et l'école renaîtra

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24 juillet, 2011

10 Le regard de l’autre.

Classé dans : — Alain @ 20:45

C’est une femme d’une soixantaine d’années bien sonnée, à la voix aussi moqueuse qu’énergique qui lui a succédé, amicalement ironique.

Aucun tour de parole n’était institué évidemment, les yeux suffisaient pour que se meuble le silence.

- Pour moi, dites Janine ! se présenta-t-elle en se tour-nant vers Daniel dans un grand mouvement pour l’applaudir :

- …Et tu dis que ce n’est pas ton truc !
Bon courage aux hommes et femmes de bonne volonté ! Je souhaite que naisse un véritable Cahier de Propositions !J’ai connu, pratiqué comme animatrice bénévole et enseignante pendant bien des années, les banlieues parisiennes. Aujourd’hui, retraitée, je suis intéressée et toujours intervenante lorsque l’occasion se présente, dans notre village, comme vous le savez. Moins spectaculaires que dans les cités car moins concentrés, nos ados ont les mêmes problèmes d’identité à construire, à prouver, d’existence à assumer que les enfants des villes. Les dérives sont possibles et émergent aussi : l’alcool, le vandalisme, la provocation, la drogue également et le mal-être toujours. C’est plus discret, plus renfermé pour certains. Cela s’exprime autant par les sous-entendus, les cris parfois que par les mutismes, beaucoup par messageries interposées.
Bien que sous-jacent, le malaise est bien réel. Il amplifie la crise ordinaire de l’adolescence…

Dans le village, je découvre les réponses fournies. Elles sont familiales donc souvent insuffisantes face à une demande aussi personnelle que sociale :« Exister dans le regard de l’autre !». Elles sont surtout associatives. Pas évident dans les groupes culturels cadrés, même si le sport collectif fait exception par sa structure « Bande à confronter à une autre bande » et « Je m’épuise donc je suis !».La fanfare est un bon exutoire parfois et j’ai connu des garnements bien valorisés par la trompette et les défilés…
Ici, la responsabilité de notre animal totémique les motive, les unit aussi.
Pour notre petite commune, je veux surtout souligner le rôle important joué par les Points Rencontre Jeunes.
J’éprouve beaucoup de bonheur, lorsque à l’occasion, je me trouve parmi ces ados.Leur respect du contrat implicite passé avec leur responsable, autant que leur liberté de paroles ne cessent de me surprendre, et pourtant j’en ai vu.A notre époque, alors que tout n’est qu’interdits, menaces pour eux, ils ont un espace pour rêver, un endroit où les tensions ne sont pas des rapports de force mais des confrontations ordinaires.Ils appartiennent volontairement à un groupe dans lequel confiance ne se subordonne pas à obéissance.Ce ne sont pas des B.A. qu’accomplissent ces jeunes quand ils s’engagent à rendre service mais des fiertés qu’ils additionnent, presque en catimini.Pourtant, Gilbert, pourtant Daniel, oui, ils sont capables de belles âneries pour affirmer leur originalité, hors de leur foyer secondaire ! Je parle au présent, ce n’est pas une erreur, car je suis, nous sommes presque des survivants, des résistants de l’animation. Je préfère ce terme à celui d’Encadrement devenu réalité officielle, mais si péjoratif ! En regard des manifestations de « l’âge bête », parfois violentes, parfois muettes, comment réagissons-nous, non pas nous familles, mais nous société ? Les réponses possibles n’ont pas évolué depuis 1965, mes premières implications responsables.Nos jeunes ont soif d’accueil, de compréhension, de respect, d’actes utiles et vrais, de la reconnaissance de tous, ados et adultes.Pour ça reportons nous aux héros de Gilbert ! C’est plus difficile aujourd’hui parce que l’avenir professionnel est incertain, parce que nombreuses sont les familles démissionnaires engluées dans leurs difficultés, déstabilisées.
Même la bande, autrefois refuge des Blousons Noirs ou Dorés, n’est plus structurée, sauf dans les hiérarchies mafieuses.
Elle en est d’autant plus dangereuse, comme tout groupe informel démobilisé.
La secte, la religion, l’engagement politique poussés à l’extrême attirent, accueillent les plus vulnérables souvent.
Heureusement, demeurent, éternels, l’amitié et les premiers émois amoureux, toujours importants, toujours fragiles mais souvent propices aux projets constructifs.
Encore faut-il avoir les moyens de les faire naître et de leur donner une chance de se réaliser.
Je vous rejoins, n’est-ce pas Daniel, l’ex-éducateur que nous ne connaissions pas ? Je ne plaisantais qu’à peine, vous l’avez bien compris le truc pour y parvenir, c’est l’Ecole.

Daniel lui a répondu :
- C’est vrai, j’ai appris, par une amie enseignante, votre proposition de discussion libre.
Dans ma ville aussi, des petits ou grands groupes se constituent. J’ai pensé que je parlerais plus facilement avec des inconnus. On peut être à l’aise avec des jeunes et moins avec leurs parents.
C’est peut-être aussi l’expression d’un sentiment de culpabilité, parce que moi, Madame, je ne suis pas entré en clandestinité ?
Je ne suis pas un ex-éducateur, il faut bien manger…
Je me suis plié aux nouvelles règles et j’ai abandonné mes convictions…
 

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