et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

31 août, 2011

« …et l’école renaîtra de mes cendres ! »Rencontres

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 23:09

MANU : Le baroudeur devenu prof de mécanique auprès de jeunes en difficulté. Sa bulle se brise, il veut que son sacrifice serve l’Ecole, l’avenir. 

SYLVAIN : L’écrivain public itinérant des arrondissements de Paris et les villages de province. Il n’oubliera jamais les yeux de Manu. 

ISABELLE : Maman résignée à subir, compenser la casse de l’école, brusquement réveillée par le geste ultime de Manu. Déléguée de l’Hérault, elle est le fil d’Ariane de cette aventure. 

KARINE : Déléguée de Vendée, elle devient l’amie d’Isabelle et de Sylvain séduits par sa véhémence et sa passion. 

LE BROC . Philosophe et attentif autant à l’histoire des objets qu’à celle des gens qui leur ont donné une âme 

LES HORLOGERS : Ce couple improbable, né d’une guerre, offre leur nid si pittoresque à Isabelle et ses amis. 

LE GENDARME : Bouleversé par sa rencontre tumultueuse avec des loubards de banlieue et leurs animateurs bénévoles, il en reste  profondément marqué. 

LES BISTROTIERS : Hauts en couleurs, ils animent le café en face du ministère de l’Education Nationale. Sylvain y tient table d’écriture et Manu y prend son dernier café avant de s’élancer… 

L’ANIMATRICE DU PRJ : Son action, sa nécessité rappellent que les villages ne sont pas exempts des incertitudes, des troubles de l’adolescence… Elle accompagne les jeunes, propose son oreille autant que des actions de valorisation.   

DES PROFS BIEN SÛR : Résignés de plus en plus ; attachés à leur vocation encore, ingénieux mais solitaires, et puis réveillés soudain… 

DES PARENTS : Inquiets, résignés aussi ou à la recherche de compensations pour pallier le désarroi d’un système éducatif à la dérive. 

DES ANCIENS D’UNE MAISON DE RETRAITE : Autour de Sylvain, ils ouvrent le livre de leur vie et de leurs envies… 

DES ENFANTS : Comment ne pas entendre leur voix et agir pour donner une chance à leur avenir 

LES ELEVES DE MANU : Dans son atelier, dans leur établissement, ils formaient sa bulle et justifiaient ses engagements. Ne pas avoir su les protéger va le briser. Ils parlent  de leur prof avec émotion mais ils veulent aussi que leur avenir devienne possible et beau. Au nom de Manu, pour eux, pour d’autres marginalisés, ils œuvrent pour y parvenir. 

LES DELEGUES : Dans leur cirque parisien, ils portent la volonté, la vague de la renaissance. Sans violence, avec pugnacité, forts de l’imagination constructive du grand réveil de toutes les réunions de l’hexagone, ils exposent, écoutent, corrigent, adaptent  avec un seul but : une refonte sincère, lucide, réaliste de notre ECOLE. 

DES ELUS : Par eux doivent passer les textes qui rendent réels les rêves ‘Ecole. 

36- QUI PRESENTERA LE PROJET DE LOI?

                   A la coupure de milieu de journée, ce dernier jour de semaine laborieuse, nous avions prévu d’aller pique-niquer dans un jardin public tout proche. 

                Thibault, lui aussi, avait obtenu des congés. 

               Providence, il nous avait concocté un assortiment de salades, de charcuteries, de fromages et de petits gâteaux bien sympathique. 

            Avec la complicité du gardien, il nous avait réservé un petit coin ensoleillé, un peu à l’écart des passages et bien aménagé. Nous avons fait honneur à son ingéniosité mais en nous contentant sagement d’eau minérale. 

             Lucas était de la partie. Après son propre repas servi par Maman, deux ou trois gazouillis, il s’endormit en souriant aux rayons doux de cette journée d’avril. 

             Nous avions plusieurs fois évoqué, en diverses occa-sions, les élèves d’Emmanuel. Sylvain avait reçu un appel de Thierry, le responsable de
la S.E.G.P.A. 

            Depuis l’hospitalisation de Sylvain, c’était devenu assez fréquent et ils avaient fortement sympathisé. Au cours de ce dernier contact, ils avaient envisagé une possible rencontre avec les ‘’gars ‘’ de Manu. 

           Notre ami nous a proposé de venir avec lui au collè-ge, le mercredi suivant. L’établissement serait fermé, donc notre venue plus discrète, et, ce jour-là, les délégués avaient quartier libre… 

          Ce n’était pas possible pour Karine, déjà engagée auprès de sa famille banlieusarde. 

           Pour moi, c’était d’accord, mais pas sans appréhension… 

             Ce vendredi, je devais partir directement Gare de Lyon à l’issue des comptes-rendus. J’ai appelé Alice et Robert pour leur demander d’inviter Thierry, son épouse et Sylvain avec sa compagne éventuelle, mardi soir. Je souhai-tais préparer notre rencontre avec les jeunes… 

          Ils ont été plus que ravis par la perspective de cette soirée. J’ai dû vite interrompre leurs propositions de menus. 

         Sylvain confirmerait notre rendez-vous auprès de Thierry et lui transmettrait l’invitation pour mardi soir. 

          Lui s’arrangerait avec l’hôpital, pour une fois, quant à sa compagne, il verrait… 

            A la reprise, nous avons eu à décider d’un point latent depuis le début.   

          Dès le premier jour, nous avions prévu de remettre solennellement notre Charte à un trio de députés. 

          Nous avons beaucoup hésité, beaucoup discuté. Jusqu’à ce jour, nous avions évité de recourir officiellement à un élu. Il y en avait parmi nous, il y en avait encore plus dans les comités, dans les groupes de villages, de quartiers mais tous étaient présents à titre personnel. Ils ont bien joué le jeu, autant que les professionnels de la presse. 

          A Paris, dans notre cirque, nous ne comptions aucun parlementaire et pourtant une proposition de loi devait être déposée par l’un d’entre eux. 

           Il nous a fallu faire chauffer nos neurones. Nous étions quelques-uns à avoir dans nos relations, nos amis mêmes, des élus que nous pouvions solliciter, mais notre problème était plutôt, parmi les nombreux politiques sympa thisants de notre mouvement, lesquels contacter ? Lesquels choisir sans vexer les autres ? 

          Les enseignants siégeant à
la Chambre des Députés ou au Sénat étaient nombreux, mais nous voulions conserver à notre Charte son universalité. 

         Le grand brassage des volontés, des personnes très diverses, avait été le ferment de notre vaste  mouvement. Nous ne voulions pas non plus, quelles que soient les qualités, la notoriété de l’élu, privilégier un parti politique. 

           C’était vraiment un casse-tête, nous l’avions évoqué dès notre arrivée dans la capitale, mais sans insister. 

           Mes collègues étaient dans le même état d’esprit que moi, alors nous nous en sommes remis au Bureau des Sages pour trouver des propositions à discuter. 

           Et nous avions raison. Presque… 

            Les échanges, par téléphone, par le net avaient tissé leur toile entre la plupart d’entre nous et leurs amis des comités. Des discussions avaient agité tous les contacts. Des conseils, des offres s’étaient précisés. 

              Ce vendredi, juste à notre reprise, en début d’après-midi, les Sages nous ont présenté le résultat de cette recherche souterraine. 

           Un collectif de parlementaires s’était constitué, à l’insu des autres élus et surtout de leurs dirigeants ; U.M.P. P.S VERTS, P.C. CENTRE GAUCHE, CENTRE DROIT et même N.P.A., de nombreuses formations y étaient représen-tées. 

            Chacune, parfois chaque courant, avait un volontaire qui dès le début avait manifesté sa sympathie avec les volontés exprimées par Manu. Ils avaient tous, sans ostentation, participé aux premiers travaux dans des petits groupes. Ils avaient, tous, ressenti cet élan qui avait amené l’Ecole à la crête d’une immense vague. 

             Ils avaient eu, comme prévu, du mal à se départager. Cet embarras du choix était encore une bouffée de chaleur qui nous faisait du bien. 

             Ils étaient sept, c’était peu en regard des volontaires, beaucoup pour déposer une proposition de loi. 

          Je ne connaissais pas vraiment le système législatif pour cette opération mais ceux qui, parmi nous, étaient plus avertis semblaient confiants. 

       Nous avons décidé de nous en remettre à l’expérience de nos amis élus. Il le fallait car il était certainement nécessaire qu’un délai soit respecté pour ce précieux dépôt.  

        Une intermède a émaillé, peut-être y en eut-il de plus discrets, l’intérêt, particulier, d’élus nationaux pour notre choix. Je ne résiste pas à l’envie de vous la faire partager. 

           Le hasard a voulu que je sois présente lorsque l’un de nos sages reçut la visite de l’un de ces députés postulants pour déposer notre proposition de Loi. 

          Il a traversé notre petit groupe avec de grands sourires et une chaleureuse curiosité pour notre occupation. Il n’était pas un inconnu pour nous et les écrans, parfois, cadraient sa faconde. 

         Les éclats de voix nous ont attirés et notre collègue, d’un signe, nous a invités à venir les rejoindre. 

         – Je ne vous présente pas mon… ami ! Il est volontaire pour nous représenter auprès de l’Assemblée Natio-nale. Il estime que nos relations personnelles, amicales, dit-il, devrait, lui le parrain de mon fils, m’incliner à vous proposer avec conviction sa candidature. 

              Je suis heureux de pouvoir vous rendre témoin de ma réponse… 

           Nous nous attendions à un plaidoyer amiable en faveur d’une personne aussi spontanément empressée. 

       Ce fut une leçon d’amitié un peu spéciale que nous servit ce délégué pharmacien lyonnais : 

         – …Tu veux savoir pourquoi je ne te recommanderai pas à mes partenaires… Pourquoi pas ? 

         Tu es un ami, mais un ami universel et tu en fais une carte de visite. Pour moi, tu ignores ce qu’est l’amitié.   

          Depuis que je te connais, tu sais être aimable, familier, copain… J’ai compris, peu à peu. Cela ne se vérifie, je crois que c’est malgré toi, que dans la mesure où cet investissement humain rapporte ou peut rapporter des services, de la notoriété, un avancement, du pouvoir, une cour, de l’argent bien sûr mais pas exclusivement. 

         T out poisson pris dans le filet de ta bonhomie est jaugé en fonction de son potentiel d’intérêt. Il est rejeté, écarté dès qu’une autre prise devient plus rentable ou dès que « l’ami » devient trop perspicace, trop difficile à contrôler. On ne peut miser sur la gratuité de tes actes. Il faut même s’en méfier car, ta connaissance des individus, te permet de te défiler de l’amitié comme des responsabilités dès qu’elles deviennent encombrantes voire risquées. Je suis persuadé que malheur à celui, ceux qui auraient approché de trop près ta réalité. Poulpe d’eau peu claire, tu sais les noircir d’une encre insidieuse… 

          Tu voulais savoir pourquoi, toi, le politique adroit, l’ami de tous, le copain des fêtes, des cérémonies, nous ne souhaitons pas t’accueillir parmi nos gens de bonne volonté ? Eh bien tu le sais maintenant. 

           L’Enfant, pas ton enfant, celui de notre responsabilité collective, ne sera jamais pour toi une finalité ! Pour qu’il t’intéresse, il faudrait qu’il soit éducable afin qu’adulte, majeur, il puisse au moins voter et, peut-être, devenir un « ami de rapport ».  

         Son interlocuteur nous regardait, comme pour nous prendre à témoin du délire imprévu de notre Sage. Sonore, le timbre de notre collègue ne s’était jamais emballé et, c’est vrai, il semblait parfaitement apaisé. 

          Le pharmacien a terminé alors que, crispé mais toujours souriant, s’éloignait son ex-ami : 

        – Ceci m’a fait du bien. Je perds un « ami », mais ma conception de l‘Amitié gagne en pureté, en vérité, en intensité. A toi, à tous tes semblables, je confirme ; « Bon appétit ô ministres intègres ! ». Aux voraces du « bouffer pour exister » je préfère les coups de main des « petits, des sans grades… » riches de l’altruisme de ceux qui servent, pas qui se servent. 

           Depuis que Manu a impulsé notre Mouvement, j’ai rencontré bien de ces gens pour lesquels l’Amitié n’attend rien pour eux, sinon le sourire de ceux que l’on a aidé et surtout la victoire effective après avoir combattu pour qu’un peu plus d’humanité soit distribué. 

           Ces gens sont multiples, anonymes, célèbres, employés du public, du privé, artistes, élus politiques, rentiers, bas et hauts fonctionnaires, modestes auxiliaires et grands patrons… 

           L’amitié et l’intelligence du cœur n’ont pas besoin d’être encartée pour être. 

            Nous avons poursuivi notre travail, sans filet apparent, pendant que nos futurs messagers œuvraient pour préparer notre grand Evénement. 

             Que cette opération soit possible ainsi et au moment voulu ou non, nous avions décidé que mercredi prochain serait notre Jour et que la plus grande publicité possible lui serait donné.. 

          Nous avons continué, rapporteur après rapporteur, à rendre compte des conclusions de chaque groupe de travail. 

          A la fin de la séance, chacun a reçu un brouillon photocopié de toutes les synthèses, avec la consigne de les revoir pendant ces deux jours de pause pour un complément d’étude discret. 

           La vigilance la plus grande était recommandée. Toute diffusion prématurée ne pourrait que nuire à l’impact que nous voulions donner à nos conclusions.  

        Les au revoir ont été, en général, brefs : « Bises, à la semaine prochaine ! » et la dispersion rapide. 

             Sylvain a proposé un détour à son taxi ambulancier pour me déposer à la Gare du Sud, chantée par Patrick, mon troubadour occitan. 

30 août, 2011

- 35 – LE PETIT BONHEUR.

                    Sylvain était toujours avec nous et semblait ragaillardi par le bain de notre cirque ! 

                   Suivant l’ordre du jour, ces jeudi et vendredi, les conclusions de chaque groupe devaient être soumises aux critiques de l’assemblée plénière.                       J’ai eu la chance de n’avoir pas été choisie comme rapporteuse. Cela me laissait le rôle, facile, de pinailleuse, 

                       Encore des suggestions, des améliorations, décidément jamais nous ne poserons le point final à notre grand projet!                      Défaitiste Isabelle, car peu à peu, les différentes propositions sont adoptées et deviennent les articles de notre Charte. 

                 La Synthèse est en construction, sa charpente, ses murs, ses cloisons, s’élaborent. Notre travail d’architecture s’accomplit.                Il allait bien nous falloir les deux journées pour tout écouter, tout vérifier, tout ordonner et commencer à souf-fler. 

              A midi, pause. Devenus prudents et connus dans le quartier, nous avions retenu une salle dans trois cafés-res-taurants. Trois parce que nous sommes nombreux et que les salles un peu isolées sont plutôt réduites. 

             Sylvain nous a précédées et gardé des places dans le bistrot les plus proche. Quelle chance, nous avons pu béné-ficier d’un très beau coup de cœur !              Le repas était lancé, lorsque Karine a saisi au vol quelques mots de l’aparté entre deux délégués. C’était une gageure dans ce brouhaha. 

         Un collègue de l’Eure racontait à sa voisine l’émotion qu’il avait éprouvée en découvrant, sur Internet, le message de l’un de ses régionaux.          Mon amie lui a demandé de nous en parler et, dans le silence vite établi, l’Ebroïcien nous a fait vivre le texte l’avait bouleversé. 

         C’était un courrier dense adressé au Président de la République et de l’Education Nationale à propos d’une A.V.S. menacée de perdre son emploi.          - Son auteur enseigne dans l’école d’un petit village. Vous pouvez retrouver l’intégralité de cette poésie sur le Web. 

             Il l’a intitulée « Un Petit Bonheur » et j’espère que nous serons nombreux à ressentir un grand bonheur en le lisant. C’est un poème magnifique dans lequel il chante le quotidien d’une Auxiliaires de Vie Scolaire,..               Ce délégué a connu les écoles sans aucune présence, hors des enseignants, a connu la direction sans décharge de classe, puis a connu l’arrivée aléatoire mais précieuse des emplois jeunes. Il nous a traduit à merveille ce que pouvait ressentir ce maître de classe unique, ces enfants dont les journées allaient s’amputer d’un membre plus qu’utile, un membre devenu indispensable dans une école de la solidarité, du réconfort et de la confiance retrouvée.              Ce recours peut sembler infime aux yeux des Grands qui décident des économies, des soustractions, du devenir du sans-grade. Eux sont assurés qu’une sonnette ou un coup de téléphone apportera une aide à leur moindre contrariété. 

            Pourtant, que ce petit rouage est important au regard de ceux qui oeuvrent avec seulement deux mains, des idées et leur seule bonne volonté !                Oui, c’est à pleurer, comme l’écrit l’auteur. 

               Notre collègue a eu raison de nous évoquer ces lignes émouvantes. Nous allions oublier le rôle immense jouer par les dames de
la Maternelle, celles que nous appelions par leur prénom et à qui nous confions nos bobos et nos chagrins, celles qui aidaient la maîtresse à nous faire belles et beaux les jours de spectacle 

          Auxiliaire de Vie Scolaire, quel beau métier mais quelle ingratitude de ne le connaître que temporaire ! 

29 août, 2011

- 34 – JULIETTE EN COLERE.

                  Ma soirée, toujours aussi ouatée par mes deux tuteurs, a surtout été marquée par l’indignation de ma fille.                  En début d’année scolaire, nous nous étions un peu étonnés de l’initiative de sa maîtresse qui instituait une assemblée de discipline. Elle devait, en fin de semaine, distribuer, les avis de satisfaction et les réprimandes. Se voulant démocratique, cette institution relevait plus, à notre sens, du tribunal populaire que de la réflexion autour des conduites.            

              Nous en avons parlé lors de la réunion de rentrée. Ce n’était qu’à l’état de projet alors. La professeur des écoles nous a rassurés en précisant que cela restait très esprit coopératif, se ferait avec un vote des élèves et qu’elle en serait l’arbitre.              Hier maman, c’était pas le jour mais, vers 16 h, elle nous a dit : 

           « Rangez vos affaires, on va tenir notre réunion de discipline ! »           On savait un peu pourquoi, il y en a deux, des filles, qui se sont insultées et bagarrées pendant la récré. Les autres criaient autour… 

           La maîtresse les a fait venir au tableau et nous a dit : « Que pensez-vous de leur conduite ? Qui est coupable ? Que faut-il lui faire ? »           Déjà, j’ai pas aimé qu’elle parle d’une coupable, sans savoir, ensuite avant de dire ce qu’on pensait, il faudrait peut-être les écouter, leur poser des questions…. 

            Jonathan a commencé :           « C’est Line qui a provoqué Shirley, je l’ai vue! »             Line a crié que c’était pas vrai, que Shirley avait commencé déjà hier. Shirley a répondu que Line ne faisait que la traiter, se moquer d’elle, lui dire qu’elle était mal habillée, qu’elle sentait mauvais et que sa mère était grosse…        

            Alors là, dans la classe, il y en a qui ont dit :             « C’est vrai, elle est comme ça, et même que son père se dispute avec tout le monde. » 

           Les autres protestaient :             « On s’en fiche de ça ! Si Line l’a insultée, c’est normal que Shirley lui réponde ! » 

            La maîtresse a tapé sur son bureau et elle a remarqué : « Est-ce que ça justifie qu’on tape sur celle qui se moque de vous ? »           Moi, j’ai levé la main et j’ai dit : « Oui ! » 

          « Enfin Juliette, pas toi qui cherches toujours à arranger les disputes ? »            « Mais Madame, quand on ne sait plus quoi répondre, quand on se moque de nos parents, de nos vêtements… on peut être tellement en colère parfois qu’on ne se retient pas, on a trop de honte ! » 

           Dans la classe, il y en a qui m’applaudissait, qui disait que j’avais raison…            Les copines de Line, elles, elles me criaient après. 

          C’était un beau bazar !              Alors tu sais maman, tu vas être convoquée avec Papa, parce que j’en ai eu marre, j’ai pris mon sac et je suis partie.           On m’a bien entendue ; tout le monde s’était tu. 

         « Moi, je ne veux plus faire ces réunions. C’est injuste ! On punit, on récompense mais on n’écoute personne. Ce n’est pas à nous de dire si c’est bien ou mal, c’est à vous ! »          La grille était déjà ouverte et tes copines, dehors, elles m’ont vue sortir en pleurant. T’inquiète pas, c’est parce que j’étais énervée seulement… 

        Je n’ai pas voulu que papa t’en parle en premier, je préfère que ce soit moi…           Il a téléphoné à l’école pour dire que j’étais bien à la maison et que vous passeriez voir la maîtresse à ton retour. 

       Demain, il faut que j’y retourne mais ça ne me fait rien. Tant pis si je suis punie, mais pas par les autres cette fois. »             Je pensais que si l’école avait eu une véritable équipe, un directeur présent et non itinérant, cette dérive ne se serait pas produite… 

           Je n’ai pas consolé ma fille, ni approuvé, ni blâmé. Je lui ai dit que je comprenais qu’elle ait réagi comme elle le sentait… que surtout, elle n’avait fait de mal à personne, sauf à l’amour-propre de la prof., mais ça je l’ai gardé pour moi 

          Je lui ai conseillé de ne pas attendre pour en parler bien tranquillement avec Line et Shirley, comme le faisait si bien ma Juliette de
la Paix. Ce serait bien, surtout, si aucun clan ne se formait autour de cette histoire. 
           C’était beaucoup pour ses neuf ans, mais elle en était capable… 

          Je l’ai réprimandée pour avoir apostrophé la maîtresse et avoir quitté l’école avant l’heure… Elle s’attendait à une punition et l’acceptait à l’avance.           On en reparlerait à la fin de la semaine. 

           Dans l’ensemble, j’ai dû exprimer ce qui convenait car sa voix s’est faite plus posée et elle m’a claqué un gros bisou sonore avant de me passer Killian, patient pour une fois. 

          Lui, c’était surtout son mercredi avec papa, son entraînement de foot et la visite de David qui meublaient son monologue.             Yann m’a confirmé tous leurs propos, m’a rassurée sur le comportement de Juliette, a approuvé, (Quel maladroit !) son indignation et c’est moi qui ai dû le calmer…            Evidemment, ce fut le sujet de conversation de la fin de soirée et, évidemment, Juliette avait gagné deux supporters de choc, pas objectifs du tout.   

28 août, 2011

- 33 – RESSOURCES.

                Nous avons eu la chance de pouvoir occuper presque toute la petite salle d’un café juste abandonnée par les employés d’une banque voisine et de nous retrouver à une douzaine, isolés des allées et venues. 

                Nous avons plaisanté, échangé des bribes de présen-ation personnelle, mais le bruit rendait impossible une conversation un peu cohérente.. 

              A peine, le café, l’indispensable café, a-t-il été avalé, que nous sommes partis retrouvés nos banquettes de cirque.     

                    Les rapporteurs ont continué leurs exposés. 

              Sérieux, un Lyonnais nous a parlé moyens. 

            - La grande inégalité des ressources en locaux, matériels, fournitures, budgets, personnels, accès aux centres cul-turels et sportifs, doit cesser, à tous les niveaux !          

                 Les moyens de fonctionnement comme d’investissement doivent être dispensés par les tuteurs territoriaux, sur des bases identiques à tous les établissements publics de mêmes catégories. 

            Le rapporteur a bien insisté sur la compensation nécessaire auprès des collectivités si diverses dans leurs finan-ces pour atteindre cette même couverture des besoins fondamentaux. Une allocation ! L’Etat, responsable du droit pour tous à l’enseignement, doit égaliser les dotations attribuées aux établissements.              

                Ensuite, la spécificité évidente des populations, des conditions géographiques, sociales, des disciplines enseignées conduit à des avenants justifiés et fortement souhaitables. 

              Il a rejoint notre collègue marseillais qui avait parlé autonomie la veille :          

               - Les projets judicieux, mobilisateurs, favorables à l’éducation, l’instruction, l’éveil… doivent pouvoir devenir des réalités sans dépendre d’une course aux subventions. Il n’est pas normal que des élèves se transforment en vendeurs de gâteaux, de billets de loterie… pour gagner leur droit à une activité. 

           Leur participation à sa conception et à sa gestion, y compris financière, est instructive, pas la quête.. Il existe des œuvres et des services officiels dont la vocation est d’alimenter ces initiatives… Ce sont eux qu’il faut encourager et développer…  

             Un Réunionnais a titillé notre curiosité mais nous avions, tous, sa question au fond de nos conversations : 

            - Quid du nouveau ministre ? Et si nous parlions ministère et mammouth :        

          Naturellement, un tel mouvement avait provoqué bien des bouleversements. Le ministère avait éclaté. Le traumatisme subi par sa plus haute autorité, avait justifié son éviction, mais aucun remplaçant proposé par le Gouvernement, Président et Premier ministre, ne trouvait grâce aux yeux des Français. 

              Celui que nous voulions devait avoir fait ses preuves tout au long de l’échelle éducative, devait avoir une bonne connaissance du monde associatif, de la psychologie de la famille autant que de l’enfant. Il devait être doué d’une grande écoute, mais aussi d’une belle fermeté pour mettre en œuvre sans atermoiement le Plan adopté par le Parlement après la proposition de tout un peuple.                 Rares étaient les personnes parvenues à une haute fonction ayant ce profil et ce cursus expérimenté. Quelques proviseurs, quelques présidents d’Université, débarqués après les révoltes étudiantes mais jamais découragés attiraient les regards. 

            Paradoxalement, ce sont les entretiens menés par nos délégués, les enquêtes des journalistes qui nous ont conduits vers notre candidat. Mieux, nous avons insisté pour que les sept postulants pressentis, trois femmes et quatre hommes fassent partie du cabinet de notre ministre de prédilection.               

                Aucune importance n’avait été attachée à l’appartenance politique, ce qui avait suscité bien des obstacles, bien des embrouilles à déjouer           

               Ainsi se sont écoulées ces deux premières journées 

           Même si peu de nouveautés s’exprimaient, même si certains d’entre nous reconnaissaient des modes de fonctionnement, des expériences, vécus dans des écoles de leur connaissance ou lus dans des revues, des ouvrages, voire des romans, entendre leur donner une volonté d’existence, les inscrire dans une étude pour toute notre Ecole, faisaient chaud au cœur. 

           Si des sceptiques de la bonne volonté ou du lendemain, grimaçaient, notre optimisme les reléguaient à l’arrière-plan… Pour le moment ! 

- 32- L’ECOLE ET SON ENVIRONNEMENT.

 

                   Le mercredi, les exposés se sont poursuivis. 

                L’hétérogénéité des populations scolaires, la grande diversité des potentialités, sont des truismes que notre école doit assumer, très tôt, nous a rappelé une Bordelaise. 

               - L’attention portée à tous les enfants, depuis leur plus jeune âge et, plus précisément, dès leur entrée à l’école ma-ternelle, constitue la meilleure prévention des diversités d’apprentissage. 

              Dans la plupart des situations, la seule pratique pro-fessionnelle de l’équipe éducative répond à cette attente. Elle le ferait encore mieux avec une formation psychologique plus poussée et avec un effectif dans ces classes, si importantes, plus favorable à l’individualisation. 

             Pour d’autres élèves marginalisés par leur personna-lité, leur précocité, leur retard ou un handicap avéré, un dépistage rapide, une pédagogie différenciée, des soutiens adaptés ou parfois des orientations spéciales doivent égali-ser les chances et s’efforcer de compenser les déficits. 

            Chaque établissement doit pouvoir disposer de ce personnel complémentaire essentiel. S’en remettre à la seule augmentation du temps de travail, à la seule bonne volonté d’intervenants non spécialisés est un leurre, un manquement à nos devoirs vis-à-vis de tous les enfants. 

               Les temps particularisés de soutien ne sont pas à reje-ter d’emblée, mais ne doivent pas alourdir la journée d’enfants déjà en difficulté, ni les marginaliser. Ils doivent être de vrais moments de consolidation. Ils ne doivent pas être des instants émiettés, voués, surtout, à occuper le volu-me de présence à l’école des enseignants, amputé par la suppression sans consultation du samedi matin. 

            Elle en a profité pour vilipender la casse de la carte scolaire 

             – Sous prétexte de mixer les populations d’élèves cette initiative n’a fait qu’ouvrir en grand la divagation des inscriptions, promouvoir le bouche à oreille comme le mode de choix d’un établissement ! C’est vrai, autrefois, quelques arrangements permettaient des inscriptions indues, hors du secteur, mais maintenant, ces mouvements sont autorisés et, par le jeu du bon vouloir des autorités, amènent à de nou-veaux ghettos 

         Les écoles de « bonne réputation », disons de « bonne fréquentation » sont recherchées par les familles sélectives. Les autres se voient abandonnées aux enfants de parents qui « s’en fichent » finit-on par murmurer. 

          A peine le temps d’une ponctuation et notre Girondine aligne les constats :  

          - L’adaptation de l’école à son environnement, est devenue difficile ; leur fracture s’est accentuée. La réduction de la semaine, la suppression du samedi matin, la création de ces Etablissements d’Enseignement Primaire éclatés, la nomination de responsables administratifs nomades n’ont fait qu’accentuer la mort des écoles de quartier et de village. 

Nous redemandons le retour à des écoles à taille et relations humaines… 

 

          J’ai pensé à Bernard, notre bougon qui avait refusé de remplacer de jeunes collègues dans les services minimum des jours de grève. 

        Venant de
la Creuse, rocailleuse comme sa voix, un instit pensionné n’a pas hésité à proposer la participation de retraités actifs, ce potentiel de personnes qualifiées, pour remplacer, en urgence, un enseignant à l’absence imprévue, ces petites absences rarement couvertes. Il a suggéré que ces mines d’expériences puissent, dans chaque Académie, par-ticiper aux moments de réflexion pour des projets, des bilans autant que des actions nouvelles… 

          Nombreux anciens qui siégeaient avec nous hochaient la tête mais, était-ce des mouvements négatifs, affirmatifs ou simplement dubitatifs ? 

           Même sur la base du volontariat, cette opportunité fait peur, comme une porte ouverte aux restrictions de personnel. Pourtant, nous en comprenions bien le caractère occasionnel, aléatoire et solidaire, mais… 

           Officieusement, certains des ex-enseignants présents participaient à la vie de leur collège, lycée ou école communale, en catimini presque, c’est dommage… 

27 août, 2011

- 31 – MON COFFRE AUX TRESORS.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 22:34

            Le soir, je triais des documents à côté d’Alice. Elle m’a demandé pourquoi j’avais mis un dossier à part. 

- Ah, celui-là ! C’est mon « coffre à trésors ». J’ai rangé, au fond de ce compartiment velouté de tendresse, quelques messages que j’ai reçus directement, sous enveloppe ou par courriel. Des clins d’œil d’amis inconnus qui rêvent leur Ecole pour eux, leurs enfants, leurs petits enfants, pour aujourd’hui, pour l’avenir.          Je suis particulièrement sensible à ceux d’expéditeurs, n‘ayant aucun lien avec l’Ecole. Que leurs souvenirs et leur imagination ! 

- Tu permets ? A moins, que ce ne soit secret… - Mais non, au contraire. J’y puise des encouragements et parfois des sourires. Tiens, regarde celle-ci, lui dis-je en lui tendant une feuille. Il s’agit de la lettre d’un retraité informaticien : 

                 « Mon point de vue, mon rêve ? Mon école serait mixte, assez petite. Chaque classe serait d’un effectif limité. Elle s’inscrirait dans mon village ou mon quartier. Pas plus.                L’école d’un état où le principe de précaution serait applicable avec bon sens, en tenant compte de la réalité et non pas d’une vue technocratique. 

                Je pourrais emmener ma classe participer à la vie de quartier sans casse-tête administratif préalable. J’y ferais du sport mais du sport de base qui n’aurait pas besoin d’équipement particulier onéreux.              Une corde lisse pendrait, accrochée à la branche d’un tilleul. J’y ferais des exercices, des activités que je pourrais reproduire aisément en dehors de l’école, seul ou avec des copains. 

            Pour toutes les matières théoriques enseignées, le programme commencerait la première année par un survol, puis, en deux ans, effectuerait des piqués sur tel ou tel aspect. En français par exemple, j’apprendrais sans tenir compte, la première année, de tous les cas particuliers. J’apprendrais d’abord  le présent, le futur et l’imparfait sans aller tenter de cohabiter tout de suite avec le subjonctif présent ou imparfait.              En histoire, j’allégerais l’étude de la préhistoire, du Moyen Âge, etc… pour faire un peu de place à une époque plus récente que l’on n’aborde jamais faute de temps et peut-être pour être sûr d’être politiquement correct. 

            En géographie, je privilégierais l’Europe.              En éducation civique, je m’intéresserais de façon plus détaillée aux institutions élues au suffrage universel. 

             En ce qui concerne les arts, je mélangerais la pratique du dessin, de la peinture avec des messages relatifs à la télévision, au cinéma ou au théâtre pour éclairer les futurs consommateurs.                Je choisirais une méthode d’apprentissage de la musique qui ne passe pas uniquement par le solfège.                L’autorité des enseignants serait totalement rétablie tant vis à vis des élèves que des parents. 

             Je réintroduirais le développement du bon sens, l’apprentissage d’un sens pratique multi facettes, du concret.              

             J’y apprendrais aux élèves à travailler, de temps en temps, en groupe, avec d’autres élèves de la classe ou de l’école. J’initierais à une autre langue, le plus tôt possible. 

               La découverte du monde bureautique et du réseau s’y ferait progressivement.                 Je confierais aux enfants l’entretien de plantes, le sui-vi de petits animaux.  

               Une note d’humour concluait : Je n’ai pas eu le temps de calculer le budget correspondant… Amitiés ! »                 Robert avait abandonné fauteuil et journal et écoutait attentivement Lisette.               Je connaissais ces mots pour les avoir souvent relus, mais les entendre prononcer avec émotion me réchauffait encore plus. 

- Un autre message, un commerçant, me plaît également, par son insistance sur le plaisir comme vecteur des apprentissages, veux-tu nous le lire ?              Alice, n’avait pas besoin d’encouragements, et les yeux de Rob étaient  éloquents. 

           Le visage coincé dans mes paumes, je me suis abandonnée à sa voix :  « Pour faire très simple, mon école idéale est un lieu où l’on prend du plaisir.                   Le plaisir d’apprendre, le plaisir de viser un savoir, sans se préoccuper des délais et des compétences attendues ; le loisir d’expérimenter, de se tromper, de recommencer. 

           Un endroit où des instits donnent envie d’apprendre, sont attentifs au savoir-être, aux savoir-faire, avant les savoirs purs.              Des profs qui croient en leur rôle. 

              Trop bien ! Je veux bien y retourner dans celle-là…                 Garder toujours à l’esprit la notion de plaisir. 

               Un prof qui ne prend pas son pied quand il partage ses connaissances ne peut pas donner l’envie et le plaisir d’apprendre.             Apprendre de manière contrainte ne sera jamais de même qualité que d’apprendre avec plaisir ! » 

               Alice a continué à cheminer dans mes précieuses archi-ves et ce voyage nous a menés assez tard dans la nuit. 

              Pour ces correspondants, pour ceux qui, bien que déshabitués de la page à remplir, ont voulu m’écrire, l’Ecole était devenue ma responsabilité, c’est tout ! 

26 août, 2011

30- L’EQUIPE.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 22:19

             Ce fut une longue journée, à peine coupée par un repas hasardeux. A un comptoir, sur un coin de table ou dehors, sandwich à la main, chacun a essayé de se caser.                  

            Karine et moi avons eu la chance, préparée, de retrou-ver Thibault à une table dans un petit troquet un peu écarté… Lucas était là, tout sourire et je m’en suis emparé pour faire exploser ses fossettes coquines…                Pas longtemps car la reprise était fixée à une heure afin de ne pas terminer trop tard ce soir-là. 

              En regagnant notre gradin, nous avons eu le plaisir d’y retrouver Sylvain, toujours costumé en homme invisible mais apparemment plus alerte.              Nous lui avons résumé rapidement les interventions et très vite sommes redevenus des auditeurs sages, attentifs…    

           Une Alsacienne est passée sur sa digestion pour souhaiter que disparaissent, vraiment, tous les résidus de tolérances archaïques, même dans sa région si bouleversée par l’Histoire.              – Gommer les signes d’expressions religieuses, politiques, régionalistes, nationalistes ou anarchistes n’est pas restreindre la liberté de penser mais garantir, dans une enceinte d’éducation publique, une neutralité ouverte à toutes options, mais hors de l’Ecole Républicaine. Il ne s’agit non plus de, stupidement, édulcorer les cours d’Histoire ou d’Education Civique, trancher dans la littérature, pour éviter toute allusion engagée. Les événements sont là, leurs causes, leurs conséquences aussi, leur traitement impartial doit rester possible…  

                Un Charentais, patron d’une P.M.E. multiservices a mis sur le tapis ce que, peu à peu, j’avais perçu comme le fonds de toute réussite de collectivité organisée.                 - Une école ouverte, terrain fertile pour un enseignement efficace et pour des rénovations bien admises, a besoin d’une équipe solide. 

                  Chacun de ses membres doit avoir reçu une formation qui le prépare à cette interaction communautaire. Il doit bien saisir tous les paramètres intérieurs et extérieurs qui influent sur la vie d’un établissement scolaire. Monde protégé,  certes, mais pas imperméable ni étranger à son environnement.                    Il a insisté sur la direction d’école devenue si administraive. 

                  – Une équipe pédagogique, comme tout groupe organisé, a besoin d’un animateur disponible, compétent, reconnu, valorisé et soutenu           De fait, la direction est l’axe de l’institution. Sa défaillance n’entraîne pas celle de l’établissement mais compromet sa cohésion. Un responsable d’école est amené à réagir rapidement et efficacement aux aléas nombreux et variés du quotidien d’une école…  

           A été ensuite abordée, avec un bel accent de la Canebière, l’autonomie. Cette notion délicate, pernicieuse, même pour les universités, ne doit pas accentuer la seule capacité des établissements à se débrouiller, se combattre, se concurrencer, pour attirer les subsides, les sponsors, les élèves à hautes possibilités donc porteurs de notoriété future.              Singulariser les modes de fonctionnement selon les écoles peut être une belle complémentarité dans notre système éducatif mais aussi la source de doublons et de gabegie…  

25 août, 2011

- 29 – OBJECTIFS FONDAMENTAUX

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 9:14

            La mise en place, à chaque niveau d’acquisitions, du plus élémentaire au plus haut, pour chaque élève, des aides nécessaires afin qu’il aille aussi loin dans ses acquisitions que lui permettent ses possibilités, en compensant au mieux ses handicaps…           Une oratrice de Haute-Savoie s’est emballée sur les structures de l’école : 

             « Essentielles ! Primordiales ! Vitales ! »           Pas de qualificatifs assez sonores pour elle. Conseil d’établissement, conseil de cycle, équipes pédagogiques, équipes éducatives, conseils coopératifs, groupes de projets… 

           De quoi décourager un candidat à l’enseignement ! 

            – Elles constituent un tissu scolaire, véritable garant de l’accueil de l’enfant, de son suivi !                Nous n’avions pas hiérarchisé les thèmes présentés, un tirage au sort préalable guidait l’appel des rapporteurs…             Plus calme, une Lilloise a listé les documents de références, de réflexion et de mise en œuvre qui accompagnent la vie d’un établissement. 

           Elle a insisté sur la synthèse des harmonisations décidées dans et entre les cycles..              – La clarté pour tous des projets spécifiques par classe, par regroupements divers, à moyen ou court terme, est nécessaire. L’engagement dans un projet d’activité a valeur d’accord et lie ses acteurs afin qu’il devienne une réalité où chacun trouve sa place.. 

          Les modalités de vie éducative adoptées par le Con-seil des maîtres doivent se relire aisément, surtout si, tout en respectant l’esprit global de fonctionnement de l’établissement, chaque enseignant imprime ses « trucs », son originalité, ses richesses personnelles à sa classe.               …Les orientations, les contrats passés avec tous les intervenants concernés, la famille et l’enfant, établissent un protocole de prise en charge pour le meilleur suivi de chaque élève nécessitant un enseignement particularisé. C’est autant une reconnaissance de l’utilité du rôle qu’un outil de solidarité autour de l’enfant concerné. 

            Le règlement de convivialité est un document important auquel se réfèrent les adultes et les enfants de l’établissement. Il rappelle les règles de vie en commun et justifie les avertissements ou les sanctions éventuelles…            L’acte le plus important est le Projet de l’Ecole, sa Bible, puisqu’il intègre son esprit de fonctionnement, adapte ses progressions aux réalités de son secteur et définit les actions optimales pour atteindre les objectifs que lui attribue l’Education Nationale.            Sa rédaction par tous les enseignants, ses ambitions, autant que son pragmatisme, sont garantis par sa présentat-ion en Conseil d’Ecole à tous les acteurs significatifs de la vie de l’Etablissement. Ils en font une référence pour toute sa durée officiellement définie. Etat des lieux de l’école, de sa population, de ses ressources, de son organisation et de ses réponses pour remplir sa mission, ce document est un guide qui n’exclut surtout pas son évolution, son adaptation selon les circonstances….  

24 août, 2011

- 28 – L’ECOLE DE KILLIAN.

Classé dans : POUR QUE L'ECOLE RENAISSE...,roman de société — Alain @ 20:48

             Le trajet était assez bref ! Le wagon, bien rempli, exhalait les fortes odeurs de fin de journée ; un bouquet plus que varié ! Mais la cueillette de sourires, non négligeable, était aussi surprenante que sympathique, le plaisir du retour sans doute… Cela tombait bien, je me sentais guillerette !  

             Robert et Alice savaient que le dîner, la soirée se-raient à nous. Ils m’ont encouragée à rejoindre Yann et mes deux trésors. 

            Nous avions bien discuté avant mon départ à propos de mes réunions à Montpellier et, déjà, les soirées à la maison, leurs échanges dans la cour de récré avaient bien dégrossi Juliette et Killian. 

             Pourtant, quand en grimaçant vers l’objectif de la webcam, ils m’ont demandé si je m’amusais bien, j’ai tenu à rectifier cette mauvaise interprétation de mon voyage :  

            – Bonjour les trois grands ! 

            Trois avec un peu d’imagination parce que leur gros plan me laissait peu de chance d’apercevoir Yann. 

           – Je ne m’amuse pas mais je vais bien et je suis con-tente de ce que je fais. Savez-vous quoi au juste ?  

            Killian n’a pas laissé le temps à Juliette de s’aligner au départ, il a foncé : 

              - Ouais !‘’Oui’’, a grondé le papa. Quand j’étais là, il laissait passer…  Toi et tes copains, vous n’aimez pas l’école. Vous en voulez une autre !  

          A peine le temps d’un soupir, insuffisant pour ses voisins, et Killian a déclaré : 

          – Moi, j’en veux une au fond de la mer ! » 

          Triple regards convergents et interrogatifs vers lui… 

          - … On aurait des tuyaux, pour sortir de la grande bulle. On rencontrerait tous les poissons, même des pas connus… 

         On irait dans des fermes et on apprendrait à manger des algues… 

         Balle à Juliette, elle rentre dans l’histoire de son frère et s’inquiète, pratique : 

        -  Comment tu irais? 

        – Ben en ascenseur à air, directement dans la grosse bulle en verre, tiens ! » 

        C’est évident, ma chère sœur ! 

        Elle joue le jeu : 

          -Tu apprendrais à lire, à écrire et à compter là-dessous ? 

           – Il faudra bien ! (ça y est, il a plongé !). Sinon comment on pourrait connaître tout ce qu’il y a au fond ? On ne saurait pas comment ça marche ou comment ça vit ! 

       – Et écrire ?           

           – Encore plus besoin, si on veut marquer tout ce qu’on trouve, si on veut le raconter aux autres sur la terre et dans les écoles des autres mers… 

            – T’auras un ordinateur ? 

         – Forcément, le papier ça tiendrait pas longtemps dans le mouillé ! Même avec l’ordinateur, il faudra quand même écrire, dessiner, mettre des photos… pour tout garder. 

- Apprendre à compter, alors ? 

    – Fastoche ma vieille : dans la mer on compte tout ; il y a des milliards de poissons. 

       Il ouvre largement les bras pour embrasser cette multitude. 

            -Des crabes. Moins de baleines, mais c’est plus gros. Les requins aussi faudra les compter, en faisant attention… 

          -Tu resteras dans la mer plus tard ? 

            -J’sais pas, j’suis trop petit. Pis, après la mer, je voudrais avoir une école de rivière, de montagne, de désert, de forêt, de jouets ( !) … 

      -Tu n’as pas fini d’aller en classe ! Essaie-t-elle de le décourager. 

        -Ça fait rien, si ça me plaît…   

        Et c’est nous qui cherchons comment justifier l’Ecole, mettre les enfants en appétit… 

          Ni Yann, ni moi, n’avons interféré dans leur échange. Ils étaient tellement dans leur jeu de construction que nous immiscer aurait tout brisé… 

          Un jour, je leur dirai que ce n’est pas si loufoque cette idée d’une Ecole perpétuelle et omniprésente… 

           Peu de place pour Yann et moi lors ce premier rendez-vous. 

                 Quand nous avons commencé à parler de ma journée, les deux curieux, ont foncé, surtout lorsque j’ai raconté la rencontre avec Karine et avec Sylvain. 

          Lui, ils le connaissaient. Les conversations surprises, la télé, et toujours Radio Copains… 

          J’ai dédramatisé. J’ai dit la vérité : je n’avais pas vraiment eu le temps de lui poser de questions. On verra plus tard… 

           Ils se sont enfin lassés et j’ai pu retracer les grandes lignes de ce début de séjour parisien. L’accueil des horlo-gers, l’arrivée et la rencontre avec Karine, l’organisation de notre session, la découverte de Sylvain, mon trac sur la piste, le retour en métro et mon optimisme… 

           Yann a donné son appréciation notée : « 15 sur 20, semble à l’aise ! » 

           Quant à lui, rien de spécial, du courant… Menteur ! D’habitude, il est au bureau, ne prépare pas les repas, ni les vêtements des enfants. En revanche, il participe bien au ménage en fin de semaine et se spécialise, en vaisselle, dans la catégorie gamelles… 

           Donc pour le courant, il repassera… Non quand même pas, pour le linge, j’ai prévu quelques heures de chèque emploi… 

             Une voisine vole à son secours… 

          Il est un peu agacé pourtant : jamais son père, mes parents et surtout sa mère n’ont éprouvé si souvent la nécessité de le joindre. Inquiétudes, manque de confiance, traduit-il ! 

             Il a interdit les visites, si je peux revenir samedi et dimanche, mais il ne peut museler le téléphone 

        Le comble, c’est lorsque Juliette et Killian s’emparent du combiné avant lui… Il a l’impression de les entendre faire leur rapport et se délecter à détailler ses initiatives ménagères… 

               Il n’arrive même pas à détourner la conversation vers moi. 

           Après des câlineries virtuelles, c’est chaud l’éloignement, nous avons renvoyé au lendemain la suite du feuilleton familial… 

            Maintenant, porte ouverte à notre groupe du village élargi à d’autres chateurs autorisés. 

           Premier contact avec Alain. Il s’est chargé de préve-nir tout le monde, messagerie arabe, pour notre colloque. 

            J’ai déplié le menu de ce lundi, exposé en détails mes impressions et mes commentaires. 

           Chacun y va de sa question ; j’apporte les précisions et inscris les points sans réponses, pour l’instant. 

             Comme après un examen, ils s’inquiètent auprès de la candidate : 

           – Tu n’as pas oublié de dire… ? 

          – Et eux, qu’est ce qu’ils pensent de… ? 

            – Quelle était l’ambiance… ? 

           – Est-ce qu’ils y croient… ? 

            – Et dehors, t’as rencontré des gens pour, des gens contre… ? » 

              Je n’ai rien omis. J’ai tout raconté, la colère de Karine en ouverture, l’intervention surprise d’Huguette et la venue de Sylvain. 

              Déception, il ne nous a pas parlé de Manu ! 

            Eux aussi me percevaient détendue depuis mon entrée dans le cirque et se réjouissaient de recevoir mes ondes d’espoir. 

            Notre ancien, Bernard, m’a proposé de faire, après chacune de nos rencontres, le compte rendu sur le blog. Il avait tout noté. Demain matin ou cette nuit, il me résumerait les premières réactions. 

            Ils savaient déjà pour Karine et Huguette, normal : les infos. Cela s’était passé dehors. La presse ignorait et devrait encore l’ignorer, la présence de Sylvain 

          Pourtant avec l’ambulance, les pansements… 

           Peut-être de la discrétion… Dans certaines rédactions, oui ! Toutes, je n’y crois guère. 

          A présent, à table, je suis espérée. 

           D’abord, apéro, Carthagène maison et rapport en guise de biscuits. Attention, j’ai école demain… 

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