et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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31 octobre, 2011

- 66 – LES CŒURS EN FÊTE.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 21:40

      « Dans notre République, liberté de conscience, liberté d’esprit, définies par la loi, nous donnent des droits : celui de choisir, par exemple la nature et la forme des cérémonies qui ponctuent notre vie. » Comité 1905 de l’Ain 

           Juin s’est achevé par les traditionnelles festivités scolaires, renouvelées en chaleur, confiance et solidarité… 

              Après bien des échanges, l’unanimité s’était arrêtée sur une Fête de l’Ecole et de l’Avenir, fin septembre. Les textes seraient bien avancés, les établissements auraient trouvé un nouveau souffle. 

            La rentrée serait achevée, l’année sur ses rails, la fin de l’été à peine attiédi, les esprits pleins de bonnes résolutions. Une belle manifestation d’unanimité autour de notre Ecole ne trouverait pas meilleur moment pour s’exprimer.  

           Notre réseau allait chauffer ; il ne s’était jamais vraiment refroidi. Au contraire, notre site avait été choisi pour recevoir les expériences diverses, les questions, les deman-des et les offres de ressources les plus larges. Nous étions fiers, que hors pédagogie, pour laquelle existaient déjà bien des supports, notre ligne serve à confirmer convivialité et solidarité. 

            En avant goût, nous avons inauguré, en juillet, lorsque la saison touristique a été lancée,
la Maison de l’Ecole élaborée par David. 

Son enthousiasme avait été tel que la ville qui l’avait sollicité pour la recherche de mobiliers et d’accessoires, lui avait confié la réalisation complète du musée. 

            Il en était très fier, d’autant plus fier qu’avec l’accord de la municipalité, il avait obtenu une salle supplémentaire dans l’ancien bâtiment scolaire. Il en avait fait, avec mon inventeur de père, une classe « Méga moderne », presque magique, au mobilier fonctionnel mobile pour le travail plénier, en groupe, individuel… à la documentation vidéo, évidemment consacrée à l’Enseignement dans le monde, abondante. Les murs pouvaient devenir écrans ou tableaux numériques. les branchements Internet étaient aisés, guidés, surveillés. 

           Des coins ateliers élémentaires, comme ceux de peinture, de couture, de petits bricolages dans la classe d’autrefois, à ceux d’écriture, de compositions, de situations prob-lèmes… assistés par des logiciels récents… tout était camouflable, remplaçable par des astuces que n’aurait pas reniées Rob. 

           Les livrets des écoles Coopératives, les Bibliothèques de Travail abondaient dans l’ancienne classe et l’ouverture vers les ressources presque universelles leur faisait contre-point dans la salle contemporaine voire futuriste. 

Le Maire du village au bord de l’Oreuse dans l’Yonne avait été invité et avait vu renaître, avec émotion, le cadre si semblable à celui de son enfance. 

          Comble de bonheur, Robert et Alice avaient commen-cé leurs vacances d’été et assistaient au triomphe du Broc 

          L’assurance que nous irions vivre, tous, tour à tour, avec eux à la Rouvièrette, leur donnait assez d’énergie pour envisager un long séjour cévenol. Peut-être même jusqu’à la venue de Sylvain avec lequel ils repartiraient à Paris après la Fête des Ecoles. 

          Nous savions très bien que ces courageuses résolutions seraient difficiles à tenir longtemps à leur âge. La rusticité de leur retraite, améliorée, agrandie certes, mais fragilisée par tous les impondérables de l’isolement, ne leur permettait plus les promenades caillouteuses, les brusques orages, les grosses chaleurs et les fraîcheurs inopinées… Les possibilités de soins, en cas d’urgence, étaient reculées donc un peu inquiétantes… 

           Heureusement, mes parents, puis David, puis nous, avions prévu, à leur insu, de les accueillir lorsqu’ils faibliraient. Ce ne sont pas les prétextes plausibles qui manqueraient pour présenter leur présence comme nécessaire et ne pas friper leur amour-propre. 

           Un ensemble de petits espaces verts cernait le bâtiment et la cour de récréation ; elle aurait plu à l’un des correspondants de mon coffre aux trésors : il n’y manquait même pas la corde à nœuds tombant de la grosse branche d’un tilleul. 

            Une association était née. Elle comptait les coopératives des écoles de la ville parmi ses adhérents. Ils participaient à l’entretien du musée, utilisaient les richesses du passé et celles d’aujourd’hui. Cultivaient les plates-bandes et le potager… Cela représentait peu de temps par classe mais toutes, même celles de maternelle, y trouvaient régulièrement un coin à leur niveau pour s’investir. Souvent, des anciens les retrouvaient pour mêler jeunesse et expérience…         

           
             La Maison de l’Ecole que nous inaugurions, après quelques mois de fonctionnement, promettait de belles journées chaleureuses et éducatives… 

30 octobre, 2011

Les rythmes scolaires.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 22:18

            Certainement l’un des plus délicats des paramètres de la vie d’un établissement d’enseignement avec la programmation cohérente des objectifs et l’adaptation des besoins à la diversité des niveaux réels de connaissances.
           C’est sans doute ce qui explique que tant d’études, de conférences, de campagnes de consultations même ont permis autant de propositions que de découragement et que l’abandon, en général, a répondu à la diversité des avis de chrono biologistes.
            Rythme scolaire est une appellation parcellaire car que signifierait-elle si elle était prise à part d’une observation globale du temps de l’enfant :
          Chaque enseignant peut témoigner de la grande diversité d’attention, de perception, de mémorisation de fatigue selon le rythme de la journée d’un enfant heure d’éveil – qualité et moment du petit-déjeuner – prise en charge par une aide quelconque (assistante – crèche – amie – parents disponibles jusqu’à l’entrée à l’école…) – cantine ou retour à la maison ou repas chez des amis – éloignement ou proximité du domicile – temps ce soutien -… repos véritable ou télé-agitation … idem pour le soir (garderie – ateliers sportifs ou culturels – disponibilité ou non des parents – télé – heure du coucher…) peu de schéma vraiment semblables.
           Pour nombre d’enfants le rythme de la journée se résume par une compensation de celui imposé par le rythme des adultes.
           Dans cette diversité du temps quotidien, pour l’instant, quel doit être le rôle d’une attention portée au rythme scolaire?
1- Compenser les inégalités du suivi et ruptures rencontrées dans le temps global de l’enfant (temps d’arrivée et d’insertion chaque matin – qualité de l’accueil par exemple).
2- Mettre chaque enfant en situation optimale d’attention et de fixation dans la bonne connaissance des apprentissages.
3- Tenir compte de la diversité des rapidités d’assimilation (précocité – lenteur – handicap…).
4 Les grands domaines du rythme scolaire :
- La séquence d’acquisition avec l’éveil de l’attention – la découverte nouvelle- sa fixation –son retour à la détente (en chronobiologie c’est la courbe de Gauss, je crois la cloche montée – pic – retour
- L’enchaînement des activités dominantes. (intellectuelles – sportives – ludiques – manuelles)
- La journée scolaire équilibrée (ce n’est pas forcément fondamentale le matin et tiers temps l’A.M. ) loin de là mais des séquences en cloches dans tous les domaines en tenant compte des moments difficiles (arrivée du matin – début d’après-midi par ex…)
- La semaine bien équilibrée aussi mais déjà bien compromise par la suppression du samedi matin- l’ouverture du mercredi ne peut être possible que pour des journées bien construites, actuellement c’est u temps de repos nécessaire..
- L’année scolaire n’a pas forcément besoin d’un découpage régulier mais plus d’une attention portée au impératifs des saisons (froid – chaud- fêtes… ) des activités ( les veilles de vacances ne sont pas forcément les meilleures pour des sorties – des spectacles des fêtes….).

          Ce ne sont que des pistes mais elles sont basées sur des expériences diverses, elles restent malheureusement telles, même si elles ont duré assez longtemps.
          Pour ma part, après une année complète de réflexion, d’écoute, de consultation, j’ai participé à une expérience de modification de la journée : 3 h 30 le matin (1/h d’accueil prise en compte du travail non terminé – transition entre extérieur et classe- divers pointages – mise en attention – l’ancienne « leçon de morale avec son histoire et son commentaire jouait un peu ce rôle -…) – l’après-midi de 2 h 30 gommait, un peu , l’après-repas , temps peu propice aux apprentissages) – par contre – le temps d’études dirigées était assez favorable – après la récréation de 16 h 30 pour inviter les plus lents à un soutien adapté.
        Il faudrait lier cette étude à celle des espaces de vie et des ruptures de vie pour l’enfant

           Il est évident que pour une bonne attention aux rythmes d’apprentissage, la pédagogie différenciée, indispensable dans nos classes hétérogènes est l’idéale… Beaucoup plus utile que d’envisager une journée répartie entre « fondamental », le matin et « complémentaire », l’après-midi. Pour l’Education et pour l’instruction, toutes les disciplines sont importantes et mobilisatrices. Mieux, tout est occasion d’observer, déduire, programmer, calculer, lire et écrire.
          Je suis certain que l’enfant doit être réellement, pour notre société entière et pas seulement pour des éducateurs dévoués et compétents, au centre de notre système scolaire et périscolaire
           Mais je suis convaincu que l’enseignant doit redevenir le pivot essentiel, réellement préparé, reconnu, épaulé par une équipe cohérente, guidé par un projet adapté aux réalités de son établissement… la pièce maîtresse d’une vraie école de la Chance pour tous.

           L’Ecole, seule, est capable d’accompagner l’éducation de la famille et de l’environnement pour procéder, en toute cohérence, à la progression harmonieuse des apprentissages autant qu’à la compensation des divers handicaps. Il y a urgence !

- 65 – LA LOI !

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 22:06

            La loi a été promulguée, comme nous l’avions envisagé, en mai. 

              Ce fut un beau moment de folie ! 

            Folie heureuse pour de tous ceux qui avaient travaillé à sa proposition, pour ceux qui l’avaient accompagnée de leurs vœux. 

            Folie furieuse, pour ceux qui avaient estimé, dès le début de notre Mouvement, que privilégier l’attention indi-vidualisée, les initiatives et la liberté même raisonnable dans notre Système éducatif était voué à l’échec. Ce dont ils se réjouiraient. Ils jugeaient pernicieuses nos « élucubrations » et capable de grever le sérieux de notre futur…  Folie politique, celle des candidats déjà engagés dans les élections de mai 2012. C’était à qui profiterait des marrons brûlants que nous avions tirés du brasero permanent de l’Education Nationale. 

            Chaque parti, chaque postulant à la magistrature suprême, insistait pour que soit reconnue son antériorité sur les idées adoptées. A juste titre d’ailleurs, car parmi toutes les pièces du puzzle que nous avions recommandées aux parlementaires, il en était, évidemment, beaucoup, qui dans un passé plus ou moins proche, depuis Jules Ferry, avaient été émises dans des projets, des programmes, des débats ou même dans des propositions législatives.              Certaines avaient même trouvé concrétisation… 

           Mais, jamais, nous n’avons revendiqué l’originalité de nos suggestions, jamais nous n’avons affirmé leur totale innovation.             Nous nous réjouissons que soient éliminées des initiatives oublieuses de l’enfant pour avantager l’ordre administratif et que ressortent des archives des concepts fondés, trop vite écartés ou remis aux calendes… françaises. 

          Non seulement la nouvelle Loi d’Education mise sur l’enfant au centre du système, la formule n’est pas notre découverte, mais elle l’intègre à sa société, à son environnement, elle tient compte de son vécu, de son présent et prépare son avenir. Elle reconnaît, encourage, facilite et officialise tous les projets, toutes les réalisations positives des établissements, trop aléatoires, découragés ces dernières années. La loi insiste notamment sur tout ce qui les adapte à l’hétérogénéité de leur population pour la conduire vers l’homogénéité des chances.        Surtout, je me répète, elle tisse, retisse les liens distendus entre l’Education Nationale, ses Institutions et nombre de ses usagers.        Dès la parution au Journal Officiel, il y a eu des réjouissances mais, même si la rentrée prochaine s’est préparée sous l’égide du nouvel Acte, cela a été, comme nous l’avions prévu, avec prudence et vigilance que furent mises en place les commissions qui devaient donner vie à la Loi et aux idées adoptées. 

         Nous avions demandé à participer à ces groupes de travail, c’était accepté. J’ai pu, à l’occasion de brefs et multiples séjours parisiens, entre ou à l’issue de réunions laborieuses, retrouver Karine, seule cette fois, ainsi que d’autres délégués nationaux.              Evidemment je logeais chez mes horlogers, fabricants d’heures douces. Une fois chez Delphine, Guillaume et Romane, malheureusement un peu excentrés pour mes horaires laborieux. 

         Sylvain ne participait pas à nos réunions. Il avait repris avec plaisir et intensité, ses pages d’écriture. Nous arrivions à nous donner rendez-vous chez Pierrot pour de formidables conversations, rigolades et nostalgies avec Karine, Marie-Claude et, une fois, Robert et Alice.        Ils étaient devenus des hôtes hebdomadaires, le samedi, plus calme, des restaurateurs. Tous quatre avaient développé, c’était évident, une belle et amicale complicité. 

      Peu à peu, sortirent arrêtés, décrets et circulaires d’application. 

          Le pouls de l’Ecole Française battait de plus en plus fort, de plus en plus régulièrement. 

28 octobre, 2011

64- LES ATELIERS DE MANU.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 22:22

        Ils l’ont fait !          

         Sylvain s’est remué avec tous ceux qui, avant nous, avaient déjà  contacté les élèves de Manu. Ils ont donné au projet une écoute nationale… Sylvain et ses copains, et il en a énormément, sont devenus des appelants pour capitaux. Bel affût non ?         

          Pas de sponsors pour ces indépendants, encore moins de prêteurs, mais des mécènes, petits, gros dons, pro deo (tous dieux confondus même celui des laïcs, des athées, des mécréants…). Sa plume est à leur disposition, beau pendant avec ses anciens de la résidence… 

       Si un jour, les fondateurs des ateliers voulaient un parrain, eh bien, il ne serait pas loin… Moi, je projette sans doute, mais je sais que, si un jour, ils voulaient une marraine et bien aussi, je…         

       Ils l’ont créé, leur garage d’accueil, en un peu plus d’un an, portés par un soutien extraordinaire. Ils le trouvaient plus beau que dans leur projet. 

          La plupart d’entre eux travaillent dans des entreprises privées ou des garages de collectivités publiques, mais ils se sont gardé une journée libre durant laquelle, par roulement, ils rejoignent ceux qui sont les mécaniciens permanents de l’Atelier de Manu.          

          Les clients sont nombreux, confiants et satisfaits. 

        Des réparations se font, à peu de frais, avec l’aide des bénévoles compétents, pour guider l’automobiliste fauché.             

          La salle d’accueil est belle, propre, animée et fréquentée sans interruptions. Tant que le garage est ouvert, pas la nuit, pas pendant les jours de fermetures, ce n’est pas un hébergement, un coin agréable seulement. 

            Les étudiants de facs, de grandes écoles, sont fidèles à leurs engagements et assistent ceux qui les sollicitent … Sylvain jubile lorsqu’ils passent voir ses concurrents.             

           Les enseignants, des environs, de plus loin aussi, choisissent ce garage pour leur voiture. 

         La gestion est entre les mains de comptables, mais rien ne se décide, ne se projette, pour le travail, les améliorations de l’atelier, pour le fonctionnement de la salle d’ac-cueil, sans la réunion des membres fondateurs les élèves de Manu.        

           Ouverts vers les autres, ils le sont. Pas dupes, pas naïfs, leur coup de main peut se transformer en coup de  pied au derrière vers la sortie, pour ceux qui oublient le contrat, ceux auxquels on ne peut plus faire « Crédit ».        

            Facile de perdre ce Crédit de confiance, il suffit de manquer de respect à un autre dans l’enceinte protégée du garage, de voler ce qui pourrait être prêté, offert, de trafiquer. 

          Pour eux, le plus gros délit, à l’aune de leur code, c’est la violence, la manipulation douteuse, envers les petits. Les gamins, les gamines savent aussi que s’ils veulent avoir l’amitié des grands de l’Atelier, il leur faut éviter les âneries. Pour un peu, il faudrait qu’ils leur montrent leurs livrets scolaires, un comble non ? C’est vrai que pour les de-voirs, le garage c’est chouette ! Il y a toujours un prof, un étudiant pour expliquer… 

      Un pro du clavier avait ouvert un site très sympathique. Manu n’y était pas oublié ; c’est même lui qui ouvrait les portes du garage sur le web…        

          Ténue encore mais tenace, une rumeur, car bien des points restaient à régler et discrétion valait prudence, laissait émerger la possibilité d’autres ateliers de Manu. Pas forcément consacrés aux véhicules, mais à toutes réparations ménagères, entretien de jardins, blanchisserie, couture… Pas forcément réservés aux anciens de S.E.G.P.A., mais, quand même, en priorité à ceux que les circonstances et la scolarité n’ont pas bien servis…         

        Que du bonheur en perspective ! 

26 octobre, 2011

trop simple sans doute!

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,SAVOIR ET PROPOSER — Alain @ 21:12

Les réformes ou les instructions officielles précédentes traitant du contenu des enseignements, tend à les réduire, à les uniformiser et laisse penser, au moins dans sa présentation, que les disciplines d’éveil sont à réserver aux élèves qui assimilent sans problème le minimum fondamental. Or il est patent de constater que les résultats ne sont  pas à la hauteur des intentions qui ont présidé à ces orientations.

Quel est donc ce minimum sur lequel tout le monde est d’accord?

- Un savoir  basique pour s’exprimer à l’oral, à l’écrit, comprendre une communication, résoudre une situation arithmétique usuelle.

- L’acquisition de compétences cognitives et méthodologiques pour varier les apprentissages, les approfondir et se doter des capacités personnelles de se perfectionner.

- L’obtention d’informations documentées, vécues pour orienter les études à poursuivre.

- La formation spécifique la plus riche possible répondant à l’orientation retenue.

- La mise en place à chaque niveau d’acquisitions, du plus élémentaire au plus haut, pour chaque élève, des aides nécessaires pour  lui permettre, d’aller aussi loin dans ses acquisitions que lui permettent ses possibilités en compensant au mieux ses handicaps.

Je ne crois pas qu’un ministre depuis Jules Ferry, ait été ou soit prêt à laisser lier son nom à une orientation scolaire, à des projets de réforme…  qui ne respecteraient pas ces grands principes. Ce serait nier l’engagement républicain pour l’accès de tous à l’instruction et se fermer le potentiel de progrès en tous domaines que doit, devrait représenter une jeunesse bien scolarisée. Répéter l’évidence de ces fondamentaux n’est pas constructif. Fournir les moyens de les respecter, s’interroger sur les causes des échecs et sur les stratégies mises en place dans les classes, dans les écoles où les résultats sont positifs, serait plus utile.

Il existe un nombre important d’enseignants qui se méfient, ce qui ne veut pas dire rejettent, des bouleversements pédagogiques et institutionnels programmés. Ils privilégient les principes précédents et ne prennent dans toutes les réflexions novatrices qui leurs sont proposées (imposées ??) que ce qui améliore la pratique de leur métier. Parfois ces méfiances sont dues à la mauvaise digestion des apports. Les structures de réflexion, de mise en œuvre sur le terrain, comme les projets d’école, conseils de cycles, des maîtres, d’Ecole etc.… ne remplissent pas encore vraiment leur rôle par manque de préparation, manque de temps, manque de suivi pour un nécessaire travail en équipe.

Alors, pour amener au savoir, pour l’ancrer, ces enseignants utilisent leur connaissance des élèves et font preuve d’initiatives motivantes et souvent heureuses.

Evoquez vos lectures, vos émissions radiophoniques ou télévisuelles… traitant de l’école . Chaque documentaire, chaque feuilleton, chaque film et chaque récit mettent en valeur un Cas : un enseignant confronté à une situation particulière pédagogique, familiale ou  sociale. La démarche suivie pour l’aborder et la traiter, parfois la résoudre donne l’occasion de découvrir l’ingéniosité de l’enseignant réel ou figuré, avec l’admiration souvent émue des spectateurs.

J’affirme que la  réalité de l’année scolaire est pour beaucoup d’enseignants et donc pour beaucoup d’élèves, à tous les niveaux, aussi passionnante. Je renvoie chacun vers les revues pédagogiques qui relatent ces initiatives. On peut regretter qu’elles soient si souvent qualifier d’expériences, non parce qu’elles ne durent pas mais parce qu’elles ne sont pas généralisées et restent liées à un enseignant, une école, un regroupement. Elles sont trop souvent mal comprises et qualifiées de pertes de temps.

Je sais aussi que toutes les classes, toutes les écoles ne vivent pas avec autant d’originalité leur quotidien, et rassurent ainsi des parents qui y retrouvent « l’école d’avant ».

J’aimerais qu’un bilan établisse le devenir de tous ces élèves : ceux scolarisés dans des classes ou des écoles à projets motivants «  des classes où l’on joue… » et ceux  inscrits dans des classes ou des écoles où l’on suit avant tout le programme sans céder à la « dispersion ».

En 40 ans j’ai connu les deux fonctionnements et j’ai participé à bien des réunions, des concertations où l’on débattait  du bien fondé de l’une ou l’autre des orientations avec autant de convictions et de bonnes intentions d’un côté et de l’autre.

Pour ma part, parce que j’ai exercé mon métier pour des enfants en difficulté, parce que j’ai aidé à élaborer des projets d’école ou des projets d’activités spécifiques, parce que j’ai participé à leur mise en œuvre et parce que j’ai véritablement estimé que les élèves concernés avaient enrichi leurs connaissances, leurs savoir-faire, trouver motifs à utiliser, à perfectionner « leurs bases fondamentales », oui je crois en ces enseignants qui  veulent que leurs élèves vivent leurs apprentissages plutôt que de les subir.

Je déclare que les structures de l’école sont essentielles, primordiales même : conseils de cycle, d’établissement, projet d’école, projets d’activités, concertations, équipes pédagogiques, équipes éducatives…qu’elles constituent un tissu scolaire qui est le véritable garant de l’accueil de l’enfant, de son suivi.

Je voudrais que la confiance en sa capacité de traduire les directives officielles soit accordée à l’équipe pédagogique, pas seulement pour passer de la pommade, mais pour lui donner la responsabilité et les moyens de remplir un engagement que peu de ses acteurs ont oublié : la mission première est d’instruire avec tout ce que cela comporte d’adaptation aux situations.

Je voudrais que chaque école, chaque établissement soit conforté dans ses composantes, encouragée dans ses échanges avec son environnement, adaptée à sa population spécifiques, encouragée dans ses initiatives mobilisatrices et motivantes.

- conforté par une trame de circonscription étoffée pour conseiller, apprécier, aider, suivre, voire corriger les actions mises en œuvre dans les écoles.

- conforté par des intervenants spécialisés pour l’aide aux enfants, aux familles, aux enseignants  en difficulté.

- conforté par le soutien des responsables territoriaux dispensateurs des budgets pour que bâtiments, mobiliers, matériels, fournitures mais aussi, accès aux ressources culturelles et sportives, en implantations comme en personnes soient à la hauteur des besoins.

- et conforté avant tout par une équipe pédagogique solide, animée par un responsable bien préparé, reconnu et disponible pour répondre tant au suivi des actions pédagogiques, éducatives, ré-éducatives qu’aux aléas nombreux et variés du quotidien d’une école. La fonction de direction mal traitée depuis si longtemps, si usante, si décourageante, si peu attractive aujourd’hui, et pourtant si prenante, mériterait enfin une attention particulière, pour lui donner une vraie dimension de responsable et d’animateur, en oubliant la triste expérience des Maîtres-directeurs.

Je me méfie de l’autonomie si elle ne doit qu’accentuer la seule capacité des écoles à se débrouiller et donc à multiplier les différences entre prises en charge des élèves .

Donnons notre confiance éclairée, soutenue, aux enseignants. Aidons à faire de l’école une institution où l’apprentissage des fondamentaux soit assuré grâce à des supports mobilisateurs capables de faire aimer à apprendre et où leur appétit, leur personnalité s’épanouissent en des disciplines d’éveil à part entière : l’école de la variété.

Espérons qu’au-delà de toutes considérations partisanes et économiques, un véritable système scolaire, clair, solide, respectueux de tous ses acteurs de bonne volontés, naisse enfin ; cela ne se fera pas sans que chacun y soit associé, pas à pas. C’est la seule façon de donner une chance à l’école de demain, une chance au futur…

Un souhait très fort, que j’ai formulé pendant tout mon temps de direction :

la création d’un groupe de travail spécialement consacré à la direction d’école.

J’ai exercé pendant 29 années les fonctions de directeur chargé de classe ; j’y ai trouvé de nombreuses occasions de satisfaction, de plaisir même mais aussi bien des moments de pression, de doute, de découragement. Je ne pense pas que cela soit très différent aujourd’hui et le peu de candidature à ce poste l’atteste.

Nombreux sont les directeurs désabusés qui abandonnent, nombreux sont les jeunes enseignants sollicités pour prendre ces responsabilités ; nous sommes loin des limites d’âge pour postuler.

Une école ouverte, terrain fertile pour un enseignement efficace et pour des rénovations bien admises a besoin d’une équipe solide.

Une équipe pédagogique a besoins d’un animateur solide, reconnu, valorisé.

                                       —————————-

- 63 – VISITES. attention, bientôt la fin!

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 20:58

          Sylvain a repris du service. Cet été, il est venu au village à l’issue de son périple habituel. Il gardera à vie les traces de ses brûlures, mais cela ne nuit pas à son succès car il ne lui a pas fallu beaucoup de temps ni d’efforts pour se trouver une compagne dans le village voisin. Une rencontre de balade le long de notre petite rivière mitoyenne et une ballade charmeuse sans aucun doute.

Il faut dire que selon le terme usité ici :

         – Il est charmant ton Sylvain, me confiaient tous ceux qu’il saluait, avec lesquels il s’entretenait dans ses promena-des au long des rues du village.
           Yann et les enfants l’avaient adopté immédiatement. Sylvain y était allé franco :

        – Ton Isabelle m’a tout de suite séduit et j’ai bien essayé de tenter ma chance, c’en est une, si, si… Mais voilà, pas mèche, elle avait déjà fait le plein avec toi.

         Moi, je savais que, un certain soir, mes défenses avaient été bien éprouvées.

         Nous n’avions qu’un café au village. Notre écrivain public a dû faire la conquête des patrons pour suggérer, expliquer et obtenir une table un peu isolée afin d’ouvrir son officine.

          Pour ce premier été, il ne s’est octroyé que trois journées bien courtes d’accueil. D’entrée, le succès fut là, curiosité, sympathie, plus que véritable nécessité. Il a décidé que ce lancement était promotionnel et que seuls les frais éventuels de correspondance seraient à compenser.

            Il s’est acoquiné avec Alain et les bénévoles de la bibliothèque et les a persuadé qu’il avait un besoin incoercible de connaître le passé, voire le présent, anecdotique du village. Il a proposé une veillée de plein–air presque sur le pas de la porte, comme pour les soirées de naguère, d’avant la télé, pour écouter, questionner, noter…

       Il a été décidé que début septembre, pendant quinze jours, Sylvain serait régulièrement des nôtres.

       Autre grande joie, la venue de Karine, Thibault et Lucas. Eux aussi ont trouvé dans notre commune un accueil formidable.

Comme ils étaient formidables, c’était après tout très naturel.

          Elle a sympathisé très vite avec Sonia et Jordane, à m’en rendre jalouse. Non, je rigole, comme conclut souvent ma Juliette.

        J’aurais aimé revoir tous les acteurs qui ont marqué ces mois de réflexions et de décisions. Mon carnet d’adresses en identifiait beaucoup, mais j’avais en mémoire tous ces intervenants trop passagers qui ont fortement laissé leur empreinte nos esprits.

       Delphine, Romane et Guillaume, son mari, annonçaient leur passage pour les congés de Printemps. Je comptais transformer ce passage en séjour plus long.

         Une seule ombre ternit ce tableau, elle est énorme. Notre ami Gilbert, le Gendarme qui avait tant appris sur l’enfance, sur l’Education Nationale, dont nous avions tant appris aussi, mon compagnon mandaté avec moi à Montpellier, nous avait quittés.

          Il était malade, gravement déjà, lorsqu’il était venu nous rejoindre dans le jardin d’Alain, mais jamais il ne nous avait laissé deviner ses faiblesses et ses douleurs. Il avait obtenu la même discrétion de ses proches. Son hospitalisation, en novembre, puis sa fin, rapide, souhaitée, je crois, c’était bien de lui, nous avait laissés amputés d’une amitié, d’une affection irremplaçables. 

          N’allez pas me dire que nul n’est irremplaçable ! L’addition de ces pertes dans mes pensées fait que, jamais, ceux qui ont impressionné de lumière et de chaleur ma conscience ne disparaîtront vraiment.

       Toujours, ils manqueront. Gilbert nous manque !

24 octobre, 2011

- 62 – JANVIER 2012- notre nouvelle école.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 22:57

C’est la rentrée de janvier, le ciel est bleu glacial. Il a neigé mais seuls subsistent des petits tas, reliquats de grattage ou de jeux. En revanche, bien présentes, les flaques glacées sont aussi pénibles que la morsure du froid sur le nez et les oreilles.  Je longe la grille de l’école, un enfant à chaque flanc. Juliette, à droite, me tire vers les copines groupées devant l’entrée et, à gauche, Killian s’agite en hélant un copain qui descend de voiture. 

Juliette a 9 ans, 10 bientôt, Killian 5 et 6 un peu plus tard. Tous deux sont des grands, grand de l’élémentaire, grand de la maternelle. L’an prochain, ils changeront d’école. Sans crainte, sans hâte non plus et je partage complètement leur quiétude.  A l’entrée, Eric, le directeur de l’Elémentaire, est de service aujourd’hui. Leur roulement nous permet de rencontrer chaque jour un enseignant différent. Les portes ne sont pas plus faciles à franchir, ni pour nous, ni pour la police, ni pour quiconque non prévu dans les activités de l’école. Seuls, les intervenants impliqués dans un atelier, un accompagnement sont admis.  Notre école ouverte est un établissement clos et cela nous rassure. Ouverte, elle est transparente et nous comprenons ses projets, ses choix, ses méthodes car ils nous sont présentés, parce que nous pouvons en discuter. Nous connaissons les difficultés de l’équipe, nous connaissons leurs solutions et y participons lorsque cela est nécessaire. 

La cour est agréable. Les plantations lui donnent un air de parc. Il y a même un bassin de plantes aquatiques. Le club de jardinage, hors temps de classe, est animé par des parents et des enseignants.  Notre petit village n’a pas de grandes ressources mais le temps donné est devenu une monnaie plus courante. La bibliothèque, les installations d’un parcours gym, d’une piste de billes, de jeux au sol, sont nées de cet élan. Il ne se dément pas et permet son entretien. Il autorise d’envisager d’autres projets.  Les élèves y sont largement parties prenantes. Mieux leurs projets, en assemblées coopératives, axent nos participations et engagent leur responsabilité jusqu’à l’issue de chaque réalisation. 

Nous avons rendu aux enseignants leur autorité et ils veillent à ce que sanctions et récompenses soient justement appliquées. Le Conseil Coopératif et son Code pour Vivre Ensemble sont des garants que nous tous, familles, enseignants, partenaires municipaux, académiques, partageons avec les élèves. Beaucoup de mouvements d’humeur, d’incivilités, se sont atténués, voire effacés.  Nos enfants ont un cadre qui les rassure, les rend libres et leur ménage le droit, l’obligation de s’impliquer dans leur vie scolaire. 

Je crois que la plupart des familles s’efforcent d’appliquer, à la maison, cette relation protectrice et activement éducative.  J’ai le sourire quand j’accompagne mes enfants à l’école. Je suis sereine lorsqu’ils y vont sans moi parce que le travail me prend plus tôt et nous sommes heureux, le soir, d’évoquer nos journées.  J’ai peine à imaginer qu’il y a eu une époque pendant laquelle, à la question : « Qu’as-tu fait aujourd’hui à l’école ? » Les seules réponses étaient : «  Rien ! » ou, parfois, s’illustraient uniquement de conflits ou de jeux de récréation. A croire que la classe ne nous regardait pas ou que sa banalité ne méritait pas un interrogatoire quotidien.   Depuis un an, depuis ce fameux tumulte qui a bousculé l’Ecole, qui a bousculé notre pays, qui m’a bousculée, une paix scolaire nous a gagnés. Une confiance éclairée, interactive s’est établie entre tous ceux qui accompagnent nos enfants. Elle vaut tous les espoirs lucides.  Juliette est entrée dans la cour avec ses camarades. J’ai échangé quelques mots avec Eric, le directeur. 

Comme Sonia en maternelle, il avait renoncé à sa fonction lorsque étaient arrivés les supers directeurs.  Il faut dire que plusieurs de leurs collègues - désobéisseurs- mis à l’index, s’étaient vus retiré  la leur, sans que soient prises en compte leur expérience et leurs compétences. 

Dès juin, mon amie Sonia et Eric avaient été renommés sur leur poste. 

Certains responsables d’Etablissements Publics d’Enseignement Primaire, bien qu’issus de services très différents de ceux de l’Education, avaient pris goût à la gestion, à l’animation d’école et avaient souhaité conserver un emploi de direction même dans des unités maternelles ou élémentaires plus petites que le regroupement qui leur avait été confié. Pour la plupart, ils avaient compris et soutenu notre mouvement 

D’autres avaient réintégré leur service d’origine ou un autre, éventuellement.  D’autres enfin avaient rejoint des équipes de circonscription. Ils se vouaient plus particulièrement à l’aide administrative auprès des écoles de leur secteur. 

Un projet de secrétariat tournant pour les petits établissements ou permanent pour les plus importants se mettait en place. Le directeur redevenait animateur à part entière de son école et responsable de son quotidien. Selon le nombre de classes à sa charge, il disposait d’une astreinte d’enseignement variable, mais jamais nulle, afin de rester toujours en contact avec les élèves.  Le village a retrouvé son groupe scolaire avec ses deux écoles aux populations et aux missions si spécifiques. Elles se veulent déjà mieux soudées dans la cohérence de leurs programmes, la réalité de leur progression, leur liaison, la recherche des solutions diverses.   

Le Projet d’Ecole n’est plus tabou. Le Conseil d’Ecole ne dispose pas seulement d’un droit de regard, mais d’une responsabilité avérée. Cette implication lui donne le droit à l’information, mais surtout des obligations. La plus cruciale est certainement le soutien de l’équipe enseignante, de son directeur dans toutes les circonstances qui pourraient faciliter le bon accomplissement de leurs projets, la sécurité de l’établissement et la sérénité des enseignements. 

A contrario, il garantit que tout ce qui pourrait leur nuire serait combattu ensemble.  Ce qui a changé, c’est essentiellement un climat une perception, une appropriation nouvelle de notre Ecole.  Notre confiance envers nos enseignants s’est accrue parce qu’éclairée. 

L’arrivée d’enfants du voyage, par exemple, se passe mieux, les règles de convivialité, de respect mutuel dans et autour de l’école sont vite posées par un collectif et perdent ce caractère officiel, si aisément transgressé, pour devenir un mode relationnel bien compris.  De même, et j’apprécie fortement, la tchache au seuil des écoles n’a pas disparu, mais a perdu ses rumeurs nocives. Les conflits sont rapidement orientés vers des entretiens positifs… Le pourrissement des humeurs est gommé. 

Notre population scolaire est acceptée dans toute sa diversité, et nous sommes vigilants à l’aide apportée à tous les cas.  Notre rescapée, l’école maternelle de Sonia a repris ses couleurs d’espoirs et nous saisissons mieux l’importance de ses tâches pour initialiser avec les familles la vie intelligente, sensori-motrice, sociale de nos petits.  Des liens entre nos anciens et les élèves de tous niveaux se sont durablement installés et, possibilité que nous avions évoquée dans nos travaux, certains retraités participent bénévolement, patiemment, heureusement, à la reprise de confiance d’enfants troublés, à l’accompagnement d’apprentissages pour les plus lents, ainsi que pour les plus précoces. 

L’ouverture du samedi matin n’a pas été rétablie et il faudra certainement qu’un décret bien documenté émerge de l’ensemble des études sur le rythme de l’enfant, sur le temps scolaire pour trancher. Déjà, son utilisation s’est assouplie. Le Projet d’Ecole peut prévoir, solliciter des déplacements d’heures, réguliers ou occasionnels, motivés par des activités valorisantes pour l’aide aux enfants, la liaison avec la vie associative, les rencontres avec les familles, les festivités…    C’était une belle porte vers l’adaptation intelligente aux besoins, aux circonstances, mais elle réclamait l’adhésion de tous les acteurs scolaires et périscolaires. 

Notre Mouvement s’était construit sur cette vaste entente, à nous de savoir la respecter dans les faits.  Les liens avec les collèges, les lycées dont dépendait notre secteur s’élargissaient et nous faisions de l’information mutuelle une priorité.  La Loi n’a pas encore été votée, mais elle suit son chemin sans hâte et avec régularité. Il est possible que sa promulgation s’effectue à la date anniversaire du dépôt de sa Proposition, en avril. Les amendements proposés sont plus allés dans le sens de la consolidation, du bon sens que de la méfiance ou des restrictions.  En mai, des élections vont apporter, sans doute, des nouvelles têtes parmi notre Parlement et notre Gouvernement. Peut-être celle du Président de la République même. 

Notre Ecole devrait tirer bien des bénéfices de la campagne qui commence. Les textes d’application devraient moins traîner…  L’attente des électeurs est encore fraîche en ce domaine et nous l’entretenons.   

Si notre confiance en nos dirigeants s’ajoutait à celle que nous établissions à nouveau avec nos enseignants, alors l’avenir de notre Ecole s’éclairait.  Le moratoire pour les clandestins a été prononcé. Ce sera du cas par cas néanmoins car tout n’est pas excusable et de vrais délits avaient précédé parfois la prise de maquis de certains « clandestins »  Pourtant, qu’ils étaient nombreux ceux qu’un système aveugle avaient conduit à fuir la perspective de la prison ou du camp de rééducation pour des impulsions mineures, punissables sans doute mais sans acharnement, humiliation et empreinte indélébile… 

21 octobre, 2011

AUTODAFE (PUBLIE LE 30 JUIN 2011)

Classé dans : actualité,POUR QUE L'ECOLE RENAISSE... — Alain @ 9:57

                    En rappel et réponse à ceux qui m’ont contacté ces derniers jours:                     

               Peut-on décider de quitter la vie pour que renaissent ses idées ? Paradoxale, non ! pas impossible « mourir pour des idées c’est d’abord mourir pour soi, parce qu’un moment de désarroi, ce grand chamboulement dans l’arroi ordonné des convois en marche vers un but, , devient impossible à supporter, que la goutte d’eau de nos convictions et le confort de notre arrangement entre passé et présent se trouve bousculée et que notre force n’est plus que déception… alors s’abandonner devient la seule perspective mais pas abandonner puisque par notre  acte ultime devient, veut-on croire, un début pour d’autres plus courageux…                 

                  Je pense que notre histoire fourmille dans son autrefois, son passé proche et son présent d’actualité de ces circonstances qui font qu’un homme une femme meurt pour mieux crier.                      

                  Ce cri pour moi est celui de Manu… Personnage de roman, peut-être seulement. Il ouvre la voie à un constat : les « passants » chers à Henri VINCENOT sont à travers tous les médias, la seule vérité de notre marche d’humanité. Le passant, celui qui marche sans doute mais surtout celui qui transmets, qui passe non pas un témoin de relais mais une boule chargée, grossie de toutes les connaissances, les expériences, aussi négatives que constructives.                        Parmi ces passants,  je privilégie les pédagogues, ceux qui accompagnent, marchent auprès de l’élève pour l’élever…                     

            Aujourd’hui, dépit de tous les moyens de transmission qui sont venus grossir ceux des sages des bardes il demeure l’Ecole. Elle n’est qu’une institution, qu’un vecteur, mais pour tous, la vraie chance donnée au futur  Enfin, elle devrait l’être et je veux croire, non je crois, que ceux qui choisissent d’enseigner, en sont intimement convaincus, même dans leurs échecs et leurs découragements… Jusqu’à en perdre la foi, non en leur vocation mais en eux.            

              J’ai vécu, dans la coquille de mes écoles, de mes classes, de mes associations, de mes quelques interventions, en me préoccupant plus de cultiver mon jardin, mon lopin pédagogique que de son au-delà. Mes raids hors de mes frontières furent rares, intenses, brèves et décevantes. Le sourire de mes élèves, les échanges dans ma communauté m’ont suffisamment empli le temps pour que j’occulte mes regrets …                          

              Puis ce fut la retraite et le recul et l’écoute de ceux qui nient de ceux qui espèrent…    

20 octobre, 2011

- 61 – SURPRISE !

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 22:04

 

         Mes porteurs étaient pile-poil devant la bonne porte. C’est le plus grand qui se saisit de la valise et j’ai eu bien du mal à empêcher Killian de s’emparer de mon sac à main. 

Après même pas une semaine de séparation, après des communications quasi-journalières, nous avons manifesté notre joie avec tant de démonstrations que les témoins ont dû imaginer des retrouvailles après une longue coupure dramatique… Il faut bien que l’imagination prépare de quoi broder dans les prochaines conversations… 

Nous avons gravi les escaliers, traversé la grande salle pour redescendre vers l’entrée principale. 

       A moi l’air de Montpellier ! 

 

         Un tram aux chaudes couleurs de l’été, encore lointain, défilait devant la gare lorsque nous en avons  franchi la grande porte. Yann avait négligé, semblait-il, le vaste parking du niveau supérieur et réussi à s’incruster dans une rue voisine. A moins que l’omnibus nous conduise jusqu’à Saint-Jean. 

      Peu importe, je me suis laissée pratiquement porter par le grand et envelopper par les petits, « décontrastée » disait Garcimore autrefois. J’aimais bien cette expression ! 

          Pas direction la station mais le square, je suis… Portillon, virage à droite, valise cahotante sur ses roulettes derrière Yann et … surprise ! 

 

       Des banderoles flottaient où s’étalaient en grandes lettres fleuries : 

         « NOTRE ECOLE », « NOTRE RECUEIL», « NOTRE LOI », « NOTRE ISABELLE » 

        De la musique ! 

          J’ai reconnu mon copain Jacques au hautbois provençal, Jean-Claude à la guitare, Jean-Pierre, le tambourinaïre. 

        La famille Coucaïrous et bien d’autres animaux totémiques d’autres villages … – Comment avaient-ils pu arriver jusqu’ici ?- virevoltaient au bout des bras de jeunes endiablés. Jean-Pierre, vêtu de blanc, foulard rouge et béret bien enfoncé était écartelé de rire ! 

      Quelle foule ! Alain, Sonia, Gilbert, Daniel, Janine, Pierre, Catherine, Monique, Françoise, Bernard…, le premier fonds de nos réunions du village et tous ceux qui nous avaient rejoints, mes co-délégués du Théâtre de Montpellier, Jordane et son P.R.J., Corinne, notre responsable de l’A.L.A.E. les animatrices des garderies, de la crèche, des représentant encharpés de conseils municipaux dont le nôtre… Les actifs membres de nos associations, d’autres voisines ou éloignées aussi, David, Xénia même, Maman, Papa descendus de leurs Cévennes et beaucoup d’autres visages enthousiastes, reconnus, aperçus ou inconnus !    

           Une petite fête s’est instaurée autour de mon moi symbolique. Une farandole longue de toutes les allées disponibles a sinué dans le jardin public. Je ne suis pas restée longtemps isolée ; mes mains ont vite été saisies et entraînées dans la sarabande. 

           Je comprenais mieux le laconisme de mes trois correspondants l’avant-veille. Les préparatifs étaient sans doute achevés, les autorisations obtenues car des agents municipaux et des policiers nationaux protégeaient cette liesse. 

          Il a bien fallu l’interrompre car, peu à peu, des passants, des voyageurs en attente de départ ou juste arrivés, intrigués, puis renseignés, venaient grossir notre rassemblement et bruissaient de leurs applaudissements. Nous devenions encombrants ! 

          Il était certainement des mécontents, dérangés par notre exubérance, opposés à notre mouvement, persuadés de nos erreurs pour l’avenir des enfants… Ils ne se manifestaient pas, ou j’étais trop ivre de joie, de fatigue pour les distinguer. 

           L’un de nos représentants du Comité de Montpellier, hissé sur un banc, est parvenu par ondes concentriques à calmer musique, cris et danses. Il a remercié l’ensemble des présents de leur démonstration d’allégresse. 

       Il a souhaité que dans chaque quartier, chaque village, se perpétue la vigilance des groupes constitués afin que jamais l’Ecole renaissante ne se banalise. 

          Il a émis le vœu que l’idée se développe pour qu’une fête de l’Education, de l’Instruction, anniversaire de l’adoption de la nouvelle Loi, unisse partout les habitants de notre région, de notre pays. 

          Il a demandé que nous n’oublions pas tous ces enseignants réprimandés, punis sévèrement parfois pour avoir voulu proposer spontanément des aides aux enfants, mieux adaptées que les rattrapages horaires officiels. Sans examen de leur organisation, de leur impact, pour des refus compen-sés par des initiatives, ils étaient devenus des désobéissants trop visibles. Il était souhaitable que l’étude de notre Proposition de Loi conduise à rendre
la Raison supérieure à
la Soumission. 

           Il a proposé, en conclusion, une minute de silence à la mémoire de Manu. 

          Elle s’est montrée redoutable. La tension de ces derniers jours, le rappel des amitiés nées à Paris, celles des élèves mécaniciens, ont été trop fortes et l’épaule de Yann a recueilli le trop plein de mes yeux. 

 

           J’ai appris sur la vaste toile de mes contacts, par notre site national par téléphone souvent que nombreux, très nombreux avaient été les délégués nationaux accueillis par de telles démonstrations. 

             Pourvu que ça dure ! 

            Sur un dernier merci de notre meneur, sur nos au-revoir et nos promesses de contacts, chacun a regagné son véhicule… 

           Le nôtre était bien garé près du square. 

          Killian et Juliette avaient été d’un calme extraordinaire. Même s’ils n’avaient boudé ni les chants, ni les danses, j’avais le sentiment qu’ils ne m’avaient guère quittée des yeux. 

             Si j’avais pu craindre qu’ils se soient sentis abandonnés pendant toute cette folle période, leur tendresse, leur sérénité, leur large sourire estompaient mes traces de culpabilité. Mon mari, mes enfants comprenaient, approuvaient, mieux, étaient fiers de moi. 

 

           Que du bonheur !    

 

 

 

 

19 octobre, 2011

…et l’école renaîtra de mes cendres!

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 20:46

            Mon nouveau-né est imparfait mais il est la synthèse de tant de moments denses de tant d’espoirs, que je ne peux taire mon bonheur, non pas d’avoir produit mais d’avoir résisté bien des fois à l’envie d’envoyer tout promener! Il me fallait dire, alors je me suis accroché. C’est une façon de rendre, un peu, à l’Ecole tout ce qu’elle m’a apporté…
           Mon  livre ne sera jamais qu’une modeste esquisse de ce que j’ai vécu et de ce que j’aurai voulu voir naître pour notre futur, pour les enfants
Manu l’affirmait avant de se sacrifier : « … et l’école renaîtra de mes cendres! ».

           Ce livre suppose accomplie la « casse de l’Ecole » mais hélas ce qui n’aurait pu être qu’élucubration se révèle de plus en plus plausible… Pour un peu sa fiction serait dépassée par la réalité.

            Roman, il agite ses personnages avec passion pour briser la fatalité. Isabelle, raconte la vague générée par le sacrifice de Manu. Elle surnage et s’oriente pour se joindre au réveil de tous ceux qui, lassés, ne criaient même plus crient dans le désert. Ensemble, avec Karine la Chaumoise, Sylvain l’écrivain public colporteur, avec bien d’autres amis à découvrir, ils forcent à l’écoute pour redonner sa chance à l’Enseignement, à l’Education, à l’Avenir.     

            Cet ouvrage, j’aime ce mot qui unit la maîtrise de la matière primordiale à la finesse de la brodeuse, veut déculpabiliser aussi ces enseignants qui finissent pas croire qu’ils ont mal fait puisque nous en arrivons à cette situation désespérante pour notre
Ecole.

            Lui aussi se veut un cri pour que ne s’installe pas le découragement total, la démolition absolue. Parfois utopique, parfois trop réaliste, drôle ou émouvant il n’oublie pas le sérieux de propositions concrètes.

            Ce voyage à travers le monde de l’Ecole n’a qu’un seul objet, aborder les rivages de l’espoir dans futur de nos enfants, de notre société.

           Peu d’éléments ont été oubliés, programme, espaces, rythme, violence, citoyenneté, monde du travail, handicap, précocité, formation des enseignants, l’éducation de la rue, familles, expériences, casse… mais surtout ils sont voulus comme les composants d’un grand tout qui est l’école et son environnement !

           Plus de mosaïque et de réforme au coup par coup mais une véritable considération pour la nécessaire globalité du système éducatif…

          Et surtout, ce que peu de politiques ou même d’analystes proposent, ce que seuls quelques téméraires pugnaces mettent en place, donner à tous les établissements une véritable équipe formée à cette cohérence, solidaire, épaulée, animée par un responsable compétent et confirmé…Une équipe capable de s’adapter aux réalités de son contexte.

           Dans notre pays, on a tout trop souvent collé, pièce par pièce, jamais on a d’abord constitué un fond institutionnel solide, capable de digérer et rendre viables les directives même les plus logiques, même les plus généreuses.

          Dans ce livre, la volonté nationale devient le moteur de la nouvelle école !

          Cela doit-il rester un rêve ?  

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