec des gens responsables de collectivités acceptant de faire confiance et de valoriser ces jeunes « paumés ».

             La bande était le refuge des ados, aussi violente mais plus sécurisante, plus hiérarchisée… Il fallait leur offrir plus attractif, nous l’avons fait, directement dans la rue et/ou avec des foyers, des M.J.C. balbutiantes… Différence avec aujourd’hui, l’espoir réaliste d’avoir du travail, avec lui et les premiers émois amoureux s’atténuaient les révoltes.

             Il fallait, ensuite, recommencer avec les générations montantes…, L’école, les centres aérés (à l’époque), les colos, aidaient à cette première prise en mains.

          Aujourd’hui, les plus jeunes sont tout aussi hargneux que leurs aînés et les copient, rien ne vient les réconforter, ni le chômage, ni la situation des parents ni le luxe étalé des mieux lotis… Alors oui, il faut aider tous ceux qui essaient d’améliorer sur le terrain la situation : grands-frères, associations, travailleurs sociaux, enseignants, policiers, même s’ils ne sont pas encouragés à pratiquer les liens de proximité.

           La sanction est nécessaire mais la prévention auprès des enfants, le suivi pour ceux qui ont payé, la revalorisation en bref le goût de vivre, de revivre sont indispensable pour que se rééquilibre notre société

          Mais le veut-elle vraiment ? Veut-elle que renaisse son école éducative autant qu’instructive ? Ses institutions d’accompagnement de notre jeunesse ? Si nous n’avons pas renoncé, qu’attendons-nous pour nous réveiller ? Celui qui saura faire ? Alors c’est fichu !

19 décembre, 2011

Pourquoi ai-je écrit: « …et l’école renaîtra de mes cendres! »?

Classé dans : Liens — Alain @ 20:09

         J’ai vécu l’Ecole avec passion, je l’ai rêvé avec utopie, pour une révolution possible, un besoin de croire frisant l’utopie…  Je ne suis qu’un et je suis certain que tous les mouvements sincères et actifs cautionnent, beaucoup mieux que mes pages notre droit à l’espoir   

         Depuis mes premières écoutes, dans l’aube de mon enfance, j’ai eu la chance ou le déterminisme, d‘avoir pour guide un homme extraordinaire pour lequel, donner, et il l’a douloureusement prouvé, partager, transmettre étaient le propre de l’être humain social. D’autres, peut-être parce que j’étais plus sensible à eux qu’à leurs voisins, m’ont baigné dans  « la soupe primitive », vitale de l’éducation. Mon credo est donc sans nuance ! 

         Je ne crois pas au caractère figé de la personnalité des individus, tant pis pour les psy, je ne suis qu’un rêveur… Mais, « Qu’est-ce qu’un VRAI rêve ? C’est un rêve qui dure. Et, s’il dure, c’est qu’il s’est marié. Marié avec la volonté. » Eric ORSDENNA. Notre ténacité peut nous faire transformer notre devenir en vrai rêve, donc nous rend malléable…  

          L’essentiel, pourtant, est l’enfant ! Aussi curieux, aussi éveillé soit-il, il aura toujours besoin d’être motivé, guidé, exercé… pour que les outils de la connaissance, du savoir-faire, du savoir vivre avec les autres ne soient pas les seuls fruits de sa spontanéité. 

         L’Ecole, seule, est capable d’accompagner l’éducation de la famille et de l’environnement pour procéder, en toute cohérence, à la progression harmonieuse des apprentissages autant qu’à la compensation des divers handicaps. 

         L’école ne sera véritablement ce service efficace qu’avec, pour chaque établissement, un projet adapté autant aux objectifs  éducatifs de notre société qu’à la réalité de la population scolaire qu’elle prend en charge. 

         L’Ecole ne sera véritablement cet outil d’excellence, capable de faire vivre ce projet, que si elle est dotée d’une équipe compétente dans ses individualités et cohérente dans le suivi total des élèves depuis son arrivée dans l’établissement jusqu’à sa sortie. Une équipe capable d’aider ses membres les plus fragiles, de remédier aux erreurs de mise en place du projet de fonctionnement… Une équipe solidaire et lucide. 

         J’ai connu et je connais toujours tant d’enseignants de valeur qui chaque jour font de leur classe un espace essentiel pour l’enfant, qu’il serait terrible de les conduire au découragement. il serait terrible de ne pas leur assurer, en amont comme en aval, le contexte formidable, essentiel pour que leurs efforts soient garantis par la cohérence de tout le cursus éducatif. 

         Je connais trop de jeunes désireux de devenir prof, véritablement prof, pour ne pas craindre leur désillusion, rapide et irréparable, devant un système qui ne sait ni les accueillir ni les gréer solidement. 

            Mon livre n’est-il qu’un plaidoyer supplémentaire ? 

            NON ! Déjà parce que d’autres par toutes les voies possibles et de toute leur voix plus autorisée que la mienne, l’ont clamé, et continuent à le crier.        Simple essai au départ, mon livre est devenu plus vivant, j’écoute les conseils aussi, plus romancé, plus utopique aussi, encore le rêve… Rares sont les scènes typées qui ne soient pas le souvenir arrangé de vécu. 

            Je ne pense pas avoir omis une facette de ce qui accompagne ou accompagnera le devenir de notre jeunesse.  

            Rien n’est approfondi, tout est ouvert, possible mais hélas, et les premiers retours me le confirment, amèrement peu probable. La volonté collective d’un vrai rêve n’est pas encore là…  Faudra-t-il attendre le fond du fond ? La casse totale de l’école publique pour que la privatisation devienne la seule porte possible ? 

            Dans mon livre, je dis non !  

            Avec « …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! », tout le monde s’est réveillé, à temps, et des bases, législatives, entérinent un réveil populaire. 

               Voilà, je voudrai terminer en rappelant que, malgré les biens matériels, chacun d’entre nous est un prolétaire fondamental dont la seule vraie richesse, étymologique et de fait, reste au moment du grand dépouillement, nos enfants et leur futur.  

            Bonne suite à tous !

13 décembre, 2011

Un rêve d’école!

Classé dans : Liens — Alain @ 20:55

extrait de « …et l’école renaîtra de mes cendres »                   

          Mon coffre à trésors.            

          Le soir, je triais des documents à côté d’Alice. Elle m’a demandé pourquoi j’avais mis un dossier à part. 

           – Ah, celui-là ! C’est mon « coffre à trésors ». J’ai rangé, au fond de ce compartiment velouté de tendresse, quelques messages que j’ai reçus directement, sous enveloppe ou par courriel. Des clins d’œil d’amis inconnus qui rêvent leur Ecole pour eux, leurs enfants, leurs petits enfants, pour aujourd’hui, pour l’avenir. 

          Je suis particulièrement sensible à ceux d’expéditeurs, n‘ayant aucun lien avec l’Ecole. Que leurs souvenirs et leur imagination ! 

          – Tu permets ? A moins, que ce ne soit secret… 

        – Mais non, au contraire. J’y puise des encouragements et parfois des sourires. Tiens, regarde celle-ci, lui dis-je en lui tendant une feuille. Il s’agit de la lettre d’un retraité informaticien : 

       « Mon point de vue, mon rêve ? Mon école serait mixte, assez petite. Chaque classe serait d’un effectif limité. Elle s’inscrirait dans mon village ou mon quartier. Pas plus.   

      L’école d’un état où le principe de précaution serait applicable avec bon sens, en tenant compte de la réalité et non pas d’une vue technocratique.

         Je pourrais emmener ma classe participer à la vie de quartier sans casse-tête administratif préalable. J’y ferais du sport mais du sport de base qui n’aurait pas besoin d’équipement particulier onéreux.       

       Une corde lisse pendrait, accrochée à la branche d’un tilleul. J’y ferais des exercices, des activités que je pourrais reproduire aisément en dehors de l’école, seul ou avec des copains. 

         Pour toutes les matières théoriques enseignées, le programme commencerait la première année par un survol, puis, en deux ans, effectuerait des piqués sur tel ou tel aspect. En français par exemple, j’apprendrais sans tenir compte, la première année, de tous les cas particuliers. J’apprendrais d’abord  le présent, le futur et l’imparfait sans aller tenter de cohabiter tout de suite avec le subjonctif présent ou imparfait. 

         En histoire, j’allégerais l’étude de la préhistoire, du Moyen Âge, etc… pour faire un peu de place à une époque plus récente que l’on n’aborde jamais faute de temps et peut-être pour être sûr d’être politiquement correct.  

      En géographie, je privilégierais l’Europe.       

        En éducation civique, je m’intéresserais de façon plus détaillée aux institutions élues au suffrage universel.  

       En ce qui concerne les arts, je mélangerais la pratique du dessin, de la peinture avec des messages relatifs à la télévision, au cinéma ou au théâtre pour éclairer les futurs consommateurs.      

       Je choisirais une méthode d’apprentissage de la musique qui ne passe pas uniquement par le solfège. 

        L’autorité des enseignants serait totalement rétablie tant vis à vis des élèves que des parents. Je réintroduirais le développement du bon sens, l’apprentissage d’un sens pratique multi facettes, du concret. J’y apprendrais aux élèves à travailler, de temps en temps, en groupe, avec d’autres élèves de la classe ou de l’école. 

       J’initierais à une autre langue, le plus tôt possible.        

       La découverte du monde bureautique et du réseau s’y ferait progressivement.       

       Je confierais aux enfants l’entretien de plantes, le suivi de petits animaux.  

       Une note d’humour concluait : Je n’ai pas eu le temps de calculer le budget correspondant… Amitiés ! »

           note: c’est un rêve qui a trouvé sa réalité dans bien des classes mais une réalité fragile qui n’a pas de généralisation que de la belle volonté!

 

10 décembre, 2011

L’ado.

Classé dans : Liens — Alain @ 21:26

          J’ai connu, pratiqué comme animateur bénévole et enseignant spécialisé pendant bien des années, les banlieues parisiennes, quartiers pauvres, petites villes riches et grands ensembles fourre-tout.

         Aujourd’hui, retraité, je suis intéressé et toujours intervenant lorsque l’occasion s’en présente mais dans un village héraultais.  Moins spectaculaires que dans les cités car moins concentrés, ses ados ont les mêmes problèmes d’identité à construire, d’existence à assumer que leurs semblables urbains. Les dérives sont possibles et émergent aussi : l’alcool, le vandalisme, la provocation, la drogue aussi et le mal-être toujours.

         C’est plus discret, plus renfermé pour certains, s’exprime autant par les mots sous-entendus, les cris parfois que les mutismes ou les échanges par messageries interposées, mais aussi fortement sous-jacent…

        Dans le village, je découvre les réponses fournies. Elles sont sans doute familiales donc insuffisantes à une demande aussi personnelle que sociale « être à ses yeux à travers le regard de l’autre ». Elles sont surtout associatives : difficiles dans les associations culturelles cadrées, même si le sport collectif  fait exception par sa structure « bande à confronter à une autre bande » et « je m’épuise donc je suis» ; la fanfare est un bon exutoire aussi et j’ai connu des garnements bien valorisés par la trompette et les fêtes…, mais je veux surtout souligner sur le rôle important joué par les Points Rencontre Jeunes. Foyer libre autant que sources d’investissement. Il doit offrir attraction, valorisation mais aussi code et respect. Ouvrir un PRJ, bien, lui donner vie, efficacité et longévité dépend beaucoup de ses animateurs et des soutiens que nous pouvons leur apporter pour ne pas se décourager.   

        En regard de ces manifestations minées par les budgets rétrécis, comment répondons-nous, non pas nous familles, mais nous société ? Les réponses possibles n’ont pas évoluées depuis 1965 (mes premières implications responsables) : de l’accueil, de la compréhension, du respect, des actes utiles et vrais de TOUS , ados et adultes. C’est toujours nécessaire mais de plus en plus difficile aujourd’hui parce que l’avenir professionnel est incertain, parce que nombreuses sont les familles démissionnaires engluées dans leurs difficultés, déstabilisées. Même la bande, ancien refuge des Blousons Noirs ou Dorés, n’est plus structurée, sinon par des hiérarchies de commerces souterrains.

            Restent l’amitié et les premiers émois amoureux. Toujours importants, toujours fragiles mais heureusement souvent propices aux projets constructifs ; encore faut-il en avoir les moyens… 

1 décembre, 2011

LA MER OUBLIEE nouvelle

Classé dans : pour le plaisir... — Alain @ 20:46

              Même le glissement soyeux, le soupir de soulagement comblé, puis ce reflux sur les graviers bousculés la paralysait. Elle limitait son regard à l’ondulation légère, peine esquissée, des  herbes qui bordaient la plage. S’acagnarder  à l’angle du banc de pierre, ne lui suffisait pas, elle crispait ses mains gantées sur l’arrondi de son siège, comme si une lame risquait de l’en déloger… 

                     Le ciel plombé, gris presque uniforme, rare lavis, pour des firmaments plus souvent voués aux nuages bien découpés, presque neufs, étendait  son immense coupole de l’horizon marin jusqu’aux confins du regard terrestre.  Il faisait froid, son bout de nez et ses joues valaient un thermomètre, mais pas de quoi  frémir, juste ce qu’il fallait pour donner envie de remuer. Un bon froid à tuer le ver et vivifier le sang, pas une torture…  Ailleurs, ce désir impérieux taraudait Jeanne, clouée ici alors qu’Elle pulsait près d’elle. 

             Comment dire non à ses petites-filles lorsque la promesse s’imposait :; - Mamy, on ira à la Paracou ?   

           – S’il fait  beau… Tout était dans les points de suspension. 

             Puisqu’il faut bien prendre l’air, elle avait pu les mener vers les marais, la forêt et même les rues piétonnes. Mais pour les écolières, les vraies vacances, c’était, en toutes saisons, la Paracou. Elles ne boudaient ni la piscine de l’Armandèche, ni la plage du Remblai, mais là, il y avait leur Maison. 

           Parfois, Jeanne, hissait un œil de béton jusqu’à la roche plate, presque rectangulaire, aux trois biveaux bien nets. Nat et Juju, sérieusement, avaient réinvesti leur demeure imaginaire, la salle de séjour au plus bas, la cuisine et son évier creusé légèrement au dessus et la chambre en surplomb. 

           Elle ne comprenait pas les paroles, mais le musique des phrases lui suffisait. Scènes de ménages paisibles dont les « On dirait que… » se faisaient rares et la fiction bien réelle, le temps  d’une affabulation élaborée. Bientôt arriverait le moment de les rappeler, non pas à la réalité, car le long du chemin de retour, elles termineraient leur récit vécu et envisageraient ses lendemains, mais de les ramener à la terre ferme loin de la Vorace, si pateline aujourd’hui. 

           L’angoisse qui l’étreignait, bloquait sa respiration, agitait son pouls, n’était pas récente… Elle ourlait ses jours et ses cauchemars depuis  bientôt  55 ans… depuis sa neuvième année précisément. 

          Avant, elle aussi avait connue la maison de la Paracou, pratiquement la même ; l’érosion n’avait fait que polir les sols, accentuer les dénivelés, hisser avec plus d’évidence, ses reliefs hors du sable… Avec ses cousines, les garçons n’étaient que des invités auxquels on servait des brouets d’algue ou des soupes vaseuses, elle s’inventait une bulle hors du présent. Alors, elle ne tremblait pas au flux et au reflux, leur chuintement, pas  plus que le grondement des rouleaux et leur éclatement sur les crêtes des écluses, pas encore abandonnées, n’était que fond de vie, inséparable de la Chaume, de son monde. 

             Alors, elle ne venait à la Paracou que pour accompagner sa mère comme elle-même l’avait fait autrefois, pour crocher des étrilles, quelques dormeurs et décoller des jambes. Pour les petites des chapeaux chinois… De temps à autre, la coiffe de tous les jours, à peine ailée, se redressait dans les cursives de la marée basse et s’agitait vers elle avant de replonger. La mer était là et il était impensable qu’il en soit autrement. 

        Ses filles, Marianne et Sophie, avaient aussi habité la maison de schiste, mais sans elle. Ce n’est pas que, petite fille, elle ignorait les menaces et les attaques de l’océan… Aucune famille de la Chaume n’avait été épargnée et aucune ne pouvait oublier ses vues sur les hommes embarqués. 

          Très tôt elle avait aussi compris, admis le soulagement qui montait du port au retour des bateaux. Elle savait que, les dundees halés par tous les bras disponibles, le ventre des navires vidé de sa moisson, les chariots roulés jusqu’aux bancs de la poissonnerie, les femmes allaient éventrer, épibosser, étêter, saler, liter les poissons. Elle savait que les matelots plus lourds de leur part, se retrouveraient bruyamment dans les cafés du port, rescapés encore une fois. 

            Plus petite, elle restait accrochée au tablier de sa mère, du départ de la petite maison dans la ruelle étroite jusqu’au retour cahin-caha sur les pavés disjoints.   Le père rentrait presque en même temps, bien échauffé, mais  plus tôt que la plupart de ses copains : le regard et la poigne de sa femme, lui avait conféré une modération devenue habituelle…  Elle savait bien qu’il fallait bien que le souffle se relâche et que la rage de se savoir sorti de la grande brasse s’exulte, mais pas plus que de raison. Il était bien sec, noueux, ce père et bien solide aussi. Autant sa femme, grand-mère La Chaume pour les petites d’aujourd’hui, avait la goule ben avezée, autant lui était un taiseux.  

            Entre la petite Jeanne et l’océan, c’était le statu quo : « Tu es là, je suis là. » Son oncle, cet aventurier aussi sec que son père, parle de toi comme de ces poules qu’il se vante de vaincre de haute lutte. Ses exploits, repris, enviés et vilipendés par les adultes toujours oublieux des petites oreilles, la confortaient dans sa conviction que la mer ne pouvait rien contre  ses hommes. Puis, il y eut ce 27 février 1929. Sur la jetée, les femmes attendaient les bras serrés sur les mantilles de laine. Des lames énormes s’enrageaient sur le brise-lame, des falaises se dressaient jusque dans le chenal et écrasaient leur colère derrière les chalutiers qui avaient réussi à gagner le havre. Pour les autres, s’élevaient les prières, peut-être les incantations, en un en un bruissement soutenu… 

           La petite était là ! Le Louis-Perpétue aurait, peut-être, pu rejoindre les autres remontés au large, loin des passes cruelles, mais le Petit Florent s’était brisé. Ses matelots, ludions terriblement  joués par les lames, n’avaient plus qu’eux pour fragile espoir. Aimé tendait le bras, tendait le corps vers Désiré, deux prénoms voués à la vie, à la soif d’amour, deux marins à chaque extrémité d’une ligne de survie invisible durement frappée par des boutoirs démentiels. 

           D’autres DUNDEES, avaient pu se tirer des passes dangereuses et se maintenir plus au large ballotés par des vagues démesurées, le « Louis Perpétue » était du nombre, le bateau de sauvetage trop loin pour être avisé du drame, il se devait de quitter le fragile abri de son mouillage pour approcher de l’épave. Déjà Louis, le patron avait su approcher suffisamment pour que ses quatre matelots cueillent sur une crête René le mousse et « Pâquâtoute ». le capitaine, pourtant difficiles à décrocher de leurs planches dans un creux. Trois naufragés, Alphonse, Pascal, Désiré, montaient, descendaient, ludions d’un jeu cruel dont le prix était la vie. Aimé, avait les yeux de Désiré dans les siens, son pays avait croché la bouée, la prochaine furie le porterait à hauteur de bastingage, Aimé le sentait, la voyait s’enfler, monter, la bras gauche étiré, la man droite cramponnée à la lisse, il n’était plus qu’à peu des doigts qui le frôlaient ; frappé par la même lame, le louis perpétue se coucha sur bâbord creusant un abîme entre les deux hommes. Les yeux ne se décrochèrent que lorsque Désiré disparut… 

           Elle avait 9 ans, son père, Aimé, qui avait survécu à la guerre des sous-marins de fer blanc pendant la première, mondiale, qui en riait même en évoquant ses orteils bouffés par des gaspards dans ces cercueils flottants, son père est rentré au port… Le dundee s’est amarré au quai, les cales à moitié vides, pleines plutôt, tant cette marée pesait lourd, encore une fois, les coiffes à peine oscillantes des femmes ne couvraient que le silence des catastrophes. 

          Près de sa mère, la petite guettait. Même lorsque les amarres furent une à une, touées jusqu’aux bittes, rageusement sur des épaules courbées ou empoignées le long des ventres durcis, même là, semblable à bien d’autres drôles et drôlesses, elle n’avait pas lâché le tablier de sa mère. Les hommes sont descendus, les yeux caves, le front brutal, accomplissant les gestes d’habitude mais sans volonté. 

          Aimé ne devait se fermer qu’au lendemain, pendant la nuit peut-être, comment différencier son nouveau silence de celui des autres ? Jamais sa douleur ne révèla sa profondeur et ses couleurs restèrent bien superficielles, pareille à cette mer où les hématomes, les plaies mêmes s’effacent mais ses fonds conservent à jamais les traces des forces disparues. Celles d’Aimé avaient sombré, ses jambes, ses bras se figèrent comme l’avait déjà fait sa langue…  Peu à peu, seuls ses yeux traduisirent la tempête qui toujours bouillonnait en lui, avec ses démences et ses accalmies, où remuaient les épaves de son naufrage intime. 

           Pour la petite Jeanne, au fond de cette étroite maison de la plus étroite des rues de la Chaume, commença une nouvelle vie. Pour sa mère aussi. 

            Jamais la mer ne fut mise au banc des accusés, même l’argent qu’il fallait bien gagné, même le sort qui les avait fait naître dans un port avec pour seul choix que l’embarquement. La fatalité dominait, pétrie de peurs, de croyances anciennes, de foi absolue étrangement soumise à la priorité de l’instant présent. Pour la mère Monne, car pour Jeanne, l’église ne fut plus qu’un lieu vide, plus de dieu, rien que des démons…. 

          Rien ne la protégeait de la féroce angoisse qui l’envahissait lorsque ses yeux se tournaient vers Elle, la mer.  Féroce parce qu’elle se sentait les entrailles mordues par ce fauve qui lui avaient volé son père rieur pour lui rendre une poupée de son, aussi tendre à chérir qu’une poupée, aussi attentive à ses histoires, aussi peu réactives. Même ses regards, il lui fallait leur donner une signification. 

           Les campagnes de pêche, emportaient les pères, les frères, les cousins de ses amies et laissaient femmes et enfants l’attente, une attente sans dire, évoquer aurait pu porter malheur. Une attente qu’elle ne partageait plus.   Comme si Aimé était en une pêche perpétuelle, même lorsque Jeanne poussait son fauteuil roulant le long de la jetée, on n’en parlait pas. Pire que le rescapé, pire que le péri, il était celui qui avait vu et qui s’était refermé sur le regard de Désiré. Lui, regardait au-delà de la barre qui mourait à l’entrée du bord pour s’étaler entre les bras des jetées… Lui fixait l’horizon même quand la corne de brume mugissait et que les lames claquaient   Sa fille regardait le dossier, la casquette vissée sur la tête du père. 

         Ce fauteuil avait été longtemps le mirage de la maison. Jeanne avait fini par y croire come à une légende, toujours racontée, jamais réalisée… Les sous de la caisse d’entr’aide avait payé les premières nécessité : le loyer, la nourriture et la chaise percée. Heureusement, Aimé était devenu encore plus sec, léger et sa femme était, c’était connu, une force de la nature chaumoise dotée de cette hargne, de cette volonté qui sublimaient ces femmes de marins. Pour gagner le bout de la ruelle, toujours sombre et offrir à son mari la cueillette de rayons de soleil elle le portait sur une chaise pour l’installer sur la placette, non loin de l’église, près d’elle, tricoteuse de kilomètre de chaussettes ou près des jeux de la fillette.   

         Pour la nuit,  lorsque retentissait la sirène de l’usine annonçant l’arrivée des dundees, lorsqu’elle descendait jusqu’au quai pour tirer les bateaux, décharger les caissettes, les porter sur les bancs, trier, gratter, saler… lorsqu’elle rejoignait l’arroi des femmes endormies tirées des logis, elle pinçait le bec, en laissant sa fille éveillée, gardienne de son père figé. Plus jamais, la petite ne regarda la mer. Elle pouvait longer le quai en gardant les yeux sur les maisons ou sur les tas de charbon de la Cabaude, le pont était la limite de son bas de ciel… Même domestiquée, derrière les portes ferrées, la mer n’existait que comme existe la Dame Blanche, les ogres, le Père Fouettard, dans ses peurs irréelles… Une entité effrayante. Dès qu’elle fut en âge, elle s’enfonça dans le ventre rassurant des Sables. Placée chez une couturière. Chaque soir, ramenait la cousette dans la ruelle étroite, près de son père au regard de plus en tourné vers son intérieur. Lorsque la sirène de l’usine résonnait trouant la nuit, sa mère s’équipait, coiffait son bonnet que deux longues aiguilles clouait à son chignon vite torsadé et partait vers la sertisseuse qu’elle était fière de se voir confier… Le lendemain, c’est encore endormie que Jeanne partirait vers l’atelier. 

           D’autres nuits, c’était des coups sourds, retenus, qui pourtant l’éveillaient : quelqu’un passait et il fallait l’apprêter pour son dernier voyage. C’est encore Monne qui officiait et poursuivrait en allant l’annoncer de porte en porte. Son calme, l’autorité de ses yeux délavés imposaient la retenue et le respect des usages. Jeanne grandit, son désir d’être ailleurs était aussi grand que son besoin d’être ici. 

         Ailleurs, c’était ce cousin qu’elle fréquentait et qui lui promettait Paris et un métier de terrien ; ici, c’était son coin de maison, le bref éclat qui parfois allumait le regard de son père à sa voix. Ici, c’était sa mère, épaisse, dense, campée sur la possession de chaque mètre carré des rues qu’elle arpentait, fière de son indépendance et de son affirmation d’être au-delà de toute compassion. Et pourtant si fragile lorsque, la maison endormie, elle se courbait sur la toile cirée. Monne pleurait, d’une retenue mouillée, mais sa fille en percevait assez pour ressentir à travers l’épaisseur de son édredon le poids solitaire de la peine dissimulée.. Jeune fille, Jeanne vécut la seconde guerre comme une menace lointaine, en dépit des uniformes ennemis qui sillonnaient les rues des Sables, ne lui parut jamais aussi perfide que la mer, c’était une menace d’hommes qui voulaient prendre à d’autres hommes, pour dominer, posséder, par la menace aveugle d’éléments sans raison. Pourtant, elle lui fit attendre sept ans son promis, service militaire, ligne Maginot puis stalags, le compte y était. 

          Aussi dès le retour du prisonnier, la noce fut abondée par les parents, les amis, et leur donna le droit au départ vers la capitale. Aimé ferma complètement les yeux en 54, il avait eu le temps de deviner la naissance de deux petites filles. 

               Monne devint Grand-mère La Chaume, sans doute parce que, pour elle, elle l’incarnait profondément.  Elles aimaient la retrouver dans le quartier du Village Neuf, où elle vivait désormais. Si leur Mamy Jeanne les déroutait pour éviter la route bleue, Monne au contraire les conduisait vers les rochers, jouait dans les recoins du Fort Saint Nicolas et leur donnait un temps impossible avec sa fille autrefois. Lorsque le mal s’empara d’elle, elle plia ses affaires, épura une âme pourtant souvent confessée et rentra à l’hôpital en déclarant, avec sérénité, qu’elle n’en reviendrait que pour le vieux cimetière. 

            Ce fut la première et la dernière fois qu’elle s’en remit à la médecine, pour elle au moins. Peu de temps avant de céder, Monne, sans étonnement eut une grande joie. 

           Marianne, sa petite fille, avait ramené de Lourdes une plaquette de diapositives. Pourquoi, allez savoir, elle savait simplement que sa grand-mère y avait emmené Aimé.. Sur l’une des vues, sépia, Monne se vit très nette, très souriante les deux mains bien accrochées aux poignées du fauteuil, Jeanne accotée à l’accoudoir droit. 

        C’était évidemment, gare aux sourires dubitatifs, un signe. Aujourd’hui, ce sont les arrières petits enfants d’Aimé et de Grand-Mère La Chaume  que garde  Jeanne pendant ces vacances d’hiver… Les parents travaillent  tous deux à Nantes et n’envisagent pas de demeurer loin de la côte. Elles traversent les vagues de l’été, se roulent dans les creux, écument les casses, traquent les crevettes… La mer est leur ressource d’énergie mais jamais elles ne s’étonneront du recul de leur mamy. Jamais elles ne fouilleront de leur pourquoi, ce déni de l’océan…. Pas plus que leur mère, leur tante, elles ne tenteront de comprendre ou de vaincre cette peur… « Moi, je crains les oiseaux… » « Moi, ce sont les chats ! » C’est comme ça. Point sans suspension. 

          Les voilà à la maison, douche pour élimer sable et suées, Pendant que Mamy prépare le dîner que sa fille réchauffera, déplie la table de repassage, pour avancer, les filles s’éclatent autour d’un dessin animé, prétexte à se lancer les moqueries les plus loufoques…, 

            Demain, c’est samedi, deux jours de repos pour les parents. C’est eux qui passeront la voir. La voiture pointe ses phares au bout de la rue, alignée face à la maison, une belle position cette courbe…                 

          Le linge est plié, la table, le fer rangés ; elle n’aura guère le temps de discuter avec sa fille… Son sac est prêt, son manteau et son foulard l’attendent sur une chaise. Les filles s’agitent contre la baie et adressent autant de bises que de grimaces aux arrivants. 

-  Ça va ? -              

- Ça va ! La semaine est finie… 

            Les filles raconteront leur journée, la mamy est pressée, juste le temps d’indiquer ce qu’elle a préparée et donner les consignes de finition… 

            Comme chaque soir, son gendre lui propose de la reconduire… Bernique ! Pas question, elle peut et veut marcher. Par la rue des Sauniers, elle gagne, le café bleu, l’église, monte jusque chez Madame VENDEE. La grimpette de la Vierge l’a fait un peu plus souffler. Elle lui préfère les zig-zag des rues brisées. Les maisons rapprochées étouffent la réalité de l’Autre. En atteignant la rue du Sémaphore, elle jette un dernier regard sur le ciel. Elle sera calme la traîtresse, les petites retrouveront leur maison et leur épuisette. Elle se terrera en les attendant. 

      Cette nuit, la corne de brume suppléant aux phares impuissants, clamera les périls à ceux encore sur les flots, elle vrillera son esprit et narguera son déni.  Elle ne dormira qu’assommée par les cachets verts, la main crispée comme naguère au tablier de sa mère. Dans la maison, à la limite des landes de la Paracou, son gendre a raccroché le tableau qu’il retire chaque fois qu’elle vient chez eux. 

        Sous un ciel barré de trois rubans sombres, la mer joue en des bleus trompeurs.  Aimé tend son bras, Désiré  va saisir la bouée, s’élever et la vague aux dents acérées, gueule ouverte va les séparer… Ce naufrage, les filles, grandes, petites l’ont intégré à leur histoire, mais pas à leurs peurs. 

            Lorsque Mamy est là, le tableau de Paul- Emile Pajot retrouve sa planque dans la chambre des parents. Dès qu’elle est partie, le rectangle, un peu passé, disparaît sous le cadre. 

          Avec Désiré, a sombré le désir de vie d’Aimé, gravant à jamais une angoisse et un déni farouche dans le cœur de Jeanne. Pourtant, aujourd’hui, pour tous, enfants, petits-enfants, la raison et la force d’être, c’est ce bras tendu vers l’autre, au milieu de la tempête. 

pédagogie(s) différenciée(s)

Classé dans : Liens — Alain @ 20:33

              Nos établissements ont fourmillé d’initiatives originales, mobilisatrices, motivantes, certaines, beaucoup étaient, sont discrètes, d’autres se sont révélées dans  revues pédagogiques ou de vulgarisation. Elles doivent nous inspirer…                

           Nous voulons que, dans notre Ecole, l’enseignement se base sur la pédagogie différenciée, sans dissocier la classe hétérogène.             

           Sur un fonds commun, les exercices préparatoires sont adaptés, les réflexions et recherches aidées, guidées individuel-lement ou par petits groupes, la leçon collective, les exercices d’entraînement progressifs selon les difficultés et les corrections, de vraies répétitions voire remédiations…              

                    C’est revaloriser une véritable pédagogie de cycle.             

                  Je ne suis pas un professionnel de la pédagogie mais j’ai appris ce qui était possible, souhaitable en écoutant, questionnant tous ceux dont le métier est d’enseigner.               

                Nous avons insisté sur la nécessité, à chaque étape des acquisitions, de bilans non pas discriminatifs mais, témoins individuels des progrès, des retards, de la mosaïque des

apprentissages réels. Des bilans qui aident à établir le devenir à long terme de tous les élèves            

               Des bilans qui précisent aussi la démarche et l’impact du travail pédagogique de l’enseignant, de l’équipe de cycle, de l’équipe d’école…          

       Aucune progression ne doit être envisagée sans un bilan réaliste, comparée à la Norme Nationale et à la réalité des cas. Pas de bilan sans remédiations non plus.

Les raisons de la colère.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 0:08

            Nombreuses manifestations locales pour sauver les moyens de l’Ecole, notamment s’opposer à la fermeture de classes. J’adhère totalement à cette colère mais entendrons-nous parler de la nécessaire réhabilitation de notre système : la réflexion sur les structures de chaque établissement par chaque équipe (large : enseignants et partenaires) pour adapter pédagogies, méthodes, accueil, éducation et instruction en un projet cohérent et un suivi méticuleux? Les moyens de base, face aux effectifs sont nécessaires mais les moyens spécifiques pour tenir compte des réalités par secteur sont aussi indispensables… et ça, seule une véritable implication d’une équipe solide, bien motivée et dirigée peut l’offrir.  Ce n’est pas suffisant, certes, mais  primordial si nous ne voulons pas que les intentions mosaïques, même généreuses, ne soient que des cautères sur une jambe de bois scolaire fragile. La longue érosion de notre système me rend bien dubitatif…

              Un seul objectif : que la confiance des familles soit bien placée, établissement par établissement. Certaines écoles sont vraiment à la hauteur, envers et contre tous les obstacles, mais au prix de bien des efforts et surtout avec la menace de l’aléatoire attaché à la disparition des animateurs, la mouvance de l’équipe…   Pour que l’enseignement ne soit pas une loterie, il faudrait à notre système un cadre national clair et généralisé, des bassins scolaires bien définis déjà en harmonie avec son environnement, des écoles adaptées à leur population, une réelle formation à ce travail cohérent ensemble autant qu’une réelle formation à une pédagogie différenciée, capable de répondre à nos classes forcément hétérogène…

            D’autre l’ont développé bien mieux que moi, et depuis longtemps, après même de belles consultations-réflexions nationales, même si mon « … et l’école renaîtra de mes cendres ! » se voulait complet, mais sans entraîner de vraies remises en question ni surtout de vrais projets.

             Ce ne sont pas les programmes de nos candidats qui font luire le soleil de cette reconstruction…

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