et l'école renaîtra

Le Futur dépend de notre engagement éducatif, l'école en reste l'outil majeur, ne le laissons pas se dégradrer!

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16 août, 2011

- 23 – LA PASSANTE AVEC SOUCIS.

Classé dans : — Alain @ 12:23

               Nous partions rejoindre notre place sur les gradins du cirque, portés par les applaudissements qui approuvaient le coup de gueule de Karine et soulignaient la confusion du journaliste. 

              Quand… 

            …Une dame, d’allure B.C.B.G., simple promeneuse avons-nous cru, à tort, nous a retenus. 

           Sa voix, surprenante de vibration, sans doute causée par son audace, a survolé la presse et les sympathisants ve-nus nous encourager.              – Vous savez, nous sommes bien coupables, nous les supporters sans condition de notre champion de Président !             Je n’étais pas à une impasse près… 

         Autrefois j’avais bien salué le dresseur de Mammouths ! Pauvre de moi !         Je vous confesse avoir cru, sincèrement, que la mise à l’équerre des écoles, l’autorité ou l’autoritarisme en tous espaces d’Enseignement était la seule prescription, à appliquer sans déroger. 

          Des fausses bonnes innovations, bien empaquetées, nous ont séduit et caché le sale travail.            Un couloir s’était élargi au milieu de
la Presse, bordé par des curieux, des passants, des sympathisants, des délé-gués. Il convergeait vers cette nouvelle intervenante, ouvrait une avenue éclairés d’heureux étonnements, entre elle et nous ! 
           – Par exemple, nous, parents, grands-parents ou simplement citoyens soucieux du futur de notre civilisation, voulons et c’est légitime, le meilleur des services pour nos enfants, pour tous. 

          L’annonce de la création des Jardins d’Eveil ne m’a pas choquée, au contraire, et je me suis indignée qu’il soit lui aussi l’objet de méfiance, de rejets.           Pour une fois, j’ai essayé d’argumenter mon soutien à ce projet, mais écoute et documentation ont ouvert ma com-préhension, alimenté mes désillusions.  

         Etait-ce une auto flagellation, un acte de contrition ? Déjà, nous commencions à regarder nos montres. 

          Lancée, la voix affermie nous a expliqué cette révéla-tion… 

       – Je pensais et pense toujours :         Oui, je suis pour un plan d’éducation et d’instruction, concerté, débattu, cohérent pour notre jeunesse, de la nais-sance à l’autonomie, l’entrée en vie professionnelle. 

         Non, je ne suis pas pour un plan de réduction des coûts et le transfert des charges, sans logique, aux collec-tivités.          Pourquoi laisser les communes prendre sur leurs épaules le fardeau de l’école avec leurs seules ressources, si inégales ? 

          Oui au jardin d’éveil pour tous… Multiplions les possibilités d’accueil, les activités d’éveil véritable.          Oui, favorisons le savoir-faire des crèches, la formation des intervenants et surtout la liaison harmonieuse avec familles, écoles, associations… 

        Mais pas au détriment des Petites Sections, de
la Grande et bien sûr de
la Moyenne ! 
         Je vous ai bien entendu, Madame
la Déléguée, face à cet abruti. Je me réjouis de votre combativité, égale certai-nement à celle de vos collègues, comme le prouve la con-fiance accordée par ceux qui vous ont choisie. 

       Vous avez évoqué notre Ecole Maternelle défunte, moi aussi je veux participer à son épitaphe, en espérant sa résurrection.           Deux textes m’ont choquée : 

          Le premier ratifiait l’allégement plus qu’inquiétant des objectifs officiels, en Moyenne et surtout en Petite Section. Il a minimisé arbitrairement l’importance de ces niveaux, jusqu’à la suppression de la première classe.          A contrario, il gonflait fortement ceux de
la Grande Section. 

         Avec de telles régressions, le glissement de la première classe vers le Jardin d’éveil s’est justifié, en toute hypocrisie. Couches, siestes, comptines, occupationnel en attendant les parents, a ironisé Monsieur le Ministre.          L’alourdissement des apprentissages en Grande Section, lui, relevé avec insistance, par ceux qui l’avaient manigancé, a permis l’escalade de ce niveau vers la «Grande Ecole » 

         Tant de connaissances à acquérir, c’est déjà pour le C.P., presque !        Quant à
la Moyenne Section, c’est vrai, il restait cette classe… Ben, ne pouvant rester isolée, n’est-ce pas, elle s’est éclatée entre Jardin d’Eveil et Primaire. Au choix sans doute, selon la maturité de l’enfant… 

          Vous avez raison la messe, était dite.
La Maternelle était enterrée ! Et des générations sacrifiées à la techno-cratie… 
            J’ai été infirmière pour jeunes enfants handicapés. Je  peux attester de l’importance de leur accueil en ces anciennes écoles protégées, cette pédagogie pré élémentaire si éloignée des rejets, des racismes, des ségrégations par la seule innocence de l’acceptation naturelle des différences.             La culture de la pratique des mêmes exercices de communication, de l’apprentissage d’un même langage, de l’éveil par les mêmes interrogations, par la référence confiante aux mêmes adultes, était une chance inestimable. 

           Nos technocrates n’ont su, eux, l’apprécier qu’en termes d’économie.           Tout est possible à cet âge où le mixage est un fait, pas un sujet de curiosité, à cet âge où éducation rime avec progression, répétition, réflexion, proposition, satisfaction. A cet âge où savoir se conjugue au présent immédiat dans l’impatience de l’utilisation… 

          Nous, adultes, déteignons vite et cette candeur de la course à la connaissance, pour le plaisir seulement,  dispa-raît inéluctablement           Avant, lorsque s’achevait la mission de l’Ecole Ma-ternelle, commençait celle des classes élémentaires, et, se mettaient en place des codes structurés…  

         Des journalistes, impatients, voulaient identifier cette intervenante imprévue que nous semblions ne plus pouvoir interrompre : 

          - Qui êtes-vous ? Est-ce un montage ? Qui représentez-vous ?               - Qui je suis ?  Je suis une bonne sauvage de province. Une Huronne voltairienne, une indienne ! Dites « Hugh ! », comme Huguette, et vous me nommerez suffisamment !             Laissez-moi terminer, je suis venu parler après m’être trop tue, et puis je m’en irai…   

          Le second texte, de mars 2009, -horrible année !- a  ouvert la direction des E.P.E.P. à tous les fonctionnaires de plus de dix ans d’ancienneté. La seule expérience exigée n’est encore, qu’administrative. Elle est sans doute jugée suffisante pour la prise en main d’un grand établissement, de quinze classes et plus ; pas forcément regroupées en un même lieu, un même village.                    Je suis une élue de petite ville, voyez, je me découvre. J’ai accepté avec beaucoup d’enthousiasme, la responsabilité de la jeunesse, tous les âges, dans et autour de l’école, et je ne suis pas rassurée ! 

            La disparition des maternelles alimentera en effectif le personnel enseignant de ces Etablissements Public d’En-seignement Primaire mais des quartiers, des villages perdront leur centre de vie éducative… La peau de chagrin de l’Ecole sera alors rétrécie, au plus juste. 

            Huguette, la bonne sauvage, avait capté nos esprits et les minutes s’écoulaient sans précipitation. 

               – Quid des vraies réformes indispensables pour pallier les manques de notre système scolaire : une véritable formation, une solide équipe d’école, des directions éclai-rées, reconnues, une réelle adaptabilité aux différences individuelles et aux différences locales… ?          

            Aujourd’hui, nous constatons la victoire facile des économistes, plus apte à réduire des budgets de service que des dépenses d’apparat. Haro sur les pédagogues et sur les élus naïfs, utopistes, tous ces boucs émissaires, fautifs pro-fessionnels…              Ah, si l’Ecole avait eu des grands pontes pour inciter notre Président à réfléchir et l’amener à contredire ses ministres ! 

           De nombreux intellectuels, des chercheurs célèbres la  soutenaient mais ils étaient moins électoralement importants que les médecins avec leur clientèle, par exemple, ou que des grands financiers même en crise…               L’ancienne infirmière, bien actuelle Maire Adjointe, a soupiré, a souri et a repris son chemin en agitant, vers nous, sa main au-dessus de sa tête, bien haut :             - Nous vous faisons confiance … 

            Ses derniers mots, pratiquement chantonnés.             Elle s’éloignait, ignorante des journalistes, des photographes qui flairaient une personnalité digne de leurs lecteurs… 

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