SYLVAIN, l »écrivain public.

17052012

      C’était un personnage, ce Sylvain. Quarante-cinq ans, il allait de bars en cafés-restos citadins du début octobre jusqu’à fin avril. De mai jusqu’en septembre, ses routes le menaient de bistrots ruraux en estaminets, de village en village. 

     Nomade, il a beaucoup appris ainsi, sur les tables où se rédigeaient les cris, les plaintes, les joies, les amours de ses pratiques…      Il s’était façonné une vie à sa mesure, celle d’une bohème organisée. Une vie pleine de celles des autres ! Une vie dont les saisons étaient rythmées par ses engagements parisiens et provinciaux. 

    Pendant sa session fraîche, il ne quittait sa clientèle de la capitale que pour un rendez-vous hebdomadaire, dans une maison de retraite de la banlieue essonnienne.    Il y animait un remue-méninges, – est-ce moins barbare que « brainstorming » ? – où se développaient des souvenirs réels, rêvés, transformés… 

   Qu’importe !    Des mémoires revécues par, pour leurs acteurs eux-mêmes d’abord, pour les enfants, petits-enfants ensuite. 

   Pour lui, des bibliothèques vivantes qu’ils feuilletaient.   C’était, près de chez lui, près de son deux-pièces H.L.M, la dernière demeure de sa grand-mère. Elle n’était plus là, le laissant seul survivant d’une famille jadis fournie et intense. 

   Un accident de car leur avait retiré, en un même moment, toute la parenté réunie pour le mariage de sa sœur. 

     Le véhicule loué, bloqué sur un passage à niveau, livré à la motrice d’un convoi d’entretien, n’avait libéré aucun survivant.     Sylvain était allé chercher sa grand-mère pour rejoindre le restaurant où le couple de la pièce montée attendrait longtemps ses mariés. C’est cette seule image que Sylvain a retenue de l’auberge décorée, parce que c’est elle que transportait le patron lorsque le téléphone a sonné… 

     Bien sûr, rien n’a été simple ; accepter la fatalité n’était pas possible. 

    Les indemnités importantes versées par les compagnies assurances n’ont rien atténué. Sylvain se refusa long-temps à les considérer, laissant le notaire se charger de leur placement.      Celles attribuées à sa grand-mère garantirent les frais de la résidence pour personnes âgées et les soins indis-pensables à un esprit incapable de supporter l’immense vide creusé dans sa vie. 

     Sylvain avait vingt ans. Son bac obtenu sans prob-lème, il entamait en fac des études littéraires et se voyait bien en journaliste, voire reporter… 

     Impuissant à guider une existence devenue le jouet du destin, il a confié sa volonté défaillante à un encadrement sans discussion.     Hasard des relations, de la proximité sans doute, ce fut dans la vie militaire qu’il s’immergea, lui aussi. Son engagement dans l’armée de l’air se réalisa sans douleur. Il accepta la discipline comme on se munit de béquilles. Il accepta les autres et leurs histoires, pourvu que la sienne ne soit pas fouillée. Il accepta la responsabilité du foyer du soldat. C’est là qu’il devint écrivain public pour ses copains. 

    Il fut aussi, lorsqu’il ne conduisait pas un camion, coiffeur, sans expérience mais bien servi par sa bonne vo-lonté appliquée,     Il couvrait parfois quelques frasques de gars un peu éméchés. Lui-même sentait que l’alcool lui tendait les bras de l’oubli, mais que l’étreindre serait sa fin. 

    Voilà une lutte qu’il pouvait mener !    Ses dépannages épistolaires de sous-off, d’officiers parfois, lui permettaient ces coups d’éponges et lui ont mé-nagé une période de deux ans assez tranquille. 

    Ses permissions le menaient uniquement vers sa grand-mère.     Il a quitté l’uniforme avec, sinon un métier, une fonc-tion : écrire pour les autres. 

   Sylvain a officialisé sa petite entreprise en se décla-rant auto entrepreneur avant le terme. Un forfait fiscal, des frais réels, une assurance en cas de clients hargneux et vogue l’écriture.    Pas de patron, mais des clients très, très variés, exi-geants autant que confiants. 

   S’il avait voulu éviter les horaires infernaux, c’était loupé !    Pas de bureau imposé, des bureaux adoptés après bien des essais et fidélisés ensuite. Essentiellement dans Paris : cinq troquets, cinq journées et une matinée en réserve pour les urgences ou les imprévus… Le dernier après-midi était consacré ses amis de
la Résidence. 

   Le dimanche, fara niente…    Quoique les devoirs à la maison existent aussi chez les écrivains publics. 

   Les jours ouvrables, toute l’année presque, travail de 10 h à 12 h, selon les circonstances, puis Sylvain déjeunait, aux frais du bistrotier ; avec lui, selon le coup de feu. 

   Après une sieste, parfois coquine, il reprenait son écoute et ses lignes de 14 h jusqu’à 19, 20 h, plus souvent…    Vingt euros pour une heure, avec, quelquefois, une rédaction immédiate, une commande, des recherches, des appels… 

   Sylvain acceptait tout. Il écrivait pour des employeurs potentiels, pour des administrations, des familles…      Il rédigeait des ruptures, des déclarations, des devoirs d’étudiants aussi. 

   Des discours solennels, des mots d’amitié pour un mariage, un anniversaire, pour des grands mais pour des petits aussi qui voulaient dire leur affection à un parent, à leur frère, leur sœur un jour de baptême par exemple…      Il aidait aussi à composer des mots d’accompagne-ment pour l’ami, le proche qui avait quitté notre monde… 

    Une fois, seulement, il avait refusé une demande, pour une lettre anonyme ! Un comble lorsque le corbeau est assis à votre table !     Des tranches d’existences réelles, imaginées ou sou-haitées ! Il évitait surtout de se laisser empoigner et pénétrer par la vie de ses clients. 

   Prendre pour important ce que le solliciteur s’efforce d’exprimer, s’imprégner de sa personnalité, pas de son vécu, Sylvain y réussissait bien.     Il aurait pu devenir voyant et anticiper les lendemains espérés par chacun. 

    En entendant les confidences de ses pratiques, il a commencé à puiser dans ses finances, presque oubliées. Il ne remettait pas de subsides directement. 

    Ses amis taverniers, ça c’était sa volonté, étaient ses intermédiaires. Ils expliquaient ces providences par la géné-rosité occasionnelle d’un gagnant chanceux, anonyme… Jamais Sylvain ne devait le regretter, à Paris comme en province.    Souvent, très souvent, le dépanné devenait dépanneur, toujours par l’entremise du bistrotier. 

     Dans chaque café, il avait son coin, ses habitudes. Ses clients naissaient du bouche-à-oreille. Le patron, la patronne prenaient les rendez-vous, établissaient l’ordre de passage.      L’attente favorisait la consommation ; la présence de l’écrivain public valait une attraction. 

     Certains patrons lui avaient proposé de s’installer à demeure, mais Sylvain tenait à son nomadisme, au caractère si particulier des quartiers qu’il avait choisis.      Il aimait chaque ambiance, chaque richesse différente des conversations de comptoirs. Plus que les brèves, si ré-vélatrices de l’humeur sociale, il aimait glaner les blagues, les notait. Il en avait des pages et des pages qu’il cédait à la douzaine, pour les réunions post-travail, pour les repas de famille, les retrouvailles entre copains, copines… Un à-côté non négligeable ! 

     Sylvain gagnait bien sa vie : peu de besoins, d’envies, nourri, pas de bureau, des transports parisiens collectifs ou individuels.      Le vélo loué, quelle belle idée ! 

     Lors de ses débuts, Sylvain transbahutait son dico, sa machine à écrire, son magnétophone, des feuilles, des sty-los… Une petite valise était nécessaire.      L’ordinateur portable, son imprimante, les mémoires annexes… lui ont bien simplifié les fournitures de base. Tous ses hôtes lui permettaient de se connecter sur internet. Ses ressources documentaires et ses relations étaient devenues infinies. 

     Abandonné l’usage du téléphone au comptoir ou dans la cabine ; son mobile professionnel lui a assuré le contact avec tous, par répondeur interposé le plus souvent.        Sa régularité allait jusqu’aux siestes accompagnées. Une femme dans chaque port, les mêmes, pas d’embrouille !      Il avait créé un véritable réseau de remplaçants pour que ses habitués ne soient pas lésés par ses absences, roulement et saisons obligent.     Tous y trouvaient leur compte : les étudiants, les profs qui constituaient le gros de son fonds de suppléants, autant que les demandeurs. 

     Si le contact n’était pas aussi cordial et efficace que Sylvain l’espérait, il abandonnait la doublure. Les clients, surtout aussi craintifs que l’étaient souvent les siens, au début, étaient rois !     Ce lundi 31 janvier, Sylvain atteignait son « bureau » de la rue de Grenelle.   Incroyable combien de synthèses d’articles, de rapports et de discours, il avait rédigé pour des fonction-naires d’en face, lourdement chargés de boulot ou au cerveau éreinté.     

     Trois jours après, à son réveil, sous ses pansements, dans sa tête, il n’était plus seul, à jamais. 

 

 




Fonctionnaire

17052012

                             J’ai été fonctionnaire et je le reste en esprit, avec fierté

                      Je connais beaucoup d’employés publics qui sont dans ces dispositions : être fonctionnaire c’est s’engager dans le service envers les habitants de notre pays, cela comporte des avantages, discutables en ces temps de précarisation, mais aussi des devoirs…

                    Faire des fonctionnaires des caricatures est facile, et parfois justifié malheureusement, mais ce ne sont pas les fumistes qui doivent faire oublier la grande majorité des fonctionnaires vraiment utiles, en tous domaines… Les conditions d’exercice des tâches étant de plus en plus difficiles, les ratés se multiplient ; ce n’est pas le fonctionnaire compétent et concerné qui est en cause, c’est le système…

                             Nos jeunes candidats doivent savoir que le service public a des épines parfois bien acérées… Courage quand même, l’engagement sincère est à soutenir !




Afin que tout commence…

14052012

A ton bûcher, Phénix, j’ajouterai ma bûche.

 C’est pour nous que tu meurs et renais de ta mort.

 Jean Cocteau

 « N’HUMILIEZ PLUS LES ENFANTS ! »

 «DONNEZ UNE CHANCE A NOTRE JEUNESSE ! »

 « RECONSTRUISEZ L’ECOLE ! »

 « MA VIE CONTRE UNE VERITABLE ECOLE ! »

 « JE DOIS TOUT A MES ELEVES, MÊME MA VIE ! »

     Chaque jour, depuis le Premier de l’An 2011, l’une des déclarations grandiloquentes de cet ultimatum a fleuri, sur les murs des monuments parisiens, dans les couloirs du Métro, du R.E.R., aux stations de vélib, sur le net. En bandeaux majuscules, en affichettes, en collages, en graffiti… Simples et précises.

      Au début, peu de journaux en firent état. Pas assez de matière sans doute, trop naïf… Puis, un transfo éteint plon-gea un quartier dans l’obscurité. Près des manettes baissées, un même message réclamait le réveil des parents, des éduca-teurs, des politiques pour que renaisse l’Ecole.

     Les médias ont ironisé sur cette pression puérile, ce chantage sans otage ni violence. En partie seulement, parce qu’en hiver, même brièvement, les coupures de courant, ça refroidit !

     Presque chaque soir, un nouveau transformateur cessa ses fonctions jusqu’à agacer et interpeller. Après les paris sur le futur quartier visé, sur l’identité du mauvais plaisant, des regards se sont posés sur l’objet des messages, l’Ecole.

      L’Etat, lui, ne bronchait pas, sauf par un porte-parole, naturellement bien informé, condescendant, qui annonçait l’arrestation imminente du coupable. Les moyens de l’E.D.F. (société devenue privée) et de la Police (encore Nationale) créditaient cette éventualité.

     Le dénouement flamboya, le lundi 30 janvier 2011, à l’entrée des bureaux, rue de Grenelle, lorsque s’annonça la voiture ministérielle.

 Avant que quiconque puisse intervenir, un individu a bondi d’un porche et s’est enflammé contre la portière arrière.

     Sélectionné pour ses réflexes, le chauffeur arracha la voiture et pénétra dans la cour, mais le kamikaze, sans doute totalement imbibé de carburant, ne pouvait échapper ni aux rétines des spectateurs ni aux objectifs de caméras, ni au Ministre surtout.

     Les agences de Presse avaient été prévenues que le coupeur de courant allait venir rencontrer le ministre tôt ce matin-là.

      Lorsque, enfin, le feu fut maîtrisé, il ne restait plus qu’un corps carbonisé sous une bâche toilée. Un autre brûlé gisait, déjà objet de premiers soins.

     Aucune image n’avait échappé aux appareils profes-sionnels ou amateurs.

     Moi, Isabelle, mère de famille tranquille dans mon village occitan, je ne le savais pas, mais ce second brûlé ent-rait dans ma vie, autant que l’esprit du premier allait envahir le mien.

 A ce moment, tout était lancé et ce sacrifice suprême allait entraîner tant de points d’interrogation que l’ironie, l’indifférence et le dédain devenaient caducs…

     Malgré les confusions semées par le gouvernement pour mettre en doute la stabilité psychique du défunt, l’ef-fervescence grandit.

     Radios, chaînes de TV, presse et bien sûr, internet, multiplièrent les indignations, mais aussi les interrogations, les essais de compréhension, les supputations…

      Quelle désespérance pouvait conduire à un tel geste ?

     Ce sont des débats que les médias ne devaient plus ignorer. La toile s’illuminait trop pour ne pas les obliger à réactiver les émissions d’échanges, de controverses.

     Dans le café, à l’angle de la rue, Sylvain, l’écrivain public, avait bondi impulsivement ! Ses yeux avaient connu ceux de Manu. Pour lui, tout a changé, pour moi, tout allait changer, pour notre société rien ne devait plus être comme Avant…

     Edition après édition, chaque instant fut détaillé.

      Manu avait tout préparé : son jerrycan était caché sous un porche dont la porte était maintenue entrebâillée. Il avait pris un café, deux cafés, ses derniers, dans le bistrot de Pierrot, le copain de     Sylvain. Rien n’avait signalé ce client au garçon, sinon qu’il avait payé aussitôt ses consomma-tions ; pas de dettes au moment ultime !

     Il n’avait même pas bousculé Sylvain qui arrivait. Sa sortie ne fut pas plus agitée que celle de quelqu’un qui constate son retard.

     Dès que la voiture ministérielle s’était annoncée, Em-manuel s’était levé, sans hâte, simplement, était entré dans l’immeuble voisin, en était ressorti enveloppé dans un imper qui déjà s’enflammait.

     Ça! Sylvain l’avait vu, enregistré, sans admettre ce qui arrivait. Pas plus que ne le comprirent, les journalistes et photographes, qui arpentaient les trottoirs dans l’attente du mystérieux Interrupteur.

     Sylvain, lui, au moins, a réagi, sans réfléchir…

     Il a hurlé au patron: « Pierrot, ton extincteur ! »

     Il a arraché, non sans casse, le rideau de la baie et s’est précipité sur la torche encore collée à la portière avant que la voiture ne s’arrache vers l’entrée du ministère.

     Tout de suite, il ne fut que douleur, son front, ses mains, puis partout.

     Il a ouvert grand la toile pour en étouffer les flammes. C’est à ce moment que Manu s’est tourné vers lui, dernier mouvement volontaire ? Chute incontrôlée?

     Aucun cri ne s’est échappé de cette bouche au souffle de feu, mais ces yeux, écarquillés, directs, soudains liquides, fondus… Jamais Sylvain ne pourrait les oublier.

     Pas plus que ne les oublierait le Ministre qui l’instant précédent avait aussi fixé ce visage collé à sa vitre teintée.

     Sylvain se sentit arraché, jeté, roulé, étouffé…

     Par qui ? Photographes, journalistes, policiers, pas-sants… Il est incapable de s’en souvenir. Il est tombé en arrière, a ressenti un choc et puis plus rien… Jusqu’à son émergence à la conscience, trois jours plus tard.

     Il n’était pas seul, le sentait, l’entendait, mais dans le noir total.

     Sylvain ne souffrait pas, pas encore, trop d’analgési-ques pour ça. Il ne se posait aucune question non plus mais éprouvait l’agitation de l’air enflammé et le regard tendu vers lui.

     Dans sa tête, avec son réveil, jaillirent un cri, un hur-lement, des yeux en larmes, une bouche ouverte et des flam-mes, des flammes.

     Plus tard, il me dira que, contre toute possibilité, il avait compris « Maman ! », craché avec ces flammes. Le hurlement, il devait l’admettre jusqu’à l’écœurement, à travers les reportages passés en boucle dans chaînes TV, c’est lui qui le poussait.

     Sur les images, il s’est reconnu, agité près d’Emma-nuel, son rideau, vain, entre les mains. Il a compris l’origine de ses brûlures. Il s’est vu tiré brutalement, en arrière, par un inconnu qui le sauvait.

     Sur l’écran, ses bras se tordaient, son grand corps basculait, heurtait le trottoir…

     Lui, avait aussi ses images imprimées, bien impri-mées… Ce que nul appareil n’avait capturé, c’était ce regard en fusion mais direct ; c’était ce cri de feu, vers lui, pour lui ou en lui…

     Dans son esprit, Sylvain n’était plus seul !




Que faire?

13052012

-Nous ne sommes que des mères de famille, c’est là, je crois, notre seule expérience. J’ai compris dans l’ensemble vos engagements, vos actions, vos regrets, vos désillusions. Mais, comment les lier avec la mort de Manu et en quoi cela va-t-il donner une nouvelle chance à nos enfants ? C’est vrai, nous avons été prévenus, par vous parfois, par des multiples confrontations médiatiques, trop sans doute et pourtant nous avons laissé faire.L’agitation dans les rues, dans les établissements, les grèves, les querelles sur les méthodes, notre adhésion pour soutenir que, les enfants, ceux des autres, des autres surtout, avaient besoin d’être repris en mains, avaient besoin d’être mis au pas, éduqués… Tout ça nous a poussés à laisser le gouvernement imposer sa réforme, sans en discuter les détails.Apparemment, cela ne marche pas ! Apparemment parce que nous n’avons pas encore beaucoup de recul…Ce que je ressens, c’est l’extinction de l’école, le peu d’enthousiasme de nos gamins, les mensonges, les cachot-teries, toute cette défiance qui s’est amplifiée entre les jeunes et les adultes.
Oui, je crois qu’un malaise profond s’est installé !
Oui, je crois que nous devons nous préparer à des incompréhensions graves !
Mais que faire là, maintenant, avec vous les professionnels, les spécialistes, les engagés bénévoles et avec nous parents, citoyens et inquiets ? Nous sommes venues, presque en émissaires, car les langues s’agitent à la sortie des écoles, des crèches…
Je me tournais vers mes amies parce que je m’emballais et je tremblais. Le courage des timides, quelle blague !
Françoise m’a relayée :
- Pour faire simple, voilà nos deux questions :
Est-ce que ça va si mal ?
Peut-on vraiment, vraiment trouver les moyens de réussir l’éducation et l’instruction de tous les enfants de notre pays ?
N’est-ce pas utopique ?

Oui, malgré toutes les réformes, on n’a pas réussi. Nous avons le sentiment que les jeunes d’aujourd’hui bougent de moins en moins face à la répression mais forment une poudrière qui va nous péter à la figure.
Ce n’est pas pour nous que nous avons peur, enfin pas vraiment, mais pour nos enfants. Pour nos héritiers à qui, demain, nous laisserons une société envahie par des « barbares» que nous aurons nous-mêmes couvés ! C’est Monique qui a conclu pour notre trio :

- Alors plus de regrets ! Plus de discours ! Des propositions, des vraies ! Qu’allons-nous faire ?

Nous nous sommes regardés. Qui allait reprendre la parole ?
Alain semblait nous solliciter. Ce n’était plus un témoignage qui était demandé mais bien un début de réponse.

 Moi, je crois la connaître !
C’était Pierre, notre journaliste auquel j’avais coupé la parole.
«Vous avez, l’un après l’autre, bien enfoncé les clous qui immobilisent Ecole et Education, en croisant vos réflexions, vos expériences, en les répétant souvent.
Leur dénominateur est évident. La surdité !
Puisque les gouvernements n’ont pas écouté, n’ont pas consulté ou bien sous pression, ponctuellement, sans vrai suivi…
Puisqu’ils ont décidé pour nous…,
Alors, il faut inverser, totalement, la façon de faire !
Que le Futur, l’Education, l’Instruction de nos enfants ne nous soient plus imposés mais qu’ils soient voulus, réfléchis, déterminés par nous !

Pierre avait formulé la conclusion générale.

 




Réponses à des philosophes… en toute modestie…

10052012

Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Friedrich Nietzsche ? Pas pour moi ! Tout ce qui fait souffrir, affaiblit au moins notre humanité. Ce qui nous construit n’est pas la recherche d’une armure mais des moyens de comprendre de s’adapter. Alain Valeau

    Tout ce qui est simple, tout ce qui est fort en nous, tout ce qui est durable même, est le don d’un instant. - Bachelard Vrai, dans la plénitude du moment, drôlement restrictif si nous ne pouvions envisager de le retrouver dans notre futur… L’espoir reste toujours le dernier trésor de la boîte de Pandore. AV
 La justice sans amour nous rend durs. La foi sans amour nous rend fanatiques. Le pouvoir sans amour nous rend brutaux. Le sens du devoir sans amour nous rend grincheux. L’ordre sans amour nous rend maniaques. - Anonyme Et l’amour qui n’a que la passion comme raison peut conduire à la dureté, au fanatisme, à la violence, à l’oubli des devoirs, au repli puis au désespoir lorsqu’il n’est plus partagé. AV
 …il ne faut jamais désespérer son ennemi. Cela le rend fort. La douceur est une meilleure politique. Elle dévirilise. Une bonne occupation ne doit pas briser, elle doit pourrir. - Jean Anouilh Quelle belle leçon pour les envahisseurs, des territoires comme des esprits !! L’intelligence qui conduit à la convivialité semble moins tyrannique, mais plus épanouissante que le « pourrissement » espéré… AV
 Tout comprendre rend très indulgent. - Baronne (Germaine de Necker) de Staàl Pourquoi ? Comprendre n’est pas admettre, encore moins tolérer, mais sans doute ouvrir la voie à la discussion et à la vie ensemble dans les limites du respect mutuel,AV

    Tout pouvoir sans contrôle rend fou. - Alain Qui confie des pouvoirs à quiconque, sans en établir les limites et les contrôles est fou ; la pire des folies étant celle de certains groupe. Elle ira même jusqu’à retirer le pouvoir à  celui qui modérerait sa folie pour la donner à un plus fou. AV
 

 Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. - Jean-Jacques Rousseau Moi je préfère penser que le plus fort doit savoir traduire sa force en devoirs et conduire les plus faibles, de l’obéissance aux droits bien compris, sinon que la dictature « éclairée » serait belle ! AV
 Quand la parole atteint son point de perfection, elle cesse de paraître. C’est la réalité elle-même qu’elle nous rend tout à coup présente. - Lavelle Problème, la parole est circonstancielle, aussi affinée soit-elle elle ne traduit qu’une vérité bien subjective (le beau temps ne l’est qu’en fonction de notre humeur du jour) AV
 Le combat est le père et le roi de tout. Les uns, il les produit comme des dieux, et les autres comme des hommes. Il rend les uns esclaves, les autres libres. - Héraclite  Diable ! Faut-il vaincre pour être libre, dominer toujours… Alors, nous serons toujours en guerre ?AV

 L’humilité rend invulnérable. - Marie von Ebner-Eschenbach Et le silence grandit, peut-être quelle ânerie ! Dire et agir restent encore les meilleurs moyens de se faire comprendre et d’exister auprès des autres. Se taire n’offre que la permission d’interpréter… peut-être même de laisser croire que le modeste, le taiseux… n’a rien à dire, à penser. AV
 L’amour rend congelé. - Wezo Quand il a disparu ! Car autrement, quel iceberg pourrait résister à sa flamme AV

 Ce n’est pas le doute qui rend fou : c’est la certitude. - Friedrich Nietzsche  t rès circonstanciel… La certitude peut briser mais le doute ne peut que miner. Si le doute scientifique est un moteur puissant de découverte, le doute psychologique est une vrille qui est alimentée par un peut-être rarement satisfait. AV
 Dès qu’il s’agit des hommes, le mot « connaitre » me rend rêveur. - André (Georges) Malraux.  Moi aussi, l’interprétation, la fouille, subjectives de la nature de l’autre empêchent souvent d’apprécier ses actes… AV

    Le plus beau lendemain ne nous rend pas la veille. - Proverbe Chinois Les petits bonheurs au présent n’effacent pas les ravins d’hier mais bâtissent un pont pour les franchir vers d’autres demain en devenir, chacun, d’une suite d’aujourd’hui ! AV
 La plus raisonnable des passions, l’avarice, est celle qui rend le plus fou. - Les frères (Edmond et Jules ) Goncourt La générosité appauvrit les poches t enrichit l’esprit AV

 La vanité nous rend aussi dupes que sots. - Jean-Pierre Claris de Florian et l’amour-propre nous oblige à nous accomplir AV
 Rien ne vous rend si grands qu’une grande douleur. - Alfred de Musset

Non mon cher Alfred, l’homme n’est pas un éternel apprenti soumis à la douleur… La recherche du plaisir peut conduire à bien des réflexions pour les reproduire et les amplifier… Il est évident qe douleurs comme plaisirs s’entendes hors des déviances qui ne conduisent elles qu’à la dépendance, à l’over dose en tous domaines. AV
 C’est une fois le puits asséché qu’on se rend compte de la valeur de l’eau. - Taine

Alors il faudrait apprendre à l’homme à modérer ses soifs… Ce n’est pas toujours facile lorsque la pénurie est là, que la survie se conjugue dans l’instant… La sécheresse, comme la solitude affective peuvent conduire à des boulimies désespérées ignorantes des réserves pour l’avenir. AV

   Le silence est une vertu qui nous rend agréables à  nos semblables. - Samuel Butler

Pour ceux qui ont la chance de vivre dans des milieux où l’on communique, où la nature bruisse, existe, le silence est sans doute un bel oasis… Pour ceux qui ne vivent que dans la solitude, voire la méconnaissance des autres, la crainte d’un environnement mal perçu… le silence peut-être plein de menaces.AV  




A une petite fille de lumière…

5052012

                         Natacha peint dans une cour oubliée… 

             Tu as élu cet endroit parce que tu voulais être dans la ville du quotidien. Commande ou impulsion, pas d’importance, tu es installée là

             Devant toi, acagnardés, gisent des reliefs de vie, bien enfouis dans des sacs grisâtres. L’un d’entre eux, laisse échapper, par une déchirure béante : une boîte de conserve mal ouverte, des fragments de journaux, une enveloppe indiscrète, un bras de baigneur, un album d’enfant, quelle douleur, à peine écorné…Tout ce fatras est appelé à disparaître bien sûr, mais, tu le sais, c’est ce qui t’a appelé, tout a été consommé, apprécié, chouchouté peut-être. 

            Le coin du mur compte ses briques, étale leurs aspérités, leurs demi-teintes, leurs écorchures, nuance avec les ombres et se prend pour une projection de mappemonde mouvante. 

            Ce sont ces jeux de couleurs, autant que le sentiment d’activités écoulées que, toi, ma grande Natacha, tu veux saisir. 

            Difficile car ta palette ne t’offre que des propositions trop lumineuses, toujours trop lumineuses, même dans les noirs, les gris, pas de terne dans tes ressources… 

            Obscurcir est nécessaire : c’est l’ambiance de la cour,  tu peux sans doute te forcer, par contre, tu ne peux ignorer, négliger, les éclairs sur les grands pans, sur le tas ! Trop de fugacité t’agace. Comment rendre ces aperçus, ces disparus, ces revenus ? Le trou de jour, ouvert dans le ciel des hauts murs, jongle avec les nuages et se réverbère sur les vitres. 

            -Tant pis, j’abandonne ! Je cède et ne cherche plus ! Que mes yeux, que ma main décident… Moi, Natacha, je clos ma quête et laisse faire.    

            Tu boudes ? 

            C’est ainsi que, touche après touche, sur la feuille tendue sur le chevalet, s’apposent formes et tons. Au feeling des sens en liberté ! 

            Pour un peu, Nat, tu pourrais fermer les yeux, tu y verrais autant. Les fermer pour ne les ouvrir qu’à la découverte finale… 

            Parfois un glissement dans le dos, une chaleur dans le cou, t’adressent un message : 

            - Curieux en approche !  

            Ça ne dure pas, ta concentration apparente, ton évasion de fait, t’isolent trop pour mobiliser longtemps l’attention des rares passants. 

     

            Enfin, tu sais, tu sens, comme toujours, que tu as atteins, malgré toi, mais atteins quand même, le point d’orgue. Tes yeux, tes mains, ta boîte de couleurs refusent d’aller plus loin. La feuille elle-même, c’est un truisme, va rejeter le coup de brosse de trop ! 

            Tu prends ton temps, trempes soigneusement tes pinceaux, les apures, les essuies, les ranges. 

            Tu nettoies ta palette, ton coffret. Tu vas au robinet rendre leur propreté à tes mains. Tu traînes… 

            Enfin, tu commençais à me faire languir, tu te tournes vers le tableau et vers ton modèle. 

            Le premier, te plait. Sans plus. Tu ne diras pas : « Mon œuvre ! ». Tu le trouves ressemblant, réaliste, un peu agressif, bien proportionné, bien compris. Point ! 

            Si ! La mouvance des lumières est présente. Scintillement de l’éclairage irrégulier, angles de point de vue variés, tu t’y retrouves. 

            Côté suggestion, la compassion n’est pas de mise, seul des restes de journées bien humaines s’expriment, des restes tristes, mais à évacuer. Simplement. 

            Le second te laisse dubitative. Tu doutes de tes sens, de ton éveil, de ton imagination aussi. Le tas de sacs est toujours dans son coin, mais ils sont étagés, mais ils sont colorés, mais ils sont évasés… 

            De chaque poche s’évadent des bulles irisées, s’élèvent des fleurs exotiques, les plus chaudes, émergent des peluches, des poupées, des albums… ceux de ton enfance. 

            Nimbant cette offrande, une musique, venue de loin, venue de l’autrefois de tes parents, de tes grands-parents surtout, emplit la cour soleil soudain… Une clarinette magique, La tienne? Et non, pas cette fois ! Sa chaude voix te tend une Petite Fleur précieuse. 

            Je ne sais pas si ton temps s’est éternisé dans cette féérie, tu nous le diras, peut-être… 

            Ce que je sais, c’est que lorsque le modèle est redevenu ce qu’il était, sur le chevalet tout était changé. La composition n’était plus que celle de ta vision, fidèle mais plus vive, plus harmonieuse, plus réelle que tout ce que tu avais rêvé. La toile même vibrait sous le souffle de Sidney… 

            Ce tableau, que moi je ne saurai qu’imaginer fort, au point de l’inscrire dans le coffre aux trésors de mes pensées, ce tableau, j’espère te l’avoir inspiré. Qu’il t’imprègne doucement, à l’aube de cette belle année, le bel âge, de toute notre affection. 

            Pourquoi ce sujet ? Facile Natou ! Il y a seize ans, de corvée de lendemain de fête, nous avions les deux pieds dans des restes à tasser et, brusquement, la poubelle, est devenue un berceau plein de beauté, d’espoir, d’amour… Tout était sublimé. Toi, Natacha, nous était née ! 




Une école adaptée, c’est possible!

4052012

             Les réformes ou les instructions officielles précédentes traitant du contenu des enseignements, tend à les réduire, à les uniformiser et laisse penser, au moins dans sa présentation, que les disciplines d’éveil sont à réserver aux élèves qui assimilent sans problème le minimum fondamental. Or il est patent de constater que les résultats ne sont  pas à la hauteur des intentions qui ont présidé à ces orientations.

            Quel est donc ce minimum sur lequel tout le monde est d’accord?

- Un savoir  basique pour s’exprimer à l’oral, à l’écrit, comprendre une communication, résoudre une situation arithmétique usuelle.

- L’acquisition de compétences cognitives et méthodologiques pour varier les apprentissages, les approfondir et se doter des capacités personnelles de se perfectionner.

- L’obtention d’informations documentées, vécues pour orienter les études à poursuivre.

- La formation spécifique la plus riche possible répondant à l’orientation retenue.

- La mise en place à chaque niveau d’acquisitions, du plus élémentaire au plus haut, pour chaque élève, des aides nécessaires pour  lui permettre, d’aller aussi loin dans ses acquisitions que lui permettent ses possibilités en compensant au mieux ses handicaps.

            Je ne crois pas qu’un ministre depuis Jules Ferry, ait été ou soit prêt à laisser lier son nom à une orientation scolaire, à des projets de réforme…  qui ne respecteraient pas ces grands principes. Ce serait nier l’engagement républicain pour l’accès de tous à l’instruction et se fermer le potentiel de progrès en tous domaines que doit, devrait représenter une jeunesse bien scolarisée. Répéter l’évidence de ces fondamentaux n’est pas constructif. Fournir les moyens de les respecter, s’interroger sur les causes des échecs et sur les stratégies mises en place dans les classes, dans les écoles où les résultats sont positifs, serait plus utile.

                Il existe un nombre important d’enseignants qui se méfient, ce qui ne veut pas dire rejettent, des bouleversements pédagogiques et institutionnels programmés. Ils privilégient les principes précédents et ne prennent dans toutes les réflexions novatrices qui leurs sont proposées (imposées ??) que ce qui améliore la pratique de leur métier. Parfois ces méfiances sont dues à la mauvaise digestion des apports. Les structures de réflexion, de mise en œuvre sur le terrain, comme les projets d’école, conseils de cycles, des maîtres, d’Ecole etc.… ne remplissent pas encore vraiment leur rôle par manque de préparation, manque de temps, manque de suivi pour un nécessaire travail en équipe.

             Alors, pour amener au savoir, pour l’ancrer, ces enseignants utilisent leur connaissance des élèves et font preuve d’initiatives motivantes et souvent heureuses.

              Evoquez vos lectures, vos émissions radiophoniques ou télévisuelles… traitant de l’école . Chaque documentaire, chaque feuilleton, chaque film et chaque récit mettent en valeur un Cas : un enseignant confronté à une situation particulière pédagogique, familiale ou  sociale. La démarche suivie pour l’aborder et la traiter, parfois la résoudre donne l’occasion de découvrir l’ingéniosité de l’enseignant réel ou figuré, avec l’admiration souvent émue des spectateurs.

              J’affirme que la  réalité de l’année scolaire est pour beaucoup d’enseignants et donc pour beaucoup d’élèves, à tous les niveaux, aussi passionnante. Je renvoie chacun vers les revues pédagogiques qui relatent ces initiatives. On peut regretter qu’elles soient si souvent qualifier d’expériences, non parce qu’elles ne durent pas mais parce qu’elles ne sont pas généralisées et restent liées à un enseignant, une école, un regroupement. Elles sont trop souvent mal comprises et qualifiées de pertes de temps.

            Je sais aussi que toutes les classes, toutes les écoles ne vivent pas avec autant d’originalité leur quotidien, et rassurent ainsi des parents qui y retrouvent « l’école d’avant ».

               J’aimerais qu’un bilan établisse le devenir de tous ces élèves : ceux scolarisés dans des classes ou des écoles à projets motivants «  des classes où l’on joue… » et ceux  inscrits dans des classes ou des écoles où l’on suit avant tout le programme sans céder à la « dispersion ».

             En 40 ans j’ai connu les deux fonctionnements et j’ai participé à bien des réunions, des concertations où l’on débattait  du bien fondé de l’une ou l’autre des orientations avec autant de convictions et de bonnes intentions d’un côté et de l’autre.

          Pour ma part, parce que j’ai exercé mon métier pour des enfants en difficulté, parce que j’ai aidé à élaborer des projets d’école ou des projets d’activités spécifiques, parce que j’ai participé à leur mise en œuvre et parce que j’ai véritablement estimé que les élèves concernés avaient enrichi leurs connaissances, leurs savoir-faire, trouver motifs à utiliser, à perfectionner « leurs bases fondamentales », oui je crois en ces enseignants qui  veulent que leurs élèves vivent leurs apprentissages plutôt que de les subir.

       Je déclare que les structures de l’école sont essentielles, primordiales même : conseils de cycle, d’établissement, projet d’école, projets d’activités, concertations, équipes pédagogiques, équipes éducatives…qu’elles constituent un tissu scolaire qui est le véritable garant de l’accueil de l’enfant, de son suivi.

           Je voudrais que la confiance en sa capacité de traduire les directives officielles soit accordée à l’équipe pédagogique, pas seulement pour passer de la pommade, mais pour lui donner la responsabilité et les moyens de remplir un engagement que peu de ses acteurs ont oublié : la mission première est d’instruire avec tout ce que cela comporte d’adaptation aux situations.

            Je voudrais que chaque école, chaque établissement soit conforté dans ses composantes, encouragée dans ses échanges avec son environnement, adaptée à sa population spécifiques, encouragée dans ses initiatives mobilisatrices et motivantes.

- conforté par une trame de circonscription étoffée pour conseiller, apprécier, aider, suivre, voire corriger les actions mises en œuvre dans les écoles.

- conforté par des intervenants spécialisés pour l’aide aux enfants, aux familles, aux enseignants  en difficulté.

- conforté par le soutien des responsables territoriaux dispensateurs des budgets pour que bâtiments, mobiliers, matériels, fournitures mais aussi, accès aux ressources culturelles et sportives, en implantations comme en personnes soient à la hauteur des besoins.

- et conforté avant tout par une équipe pédagogique solide, animée par un responsable bien préparé, reconnu et disponible pour répondre tant au suivi des actions pédagogiques, éducatives, ré-éducatives qu’aux aléas nombreux et variés du quotidien d’une école. La fonction de direction mal traitée depuis si longtemps, si usante, si décourageante, si peu attractive aujourd’hui, et pourtant si prenante, mériterait enfin une attention particulière, pour lui donner une vraie dimension de responsable et d’animateur, en oubliant la triste expérience des Maîtres-directeurs.

           Je me méfie de l’autonomie si elle ne doit qu’accentuer la seule capacité des écoles à se débrouiller et donc à multiplier les différences entre prises en charge des élèves .

          Donnons notre confiance éclairée, soutenue, aux enseignants. Aidons à faire de l’école une institution où l’apprentissage des fondamentaux soit assuré grâce à des supports mobilisateurs capables de faire aimer à apprendre et où leur appétit, leur personnalité s’épanouissent en des disciplines d’éveil à part entière : l’école de la variété.

          Espérons qu’au-delà de toutes considérations partisanes et économiques, un véritable système scolaire, clair, solide, respectueux de tous ses acteurs de bonne volontés, naisse enfin ; cela ne se fera pas sans que chacun y soit associé, pas à pas. C’est la seule façon de donner une chance à l’école de demain, une chance au futur…

          Un souhait très fort, que j’ai formulé pendant tout mon temps de direction : la création d’un groupe de travail spécialement consacré à la direction d’école.

             J’ai exercé pendant 29 années les fonctions de directeur chargé de classe ; j’y ai trouvé de nombreuses occasions de satisfaction, de plaisir même mais aussi bien des moments de pression, de doute, de découragement. Je ne pense pas que cela soit très différent aujourd’hui et le peu de candidature à ce poste l’atteste.

         Nombreux sont les directeurs désabusés qui abandonnent, nombreux sont les jeunes enseignants sollicités pour prendre ces responsabilités ; nous sommes loin des limites d’âge pour postuler.

            Une école ouverte, terrain fertile pour un enseignement efficace et pour des rénovations bien admises a besoin d’une équipe solide.

          Une équipe pédagogique a besoins d’un animateur solide, reconnu, valorisé.

                                       —————————-




L’école est-elle un tabou?

4052012

L’école est un tabou que ni les syndicats ni le gouvernement ne veulent aborder franchement :

-          Oui, les résultats sont évaluables!

-          Oui, les enfants et les familles perturbés ne sont pas les vraies causes d’échec!

-          Oui, nous pourrions attendre de vraies remédiations, dont l’adaptation de chaque établissement à sa population scolaire!

-          Oui, aider vraiment les écoles passe par l’égalisation des ressources selon les secteurs et les besoins!.

-          Oui, une vraie formation – un projet adapté – une équipe cohérentes et un responsable compétent seraient des vrais éléments de base pour une école efficace!

    Hélas, je n’ai pas connu cette volonté et je ne la vois pas se dégager en dépit de ses défenseurs.

 En résumé, la casse de l’école existe, mais les solutions pour la compenser aussi : chez les enseignants d’abord ! Copions les « bons », encourageons les « hésitants », éliminons les « fumistes »

« et l’école renaîtra de mes cendres » 




voter pour…

25042012

Pourquoi je voterai PS pour les élections nationales, présidentielles et législatives :

En dehors de toute mon histoire personnelle, mon regard sur le présent me permet de comprendre que le PS seul, représente dans sa diversité, son ouverture, la carte de notre société, de notre population, de notre République… Ce n’est pas nier les qualités des autres partis, c’est simplement être réaliste : le PS ne nie aucune catégorie, pas plus les plus fortunés que les plus précaires, ni nos habitants d’origines les plus diverses, ni les différences de générations, de cultures, d’éducation, de profession…, le PS n’est pas non plus une fusion, un amalgame de ces diversités, il tient simplement compte de leur existence et de leur caractéristiques… Le ciment du PS , est la recherche de l’égalité des chances pour tous ! Chacun aspire à être « mieux » dans sa tête, dans sa sécurité, dans ses ressources, son emploi, ses loisirs, son avenir, sa retraite, face à la maladie, au devenir de ses enfants… mais tous n’en n’ont pas la possibilité, loin de là… C’est ce but, pour tous, pas pour chacun comme le prône un candidat en mettant en avant ainsi le combat individuel, à atteindre que j’apprécie dans le PS.

Il ne s’agit pas de raboter les catégories de population, de les uniformiser, de minimiser les es aspirations vers une amélioration légitime des ressources, cette philosophie sociale a conduit a bien des excès politiques, il ne s’agit pas d’éliminer des catégories pour garantir un mieux être sélectif, ine s’agit de privilégier une catégorie mieux pensante, mieux nantie capable de dispenser ses générosités aux autres, il s’agit d’amener une population entière à vivre ensemble, à se respecter, à admettre des règles communes de laïcité, de tolérance, dés lors que la vie de chacun ne se construit pas au détriment des autres toutes les opportunités doivent être possibles et même soutenues par un état qui se veut au service de tous.

Dans cette campagne présidentielle, je choisis le candidat du PS, pour une raison, bien simple, évidente, il est le seul à être soutenu par une équipe de responsables personnellement engagés : cette richesse, que d’aucuns présentent comme une faiblesse, s’est illustrée dans les primaires socialistes… Chacun, personnellement ou à travers ses amis a pu exposer ses idées, ses espoirs, a pu se faire entendre et les votants ont choisi. Choisi un candidat mais certainement oublié les autres et leurs propositions leurs personnalité ! Aujourd’hui F Hollande porte la candidature socialiste mais pas, et c’est ce qui fait sa différence , comme un chef absolu, sa voix ne couvre pas celles de tous ceux qui accompagnent sa campagne, ne gomme pas les originalités, parfois cela peut porter à des confusions mais au moins conforte l’originalité du PS un parti de rassemblement de valeurs un parti d’écoute, et cela nous donne, déjà, la couleur de ce que serait un gouvernement présidé par F HOLLANDE et tissé par une majorité parlementaire socialiste : non plus un appareil drivé par un seul, soumis à la personnalité d’un seul, mais un gouvernement attentif à ses membres autant qu’à ses partenaires sociaux…. Je veux bien que notre candidat soit taxé de faiblesse, si cette faiblesse n’est en réalité que de l’écoute, de la concertation, de la réflexion plutôt que de l’impulsion monomaniaque !   

Plus que tout, en presque tous les domaines qui peuvent donner une chance à l’avenir, je crois en l’éducation et en l’Ecole…




Rien sans une école solide!

24042012

QUELLE INSTITUTION, autre que l’Ecole, peut apporter aux enfants…

- les connaissances, – leur mise en œuvre, – les savoir-faire, – développer les savoir-être, en tenant compte des besoins de chacun ?

QUELLE INSTITUTION, autre que l’Ecole, peut organiser et aider l’enfant à mieux comprendre et gérer la vie en société ?

 QUELLE INSTITUTION, autre que l’Ecole, peut prendre en compte les personnalités dans toutes leurs nuances- précocité – handicaps -… soit pour orienter – soit pour adapter les méthodes… ?

QUELLE INSTITUTION, autre que l’Ecole, peut s’intégrer à son environnement, à sa population de secteur… tout en respectant les objectifs fondamentaux et les objectifs d’épanouissement définis par notre République ?

Moi, je l’affirme, aucune autre !

Notre EDUCATION NATIONALE correspond-t-elle à ces aspirations, à ces besoins, à sa mission ?

REPONSES : OUI, parfois, fragilement, aléatoirement, selon les initiatives d’enseignants, d’établissements avec leurs partenaires

NON, dans sa structure officielle. Il n’existe pas de textes définissant la pérennité d’un système éducatif vraiment organisé en fonction d’une structure optimale, générale, des établissements scolaires ! En dépit de la bonne volonté agissante, des initiatives des acteurs engagés, « de terrain », aucune cohérence, ni cohésion, n’est assurée d’un bout à l’autre de la prise en charge scolaire de nos enfants.

L’EGALITE DES CHANCES EST DONC UN LEURRE …

Pourquoi, alors, notre système n’a-t-il pas éclaté ? Parce que l’enfant est malléable et s’adapte aux étapes de sa croissance selon ce que nous lui proposons. Il n’en saisit ni la logique ni l’illogisme. Parce que l’affectif prévaut le plus souvent sur les apprentissages. Parce que les familles compensent de plus en plus les carences solaires par des apports extérieurs ou, pire se contentent du minimum… Parce que l’enfant et souvent estimé comme le responsable premier de son peu d’appétence en classe et de ses manques de réussite…

PEUT-ON FAIRE EVOLUER CETTE SITUATION ?

OUI – localement en aidant les initiatives des équipes structurées et créer une vraie communauté adaptée à son contexte.

OUI – nationalement, en instaurant un système d’établissements aux structures fondamentales identiques bien et aux possibilités d’adaptation souples.

EST-CE DIFFICILE, la définition des structures fondamentales?NON !

  La mise en œuvre, sans un réveil, une volonté populaire forte … OUI !

QUELLES SONT CES STRUCTURES FONDAMENTALES IDENTIQUES ? –

Un projet cohérent, répondant aux objectifs nationaux, adapté aux besoins réels de la population s, harmonisé entre tous les niveaux de l’établissement.

 - Une équipe structurée, solide, solidaire, valorisante autant que qu’intégrante.

 - Une direction compétente, tant dans la gestion administrative le suivi pédagogique que l’animation de l’équipe.

Aucun moyen complémentaire ne peut se greffer efficacement et globalement sur notre outil scolaire sans ces préalables essentiels.

« Qu’est-ce qu’un vrai rêve ? C’est un rêve qui dure. Et s’il dure, c’est qu’il s’est marié. Marié avec la volonté. » Selon Eric ORSENNA.

« …et l’Ecole renaîtra de mes cendres ! » raconte ce rêve qui dure et ce réveil possible, en souhaitant ce mariage avec la volonté… Essai ponctué d’anecdotes romancées, ce livre est avant tout, espoirs et réponses possibles. Ce sont ces réponses, nées de mes expériences et surtout de nombreuses initiatives formidables prises en différentes régions, qui justifient cet optimisme, idéaliste, peut-être mais point utopique…