et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

19 novembre, 2011

Conte de notre village: LE COUCAÏROUS

Classé dans : Liens,pour le plaisir... — Alain @ 13:06

( A partir des histoires déjà créées et de suggestions diverses…)

Regardez comme il est énorme le Coucaïrous ! Regardez comme sa tête est grosse ! Regardez comme ses grandes mâchoires sont puissantes et ses oreilles pointues ! Et ses yeux ! On dirait qu’ils vont envoyer des éclairs….

Figurez vous que j’ai parlé avec des gens qui l’ont bien connu autrefois. Dès sa naissance, il était de cette taille…

Beaucoup de gens buvaient l’eau de la fontaine, les porteurs d’eau étaient importants alors… Une mamette et une petite porteuse d’eau m’ont raconté qu’on ne l’entendait que lorsqu’un malheur arrivait dans Saussan, alors il venait aider les villageois. Mais seuls ceux qui portaient de l’eau de maison en maison pouvaient lui parler.

Ce qu’ils m’ont dit aussi est un premier secret et pourtant je vais vous le raconter, vous ne le direz qu’aux Saussannais sinon gare au village, il n’aurait plus de protecteur…

Bon écoutez ce que me dit la porteuse d’eau : elle a assisté à la naissance du Coucaïrous ! Mais oui ! Mais oui ! Elle s’approchait de la fontaine pour prendre de l’eau lorsque du trou de la source est sortie un son terrible qui fit trembler l’air, plier les arbres et grondait dans les oreilles. Une voix de géant, à faire frémir tous ceux qui l’entendaient dans le village. Elle recula et vit un œuf énorme, il dépassait de l’ouverture de la fontaine, un œuf qui craquait, qui se fendait. Le hurlement sortait de l’œuf. Tout le monde ferma portes et fenêtres et se cacha dans les maisons, dans les remises, dans les caves… Personne n’osait regarder ce qui naissait, personne sauf la petite porteuse d’eau. Car curieuse, elle s’approcha de la fontaine et chanta :  « Coucaïrous, Coucaïrous, sors de ton trou toi qui es si douce…. » 

La grosse bête n’était pas sortie mais avait poussé son hurlement affreux.

La porteuse d’eau n’avait pas tremblé, elle  répéta sa chansonnette :

« Coucaïrous, Coucaïrous, sors de ton trou toi qui es si douce…. »

Il a crié plus fort et la petite fille n’a plus rien dit, plus bougé.

L’animal, persuadé que tous étaient enfermés dans les maisons, s’est glissé hors de sa coquille, hors de son trou. La petite fille a vu une patte, deux pattes, une tête toute ronde et un corps tout carré, gigantesque! Comment ce monstre si effrayant pouvait-il sortir d’une coquille d’œuf toute fragile ?

C’est elle qui lui a donné son nom. Souvent ? sa mamette disait : «  Oh coucaire ! devant une situation extraordinaire – oh coucaire le beau gâteau ! » Coucairous ?           C’était aussi un mot qui voulait dire « chenapan, coquin… » Alors vite, il est devenu son Coucaïrous, un coquin extraordinaire.

Le Coucaïrous a sursauté et vite est retourné dans la fontaine.

- N’aie pas peur mon Coucaïrous,

- Je n’ai pas peur mais c’est toi qui aurais dû trembler ! Maintenant, maintenant personne ne me craindra…. Et je ne pourrai pas protéger le village. Je ne pourrai pas crier sans faire rire ; je n’ai plus qu à partir…

-Ne sois pas en colère, ne bouge pas Coucaïrous, moi je t’aime beaucoup et je te trouve effrayant mais gentil. Je connais quelqu’un qui va sûrement t’aider. Je reviens, tu me promets de m’attendre?

- Bon, oui mais pas plus d’une heure, après je me sauve loin, loin, loin…

La petite fille partit en courant et alla rejoindre sa Mamette. Elle lui raconte tout, tout…

- Tu as raison de l’appeler le Coucaïrous, sais-tu qu’ à Saussan, il y a un endroit qui se nomme ainsi. Peut-être parce qu’il y avait des coupeurs de bois, qui taillaient des entailles ; des couces. La vieille dame continua, Attends, j’ai une d’idées ! .


La Mamette ferma les yeux et creusa son cerveau…

-          Vite, vite, dit la petite fille sinon le Coucaïrous va se sauver!

-          J’ai trouvé dit sa grand-mère, je t’expliquerai en chemin.

Toutes  les deux partirent en courant vers
la Fontaine.

La petite porteuse d’eau appela :

- « Coucaïrous, Coucaïrous, sors de ton trou toi qui es si douce….»

En entendant la formule, l’animal extraordinaire montra sa tête.

Il gronda : – Que veux-tu maintenant ? Tu crois que tu ne m’as pas assez nui ?

-          Mais non, au contraire, avec ma mamette, nous allons t’aider, tu vas voir, fais nous confiance…

Toutes les deux se sont approchées du trou de
la Fontaine et ont expliqué au Coucaïrous, leur idée. Elles allaient le garder fort, grand, gros, aussi grand, aussi gros, aussi fort que sa voix., aussi effrayant, mais gentil, très gentil….

Et alors que s’est-il passé ?  Et bien je vais vous confier un autre secret.

Elles ont réuni des enfants, les plus sages les plus gentils comme vous ; et avec la porteuse d’eau, avec
la Mamette, en cachette, sans s’effrayer de sa une grosse tête, de son museau, de ses dents pointues, de son gros corps poilu tout vert, de ses yeux malins, de ses longues oreilles, jour après jour, ils l’ont nourri de plein de bons légumes, de gros fruits, de raisin surtout…

Depuis le Coucaïrous ne mange pas de petits enfants, il n’aime pas la viande, non ! non! Il n’a même plus de dents.  Notre Coucaïrous, est un gourmand mais il dévore des salades, des carottes, des navets, des pommes, des poires, des figues, des jujubes, des grenades aussi… et du raisin surtout…

Peu à peu, le terrible Coucaïrous, gros comme un dragon est devenu l’énorme, l’effrayant monstre que vous voyez, mais si gentil, si gentil pour les petits enfants..

Pourquoi fallait-il le garder? Et bien voilà un nouveau secret :

Le Coucaïrous est le protecteur de notre village, si quelqu’un de méchant se présente ici, vite le Coucaïrous sort de son trou et chasse le vilain en hurlant puis après il retourne dans sa Fontaine.

Mais nous à Saussan, nous savons qu’il ne mange pas les gens, que les légumes et les fruits.

En plus, la petite fille lui avait demandé quelque chose :

«  Coucaïrous, lorsque qu’un ami vient te dire bonjour ou te demander de l’aide, en te disant appelant (souvenez-vous de la formule…)

« Coucaïrous, Coucaïrous, sors de ton trou toi qui es si douce….»,

et bien tu fais très peur avec ta grosse voix ;  alors maintenant, si tu le veux bien, au lieu de hurler, je te demande de siffler et nous sifflerons avec toi…

-          -D’accord à répondu le Coucaïrous.

La petite porteuse d’eau est partie dans toutes les rues du village en dansant et en  chantant :

-          A la fontaine romaine,

-          Il y a longtemps je suis passée.

-          Le Coucaïrous j’y ai trouvé.

-          C’est ainsi qu’autrefois on l’avait nommé.

-          Vous le verrez peut-être, tu le verras peut-être,

-          Ou tu l’entendras siffler…SSSSS.

-          Vous le verrez peut-être, tu le verras peut-être,

-          Ou tu l’entendras siffler

-          Si tu es en paix….SSSSSS

-          Entre Brue et fontaine, il habitait

-          Et le village, il veut protéger

-          Tant que les Saussannais

-          Sauront se rassembler.

Depuis tous les ans, Coucaïrous se promène dans nos rues et siffle, siffle et nous sifflons avec lui.

Moi je connais des gens qui sont des amis du Coucaïrous et souvent ils vont lui brosser son poil,  lui frotter les écailles et le nourrir avec des légumes et des fruits pour qu’il reste notre terrible copain de la fontaine. Peut-être un jour iras-tu aussi retrouver les amis du Coucaïrous ?

En creusant l’Occitan  COUCAÏROUS: celui qui fait des « coces » encoches dans le bois.

Couarralhum : un gueux un chenapan…  par extension : espiègle malin, taquin, coquin

Coucairé : pain de pastel

Coucanha : pays imaginaire où tout est prospère (cocagne)

Lieu-dit de SAUSSAN aussi… vers la voie romaine

Laisser un commentaire

 

parcelle 53 |
Éloge des Loges |
MAYACAT-ESOTERISME |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Cérelles C'est Vous !
| Carbet-Bar
| roller-coaster x